Pur enjeu électoral?

Un discours pas toujours cohérent et plutôt incantatoire.
Un thème récurrent sans portée, faute d'analyse
Que vaut le patriotisme économique?
"La seule sincère motivation de Nicolas Sarkozy, c’est l’imminence de la présidentielle et des législatives. Car il y a peu, condamner la désindustrialisation ou les délocalisations au sein de l’UMP était tout bonnement impensable pour ne pas dire interdit. D’ailleurs il n’y a pas si longtemps, le discours était plutôt : « Quant à acheter français, il faut utiliser l’expression avec tact et modération (…) La France est quatrième exportateur mondial, deuxième exportateur européen, nous ne pouvons pas prétendre vendre des locomotives, des trains, des centrales nucléaires, des avions, des produits de luxe… en donnant l’impression d’être frileux et protectionnistes «___Mais subitement le Président s’est rappelé qu’il aime les usines, et qu’il est préoccupé par les problèmes des salariés. Il ne faut pas que le vote ouvrier lui échappe, il a tellement fait pour eux depuis 5 ans : huit millions de pauvres, trois millions de précaires, trois millions de temps partiels, cinq millions de chômeurs, et des salaires de misère pour la grande majorité." (RG)
_Alors, Made in France ou «made in pipeau»? "Si le gouvernement, et la droite en général, s’occupait de l’industrie française, cela se saurait depuis dix ans qu’ils sont au pouvoir"
On aura tout vu. Voilà que Laurent Wauquiez se prononce pour un "protectionnisme moderne", comme s'il avait lu Maurice Allais ou Sapir.
Réindustrialier? Facile à dire. Mais pourquoi? comment? N'est-il pas trop tard?
«La France doit retrouver l'envie de produire» Comment ne pas être en accord avec ce souhait? Mais rien n'est simple à l'heure qu'il est...où la compétitivité s'érode.
__Les analyses sur les causes et les conséquences de ce qu'il est convenu d'appeler la désindustrialisation en France ne font pas l'unanimité chez les spécialistes. Certains, surtout les néolibéraux qui ont foi, contre toute évidence, en la vertu du marché et du libre-échange sans limites ni contraintes, applaudissent, estimant que le passé industriel ne reviendra plus, mais qu'il faut tout miser sur l'innovation, selon le slogan: a vous (pays émergents) les usines, à nous les services . D'autres entrevoient déjà un économie quaternaire, d'un type nouveau, surtout organisationnelle.

_______Patrick Artus pense que la délocalisation d'une bonne partie des fabrications industrielles nationales a été plutôt néfaste, car un pays ne peut vivre durablement de services et quelques grosses industries de pointe, sans maillage suffisant de petites et moyennes entreprises dynamiques et innovantes. Il perd vite de sa substance, la création de la valeur étant le fondement de la richesse d'un pays. Tout miser sur l'agroalimentaire, la chimie et la pharmacie ne peut suffire. La désindustrialisation de la France n'est pas un mythe. Un certain protectionnisme européen raisonné serait à instaurer.
Les délocalisations sont passées par là, surtout depuis le début des années 80, suite à l'exemple anglo-saxon, qui peuvent prendre bien des formes, qui ont plusieurs sens. Sidérurgie, textile...et surtout machine-outil, mère de toutes les industries, s'exilent ou disparaissent, faute d'investissement et de montée en gamme. Le développement volontariste de l'immatériel ne suffira pas et dans ces domaines certains pays émergents comme la Chine sont déjà sur la ligne ...
_Dans la mesure où la concentration des capitaux a joué à plein, que l'industrie s'est multinat

_L'Angleterre a commencé plus tôt (après des délocalisations très précoces dans le cadre de l'empire colonial)) et se retrouve aujourd'hui à privilégier surtout l'industrie financière, avec tous les problèmes que pose cette spécialisation. De 1979 à 1984, M.Thatcher "commence une longue série de privatisations d'entreprises publiques, ce qui s'accompagne d'une forte désindustrialisation : baisse de 30 % de la main-d'œuvre industrielle et fermeture de 55 000 entreprises"
Aux USA , les délocalisations font perdre tous les jours un peu plus des forces vives du pays.
_____________Est-ce une fatalité? Il y a bien un chantage à la délocalisation, dont les effets négatifs peuvent être contrés, pour aller dans le sens d'un protectionnisme européen raisonné, comme le pensait M.Allais et d'autres aujourd'hui, notamment E.Todd. Mais il est sans doute trop tard...
La démondialisation n'est pas pensable, mais une certaine relocalisation n'est pas irréalisable, comme elle se produit déjà un peu par nécessité dans certains secteurs.
La politique de l'euro fort, si elle a avantagé l'Allemagne jusqu'ici, n'a pas joué en notre faveur. Comment remettre les investissements en route dans le cadre d'une rupture avec la logique libérale des dernières années?
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-La crise, arme de destruction massive
2 commentaires:
Je viens de lire votre article sur la désindustrialisation de la France : je l'ai trouvé très bien fait; il est très accessible.
Bravo.
RS
Merci
Ce n'est qu'une mise en forme de lectures diverses sur un sujet complexe et inépuisable.
Cordialement
MT
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