__ L'Amérique a mal tourné Plus dure sera la chute?
__ Bataille de l'IA Et incertitudes . Bulle en cours Qui paira la note?
__ Liberté et biodiversité Une mauvaise pente
__ Quelle lutte contre le narcotrafic? A armes inégales
__ Netanyahou: de père en fils Le grand diviseur. Fils d'un père secrétaire de Zeev Vladimir Jabotinsky, le père spirituel de la droite israélienne au sein de laquelle naîtra plus tard le Likoud.
__ Quel (nouveau) contrat social? Une vraie refondation est urgente
__ Annulation partielle de la dette: de nouveau en débat Une question surtout politique
__ Le mot d'Ariane: : "En juin 1968, Claude Lefort publie une analyse à chaud des événements de Mai-68 avec un texte intitulé “Le désordre nouveau”. Le philosophe, classé à gauche mais farouche opposant à l’URSS, remet en cause l’idée – déjà répandue à l’époque – selon laquelle la colère étudiante aurait été le symptôme d’une jeunesse égoïste et inconséquente. Loin d’avoir répandu un chaos nihiliste, les jeunes ont, selon lui, opéré une “déchirure” dans le tissu politique qui a permis de revitaliser la démocratie. En assumant de créer un “désordre intérieur”, c’est-à-dire de changer les termes du débat, les étudiants ont aidé à remettre le régime démocratique sur ses pattes. L’idée que la démocratie devrait composer avec une forme de désordre paraît contre-intuitive. C’est pourtant une considération chère aux libéraux, conscients qu’une société sclérosée risque d’exploser ou de conduire à la dictature. Au XIXe siècle, Tocqueville s’inquiète ainsi d’un temps où “l’amour de l’ordre se confond avec le goût des tyrans”. Plus le pouvoir contraint ses administrés, plus ces derniers risquent se retourner contre lui, car “ce n’est point l’usage du pouvoir ou l’habitude de l’obéissance qui déprave les hommes, c’est l’usage d’une puissance qu’ils considèrent comme illégitime, et l’obéissance à un pouvoir qu’ils regardent comme usurpé et oppresseur”. Tout le problème est de savoir quelle dose de désordre peut être acceptable – étant entendu que “l’ordre pour l’ordre”, paradoxalement, ne mène qu’à la désolation. Alors que le climat politique ne cesse de se tendre à l’Assemblée, les mises en garde de Tocqueville peuvent-elles encore être entendues ?
__ La démocratie n'est pas un système de consensus figé, mais un régime qui se nourrit de ses propres tensions internes pour éviter la sclérose. En opposant l'illusion d'un ordre absolu aux vertus correctrices d'un « désordre » légitime, Claude Lefort et Alexis de Tocqueville rappellent que le conflit politique est le moteur même des libertés. (IA)
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