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vendredi 21 mars 2014

Bricoleuse évolution

Rien n'est simple..
                             dans le domaine des connaissances sur l'évolution..
   Tout se complique même en paléontologie.
                                  Les chercheurs ont la particularité de remettre en question certaines données déjà établies, de bousculer des connaissances que l'on croyait solides, de créer des révolutions dans les certitudes acquises. Il en est ainsi dans toutes les domaines des sciences.
   Ils n'en finissent pas d'éliminer les obstacles épistémologiques, pour être conformes aux faits nouveaux rencontrés, aux interrogations inédites qu'ils posent.
   Le plus souvent, c'est à l'occasion de fouilles programmées ou fortuites que de nouveaux faits interrogent l'esprit du paléontologue, comme lors de la découverte de Lucy.
Au début...
  Parfois, c'est un cadre  explicatif nouveau qui s'impose, à la lumière d'une série de faits prenant ainsi une nouvelle cohérence. Un nouvel éclairage sur le sens de l'évolution se fait jour, remettant en question certains clichés tenaces.
          C'est ainsi que  Jean-Sébastien Steyer contribue à fournir une nouvelle grille de lecture, contrintuitive, allant à rebours de nos modes de pensée en la matière.
   Il souligne, plus que d'autres avant lui, le rôle fondamental que tient le hasard dans l'aventure des espèces dans le temps long. Il n'est pas le premier à le faire. Un hasard qui ne signifie pas une absence de causes, mais qui qualifie une absence de plan préétabli, d'orientation privilégiée, de trajectoire finalisée.
  Dans l'esprit de Lucrèce, Spinoza, Diderot, après S Jay Gould notamment, il approfondit cette notion de hasard, quitte à bousculer nos habitudes mentales, souvent anthropomorphiques.
     "Nous sommes les glorieux accidents d'un processus imprédictible ne témoignant d'aucune tendance à une plus grande complexité, et non le résultat prévisible de principes évolutifs destinés à produire une créature capable de comprendre les mécanismes de sa propre création." (SJ Gould)
  Rude choc narcissique!
            Les fondamentaux darwiniens demeurent, mais ils s'affinent.
     Contre tout finalisme, surtout de nature religieuse, il conteste la notion familière d'adaptation, souvent évoquée dans l'observation de changements profonds dans le temps et de la fascinante biodiversité. Ce qui permet de mieux intégrer des phénomènes semblant sortir des cadres ordinaires, jugés parfois déroutants.
                                                         "...Concevoir l’évolution comme une augmentation de la complexité, c’est encore une fois lui donner un sens… Or l’évolution est un phénomène stochastique et foisonnant qui part dans toutes les directions. L’argument souvent avancé est alors « Oui mais regardez le cerveau humain et l’évolution de l’homme ; ne sommes-nous pas plus complexes que les autres espèces ? » En bons primates égocentriques, nous percevons l’évolution comme une augmentation de la complexité car nous trônons sur notre branche. Or dans l’arbre de la vie, aucune espèce n’est plus complexe ni plus évoluée qu’une autre, mais toutes sont différentes.
Cette idée de complexité hiérarchise non plus les espèces elles-mêmes, mais les caractères les définissant : ainsi le fait de posséder un cerveau devient plus important que celui de posséder un œil ou un rein… Vu sous cet angle, il est alors facile de démonter l’argument en orientant le projecteur sur d’autres caractères : le crâne des hominidés est par exemple beaucoup plus simple que celui d’un vulgaire poisson car il contient beaucoup moins d’os !
               Il faut reconsidérer l’importance du hasard dans l’évolution et se détacher du contexte finaliste et adaptationniste. Je m’explique : l’évolution consiste en l’apparition de nouvelles formes éventuellement retenues par la sélection naturelle si elles remplissent des fonctions avantageuses permettant la survie et/ou la propagation de l’espèce. Comme les mutations produisent une infinité de formes, l’évolution est donc un joyeux bricolage ! Hélas l’œil humain agit encore une fois comme un prisme : l’organe une fois identifié, il est tentant en effet de le considérer comme un produit fini ayant été sélectionné pour quelque chose. C’est le problème de l’adaptationnisme qui, comme son nom l’indique, ne conçoit souvent que l’adaptation comme unique moteur de l’évolution…
Or en paléontologie, nous identifions de plus en plus d’exaptations, c’est-à-dire des fonctions non-implicites pourtant retenues par la sélection naturelle : ainsi les plumes ne sont pas apparues pour le vol mais elles permettaient aux dinosaures de maintenir leur chaleur corporelle...
        L’esprit humain, féru de causalité, a trop tendance à associer des phénomènes pourtant sans lien direct entre eux. Ainsi nous pensions que l’extinction des dinosaures non aviens, à la fin du Crétacé, avait permis aux mammifères de se développer et de connaître ce que l’on appelle une « radiation évolutive ». Mais ce scénario s’avère encore une foi trop simpliste : certes, il y a 66 millions d’années, la disparition des dinosaures non aviens a laissé des niches écologiques vacantes pour les mammifères, mais ces derniers étaient déjà là ! Les fossiles en attestent : beaucoup de représentants de groupes actuels (marsupiaux mais aussi placentaires) étaient déjà présents à la fin du Crétacé. La radiation des mammifères – même si la plupart n’avaient ni la taille ni la forme de leurs cousins actuels – a donc eu lieu avant la fin tragique des dinosaures non aviens. Nous surestimions donc l’effet de la crise Crétacé-Tertiaire car nous n’avions pas assez de données.
Notre œil nouveau est aussi aiguisé par des découvertes qui bouleversent l’ordre établi, comme ce mammifère fossile de la taille d’un gros chat, découvert en Chine et présentant un petit dinosaure dans son estomac ! S’il est une science de l’évolution en pleine évolution, c’est bien la paléontologie..."
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jeudi 26 novembre 2009

Bon anniversaire Darwin!

La théorie s'affine, les fondamentaux demeurent

Le débat reste ouvert. Le vivant, dans son hypercomplexité, reste problématique...


Darwin 2009 » Deux anniversaires pour fêter l’évolution

-Le 24 novembre 1859, il y a cent cinquante ans jour pour jour, Charles Darwin publiait son livre « L'Origine des espèces par la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie ». La date marquait la naissance d'une conception révolutionnaire de l'histoire de la vie, une grande aventure qui a encore de beaux jours devant elle."

- Quand les poules avaient des dents...
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-
150 ans après, la théorie de l'évolution est en pleine évolution:
-"L'évolution de la vie est désormais un fait avéré, accepté partout où des principes religieux ou philosophiques n'empêchent pas son évidence de s'imposer.La question suivante est : comment la vie évolue-t-elle ?Quels mécanismes concrets, biologiques et chimiques, font que les espèces vivantes se succèdent, apparaissent et disparaissent, remplacées par d'autres ? C'est aujourd'hui la question centrale pour l'ensemble des spécialistes, toujours empêtrés dans les mystères de la vie et de son histoire.Concernant la seule génétique, qui n'est qu'une partie des mécanismes en question, tout le monde est d'accord pour dire que ce sont les mutations qui alimentent le moteur de l'évolution.Une mutation génétique entraine parfois une modification des caractéristiques d'un être vivant ; cette modification peut se révéler, dans un environnement donné, avantageuse en ce sens qu'elle offre à son porteur de meilleures chances de survie et/ou de faire des petits.
Evoluer, c'est transmettre ses mutationsPar transmission héréditaire, la mutation se propage dans la nombreuse descendance de son propriétaire. En entassant ainsi les mutations sur des centaines ou des milliers d'années, une population peut devenir si différente des voisines que ses membres ne peuvent plus se reproduire qu'entre eux. Et c'est une nouvelle espèce qui voit le jour.____Voilà comment l'évolution génétique est censée se dérouler. Mais ces mutations touchent-elles toutes les parties de l'ADN, ou seulement certaines régions ? Ont-elles lieu à la même vitesse aujourd'hui qu'au Moyen Age, sous Jules César ou quand les T-Rex croquaient de la volaille au petit déjeuner ?__Et elles ne peuvent pas être toutes avantageuses, si ? Il y en bien qui aboutissent à des aberrations plutôt handicapantes ! Une mouche avec des ailes à la place des pattes et inversement, ça doit voler beaucoup moins bien… Et si, finalement, la plupart des mutations n'avaient aucun effet ?______Beaucoup de théories, peu de certitudes:Sur toutes ces questions, les chercheurs n'ont pas de réponse définitive, rigoureuse et qui marche à tous les coups. Car le monde vivant, constitué de cas toujours particuliers, se prête peu aux grandes lois générales.Dans le cas de la vitesse des mutations, par exemple, Charles Darwin pensait que les variations apparaissaient de façon continue, régulière, un petit peu à chaque génération. De nombreux chercheurs le pensent encore.D'autres croient que de longues périodes de calme sont parsemées de courts instants -un instant, à l'échelle géologique, peut durer 5 millions d'années- où la génétique s'affole et essaime du mutant à tout va, ou au contraire un événement catastrophique conduit à de grandes extinctions d'espèces et de variété. C'est la théorie des équilibres ponctués, proposée en 1972 par Stephen Jay Gould et Niels Eldredge.Sur l'effet des mutations, les uns optent pour des conséquences bénéfiques nombreuses ; les autres, comme Motoo Kimura et sa théorie neutraliste de l'évolution, suggèrent que la plupart des mutations n'ont qu'un effet très limité.Le sujet reste, aujourd'hui encore, un des thèmes majeurs de la recherche scientifique. Des milliers de chercheurs s'en passionnent, et bien des questions demeurent irrésolues. Pour encore pas mal de temps a priori, car faire des expériences sur l'évolution, c'est un peu plus compliqué que de trouver la tour Eiffel quand on est sur le Champ-de-Mars.Pourquoi ? Parce que l'évolution est un processus lent qui ne devient souvent visible qu'après des dizaines voire des centaines de générations. Donc, pour l'observer, il faut du temps.
L'évolution est là et on le prouve Mais on peut ! Un cas exemplaire fut relevé au XIXe siècle dans les forêts anglaises, où les troncs de bouleaux passèrent du clair au sombre à cause des poussières noires rejetées par les cheminées de la révolution industrielle. Or ces troncs servent de reposoir à des papillons appelés phalènes du bouleau.Aux ailes claires elles aussi, question de camouflage. Mais quand la suie s'abattit sur les arbres, les papillons passèrent à leur tour du blanc au noir. Probable que le caractère « ailes sombres », assez encombrant sur tronc clair, devint subitement mieux coté en Bourse.Un autre exemple, plus récent, a été publié ce mois-ci dans le magazine scientifique Pnas. Un couple d'ornithologues américains, Mr et Mme Grant, a passé sa carrière à étudier les pinsons des îles Galapagos, appelés pinsons de Darwin .
...
Autre exemple, toujours daté de ce mois de novembre et publié dans le magazine Nature. Cette fois, une expérience menée sur des bactéries et qui dura… près de vingt ans. Vingt ans au cours desquels des chercheurs ont forcé des bactéries à survivre dans un environnement pauvre en glucose, leur principale source de nourriture.____Ils ont analysé, au bout de 2 000, 5 000, 10 000, 15 000, 20 000 puis 40 000 générations, les mutations génétiques qui avaient eu lieu et les améliorations en terme d'adaptation : la bestiole est-elle plus capable de vivre avec peu de glucose que son ancêtre ?____Résultat : entre les générations 1 et 20 000, on observe une hausse régulière du nombre de mutations (45 au total), mais une hausse irrégulière de l'adaptation. Les bactéries s'acclimatent très vite au départ, puis les améliorations sont de moins en moins spectaculaires.____Le gros du travail d'évolution se fait donc dès le début. Logique : il faut s'adapter rapidement pour ne pas disparaître !_________Pourquoi les bactéries continuent-elles à muter ? Mais on s'attendrait alors à ce que les mutations suivent le même rythme. Beaucoup au début, puis de moins en moins. Pas besoin de s'embêter à fabriquer de la mutation à la même allure pour finalement gagner des cacahuètes._____Alors pourquoi observe-t-on ici une hausse constante des mutations ? Aucune idée. Le phénomène ne s'accorde avec aucune des théories en cours.Une explication pourrait être que ces nouvelles mutations sont « neutres », sans effet, mais qu'elles apparaissent toujours car elles ne coûtent pas grand-chose. Raté : tout prouve qu'elles ne sont pas neutres. Elles se maintiennent au fil des générations, et chacune d'entre elles apporte un réel avantage à la bactérie.______Plus étrange encore, ce sont toujours les mêmes gènes qui sont mutés, même lors d'expériences où les bactéries étaient placées dans des conditions de sélection totalement différentes !Avec un tel sac de nœuds, si vous vous sentez perdu, ne craignez rien : les chercheurs eux-mêmes en sont encore à se creuser la tête. Aucune explication satisfaisante n'a pu être apportée sur l'ensemble des phénomènes observés.________Une mutation peut en cacher 600 autres:La suite est presque aussi rigolote. Entre les générations 20 000 et 40 000, une véritable explosion de mutations a eu lieu. De 45 mutations, on passe à 650 ! Et tout ça à cause d'une seule petite mutation, apparemment inoffensive mais touchant un gène permettant de… réparer les mutations.Un mécanisme corrige les erreurs, mutez un gène impliqué dans le mécanisme et les erreurs ne sont plus corrigées. D'une seule pichenette à peine détectable, c'est l'ensemble du système qui se dérègle et les mutations battent des records.Les variations génétiques apparaissent toujours au même rythme ? Non. Ont-elles toutes les mêmes conséquences ? Non. Touchent-elles l'ensemble de l'ADN avec la même probabilité ? Non.Tout est donc si compliqué qu'on a encore un sacré bout de chemin avant de comprendre précisément comment la vie évolue ? Oui. On a du pain sur la planche.Le 24 novembre 1859, il y a cent cinquante ans jour pour jour, Charles Darwin publiait son livre « L'Origine des espèces par la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie ». La date marquait la naissance d'une conception révolutionnaire de l'histoire de la vie, une grande aventure qui a encore de beaux jours devant elle." ______ (_A lire__)
-Le problème se complique:
Ardi, plus vieille que Lucy, éclaire les origines de l'Homme (une découverte capitale)
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__Institut Charles Darwin International_
_______CRNS- SagaScience - Evolution
___L'Agora: Charles Darwin_

-150ème anniversaire de la publication de l’Origine des espèces

-Être vivant sur Terre - AgoraVox

-Le rival de Darwin ? - AgoraVox

-La classification phylogénétique du vivant
-Remarquable documentaire de France 5 sur l'évolution du vivant
_ESPECES D'ESPECES - wiki.france5.fr
-Evolutionnisme : la bestiole qui défie Darwin - AgoraVox
-En finir avec l'Intelligent Design
_______________
-Etrangetés de la nature ?
-Créationnisme : inquiétant retour
-Classer le vivant ?

mardi 18 novembre 2008

Créationnisme : offensive européenne


Le créationnisme est un concept créé aux USA par des fondamentalistes religieux qui voudraient voir la Bible prendre place au cœur de l’enseignement. Plusieurs étapes ont jalonné son histoire, avec des procès retentissants. Actuellement, le créationnisme revêt un caractère discret et dangereux. Sous couvert d’ouverture d’esprit, d’œcuménisme, des institutions comme l’UIP diffusent jusque dans les sciences une spiritualité pernicieuse. Des scientifiques comme Dambricourt prêchent un moteur interne au vivant en lieu et place d’évolution. Un concept de dessein intelligent a émergé récemment, acceptant le fait évolutif « encadré » par un programme, manière détournée d’imposer une entité architecte de notre avenir. Les méthodes du créationnisme s’affinent, jouent sur les ambiguïtés et sur le langage, et avancent sans heurt majeur, avec l’aval du président Bush aux USA. ( AFIS)
[..."Pennsylvanie, Kansas, Georgie…, la liste s’allonge des Etats où les professeurs de biologie ont dû céder
devant la pression des parents d’élèves le plus souvent en s’autocensurant et ne prononçant plus
le mot d’évolution pour ne pas devoir enseigner conjointement la doctrine de l’intelligent design.
C’est au point que Bruce Alberts, Président de l’Académie des Sciences des Etats-Unis, s’alarma publiquement
le 4 mars 2005 de ce que « l’un des fondements de la science moderne est actuellement
négligé, voire même banni, des cours de science » D.Lecourt]
-Ronald Reagan déclarait en mars 1981 :
« l’évolutionnisme est seulement une théoriescientifique, une théorie que la communauté scientifique ne croit plu saussi infaillible qu’on l’a cru autrefois. En tout cas, si l’on se décide à l’enseigner dans les écoles, je pense qu’on devrait aussi enseigne le récit biblique de la Création », le gouverneur Georges W. Bush, alorsc andidat républicain à la Présidence, se déclarait en août 1999, favorable à ce qu’on enseigne« différentes manières d’expliquer la formation du monde ».

Le créationnisme étend son influence en Europe:

"...L'attaque la plus frontale date de début 2007. Dans de nombreux pays d'Europe, lycées, collèges et universités reçoivent sans l'avoir demandé un luxueux ouvrage illustré, L'Atlas de la création. Edité et imprimé en Turquie, il prétend démontrer que l'évolution n'est pas une doctrine scientifique mais de la propagande antireligieuse. Son auteur, Harun Yahya - de son vrai nom Adnan Oktar -, dirige une organisation au financement obscur, dont le principal objectif est de promouvoir le Coran.

"LE DESSEIN INTELLIGENT""La diffusion de cet ouvrage a fait prendre conscience de l'existence d'un créationnisme musulman, jusque-là relativement ignoré en Occident", souligne Olivier Brosseau, docteur en biologie et coauteur d'un excellent petit livre sur Les Créationnismes (Ed. Syllepse). Egalement diffusé en Asie et au Moyen-Orient, ce discours extrémiste n'a toutefois exercé en Europe et aux Etats-Unis qu'une influence limitée. Il en va tout autrement du concept de "dessein intelligent" (intelligent design, ou ID) : le dernier avatar du créationnisme américain, qui, depuis les années 1990, ne cesse d'étendre son influence dans les sociétés occidentales. Sa thèse centrale ? La vie est trop complexe pour être issue d'un processus non dirigé tel que la sélection naturelle. L'évolution des espèces est admise, mais elle ne peut qu'être l'oeuvre d'un concepteur d'ordre supérieur.--Comme les autres, cette théologie naturelle modernisée s'attaque à l'enseignement. Par sa façade pseudo-scientifique (nombre de ses promoteurs sont des universitaires établis), elle ne cesse de marquer des points. En Italie, Letizia Moratti, ministre de l'éducation à l'époque, signe en février 2004 un décret excluant l'enseignement de l'évolution au collège (mesure annulée en 2005 après avoir déclenché une fronde dans la communauté scientifique). Au Royaume-Uni, selon un sondage réalisé en janvier 2006 par la BBC, plus de 40 % des personnes interrogées souhaitent que le créationnisme soit enseigné en cours de science.La même année, en Allemagne, la chaîne Arte révèle que deux écoles du Land de Hesse, l'une privée et l'autre publique, enseignent le créationnisme en cours de biologie. Pays-Bas, Pologne, Russie, Suède : un peu partout, les exemples se multiplient. Au point que le Conseil de l'Europe, en juin 2007, sonne l'alarme, dans un rapport sur "Les dangers du créationnisme dans l'éducation". Quatre mois plus tard, une résolution est adoptée, par laquelle l'institution invite ses 47 membres "à s'opposer fermement à l'enseignement du créationnisme en tant que discipline scientifique". Ce qui n'empêche pas de constater dans plusieurs pays d'Europe, de la part de jeunes étudiants, une opposition de plus en plus marquée à l'enseignement de l'évolution.

UN ENJEU DE SOCIÉTÉ_"Cette influence croissante des idées créationnistes ne serait pas si grave si elle n'avait pas de répercussions politiques, remarque Olivier Boisseau. Mais dès lors qu'on fait accepter, d'une façon prétendument scientifique, l'existence d'un concepteur à l'origine du monde, il devient facile d'appuyer des positions législatives très conservatrices, et de faire admettre certains comportements - l'homosexualité, la contraception, l'avortement - comme déviants." Sous ses aspects théoriques, le créationnisme constitue bel et bien un enjeu de société. Et plus encore lorsque celle-ci est en mal de repères. Car les tenants du "dessein intelligent" profitent avant tout d'une confusion des légitimités."La théorie de l'ID constitue un article de foi. Or, il n'appartient pas à la science de conforter ou de réfuter un article de foi : ce n'est pas de son ressort", souligne le philosophe Dominique Lecourt. Que faire, dès lors, pour remettre les pendules à l'heure ? Enseigner en quoi la pensée scientifique se distingue radicalement d'une opinion ou d'une conviction personnelle. Mais aussi, suggère le théologien Jacques Arnould, "exiger de ceux dont les propos relèvent de la croyance ou des religions qu'ils expliquent leurs méthodes et pas seulement leur contenu".(Catherine Vincent)

-Créationnisme : inquiétant retour
-Créationnisme
-Les dangers du créationnisme dans l’éducation
-Le créationnisme à visage découvert
-Offensive du créationnisme islamique en France
-Créationnisme - La Bible - La Genese - Dieu - Hominidé
-Lucy et l'obscurantisme
-La création en 6 jours de 24 heures ?
-Dessein intelligent - Recherche Google

dimanche 14 février 2010

Année Darwin (suite)

Bon anniversaire Darwin!

-Pourquoi le créationnisme renaît-il sous de nouvelles formes?
Crises de civilisation, de la pensée et des valeurs?...
-D'où vient le besoin de croire ?

La révolution darwinienne n'est pas terminée

La théorie darwinienne de l’évolution dérange toujours les créationnismes:
"Le monde d’hier, bien qu’animé des mêmes lois physiques et chimiques que celles d’aujourd’hui, était différent dans ses formes, qu’il s’agisse des continents ou des espèces.
Ce n’est pas parce que nos sens nous montrent un monde stable que celui-ci ne change pas. Sa vitesse de changement peut tout simplement nous être imperceptible. «
De mémoire de rose, il n’y a qu’un jardinier au monde », nous écrivit un jour malicieusement Fontenelle (1657-1757). De mémoire de rose on n’a jamais vu mourir un jardinier, nous rappelait Diderot (1713-1784).
L’évolution biologique est contre-intuitive d’abord parce qu’elle constitue un fait d’une ampleur et d’une portée hors de nos sens, et sur des durées pour nous inconcevables. À quelques exceptions près, la règle générale est qu’à petit changement, petite durée ; grand changement, grande durée. Soit le changement d’une espèce dans un temps qui nous est concevable est imperceptible à nos sens, soit des changements peuvent paraître spectaculaires à nos yeux entre une forme ancienne et une forme descendante récente mais alors ces formes sont séparées par des durées inconcevables. Et malheureusement, ceux des êtres vivants qui évoluent vite, produisant de grands changements dans de petites durées, échappent à nos capacités visuelles…
Lorsqu’un virus, une bactérie ou un insecte ravageur s’adapte en quelques années aux contraintes que nous leur imposons, il s’agit d’êtres que nous ne pouvons voir de nos yeux ou bien d’êtres que nous ne croisons pas dans la vie courante. Et même si nous pouvions les voir… il faudrait avoir de la constance dans l’observation. Car l’évolution biologique est un phénomène
populationnel. Il ne faut pas s’attendre à voir de ses yeux un individu muter spontanément à un moment donné de sa vie. Son constat est une affaire de fréquences dans des populations.
L’évolution biologique reste donc, le plus souvent, imperceptible à nos pauvres sens humains et c’est peut-être ce qui permet si facilement à tant de forces sociales extra-scientifiques de la nier. Cependant, cette explication est loin d’épuiser tous les déterminants de ces négations, nous y reviendrons. La dimension populationnelle du phénomène évolutif, son imperceptibilité, les efforts d’abstraction qu’il requiert, la place prépondérante du hasard, son incompatibilité avec notre essentialisme (nous serions par essence différents des autres espèces), notre anthropocentrisme, notre notion de destinée, si spontanés, sont autant d’obstacles à sa compréhension. Plus il y a d’obstacles culturels et plus il est nécessaire de traiter d’épistémologie, c’est-à-dire de mécanique de la démarche scientifique, lorsque l’on combat les récupérations idéologiques et religieuses des sciences....
Quelle que soit l’ampleur des changements et quelle que soit l’intensité des contraintes architecturales et fonctionnelles internes, la multitude de facteurs intriqués en jeu est telle qu’il est impossible, sur le plan théorique, de donner une priorité absolue aux forces stabilisatrices. En d’autres termes, le milieu, lui-même imprévisible sur le long terme, rend, via la sélection naturelle, le devenir d’une espèce imprévisible et rend du même coup caduque toute notion de « destinée ».
Rien n’est écrit dans le marbre et l’on a coutume de dire, après S.J. Gould (1941-2002), que si nous revenions à un point antérieur quelconque du film de la vie, la probabilité pour que la série d’événements se déroulant sous nos yeux à partir de ce point soit exactement la même est infiniment faible. La notion même de destinée est incompatible avec tout processus historique, processus évolutif compris.

C’est l’une des difficultés psychologiques les plus difficiles à surmonter lorsque l’on tente de faire comprendre le processus évolutif à un public qui confond encore le discours sur les faits naturels et le discours sur les valeurs. En effet, tandis que l’absence de « but » et de « destinée » dans l’explication scientifique d’un phénomène naturel ne relève que de l’amoralité de la démarche scientifique et de sa neutralité métaphysique, le discours scientifique injustement transposé comme discours moral et/ou métaphysique rend pour nos semblables ces absences de but et de destinée désespérantes, intolérables, immorales.
Bien entendu, ce n’est pas la théorie de l’évolution qu’il faut récuser dans ce cas mais
la confusion entre le discours scientifique sur les faits, méthodologiquement défini et limité, et le discours sur les valeurs qui relève de processus d’élaboration très différents. Il faut expliquer alors qu’il ne faut pas projeter nos réflexes psychologiques (buts, actions intentionnées) et nos espoirs (destinée) dans une explication scientifique de l’origine des espèces. La théorie de l’évolution n’incorpore ni transcendance, ni but, ni destinée, n’a pas à donner de « sens » à notre vie, ne défend ni ne préconise aucune valeur, aucune morale : ce n’est simplement pas le rôle d’une théorie scientifique...
____La volonté politique la plus manifeste est représentée par le mouvement américain de l’Intelligent Design. Suite aux revers juridiques des créationnistes « scientifiques » de la seconde moitié des années 1980, ceux-ci doivent à nouveau changer de stratégie. Dès le début des années 1990, P. Johnson, juriste, élabore la notion d’« Intelligent Design » (ID) à partir de la vieille analogie du théologien anglican William Paley et la présente comme théorie scientifique. La stratégie consiste à utiliser l’étiquette « science » pour atteindre des objectifs politiques et spirituels, objectifs clairement énoncés dans leur « Wedge Document » ... L’un de ces objectifs principaux est de faire passer une conception théologique pour de la science afin que celle-ci soit enseignée dans les écoles. Selon le « Discovery Institute » qui structure le mouvement, « la théorie du dessein intelligent affirme que certaines caractéristiques de l’univers et des êtres vivants sont expliquées au mieux par une cause intelligente, et non par un processus non dirigé telle la sélection naturelle ».
Le mouvement du « dessein intelligent » s’emploie donc à critiquer tout ce qui peut l’être dans la théorie darwinienne de l’évolution, et surtout ses ennemis de toujours : le matérialisme méthodologique inhérent à une approche seulement scientifique des origines du monde naturel, et le rôle de la contingence des facteurs de transformation des espèces au cours du temps. Pour tout schéma argumentatif, il ne s’agit que de la répétition, sous une forme retravaillée, de l’analogie finaliste du théologien anglican William Paley (1743-1805). Arguant que tout objet/artefact est intentionnellement façonné pour remplir une fonction, Paley et ses imitateurs d’aujourd’hui transposent ce principe dans la nature pour faire intervenir une intelligence conceptrice à l’origine de l’adéquation entre formes et fonctions naturelles et donc une intelligence à l’origine des êtres vivants. C’est la vieille analogie de la montre. Dans une montre, l’adéquation « parfaite » de la forme de chacune des pièces à la fonction qu’elle remplit et son agencement harmonieux avec les autres pièces remportent l’admiration et appellent à supposer que l’ensemble provient de la volonté d’un horloger présumé.
Dans la nature, le rayon de courbure du cristallin est tel que les rayons lumineux se focalisent précisément en un point de la rétine ; et la merveilleuse adéquation entre forme et fonction ne peut être, dans ce raisonnement analogique, plus efficacement expliquée que par l’hypothèse d’une intelligence conceptrice dès son origine. Les promoteurs modernes du dessein intelligent pensent que la science rénovée, incorporant les causes surnaturelles, doit chercher et dicter ce qui constituera une « éthique naturelle », une « morale naturelle », et que cette science-là sera en mesure de découvrir quels comportements transgressent les buts sous-jacents au dessein intelligent à l’origine de l’espèce humaine.
Ce serait donc à cette science de découvrir lesquels de nos comportements, nos mœurs, notre morale, sont voulus par Dieu. La fonction de
Think Tank conservateur prend alors toute sa signification : l’avortement et l’homosexualité transgressent l’Intelligent Design de Dieu, notamment par dévoiement des fonctions pour lesquelles nos formes avaient été initialement créées. En donnant une assise prétendument scientifique au « Bien » et au « Mal », le courant du « dessein intelligent » débouche donc sur une sorte de scientisme religieux et théocratique incompatible avec la laïcité. En décembre 2005, l’ID est clairement identifié au « procès de Dover » comme religion déguisée et non comme science, et son enseignement est déclaré anti-constitutionnel.
__S’il arrive à des scientifiques d’écrire contre les créationnismes, c’est que ces derniers tentent de s’introduire dans la démarche scientifique, miment les sciences, ou encore font dire aux sciences ce qu’elles n’ont pas à dire. Ces scientifiques ne font alors que leur devoir de citoyens."

-Theorie de l'evolution : j'accuse les creationnistes...
-L'armée créationniste de la nuit
-Evolution et créationnismes
-Cosmogonies et création dans diverses cultures

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-Bon anniversaire Darwin!
-Créationnisme : offensive européenne
-Créationnisme : inquiétant retour
-(Petite?) révolution dans l'évolution

jeudi 2 octobre 2014

Drôles d'oiseaux

  Et le dinosaure s'envola...   
                                         Quand les poules avaient des dents....
                           Il en est des oiseaux comme des hommes, espèce récente et remarquable, mais soumise comme les autres aux lois de l'évolution.
   Ils ne sont pas sortis tels quels de la cuisse de Jupiter ou de la main du Créateur.
   Il a fallu un temps considérable à la nature, inventive mais sans projet, pour élaborer, au cours d'une  bricoleuse évolution, les formes foisonnantes de vie dont nous sommes les témoins aujourd'hui, celles qui ont disparu, celles qui viendront après nous, espèce humaine vouée à se transformer et à disparaître aussi dans un futur indéterminé.. 
La vie, c'est l'évolution.
__________La grande famille des dinosaures laisse dans notre imagination une impression très forte.
Nous sommes encore  étonnés d'avoir appris que les oiseaux dérivent de certaines catégories de ce vaste groupe, comme nous fûmes.aussi surpris d'apprendre comment les pattes viennent aux serpents   (1)
        Nos croyances spontanées sont toujours mises à mal par les découvertes successives, toujours plus fines, venant à rebrousse-poil de nos intuitions premières.
 Toujours de nouvelles étapes sont franchies dans la connaisance.
       "...Une équipe de chercheurs emmenée par Steve Brusatte, de l'université d'Edimbourg (qui) vient d'établir l'arbre généalogique des dinosaures carnivores que sont les théropodes, plaçant ainsi les oiseaux sur la branche qui leur revient.
    L'étude, qui vient d'être publiée dans la revue Current Biology, montre que les différents traits anatomiques des oiseaux, comme les plumes, les ailes et le bréchet (os caractéristique présent chez la plupart des aviens), ont tous évolué petit à petit chez leurs ancêtres dinosaures, et sur une durée de dizaines de millions d'années. Au fil du temps, certains dinosaures ont donc pris de plus en plus de caractéristiques d'oiseaux. Selon ces scientifiques, une fois que toutes les "pièces" nécessaires pour former un oiseau ont été obtenues, une explosion évolutionnaire s'est produite, amenant un acroissement rapide de la vitesse à laquelle les oiseaux ont évolué, amenant ensuite aux milliers d'espèces que nous connaissons aujourd'hui.
Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé la composition anatomique de plus de 850 caractéristiques physiques de 150 espèces éteintes, examinant les liens évolutionnaires entre les anciens oiseaux et leurs plus proches parents dinosaures. Le résultat, obtenu grâce à des techniques d'analyse statistique, c'est un arbre généalogique détaillé de la famille, à commencer par le "grand ancêtre", la famille des tyrannosaures. Arbre sur lequel il est "très difficile de tracer une ligne entre dinosaures et oiseaux".
"Il n'y a pas un moment dans le temps où un dinosaure est devenu un oiseau, et il n'y a pas de chaînon manquant entre eux", affirme Steve Brusatte. "Ce que nous considérons comme le squelette d'oiseau classique a été construit graduellement, sur une période de dizaines de millions d'années. Une fois qu'il a été entièrement assemblé, il a dévérouillé le grand potentiel évolutionnaire qui a permis aux oiseaux d'évoluer à un rythme démultiplié"...
   ...Fusion, perte, réacquisition... l'évolution des os des ailes a donc connu bien des étapes avant d'en arriver au modèle actuel. L'approche interdisciplinaire va peut-être permettre de clore le débat sur le sujet, tout en apportant une meilleure compréhension sur l'évolution qui a mené des dinosaures aux oiseaux... (Merci à JP.Fritz)


L'arbre généalogique des dinosaures carnivores et des oiseaux (Stephen Brusatte)

samedi 4 avril 2020

Ces amis qui nous veulent du bien

Merci, les microbes!
              Ce qui suscite souvent la peur, parfois la hantise, à tel point qu'ils peuvent engendrer les pires terreurs, est rarement considéré de manière juste avec le recul médical, scientifique nécessaire. Surtout en ces temps de combat.

  Du point de vue de l'évolution, comme du fonctionnement de notre organisme, les microbes nous sont utiles, voire indispensables. Sans eux nous ne serions rien. Même si quelques uns nous jouent parfois de mauvais tours. Mais la vie résulte d'une équilibre de forces qui s'opposent à notre insu. Du point de vue organique et microbiologique, c'est la "guerre", comme le disait le vieil Héraclite, qui voit l'harmonie comme l'ajustement des contraires, un conflit permanent au coeur de tout vivant, sans lequel il ne serait pas ce qu'il est, le produit de l'évolution qu'il est devenu.
  Ils sont partout,           
_           Absolument partout. Et ils étaient là avant nous.
   Notre corps héberge dix fois plus de bactéries qu’il ne contient de cellules.
      On en parle souvent avec frayeur.
Si petits, si variés et si dangereux...dit-on

La peste
Pourtant tous n'apportent pas "la peste"...
On peut leur dire: merci les microbes!  Merci Pasteur!
   L'activité de nos amis intimes est indispensable à notre organisme.
    Sans microbes, nous ne serions rien...
Vivant leur vie de microbes, ils nous habitent, nous colonisent, alliés aux fonctions vitales.
  Nous sommes en symbiose avec nos microbes (comme, par exemple, dans la flore intestinale, dont on dit qu'elle pourrait même agir sur notre mental)
____Relations nécessaires, mais relations occasionnellement conflictuelles, parfois à cause de l'homme.
  Entre notre organisme et nos microbes, c'est toujours entre guerre et la paix...
"... Leur activité est indispensable à notre organisme. Il existe ainsi entre l’homme et les microbes une véritable symbiose dont les mécanismes complexes ne peuvent être décryptés qu’avec les moyens de la génétique moléculaire.
Mais ces bactéries provoquent aussi des maladies infectieuses et parasitaires : elles tuent environ quinze millions de personnes chaque année dans le monde. Pour mettre au point des traitements et des vaccins efficaces, il faut comprendre comment elles déjouent les défenses de notre organisme, il faut déchiffrer les règles de la guerre et de la paix entre les microbes et nous."
   Le compromis est la règle.

Les neutrophiles (en vert), les cellules qui défendent en première ligne l'organisme contre les intrus, engloutissent la bactérie Streptococcus pyogenes. Ce mécanislme s'appelle la phagocytose. Cette bactérie est à l'origine des angines rouges
   "Dès que les êtres vivants sont devenus multicellulaires, ils ont dû socialiser avec les microbes, premiers occupants de la planète, et établir avec eux un état de commensalisme, voire de symbiose. Les êtres multicellulaires modèles, comme le vers Caenorhabditis et la mouche Drosophila, ont un microbiote commensal – c’est le terme désormais utilisé pour définir la flore microbienne résidente – et sont sensibles à des pathogènes. Les systèmes gouvernant la gestion de cette interface, qui sont nés de l’adaptation de mécanismes parmi les plus fondamentaux du développement, ont été remarquablement conservés au cours de l’évolution, de l’insecte aux primates supérieurs. « Rien en biologie n’a de sens, sauf à la lumière de l’évolution », disait Theodosius Dobzhansky. La co-évolution homme-microbes ne s’est pas résumée à la reconnaissance et à l’éradication des pathogènes ; elle a aussi mené à la tolérance des microbiotes commensaux. La veille microbiologique de notre organisme est permanenteSi vis pacem, para bellum. C’est sous ce paradoxe que s’est forgé notre système immunitaire : « vaincre l’ignorance, apprendre la tolérance, ajuster la réponse à la gravité de la délinquance », c’est un défi sociétal que nous imposent les microbes..".
  Un combat incertain...
      L'art de la guerre...ne se résume pas à l'offensive...  
« Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l'ennemi sera victorieux une fois sur deux. Que dire de ceux qui ne se connaissent pas plus que leurs ennemis ? » (Sun-Tzu)
    Il faut savoir aussi pactiser avec l'ennemi...

       La compréhension de la complexité n'est généralement pas notre fort.
          C'est aujourd'hui la  "guerre" au niveau planétaire, mais il ne faut pas jeter tous les microbes avec l'eau du bain.
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mercredi 23 janvier 2013

La vie, c'est l'évolution

 " Rien n’a de sens en biologie, si ce n’est à la lumière de l’évolution " 
(Theodosius Dobzhansky)
« Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses » (JC Ameisen)

Quelques jalons pour une clé indispensable  
______________________________________On croit pouvoir se passer d'un regard sur le passé pour comprendre les divers phénomènes de la vie et on l'a fait pendant longtemps.
Mais soit on resté piégé dans un fixisme naïf, soit on se prive d'un recul permettant de mieux saisir la complexité et la plasticité de ce qui fait la vie autour de nous et en nous.
Les connaissances sur l'évolution, bien qu'encore très partielles, sont indispensables pour donner du sens au macroscopique comme au microscopique.
L'enseignement des notions biologiques devrait commencer par leur cadrage évolutif. Par exemple la sturcture du squelette humain ne s'explique que par le passage de la station quadrupédique à la station bipèdique, la respiration a une longue histoire, depuis son origine marine, la structure de l'oeil a connu bien des aventures. Que dire alors de l'homme dans son ensemble? de la mort elle-même?
Darwin, revu, complexifié  et corrigé nous permet de comprendre même les classifications des naturalistes (1)
L'évolution, ou ce que nous en comprenons pour l'instant, est  une aventure passionnante permettant d'expliquer même les étrangetés de la nature.
Cette aventure fournit encore tous les jours son lot de nouveautés et l'approche génétique ouvre des voies infinies.
Il est regrettable que les étudiants en biologie méconnaissent la théorie de l'évolution, elle-même  sacrifiée dans le secondaire.
_________________Malheureusement, le créationnisme et le fixisme, que sembleront toujours confirmer le sens commun, l'esprit non critique et ignorant, bougent encore. Ils reprennent même parfois de la vigueur.
Mais ceci est une autre histoire.. 
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La science ne délivre pas des idées toutes faites
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samedi 21 novembre 2020

Révolution dans l'évolution

 Bienvenue au club...en attendant les autres

         Il faut toujours s'attendre à être surpris, dans le domaine de l'anthropologie et surtout de l'anthropologie préhistorique. Une fois encore, le hasard aidant, une découverte importante a été faite, un nouveau chapitre a été ouvert dans les découvertes sur l'aventure compliquée de nos ascendants directs ou indirects. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises, cela est sûr. Nos vieux schémas n'ont pas finis d'être remis en cause.  C'est une succession de coups de vieux que prennent nos connaissances en la matière, à chaque découverte majeure.                                                                     Voici un nouvel arrivant dans notre grande et complexe famille, qui ne manque pas de nous rendre une nouvelle fois perplexes.

                  "   ...Par rapport aux autres hominidés, Homo luzonensis semble avoir emprunté des éléments à plusieurs espèces. Les analyses comparatives (grâce à l’imagerie et la morphométrie 3D), montrent que cette nouvelle espèce présente à la fois des éléments ou caractères très primitifs (de type australopithèques), et en même temps très modernes, semblables à notre propre espèce Homo sapiens.

Reconstitution 3D des fossiles découverts dans la grotte de Callao
et attribués à la nouvelle espèce Homo luzonensis. Photo : CNRS

Les dents, par exemple, sont proches de celles du genre Australopithecus : les prémolaires ont 2 ou 3 racines, contrairement à Homo sapiens qui limite le nombre à 2. La morphologie de l’émail et de la dentine sont, elles, plus proches d’Homo habilis et Homo erectus ou des australopithèques… C’est un vrai mélange de caractères qui n’existe dans aucune espèce d’hominidé identifiée à ce jour !..."

               Un puzzle à interpréter, dans cet isolat des Philippines. L'Asie du sud-est ouvre un nouveau champ d'observation dans le domaine pourtant assez récent de l'évolution humaine. Une mozaïque à déchiffrer.   Rien n'est simple dans la bricoleuse évolution.      Nous ne sommes pas certainement au bout de nos surprises ...  A quoi ressemblaient donc ces premiers humains ? « Leur visage n’était pas différent de celui de n’importe qui dans le métro », dit Jean-Jacques Hublin    ... Rien de plus normal. Bachelard nous l'avait signalé: c'est dans la nature de la connaissance scientifique de se remettre en question périodiquement, parfois fondamentalement, et de ne pas progresser de manière linéaire, mais vers une complexité toujours plus grande, déplaçant les questions précédentes et ouvrant d'autres horizons, parfois insoupçonnés jusque là. Une démarche de type dialectique.    L'aventure exploratoire continue, tant qu'il y aura des chercheurs.   Tout se complexifie au fur et à mesure.   Oui, il y a environ 300 000 ans, Homo sapiens  se baladait au Maroc, dans un contexte écologique et social qu'il reste à préciser. Voilà bien des schémas anciens dépassés et de nouvelles recherches en vue. De nouveaux bouleversement dans la connaissance de l'évolution de notre espèce et de ses avatars se profilent déjà. Ou plutôt dans la connaissance très fragmentaire que nous en avons.   Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.  L'aventure exploratoire continue, depuis les récentes ouvertures novatrices sur Néandertal.  La suite au prochain numéro...Le débat est ouvert, qui risque de durer._________________________


mercredi 4 mai 2016

Réhabiliter Maurice Allais?

Et si Allais n'avait pas eu tort?
                                           L'économiste qui nous a quitté il y a quelques années, à la pensés souvent complexe et technique, n'est pas d'un abord toujours  simple ni à l'abri de criques. Mais il fut aussi caricaturé et instrumentalisé.
     On retiendra surtout de lui sa critique de la pensée néolibérale et du Consensus de Washington, produits politiques et économiques de l'école de Hayek, de Friedman et de leurs disciples, notamment R. Reagan, M. Thatcher et de leurs épigones..
    Sa pensée commence, à la faveur d'une crise qu'il pronostiquait, à être considérée comme prémonitoire sur de nombreux points. Elle est en tous cas stimulante.
         Notamment concernant une certaine forme de mondialisation, menée notamment sous la houlette de l'OMC, qu'il lui semblait nécessaire de réformer..
     Naguère, certains, et non des moindres; finissaient par reconnaître la nécessité d' une mondialisation régulée.
   Car la libre concurrence, dans une mondialisation sauvage et sans principes, faisant une confiance aveugle aux marchés, est source de déséquilibres et de crises. (La Crise mondiale aujourd’hui)
     L’idéologie que j’appelle « libre-échangiste mondialiste » a déjà fait d’innombrables victimes dans le monde entier. Pour une raison simple, empiriquement vérifiée : la mondialisation généralisée des échanges, entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents, entraîne finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Or, cette mondialisation n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.
       Même à l'intérieur de l'Europe, la concurrence sans convergence ni cohérence, sans protections extérieures minimales, ouverte à tous les vents, favorable à toutes sortes de délocalisations, mène aux impasses que nous connaissons, mettant en péril une construction mal pensée.
       Maurice Allais s'est fait le critique sans concession de la politique économique menée à Bruxelles depuis des décennies et avance des arguments souvent proches du bon sens.
.       ..Ceux qui, à Bruxelles et ailleurs, au nom des prétendues nécessités d’un prétendu progrès, au nom d’un libéralisme mal compris, et au nom de l’Europe, veulent ouvrir l’Union Européenne à tous les vents d’une économie mondialiste dépourvue de tout cadre institutionnel réellement approprié et dominée par la loi de la jungle, et la laisser désarmée sans aucune protection raisonnable ; ceux qui, par là même, sont d’ores et déjà personnellement et directement responsables d’innombrables misères et de la perte de leur emploi par des millions de chômeurs, ne sont en réalité que les défenseurs d’une idéologie abusivement simplificatrice et destructrice, les hérauts d’une gigantesque mystification...
___ Les adversaires obstinés de tout protectionnisme, quel qu’il soit, commettent une seconde erreur : ne pas voir qu’une économie de marchés ne peut fonctionner correctementque dans un cadre institutionnel et politique qui en assure la stabilité et la régulation.   Comme l’économie mondiale est actuellement dépourvue de tout système réel de régulation et qu’elle se développe dans un cadre anarchique, l’ouverture mondialiste à tous vents des économies nationales ou des associations régionales est non seulement dépourvue de toute justification réelle, mais elle ne peut que les conduire à des difficultés majeures
  .__Le véritable fondement du protectionnisme, sa justification essentielle et sa nécessité, c’est la protection nécessaire contre les désordres et les difficultés de toutes sortes engendrées par l’absence de toute régulation réelle à l’échelle mondiale.__Il est tout à fait inexact de soutenir qu’une régulation appropriée puisse être réalisée par le fonctionnement des marchés tel qu’il se constate actuellement.__Si on considère, par exemple, le cas de l’agriculture communautaire européenne, l’alignement de ses prix sur des prix mondiaux qui peuvent rapidement varier de un à_ deux en raison d’une situation toujours instable n’a aucune justification....Depuis deux décennies une nouvelle doctrine s’est peu à peu imposée, la doctrine du libre-échange mondialiste impliquant la disparition de tout obstacle aux libres mouvements des marchandises, des services et des capitaux....Cette doctrine a été littéralement imposée aux gouvernements américains successifs, puis au monde entier, par les multinationales américaines, et à leur suite par les multinationales dans toutes les parties du monde, qui en fait détiennent partout en raison de leur considérable pouvoir financier et par personnes interposées la plus grande partie du pouvoir politique....La mondialisation, on ne saurait trop le souligner, ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits.... 
     Une mondialisation généralisée des échanges entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents aux cours des changes ne peut qu ’entraîner finalement partout dans les pays développés : chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Elle n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.  Une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, et elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés et de développement économique et social comparable. 
    Il est nécessaire de réviser sans délai les Traités fondateurs de l’Union Européenne, tout particulièrement quant à l’instauration indispensable d’une préférence communautaire. Il faut de toute nécessité remettre en cause et repenser les principes des politiques mondialistes mises en oeuvre par les institutions internationales, tout particulièrement par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Au regard de l’ensemble de l’évolution constatée de 1974 à 2004, soit pendant trente ans, on peut affirmer aujourd’hui que cette évolution se poursuivra si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est maintenue.    En fait, toutes les difficultés pratiquement insurmontables dans lesquelles nous nous débattons aujourd’hui résultent de la réduction d’au moins 30 % du Produit national brut réel par habitant d’aujourd’hui. La prospérité de quelques groupes très minoritaires ne doit pas nous masquer une évolution qui ne cesse de nous mener au désastre.  L’aveuglement de nos dirigeants politiques, de droite et de gauche, depuis 1974 est entièrement responsable de la situation dramatique où nous nous trouvons aujourd’hui.  Comme le soulignait autrefois Jacques Rueff : « Ce qui doit arriver arrive. »  Toute l’évolution qui s’est constatée depuis 1974 résulte de l’application inconsidérée et aveugle de l’Article 110 du Traité de Rome du 25 mars 1957 constamment repris dans tous les traités ultérieurs... 
         Pierre Mendes-France s'était lui-même montré, de manière presque prémonitoire, très critique  à l'égard du Traite de Rome le 18 janvier 1957, premier jalon d'un processus mal réfléchi.
     L'idée d'un protectionisme raisonnable  fait son chemin. Mais comment changer le poids des dogmes et le cours des choses? La prise de conscience de quelques uns est bien faible et bien tardive...
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