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lundi 14 septembre 2026

Faiseur de rois

 Les ambitions d'un marchand                                                                                                                                      Devenu "empereur" en Afrique,  où il se constitua les bases d'un pouvoir financier qui ne fera que croître, le fils de son père gravit méthodiquement les marches d'une ascension qui fit de lui l'homme incontournable connu ou trop méconnu d'aujourd'hui. Le fervent catholique breton sut se rendre indispensable auprès de certains amis de l'impénétrable villa Montmorency, dont un de ses illustres habitants, devenu président, sut lui renvoyer l'ascenseur. Il continue à recevoir les présidentiables, à les conseiller et à les soutenir généreusement de ses deniers, qu'il a en abondance. En toute générosité. Certains l'appellent le grand influenceur. Ses bonnes oeuvres en faveur des médias, qu'il affectionne,  à condition qu'ils soient en sa faveur, se poursuivent sans relâche. Il contribue généreusement, comme un nouveau croisé, à faire l'opinion. Toujours à la droite de Dieu, comme un bon breton qui se respecte et cherche son salut...       


                                                                                                                                __  Un homme très discret, finalement. On peut lui reconnaître cette vertu. Discret, mais influant. Beaucoup n'en ont même jamais entendu parler. Dans ses propriétés ou sur son yacht, qui ne fait pas dans la demi-mesure, il supervise des réseaux multiples qu'il s'évertue à entretenir. Un homme d'influence. Même s'il ne gagne pas à tous les coups (il a des réserves), il entretient un important réseau et son nom est souvent en filigrane derrière des médias bien connus. Qui possède et influence de grands organes de presse et de télévisions est assuré de faire valoir une ligne éditoriale de son cru. C'est une constante, en France particulièrement, où tous les grands médias sont aux mains de groupes d'intérêt puissants. Monsieur B., héritier de quelqu'un qui est parti de rien, a fait son chemin dans le monde des affaires nationales et internationales et a eu le loisir et le pouvoir de se faire de nombreuses relations, surtout dans la sphère politique. C'est lui surtout que N.Sarkozy a remercié après son élection à la présidence.                                                     ___   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années(*) Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...  _____ __   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...                                                                                                
 Bolloré dispose donc d’un impressionnant arsenal médiatique au moment où se lance la campagne présidentielle française. Face à cette trajectoire irrésistible dans le champ des médias et de l’information, il n’est pas illégitime de se demander de quoi Bolloré est le nom. Son empire se déploie à la fois en radio, dans la télévision de flux, dans les plateformes de contenus et dans la presse. Il s’appuie aussi sur Havas et donc sur le marché publicitaire, qui permet aux médias de vivre, et sur le marché complémentaire de l’édition, dans lequel il occupe une position dominante avec Editis, en passe donc d'absorber Hachette (et qui diffuse le dernier livre d'Éric Zemmour). Son emprise est multiple et massive, ce qui lui donne un pouvoir de frappe exceptionnel. On peut donc considérer qu’un degré supplémentaire est franchi sur la question de la dépendance des médias, de leur financement par de grands groupes et de l’enjeu démocratique que cela constitue. Certes, Vincent Bolloré n’est pas le premier grand capitaliste à investir dans l’information : en quoi diffère-t-il donc de ceux qui l’ont précédé, les Hersant justement ou ses compétiteurs Bouygues (TF1), Altice (NextRadio), LVMH (Les Échos, Le Parisien) et autres Free dirigé pa Xavier Niel (Le Monde, Nice Matin, Mediawan) ? D’abord, si le paysage français a toujours été contrasté idéologiquement dans la presse écrite, les grands médias de flux comme la télévision restaient plus ou moins liés, pour ceux qui ont été privatisés, à leur origine publique, s’inscrivant davantage dans une certaine recherche de consensus, avec laquelle une chaîne comme CNews a clairement rompu en suivant un modèle à la Fox News. Le patron de Vivendi s’est emparé, à force de patience, de sens des affaires, de coups de force et de ruses, d’un ensemble de médias de masse qu’il oriente du côté de la droite la plus dure. L’absence de barrières éthiques dans les affaires, associée à une évidente intelligence stratégique, ont conduit à son succès, qui permet l’affirmation d’un corpus idéologique sans complexe ni déontologie journalistique.                                                                Mais Vincent Bolloré ne se contente pas de créer des médias proches de sa vision du monde ou d’en acquérir, comme il le fit dans la presse gratuite avec Direct Matin ou en rachetant France catholique. Il s’est beaucoup appliqué à détruire des offres éditoriales avec lesquelles il n’était pas en accord. Il a exercé une sorte de pouvoir sur l’existence même des médias qu’il a acquis, de la mise à mort de l’esprit Canal+ et des Guignols à l’investigation en passant par Le Grand Journal, jusqu’à la mise au pas d’Europe 1, où il a fallu se soumettre ou se démettre, en passant par la transformation de iTélé en CNews. Il crée une offre certes, mais sur les décombres de rédactions qu’il met au pas ou dont il se débarrasse, depuis les cadres dirigeants (qui n’ont pourtant pas toujours la réputation d’avoir le couteau entre les dents, voir la récente éviction d’Hervé Gattegno de Paris Match et du Journal du Dimanche) jusqu'aux journalistes qui, de motions de défiance en grèves, découvrent l’ampleur de leur impuissance. Il s’agit moins de créer une offre nouvelle, tel un Édouard Drumont lançant La Libre Parole, que de brider des contenus ou des orientations à travers les groupes sur lesquels il a pris un pouvoir financier. Ce tropisme de la terre brûlée a conduit d’ailleurs le marché à s’interroger sur la destruction de valeur à laquelle il pouvait conduire et à se demander si l’homme d’affaires préférait ses idées à ses intérêts. Ainsi, ce qui reste de l’esprit Canal+, qui a correspondu à une forme de créativité télévisuelle, a-t-il migré avec succès au sein du groupe TF1, avec Quotidien sur TMC. En réalité, il n’y a nulle indifférence au succès économique, mais ce dernier, acquis avec CNews ou C8, ne va pas sans l’affirmation d’un ligne idéologique marquée. On se rappellera aussi que Bolloré avait une revanche à prendre, tant son entrée dans l’univers des médias télévisuels, à travers le rachat de deux petites chaînes de la TNT (Direct 8 et Direct Star) qu’il avait relancées à sa façon, avait suscité de quolibets en matière éditoriale. Pourtant, c’est en les revendant au groupe et en faisant son cheval de Troie, qu’il prendra le contrôle de Vivendi.                                                                                                                   Sur les ruines d’une offre toujours trop marquée à ses yeux par le gauchisme ou le progressisme ou simplement la dérision, il construit un empire médiatique marqué par des idées ultralibérales qui interdisent toute critique possible des actions de son groupe, en particulier en Afrique, ce qui est souvent la posture des grands médias privés. Mais à cela s’ajoute aussi des idées conservatrices, catholiques, traditionalistes, très ancrées à droite, soutenues par un populisme identitaire et civilisationnel, que portent Éric Zemmour, Pascal Praud ou Sonia Mabrouk. Ces idées s’inscrivent d’abord dans une perspective décliniste, nationaliste, qui fait de l’islam le problème central en France, associé aux questions migratoires et à celles du maintien de l’ordre, et du « wokisme » l’autre grand danger contre lequel il faudrait lutter.  Le groupe médiatique fonctionne d’abord sur une logique de l’affiliation clanique avec les affidés et de règlement de compte et de mise au pas avec ceux qui font mine de s’affranchir d’un unanimisme contraint. L’humour en particulier, quand il prend une forme critique, celui d’un Nicolas Canteloup (Europe 1) ou d’un Sébastien Thoen (Canal+) par exemple, est particulièrement mal supporté. De plus, ce qui naguère prenait la forme de pressions discrètes apparaît désormais au grand jour. L’influence sur les lignes éditoriales, l’absence de « muraille de Chine » entre l’économique et le rédactionnel et le rejet de l’indépendance journalistique sont affichés au nom d’une doctrine libérale assumée de la toute-puissance de celui qui tient les cordons de la bourse. Mais ils le sont aussi au nom d’une vision qui érige les autres médias, en particulier publics, et les autres orientations idéologiques, en particulier à gauche, dans une position monopolistique qui permet de revendiquer la position de la parole bâillonnée et de crier à la dictature du politiquement correct, alors même qu’on occupe une part de voix conséquente et qu’on érige une nouvelle doxa. Cette radicalité conservatrice s’appuie aussi sur une véritable capacité à bousculer les formats, à s’affranchir de la distribution des rôles classiques sur la scène médiatique, en mêlant invités, journalistes et éditorialistes dans une sorte d’unité de pensée qui donne paradoxalement un caractère apaisé à certains plateaux. Le populisme d’expression plus grand public d’un Hanouna sur C8, qui promeut une transgression bien normative et transforme le télévisuel en cours d’école rigolarde et quelquefois cruelle, fait écho à celui, plus savant, d’un Zemmour, qu’il complète. Pourtant, derrière la variété des formes et l’appel au bon sens populaire, c’est bien une pensée réactionnaire, de moins en moins masquée, qui s’avance, en promouvant ici un catholicisme traditionaliste avec la diffusion d’un téléfilm anti-avortement sur C8 ou, là, une hostilité à toute mise en cause de l’Église, avec par exemple le blocage de l’achat du film de François Ozon, Grâce à Dieu, sur l’affaire Preynat. Au demeurant, ce catholicisme à l’ancienne, bien peu républicain, s’accommode parfaitement des valeurs les plus libérales sur le plan économique.                  L’empire Bolloré se livre désormais à une guerre sans merci pour remettre en cause les médias publics. Zemmour, comme Marine Le Pen d’ailleurs, parle de privatisation dans son programme. Ce procès s’instruit sur la base d’une orientation qui serait systématiquement à gauche et/ou proche du pouvoir en place. On assiste à la transformation des débats qui existaient à l’intérieur des grands médias en débats entre les grands médias. Ce mouvement d’opposition prend particulièrement pour cibles France Inter, ses chroniqueurs et ses humoristes, mais aussi certaines émissions de France Télévisions, qui seraient perverties par le politiquement correct.    L’ensemble de ces traits dessine bien une sorte de Rupert Murdoch hexagonal, qui amplifie la mainmise d'acteurs économiques majeurs sur les grands médias, mais qui rompt avec une certaine discrétion feutrée de l’establishment français dans l’influence, affichant frontalement un désir de promouvoir dans l’espace public un modèle à la fois très libéral et très conservateur et d’opérer une sorte de grand remplacement médiatique en mettant à bas les médias publics. La droite a trouvé en lui une ressource clef pour installer ses thématiques dans une position hégémonique à travers un dispositif médiatique puissant. Le sera-t-il assez pour porter Zemmour au pouvoir ?..." [ Merci à Esprit ]            __Le pouvoir du livre, vu par Bolloré             __________________

lundi 17 août 2026

Au début était le rire

   Du sérieux au rires multiformes

           Le rire, cette attitude humaine jugée souvent peu sérieuse, divertissante, légère, parfois objet de condamnation pendant une période où il fut fustigé, voir diabolisé: qu'on songe au Nom de la rose de U.Eco, où l'auteur reprend une certaine tradition monacale où le rire était banni, souvent perçu même comme "diabolique". Une perception que n'avait pas le monde grec, où la notion de péché était exclue, ce qui n'excluait pas le tragique. L'humour avait sa place dans le monde gréco-romain. Plus qu'on ne le pensait. L'"innocence" du monde et de la destinée humaine, jugée sans jugement final, donnait, selon Nietzsche, une légèreté particulière, sans culpabilité.           


                                                                                                                              Le rire grec était considéré comme "sagesse". L'autodérision avait même sa place, contre l'esprit de sérieux. Une certaine légèreté de l'être, comme aurait dit Kundera. Pas de tristesse chez Proclus. Aristophane s'autorise tout:  "...Le théâtre d’Aristophane n’épargne personne, il s’attaque aussi bien aux hommes politiques qu’aux philosophes, comme Socrate qui devient le « pontife des subtils radotages ». Le comique grec va jusqu’à mettre en dérision les emblèmes religieux de la communauté grecque en parodiant l’épopée et en ridiculisant à la fois le sacré et le profane. Aristophane s’en prend aussi au peuple, dans sa comédie Les Banqueteurs, le dramaturge met en scène deux jeunes gens de mœurs opposées : l’un vertueux, l’autre débauché. Cette pièce représente sans nul doute le début de la comédie de mœurs qui se développe lors du XVIe siècle, mais le sujet qui suscite davantage l’intérêt d’Aristophane et qui l’inspire profondément dans son art demeure le sujet politique. L’auteur s’oppose rigoureusement à la politique de certains démagogues comme Cléon, et ne peut s’empêcher d’exprimer ouvertement son opposition sur la scène du théâtre. Dans Les Babyloniens, Aristophane dénonce la politique de Cléon, le démagogue athénien et successeur de Périclès. Cette pièce valut à Aristophane une condamnation, il est alors accusé de haute trahison et sa comédie est publiquement diffamée.....   À la fin du Ve siècle, pendant cette période de crise qui se caractérise par la déchéance de la démocratie, mais aussi celle des croyances religieuses, Aristophane se permet de bafouer et les dieux et les athées. Fidèle au rire archaïque de Dionysos, le dramaturge grec refuse de se plier aux exigences des politiciens et offre à son rire une liberté démesurée..."                                       


                         L'impertinence était déjà au rendez-vous. Comme elle l'était finement chez David Lodge.  L'humour, cette légéreté de l'être, avait sa place. Discret ou appuyé. Sans atteindre cependant les sommets shadokiens.                  Ou l'humour noir de notre époque tragique.                                                                                     Sérieux, les Anciens? Pas toujours....    

      Rabelais:   il « vaut mieux de rire que de larmes écrire », reprenant une idée déjà présente chez les Anciens comme Aristote.    _________________

samedi 17 janvier 2026

Dénatalité

 Vers un déclin démographique?

            Certains plaident coupables... (cruel humour))

                        __________________

dimanche 30 novembre 2025

Petit billet du dimanche

__  Perdants

__ Respect

__ Coaching

__ Déception                                

    __ Bras de fer  >>

__ Sauver Wiki

__ Nationalisation

__ Testaments

__ Agroécologie

__ Minerais critiques

__ Shoping assistance

__ Résilience russe

__ Mission Genesis

__ Fausses excuses?

__ Epstein Files

__ Hexane en question

__ Fuite des cerveaux

__ Emplois menacés

__ Sondages discutés

__ Génocide allemand

__ Humour et politique

__ Solitude monétisée

__ Martyr trumpien

__ Culte du chef

__ Voyages vestimentaires

__ Réseaux sociaux: danger!

__ Super entreprises et Etats

                          __________    Revue de presse  ______________

mercredi 24 septembre 2025

Quand l'humour vient à Trump

On est prié de ne pas rire...

            Cela perturbe le Patron

                              Certains rient jaune


   Quand l'humour nest plus là, on peut s'inquiéter...Regardez la tête de Vance             ______________

vendredi 25 juillet 2025

Elégance port-mortem

 Certains ont de l'humour jusqu'ou bout.

             

                  Et au-delà...

                   

                             Une forme de politesse et de légèreté








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lundi 7 juillet 2025

Humour toujours

          Malgré tout

                   Il sait ce dont il parle

                            Le rire libère

                                        Un instrument de résistance

       L' humour peut sauver...   
En se libérant du nombrilisme _________

mercredi 4 juin 2025

Une liberté

 Parmi d' autres 

                  Bien française

                                 














________  Même l'humour NOIR  ______

vendredi 25 avril 2025

Ça et là...

                                                            De par le monde ...

__  Bruno, le chouchou

           __ Dérives policières

__ Désindustrialisaton en cours

       __ Bombe israëlienne     Rosen Bar

 __ Trump et Mc Kinley

       __ Milei, l'homme fort?

__  Profs: recrutement au rabais?

        __  Face cachée

__ Nécessaire humour

           __ Dette étudiante

__ Retour aux années 30?

           __ Jours de colère   

__ Aveu de Smotrich                                  

           __ Indignation sans effet

__ Blocus à Gaza

            __ Retour du mercantilisme?

__ Google en   question i

              __ Dévaluer le dollar? Krach à venir?

 __. Bibi fait du Trump... pour survivre

         __    "Il s’est attaqué totalement à l’État profond gauchiste" : en Israël, __Netanyahou fait du Trump pour survivre___  Netanyahou en guerre contre son opinion publique, Tsahal attend le feu vert pour repasser à l'attaque __   _   "Allez vous faire foutre" : quand le fils de Netanyahou milite pour l'indépendance de la Corse...  ________________________


samedi 4 janvier 2025

Il va nous manquer

So britisch! 

      Le maître en dérision et en autodérision a fait une grande fugue. Un peu sarcastique parfois, mais capable de nous faire hurler de rire...         Rire pour survivre dans un monde devenu plutôt fou. So british!  

Un subtil croqueur de la farce humaine

                                                                                  ___ Sans rire ni humour, que deviendrions nous?


         L'humour, même noir, peut aider à vivre.


                        

__ "La vie est comme une tragédie dont il convient de rire"


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mardi 19 novembre 2024

Incertitudes

  Courage d'espérer?

       Une époque paraissant sans espoir, vu l'ampleur des défis, politiques et climatiques.

            C'est quand on n'a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien. Sénèque

                   



Un peu d'humour noir comme vaccin...

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      ________________________

mardi 29 octobre 2024

Bollorisation médiatique

Un appétit sans mesure

         C'est même une boulimie. Sur la voie d'un empire médiatique. Au service de l'extrême droite. Le groupe Hachette, au riche passé, tombe dans son escarcelle. Il fait partie des princes de la presse. Où s'arrêtera -t-il?... 


            Un homme discret.  On peut lui reconnaître cette vertu. Discret, mais influant. Beaucoup n'en ont même jamais entendu parler. Dans ses propriétés ou sur son yacht, qui ne fait pas dans la demi-mesure, il supervise des réseaux multiples qu'il s'évertue à entretenir. Un homme d'influence. Même s'il ne gagne pas à tous les coups (il a des réserves), il entretient un important réseau et son nom est souvent en filigrane derrière des médias bien connus. Qui possède et influence de grands organes de presse et de télévisions est assuré de faire valoir une ligne éditoriale de son cru. C'est une constante, en France particulièrement, où tous les grands médias sont aux mains de groupes d'intérêt puissants. Monsieur B., héritier de quelqu'un qui est parti de rien, a fait son chemin dans le monde des affaires nationales et internationales et a eu le loisir et le pouvoir de se faire de nombreuses relations, surtout dans la sphère politique. C'est lui surtout que N.Sarkozy a remercié après son élection à la présidence.                                                     ___   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années(*) Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...  


                                                                   (*)   "....Zemmourisation de la politique et bollorisation des médias ne vont pas l’une sans l’autre et, pour comprendre le journaliste néo-maurrassien aux portes du second tour des présidentielles, il faut comprendre le parcours et les visées du corsaire de la finance. 
Éric Zemmour a choisi de nommer sa maison d’(auto-)édition « Rubempré » depuis qu’Albin Michel, qui l’éditait, a fait défaut au candidat. Il se reconnaît sans doute dans ce parcours d’homme de lettres et de journaliste, en quête d’un titre et du pouvoir, la pairie ou un ministère sous la Restauration chez Balzac, la présidence de la République pour l’éditorialiste du Figaro. Mais tout Rubempré a son Vautrin, pour financer et soutenir sa trajectoire médiatique et politique. Nous parlons bien sûr ici de Vincent Bolloré, qui a littéralement installé Éric Zemmour dans le paysage politique français. Bien sûr, Éric Zemmour avait une carrière bien remplie, au Figaro, à RTL et sur le service public (On n’est pas couché), comme sniper et polémiste chargé de faire entendre une voix atypique, perçue alors comme minoritaire, et comme auteur à succès. Mais la surexposition dont il a joui sur CNews a marqué un passage à l’échelle supérieure dans son avènement, puisque lui a été ménagée, à un carrefour d’audience significatif, une heure quotidienne de libres propos dans un Face à l’info, où rien ne lui faisait face. De fait, il y occupait une position qui résiste mal à la définition de simple chroniqueur, puisqu’il était à la fois l’invité principal, le véritable maître des lieux et l’arbitre de tout ce qui se disait sur le plateau, servi par une Christine Kelly habile à lui tendre toutes les perches et sans véritable contradicteur. Il faut donc s’intéresser à celui qui tire les ficelles de cette montée en puissance, tel l’abbé Herrera qui, sur la route d’Angoulême, permit à Lucien de repartir à la conquête de Paris. Zemmourisation de la politique et bollorisation des médias ne vont pas l’une sans l’autre et, pour comprendre le journaliste juif et berbère néo-maurrassien aux portes du second tour des présidentielles, il faut comprendre le parcours et les visées du corsaire catholique et breton de la finance.   _________Il faut d’abord insister sur la surpuissance médiatique qu’a acquise Vincent Bolloré. Il continue, voire parachève aujourd’hui, un parcours sans faute, au moins sur le plan de la stratégie des affaires, dans sa conquête au sein de l’univers médiatique hexagonal, européen et africain. Il n’a fait qu’une bouchée de l’héritier Arnaud Lagardère qui, ayant eu l’imprudence de quitter sa forteresse en forme de commandite que son père lui avait bâtie, n’est visiblement plus le maître à bord. Ne l’a-t-il jamais été ? Après de longues années d’impéritie et de vente à la découpe et pris en tenaille entre ces différents actionnaires (Amber Capital, Bernard Arnaud), il s’est jeté dans les bras, étouffants, de Bolloré. Le capitaine d’industrie se trouve désormais à la tête à la fois de Vivendi (Canal +, C8, CNews), de Lagardère donc (Europe 1, Paris Match, Le Journal du Dimanche) et de Prisma (Capital, GEO, Femme actuelle, etc.) qui lui a été revendue par Bertelsmann. On se rappelle aussi ses vues sur M6, désormais promise à TF1, qui fit elle-même jadis l’objet d’une tentative d’OPA. On parle aussi désormais du Figaro et de discussion sur le sujet avec la famille Hersant. Il est même question d’une sortie des affaires africaines, essentiellement le déploiement d’infrastructures surtout portuaires, ferroviaires et routières, pour continuer à privilégier le renforcement des médias au sein du groupe.                                                                                                     Bolloré dispose donc d’un impressionnant arsenal médiatique au moment où se lance la campagne présidentielle française. Face à cette trajectoire irrésistible dans le champ des médias et de l’information, il n’est pas illégitime de se demander de quoi Bolloré est le nom. Son empire se déploie à la fois en radio, dans la télévision de flux, dans les plateformes de contenus et dans la presse. Il s’appuie aussi sur Havas et donc sur le marché publicitaire, qui permet aux médias de vivre, et sur le marché complémentaire de l’édition, dans lequel il occupe une position dominante avec Editis, en passe donc d'absorber Hachette (et qui diffuse le dernier livre d'Éric Zemmour). Son emprise est multiple et massive, ce qui lui donne un pouvoir de frappe exceptionnel. On peut donc considérer qu’un degré supplémentaire est franchi sur la question de la dépendance des médias, de leur financement par de grands groupes et de l’enjeu démocratique que cela constitue. Certes, Vincent Bolloré n’est pas le premier grand capitaliste à investir dans l’information : en quoi diffère-t-il donc de ceux qui l’ont précédé, les Hersant justement ou ses compétiteurs Bouygues (TF1), Altice (NextRadio), LVMH (Les Échos, Le Parisien) et autres Free dirigé pa Xavier Niel (Le Monde, Nice Matin, Mediawan) ? D’abord, si le paysage français a toujours été contrasté idéologiquement dans la presse écrite, les grands médias de flux comme la télévision restaient plus ou moins liés, pour ceux qui ont été privatisés, à leur origine publique, s’inscrivant davantage dans une certaine recherche de consensus, avec laquelle une chaîne comme CNews a clairement rompu en suivant un modèle à la Fox News. Le patron de Vivendi s’est emparé, à force de patience, de sens des affaires, de coups de force et de ruses, d’un ensemble de médias de masse qu’il oriente du côté de la droite la plus dure. L’absence de barrières éthiques dans les affaires, associée à une évidente intelligence stratégique, ont conduit à son succès, qui permet l’affirmation d’un corpus idéologique sans complexe ni déontologie journalistique.                                                                Mais Vincent Bolloré ne se contente pas de créer des médias proches de sa vision du monde ou d’en acquérir, comme il le fit dans la presse gratuite avec Direct Matin ou en rachetant France catholique. Il s’est beaucoup appliqué à détruire des offres éditoriales avec lesquelles il n’était pas en accord. Il a exercé une sorte de pouvoir sur l’existence même des médias qu’il a acquis, de la mise à mort de l’esprit Canal+ et des Guignols à l’investigation en passant par Le Grand Journal, jusqu’à la mise au pas d’Europe 1, où il a fallu se soumettre ou se démettre, en passant par la transformation de iTélé en CNews. Il crée une offre certes, mais sur les décombres de rédactions qu’il met au pas ou dont il se débarrasse, depuis les cadres dirigeants (qui n’ont pourtant pas toujours la réputation d’avoir le couteau entre les dents, voir la récente éviction d’Hervé Gattegno de Paris Match et du Journal du Dimanche) jusqu'aux journalistes qui, de motions de défiance en grèves, découvrent l’ampleur de leur impuissance. Il s’agit moins de créer une offre nouvelle, tel un Édouard Drumont lançant La Libre Parole, que de brider des contenus ou des orientations à travers les groupes sur lesquels il a pris un pouvoir financier. Ce tropisme de la terre brûlée a conduit d’ailleurs le marché à s’interroger sur la destruction de valeur à laquelle il pouvait conduire et à se demander si l’homme d’affaires préférait ses idées à ses intérêts. Ainsi, ce qui reste de l’esprit Canal+, qui a correspondu à une forme de créativité télévisuelle, a-t-il migré avec succès au sein du groupe TF1, avec Quotidien sur TMC. En réalité, il n’y a nulle indifférence au succès économique, mais ce dernier, acquis avec CNews ou C8, ne va pas sans l’affirmation d’un ligne idéologique marquée. On se rappellera aussi que Bolloré avait une revanche à prendre, tant son entrée dans l’univers des médias télévisuels, à travers le rachat de deux petites chaînes de la TNT (Direct 8 et Direct Star) qu’il avait relancées à sa façon, avait suscité de quolibets en matière éditoriale. Pourtant, c’est en les revendant au groupe et en faisant son cheval de Troie, qu’il prendra le contrôle de Vivendi.                                                                                                                   Sur les ruines d’une offre toujours trop marquée à ses yeux par le gauchisme ou le progressisme ou simplement la dérision, il construit un empire médiatique marqué par des idées ultralibérales qui interdisent toute critique possible des actions de son groupe, en particulier en Afrique, ce qui est souvent la posture des grands médias privés. Mais à cela s’ajoute aussi des idées conservatrices, catholiques, traditionalistes, très ancrées à droite, soutenues par un populisme identitaire et civilisationnel, que portent Éric Zemmour, Pascal Praud ou Sonia Mabrouk. Ces idées s’inscrivent d’abord dans une perspective décliniste, nationaliste, qui fait de l’islam le problème central en France, associé aux questions migratoires et à celles du maintien de l’ordre, et du « wokisme » l’autre grand danger contre lequel il faudrait lutter.  Le groupe médiatique fonctionne d’abord sur une logique de l’affiliation clanique avec les affidés et de règlement de compte et de mise au pas avec ceux qui font mine de s’affranchir d’un unanimisme contraint. L’humour en particulier, quand il prend une forme critique, celui d’un Nicolas Canteloup (Europe 1) ou d’un Sébastien Thoen (Canal+) par exemple, est particulièrement mal supporté. De plus, ce qui naguère prenait la forme de pressions discrètes apparaît désormais au grand jour. L’influence sur les lignes éditoriales, l’absence de « muraille de Chine » entre l’économique et le rédactionnel et le rejet de l’indépendance journalistique sont affichés au nom d’une doctrine libérale assumée de la toute-puissance de celui qui tient les cordons de la bourse. Mais ils le sont aussi au nom d’une vision qui érige les autres médias, en particulier publics, et les autres orientations idéologiques, en particulier à gauche, dans une position monopolistique qui permet de revendiquer la position de la parole bâillonnée et de crier à la dictature du politiquement correct, alors même qu’on occupe une part de voix conséquente et qu’on érige une nouvelle doxa. Cette radicalité conservatrice s’appuie aussi sur une véritable capacité à bousculer les formats, à s’affranchir de la distribution des rôles classiques sur la scène médiatique, en mêlant invités, journalistes et éditorialistes dans une sorte d’unité de pensée qui donne paradoxalement un caractère apaisé à certains plateaux. Le populisme d’expression plus grand public d’un Hanouna sur C8, qui promeut une transgression bien normative et transforme le télévisuel en cours d’école rigolarde et quelquefois cruelle, fait écho à celui, plus savant, d’un Zemmour, qu’il complète. Pourtant, derrière la variété des formes et l’appel au bon sens populaire, c’est bien une pensée réactionnaire, de moins en moins masquée, qui s’avance, en promouvant ici un catholicisme traditionaliste avec la diffusion d’un téléfilm anti-avortement sur C8 ou, là, une hostilité à toute mise en cause de l’Église, avec par exemple le blocage de l’achat du film de François Ozon, Grâce à Dieu, sur l’affaire Preynat. Au demeurant, ce catholicisme à l’ancienne, bien peu républicain, s’accommode parfaitement des valeurs les plus libérales sur le plan économique.                  L’empire Bolloré se livre désormais à une guerre sans merci pour remettre en cause les médias publics. Zemmour, comme Marine Le Pen d’ailleurs, parle de privatisation dans son programme. Ce procès s’instruit sur la base d’une orientation qui serait systématiquement à gauche et/ou proche du pouvoir en place. On assiste à la transformation des débats qui existaient à l’intérieur des grands médias en débats entre les grands médias. Ce mouvement d’opposition prend particulièrement pour cibles France Inter, ses chroniqueurs et ses humoristes, mais aussi certaines émissions de France Télévisions, qui seraient perverties par le politiquement correct.    L’ensemble de ces traits dessine bien une sorte de Rupert Murdoch hexagonal, qui amplifie la mainmise d'acteurs économiques majeurs sur les grands médias, mais qui rompt avec une certaine discrétion feutrée de l’establishment français dans l’influence, affichant frontalement un désir de promouvoir dans l’espace public un modèle à la fois très libéral et très conservateur et d’opérer une sorte de grand remplacement médiatique en mettant à bas les médias publics. La droite a trouvé en lui une ressource clef pour installer ses thématiques dans une position hégémonique à travers un dispositif médiatique puissant. Le sera-t-il assez pour porter Zemmour au pouvoir ?..." [ Merci à Esprit -Souligné par moi ]
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jeudi 26 septembre 2024

Un peu d'humour

  Ne nuit pas.

       Surtout dans la morosité d'aujourd'hui.

                     Surtout quand cela vient de haut:  «Si aujourd'hui notre niveau de dette est élevé, c'est parce que j'ai sauvé l'économie française» ! (BL)

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lundi 2 septembre 2024

Table rase...

...Des erreurs du passé? [Notes de lectures]

                   Qui n'a pas entendu parler de cancel culture, cette tendance, poussée parfois jusqu'aux extrêmes, de jeter dans les poubelles de l'histoire les personnes, les auteurs, les oeuvres qui ne seraient pas conformes aux valeurs supposées justes d'une époque donnée, sans tenir compte du contexte?   Un nouveau conformisme qui nous vient d'Outre-Atlantique.                                                                                                                    Une nouvelle chasse aux sorcières s'installe aux USA, où le wokisme le plus étroit tend à prendre le pouvoir, même au coeur des universités, pouvant aller à brûler le passé et même à détruire des oeuvres.   


                ".... Aujourd’hui, aux États-Unis, on peut rencontrer des gens qui ont tout perdu (leur travail, leurs économies, leurs amis, leurs collègues) alors qu’ils n’ont violé aucune loi ni aucune règle déontologique. Ce qu’ils ont violé (ou ce qu’on les accuse d’avoir violé), ce sont des normes sociales qui ont trait à la couleur de peau, au sexe, au comportement individuel ou même à l’humour ; des normes qui pouvaient ne pas exister il y a cinq ans, voire cinq mois. Certains ont commis de flagrantes erreurs de jugement. D’autres n’ont rien fait du tout. Il est parfois compliqué de se faire une opinion. Pourtant, malgré la nature ambiguë de ces cas, il est devenu facile et pratique pour certains d’en tirer des généralités. Des militants, surtout à droite de l’échiquier politique, brandissent désormais le terme cancel culture à tout-va pour se protéger des critiques, si légitimes soient-elles. Mais, si l’on creuse un peu le cas de ceux qui ont été victimes de cette forme moderne de vindicte populaire, on découvre que ces histoires échappent au schéma manichéen « woke » et « anti-woke » et sont bien souvent interprétées, décrites ou remémorées de manière différente par les uns et les autres, quel que soit par ailleurs l’enjeu politique ou intellectuel.                          Il n’est pas surprenant que le journaliste scientifique Donald McNeil, après avoir été prié de démissionner du New York Times, ait éprouvé le besoin de rédiger un très long article, publié en quatre parties, pour relater une série de conversations qu’il avait eues avec des lycéens au Pérou, au cours desquelles il aurait tenu ou pas des propos racistes – selon la version que vous trouvez la plus convaincante. Comment s’étonner qu’il ait fallu à Laura Kipnis, professeure à l’université Northwestern, un livre entier, Le Sexe polémique. Quand la paranoïa s’empare des campus américains 1, pour narrer les répercussions, y compris pour elle-même, de deux plaintes pour harcèlement sexuel déposées contre un homme dans son université (comme elle avait mentionné l’affaire dans un article sur la « paranoïa sexuelle », des étudiants ont demandé à l’université d’enquêter aussi sur elle). Il faut beaucoup d’espace pour restituer ces deux affaires dans toute leur complexité personnelle, professionnelle et politique.                                                      Rien d’étonnant, également, à ce que Hawthorne ait consacré un roman entier aux motivations complexes d’Hester Prynne, de son amant et de son mari. La nuance et l’ambiguïté sont des éléments essentiels de toute bonne fiction. Elles sont tout aussi essentielles dans un État de droit : les tribunaux, les jurys, les juges et les témoins sont là justement pour que l’État puisse décider si un crime a bien été commis avant d’infliger une sanction. Les accusés bénéficient de la présomption d’innocence. Ils ont le droit de se défendre. Il existe des délais de prescription.                                               C’est l’inverse qui se produit aujourd’hui dans la sphère publique en ligne : les conclusions sont hâtives, les prismes idéologiques rigides et l’argumentation tient en 280 caractères ; il n’y a aucune place pour la nuance, ni pour l’ambiguïté. Or ces valeurs en vogue sur Internet en sont venues à dominer de nombreuses institutions culturelles américaines : les universités, les journaux, les fondations, les musées… Cédant à l’opinion publique, qui réclame des châtiments toujours plus rapides, ces institutions imposent parfois l’équivalent d’une lettre écarlate à perpétuité à des gens qui n’ont pas commis l’ombre d’un délit. Aux tribunaux, elles préfèrent des procédures internes opaques. Au lieu d’examiner les preuves et d’auditionner les témoins, elles prononcent des jugements à huis clos...."      En France aussi,  une certaine intolérance gagne certains milieu.   


                                                                                                                                                                            Bien sûr, la critique du passé est toujours nécessaire, mais pas n'importe commenttt et jusqu' à un certain point, sans anachronisme.              ______     Point de vue:                                  "...
La France n'a aucun motif de rougir de son Histoire même si celle-ci a pu être entachée de quelques horreurs (moins que toute autre région de la planète). La majorité des Français  tirent fierté d'appartenir à une grande et belle nation, y compris la majorité des ultra-marins, immigrés et enfants d'immigrés. Si, toutefois, la cancel culture étasunienne a pu investir notre pays, on peut en voir la raison dans un travers de l'âme humaine, illustré par le « syndrome de Monsieur Perrichon »  : personne n'apprécie d'avoir une dette de reconnaissance ! Et moins que quiconque ceux qui ne se sentent pas en situation de pouvoir rembourser cette dette !Si les Indiens, les Vietnamiens ou encore les Chinois ne tiennent pas rigueur aux Occidentaux des méfaits qu'ils ont subi du fait de leur impérialisme au XIXe siècle, c'est qu'ils se savent en capacité de leur rendre la monnaie de leur pièce.

        À l'inverse, certains Africains s'irritent de la bienveillance maladroite dont leur témoignent les Européens, que ce fusse par la colonisation ou, aujourd'hui, par la multiplication des missions humanitaires. Comme M. Perrichon, ils y voient (non sans raison) une marque de condescendance à leur égard et donc de mépris. Insupportable. Le remède existe néanmoins. C'est celui qu'ont utilisé les Japonais de l'ère Meiji et les Chinois de l'ère Deng Xiaoping : il consiste à emprunter aux Occidentaux le meilleur de leur civilisation pour en faire une arme. Mais sans doute est-ce plus difficile que de chouiner et gémir... " ______________________