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jeudi 28 mars 2019

Les paradis, c'est fini...

Une antienne qui revient depuis des  années.
                                                        Il est très drôle M.Moscovici.
                                                                               Pour lui, « Que ça vous plaise ou pas, il n’y a pas de paradis fiscal dans l’UE, mais sans aucun doute des pays qui encouragent à l’excès l’optimisation fiscale. Caricature et réflexe pavlovien anti-européen ne suffisent pas à faire une vérité. » Une distinction fort subtile, mais qui, selon l’ancien ministre de l’économie et des finances devrait le dédouaner de toute accusation. Pour lui : mélanger « paradis fiscaux »et « pays qui encouragent à l’excès l’optimisation fiscale » serait une « caricature »contraire à la vérité.
   Il a dû être inspiré par son patron luxembourgeois, toujours de bon conseil.
    L'optimisation,  c'est vrai, c'est plus cool que l'évasion et cela se fait dans le règles plus ou moins claires des pays qui en stimulent la pratique., nous dit-on.
      Selon les études récentes et appréciées de Zucman et de bien d'autres, il y a d'importantes richesses cachées tout près de chez nous et l'Europe n'est pas blanche comme neige. Tant d'argent échappe à l'impôt, c'est à dire à la redistribution, entre autre.
        La fête continue, sous des formes diverses.
   Pas seulement aux Bahamas. Au moins quatre pays en Europe peuvent être caractérisés de paradis fiscaux...Il n'y a pas que les paradis exotiques.  La Hongrie n'est pas à l'écart, pas plus que la Belgique et bien d'autres....
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                       Sur quoi Pierre Moscovici s’appuie-t-il pour défendre cette subtile distinction ? Il faut revenir à son entretien sur RTL où il explique qu’un paradis fiscal est une juridiction « qui ne respecte pas les règles de bonne gouvernance internationale ». De ce strict point de vue, effectivement, le commissaire a raison : les pays de l’UE respectent tous ces règles. Mais cela pose alors immédiatement une autre question : qui décide de ces règles et sur quels critères ? En réalité, Pierre Moscovici considère que n’est un « paradis fiscal » que celui qui figure sur les listes de paradis fiscaux. Mais ces listes sont le fruit de compromis politiques qui nuisent très fortement à leur crédibilité. Ainsi, selon la définition de l’OCDE, il n’y a tout simplement plus de vrais paradis fiscaux « non coopératifs » dans le monde entier...
...Pierre Moscovici rejoindrait ainsi largement l’éditorialiste des Échos Dominique Seux qui, la semaine passée sur France Inter, où il tient chronique quotidienne, affirmait que critiquer les paradis fiscaux était une « forme de complotisme », car en réalité « il n’y a pas de trésor caché ». ...
Gabriel Zucman, économiste à l’université de Berkeley, a estimé dans son ouvrage La Richesse cachée des nations (éditions du Seuil), publié en 2017, que 7 900 milliards de dollars étaient placés dans les paradis fiscaux pour échapper aux fiscs nationaux. Dès lors, il semble nécessaire d’élargir la définition du paradis fiscal si l’on veut prendre en compte la « vérité », comme prétend le faire Pierre Moscovici....
      La réalité est plus simple que celle que présente Pierre Moscovici. Lorsque des capitaux quittent la France pour Jersey, ce n’est certainement pas pour que son propriétaire puisse profiter tranquillement des pubs de Saint-Hélier ou de la vue sur la Manche. C’est un flux visant à un seul but : échapper à l’impôt. Et peu importe que Jersey ne soit sur aucune liste. On n’y amène pas ses fonds pour jouir des perspectives économiques radieuses du bailliage anglo-normand, mais pour échapper au taux d’impôt national. « La première motivation qui pousse à transférer des fonds dans un paradis fiscal est d’échapper à l’impôt », rappelle heureusement Anne-Laure Delatte dans un article de L’Économie mondiale 2018 (éditions La Découverte). Que cela plaise ou non à Pierre Moscovici......


Pierre Moscovici aurait pu, par exemple, se souvenir des récentes affaires de blanchiment massif d'argent russe au Danemark, Suède, Allemagne et Estonie. Il aurait pu aussi se souvenir des Malta Files, publiées par Mediapart en 2017, et qui faisait la longue liste des pratiques douteuses de l’île méditerranéenne où, rappelons-le tout de même à notre commissaire, une journaliste, Daphne Caruana Galizia, a été assassinée pour avoir enquêté sur les réseaux de blanchiment dans ce pays. Mais pas de quoi voir là un quelconque « paradis fiscal » pour Pierre Moscovici.      Plus généralement, l’association Oxfam a retraité les critères de la liste noire de l’UE sur les pays membres et est parvenue à la conclusion que cinq d’entre eux (Luxembourg, Malte, Chypre, Irlande et Pays-Bas) n’en respectaient pas au moins un, ce qui les plaçait immédiatement sur la liste noire. On sait que Pierre Moscovici tentera de disqualifier le travail d’Oxfam (qu’il utilise pourtant par ailleurs sur son blog concernant les inégalités, une des conséquences de l’existence des paradis fiscaux, mais ce n’est qu’une des multiples contradictions de ce personnage), mais l’association a constitué une banque de données solide pour justifier ce résultat. De surcroît, un rapport du Parlement européen de mars 2019  a identifié sept paradis fiscaux dans l’UE (les cinq déjà cités, plus la Belgique et la Hongrie). Ce rapport a été adopté le 26 mars 2019 et se veut très sévère pour ces États membres. En clair : l’argutie juridique du commissaire ne repose sur rien d’autre que ses propres choix politiques. C’est un discours vide et refermé sur lui-même, loin des réalités. Que cela lui plaise ou non.....
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vendredi 9 octobre 2020

Jersey, j'aime

 Il fait bon vivre, dans cette petite île anglo-normande.

          Ce n'est pas le gigantisme  tapageur de  W.Sreet ou de la City, avec leurs méga-banques ayant pignon sur rue.    Là-bas, les capitaux peuvent fructifier à l'aise dans le micro-climat favorable de l'île. La tempête monétaire de 2008 a laissé inébranlables les établissements discrets où transitent des fonds presque sans fond, à l'identité mal définie, aux contours le plus souvent flous, pour ne pas dire opaques. Ce n'est pas non plus l'exotisme des îles Caïmans. Cela se rapprocherait plutôt du paisible Luxembourg et de sa clientèle d'un genre particulier. ou de Malte, où il fait bon vivre..                                                                     Il faut bien prononcer le mot, la fraude est devenu la spécialité de l'île, comme la banane au Costa-Rica. On la cultive avec amour... mais il y a quelques soucis dans l'air dans ce monde discret__"...Les archives « Jersey Offshore », contiennent plus de 350 000 pages de mémos, contrats, courriels et documents bancaires. Ils révèlent que l’activité de la trust company consistait à faciliter l’évasion fiscale et le blanchiment à grande échelle, y compris en fabriquant de faux documents... Un couple veut lancer l’alerte au sujet de Jersey, afin que l’île change sa réglementation et fasse la transparence sur les trusts. « Ça a des conséquences dans le monde entier, parce que Jersey, c’est l’endroit où tous les criminels vont pour cacher leur argent. Jersey ne fait rien et se pince le nez. Cela doit s’arrêter ! », indique Tanya Dick-Stock à l’EIC...Les documents montrent aussi à quel point les criminels en col blanc peuvent exercer en toute impunité à Jersey, où le pouvoir politique est entre les mains de financiers qui ont tout intérêt à ce que rien ne change (lire notre enquête ici).  Les autorités de l’île ont fermé les yeux sur les activités de La Hougue pendant des années, puis ont refusé d’ouvrir une enquête après que Tanya Dick-Stock leur a fourni l’intégralité des documents. Il faut dire que les juges qui ont débouté la fille de John Dick ont travaillé par le passé pour La Hougue.  La firme était gérée au quotidien par un directeur général britannique, Richard Wigley. Le credo de la maison : la confidentialité absolue. « Confidentiel – ne pas conserver », peut-on lire sur de nombreux documents internes. « S’il vous plaît, passez ça à la broyeuse », écrit Wigley sur un mémo...."

            Bon, un peu de mauvaise conscience quand même ou de peur que l'on révèle d'étranges pratiques dans des lieux où l'argent n'a pas d'odeur. Des transactions très discrètes et très juteuses, à l'abri des regards et de tout contrôle. Un rêve pour les évadés fiscaux, à deux pas de chez nous. Mais pas seulement... La grande évasion continue, malgré quelques timides mesures d'incitation à rentrer au bercail. Difficile de résister aux appels paradisiaques, surtout quand des Etats ferment les yeux.            _____Non, les paradis, c'est pas fini.   Il est très drôle M.Moscovici.   Pour lui, « Que ça vous plaise ou pas, il n’y a pas de paradis fiscal dans l’UE, mais sans aucun doute des pays qui encouragent à l’excès l’optimisation fiscale. Caricature et réflexe pavlovien anti-européen ne suffisent pas à faire une vérité. » Une distinction fort subtile, mais qui, selon l’ancien ministre de l’économie et des finances devrait le dédouaner de toute accusation. Pour lui : mélanger « paradis fiscaux »et « pays qui encouragent à l’excès l’optimisation fiscale » serait une « caricature »contraire à la vérité.    Il a dû être inspiré par son patron luxembourgeois, toujours de bon conseil.  L'optimisation,  c'est vrai, c'est plus cool que l'évasion et cela se fait dans le règles plus ou moins claires des pays qui en stimulent la pratique., nous dit-on.                    __Selon les études récentes et appréciées de Zucman et de bien d'autres, il y a d'importantes richesses cachées tout près de chez nous et l'Europe n'est pas blanche comme neige. Tant d'argent échappe à l'impôt, c'est à dire à la redistribution, entre autre.     La fête continue, sous des formes diverses. Pas seulement aux Bahamas. Au moins quatre pays en Europe peuvent être caractérisés de paradis fiscaux...Il n'y a pas que les paradis exotiques.  La Hongrie n'est pas à l'écart, pas plus que la Belgique et bien d'autres....______

                       ____Sur quoi Pierre Moscovici s’appuie-t-il pour défendre cette subtile distinction ? Il faut revenir à son entretien sur RTL où il explique qu’un paradis fiscal est une juridiction « qui ne respecte pas les règles de bonne gouvernance internationale ». De ce strict point de vue, effectivement, le commissaire a raison : les pays de l’UE respectent tous ces règles. Mais cela pose alors immédiatement une autre question : qui décide de ces règles et sur quels critères ? En réalité, Pierre Moscovici considère que n’est un « paradis fiscal » que celui qui figure sur les listes de paradis fiscaux. Mais ces listes sont le fruit de compromis politiques qui nuisent très fortement à leur crédibilité. Ainsi, selon la définition de l’OCDE, il n’y a tout simplement plus de vrais paradis fiscaux « non coopératifs » dans le monde entier...
...Pierre Moscovici rejoindrait ainsi largement l’éditorialiste des Échos Dominique Seux qui, la semaine passée sur France Inter, où il tient chronique quotidienne, affirmait que critiquer les paradis fiscaux était une « forme de complotisme », car en réalité « il n’y a pas de trésor caché ». ...
Gabriel Zucman, économiste à l’université de Berkeley, a estimé dans son ouvrage La Richesse cachée des nations (éditions du Seuil), publié en 2017, que 7 900 milliards de dollars étaient placés dans les paradis fiscaux pour échapper aux fiscs nationaux. Dès lors, il semble nécessaire d’élargir la définition du paradis fiscal si l’on veut prendre en compte la « vérité », comme prétend le faire Pierre Moscovici....
      La réalité est plus simple que celle que présente Pierre Moscovici. Lorsque des capitaux quittent la France pour Jersey, ce n’est certainement pas pour que son propriétaire puisse profiter tranquillement des pubs de Saint-Hélier ou de la vue sur la Manche. C’est un flux visant à un seul but : échapper à l’impôt. Et peu importe que Jersey ne soit sur aucune liste. On n’y amène pas ses fonds pour jouir des perspectives économiques radieuses du bailliage anglo-normand, mais pour échapper au taux d’impôt national. « La première motivation qui pousse à transférer des fonds dans un paradis fiscal est d’échapper à l’impôt », rappelle heureusement Anne-Laure Delatte dans un article de L’Économie mondiale 2018 (éditions La Découverte). Que cela plaise ou non à Pierre Moscovici......


             Pierre Moscovici aurait pu, par exemple, se souvenir des récentes affaires de blanchiment massif d'argent russe au Danemark, Suède, Allemagne et Estonie. Il aurait pu aussi se souvenir des Malta Files, publiées par Mediapart en 2017, et qui faisait la longue liste des pratiques douteuses de l’île méditerranéenne où, rappelons-le tout de même à notre commissaire, une journaliste, Daphne Caruana Galizia, a été assassinée pour avoir enquêté sur les réseaux de blanchiment dans ce pays. Mais pas de quoi voir là un quelconque « paradis fiscal » pour Pierre Moscovici.      Plus généralement, l’association Oxfam a retraité les critères de la liste noire de l’UE sur les pays membres et est parvenue à la conclusion que cinq d’entre eux (Luxembourg, Malte, Chypre, Irlande et Pays-Bas) n’en respectaient pas au moins un, ce qui les plaçait immédiatement sur la liste noire. On sait que Pierre Moscovici tentera de disqualifier le travail d’Oxfam (qu’il utilise pourtant par ailleurs sur son blog concernant les inégalités, une des conséquences de l’existence des paradis fiscaux, mais ce n’est qu’une des multiples contradictions de ce personnage), mais l’association a constitué une banque de données solide pour justifier ce résultat. De surcroît, un rapport du Parlement européen de mars 2019  a identifié sept paradis fiscaux dans l’UE (les cinq déjà cités, plus la Belgique et la Hongrie). Ce rapport a été adopté le 26 mars 2019 et se veut très sévère pour ces États membres. En clair : l’argutie juridique du commissaire ne repose sur rien d’autre que ses propres choix politiques. C’est un discours vide et refermé sur lui-même, loin des réalités. Que cela lui plaise ou non.....
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lundi 5 décembre 2016

Potion grecque

Schizophrénie européenne
                                            Un corps médical malade.
    La ciguë avait été fatale à Socrate.
     Il est à craindre que la nouvelle potion européenne, prétendument administrée pour son bien, entraîne un peu plus la ruine de son pays.
                   Pourtant, le docteur Moscovici a, dit-il, le souci de son patient hellène, très patient mais très anémié.
       Pour utiliser une litote, il ne va pas si bien que cela...malgré quelques voix annonçant un début de rétablissement. 
      Pour Bruxelles, il faudrait renforcer le traitement et amputer encore un peu pour une guérison éventuelle... en croisant les doigts.
           Notre bon médecin-commissaire appelle en effet le gouvernement grec à adopter une nouvelle batterie de mesures d’austérité dans ses budgets 2017-2018, en échange de quoi l’Europe s’engage non pas à alléger sa dette colossale - près de 315 milliards d’euros, soit près de 180% du PIB - mais à ce que la question soit discutée à partir du 5 décembre, date de la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro.    Des discussions sur la réduction de la dette grecque dont le principe avait pourtant été "collectivement"acté, rappelle , il y a 6 mois par les créanciers du pays, c'est-à-dire le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne et Banque centrale européenne (BCE). Qu’importe, Pierre Moscovici tient à une nouvelle fois mettre la pression sur les responsables grecs qui ont déjà consenti, entre autres, à engager de nouvelles coupes, dans les retraites par exemple, l’une des conditions préalables au versement de la nouvelle tranche d’aide de 86 milliards d’euros de prêts.
   Les médecins sont-ils vraiment formés? On en discute dans le corps médical...
                Athènes soufre pourtant d'un mal insoutenable.  Ce mal n'est pas guérissable par les remèdes traditionnels.
      Certains préconisent un allégement de l'acharnement médical,, seul moyen de ne pas intoxiquer un peu plus le malade, qui ne se relèverait pas.
      Certains avaient prévenu: ce traitement est contre-nature.
        Des thérapeutes du  FMI: avaient émis des réserves.
          Tant d'incompétences, voire d'aveuglement et de cynisme même ne semblent pas possible... Et pourtant...
 Un membre du FMI a lâché quasi-officiellement le morceau:
_____"ON A RENFLOUE LA GRECE POUR SAUVER LES BANQUES FRANCAISES ET ALLEMANDES"...
.....Qui avaient fait là-bas de fructueuses,mais aventureuses affaires. Comme un certain nombre de multinationales.
       Les grands gagnants sont aussi les milliardaires grecs, auxquels la Troïka n'a pas touché. 
___________On ne disait pas ce qu'on faisait, on faisait ce qu'on ne disait pas...en toute discordance avec les beaux principes européens, sous le signe final de la concurrence la plus féroce. Paroles, paroles...
_80% de l’aide à la Grèce a bénéficié au secteur financier.
    On comprend pourquoi Merkel avait peur. 
_____________________Pendant ce temps-là...
      On meurt en Grèce...une Grèce que l'on déclare fautive.            
            La tragédie continue...Le malade est en soins palliatifs, à bout de forces. Un médecin grec raconte....
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dimanche 7 juin 2020

LU

__ Etre pauvre à Genève.

__ Renault: repentance?
                       Pour quels résultats?

__ L'art de se faire des ennemis (de l'intérieur)

__ Etre migrants au Moyen-Age.

__ Alerte en Sibérie.

__ Guerre touristique?.

__ Le revoici, Moscovici. ...La Cour des comptes n’est certes pas exempte de critiques mais elle n’en a pas moins une fonction importante dans l’organisation républicaine et l’équilibre des pouvoirs. Or, beaucoup de magistrats financiers craignent, non sans raison, que Pierre Moscovici ne présente pas toutes les qualités d’indépendance que doit afficher un premier président de la Cour des comptes – comme ce fut le cas par exemple avec un Philippe Seguin ou, dans un autre registre, avec Pierre Joxe....
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samedi 23 juin 2018

Sauvée, la Grèce?

Tirée d'affaires?
                       Si l'on en croit quelques titres quasi triomphalistes de grands quotidiens d'hier, le pays des Hellènes verrait enfin le bout du tunnel, la fin d'une longue période d'austérité maximale, du moins pas pour ceux dont les privilèges ont été soigneusement garantis, comme les armateurs , les banquiers, l'Eglise et l'armée.
   
 Ce serait donc, comme le titre un journaliste presque euphorique, la fin de la crise!
          Pierre Moscovici exulte: "La crise grecque s'achève ici, cette nuit. Nous sommes finalement arrivés au bout de ce chemin qui a été si long et si difficile. C'est un moment historique", s'est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici. ...  Le ministre grec des finances Euclid Tsakalos fait un peu plus dans la nuance: "Pour que ça en vaille la peine, nous devons nous assurer que le peuple grec voit des résultats concrets", a-t-il ajouté.      
       Voilà une remarque  d'importance. Un allègement peut-être, que l'on pourrait si on veut qualifier d'"historique", mais c'était attendu malgré les réticences de l'Allemagne, et une surveillance renforcée qui va durer.
    Un quotidien du soir parle de "courage grec"...On n'est pas au bout des "efforts" et les souffrances du peuple grec, du moins pour la majorité, malgré quelques embellies partielles et locales, notamment dans le tourisme.
    Des échéances de remboursement plus étalées, oui, mais ce n'est pas, loin de là, le bout  de ce spectaculaire échec européen, dont certains organismes financiers ont bien profité ainsi que certains pays, dans une Grèce vendue à la découpe, comme ses ports et ses aéroports.
   Toujours sous perfusion, mais avec le souci de faire un exemple et la crainte du too big to fail, du risque pour certaines banques européennes.  L’optimisme officiel tient surtout à la résignation des créanciers face une situation devenue insoluble.  Et les marchés savent que près de 75% de la dette grecque est détenue par les pays de l'UE, le FMI et la BCE. Autant d'investisseurs fiables, aux côtés de qui il fait bon emprunter.....
   Une fin en trompe l'oeil donc, qui ne dupe pas les connaisseurs d'un dossier qu'on s'est acharné à déformer et à dramatiser. Pour faire un exemple.
  Le bout du tunnel n'est donc pas pour demain.
     Pour retrouver leur niveau de vie d’avant la crise, il faudra des décennies, voire plusieurs générations. D’autres réformes sont déjà annoncées : les seuils imposables vont notamment être encore abaissés, et une nouvelle version des régimes de retraites devrait aboutir d’ici à 2019, alors que beaucoup de retraités ont déjà vu leurs revenus divisés par deux.
    De même, l’Etat continue de se délester pour une bouchée de pain de ses entreprises publiques. Après les quinze meilleurs aéroports du pays, la société ferroviaire nationale doit être vendue, tout comme la compagnie d’électricité du pays ou encore le port de Thessalonique.
     La "sortie" du plan d’aide est surtout symbolique : la Grèce va rester dans un régime d’exception, avec une surveillance trimestrielle de la part de l’Union européenne. C’est comme dans un avion en pilote automatique, une fois que le programme de vol est appliqué, l’équipage n’a que très peu de marge de manœuvre....
   Les dégâts sont déjà considérables, les souffrances ne sont pas seulement physiques..
        Un dossier qui ne sera pas refermé de si tôt.
           La potion n'a pas encore produit tous ses effets, malgré les fortifiants.
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- Voir: Retour sur la crise grecque_
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vendredi 29 mars 2024

Le dette et la peur

Orthodoxie budgétaire au programme

                     L'opération "réarmement fiscal" surprend tout le monde, même certains économistes , qui se demandent pourquoi cette soudaine prise de conscience et cette décision aujourd'hui. Come si on n'avait rien vu venir. Mais c'est assez récurrent en France. A Bercy, le nez dans le guidon, on s'affole souvent ponctuellement, souvent à contre-temps sans grande considération pour le long terme, sans remises en question de la gestion au jour le jour, les yeux rivés sur le marché et les agences de notation, naguère sévèrement critiquées. En développant le refrain bien connu de la crainte de la dette, comme si dette publique et dette privée avaient quelque chose à voir.  "Ma dette! ma dette!..", croit-on entendre, comme Harpagon disait "ma cassette!..." On semble toucher la à un domaine passionnel et magique. Un cri d'alarme surjoué, comme dit Challenges, qui n'est pas un journal de gauche...Faire la chasse aux dépenses inutiles est justifiée, comme sanctionner les fraudes publiques est légitime, mais on ne veut pas voir l'essentiel ou on le fait timidement, sans grandes conséquences. Ce sont plus de 50 milliards qui manquent à là France, parfois par le biais d'une "optimisation" tolérée ou encouragée. La dette n'est pas le problème que l'on croit. Il faudrait enfin s'interroger sur les véritables assistés. Certains pays, comme l'Espagne, ont fait un pas en avant. Taxer les (super-) riches n'est pas un gros mot. Roosevelt n'avait pas hésité en son temps. Les recettes ne manquent pas...                                                                                              Point de vue:    

C’est                         " C'est une pièce de théâtre sans cesse rejouée dans le spectacle général de l’économie. À intervalles réguliers, un placard s’ouvre et un ministre des finances découvre avec horreur l’existence de titres de dettes qu’il a lui-même placés dans le meuble. S’ensuit une panique générale bien rodée où les portes claquent et où chacun vient crier à la faillite, appeler à la responsabilité, menacer d’une attaque des marchés financiers.  Chacun alors appelle à la baisse de la dépense publique et à l’austérité « pour sauver le pays ». D’ailleurs, voici un employé de bureau du ministère qui se présente avec une pile d’études économiques fort sérieuses montrant que l’austérité renforce « la croissance structurelle ». Contre les populismes, la raison commande de couper dans les dépenses.  La scène se poursuit par un régime d’austérité sévère qui concerne principalement les plus pauvres. La misère croît, le pays voit sa croissance structurelle s’effondrer, et la récession est assurée. Le final est assuré par le même ministre qui jure, la main sur le cœur, qu’on ne l’y prendra plus. Avant de retourner remplir le placard…


C’est "C'est une pièce de théâtre sans cesse rejouée dans le spectacle général de l’économie. À intervalles réguliers, un placard s’ouvre et un ministre des finances découvre avec horreur l’existence de titres de dettes qu’il a lui-même placés dans le meuble. S’ensuit une panique générale bien rodée où les portes claquent et où chacun vient crier à la faillite, appeler à la responsabilité, menacer d’une attaque des marchés financiers.  Chacun alors appelle à la baisse de la dépense publique et à l’austérité « pour sauver le pays ». D’ailleurs, voici un employé de bureau du ministère qui se présente avec une pile d’études économiques fort sérieuses montrant que l’austérité renforce « la croissance structurelle ». Contre les populismes, la raison commande de couper dans les dépenses.   La scène se poursuit par un régime d’austérité sévère qui concerne principalement les plus pauvres. La misère croît, le pays voit sa croissance structurelle s’effondrer, et la récession est assurée. Le final est assuré par le même ministre qui jure, la main sur le cœur, qu’on ne l’y prendra plus. Avant de retourner remplir le placard…

                                                                                                                                                ... La France, en ces premiers mois de 2024, semble être entrée de plain-pied dans ce mauvais vaudeville rejoué cent fois, mais dont les conséquences concrètes sont considérables. Les discours alarmistes sur la dette se multiplient. Comme le souligne auprès de Mediapart Benjamin Lemoine, sociologue et auteur de l’ouvrage L’Ordre de la dette (La Découverte, 2022), « l’effet de surprise politico-médiatique est feint ».  Il rappelle que, « quand les taux d’intérêt étaient au plus bas, grâce à la capacité de la BCE à administrer le marché des emprunts d’État, le souci des pouvoirs publics était la disparition de la dette en tant que problème ». Une fois ce soutien levé, « il convenait de préparer l’opinion à ce qu’on entrevoit aujourd’hui et qui s’apparente à un retour de l’ordre de la dette ». C’est à cette préparation, notamment, que s’attelle Bruno Le Maire depuis plus de trois mois.    Le ministre des finances a en effet ouvert le fameux placard. Soudainement, la dette publique de la France, qu’il a allègrement contribué à creuser à coups de largesses pour le secteur privé, est devenue insoutenable. Et il y a urgence.                                                                                                                            Dans son livre-programme titré La Voie française et publié la semaine dernière chez Flammarion, le ministre consacre un chapitre au nécessaire désendettement. Il tente fort maladroitement d’y donner les raisons de l’urgence de la réduction des dépenses. C’est une véritable caverne d’Ali Baba des arguments, allant de la hausse des taux (dont la fin s’annonce en juin prochain) au « déclassement de la France » (avec le recours à des anachronismes grossiers convoquant les trop dépensiers Saint Louis et Louis XIV) en passant par la reine des preuves : la baisse de la croissance. Depuis que l’on sait que les prévisions de croissance du gouvernement pour 2024 étaient beaucoup trop élevées, la majorité macroniste recourt en permanence à cet argument résumé ainsi par le ministre graphomane dans son livre : « La croissance faible ralentit notre désendettement ; elle doit donc nous amener à trouver dans l’immédiat d’autres leviers pour réduire la dette. »  Le vaudeville se mue alors en un pastiche d’Ubu roi, car réduire les dépenses pour réduire la dette en période de croissance faible, c’est s’assurer d’affaiblir encore davantage la croissance et donc de rendre la dette encore plus difficile à rembourser. La leçon a été clairement montrée au cours de la décennie précédente par la crise de la zone euro.   Bruno Le Maire et les dirigeants d’aujourd’hui étaient alors déjà en vie et actifs. Ils devraient avoir retenu ce fait simple. Mais ils ont désormais une autre histoire à nous raconter, la même, précisément, qu’en 2010-2014, lorsque la croyance dans « l’austérité expansive » proclamée par Jean-Claude Trichet plongeait la zone euro dans une des récessions les plus longues de son histoire.  La réduction en panique de la dette a contribué à alourdir durablement le poids de la dette. Et l’empressement à réduire la dette publique dans la zone euro a-t-il pu améliorer ses capacités à investir dans l’avenir et à construire une économie plus solide et plus durable, comme annoncé ? C’est en fait l’inverse qui a eu lieu.  C’est pourtant ce même récit que l’on retrouve déployé dans l’espace public depuis trois mois. À cet égard, on ne saurait trop sous-estimer le rôle de la Cour des comptes dans la construction de cette narration.    ___Depuis plusieurs années, l’institution de la rue Cambon s’est muée en gardienne du temple de l’orthodoxie financière. Compte tenu de son indépendance théorique, elle est un point d’appui extrêmement pratique pour construire le récit de panique sur la dette. Elle y joue une partition extrêmement bien rodée pour justifier l’idée d’une dette insoutenable.   ___Comme son prédécesseur Didier Migaud, le premier président de cette institution, Pierre Moscovici, gestionnaire désastreux pendant son passage à Bercy de 2012 à 2014 (qui avait mené une politique « d’austérité expansive » pendant son mandat, portant la dette publique de 80 à 95 % du PIB), mobilise, lui aussi, les figures classiques de la peur et de la honte pour justifier une politique rapide de désendettement.    Il utilise ainsi la comparaison, éternel levier des politiques néolibérales. Dans un entretien à La Dépêche du 13 mars, le premier président de la Cour des comptes fustige « nos dépenses publiques les plus dégradées de la zone euro ». Puis, il reprend l’argument de l’avenir gâché. Le 12 mars, lors de la présentation du rapport de la Cour sur l’adaptation au dérèglement climatique, il prétendait ainsi que la situation « préoccupante » de nos finances publiques rendrait plus difficile la mobilisation des moyens pour faire face à la crise écologique.   Bref, tout est bon pour justifier la future austérité, même l’injustifiable. Car on voit mal comment on aurait trouvé 20 % du PIB pour faire face au Covid alors que la dette publique était à 100 % du PIB, mais pourquoi on ne parviendrait pas à trouver l’argent nécessaire à l’adaptation climatique avec une dette à 110 % du PIB…                                                                                             Une fois posé ce cadre narratif, les médias entrent dans la danse, multipliant les sujets sur la dette, assurant, sondages à l’appui (comme celui publié par La Tribune Dimanche voici dix jours), que la « France a peur » du niveau de la dette et multipliant les titres et textes alarmistes, de la « cure de détox pour notre État drogué à la dette » du Point à la « France au bord du gouffre » de François Lenglet sur TF1.    L’annonce, ce 26 mars, du déficit public pour 2023 à 5,5 %, contre 4,8 % en 2022, est alors traitée comme un choc majeur. Rapidement, un mot s’est imposé à la une des chaînes et des sites d’information : « dérapage ». « Que va faire le gouvernement ? », s’interroge ainsi BFM, alors même que le ratio dette sur PIB a reculé de deux points l’an passé et qu’il n’existe aucune tension sur les marchés financiers.  Peu importe, il faut agir, et vite. Évidemment, Bruno Le Maire sur RTL et Pierre Moscovici sur France Inter viennent renforcer cette idée d’une urgence, reprenant les arguments déjà cités en en ajoutant un dernier : celui de la morale. Car si la dette de la France « dérape », c’est parce que les Français sont nonchalants, incapables de la nécessaire rigueur.   « Nous avons une culture nationale qui fait qu’après les crises, nous ne savons pas réduire assez vite notre dépendance à la dépense », expliquait Pierre Moscovici dans La Dépêche. D’ailleurs, les Français refusent de voir la « vérité » en face, et le premier président de la Cour des comptes demande un « discours de vérité ». Et pour couronner le tout, Bruno Le Maire, lui, affirme que les Français doivent comprendre que « ça ne peut plus être open bar » sur le remboursement des frais médicaux.             Derrière ces leçons de morale, l’idée est bien sûr de préparer les esprits à l’austérité « difficile, mais nécessaire » qui devra frapper ceux qui sont ciblés comme « profiteurs » de la dépense publique. Pour Benjamin Lemoine, « tout est appréhendé à l’aune de la dépense publique et l’on oublie mécaniquement ce qui a produit ce déficit : le discours anti-impôts et la façon dont l’État se fait providence pour le capital ». Une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) a évalué à près de 200 milliards d’euros par an les aides diverses au secteur privé.   ____Pour détourner le regard de cette responsabilité, on concentre le problème sur la dépense sociale et les services publics. Ce seraient eux qui seraient responsables du creusement de la dette, et le récit sur la dette permet de justifier à la fois les futures coupes dans les services publics et les transferts sociaux. Ceux-ci ont d’ailleurs déjà commencé avec le coup de rabot de 10 milliards d’euros réalisé en urgence en février et avec les multiples réformes de l’assurance-chômage. Mais plus encore est à venir.                                                                                            Ce récit politique sur la dette, martelé à longueur de temps par le gouvernement, une partie de l’opposition (et désormais même le Rassemblement national) et les « experts », permet avant tout de justifier une politique de classe. On pourrait la résumer ainsi : l’épouvantail de la dette a pour fonction de démanteler ce qui reste de l’État social pour préserver les transferts vers le secteur privé et soutenir sa rentabilité face à une croissance stagnante.  Le spectacle des déplorations sur l’état de la dette publique semble donc venir régler un conflit interne au capital posé par les récents développements économiques sur le dos du monde du travail et des services publics. Benjamin Lemoine insiste sur la pression renaissante des créanciers et du secteur financier. « La qualité d’actifs sans risque n’étant plus explicitement garantie institutionnellement par les rachats de la BCE, il incombe aux gouvernements de rassurer les prêteurs », explique-t-il en résumant : « Si le revolver des maîtres chanteurs de la dette avait été désactivé par ces rachats, il est partiellement réarmé. » Il rappelle que le refinancement sans entraves sur le marché de la dette est « produit politiquement via les promesses de réformes aux investisseurs ».                                                                                                                                                              Mais cette logique vient percuter la situation d’affaiblissement structurel de la croissance et le besoin permanent d’autres secteurs, notamment de l’industrie, de bénéficier de flux publics directs et indirects. Pour régler cette tension, et permettre de satisfaire tous les secteurs du capital, la solution est alors de faire peser l’ordre de la dette sur les dépenses sociales et les services publics. La proposition de hausse de la TVA de Bruno Le Maire pour régler le problème – déjà mise en place sous le quinquennat Hollande – s’inscrit également dans ce cadre de répression sociale.                      « Le retour de l’ordre de la dette vient asseoir les inégalités de classes », résume Benjamin Lemoine, qui ajoute : « Il y a un cahier des charges social du maintien de la dette en tant qu’actif sans risques au service des financiers : les plus vulnérables, ceux qui dépendent des services publics, comme les organisations de la main gauche de l’État (santé, éducation, recherche, etc.) sont la variable d’ajustement automatique de cette logique perpétuellement recommencée. »    ____ L’historien de l’économie états-unien Robert Brenner a, dans un article de la New Left Review de 2020, résumé de cette façon ce qu’il pense être un « nouveau régime d’accumulation » et qu’il appelle le « capitalisme politique » par cette formule simple : « la redistribution directe politiquement pilotée de richesse vers le haut pour soutenir des éléments centraux d’une classe capitaliste dominante partiellement transformée ». C’est cette logique qui semble pleinement fonctionner dans le cas français. ___ « Le maintien de l’ordre de la dette demande un dosage incessant entre le soutien au capital privé et une capacité à assurer sans chocs politiques le service de la dette, et depuis des années cette capacité repose entièrement sur le sacrifice de l’État social », souligne Benjamin Lemoine. Le problème est que cette logique, soutenue par le récit sur la dette, craque de toute part. Non seulement elle ne produit pas de croissance, mais elle affaiblit, par son coût social et environnemental, la capacité de remboursement de la dette. La guerre sociale alimentée par le récit sur la dette est une impasse. Derrière le vaudeville, il y a bien un récit mortifère." [Romaric Godin. Merci à Mediapart]   
   ___ Deux mots sur la dette  __ Ici __ Là _ Quelques pistes...__Pillage croissant. _________________________
C’est une pièce de théâtre sans cesse rejouée dans le spectacle général de l’économie. À intervalles réguliers, un placard s’ouvre et un ministre des finances découvre avec horreur l’existence de titres de dettes qu’il a lui-même placés dans le meuble. S’ensuit une panique générale bien rodée où les portes claquent et où chacun vient crier à la faillite, appeler à la responsabilité, menacer d’une attaque des marchés financiers.

C’esune pièce de théâtre sans cesse rejouée dans le spectacle général de l’économie. À intervalles réguliers, un placard s’ouvre et un ministre des finances découvre avec horreur l’existence de titres de dettes qu’il a lui-même placés dans le meuble. S’ensuit une panique générale bien rodée où les portes claquent et où chacun vient crier à la faillite, appeler à la responsabilité, menacer d’une attaque des marchés financiers.Chacun alors appelle à la baisse de la dépense publique et à l’austérité « pour sauver le pays ». D’ailleurs, voici un employé de bureau du ministère qui se présente avec une pile d’études économiques fort sérieuses montrant que l’austérité renforce « la croissance structurelle ». Contre les populismes, la raison commande de couper dans les dépenses.La scène se poursuit par un régime d’austérité sévère qui concerne principalement les plus pauvres. La misère croît, le pays voit sa croissance structurelle s’effondrer, et la récession est assurée. Le final est assuré par le même ministre qui jure, la main sur le cœur, qu’on ne l’y prendra plus. Avant de retourner remplir le placard…