Qu'attendre de la nouvelle loi?
Une régression. Le doute rationnel n'est plus un rempart. Les lobbies veillent...
Les risques, bien réels, son déniés. Aux USA: la déréglementation devient totale. Ecologie en berne.
Aux dépends des agriculteurs eux-mêmes.
" ...Voulons-nous d’un “printemps silencieux” ? C’est la question que devraient se poser ce mercredi tous les parlementaires, alors que se tient à l’Assemblée un débat sur la “loi Duplomb”. Ce texte, qui prévoyait notamment la réintroduction de certains néonicotinoïdes, a été adopté mais censuré par le Conseil constitutionnel.
2 131 368 ! C’est le nombre de Français qui ont signé la pétition lancée l’été dernier contre la “loi Duplomb”, qui prévoyait la réintroduction de pesticides nocifs pour les insectes pollinisateurs. Le succès de cette initiative populaire a rendu possible le débat qui s’est tenu aujourd’hui au Parlement. Il devait notamment avoir pour objectif d’évaluer les enjeux du principe de précaution et les moyens de protéger les agriculteurs contre la concurrence étrangère… tout en restant seulement informatif. La loi destinée à “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” a en effet déjà été adoptée – et la réintroduction de ces pesticides censurée par le Conseil constitutionnel, considérant que le législateur doit “veiller à ce que les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne compromettent pas la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins”. Cette décision fait directement écho à l’impératif du philosophe Hans Jonas, formulé en 1979 dans Le Principe responsabilité : “Agis de telle sorte que tes actions soient compatibles avec la permanence d’une vie authhentiquement humaine sur la Terre” !
"Le sénateur Duplomb a cependant de l’aplomb… Il a déposé en février une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’usage de deux de ces pesticides. L’élu joue non seulement des incertitudes scientifiques qui entoureraient leurs effets – à la manière des “marchands de doute” dont parle l’historienne des sciences Naomi Oreskes –, mais il réactive aussi une fausse opposition entre l’économie et l’écologie. Or, ce que montrent les études scientifiques, ce sont plutôt les effets délétères de l’usage de ces pesticides pour l’économie elle-même. Le biologiste Marc-André Selosse, dans un bref essai qui vient tout juste de paraître De la biodiversité comme un humanisme (Libelle-Seuil), rappelle d’abord que les maladies liées à la pollution de l’environnement coûtent cher à la communauté. Mais “la perturbation de la fonction de pollinisation par les insectes affecte aussi la rentabilité […]. D’ores et déjà, selon les estimations, de 28 à 61 % des écosystèmes agricoles manquent de pollinisateurs, et cela limite la production, surtout pour les myrtilles, le café et les pommes. Le manque à gagner annuel est estimé, selon l’IPBES [Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques], entre 230 et 580 milliards d’euros par an”. Le problème n’est donc pas que de santé publique, il est aussi économique. Et philosophique ? "... (Philosophie magazine) ______________________________
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