Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

jeudi 10 juillet 2014

Le Tour: plus que du spectacle

L'avenir est au vélo.   C'est sûr.
                                            Mais le Tour a t-il un avenir?
                                                 (Bonne question! Merci de l'avoir posée. )
             C'est moins sûr...
 Si le football fait partie de l'horizon culturel brésilien, le Tour est devenu une institution hexagonale, avec sa mythologie, analysée pour la première fois par Roland Barthes.
____________________Quand on fait le tour du Tour, toujours aussi populaire, malgré tout et tout ce qu'on sait, bien des questions se posent encore sur cette organisation, qui a plus d'un tour dans son sac, ce business, où la notion même de sport est sujette à caution...
        Tous savent que certains rouleurs nous ont roulés...
Mais le dopage, c'est terminé, ont-ils répété, après avoir viré Virenque.. On a tellement aimé y croire...Certes, les pilules ne font pas tout, mais rien n'est réglé, bien sûr.... L'imagination est sans limites et les labos ont toujours une longueur d'avance sur des contrôles aux normes assez particulières...Pas seulement dans le cyclisme.
_________Les responsabilités sont bien partagées
Mais le dopage élaboré et sophistiqué  est la conséquence d'un système
Depuis les années Tapie-fric, on a " un système à double vitesse où les coureurs sont systématiquement les boucs émissaires et où les dirigeants fédéraux, les organisateurs, les managers d'équipes et les staffs médicaux s'en sortent (presque) les mains propres. Dans son nouvel opus, Fin de cycle. Autopsie d'un système corrompu (éditions de La Martinière), Pierre Ballester revient sur l'échelle des responsabilités et sur les différents acteurs qui ont contribué à pourrir le cyclisme depuis quinze ans..."
     Le shadow sporting a sa logique propre, générant une manne très inégalemnt répartie:
       "... Après une première hausse entre la seconde moitié des années 1970 et la première moitié des années 1980, le gain du vainqueur explose : le vainqueur du Tour, qui en 1980 gagne « seulement » 8 fois plus qu’un coureur moyen, gagne, en 2000, 25 fois plus que lui..."
____________Le spectacle fait oublier l’argent
   "... Sans doute le Tour de France ne serait-il pas une si belle compétition si l’appât du gain n’avait pas conduit des journaux à organiser la course, des entreprises à sponsoriser des équipes, et des coureurs à gagner l’épreuve. L’histoire quantitative du Tour de France permet aussi d’objectiver et de mieux comprendre les évolutions de divers aspects de la course : le règlement de l’épreuve, le nombre de coureurs participants et leurs nationalités, le parcours de la course et sa difficulté, son caractère spectaculaire et stratégique, ainsi que les pratiques de dopage.
L’histoire du Tour offre un aperçu saisissant des évolutions économiques, sociales et culturelles, mais aussi politiques, de la France au XXe et au XXIe siècle..."
             Heureusement, il y a d'autres tours de France...
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mercredi 9 juillet 2014

Sarko, saint et martyr

Sarkofin?
              Il eut son fan club, le clan du Fouquet's et de la Villa Montmorency.
                  Il a aujourd'hui ses détracteurs, même dans son propre camp, divisé mais libéré de son emprise.    Nicolas Sarkozy de retour?  Un suicide politique...
          Sic transit...Le bling bling, c'est fini.
Blanc comme neige...
La sarkolâtrie est mise à mal
        C'est la fin d'un système plus que d'un individu, dont le bilan reste encore à faire, l'inventaire à approfondir.
    On a encore du mal à porter un jugement global sur une aventure politique singulière, qui fit tant de bruits, sans doute une parenthèse dans la succession des présidences sous la Vème République, une dérive, où le goût du pouvoir presque pathologique se mêla à l'affairisme, rendue possible par la rencontre d'une ambition spécifique et d'institutions déséquilibrées, permettant l'exercice d'un exécutif trop peu contrôlé.
     Les affaires le rattrapent, plus précises.
Son calendrier politique est en difficulté.
________Il se présente comme LA victime, justiciable non ordinaire. Classique système de défense.
Il rejoue pathétiquement mais avec aplomb le grand air  du martyr de la justice (*), ce qui fait dire au juriste P.Bilger, qui pour une fois ne tourne pas autour du pot, que le roi Sarkozy est de plus en plus nu.
    On a pu parler de sarkoberlusconisation, pour caractériser un certain style de vie et de pouvoir, une contestation de l'institution judiciaire, dont il s'estime la victime, pour la discréditer publiquement.
     C'est la démocratie qui est mise à mal.
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     (*)"Le numéro est un peu usé, mais l’artiste le connaît sur le bout des doigts. Après l’inoubliable tribune dans Le Figaro pour dénoncer des écoutes téléphoniques selon lui dignes de la « Stasi », Nicolas Sarkozy a encore déroulé ces éléments de langage visant à le faire passer pour un martyr de la justice, mercredi soir, dans une interview enregistrée dans ses bureaux puis diffusée par TF1 et Europe 1, juste après sa mise en examen dans l’affaire Azibert-Herzog. À grand renfort de formules péremptoires, de contre-vérités, de fausses questions et de doubles négations, il a tenté vaille que vaille de convaincre qu’il était la victime d’un hypothétique complot des juges et d’une non moins hypothétique « instrumentalisation politique » de la justice (on peut lire le verbatim intégral de son interview ici). Un entretien aux relents berlusconiens.
        Premier argument de l’ex-chef de l’État : il serait la victime d’un « acharnement » de certains juges. « Profondément choqué » par sa garde à vue, l’ancien ministre de l’intérieur et chantre de la « tolérance zéro » pour les délinquants l’assure : « Il y a eu une volonté de m’humilier en me convoquant sous le statut de la garde à vue qui n’est pas normal. » Choqué de se retrouver « à deux heures du matin » face à « deux dames », les deux juges d’instruction qui l’ont mis en examen pour « corruption active », « trafic d’influence » et « recel de violation du secret professionnel », chefs d’accusation qu’il qualifie sérieusement de « grotesques », Sarkozy demande ceci : « Ne pouvait-on pas me convoquer ? » « Moi qui ai un casier judiciaire vierge, est-il normal d’être traité comme ça ? » Le Code de procédure pénale le permet pourtant, et la chose n’a rien d’anormal, même si elle est rare pour une personnalité politique. Pas à une contradiction près, Nicolas Sarkozy assure pourtant ne demander ni passe-droit, ni privilège…
   Pour preuve de la douleur subie, et du sort injuste qui lui est fait, l’ancien président s’est encore indigné des écoutes téléphoniques dont il a été l’objet dans l’enquête sur le possible financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Un soupçon étayé par plusieurs témoins et sérieusement documenté, mais que Nicolas Sarkozy juge pour sa part « absurde » et insultant. « Est-il normal que je sois écouté dans mes conversations les plus intimes depuis le mois de septembre de l’année dernière ? » s'émeut Nicolas Sarkozy. Ces fameuses écoutes téléphoniques qui l’ont visé, là encore, Nicolas Sarkozy feint d’oublier qu’elles ont été décidées par des juges d’instruction indépendants, Serge Tournaire et René Grouman, et qu’elles sont a priori légales.
Qu'importe. Si autant de juges sont à ses basques, ce n'est pas parce qu'il a pu enfreindre la loi, mais parce qu'on lui en veut personnellement, martèle l'ex-président, qui semble vouloir s'en convaincre lui-même. « Cela fait 35 ans que je fais de la politique. Jamais aucun responsable politique n’a été autant examiné par des magistrats, des policiers. Aujourd’hui, il y a peut-être une vingtaine de magistrats qui s’occupent de moi, des dizaines de policiers, et je suis écouté dans tous mes téléphones depuis plusieurs mois. On ne trouve rien. On ne trouvera rien », lâche-t-il..." ( M.Deléan)
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mardi 8 juillet 2014

Français en souffrance

 Pauvre  Victor Hugo! 
                                    Aurait-il pu imaginer le traitement qu'on lui fait subir au fond de nos cités, à ce bouffon de ta mère?
                                         Est-ce le crépuscule de la langue au bac français?
      Certes, c'est une fiction (quoique!!...), mais elle est significative. Ce n'est pas encore le naufrage de l'expression écrite, du moins dans certains milieux, mais la dérive est là, assez généralisée. Il y a du souci à se faire sur l'avenir du fançais, qui survit certes, mais comment?
      Sans faire dans la généralisation, le catastrophisme ou la nostalgie, n'assiste-t-on pas au début d'une évolution inquiétante. Certes la littérature est encore bien vivante, mais les lecteurs?...
   Une langue, c'est un héritage, un trésor...qui risque de ne pas survivre à l'uniformité généralisée. Avec la réduction constante des heures consacrées à son enseignement, depuis les années 80 surtout, des critiques s'élèvent: au nom de la spontanéité, de l'ouverture au monde, de la modernité, on a voulu alléger, simplifier, ouvrir, tolérer...
         Le français a vu son enseignement se réduire comme peau de chagrin et s'insérer dans la nébuleuse de la communication. On peut avoir son bac scientifique (avec mention) avec un 5 en français et un 4 en philo...Mais en fac, il faut réparer les dégâts et apprendre au jeune ingénieur à rédiger un rapport correct et compréhensible... 
       Communiquer est devenu la loi et les prophètes, comme dans les écoles de commerce  Mais quoi, comment? Nous voici dans l'ère des communiquants, du performatif, du formalisme, de l'utilitaire.
    Une certaine logique de l'ignorance parfois revendiquée par des bateleurs officiels, une évolution des moeurs axée sur le moindre effort, une capacité d'attention devenue problématique, un consumérisme conquérant  ...ont créé le terreau d'un moindre souci de la langue et de l'effort qu'elle demande nécessairement , de la lecture. Le ludique et le formalisme ont pris le dessus, mais le mal être s'installe. Michea a bien noté que l'acte même d'enseigner est devenu problématique.
     Des linguistes montent au créneau:
                « La perte d’une langue est toujours un malheur » dit A.Rey.
       Claude Hagège, défend la diversité des langues face au poids d'une pensée unique, imposée par les lois du marché : « c’est-à-dire de la pensée qui a pour support l’anglais et qui est une pensée néolibérale, dont nous sommes tous les victimes, à commencer par les pays d’Occident, aussi ceux d’Asie du sud-est, à savoir des pays qui sont entiérement rangés sous la bannière du néolibéralisme. C’est-à-dire du profit à tout crin ; sans aucune considération d’ordre culturel ; sans aucune considération d’ordre humain, social... mais avec seulement un attrait pour le profit immédiat... »
  Il veut bien sûr critiquer la domination du globish, pas de l'anglais, langue belle et difficile, s'insurger contre le  tout-anglais, qui tend à devenir la norme, contre l'anglomanie, qui gagne tous les secteurs et qui étonnent nos cousins du Québec...
   La maîtrise d'une langue ne produit pas seulement un plaisir, c'est aussi un moyen de résistance, comme le suggère A. Huxley:
     Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.
    Lire ou ne pas lire, that is the question...
Revenir au plaisir du texte...c'est bien là l'essentiel.
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-Relayé par Agoravox
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lundi 7 juillet 2014

Point d'histoire

 Verdun 1916
                                             .Comme si c'était hier...
                      La course au désastre atteint là son apogée, mais non sa fin.
                 Qui l'avait vraiment voulu? Jaurès avait parlé pour des sourds.
Pourtant, Berlin l'avait décidé: c'est là qu'il fallait en finir, saigner définitivement l'ennemi pour sortir du bourbier et atteindre enfin Paris. L'extermination comme objectif.
       Ce devait être rapide...comme toujours. Le cauchemar dura 10 mois.
  300 jours de Trommelfeuer et d' orages d'acier,  d'ambiance dantesque, qui resta gravée dans les mémoires.    Combien de rues de Verdun en France?...
    Le 21 février 1916, à 7h15 du matin, commença LA bataille. Un déluge de sang.
      Sous Verdun, beaucoup témoignèrent, des sans plumes comme des écrivains: Génevoix, Dorgelès, Barbusse...
      Freud , qui perdit deux fils dans cette guerre, désabusé après avoir longtemps tergiversé, y vit une confirmation de l'hypothèse psychanalytique de la pulsion de mort, encore très discutée aujourd'hui.:  «Nous descendons d'une lignée infiniment longue de meurtriers qui avaient dans le sang le plaisir du meurtre, comme peut-être nous-mêmes encore» (*)
    Sa pensée en fut durablement affectée.
         En 1933, à la veille d'un nouveau cataclysme, il échangea avec Einstein: pourquoi la guerre? 
            Tout ça pour ça!
                                       Les pertes ont été considérables, pour un gain en territoires conquis nul. Après 10 mois d’atroces souffrances pour les deux camps, la bataille aura couté 378 000 hommes (62 000 tués, plus de 101 000 disparus, et plus de 215 000 blessés, souvent invalides) aux Français, 337 000 aux Allemands. 60 millions d’obus (une estimation parmi d'autres, aucun chiffre officiel n'existe) y ont été tirés, dont un quart au moins n'ont pas explosé (obus défectueux, tombés à plat, etc.) et 2 millions par les allemands le 21 février 1916. Si l'on ramène ce chiffre à la superficie du champ de bataille, on arrive à 6 obus par m2...
           Terrible bilan!
Plus jamais ça! dirent-ils.
                        Malheureusement, il y eu Stalingrad, Monte Cassino, Hué, Bagdad...
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   (*)"... La guerre à laquelle nous ne voulions pas croire éclata et fut pour nous
une source de... déceptions. Elle n'est pas seulement plus sanglante et plus
meurtrière qu'aucune des guerres du passé, à cause des terribles perfectionnements
apportés aux armes d'attaque et de défense, mais elle est aussi,
sinon plus, cruelle, acharnée, impitoyable que n'importe laquelle d'entre elles.
Elle ne tient compte d'aucune des limitations auxquelles on s'astreint en temps
de paix et qui forment ce qu'on appelle le droit des gens, elle ne reconnaît pas
les égards dus au blessé et au médecin, elle ne fait aucune distinction entre la
partie combattante et la partie non combattante de la population, elle viole le
droit de propriété. Elle renverse tout ce qu'elle trouve sur son chemin, et cela
dans une rage aveugle, comme si après elle il ne devait plus y avoir d'avenir ni
de paix entre les hommes. Elle fait éclater tous les liens de communauté qui
rattachent encore les uns aux autres les peuples en lutte et menace de laisser
après elle des rancunes qui rendront impossible pendant de longues années la
reconstitution de ces liens.
Elle a révélé encore ce fait à peine concevable que les peuples civilisés se
connaissent et comprennent si peu que les uns se détournent des autres avec
haine et horreur. Une des grandes nations civilisées est même devenue tellement
haïssable que l'ayant proclamée « barbare », on avait essayé de l'éliminer
de la grande communauté civilisée, bien qu'elle ait prouvé ses aptitudes à
la civilisation par des contributions de tout premier ordre. Nous voulons bien
espérer qu'un historien impartial réussira à montrer que c'est la nation dont la
langue est la nôtre et dans les rangs de laquelle luttent ceux qui nous sont
chers qui a le moins violé les lois de la morale humaine..."

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samedi 5 juillet 2014

On en parle

 * Rachats d'actions:  pratique discutable

* Venise en voie d'autodestruction?

* Juridiction très spéciale: les sanctions U.S. contre la BNP 
     Une affaire de géométries variables
  Règles déraisonnables

* L'Europe se junckerise
             Juncker, et après?... Complexité et mise en scène. Blanc bonnet et ...
        Tant pis pour Cameron.
                                         A la fin c’est Merkel qui décide.
      " L’homme est ..le visage d’une Europe qui n’aime pas se montrer en pleine lumière : celui de l’opacité financière. Le Luxembourg, ce trou noir de la finance internationale, dispose d’un siège au conseil européen et d’un droit de veto sur toutes les décisions relatives à la fiscalité et à la réglementation financière et bancaire européennes. Un pouvoir que Juncker ne s’est jamais privé d’exercer. Bien sûr, officiellement, il tenait simplement son rôle de tenant absolu de l’orthodoxie budgétaire. Mais en coulisse, il s’activait dans toutes les négociations européennes pour que son pays reste le paradis de l’opacité. En combattant s’il le fallait les initiatives de ses partenaires en faveur de la transparence fiscale, comme nous l’avons détaillé ici. Une posture qui lui valut ce commentaire cinglant du sénateur français Jean Arthuis (UDI) : « Le matin, il nous rappelle nos obligations d'équilibre des finances publiques et l'après-midi, il nous fait les poches grâce au régime luxembourgeois sur la fiscalité et le secret bancaire. » (Mediapart)

 * Bientôt les mouchard de santé?

* Fossiles de plus de 2 milliards d'années

*  TISA- : signer les yeux fermés 
                               Quelle importance?

* Blackwater en Irak: sécurité sans foi ni loi.

* Aujourd'hui, le bac  peut payer..

* Lâcher la souris...  

*  C'est Nike et Adidas qui ont gagné 

*  De l'importance de la lunettologie en politique 

* Un israëlien accablé 
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- Revue de presse 
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vendredi 4 juillet 2014

Capitalisme financier criminogène

 Criminogène? 
                            Ah bon? pourtant les bonnes nouvelles s'accumulent.
                                                      Enfin, si on peut dire...
        Pour  la plupart des grandes banques et des groupes financiers, l'année a été bonne: un bénéfice record pour  les 1.000 premières banques de la planète, même si les bilans sont plus contrastés en Europe.    Champagne!
   Comme en 2012, un grand cru.
          Sauf que....derrière cette façade comptable en trompe l'oeil se cachent de nouveaux risques.
   Les banques sont toujours les championnes de l'opacité.
Pire, le  monde financier en général est grangrené par la fraude.
       Ce ne sont pas de dangereux extrémistes, de méchants gauchistes, de naïfs Robin des bois, de vilains complotistes ou des attérés effarés qui l'affirment.
   Mais des économistes critiques, qui n'ont pas ou plus le nez dans le guidon des petites ou grandes affaires et ne sont pas ou plus guidés par la peur ou l'intérêt.
   Tous  se sont penchés sur les mécanismes bancaires que la crise a révélés et qui ne sont pas réglés sur le fond, malgré quelques toilettages de surface, à grand renfort de bruyants G8 à l'usage de l'opinion déstabilisée.
  ____________     Paul Jorion n'est pas le seul à analyser le problème.
                                           Issu du sérail, le banquier Naulot, en a fait état dans un libre récent.
     Un peu plus tôt, le magistrat Jean de Maillard a montré par le détail comment la fraude est un rouage essentiel du système financier tel qu'il fonctionne depuis un certain nombre de décennies dans les échanges mondialisés. Un étude qui se heurte à une grande indifférence de la part des milieux concernés, des marchés financiers hors-sol, avec leur dysfonctionnement structurel, ce qui n'est pas étonnant.
      Un ancien trader fait de son côté une critique sans concession d'un système qu'il connaît bien, même s'il ne va pas jusqu'à remettre en cause certains fondements.
    "Compte tenu de ce parcours, le brûlot qu’il vient de publier sur «les dysfonctionnements des marchés financiers», titre de l’ouvrage, n’en est que plus éclairant sur les causes de la dernière crise et sur les motifs qui expliqueront la prochaine Car toutes les leçons n’ont pas été tirées et les risques existent toujours; ils ont juste été déplacés des banques vers les marchés. Or, «pour être tranquille en matière systémique, il faudrait supposer que ces risques seront mieux supportés par les acteurs de marchés. On peut en douter», commente l’auteur. Rien n’est donc réglé..".
      Certains banquiers s'en prennent eux aussi à un dévoiement qu'ils ont pu observer et qu'on n'a pas fini de décrypter.
  Mais leurs voix comptent si peu... 

         Jeau-François Gayraud, spécialiste de grande criminalité, dans une analyse approfondie et sans concessions évoque, lui, le nouveau capitalisme criminel, aux déviances frauduleuses, inédites dans l'histoire, jusque dans les pratiques obscures du trading haute fréquence. La régulation, dérisoire, n'y a pratiquement aucune influence. (*)

              Déni et aveuglement (parfois complicité) sont les  attitudes générales des agents dits régulateurs ou politiques en charge de veiller à cette économie particulière, souvent souterraine, le plus souvent opaque, parfois mafieuse, jouant contre l'économie réelle,  qu'elle devrait servir. 
        Franklin Delano Roosevelt aurait-il eu la même mansuétude vis à vis du gouvernement des banques, dont le pouvoir a été à peine écorné? Roosevelt qui disait publiquement: "...Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des États-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouverné par l’argent organisé que par le crime organisé. Jamais dans toute notre histoire ces forces n’ont été aussi unies contre un candidat qu’elles ne le sont aujourd’hui. Elles sont unanimes dans leur haine pour moi – et leur haine me fait plaisir. Je peux dire que lors de mon premier mandat ces forces menées par l’égoïsme et la soif du pouvoir ont trouvé un adversaire à leur hauteur. J’aimerais pouvoir dire à l’issue de mon deuxième mandat qu’ils ont trouvé leur maître..."
__Les banques, ayant tant reçu des Etats, ne disent même pas merci, les ingrates!
         Elles continuent même à spéculer en douce, comme la plus importante de toutes, qui donne l'exemple, en toute légalité, Goldman Sachs.  Elles ne risquent pas trop d'être inquiétées: on a tant besoin d'elles! Too big to fail and to jail...Elles ne souhaitent qu'une chose: qu'on continue à les laisser faire.
                     Comme le remarquait, outré, un ancien directeur de la Banque Mondiale:
                  "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable " (J Stiglitz)
     Ou, comme disait son célèbre compatriote:
                   « Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d’achat des consommateurs.L’adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d’économiser le paiement d’un gros volume d’intérêts. L’argent cessera de gouverner et se mettra au service de l’humanité. » (Abraham Lincoln)
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- Régulation bancaire?
- Le Trésor américain accusé d’avoir vendu le monde aux banquiers
- Le  confidential memo , ou comment la crise financière mondiale a débuté
- Bonus, mensonges et lobbying : comment les banques européennes résistent à toute régulation  
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(*)  Trading haute fréquence:  système de fraude de grande ampleur
      Spéculation robotisée 
                                       "Après le scandale des subprimes, du Libor, des changes, du pétrole – la liste est non exhaustive –, celui du trading haute fréquence est en train de secouer à nouveau Wall Street. Fin mars dernier, le FBI a reconnu publiquement avoir ouvert une enquête depuis un an sur les agissements de certaines sociétés de trading haute fréquence, ces échanges par ordinateurs, reposant sur des algorithmes et réalisés à la nanoseconde. Il les soupçonne d’avoir commis des délits d’initié et des manipulations de marché. Le FBI a appelé les traders à témoigner, leur demandant de venir dénoncer les pratiques frauduleuses qu’ils auraient pu avoir à connaître.
De son côté, le département américain de la justice a annoncé avoir ouvert une enquête pour faire la lumière sur les agissements des sociétés de trading haute fréquence et mesurer si celles-ci bénéficient d’avantages et de données qui ne sont pas accessibles aux régulateurs. La Securities and Exchange Commission (SEC), qui était restée jusqu’alors très discrète sur le sujet, s’est fendue de plusieurs communiqués à la suite annonçant des poursuites contre des courtiers ou des traders accusés de manipulation de marché et de délits d’initié, par l’intermédiaire du trading haute fréquence.
Cela fait plusieurs années que des spécialistes ou des journalistes (voir ici ou là) dénoncent les dangers du trading haute fréquence. La multiplicité des flash crash est la preuve la plus évidente de ces dysfonctionnements ( « Que s’est-il passé le 27 décembre, à la Bourse de Paris ? »)...
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-Relayé par Agoravox
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jeudi 3 juillet 2014

Ménage linguistique

 Mots et maux
                       Il a raison Bernard.
Il est des mots inconvenants, des mots qu'on ne saurait entendre.
      Des mots qui choquent, qui agressent les oreilles, qui froissent  les neurones.
Cachez-moi ces mots laids que je ne saurais ouïr!
  Sauf qu' il faudrait bannir de notre vocabulaire beaucoup d'autres mots.
         Par exemple convenance, parce qu'il y a con...pissenlit, pour son début...Comme pétulent, chicane d'ailleurs...
                         Il y a urgence à aseptiser le langage, à supprimer les mots qui blessent ou créent des associations malheureuses. On ne devrait pas parler de licenciement, par exemple, ou d'austérité. Cherchons des mots moins traumatisants. Il n'en manque pas.
           Il serait temps d'adoucir les mots, de procéder à la stérilisation du langage.
                             Prenons un exemple... si je dis « libéralisation du rail » à un cheminot de la CGT  je sais que ce mot « libéralisation » va immédiatement provoquer chez lui une réaction de rejet et qu’il va me dire « grève » !
    Si je dis chaque jour à des milliers de concitoyens qu’ils vont se faire virer comme de vieilles chaussettes dans le cadre d’un plan de licenciement..., ils ne vont pas bien le prendre. Non, il faut adoucir les mots pour adoucir les réactions. D’où l’idée vraiment très drôle du concept de « plan de sauvegarde de l’emploi » qui est la terminologie actuellement en vigueur pour dire que l’on se fait licencier.
Nos élites cherchent donc à modifier notre langage pour modifier notre mécanisme de pensée, modifier nos réactions évidemment dans le sens qui les arrange, à savoir celui du « calme ». Nous pouvons multiplier ces exemples à l’infini. Par exemple, on ne dit plus « mouroirs » mais « service d’accompagnement à la fin de vie » ou encore « unité de soins palliatifs »… Comme si on pouvait « pallier » la mort.."
      Optimisons donc le vocabulaire!
            Sans aller jusqu'à la langue de bois, prenons garde aux mots qui fâchent.
Inventons la novlangue d'aujourd'hui...,celle qui ne heurte pas, en inventant d'autres vocables si les besoins (politiques) l'exigent, comme le suggérait Orwell, qui notait que propagande pouvait très bien se transformer  en vérité..
              Adoptons la vulgate planétaire.
      Il y a  les mots, il y a les choses...Quand les choses déplaisent, changeons les mots, pour masquer les maux. Ne parlons pas d'échec, mais de contre-performance, de violence, mais de troubles, d'ouvriers mais de collaborateurs....
            Pour le rendre plus lisse et plus acceptable, polissons notre langage!

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mercredi 2 juillet 2014

Transnationales: fin de l'impunité?

Asymétries
                         La puissance des multinationales reste plus que jamais à l'ordre du jour, mais peut-être s'achemine-t-on lentement vers la fin de leur impunité, ce qui est plutôt une bonne nouvelle si la tendance se confirme.
    Les groupes d'intérêts multinationaux prennent d'autant plus de pouvoir que la concentration du capital se renforce, du fait de la concurrence internationale exacerbée et de la gigantesque masse financière circulant sans entraves , que les Etats perdent de leur influence et de leur capacité d'intervention, passivement ou activement, minés par l'idélologie néolibérale, pour qui l'Etat c'est le problème.
   L'Etat qui souvent cède à leurs pressions et finit par favoriser leurs intérêts.
         L'OMC sert parfaitement leur développement, malgré les nombreuses entorses à la concurrence. Les monopoles ou quasi monopoles ne deviennent plus rares, comme celui que préside Bill Gates ou Nestlé.
    L'internationalisation de ces méga-entreprises s'est fortement accélérée depuis vingt ans.
Dans les négociations sur l'Accord Transatlantique, elles jouent indirectement un rôle moteur, pour parvenir à faciliter encore leur pénétration, en baissant droits de douanes, en favorisant leur implantation, en dictant leurs intérêts et leurs normes,  en imposant leur règles et leur propre juridiction, en démantelant les services publics.
   Des groupes souvent plus forts que les Etats, s'efforçant même de conquérir les marchés en pratiquant un intense lobbying, à Bruxelles notamment, place stratégique.
   Ainsi, début 2013, Apple pesait en Bourse l'équivalent du budget de la France ou la somme des PIB roumain, hongrois, slovaque, croate et lituanien. Le seul chiffre d'affaires de la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Royal Dutch représente l'activité de tout le Royaume-Uni pendant deux mois et demi..."
     Ces nouvelles féodalités, ces mégaentreprises se moquent des Etats et des peuples et elles profitent des infrastructures, des compétences locales et d'une clientèle locale sans contrepartie. Les bénéfices s'évanouissent dans des paradis fiscaux. On peut considérer que le plus souvent, elles détruisent de la richesse plus qu'elles n'en créent, déstabilisant les productions et les modes de vie locales.
 Dans le domaine sensible, vital, de l'agrobusiness notamment, qui s'étend sur la planète «Les cinq cents plus grosses multinationales privées contrôlent 52% du produit agricole mondial brut. L’eau est privatisée, le vivant ,bréveté, les richesses nationales, accaparées. Regardez le Président de Nestlé, premier trust alimentaire et d’eau potable du monde: il gagne 26 millions d’euros par an et possède un pouvoir qu’aucun pape ni aucun empereur n’a jamais eu.»
   La cas Monsanto, emblématique, est maintenant mieux connu.. 
______________L'impunité pour les entreprises transnationales va-t-elle pouvoir commencer à être mise en question dans les faits?
   "Le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies (CDH) examine actuellement un projet de résolution déposé par l’Équateur et l’Afrique du Sud afin d’élaborer de nouvelles normes internationales contraignantes sur les sociétés transnationales et les droits humains. Cette initiative, soutenue par 85 États, pourrait contribuer à mettre fin à l’impunité dont bénéficient les entreprises transnationales pour les violations de droits humains commises et garantir l’accès à la justice pour les victimes de leurs activités..."
    Une action qui doit encore se confirmer et ne pas se contenter de l'aspect juridique du problème.

(*)      "...Au cours des dernières décennies, nous avons assisté à un processus de concentration accélérée du capital – à travers les « fusions et acquisitions » des entreprises notamment – ce qui a conduit à la consolidation du modèle néolibéral, processus renforcé par la fin de la guerre froide qui avait fonctionné comme un obstacle à la l’expansion du grand capital.
Cette tendance d’accroissement du capital s’est intensifiée et poursuivie de manière agressive à travers de multiples accords de libre-échange (ALE) et accords d’investissement (TBI), dès 1989 avec l’ALE Canada-États-Unis. Les termes de ces accords sont fixés par les transnationales qui exigent la libéralisation des marchés, l’accès aux matières premières et la privatisation des services publics, comme nous pouvons le voir à travers les négociations du grand marché transatlantique (TAFTA) entre les Etats-Unis et l’Union européenne, ou par le projet d’accord transpacifique (TPP) impliquant les États-Unis et des pays asiatiques et les pays d’Amérique latine donnant sur le Pacifique.
       Ces accords commerciaux et d’investissement ainsi que les politiques de l’OMC et celles d’autres institutions financières internationales (FMI et Banque mondiale) ont institué des cadres juridiques qui accordent des protections unilatérales aux activités des transnationales (y compris le droit de poursuivre les gouvernements pour la perte réelle ou supposée de profit ou le droit à exiger des changements dans la législation environnementale) mais qui ne leur imposent aucune obligation. En termes d’impacts sur les populations affectées, ces protections juridiques unilatérales instituent ce que nous appelons une « architecture de l’impunité ». En ce sens, les gouvernements se sont rendus complices et n’ont pas défendu l’intérêt public ou les intérêts de leurs citoyens. Les transnationales ont donc continué à commettre des violations systématiques des droits de l’homme et des droits du travail, et à dévaster l’environnement.
       En outre, de nouvelles technologies et une financiarisation croissante du capitalisme ont donné aux transnationales des possibilités sans précédent d’expansion partout sur la planète, et dans tous les aspects de nos vies. Les crises multiples et reliées, comme les crises économique et écologique, mais surtout la crise financière de 2008, montrent les limites de ce modèle capitaliste, ainsi que la façon dont les multinationales profitent des périodes de turbulence. Le processus de concentration du capital s’est intensifié à travers la crise, impliquant une distribution profondément asymétrique de la richesse où les individus et les entreprises riches sont devenus beaucoup plus riches et les pauvres sont devenus plus pauvres, dans toutes les régions du monde.
      Devenues économiquement et politiquement plus fortes, les grandes entreprises transnationales ont de plus en plus la possibilité d’opérer en toute impunité dans les pays pauvres et les pays en développement du Sud global, mais aussi, plus récemment, dans les pays du Nord. Par leurs activités, elles continuent de violer l’ensemble du spectre des droits de l’homme. Elles le font d’une manière directe : les droits des travailleurs sont violés dans les entreprises tous les jours, mais seuls les incidents majeurs font la une des journaux – comme le cas de Rana Plaza au Bangladesh (où 1100 travailleurs sont morts) ou de Marikana en Afrique du Sud (où 31 mineurs ont été abattus). Les transnationales violent également le simple droit à disposer de moyens de subsistance comme dans le cas de l’accaparement généralisé des terres ou à travers la pollution systématique et soutenue des compagnies pétrolières comme Shell et Total au Nigeria ou Chevron en Equateur. Ces violations des droits humains ne sont pas seulement systémiques, elles sont menées en toute impunité. Trente ans après l’une des plus grandes catastrophes industrielles mondiales – Union Carbide / Dow Chemical à Bhopal, en Inde – la justice n’a toujours pas été rendue pour les familles de ceux qui sont morts alors que la génération suivante souffre également des effets de la pollution de l’environnement.
Profitant de leurs « droits des investisseurs » acquis dans les ALE, les accords internationaux d’investissement et les accords de l’OMC, les transnationales sont en mesure de se soustraire à leur propre responsabilité ainsi que de dicter les prix et les profits tirés de leurs activités. Leurs profits ont grimpé en flèche, continuant de bénéficier des droits de propriété intellectuelle (ADPIC) qui sont par exemple des obstacles à l’accès aux médicaments génériques. 
     Les multinationales profitent également de la privatisation croissante des systèmes publics d’éducation et de santé, et de la marchandisation et de la commercialisation de l’accès à l’eau et à d’autres services publics.
     Ces profondes transformations de nos sociétés ne marquent pas seulement la mise en place d’un modèle économique favorable au business. Elles ont également donné lieu à une nouvelle configuration du pouvoir politique et du rôle de l’État. Il y a une compréhension populaire croissante du phénomène de main-mise des intérêts du secteur privé sur la prise de décision politique. Les organisations de lobbying pro-business sont en mesure d’usurper la fonction des gouvernements élus dans les institutions nationales et internationales afin de les faire plier à leur avantage.
     Dans le cas des pays pauvres ou des pays en développement, l’asymétrie de pouvoir est immense et les systèmes de droit interne ont été sapés et rendus incapables de défendre les populations des violations et crimes des entreprises. Dans de nombreux cas, les lois ont été adaptées pour favoriser les opérations des transnationales ou pour protéger les « droits des investisseurs » aux dépends des droits fondamentaux des personnes. Les décisions prises par les tribunaux et les juridictions nationales sont écartées, non exécutées ou carrément rejetées par les transnationales comme dans le cas de Chevron et de l’Equateur, où la société basée en Californie a refusé de se soumettre à une décision de justice équatorienne exigeant qu’elle verse 9,5 milliards de dollars de dommages.
Néanmoins, alors que le pouvoir des entreprises connaît une croissance exponentielle et a été en mesure de consolider ses privilèges dans des cadres juridiques qui sont eux de toute évidence contraignants, la nouvelle conjoncture que constituent ce large spectre de gouvernements du Sud, combiné aux campagnes fortes des populations affectées et des mouvements sociaux confrontés au pouvoir du secteur privé, ont permis de développer un fort soutien au fait de disposer des règles contraignantes sur les transnationales.
     En outre, les batailles citoyennes contre des entreprises, sur l’eau par exemple, ont continué à se propager à partir de villes du Sud comme Cochabamba et Manille, pour aboutir à des luttes croissantes et efficaces contre la privatisation de l’eau en Europe..."
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mardi 1 juillet 2014

Sarajevo: contingences et histoire

Vertiges uchroniques
                                    SI..  ...Le nez de Cléopâtre...
                                            ...La bombe de Claus von Stauffenberg n'avait pas été déplacée...
Pont latin Sarajevo
           SI ...Princip.avait eu la malchance de Cabrinovic et si la voiture de François-Ferdinand  avait suivi le parcours prévu...
...L'Autriche n'aurait pas déclaré la guerre à la Serbie, qui n'aurait pas entrainé l'engagement de la Russie, qui ...etc...
           On peut s'amuser à ce jeu-là longtemps.
Faire l'Histoire avec des si.., peser le faible poids de certains hasards pourtant lourds de conséquences est un exercice mental vertigineux, mais parfaitement stérile. Difficile cependant de ne pas s'y livrer parfois, quand on mesure les conséquences parfois immenses d'un événement parfois mineur, qui aurait pu ne pas se produire, d'une rencontre improbable de circonstances.. L'effet papillon...
       Et pourtant...Les faits ont eu lieu, l'enchainement désastreux s'est bien passé, même si la perception des événements fut minimisée au début, leurs conséquences peu mesurées. On le voit à l'attitude d'abord détachée du Kaiser, qui repart en croisière au large de la Scandinavie. C'est après coup que l'enchainement diabolique nous apparaît comme une nécessité, à la lumière des conséquences dont nous pouvons continuer à faire le bilan. Illusion rétrospective.
    La guerre de 14 est derrière nous avec des traces toujours présentes, des souvenirs encore vivaces, parfois mythiquement entretenus. Cette boucherie généralisée  a modifié profondément la géopolitique de l'Europe et du Moyen-Orient (*), l'histoire du monde, pas seulement de l'Europe. Celle-ci a perdu sa puissance au profit des USA. Sans elle, sans doute, pas de Révolution d'Octobre, de montée des fascismes et leurs conséquences.
   Une partie de poker et une tragédie...tels peuvent apparaître les faits.
L'enchaînement des événements, le basculement des dominos donne l'impression d'un destin inéluctable, qui ne pouvait pas se passer autrement, étant donné les tensions présentes, les antagonismes nationaux, les ambitions impérialistes prêtes à s'exprimer. Un certain déterminisme était là sous-jacent, qui rendait hautement probable l'expression frontale des intérêts exacerbés et des armes accumulées. Ce sur quoi tous les historiens tombent d'accord, chacun avec sa lecture propre.
 Mais l'historien Clarck montre que les choses aurait pu se passer autrement, que l'enchainement connu n'était pas inéluctable, malgré les fortes pressions qui s'exerçaient. L'enchaînement des événements ne répond pas à la logique de la mécanique classique.
D'une certaine manière, les hommes ne savent pas l'histoire qu'ils font, aveuglés par les passions et les illusions, le nez dans le guidon du présent immédiat et des intérêts à courte vue.. De Paris, la guerre devait durer quelques mois...
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       (*)    L'affaiblissement de l'empire ottoman prépara la ruée des ambitions, russes notamment.  La Serbie fut cependant la plus grande bénéficiaire de ces deux guerres balkaniques en doublant la superficie de son territoire et en augmentant de moitié sa population. Forte de son assise vers le sud, elle commença donc à regarder vers le nord pour revendiquer la Bosnie à l’Autriche-Hongrie. La Serbie devenait le relais russe pour déstabiliser l’Empire austro-hongrois. L’Allemagne, qui avait compris que l’Empire ottoman allait s’effondrer en Europe imaginait un nouvel axe des puissances centrales avec la Bulgare pour faire face aux Russes et parce que le roi de Bulgarie avait des origines germaniques. Le démantèlement de l’Empire ottoman a rendu instable la partie sud de l’Europe centrale.
Selon le vécu des peuples, le passé est éclairé différemment.  Gavrilo Princip peut encore être vu comme un héros ou un assassin, selon l'histoire des protagonistes. La Serbie n'oublie pas les exactions autrichiennes de 1915.
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