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lundi 4 mars 2019

Malédiction pétrolière

Le pétrole: une manne ou une frein au développement?
                                                   On l'a parfois appelé l' excréments du diable, alors que sa découverte est considérée comme une bénédiction, source de richesses faciles et durables, à un moment donné.
         Même s'il ne durera pas.

 Sauf exception, comme en Norvège, la production de pétrole quand il devient une rentes essentielle dans l'économie, aboutit assez vite à une sorte de malédiction, à des soubresauts inattendus et à des crises parfois profondes.
      On le constate avec l'Algérie aujourd'hui, modèle à bout de souffle, qui s'est laissée aller trop exclusivement à la rente pétrolière, en négligeant le développement d'autres sources de richesses plus durables.
    L'Arabie saoudite commence à comprendre qu'il lui faut rapidement préparer l'après-pétrole, dont elle dépend exclusivement.
      Une addiction qui parfois n'enrichit pas globalement le pays, au contraire, comme au Nigéria.
    C'est pourquoi, il fut appelé l'excrément du diable
            La formule est de l’un des fondateurs de l’OPEP, Juan Pablo Perez Alfonso. Le vénézuelien, déjà dans les années 70, tirait la sonnette d’alarme sur tous les problèmes qu’apporte le pétrole : misère, corruption et parfois la guerre à ceux qui en ont."(“I call petroleum the devil's excrement. It brings trouble… Look at this madness—waste, corruption, consumption, our public services falling apart. And debt, debt we shall have for years.”
      Le Vénézuela a joué trop longtemps sur un pétrole très abondant et cher, qui représente 96 % des devises (richesse qui en intéresse plus d'un), sans diversifier son économie et préparer l'avenir. Sa fragilité vient aussi des intérêts qu'il suscite, un peu comme l'Irak et la Libye à une époque..
      L'histoire se répète...Trump s'intéresse curieusement au Vénézuela.
  La pénurie est largement programmée. Il n'y a pas que la corruption et la mauvaise gestion.
       Le dessous des cartes est souvent oublié.
     Comme le souligne le Monde, ...Cette lecture est fortement partagée par Pasqualina Curcio Curcio, professeure vénézuélienne de sciences économiques à l’université Simon Bolivar. Statistiques à l’appui, elle démontre que ni la production ni l’importation – qui sont quasi le monopole des entreprises privées – n’ont baissé au Venezuela.  "Les pénuries ne sont donc pas le résultat d’un effondrement de la production nationale et/ou d’une baisse des importations consécutive à une baisse des devises étrangères accordées par l’État", souligne Thierry Deronne, qui s’appuie sur l’étude de la professeur vénézuélienne, avant de conclure : "Les causes réelles des pénuries recensées au Venezuela sont donc dans l’ordre :
– Importations ‘fantômes’ : Diminution des importations malgré un octroi croissant de devises étrangères au secteur privé importateur qui place à l’étranger une part des devises attribuées pour l’import
– Accaparement sélectif de biens de première nécessité".
         Dans la foulée de l’annonce de la victoire de Nicolas Maduro aux élections présidentielles, Donald Trump a signé un décret visant à réduire la capacité du régime de Caracas à vendre ses actifs. Jugeant  son élection illégitime, l’Union européenne emboîte le pas au président américain en annonçant de nouvelles sanctions contre la république bolivarienne. Lundi 28 mars, dans une déclaration adoptée lors d'une réunion à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont annoncé qu’ils préciseront la nature des sanctions en juin prochain.
      Selon un processus devenu classique dans le paysage géopolitique, des relations tendues avec les pays occidentaux débouchent systématiquement sur un rapprochement avec la Russie et la Chine. Le Venezuela ne fait pas exception à cette règle. En effet, le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinoix Xi Jinping ont été les premiers à féliciter Nicolas Maduro de sa réélection. En toute hypothèse, les deux puissances orientales restent prêtes à venir en aide au Venezuela, cela fut d'ailleurs le cas en novembre 2017 quand le pays se trouvait en défaut de paiement partiel sur sa dette.
      Cela sera-t-il suffisant pour sauver le pays d'une inflation qui s'envolerait à 2 000 % au cours de cette année (selon les prévisions du FMI) ? Difficile de pronostiquer là-dessus. Quoi qu'il en soit, Nicolas Maduro s'apprête à gouverner un des pays les plus instables et perturbés de la planète. Et l'issue de la crise vénézuélienne ne restera certainement pas sans conséquence sur le paysage géopolitique de l'Amérique latine, et international même...
      L'excrément du diable?  Oui, bien trop souvent.
        Qu'on se souvienne des précoces visées politiques de certaines puissances occidentales  sur les sources pétrolières du Moyen-Orient et notamment de l'Iran.
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