Elitisme et opacité
C'est la hantise des élèves....et des parents, surtout les plus modestes, les moins introduits dans les arcanes du système scolaire. Un système fondé sur la "bachotisation" et engendrant le stress. Une usine à stress, comme le Président l'a reconnu lui-même. Le Sénat s'est emparé de ce problème qui était sensé mettre un peu plus de rationalité dans l'orientation post-bac. Le cabinet de conseil qui a conçu l'algorithme, qui préside à ce devait être un merveille de rationalisation, devra revoir sa copie, pour plus de transparence et de clarté.. Le néo-bac de Mr Blanquer n'a pas accouché d'une merveille. C'est toute la formation qui est en question. Les universités sont en souffrance. "...Ces chiffres mettent en lumière les difficultés croissantes du système universitaire qui a réduit de 20 % le budget alloué par étudiant depuis 2017, selon le calcul établi par l’économiste Lucas Chancel. Ils masquent en outre de criantes inégalités entre établissements (13 195 euros par étudiant à l’université Gustave-Eiffel, à Marne-la-Vallée, contre 3 812 à celle de Montpellier), au détriment d’une égalité d’accès à une formation publique de qualité..." _______ "Quelle est la cause de ce mal français ? Il procède principalement du fait que les élites françaises ignorent l’université et parfois la méprisent. Elles considèrent de façon générale qu’il n’est point besoin de trop investir dans l’université tant que les grandes écoles continueront d’assurer leur reproduction. Cette dichotomie entre des grandes écoles bien dotées et des universités nécessiteuses est ancienne et trouve sans doute son origine dans les réformes napoléoniennes. Rappelons, que l’État octroie aujourd’hui quatre fois plus de financement à un élève de classe préparatoire qu’à un étudiant de licence. Il n’est pas possible de dresser un bilan de l’orientation et de Parcoursup sans souligner les disproportions de moyens accordés à ces deux systèmes, au sein même du service public de l’enseignement supérieur... ( Le Monde) ____Cet outil de sélection/orientation demande à être repensé, dans le cadre d'un système universitaire devenu le parent pauvre de la politique scolaire française. Un système algorithmique encore opaque sur bien des points. De plus, "...Il existe une forme d'inégalité face à l'enjeu qu’est l’orientation : tous les élèves ne disposent pas du même niveau d’informations sur les filières. Parcoursup a créé un stress lors de cette année de seconde qui n’existait pas dans le système précédent. Et demander à un élève de 15 ou 16 ans de faire des choix d’orientation si tôt, c’est ne pas tenir compte de l’évolution d’un adolescent, qui change d’intérêts en fonction de ses découvertes...." De plus, la plateforme a bouleversé le rapport de l’enseignant à l’élève. Car pour être sûr d’obtenir une place dans la filière de son choix, ce dernier doit avoir le meilleur dossier possible. Et comme 40 % de la note du bac provient des évaluations en contrôle continu, l’élève a l’impression d’être en surveillance permanente. Dès le début de la 1re, c’est comme si chaque devoir était une épreuve terminale. Il ne peut pas échouer. Ce système supprime la valorisation de la progression, qui est pourtant l’un des fondements de la pédagogie. Par ailleurs, ne pas comprendre un chapitre du cours, cela arrive. Cela ne devrait pas occasionner une telle tension pour se rattraper. Le lycée est devenu une usine à stress...."
Plus insidieusement et plus gravement, "...Combiné au Bac Blanquer organisé en contrôle continu dès la classe de 1ère, le dispositif Parcoursup engendre une situation pathogène pour de nombreux·ses jeunes et pervertit leur rapport aux études: il ne s'agit plus d'apprendre, y compris en ayant droit à l'erreur, mais de valoriser son dossier en vue du marché concurrentiel de l'enseignement supérieur..." Bref, ce serait un "générateur d'anxiété", selon le journal Le Monde. De plus, il y a toujours la crainte de ne pas disposer des bonnes clés. Les familles sont, elles aussi, impliquées dans ces choix de "formation motivée", qui arrivent bien trop tôt dans le parcours scolaire. La pression parentale sur les enseignants et celle qui pèse sur les élèves dès la première dénaturent le véritable enjeu de la transmission des savoirs. La transparence ne brille pas dans ce système complexe, qui rencontre un nombre toujours plus grand de critiques: si on on croit les sondages, "...Cette année, les lycéens et les étudiants interrogés se montrent nettement plus critiques vis-à-vis de la plateforme par rapport à l’édition précédente : 66 % la trouvent accessible (contre 81 % en 2021) et 63 % estiment qu'elle fournit des informations utiles pour leur orientation (contre 76 %). Une minorité, 44 %, la trouve utile (- 18 points), 38 % intuitive (- 10 points) et 33 % en capacité de répondre à leurs questions (-11 points). Malgré les fiches détaillées par formation, seuls 54 % des jeunes considèrent que Parcoursup est simple d'utilisation et 44 % qu’elle est efficace...." Une inflation dans les notes est constatée et déplorée. ainsi qu'une stratégie précoce en amont de la part de certains parents favorisés pour préparer les parcours scolaires de leurs chers petits... __________________

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire