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mercredi 12 août 2026

Quand l'archéologie devient politique

 Les risques de l'instrumentalisation

        L'archéologie, historique ou préhistorique, a beaucoup à nous apprendre sur notre passé -proche ou lointain- pour peu qu'elle soit "savante", confiée à des historiens ou des préhistoriens bien formés, mieux à même de donner du sens aux documents matériels ou immatériels mis au jour en éclairant souvent d'un jour nouveau ce que l'on savait ou croyait savoir. En ce sens, elle est une pratique auxiliaire de l'histoire, si elle menée avec rigueur et objectivité.                                         Mais de même que l'histoire peut être parfois instrumentalisée, au niveau politique, l'archéologie peut aussi, parfois sans le vouloir directement, se mettre au service de causes qui sont loin d'être indiscutables, créant parfois des polémiques qui dépassent de loin la neutralité de l'archéologue parfois imprudent ou trop engagé. Il arrive que la pratique archéologique devienne, officiellement ou pas, cause nationale. Comme on le voit aujourd'hui en Israël, en contribuant peu ou prou à forger ou à renforcer un idéal national, à légitimer une terre revendiquée comme authentiquement sienne, souvent sur fond de récits mythiques. Le projet de Grand Israël revendiqué par l'extrême droite du Likoud sert souvent de moteur pour des recherches orientées. Le mythe de la Terre Promise se réactive en cette période de conflits territoriaux. Bien que certains, comme Finkelstein, prennent leur distances par rapports aux mythes bibliques. L'archéologie n'a pas à légitimer quoi que ce soit pour cette école, soucieuse d'objectivité. Elle explore, décrit, interprète...Car il existe des faussaires  de la Bible, comme l'a bien montré le document de Arte hier soir. On est bien loin de l'archéologie rigoureuse, loin des pressions et de l'idéologie dominante. Même si elle a contribué à la fabrique de certaines identités impériales ou nationales....Elle reste malgré tout une discipline "politique", au sens large.                                                                                        Pour JP Demoule,  "...Les archéologues et historiens ont pour « devoir scientifique, éthique et citoyen de faire la part des mythes, de les décrire et les expliquer, mais en aucun cas de les alimenter ni de les justifier », estime Jean-Paul Demoule.  L’autre préoccupation majeure du chercheur est d’éviter que le passé ne soit considéré comme une marchandise, et son étude laissée au marché. L’archéologie préventive a précisément pour fonction d’éviter que les vestiges ne soient sacrifiés sans être étudiés lors d’aménagements. Il retrace avec minutie les péripéties législatives qui ont entouré son encadrement en France. La représentation nationale, l’Etat et ses grands corps, tout comme l’exécutif, n’en sortent pas grandis. Un de ses sujets d’indignation ? Les entreprises privées qui peuvent réaliser des travaux de fouilles bénéficient de crédits d’impôts – « l’argent des citoyens » –, ce qui leur permet, in fine, de proposer aux aménageurs des tarifs imbattables, « mettant en péril la survie économique et scientifique d’un institut de recherche publique ...»._____________

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