Envers et contre tout
On dit que la musique adoucit les moeurs. C'est généralement le cas pour la plupart des styles de musique, à une époque donnée. Mais il est des musiques propices à stimuler le pire, comme disait Brassens à propos de certaines musiques militaires ou des usages pervers, même des plus belles oeuvres. Mais la musique peut entrainer, galvaniser, unir. Elle peut même jouer un rôle fédérateur pour les meilleures causes, ouvrir à l'espoir, parfois dans des situations critiques, voire désespérées. Cet orchestre pour la paix représente un fragile espoir de réconciliation dans l'enfer actuel vécu au MO.
C'est ce qu'a compris Daniel Barenboïm, pianiste et chef orchestre israëlo-argentin, qui a consacré une partie de son activité et de sa vie à former et à diriger une formation israëlo-palestinienne, pour contribuer à sa manière à avancer vers une reconnaissance mutuelle, même dans les pires moments. Une épopée qu'on peut juger "folle", mais un grain sable exemplaire, initié par un passeur déterminé . Malgré son état de santé. __ "... Quand Daniel Barenboïm prend la plume le 10 octobre 2023 sur ses réseaux sociaux, trois jours après le bain de sang commis par le Hamas, son ton est grave. Malgré la maladie neurodégénérative qui le diminue, le chef d’orchestre né à Buenos Aires en 1942 veut rester lucide face à cette « tragédie dont les conséquences se feront sentir longtemps ». Il condamne « avec la plus grande fermeté » le « crime odieux » commis par les terroristes palestiniens, avant de dénoncer « le siège israélien de Gaza », qui « constitue une politique de punition collective, qui est une violation des droits de l’homme ». Ses mots sont pesés, mais clairs et précis. D’autant que le maestro israélo-argentin est au courant des soubresauts que provoquent ces terribles événements au sein de l’Académie Barenboïm-Saïd. Installée à Berlin, cette école prolonge l’aventure du West-Eastern Divan Orchestra (« Orchestre du Divan occidental-oriental », Wedo) en formant ses futures étoiles. Le 13 octobre, après avoir rencontré les élèves, il publie, cette fois sur le site de sa fondation, une tribune pour rappeler la « valeur inestimable » qu’a « le simple fait que des musiciens arabes et israéliens partagent la scène ». La musique peut être un combat. Résister par la musique. ___________
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