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mardi 14 mai 2024

Désindustrialisation: une fatalité?

  En France  ________________

                                                       Il semblerait que quelques signes de réindustrialisation se manifestent, sans convaincre tout le monde, malgré le volontarisme tardif et les déclarations claironnées en haut lieu, jusqu'à Versailles. Choose France! Il ne suffit pas de le dire...Quoi qu''il en soit, on revient de loin...Le dogme de la mondialisation libérale semble tout de même en voie d'érosion. et des velléités de retour à une certaine souveraineté économique émergent ça et là...                                                                                                                                 Depuis plus de vingt ans, la France a perdu de nombreux atouts en matière industrielle, par  laxisme ou par conviction néolibérale naïve. Le contexte idéologique de la "mondialisation heureuse", l'impact des croyances à la vertu des marchés et à la valeur des services ont favorisé des abandons de souveraineté que nous payons encore cher aujourd'hui, notamment en matière d'emploi et de formation. Malgré un volontarisme épisodique, comme les appels de Montebourg, la barre n'a pas été redressée, même si l'époque post-covid laisse entrevoir un rebond et des prises de conscience salutaires. Mais nous continuons à payer cher nos erreurs. Nous avons souvent regardé passer les trains et le France fut trop souvent "vendue à la découpe"....avec l'inertie ou la complicité des élites.  Le tournant de 1983 fut un moment clé pour comprendre le virage qui marque encore nos choix.  Cette période et celles qui l'ont précédée et suivie, sont assez complexes à analyser et quelques rappels sont nécessaires:  ____


Point de vue

                                         "... La France est affectée depuis un quart de siècle par une désindustrialisation massive. Dans La désindustrialisation de la France, 1995-2015 (Odile Jacob, juin 2022), Nicolas Dufourcq, directeur général de la BPI (Banque Publique d’Investissement), s’interroge sur les causes du phénomène et donne la parole à des témoins de premier plan : entrepreneurs, économistes, hauts fonctionnaires.    Ce livre passionnant et dense redonne vie à tout un pan de l’Histoire contemporaine. Il nous invite à bâtir notre opinion à partir des avis souvent opposés des intervenants...     En 2020, la France (68 millions d’habitants) compte 5,3 millions d’ouvriers contre 7 millions il y a 40 ans. Ce sont essentiellement des hommes. 40% seulement d’entre eux, soit environ deux millions, travaillent dans l’industrie. Les autres sont chauffeurs routiers, agents de maintenance, garagistes, etc         Un siècle plus tôt, la France (40 millions d’habitants) comptait six millions d’ouvriers. Ils travaillaient essentiellement dans l’industrie et dans ces années-là, leur nombre dépassait celui des agriculteurs en activité. Il y a un siècle et demi enfin, sous le Second Empire, ils étaient environ deux millions et demi – dont une proportion notable de femmes et d’enfants - pour une population similaire.  .......Ces chiffres illustrent le tête-à-queue de l’industrie française. On voit en effet que son poids relatif dans la population et l’économie est retombé en quarante ans à ce qu’il était à l’aube de la révolution industrielle.                    Les Français prennent conscience de la désindustrialisation à partir de 2008. C’est l’année où la crise des subprimes venue d’Amérique frappe le Vieux Continent. Plusieurs groupes prestigieux ont déjà disparu : « Alstom, mis à terre par l’acquisition ratée des turbines d’ABB en 2003, Pechiney, abîmé par l’acquisition d’American Can, puis racheté par Alcan en 2005, et Arcelor, racheté par Mittal en janvier 2006 ». À ces noms s’en sont ajoutés bien d’autres depuis : Technip, passé aux Américains en 2016, Lafarge repris par le Suisse Holcim en 2015, etc.            Pour le reste, les groupes français font très vite le choix de délocaliser leurs usines sur les marchés émergents (Chine, Brésil) et dans les pays à bas coût (Tunisie, Maroc,…). Ils entraînent avec eux, bon gré mal gré, leurs principaux sous-traitants, ainsi que l’attestent les entrepreneurs interrogés par Nicolas Dufourcq. Ils profitent aussi de la délocalisation pour construire des usines dernier cri qui à Tanger, qui à Wuhan, de sorte que lorsque surviendront des difficultés, ils fermeront en premier lieu les usines françaises, sous-équipées et vétustes !        Les constructeurs allemands délocalisent également mais avec une différence capitale que souligne Nicolas Dufourcq : ils transfèrent en Europe orientale et ailleurs les activités bas de gamme et la sous-traitance ordinaire tout en conservant leurs meilleures machines et leurs activités haut de gamme dans l’usine-mère, où elles sont assurées de disposer d’une main-d’œuvre fidèle et qualifiée.       Du coup, phénomène insuffisamment souligné, « la proportion des capacités industrielles hors du territoire d’origine est aujourd’hui beaucoup plus élevée en France qu’en Allemagne, en Italie ou en Espagne : le poids des ventes des filiales de groupes français à l’étranger représente 2,5 fois la valeur ajoutée industrielle de la France contre 1,3 fois pour l’Allemagne, 1 fois pour l’Italie et 0,5 fois pour l’Espagne. »                       Selon l’auteur Nicolas Dufourcq, libéral bon teint, « tout commence dans les années 1970 » : le premier choc pétrolier est suivi d’une rigidification du droit du travail sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing. L’élection de François Mitterrand en 1981 n’arrange rien : 39 heures, lois Auroux, nationalisations, augmentation des charges patronales, contrôle des prix… « Le modèle social français pèse de tout son poids sur les entreprises ». Les dévaluations permettent de sauver malgré tout leur compétitivité, la dernière intervenant en 1987.       Vient alors le tournant libéral de 1983. Le président Mitterrand choisit de renforcer l’intégration européenne vaille que vaille. « Décidés sans grand débat national, la suppression du contrôle des prix et l’Acte unique de 1986 préparent le marché unique de 1992. (…) C’est aussi l’époque où le concept de politique industrielle prend une coloration péjorative partout en Europe. »                                              Notons qu’en 1994, le Premier ministre Édouard Balladur réunit une commission sous l’égide d’Alain Minc pour réfléchir à la France de l’An 2000. Nicolas Dufourcq en est le rapporteur. Le document final prône l’adaptation du pays à la mondialisation par une politique d’austérité salariale. Jacques Chirac s’engouffre dans la brèche et dénonce la « fracture sociale » qui risque de s’ensuivre. Il sera élu à la présidence de la République.               Jean-Baptiste de Foucauld, commissaire au Plan et véritable âme du rapport Minc, reconnaîtra que le rapport a peut-être péché par trop d'assurance. Il ébauchera une distinction qui n'y était pas : « Dans l'industrie, où les machines coûtent plus cher que les hommes, c'est normal qu'on augmente les salaires ; mais, dans les services, la main-d’œuvre constitue la principale charge. Dans ces secteurs, c'est en allégeant le coût salarial que l'on créera des emplois. » (Libération, 20 avril 1995). C’est peu ou prou la politique que mettra en œuvre en 2003-2005 Peter Hartz… en Allemagne.                                      La fin du siècle est marquée par une forte reprise de la croissance en France. Tous les indicateurs se mettent au vert malgré une hausse des taux d’intérêt due à l’endettement massif de l’Allemagne, qui doit financer la réunification de l’Est et de l’Ouest après la chute du Mur de Berlin. Le gouvernement de Lionel Jospin en profite pour instaurer la semaine de travail de 35 heures (4 heures de moins sans baisse de salaire).        Bien que plébiscitée par les Français, l’initiative arrive au plus mauvais moment. Elle provoque un charivari dans les entreprises et les administrations, cependant que la monnaie unique ouvre la France à la concurrence européenne. Dans le même temps, l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) la plonge dans le grand bain de la mondialisation.          Pour ne rien arranger, les entreprises de taille intermédiaire (ETI), généralement à caractère familial, se voient gravement pénalisées par l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et les droits de succession. Pour payer leurs impôts, les actionnaires familiaux se voient obligés soit de pressurer l’entreprise pour dégager davantage de dividendes, soit de vendre leurs parts à des groupes étrangers. Il faudra la loi Dutreil de 2003 pour alléger leur fardeau.    Dans cette conjoncture pour le moins compliquée, la palme de l’inconscience est sans conteste remportée par Serge Tchuruk, Pdg d’Alcatel, l’un des fleurons nationaux (120 sites industriels, 150000 salariés dans le monde, numéro un mondial de la fibre optique). Il annonce en 2001 vouloir faire de l’équipementier télécoms une « entreprise sans usines » (fabless) ! Il ne va que trop bien y arriver. Aujourd’hui, l’entreprise n’existe plus.  L’Allemagne, ragaillardie après l’épreuve de la réunification, profite du marché unique et de l’euro pour exporter à tout va.  « À partir de 2003, les parts de marché allemandes à l’export hors de la zone euro explosent littéralement, à un rythme qu’on n’avait jamais vu. (…) Le déficit commercial avec la France se creuse dans la foulée des pertes de parts de marché à l’export. (…) En vingt ans, notre déficit commercial ne va plus cesser de se creuser. Il tangente aujourd’hui les 100 milliards d’euros annuels. Il est de 17 milliards d’euros par an sur le seul franco-allemand depuis quinze ans, dont une part écrasante en biens manufacturiers. » La perte de savoir-faire industriel va de pair avec ce déficit commercial toujours croissant.             Louis Gallois (77 ans) est le dernier des grands patrons qu’a connus la France. Après un passage à la Direction Générale de l’Industrie et dans les cabinets ministériels, aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, il a dirigé la Snecma et Aérospatiale avant d’être appelé en catastrophe à la SNCF en 1996 pour sortir celle-ci d’une crise existentielle. En 2007, il a assumé la co-présidence d’EADS. Porté enfin en 2014 à la présidence du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, il contribue à sauver le groupe automobile d’une mort assurée.    Nicolas Dufourcq a eu la bonne idée de lui confier la conclusion de son ouvrage en dépit d’une opposition politique et idéologique assumée.       Louis Gallois admet des erreurs dans la politique industrielle de 1981-1983 (échec des plans sectoriels : machines-outils, électronique). Mais il rappelle aussi que les nationalisations ont sauvé de la faillite plusieurs champions français alors très mal en point. Elles leur ont permis de se refaire une santé, avant que les privatisations hasardeuses de 1986 et 1995 ne les remette à l’épreuve.          Mais le virage essentiel est celui de 1983, dit-il : « Mitterrand estimait que la voie du programme socialiste était une impasse et qu’il fallait un nouveau projet. Ce projet était l’Europe. Pour moi, c’était une rupture du contrat. C’était surtout une fuite en avant vers une Europe libérale à l’allemande. Je savais que si on sortait du SME [système monétaire européen], ce serait rugueux et qu’il faudrait mettre tout de suite en place une politique de rigueur à la Trichet, avant Trichet. Il fallait faire une dévaluation interne en plus de la dévaluation externe. C’était coûteux, mais c’était le prix du respect des engagements pris devant les électeurs. Mitterrand a préféré l’Europe, car il a cru qu’elle lui épargnerait cet effort. Ensuite, la décision d’aller vers le marché unique (Acte unique) est passée en douce. Aucun débat n’a eu lieu, ni au Parlement, ni au gouvernement, sur le démantèlement de l’essentiel de la réglementation économique française. »         De manière logique suite à ce virage, la droite libérale l’emporte aux législatives de 1986 et veut en finir avec la politique industrielle. « Quand Madelin est nommé ministre de l’Industrie, il déclare que les industries manufacturières ne sont pas sa tasse de thé, » se souvient Louis Gallois. Le ministre n’en fera que trop la démonstration. L’industriel déplore également les erreurs de l’attelage Chirac-Jospin (1997-2002) : les 35 heures qui ont désorganisé les entreprises et mobilisé les énergies à un moment où elles auraient été nécessaires ailleurs ; l’entrée dans l’euro à une parité trop élevée.  Il affirme très clairement la responsabilité de l’euro dans la désindustrialisation. « Chez Airbus, on vendait nos avions en dollars avec des coûts en euros. (…) Entre 2005 et 2009, au plus haut cours de l’euro, on ne tenait plus. (…) Pour moi, l’euro fort avantage les forts et affaiblit les faibles. » De fait, avec la monnaie unique, on se prive de la fonction d’équilibre que joue une monnaie nationale en sanctionnant tant les excédents que les déficits commerciaux.                                                            Nicolas Dufourcq, qui a pris la direction de la BPI en 2012, veut croire que la désindustrialisation est désormais derrière nous, du fait de quelques mesures correctives sur la fiscalité, les successions, etc. Du fait aussi de la fin de la « mondialisation heureuse » (Alain Minc) illustrée par la pandémie de Covid-19 (pénuries de composants chinois). Du fait enfin de l’action de sa banque. Les chiffres semblent attester de la recréation d’emplois industriels en France. Mais « une hirondelle ne fait pas le printemps. »      Les pénuries de main-d’œuvre, les carences abyssales du système éducatif, autrefois réputé l’un des meilleurs du monde, la démotivation de la jeunesse après la pandémie, l’argent gratuit et le « quoi qu’il en coûte » nous rendent pour le moins sceptiques sur la solidité de cette « réindustrialisation ».  [ Merci à André Larané_____Souligné par moi_]____________

lundi 13 mai 2024

Circuit court

 Bonne idée?

                 Pas si sûr...

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On est les champions!...♪♫

 A voir...

         On nous promet pour les JO monts et médailles. Mais cela rique d'être encore décevant, même si l'essentiel est de participer... Pourquoi faut-il se concentrer sur le sport d'élite (souvent dénoncé)? Quels enjeux pour les jeux?                                                                                                                                                    Point de vue: un introuvable ruissellement:    "  ....  Spectaclee total, les Jeux olympiques d’été occupent une place singulière dans l’imaginaire collectif forgé par un cadrage médiatique consensuel. La fuite vers le gigantisme dissimule toutefois mal la liste des engagements non tenus : l’argent a pulvérisé l’amateurisme dans toutes les disciplines ; des sanctions à géométrie variable — contre la Russie mais pas contre Israël — remplacent la trêve antique ; le Comité international olympique (CIO), organe supra­étatique, s’avère des plus opaques ; des retombées économiques éphémères justifient d’énormes dépenses publiques ; les contraintes imposées au nom de la sécurité écrasent les libertés ; les vociférations cocardières des commentateurs annihilent tout esprit de fraternité entre les peuples…Mais qu’en penser du point de vue du sport lui-même ? Les Jeux ne pourraient-ils pas enclencher un cycle vertueux en faveur de l’activité physique ? Nul doute qu’ils représentent un moment à part, unique, pour les ­athlètes qualifiés. Leur abnégation pour parvenir au meilleur niveau suscite le respect. Leur allégresse lors d’une victoire sera d’autant moins feinte que chaque médaille gagnée leur ouvrira une rente. Ont-ils pour autant valeur d’exemple, tant l’exacerbation de la rivalité pousse à tous les excès ? Les grands événements sportifs internationaux (GESI) peuvent-ils générer un entrain sportif et des retombées positives pour le bien public ?   « Les Jeux vont insuffler un élan inédit à la pratique de nos concitoyens », affirmait Mme Amélie Oudéa-Castéra, dans un supplément du Parisien (18 janvier 2024). La ministre des sports soutenait ainsi la thèse de l’effet de « démonstration » ou de « ruissellement » des GESI en lançant la promotion de l’activité physique et sportive comme « grande cause nationale » de 2024. Plusieurs vedettes (Thierry Henry, Marie-José Pérec, Amélie Mauresmo, Didier Deschamps) apportent leur concours à cette campagne de communication incitant à « bouger » au moins trente minutes par jour. « Avec l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, assurait Mme Oudéa-Castéra, nous avons une opportunité unique de faire de la France la nation sportive que nous appelons de nos vœux. Ce rendez-vous sera aussi une occasion sans pareille de mettre le sport et ses bienfaits au cœur de notre société. » 


      
La sédentarité conduit l’humanité à un tournant anthropologique encore sous-estimé. L’obésité touche désormais plus d’un milliard de personnes dans le monde : 42 % des hommes aux États-Unis par exemple, près de 50 % au Pérou ou de 40 % en Roumanie, plus de 80 % des femmes dans certaines îles du Pacifique . Le risque inhérent à l’inactivité physique devient un impératif prioritaire de santé publique. Mais l’étude internationale établissant ce constat conclut que « la plupart des efforts de prévention de l’obésité se sont concentrés sur les comportements individuels ou sur des modifications isolées de l’environnement bâti ou alimentaire. Ces efforts ont eu peu d’impact sur la prévalence de l’obésité, en partie parce que les aliments sains et la pratique du sport et d’autres modes de vie actifs ne sont pas accessibles ou abordables pour les personnes à faible revenu et peu autonomes  ».   ___Les bienfaits sanitaires de l’exercice ne sont plus à démontrer. Tous les organes, y compris le cerveau, en tirent bénéfice, et à tous les âges. C’est un moyen essentiel d’éviter la plupart des maladies, mais aussi de contribuer à les soigner. « Promouvoir la pratique d’activités physiques apparaît donc comme un enjeu majeur pour prévenir à la fois l’augmentation de l’incidence des pathologies chroniques et leurs conséquences », observe par exemple un groupe d’experts qui recommande sa prescription « à toutes les étapes de la pathologie » . Pourtant, en France, 47 % des femmes et 29 % des hommes sont physiquement inactifs, et 73 % des jeunes de 11 à 17 ans n’atteignent pas les préconisations en la matière. Le pays hôte des Jeux figure au 119e rang sur 140 dans un classement selon l’activité des adolescentsImaginer que quinze jours d’un divertissement au suspense bien huilé puissent exercer une influence sur les comportements individuels relève d’une illusion. De nombreux travaux ont porté sur l’« héritage » des Jeux olympiques et les retombées des GESI dans plusieurs domaines : infrastructure, tourisme, environnement, cohésion sociale, etc. Concernant les effets sur l’activité physique en général, une analyse de toutes les publications des deux dernières décennies conclut : « Notre revue systématique n’a pas montré d’effet immédiat ou différé de l’accueil de manifestations sportives, de la réussite sportive ou du rôle de modèle du sport d’élite dans l’augmentation de la pratique d’activités physiques des jeunes ou des adultes. Aucun bénéfice n’a été observé, que ce soit au niveau local ou à grande échelle. (…) La promotion du sport d’élite à elle seule n’est pas susceptible d’augmenter la pratique dans la population. Les décideurs et les responsables politiques devraient donc être conscients [de ses] effets limités (…) sur l’amélioration des modes de vie actifs (6).  »                   Si la réussite de certains athlètes d’exception — comme Martin Fourcade en biathlon ou les équipes de France de jeux de ballon en 2021 — peut doper sur le moment les adhésions aux fédérations concernées, l’enthousiasme ne touche que la population déjà sportive. « Surtout, l’effet est très réduit dans le temps puisque sans effort soutenu les effectifs de pratiquants dans les associations s’affaissent quelques mois après la tenue de l’événement », constate une étude française. En suivant la population japonaise qui avait assisté aux Jeux de Tokyo en 1964, on observe une pratique plus régulière que chez les générations suivantes. Mais les enquêtes menées après les Jeux de Sydney (2000), Pékin (2008), Vancouver (2010) ou Londres (2012) n’ont rien montré de probant ; en dépit, pour ce dernier exemple, de la campagne « Inspirer une génération » qui accompagnait l’événement. Plus étonnant encore, les Jeux paralympiques de Londres « n’ont pas eu d’impact positif sur la motivation sportive des personnes handicapées, on observe même un déclin de leur activité physique (8)  » dans les cinq années qui suivirent.  La communication du gouvernement français sur le « sport-santé » relève de l’injonction paradoxale quand deux symboles mondiaux de la « malbouffe » occupent une place centrale pour les deux principaux spectacles sportifs organisés dans l’Hexagone : Coca-Cola lors des Jeux, et McDonald’s pour les quatre prochaines années de la Ligue 1 de football. L’urgence sanitaire ne devrait-elle pas conduire à lutter contre le marketing alimentaire, en particulier quand il touche les enfants ? Une taxe ou l’interdiction de la publicité sur les produits sucrés ne seraient-elles pas plus efficaces qu’une médaille remise entre deux slogans de tels commanditaires ? L’injonction à « bouger » heurte aussi l’intensification du travail des dernières décennies, la généralisation de la position assise devant un écran, l’arrêt de la réduction du temps de travail depuis vingt-cinq ans, voire son inversion avec le recul de l’âge de la retraite.   La contradiction la plus spectaculaire émerge en parallèle dans le mépris des pouvoirs publics et des médias envers l’éducation physique et sportive (EPS). Le 15 mars dernier, les professeurs de cette discipline manifestaient pour rappeler que « tout commence à l’école ». « Depuis 2017, année de l’attribution des Jeux olympiques et paralympiques à Paris pour 2024, la place de l’EPS et du sport scolaire ne cesse de se dégrader dans notre pays », déplorait le Syndicat national de l’éducation physique (SNEP) dans une pétition. Il précisait : « Les dispositifs gouvernementaux (deux heures en collège, activité quotidienne de trente minutes en primaire) ne sont pas à la hauteur des enjeux et concernent une minorité d’élèves. » Les enseignants réclament quatre heures hebdomadaires d’EPS à tous les niveaux — contre deux heures aujourd’hui en lycée — et un plan d’investissement dans les équipements sportifs. « Je vais me faire des ennemis, mais on n’est pas du tout un pays de sport », résumait avec amertume le nageur Florent Manaudou.    Un collectif de promotion de l’EPS en Seine-Saint-Denis remarque que les professeurs ne reçoivent pas « les moyens nécessaires de la part de l’ État pour respecter les lois de la République en matière de pratique sportive  ». Dans le département du Stade de France, où professeurs et parents d’élèves se sont mobilisés ce printemps en réclamant un « plan d’urgence pour l’éducation », le nombre d’installations sportives ne représente que le tiers de la moyenne nationale, avec une ancienneté globale de plus de quarante ans. Près de 40 % des élèves entrant en sixième ne savent pas nager. Les clubs refusent les adhérents, faute de place. Le collectif demande que pour chaque euro dépensé pour les Jeux, autant soit affecté au développement de l’EPS…    Le « ruissellement » du sport d’élite ne peut opérer pour des raisons aujourd’hui bien identifiées. Le spectacle sportif professionnel célèbre le culte du corps, de la victoire. Il encourage les cadences infernales, minimise des blessures chroniques, voire le dopage. Autant d’ingrédients incompatibles avec la dimension ludique et collective sur laquelle repose le sport de masse. Pour devenir olympiques, nombre de disciplines, comme récemment l’escalade ou le ski-alpinisme, renoncent à ce qui fait leur originalité : l’amusement, la confrontation avec les éléments, l’inconnu, les aléas. A contrario, les Jeux imposent un cadre repoussant : « Obligation d’un environnement artificiel et standardisé, culture de l’antagonisme, de l’automatisme et de l’individualisme  ».  « Le premier pas vers l’activité physique consiste à prendre conscience de la force d’attraction sédentaire », notent deux scientifiques qui ont étudié les racines profondes et physiologiques de l’inactivité (12). Trop d’inconfort, de douleur, de domination, d’échecs sont associés au « sport-spectacle ». « En revanche, concluent-ils, si faire de l’activité physique s’accompagne de plaisir, de bien-être, voire d’un sentiment de fierté, alors notre cerveau va au contraire chercher à renforcer l’engagement dans cette activité. Ces émotions positives vécues lors de nos séances d’activité physique vont aider à contrebalancer notre tendance spontanée à minimiser les efforts. » Ces émois seront d’autant plus positifs et durables dans un univers calme, non marchand, dépaysant, a fortiori en pleine nature..."  [Philippe Descamps. Merci à Médiapart]  _ Souligné par moi.]  
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dimanche 12 mai 2024

Les bons comptes

 Font la bonne justice sociale

                 L'actionnariat en lui-même n'est pas en cause. C'est ses rapports vertigineux actuels qui posent problème...

                 Une économie de rente s'installe et de super-profits pour les managers. ..Actionnaires, qui ne sont pas ou peu des particuliers. ... Près de la moitié de ces dividendes partent vers l'étranger. 55% seulement restent en effet en France, tandis que 20% prennent la direction de la zone euro et 16% celle des Etats-Unis. En France, les particuliers ne détiennent finalement que 9% de CAC40 et leur part a été divisée par quatre en trente ans. Ce sont des sociétés d'investissement ou des fonds de pension qui possèdent la quasi-totalité des entreprises cotées.Ce sont les actionnaires qui font la loi, impulsant ainsi des tendances plus spéculatives que productives. Le rendement à court terme est privilégié par rapport à l'investissement à long terme, ce qui est un facteur de risques et de crises

                                                            __________________

Billet dominical

__  Enfin!

__ Miracle...

__ Surchauffe

__ Alternative                 

__ La vache!                                 

__ Indochine

__ Illectronisme             

__ Médiatisation

__ Renoncement

__ Dernière chance?

__ Soutien symbolique

__ Un peu de raison

__ Ukraine et Europe

__ Made in Germany?

__ Inquiétante frénésie

__ Voitures dangereuses

__  Journalistes à Gaza

__ Exportations japonaises

__ Portugal au tournant?

__ Darwinisme en question

                               ___  Revue de presse __________________

samedi 11 mai 2024

Mieux vaut être vigilant!

  Le hameçonnage prend des formes variées...

                           Les bons clics.

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Surveillance de masse

Le rêve des régimes totalitaires ...

                            Ou des démocraties qui glissent vers la tentation d'un contrôle toujours renforcé. Ce n'est pas nouveau, mais les moyens on changé, se rendant plus discrets et plus efficaces. Pas seulement en Chine où l'on connaît la généralisation du contrôle facial, obligeant les individus à s'autocensurer en permanence, du moins dans les sphères publiques. Mais l'exemple chinois est en passe d'être suivi, même si c'est de manière plus discrète et détournée. Aux USA, par exemple. une tendance inquiétante se manifeste en se sens, malgré des résistances et une législation qui pourrait changer:   '"..La section 702 permet aux agences américaines d’espionner les non-citoyens se trouvant en dehors du pays, mais les communications des Américains – y compris les activistes, les journalistes et les législateurs – ont souvent été englobées dans l’autorité de surveillance..."              Aucune démocratie ou se prétendant telle n'est à l'abri du risque de se doter de moyens plus ou moins sophistiqués de surveiller, plus ou moins efficacement son peuple ou certaines sources sensibles pour le pouvoir en place. La numérisation galopante risque de devenir assez vite un tremplin plus facile pour y accéder. La vigilance de la CNIL s'impose plus que jamais, malgré ses failles ainsi que surtout celle de tous les citoyens. Ce n'est pas un mythe. Et on sait que  «Plus on est habitué à être observé, moins on est sensible aux atteintes à la vie privée» (A.Rouvroy)


                                                                                                                                                                   Il est des métiers ou des fonctions sont  plus sensibles à la surveillance que d'autres. Des programmes comme Prism, géré par la NASA, peuvent passer par nos téléphones portables à notre insu. Il est facile de mettre le doigt dans l'engrenage...surtout quand le sentiment d'insécurité nous envahit, relayé par des medias parfois voués à le diffuser.Aucun pays n'est à l'abri de dérapages. Il n'y a pas que de la fiction...__________