Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par date pour la requête guerre. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête guerre. Trier par pertinence Afficher tous les articles

samedi 1 août 2026

IA : nouvelles perspectives

 A vitesse accélérée 

                           C 'est le rythme de développement des nouvelles applications de l'IA, dans des domaines de plus en plus variés et un contexte de concurrence  et de rivalités mondiales assez exacerbées sur plusieurs plans. Certains, même en haut lieu, demandent déjà que l'on freine ce développement assez anarchique, constatant des formes de piratage dans les domaines sensibles. Et plus...Au point que le PDG de Open AI lui-même déclarait à un podcasteur américain : « Nous allons peut-être devoir ralentir de rythme de développement des IA pour donner suffisamment de temps à la société pour se préparer à ces nouvelles capacités. »      Enfin se pose le problème d'une régulation de systèmes qui peuvent s'emballer et d'une maîtrise nécessaire des innovations en la matière. Les dérives graves constatées n'ont pas été anticipées. Des fuites de données. Des chiens fous dans un jeu de quilles.... Du grain à moudre pour la pétition qui demande une régulation capable de freiner le développement des modèles les plus avancés, y compris le patron d'Anthropic. Frankenstein échappe à son créateur...Les droits d'auteurs risquent aussi d'être facilement violés, dans tous les domaines.  Le risque de flop n'est pas exclu.


                          Le problème est qu'un mur de complexité  rend les contrôles de plus en plus problématiques.  Et que l'intelligence, la vraie , fait parfois défaut . Même le simple bon sens. Sans parler d'éthique élémentaire.      Ce qui  explique mieux des prises de position récentes, souvent d'ordre "philosophique".   Cédric Villani , toujours un peu à part, ne mâche pas ses mots:                                         
Pour moi, le premier problème, c’est que l’IA rend fou. Elle rend folle l’économie, folle la société, folle une partie des élites techniques et politiques. Quand on regarde certains discours aujourd’hui dans la Silicon Valley, on a parfois l’impression d’assister à une forme de délire collectif autour de la promesse technologique.    En même temps, cette obsession permanente pour l’IA détourne aussi l’attention collective d’autres enjeux absolument centraux, notamment climatiques et écologiques. Toute l’énergie intellectuelle, financière, industrielle est aujourd’hui mobilisée autour des datacenters, de la puissance de calcul, de la compétition technologique, des semi-conducteurs. Or pendant ce temps-là, les problèmes climatiques et sociaux ne disparaissent pas, bien au contraire.    Et puis il y a évidemment toute la dimension militaire et sécuritaire. L’IA fournit déjà de nouvelles armes : cyberattaques automatisées, drones pilotables avec précision et bientôt beaucoup plus autonomes, systèmes de surveillance, capacités massives de désinformation, automatisation grandissante de la guerre. Le risque n’est pas vraiment celui d’une machine qui deviendrait autonome ou incontrôlable au sens de la science-fiction, mais son utilisation autodestructrice par l’humain.                                  Les technologies de la communication, dès le début, ont été employées par les sociétés autoritaires pour renforcer leur contrôle de la population, mais ont aussi constitué pour les régimes plus libéraux une tentation irrésistible. Voyez les programmes massifs de surveillance lancés par les États-Unis et quelques autres. Flicage en temps de paix, démultiplication des moyens de destruction en temps de guerre, c’est une combinaison redoutable pour une humanité qui n’a guère progressé moralement et qui a toujours, en période de tension, utilisé la technologie dernier cri pour se battre. Rendez-vous compte, personne n’en parle mais l’an dernier cinq pays européens se sont retirés du traité international contre les mines antipersonnel ! Les industriels de l’armement ont leur carnet de commande plein à ras bord, de même que tout le business des addictions (drogue, sexe, jeu). J’imagine un extraterrestre en mission d’observation sur Terre, qui ferait son compte rendu à son quartier général : « Ils font tout pour éviter de regarder en face leurs vrais problèmes, ils se préparent à la guerre, et construisent d’immenses datacenters comme les cathédrales d’un culte ». À la fois hyper-connectés et déconnectés du réel..." 
_____________

mercredi 29 juillet 2026

Des paris universels?

       Ludification des conflits

                Parier sur la guerre comme sur un match de foot, au PMU local  ?                                                             Ou un combat de coq?

                    On parie bien (et ça fait longtemps, comme au Royaume Uni) dans le domaine du sport...Pourquoi ne le ferait- on pas dans celui de la guerre?     Certains ont eu l' idée depuis un moment.    Le comble du cynisme.    Tout est possible                                                                    Qui veut gagner des millions? Vous pouvez miser sur l'issue d'un conflit. Les marchés prédictifs sont parfois juteux. Mi marchés à terme, mi machines à sous. " ...Début janvier, un compte Polymarket, manifestement créé un semaine avant l'opération américaine, a réalisé 400000 dollars de profit en pariant 33000 dollars sur la destitution du président vénézuélien N. Maduro...alors que le Congrès n'avait même pas été informé de l'opération..." ! Des membres sans doute haut placés de l'administration américaine...On investit aussi sur le conflit iranien. Pas de limite! La guerre et un jeu comme un autre, quand elle permet de remplir ses coffres...                                                                                                                        Un "marché" en pleine croissance. Mais certains, comme Hanson, voient l'orage arriver. Mais c'est encore un pari...                     __ "Le développement des marchés prédictifs en ligne, comme Polymarket, permet à certains internautes de miser de l'argent sur des conflits armés ou des frappes géopolitiques (comme au Moyen-Orient ou en Ukraine), transformant des drames humains en cotes financières comparables à des paris sportifs... Les utilisateurs achètent ou vendent des parts en fonction de la probabilité qu'un événement survienne (ex. : une frappe à une date précise ou un cessez-le-feu).Gains rapides : Des parieurs ont parfois enpoché de fortes sommes en misant juste quelques minutes avant des attaques réelles, éveillant des soupçons de délits d'initiés..... Cynisme et marchandisation : Réduire des pertes humaines et des bombardements à un simple jeu numérique choque profondément. Conflits d'intérêts potentiels : Le risque existe que la politique ou la sécurité nationale ne soient plus dictées par la stratégie, mais influencées par des logiques de profit financier.  Cadre légal : Ce type de marché fait l'objet de vives polémiques politiques et d'appels à l'interdiction par des parlementaires, bien que ces plateformes restent accessibles ou interdites selon les pays (interdites en France)...." 


                                                                                                                                                              ____ " Le NYT  a révélé que, vingt-quatre heures avant le début des « frappes », plus de trois cents paris d’au moins 1 000 dollars ont été effectués sur ces marchés, seize comptes ayant même misé plus de 100 000 dollars chacun. Un utilisateur a gagné près d’un demi-million grâce à un pari de 60 000 dollars. Un autre, sous le pseudonyme « Magamyman », a raflé plus de 553 000 dollars. Selon CNN, un compte Polymarket a empoché près de 1 million de dollars ces dernières années en effectuant une série de paris gagnants sur des attaques israéliennes et américaines en Iran. Beaucoup trop chanceux pour être honnête. Mal à l’aise, Kalshi prétend qu’elle n’autorise pas les paris sur la mort. La plate-forme a d’ailleurs suscité la colère des parieurs qui avaient vu juste en annulant la totalité des paris sur le décès de Khamenei et en remboursant les sommes investies..."                                                                                                                                    _ Faites vos jeux!  Sans vergogne.😧
   
          _________

lundi 27 juillet 2026

Un visionnaire

 Quel monde meilleur?

      Mort en 1963, Huxley fut un écrivain atypique, un penseur en marge, visionnaire et prophétique, quoique pleinement intégré dans la problématique de son temps, pensant de manière critique (lucide et parfois glaçante) certaines évolutions dystopiques de notre temps. Orwell fut un visionnaire critique de son époque, anticipant sur les dérives dangereuses d'une civilisation faisant une confiance aveugle à ses propres produits.                                                                                                  _ A lire en parallèle avec Orwell _ Avec l'"oeuvre" de Trump -


                                       "...  En 1931, au cœur d’une Europe encore marquée par les séquelles de la Première Guerre mondiale et les bouleversements sociaux qui s’ensuivent, Aldous Huxley se lance dans l’écriture de ce qui deviendra l’un des romans les plus prophétiques du XXe siècle : Le Meilleur des Mondes. L’œuvre est rédigée dans une époque où la montée des idéologies totalitaires, que ce soit le fascisme en Italie ou le nazisme en Allemagne, coïncide avec une fascination croissante pour les avancées scientifiques et technologiques. Huxley, observateur perspicace de cette époque en pleine transformation, transpose ces préoccupations dans un avenir dystopique où la science et la rationalité, poussées à leur extrême, ont déshumanisé l’homme au nom de l’ordre et du bonheur collectif​​.                                                                                                                Le roman, publié en 1932, fait écho aux craintes de Huxley face à l’automatisation croissante des sociétés industrielles. Inspiré par les lignes de production à la chaîne mises en place par Henry Ford, Huxley imagine un monde où les individus eux-mêmes sont « fabriqués » dans des laboratoires, destinés dès leur conception à remplir des rôles prédéterminés au sein d’une hiérarchie sociale rigide. Dans cet univers, l’idée même de liberté individuelle a été sacrifiée sur l’autel de la stabilité sociale. Le mot d’ordre est simple : éviter toute forme de chaos, toute expression de singularité pouvant perturber le fonctionnement parfaitement huilé de la société. Tout est sous contrôle, depuis la naissance artificielle des citoyens jusqu’à leur mort, en passant par l’administration régulière de soma, une drogue qui efface toute forme de souffrance​.

Photo d’une chaîne de montage dans une usine Ford à Dearbord dans le Michigan

        L’un des aspects les plus dérangeants du Meilleur des Mondes est l’idée sous-jacente que cette société, aussi déshumanisante qu’elle soit, pourrait séduire une majorité de gens. Huxley, ayant observé l’Amérique des années 1920 avec son obsession pour la consommation, le confort matériel et l’évitement de toute douleur, pousse cette logique à son extrême conclusion. Le bonheur est devenu un produit, une norme imposée, dépourvue de toute profondeur. Les êtres humains, au lieu de chercher à vivre pleinement leurs émotions ou de poursuivre la vérité, sont incités à se satisfaire d’une existence vide mais confortable, où chaque instant est soigneusement orchestré pour éviter le moindre désagrément.                                                                                                           Ce qui rend ce roman particulièrement glaçant, c’est la façon dont Huxley anticipe les dérives potentielles d’un monde où la science et la technologie prennent le pas sur toutes les autres valeurs humaines. Dans ce futur, la technologie n’est plus un simple outil ; elle devient un moyen de contrôle total. Les émotions sont manipulées, les pensées sont conditionnées dès l’enfance, et même les instincts les plus naturels comme la reproduction sont régulés par l’État, dans un effort permanent pour maintenir l’ordre. La religion, l’art, la littérature, tout ce qui pourrait éveiller la conscience des individus est soit supprimé, soit dénaturé. En réponse à cette déshumanisation, l’un des protagonistes du roman, John le Sauvage, se révolte en réclamant « le droit d’être malheureux », un cri déchirant contre cette tyrannie du bonheur imposé​.                                                                                                                                    Ce qui était une projection audacieuse de l’avenir en 1932 semble aujourd’hui presque prophétique. Alors que nos sociétés modernes s’engagent de plus en plus dans la voie du contrôle technologique — qu’il s’agisse de la surveillance de masse, de l’exploitation des données personnelles, ou des débats éthiques sur l’intelligence artificielle —, les questions soulevées par Huxley n’ont jamais été aussi pertinentes. À quel point sommes-nous prêts à sacrifier notre liberté, notre individualité, pour obtenir plus de confort et de sécurité ? Sommes-nous, comme les personnages du roman, disposés à abandonner toute quête de sens au profit d’une vie sans heurts, anesthésiée par des distractions superficielles ?  Le Meilleur des Mondes est un classique de la littérature qui fait 285 pages et nous pousse à réfléchir sur les dérives potentielles d’une société où l’homme perdrait son humanité au profit d’un bonheur artificiel, administré par des forces qu’il ne contrôle plus. Huxley, par cette œuvre visionnaire, nous met en garde contre une technologie qui, loin de libérer l’homme, pourrait bien finir par l’enchaîner..."       _____________

dimanche 19 juillet 2026

Petit billet du dimanche

 __ Déni

__ Colère

__ Vulnérabilité

__ Siphonnage

__ Défaillances                    

__ Préoccupant

__ Sècheresse

__ Fin de partie?

__ Carte joker

__ Ukraine: le point

__ Elections en question

__ Robots des champs

__ Refuges climatiques

__ Usine modèle?

__ Guerre de vengeance

__ Urgences climatiques

__ Période révolue

                        ____  Ingérences intérieures en question ________

samedi 18 juillet 2026

Une bombe psychique

 Pour nos enfants 

                        Mais pas seulement. Il est des réseaux dits sociaux. Avec leur stratégie pour capter l'attention, pour le plus grand profit de quelques groupes. Mais pas seulement. De mettre aussi parfois pour en péril l'équilibre parfois fragile de nos jeunes, de les soumettre à des images et des modèles contestables, voire pervers; en jouant sur leur immaturité et leurs fragilités. Tout cela sur un mode dit "ludique" et en utilisant à leur insu des algorithmes addictifs. A leur insu.                                                                                                                    Tik Tok, plus que d'autres, est passé maître dans cette tentative de séduction et de fascination. Une méthode bien rodée. qui produit des effets parfois critiques, maintenant bien analysés. Une sorte de bombe psychique, comme on a pu le dire, en dénonçant les effets accablants de l'emprise parfois dramatique de Tik Tok. Des effets souvent dévastateurs. Comparable à une arme de guerre, au service d'une puissance qui n'est pas sans arrière-pensées?..                                                                                                                                           Pour affaiblir nos pays à long terme, par le biais d'une plate-forme toxique? En tous cas les risques sont mal perçus, malgré les critiques convergentes.   Les autorités chinoises, elles, limitent fortement l'accès à TikTok en Chine, elles sont parfaitement informées des effets nocifs sur les enfants et les adolescents.  Comme des ténors de la Silicon Valley, d'ailleurs. La santé mentale, notamment, est particulièrement concernée. Un poison pour nos enfants.                                                                                                                                                                                      Une hypothèse encore discutée, car la Chine ne dit rien. Mais elle agit.  Ou est-ce un effet indirect secondaire seulement...Même si la Pékin a objectivement intérêt à affaiblir l'Europe économiquement par le biais des générations montantes. En favorisant la crétinisation des jeunes esprits chez nous et en offrant d'autres contenus, plutôt culturels (mais pas seulement) à ses propres jeunes?


Une stratégie d
'influence, en tous cas...Avec au moins un projet, une arrière-pensée:

 Éduquer les Chinois, abrutir le reste du monde ?



                     Point de vue  (à mettre en perspective et à relativiser) :  "...Il n’y a qu’à comparer comment fonctionne TikTok en Chine et dans le monde occidental pour comprendre combien l’enfant est un gage d’avenir côté chinois, alors que de l’autre, la mise est sur la fabrication de futurs consommateurs, décervelés et accros.                                                                  Comme une nouvelle guerre de l’opium. Tristan Harris, ancien designer chez Google en 2022 fait une révélation[ii] : TikTok serait la plus grande opération d’influence de l’histoire, et la compare à la guerre de l’opium. Afin de comprendre ce raccourci, il faut remonter au 19e siècle. Les Anglais doivent payer leur thé en or. Il y a une autre solution. Inonder l’empire du milieu d’opium cultivé en Inde. Le résultat est dévastateur. En peu de temps, des millions de nationaux deviennent accros et ainsi, le pays perd 10% de sa population. L’empire s’effondre de l’intérieur et se fait coloniser. C’est le début de la période appelée localement, « le siècle de l’humiliation ». Il y a une citation célèbre de Lin Zexu[iii] : « Si les Britanniques n’ont pas de remords à empoisonner la Chine avec l’opium, pourquoi allons-nous avoir des remords à les empoisonner avec leurs propres armes ?  » Selon Harris, TikTok serait l’opium du 21e siècle exporté par la Chine dans le reste du monde. Pour bien comprendre : Pékin a créé deux versions de l’application : Une qui nationalement instruit les moins de 18 ans en limitant le temps d’utilisation et en dirigeant les contenus ; quant à l’autre, la version mondiale, reste ouverte 24/7 et « distrait » les jeunesses occidentales pour les abêtir.                                               Deux appellations différentes. La version chinoise s’appelle Douyin. Au moins 600 millions d’utilisateurs journaliers. Ce qui est positif pour une fois est le mode de « censure » gouvernementale pour les moins de 18 ans. Surtout pour ceux de moins de 14 ans. Cela se traduit par la mise en place d'un « mode jeunesse », qui bascule automatiquement les mineurs sur des contenus éducatifs et ludiques en rapport avec les sciences, l’histoire, l’art et tout ce qui peut développer de beaux esprits, l’objectif : donner naissance à des vocations chez les adolescents et leur permettre de s’instruire.[iv] Et rêve ultime pour les parents : un temps de consultation limité à 40 minutes par jour et de ne pouvoir accéder à l’application pendant la nuit entre 22h et 6h.[v] Ces fonctionnalités n’existent pas dans la version internationale de TikTok. Au contraire, aucune limite de temps d’utilisation n’est imposée. Quant aux contenus mis en avant, ils sont aux antipodes de ce que propose Douyin aux adolescents : playbacks sur des musiques célèbres, danses, jeux d’acteurs, canulars (pranks), défis lancés, comme par exemple manger et boire en quantité en un temps limité, pousser au consumérisme, au suivisme de la mode. Et des choses plus glauques comme contourner les règles de TikTok interdisent la promotion directe d'OnlyFans où la pornographie des mineurs fait fureur. Le rôle des « influenceuses/influenceurs » qui vidéos après vidéos font la promotion d’un mode vie sans travail, sans faire d’études, et où chaque jour est une Dolce Vita de milliardaire, à la portée de toutes et tous, fait que pour beaucoup d’ados, cela est l’exemple à suivre. D’ailleurs, une enquête demandant à ces jeunes qu’elles sont leurs projections pour l’avenir ? En Chine : astronautes et aux États-Unis, influenceurs sur les RS. Guy Debord avait donc raison dès 1967 avec sa Société du Spectacle                                                                                                                                             Le contenu de Douyin. Un rêve parental et professoral. C’est un Soft Power seulement destiné aux nationaux. Il y a bien des cours de propagande, mais chez nous aussi, donc balle au centre. Les algorithmes montrent des expériences scientifiques à reproduire à la maison, des expositions avec des balades virtuelles dans des musées, des cours sur le patriotisme (qui peuvent faire aimer le pays), des vidéos éducatives et scolaires sur toutes les matières enseignées. Internet, cette fois-ci empli pleinement son rôle de courroie de transmission entre le système instructif, l’éducation parentale et la volonté du gouvernement de considérer que sa jeunesse doit être bien formée afin de porter le pays en avant. C’est du gagnant/gagnant, et je suis moi-même étonné d’écrire autant de bonnes choses sur une société où le contrôle total du citoyen est un art de vivre ou une torture chinoise… C’est au choix !                                                                                                                                                                  TikTok, un cauchemar éveillé. Pour preuve : les créateurs de tous ces réseaux sociaux de la Silicon Valley ont interdit formellement à leurs enfants de passer du temps sur ces RS qu’eux même avaient créés. Les deux différents algorithmes qui régissent les deux applications fabriquent d’un côté une jeunesse ayant le potentiel d’être éveillée, compétitive et instruite, et de l’autre, portent des esprits creux, désinhibés de toutes les pulsions, et ne reconnaissant que le pouvoir de l’argent et ses possibilités de consumérisme, de pulsions instantanées et effrénées. Malgré ces effets néfastes, TikTok incite les utilisateurs à consommer davantage. Il se repose sur un modèle de « digital labour », c'est-à-dire des activités qui ne sont pas vécues comme occupations, mais qui produisent pourtant une valeur pour les grandes entreprises technologiques, mesurant les indicateurs de popularités et de réputation. Pour les internautes, il suffit de faire quelques gestes d’un nouveau dictionnaire  : liker, sharer, s'abonner, swiper, pincer, taper, selfies, roaming, caster, streamer, scroller, etc.[vii] Ainsi, leurs activités deviennent des données qui peuvent être réutilisés pour créer du profit à la plateforme notamment en proposant des publicités ciblées, qui incitera à plus de pulsions de consommation… Un vrai cirque schizophrène de frustrations. Une étude réalisée par l'ONG Amnesty International en 2023 conclut que l'algorithme de TikTok expose fortement et très rapidement, les jeunes à des contenus dangereux et/ou inappropriés à leur âge, incluant notamment la promotion du suicide et de l'automutilation. Les internautes ayant ce profil et montrant un intérêt pour ces sujets via les mots-clés entrés dans le moteur de recherche du réseau se retrouvent, dès les douze premières minutes, exposés, via la rubrique "Pour toi" de leur fil d'actualité, à une quantité massive de vidéos de ce type, susceptibles de renforcer leur mal-être. Ainsi, nous fabriquons en occident un Frankenstein social, qui en grandissant devient contrôlable, dans son incontrôlabilité de ses pulsions primaires. Des individus ne vivant qu’avec une partie du cerveau : le reptilien et le limbique. Adieu, au néocortex, ses pensées rationnelles et sa conscience. Gone with the Wind… 4 ever !                                                                                                        L’avenir, sera-t-il chinois ? Je ne vais pas vous faire le coup de Quand la Chine S’éveillera…Ce qui est certain c’est qu’une guerre de civilisation se déroule sous nos yeux pour savoir qui va prendre le contrôle des esprits. L’Amérique avec son Soft Power depuis 1945 a dominé. Mais depuis la création du groupe des BRICS, un déplacement des pouvoirs a eu lieu. L’Amérique est en plein marasme économique, financier et est gouverné par un demi-fou. Quant à sa population, laminée par des décennies de malbouffe, de TV poubelle, de wokisme, de LGBTTRXWZ et noyauté par les lobbies militaires, industriels et pharmaceutiques ; cette America way of Life qui fut la première puissance mondiale à tout l’air d’un boomer souffreteux en fin de course. La place étant donc à prendre, un bloc formé par la Chine, l’Inde et la Russie sont ceux qui peuvent bouter hors champ « the America Great Again » de Donald ; car celui qui détient le pouvoir d’information, détient le pouvoir de désinformer à ses avantages. Les vidéos courtes de la plateforme ont sur-utilisé la technologie algorithmique, qui est susceptible de pousser l’utilisateur dans une « chambre d'écho » homogène.[viii] Et ces chambres peuvent contribuer à la diffusion d'informations trompeuses, de fausses nouvelles ou de rumeurs. NewsGuard a conclu de ses tests de 2022 qu'en moins de 40 minutes, l'utilisateur de TikTok se voit proposer des vidéos aux contenus faux sur l'actualité, et plus encore, si l'application est utilisée comme moteur de recherche. Sur 102 millions de vidéos retirées par TikTok au 1er semestre 2022, moins de 1 % l'ont été pour désinformation. Selon Global Witness, l'exposition aux fausses nouvelles y est pire que sur Facebook et YouTube : 90 % des contenus de désinformation créés pour une étude par Global Witness ont été approuvés par TikTok. Ainsi, avoir le pouvoir de formater les esprits jeunes et de les désinformer ne peut être que profitable à un pays qui ne s’embarrasse pas trop de démocratie.[ix] C’est le cas de la dire, le ver a été introduit dans la papaye occidentale et il s’y développe doucement, mais sûrement. Alors, comme la question posée, l’avenir sera-t-il chinois ou pas ? On pourra toujours répondre en opposant deux proverbes du cru : « Avec le temps et la patience, la feuille du mûrier devient de la soie. »-« Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le. »                            Perso, je ne suis pas optimiste sur la question, sachant combien la patience chinoise est infinie, sa résilience énorme, sa population nombreuse et surtout, savoir que « Le sage ne tire jamais la queue du tigre, même lorsqu'il dort. » Ce qui est certain, c’est que nous l’avons réveillé…            _____________

vendredi 17 juillet 2026

Point d'histoire

    Deux hommes, une carte, un empire à dépecer...

                   Et du pétrole.

                   Si, après la guerre de 14, qui a remis en question bien des empires, notamment la dissolution de l'empire ottoman,  cet accord (ou ce marchandage colonial) n'avait pas existé...la fin du Moyen-Orient eut été changé...  De grands effets peuvent suivre de petites causes, comme disait Pascal.  L'Orient "compliqué" (comme disait de Gaulle), comme le Levant, serait doute plus simple à comprendre, car certainement moins conflictuel, surtout depuis les dernières décennies.                                                                                                      Selon  Henry Laurens  Laurens: « Un certain nombre d’esprits romantiques du Caire, dont le plus célèbre sera T.E. Lawrence, le futur Lawrence d’Arabie, misent sur une renaissance arabe qui, fondée sur l’authenticité bédouine, se substituerait à la corruption ottomane et au levantinisme francophone.  Ces Bédouins, commandés par les fils de Hussein, les princes de la dynastie hachémite, accepteront naturellement une tutelle britannique “bienveillante”. Londres leur promet bien une “Arabie” indépendante, mais par rapport aux Ottomans.____De leur côté, les Français veulent étendre leur “France du Levant ‘ à l’intérieur des terres et construire ainsi une grande Syrie francophone, francophile et sous leur tutelle.’ Français et Britanniques ont un intérêt commun à rallier à leur camp les tribus arabes, pour les retourner contre les Ottomans. Mais tout en leur faisant de grandes promesses, ils négocient secrètement, derrière leur dos, leurs futurs zones d’influence.  Mark Sykes et François Georges-Picot s’y attellent pendant plusieurs mois de négociation difficile, pour aboutir en 1916 à la signature d’un accord signé par l’ambassadeur de France à Londres, Paul Cambon, et le secrétaire au Foreign Office, Edward Grey.                                                     Fin 1915, toutefois, comme le raconte Jeremy Wilson, auteur d’une formidable biographie de Lawrence d’Arabie (éd. Denoël, 1994), un négociateur britannique résume l’impasse dans un mémorandum : ‘Ainsi que vous le verrez, les choses ne démarrent pas très favorablement, ce qui n’est pas très surprenant avec Picot comme représentant français. Les prétentions de Picot sont absurdes et ses arguments valent pratiquement zéro’.” Dans ce choc des puissances coloniales, plus habituées à se combattre depuis des siècles qu’à coopérer, le personnage de François Georges-Picot cristallise les ambitions contradictoires. Le 10 décembre 1915, un négociateur britannique écrit à son ministère : “Le choix de Picot pour les représenter est une indication décourageante de l’attitude des Français. Sur la question syrienne, Picot est un fanatique notoire et il est absolument incapable de participer à un règlement mutuel sur la base du sens commun raisonnable qu’exige la situation actuelle.”  Les Britanniques redoutent que l’affichage des ambitions françaises sur la Syrie, incarnées par François Georges-Picot, ne rendent plus difficile le soulèvement des tribus arabes contre l’Empire ottoman auquel s’active Lawrence d’Arabie. Ils ont appris qu’un diplomate français en poste au Caire a déclaré à un notable arabe de Damas que le gouvernement français n’accepterait jamais que la Syrie fasse partie d’un empire arabe. Ce diplomate, selon Londres, aurait annoncé la couleur :“La Syrie sera sous le protectorat de la France et nous enverrons bientôt une armée pour l’occuper.”                                                                                                                                   Quelques mois plus tard, néanmoins, l’accord se fait entre Sykes et Georges-Picot, ratifié par les deux gouvernements qui font passer leur intérêt à gagner la guerre en Europe avant leurs rivalités au Moyen-Orient. D’autant que, selon Jeremy Wilson, les Britanniques se disent que cet accord a toutes les chances de ne pas être appliqué..."                            Avec l'accord secret franco-britannique Sykes et Picot, établi en 1916 sur un coin de table en fonction des intérêts géopolitiques et économiques franco-anglais, on a un des éléments importants pour comprendre les convulsions anciennes, récentes et actuelles du Moyen-Orient, sur fond d'enjeux pétroliers...

      Il y a bientôt 100 ans...Ce fut le dépeçage de l'empire ottoman, prélude à des bouleversements  profonds..  en attendant les interventions des néoconservateurs américains en quête d'un nouvel ordre, sur la base d'un désordre planifié (réputé créateur!) jouant sur les prétextes sécuritaires, les divisons internes, les connivences saoudiennes, les intérêts pétroliers... menant de proche en proche au chaos actuel, dont on voit qui en tire les marrons du feu, quel Frankenstein en est issu, reposant le problème des frontières dans les pires conditions.
        A la faveur de l'agonie d' un empire, homme malade de l'Europe, des frontières furent remises en question
                  La crise actuelle en Irak laisse à penser que les frontières actuelles du Moyen-Orient sont réellement menacées d’éclatement. "Il y a un risque réel de reformation dans la région dans les années qui viennent", reconnaît Didier Billion, qui estime que l'EIIL est le groupe djihadiste le plus puissant actuellement. 
                                 Au coeur d'un conflit mondial meurtrier, Paris et Londres refaisaient le Moyen-Orient sur le dos des Arabes. 
                 C’est une page d’histoire vieille d’un siècle qui est en train de se refermer progressivement, dans les fracas de la guerre. En 1916, en plein conflit mondial et dans le plus grand secret, Français et Britanniques redessinaient la carte du Moyen-Orient post-ottoman en s’attribuant des zones d’influence : ce sont les célèbres accords Sykes-Picot que les convulsions actuelles de l’Irak menacent, de facto, de détruire...
 ...L’état d’esprit concernant le futur Moyen-Orient est parfaitement résumé dans un article du Monde diplomatique de 2003, par Henry Laurens, professeur au Collège de France et grand connaisseur de l’histoire de cette région :
        « Un certain nombre d’esprits romantiques du Caire, dont le plus célèbre sera T.E. Lawrence, le futur Lawrence d’Arabie, misent sur une renaissance arabe qui, fondée sur l’authenticité bédouine, se substituerait à la corruption ottomane et au levantinisme francophone. Ces Bédouins, commandés par les fils de Hussein, les princes de la dynastie hachémite, accepteront naturellement une tutelle britannique “bienveillante”. Londres leur promet bien une “Arabie” indépendante, mais par rapport aux Ottomans. De leur côté, les Français veulent étendre leur “France du Levant ‘ à l’intérieur des terres et construire ainsi une grande Syrie francophone, francophile et sous leur tutelle.’  Français et Britanniques ont un intérêt commun à rallier à leur camp les tribus arabes, pour les retourner contre les Ottomans. Mais tout en leur faisant de grandes promesses, ils négocient secrètement, derrière leur dos, leurs futurs zones d’influence...
                   Selon H Laurens: ... En 1918, la question pétrolière devient dominante. Selon l’accord, la France devrait contrôler la région de Mossoul, où se trouvent d’importantes réserves potentielles, mais les Britanniques, eux, ont les droits de concession. Georges Clemenceau veut bien satisfaire le groupe de pression colonial, mais en se limitant à une « Syrie utile » ne comprenant pas la Terre sainte, mais permettant un accès aux ressources pétrolières......
        La division du Proche-Orient en plusieurs Etats n’était pas en soi condamnable : les Hachémites l’avaient envisagée dès le début en faveur des fils aînés de Hussein. Mais elle s’est opérée contre la volonté des populations et en utilisant une rhétorique libérale que l’utilisation de la force rendait vide de sens. Par rapport à l’évolution politique de la dernière décennie ottomane, où la cooptation des notables et l’établissement d’un système électoral, certes très imparfait, avaient tracé la voie à une vraie représentation politique, l’autoritarisme franco-anglais constitue une régression durable.
            En tant que découpage territorial, le partage a duré, essentiellement parce que les nouvelles capitales et leurs classes dirigeantes ont su imposer leur autorité sur le nouveau pays. Mais les événements de 1919-1920 furent ressentis comme une trahison des engagements pris (en premier lieu, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes). Ils dépossédèrent surtout les élites locales de leur destin. Quand le nationalisme arabe reviendra en force, il ne reconnaîtra pas la légitimité de ce découpage et appellera à la constitution d’un Etat unitaire, panacée à tous les maux de la région. Les Etats réels seront ainsi frappés d’illégitimité et durablement fragilisés. La constitution du Foyer national juif entraînera la région dans un cycle de conflits qui semble loin de se terminer....
                           ______  Il a fallu compter avec le double jeu anglais à l'égard de la Palestine.
        En annonçant, en juillet, la création d’un « califat islamique », après la prise de Mossoul, le chef de l’« État islamique », cette force islamiste radicale qui ravage l’Irak et la Syrie, proclamait son intention « d’effacer les frontières coloniales des accords Sykes-Picot ». Et il est vrai que les frontières entre les États du Moyen-Orient (Turquie, Irak, Syrie, Liban, Palestine et Jordanie) découlent du coup de crayon tracé le 16 mai 1916, en pleine guerre mondiale, par deux diplomates, l’Anglais Marc Sykes et le Français Henri-Georges Picot, sur la carte de l’Empire ottoman. Un empire en grande difficulté depuis quelques décennies déjà : ses sultans avaient du mal à contrôler les peuples disparates et remuant de territoires qui s’étendaient du Caucase à l’Algérie et que grignotaient avec appétit les puissances européennes. Les Français avaient déjà pris l’Algérie ; les Anglais l’Égypte, et les Italiens la Libye, tandis que la Russie tsariste s’était imposée dans le Caucase. Ils allaient profiter de la Première Guerre mondiale, où la Turquie s’était rangée du côté de l’Allemagne, pour lui porter le coup de grâce : la ligne tracée par les deux diplomates allait de Mossoul à Haïfa. Tout ce qui était au nord reviendrait à la France, ce qui était au sud, à l’Angleterre.
      Pour les combattants de l’État islamique, point n’est besoin de visa ni de passeport pour passer de la Syrie à l’Irak et vice versa. La kalachnikov suffit. « Nous ne croyons pas à l’accord Sykes-Picot », se vantent-ils...______
- La face cachée du pétrole -   Reconfiguration des conflits - Le vrai rôle de Lawrence d'Arabie

____________________

vendredi 10 juillet 2026

Pour une police exemplaire

 Une décision lourde de sens

                                                   ".... Les policiers et gendarmes disposent déjà du pouvoir de recourir à la force, y compris d’ouvrir le feu. Encore faut-il que ce pouvoir soit contrôlé et exercé de manière légitime : que la réponse soit proportionnée à la menace et que celle-ci soit suffisamment grave et immédiate pour ne laisser aucun autre choix. Une telle présomption de légitime défense permettra aux agents d’ouvrir le feu sur des personnes considérées comme suspectes, quels que soient les circonstances et le niveau de menace réel que ces personnes représenteraient. On compte déjà en France des dizaines de personnes tuées par balles, dont certaines dans des circonstances floues, voire opaques. Les enquêtes impartiales et procès, qui permettraient d’y voir plus clair sur la légitimité ou non de l’action policière dans certains cas, demeurent encore trop rares. Instaurer une telle présomption de légitime défense ne fera que renforcer cette opacité, ainsi que l’impunité d’agents qui ont pu abattre des personnes sans que cela soit nécessaire...."                                                                                                                                                                                                                 Une mesure comme nulle part ailleurs en Europe.  Les inquiétudes sont vives. Trop de zônes d'ombre et de victimes. S'agirait-il d'un permis de tuer?   "... Un « permis de tuer » dénoncé par l’ensemble de la gauche. Mais aussi par les associations des droits humains (Amnesty international France, Ligue des droits de l’homme…) qui s’étaient rassemblées devant le Palais-Bourbon dans l’après-midi pour protester contre une réforme « risqu[ant] d’augmenter le nombre de personnes tuées et blessées » par l’envoi d’« un signal de désinhibition » aux policiers et gendarmes, ainsi que l’écrivait le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans une lettre envoyée aux députés le 29 juin..."                                                                 "La question centrale  est celle de la restauration du lien de confiance entre la police et la population"                                                                                                                 Face à la pression de certains syndicats tout puissants de police. Il y a lieu de s'inquiéter de cette pression qui somme le pouvoir exécutif de répondre à leurs exigences et met le pouvoir judiciaire sous pression, provoquant des réactions prévisibles et normales de la part de magistrats en vue. Que certaines forces de police aient été très sollicitées depuis un moment, on le comprend. Personne ne remet en cause certaines exigences légitimes de leur part. Mais qu'elles imposent leur "droit", outrepassant certaines limites constitutionnelles, voilà qui n'est ni recevable, ni acceptable constitutionnellement, surtout quand de hauts responsables renchérissent. Mitterrand avait sanctionné une fois de telles dérives. Quels que soient leurs droits, un traitement d'exception ne peut être toléré, sous peine de remettre en question les fondements de l'Etat de droit.                                     Revoir les conditions d'exercice des forces de police, oui, le fonctionnement des chaînes de commandement, bien sûr, l'usage d'armes qui devraient être prohibées, comme dans d'autres pays, cela va de soi. Comme revoir la formation d'ensemble des forces du maintien de l'ordre, notoirement insuffisante et des méthodes de gestion de foules qu'on réprouve dans des pays voisins. Le maintien de l'ordre se définit et se décide au niveau de l'exécutif et de l'Assemblée conjointement, de l'instance gouvernementale. Il serait bon de relire Montesquieu. Céder aux forces de l'ordre par crainte ou par démagogie est une dangereuse dérive pour le pouvoir et le pays.                    Les forces doivent être au service des citoyens, de manière strictement encadrée, et doit en recevoir une juste reconnaissance. Ni plus ni moins. Rappel:                                                           Force est de le reconnaître, contre Mr Darmanin et son discours réducteur et souvent manichéen, on assiste en France à une "brutalisation des forces de l'ordre" lors des événements tels que ceux qu'on a connu depuis plusieurs semaines. Des instances européennes et même mondiales le reconnaissent aussi. Pas seulement à l'occasion de Ste Soline. Il s'agit surtout de la gestion de certaines forces policières lors de manifestations qui tournent mal.   


               __     Il y a d'évidence quelque chose à faire et il serait bon d'imiter certains pays pour gérer autrement des situations particulièrement compliquées. Une police plus exemplaire. C'est ce à quoi aspire tout citoyen. C'est ce qu'évoquent les différents responsables politiques qui en ont la charge, ministres de l'intérieur surtout. L'ordre républicain ne peut se passer d'elle. Tous souhaitent son efficacité, mais pas à n'importe quel prix. Il arrive trop souvent qu'elle soit mal préparée aux tâches qui seront le siennes, que son encadrement laisse à désirer, qu'elle soit un milieu où même des "bavures" ne sont pas rares, comme les organes de presse s'en font trop souvent l'écho. Et on peut comparer, d'un pays à l'autre, la manière dont la police se comporte, dans l'exercice de ses fonctions. La France hérite d'un tradition particulière dans ce domaine: depuis Papon sans remonter plus haut.  Une tradition qui n'est pas toujours à sa gloire et qui nécessiterait certaines réformes profondes. Il existe une certaine tradition d'impunité au sein des forces de l'ordre et des complicités qui commencent à être mieux connues. Un esprit de corps du plus mauvais effet et qui suscite des interrogations légitimes dans le public. Il y a aussi, sans vouloir généraliser trop de "management" discutable au sein de la hiérarchie, trop d'hommes de terrain qui souffrent et dont le désespoir peut pousser aux extrêmes. En plus haut lieu, certains organes signalent des disfonctionnements parfois graves. C'est le pouvoir de tutelle qui est interpelé, même si les conditions du maintien de l'ordre se sont complexifiées.                                                                                                                                                                         On aimerait une police plus policée. La France n'a pas la plus mauvaise police du monde. Elle est même bien meilleure que dans beaucoup d'autres pays industrialisés. La comparaison avec celle qui (dys)fonctionne aux USA notamment , au vu des affaires récentes, le montre bien. Le problème n'est pas tant celui des hommes que celui de leur recrutement, de leur formation, de leur gestion et du contrôle de leurs actions, à quelque niveau que ce soit. Si on a la police que l'on mérite, les modalités de son fonctionnement spécifique demandent une remise en question.  La police française n'est pas toujours exemplaire reconnaissent certains premiers concernés, qui en souffrent et qui le disent. Ce n'est plus celle qui fonctionnait aux ordres de Pétain ou plus tard pendant la guerre d'Algérie et les consignes de Papon. Mais, c'est bien connu, il y a encore des efforts à faire. On a réduit drastiquement les effectifs, introduit comme ailleurs un lean management, délaissé la police de proximité, abandonné les quartiers difficiles, livrés à eux-mêmes, et on a sommé pendant longtemps la police de faire du chiffre.

       
  ___   "...La France, qui était un État précurseur en matière de contrôle de sa police avec la création en 1986 du Code de déontologie de la Police nationale, puis avec la création de la CNDS en 2000, est devenue une nation frileuse depuis trop longtemps en ce qui concerne le traitement des comportements inadaptés des policiers qui entachent toute l’institution.   Par la mise en place de pratiques réflexives basées sur le modèle anglais, par la redéfinition des missions de l’IGPN et par la création d’une Commission nationale de déontologie de sa sécurité dotée de moyens suffisants, la police et les policiers pourraient retrouver une certaine légitimité et la population, une police sur laquelle elle pourrait compter...."            La perméabilité au racisme n'est pas nouvelle dans certains milieux de la police, depuis un certain nombre d'années, comme en Allemagne, ce qui est plus nouveau.
    Les policiers sont des gardiens de la paix avant tout, et leur formation ne doit pas être seulement technique. Depuis que la police de proximité a été négligée puis abandonnée, depuis qu'on a supprimé un très grand nombre de postes et redéfini sa mission dans un sens plus répressif, moins préventif, que les quartiers à risques furent abandonnés à leur sort, il ne faut pas s'étonner de certaines dérives dans des situations de méfiance réciproque et de confrontations parfois violentes, dans les situations conflictuelles plus nombreuses.
    L'impunité doit être bannie, comme ailleurs
                ____Dans son dernier rapport annuel, l’inspection générale de la police nationale se défend fermement d’être « la police des polices », mission qui « reste dans l’imaginaire populaire ». Sa directrice fait même assaut de transparence : son « ambition première » n’est pas de contrôler mais de « valoriser l’institution et ses agents ».    Cet aveu, en bonne place (dans l’éditorial dudit rapport), est certainement le meilleur effort de sincérité auquel s’est livré l’IGPN depuis des années. Une institution qui n’hésite pas à légitimer, de la part des forces de l’ordre, « des ripostes plus nombreuses et plus fermes et donc des blessés » du fait « des violences exercées contre [elles] lors des manifestations ».   Attendre de cette instance un devoir d’impartialité serait donc vain. Et depuis plusieurs mois, au regard de certains dossiers emblématiques, l’idée s’est installée que la police des polices n’inspectait rien sinon les meilleurs moyens de préserver les forces de l’ordre.     Encore fallait-il démontrer cette impression, ou la démonter. C’est tout l’objet d’Allô IGPN, suite logique du travail entamé il y a 18 mois avec Allô Place Beauvau sur Twitter puis sur Mediapart, qui visait à recenser les abus policiers survenus dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, et à interpeller le ministère de l’intérieur....La non-identification de policiers à l’origine de violences est l’un des motifs fréquents des classements sans suite.   « L’IGPN ne se donne pas réellement les moyens d’identifier les policiers qui ont commis des violences ayant entraîné des blessures ou des mutilations », déplore l’avocate rouennaise Chloé Chalot, qui depuis l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes travaille sur les violences policières.    « Les enquêteurs se contentent des déclarations des policiers sans aller plus loin. Il n’y a pas d’investigations complémentaires pour les vérifier », poursuit-elle..."             Ce métier si difficile et exigeant, qui n'a pas toujours les moyens de son fonctionnement normal, mérite mieux que les quelques justifications d'un préfet de police, dont la nomination n'est pas due au hasard.                                  ___ Les drones ne suffiront pas.         ___Approches filmiques. ____________