Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête allemagne israël. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête allemagne israël. Trier par date Afficher tous les articles

mardi 11 mars 2014

Le couple Allemagne/ Israël

Des relations spéciales...
                                    L'Allemagne sort de son apparente réserve diplomatique depuis un certain nombre d'années. Depuis la chute du Mur, elle s'efforce d'entrer dans la cour des grands, discrètement, mais dans un esprit atlantiste qui ne se démet jamais.
       On l'a déjà vu dans les événements de l'ex-Yougolavie, qui mirent en évidence ses capacités d'intervention, notamment dans son action au Kosovo, très critiquée en interne.
     Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier (FWS), déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : «L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde.»
On le voit aujourd'hui dans l'affaire ukrainienne.
    ____________En ce qui concerne ses relations avec Israël, les rapports sont étroits depuis fort longtemps.
Surtout depuis le très spécial Traité de réparation  de 1952.
    Relations  diplomatiques sans ombres, sans critiques, timorées même, malgré quelques tensions récentes.
          Relation d'affaires aussi, peu ébruitées.
En fait, des relations très spéciales, notamment dans le domaine de l' armement, question épineuse  et trouble s 'il en est. (*)       "La sécurité d'Israël relève pour l'État allemand de la raison d'État",  "Pour des raisons historiques, l'Allemagne est plus proche d'Israël que ne l'est la France. Avec le vécu qui est le sien, elle pourrait facilement être traitée d'antisémitisme si elle critiquait le gouvernement israélien."
     ____________________Des relations où le  poids du passé tient une place centrale.
           Sachant ce que l'on sait, on peut considérer comme normal que l'Allemagne ait une dette vis à vis de la communauté juive décimée par un régime qui fut porté au pouvoir par une majorité d' Allemands. Mais qu'en est-il de tous les Juifs d'aujourd'hui, dont beaucoup n'ont plus de rapport avec les descendants des victimes, pas seulement ceux qui vivent en Israël, dont beaucoup contestent la légitimité de ses lignes politiques successives. 
   .Sous le signe de la culpabilité, d'un passé qui passe mal.. 
Le Crif, qui en rajoute, parle d'expiation, évoquant le passage de l'Allemagne de bourreau à ange gardien...
   Est-il normal que le poids d'une culpabilité collective continue encore à conditionner des relations privilégiées entre deux Etats, dont l'un se croit obligé, comme en otage, de favoriser tous les objectifs de l'autre, même les plus contestables?
                       La récente visite d'A.Merkel en Israël a semblé rompre la belle harmonie, l'opinion allemande changeant peu à peu. La température fut plutôt fraîche, malgré l'apparence polie et gênée des échanges. Le problème de la colonisation commence à poser problème à Berlin comme à Washington, le courant passant toujours bien entre les deux capitales, malgré les écoutes.
  Dans le journal  Maariv, journal de centre droit israëlien, le commentateur Shai Golden va jusqu'à évoquer...« la trahison du principe de l'expiation auquel chaque Allemand doit s'engager pour toujours en parlant d'Israël et des juifs ».
     La Chancelière était vraiment embarrassée: "...Invoquant la condamnation récente par l'Allemagne de la réponse d'Israël au vote de l’ONU, qui a vu Netanyahu annoncer un plan de constructions en Cisjordanie, Mme Merkel a déclaré que l'opposition de son pays à des actions unilatérales des deux côtés signifiait que "sur la question de la colonisation, nous sommes d'accord pour dire que nous ne sommes pas d’accord".    Elle a cependant souligné qu'il s'agissait de la recommandation d'un pays ami. "Israël prend ses décisions lui-même. Nous ne pouvons que donner une recommandation", a-t-elle dit.   Soulignant une fois de plus que l'Allemagne considère Israël comme "la seule démocratie de la région ", elle a insisté que c’est "un pays que nous aimons et avec lequel nous entretenons des relations amicales".
     Le Premier ministre israélien a reconnu l'importance de la relation d’Israël avec l’Allemagne : "Ce n'est pas n'importe quelle relation. Il s'agit d'une relation privilégiée, une relation que nous apprécions profondément. Je suis très reconnaissant du temps que vous consacrez dans le renforcement de cette amitié et de ce partenariat". "Je voudrais profiter de cette occasion pour dire clairement que je n'ai absolument aucun doute sur la profondeur de votre engagement pour la sécurité et le bien-être de l'État d'Israël", a-t-il dit. "Je pense que la racine du problème, ce ne sont pas les implantations. J'espère que nous allons engager une discussion sur une coexistence mutuelle, une paix mutuelle, avec au moins une partie des Palestiniens", a dit Benjamin Netanyahu. "Je n'y ai pas renoncé. Nous ne renonçons pas si vite", a-t-il insisté, ajoutant : "La racine du problème est l’opposition à l’État d’Israël quelles que soient ses frontières".
       A cette occasion, dans la presse israélienne, M. Steinmeier a rappelé mardi le caractère extrêmement singulier des relations germano-israéliennes. Le lien entre les deux États apparaît « comme un miracle » étant donné le contexte historique, souligne-t-il.
   Un miracle de langue de bois?...
___________________
(*)  Une histoire sous le signe de la réparation:
                     Dans la logique d’une tradition pluri-décennale, Israël est sûr de pouvoir compter sur l’appui allemand, verbalement, mais surtout matériellement, comme le prouve la constance des relations commerciales, politiques et notamment militaires entre les deux pays : face aux États « voyous », les services secrets israéliens peuvent utiliser les informations fournies par leurs homologues allemands ; tandis que la flotte israélienne reçoit des sous-marins de fabrication allemande dont les capacités stratégiques peuvent être utiles dans un environnement dont l’hostilité ne se démentit pas. L’interposition de la marine allemande entre Israël et le Liban, à partir de l’automne 2006, fait plus débat en Allemagne que dans l’Etat hébreu ; et Tel Aviv accepte la livraison de chars lourds Léopard à l’Arabie saoudite (juillet 2011) alors que Begin en avait fait un motif de refroidissement des relations trente ans plus tôt. Sous Merkel, des critiques existent contre la politique menée par les tenants de la ligne dure que sont les Premiers ministres successifs Sharon, Olmert et surtout Netanyahu (avec son ministre des Affaires étrangères Liebermann), critiques répétées notamment dirigées contre le développement constant des colonies juives dans les territoires palestiniens. Et l’exercice de pressions allemandes sur les autorités israéliennes peut s’avérer nécessaire : en décembre 2011, Berlin obtient au profit de l’Autorité palestinienne la libération des droits de douane bloqués par Israël en contrepartie d’un arrangement sur la livraison des derniers sous-marins allemands vendus à Israël.
   Par ailleurs, de plus en plus d’Allemands considèrent que le poids du passé est trop lourd et s’impose depuis trop longtemps, voire qu’Israël doit être considéré comme l’agresseur au Moyen-Orient.
 Néanmoins, un point demeure : « La solidarité avec l’Etat juif est raison d’Etat en Allemagne » (Merkel)
               Jusqu'où, à quel prix et jusqu'à quand ?

______________________________

vendredi 14 juin 2024

Allemagne-Israël

Des rapports particuliers

                     On comprend pourquoi. 

              La retenue actuelle de Berlin dans l'affaire de Gaza, sa complaisance parfois à l'égard de Bibi, sa gêne diront certains, sa hâte à taxer parfois d'antisémitisme toutes les critiques légitimes des décisions de Netanyahou font problème et suscitent des critiques internationales.  Pour beaucoup d'Allemands eux-mêmes, qui estiment qu'une époque est dépassée.

 D'une façon générale,  L'Allemagne sort de son apparente réserve diplomatique depuis un certain nombre d'années. Depuis la chute du Mur, elle s'efforce d'entrer dans la cour des grands, discrètement, mais dans un esprit atlantiste qui ne se démet jamais.

       On l'a déjà vu dans les événements de l'ex-Yougolavie, qui mirent en évidence ses capacités d'intervention, notamment dans son action au Kosovo, très critiquée en interne.
     Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier (FWS), déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : «L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde.»
On le voit aujourd'hui dans l'affaire ukrainienne.
    ____________En ce qui concerne ses relations avec Israël, les rapports sont étroits depuis fort longtemps.
Surtout depuis le très spécial Traité de réparation  de 1952.
    Relations  diplomatiques sans ombres, sans critiques, timorées même, malgré quelques tensions récentes.
          Relation d'affaires aussi, peu ébruitées.
En fait, des relations très spéciales, notamment dans le domaine de l' armement, question épineuse  et trouble s 'il en est. (*)       "La sécurité d'Israël relève pour l'État allemand de la raison d'État",  "Pour des raisons historiques, l'Allemagne est plus proche d'Israël que ne l'est la France. Avec le vécu qui est le sien, elle pourrait facilement être traitée d'antisémitisme si elle critiquait le gouvernement israélien."
     ____________________Des relations où le  poids du passé tient une place centrale.
           Sachant ce que l'on sait, on peut considérer comme normal que l'Allemagne ait une dette vis à vis de la communauté juive décimée par un régime qui fut porté au pouvoir par une majorité d' Allemands. Mais qu'en est-il de tous les Juifs d'aujourd'hui, dont beaucoup n'ont plus de rapport avec les descendants des victimes, pas seulement ceux qui vivent en Israël, dont beaucoup contestent la légitimité de ses lignes politiques successives. 
   .Sous le signe de la culpabilité, d'un passé qui passe mal.. 
Le Crif, qui en rajoute, parle d'expiation, évoquant le passage de l'Allemagne de bourreau à ange gardien...
   Est-il normal que le poids d'une culpabilité collective continue encore à conditionner des relations privilégiées entre deux Etats, dont l'un se croit obligé, comme en otage, de favoriser tous les objectifs de l'autre, même les plus contestables?
                       La récente visite d'A.Merkel en Israël a semblé rompre la belle harmonie, l'opinion allemande changeant peu à peu. La température fut plutôt fraîche, malgré l'apparence polie et gênée des échanges. Le problème de la colonisation commence à poser problème à Berlin comme à Washington, le courant passant toujours bien entre les deux capitales, malgré les écoutes.
  Dans le journal  Maariv, journal de centre droit israëlien, le commentateur Shai Golden va jusqu'à évoquer...« la trahison du principe de l'expiation auquel chaque Allemand doit s'engager pour toujours en parlant d'Israël et des juifs ».
     La Chancelière était vraiment embarrassée: "...Invoquant la condamnation récente par l'Allemagne de la réponse d'Israël au vote de l’ONU, qui a vu Netanyahu annoncer un plan de constructions en Cisjordanie, Mme Merkel a déclaré que l'opposition de son pays à des actions unilatérales des deux côtés signifiait que "sur la question de la colonisation, nous sommes d'accord pour dire que nous ne sommes pas d’accord".    Elle a cependant souligné qu'il s'agissait de la recommandation d'un pays ami. "Israël prend ses décisions lui-même. Nous ne pouvons que donner une recommandation", a-t-elle dit.   Soulignant une fois de plus que l'Allemagne considère Israël comme "la seule démocratie de la région ", elle a insisté que c’est "un pays que nous aimons et avec lequel nous entretenons des relations amicales".
     Le Premier ministre israélien a reconnu l'importance de la relation d’Israël avec l’Allemagne : "Ce n'est pas n'importe quelle relation. Il s'agit d'une relation privilégiée, une relation que nous apprécions profondément. Je suis très reconnaissant du temps que vous consacrez dans le renforcement de cette amitié et de ce partenariat". "Je voudrais profiter de cette occasion pour dire clairement que je n'ai absolument aucun doute sur la profondeur de votre engagement pour la sécurité et le bien-être de l'État d'Israël", a-t-il dit. "Je pense que la racine du problème, ce ne sont pas les implantations. J'espère que nous allons engager une discussion sur une coexistence mutuelle, une paix mutuelle, avec au moins une partie des Palestiniens", a dit Benjamin Netanyahu. "Je n'y ai pas renoncé. Nous ne renonçons pas si vite", a-t-il insisté, ajoutant : "La racine du problème est l’opposition à l’État d’Israël quelles que soient ses frontières".
       A cette occasion, dans la presse israélienne, M. Steinmeier a rappelé mardi le caractère extrêmement singulier des relations germano-israéliennes. Le lien entre les deux États apparaît « comme un miracle » étant donné le contexte historique, souligne-t-il.
   Un miracle de langue de bois?...
___________________
(*)  Une histoire sous le signe de la réparation:
                     Dans la logique d’une tradition pluri-décennale, Israël est sûr de pouvoir compter sur l’appui allemand, verbalement, mais surtout matériellement, comme le prouve la constance des relations commerciales, politiques et notamment militaires entre les deux pays : face aux États « voyous », les services secrets israéliens peuvent utiliser les informations fournies par leurs homologues allemands ; tandis que la flotte israélienne reçoit des sous-marins de fabrication allemande dont les capacités stratégiques peuvent être utiles dans un environnement dont l’hostilité ne se démentit pas. L’interposition de la marine allemande entre Israël et le Liban, à partir de l’automne 2006, fait plus débat en Allemagne que dans l’Etat hébreu ; et Tel Aviv accepte la livraison de chars lourds Léopard à l’Arabie saoudite (juillet 2011) alors que Begin en avait fait un motif de refroidissement des relations trente ans plus tôt. Sous Merkel, des critiques existent contre la politique menée par les tenants de la ligne dure que sont les Premiers ministres successifs Sharon, Olmert et surtout Netanyahu (avec son ministre des Affaires étrangères Liebermann), critiques répétées notamment dirigées contre le développement constant des colonies juives dans les territoires palestiniens. Et l’exercice de pressions allemandes sur les autorités israéliennes peut s’avérer nécessaire : en décembre 2011, Berlin obtient au profit de l’Autorité palestinienne la libération des droits de douane bloqués par Israël en contrepartie d’un arrangement sur la livraison des derniers sous-marins allemands vendus à Israël.
   Par ailleurs, de plus en plus d’Allemands considèrent que le poids du passé est trop lourd et s’impose depuis trop longtemps, voire qu’Israël doit être considéré comme l’agresseur au Moyen-Orient.
 Néanmoins, un point demeure : « La solidarité avec l’Etat juif est raison d’Etat en Allemagne » (Merkel)
               Jusqu'où, à quel prix et jusqu'à quand ?               
_________________________

jeudi 5 juin 2025

Embarras et contradictions

 Des paroles et les actes vis à vis d'Israël          

              En Allemagne, traditionnellement fidèle parmi les fidèles à Israël, on durcit le ton officiellement, tardivement, avec précaution. Pour ne pas sans doute trop contrer une population qui se réveille un peu et une presse qui  commence à s'inquiéter.. Certains n'acceptent plus l'inconditionnalité du soutien jusque là sans faille de leur pays à Jérusalem. Toute critique politique du gouvernement de l'Etat d'Israël était jusqu'ici considéré comme de l'antisémitisme, dans la confusion la plus tenace et la repentance non critique.   Les vagues voix politiques récentes, face aux outrances à Gaza, n'empêchent pas l'aide militaire discrète. Business first...Contrairement aux pays qui ont pris sur ce point des mesures radicales. La France joue l'ambigüité même si elle prétend prendre les devants dans la protestation contre une situation jugée "honteuse" par l'Elysée.   L'extrême-droite, réputée jadis antisémite, joue la carte de l'extrême-droite isralienne: logique!     


                                                                                                     Alors qu'en Israël des personnalités de premier plan, civiles et militaires sont vent debout contre l'aveuglement meurtrier de Bibi, surtout depuis l'acharnement meurtrier des derniers mois.. Comme Burg, qui réfute les principes ségrégationnistes actuellement en cours dans son pays, allant juquà' à dire: "...« La révolution sioniste est morte », lâche-t-il en 2003 dans un article du quotidien Yediot Aharonot, avant d’affirmer qu’Israël, « ghetto sioniste », court à sa perte en se définissant comme État juif. Il y a quelques semaines, Avraham Burg, qui estime désormais que le sionisme aurait dû être aboli après la création d’Israël, a demandé au tribunal de district de Jérusalem d’effacer son inscription en tant que juif sur le registre de population du ministère de l’intérieur.   Dans le droit administratif israélien, la nationalité ne se confond pas avec la citoyenneté. À la rubrique « nationalité » du registre de la population comme de la carte d’identité figure un terme qui indique la nation du point de vue ethnique (juif, arabe, druze…) et non la citoyenneté de l’intéressé(e). En 2011, l’écrivain Yoram Kaniuk (1930-2013), qui jugeait le judaïsme en Israël synonyme de racisme, a demandé et obtenu du tribunal que, dans son cas, la mention « juif » soit remplacée, dans le registre de population, par « sans religion ».                                                              __Pourquoi avez-vous demandé de ne plus être inscrit comme juif sur le registre du ministère israélien de l’intérieur ? __   Avraham Burg : Parce que je ne me sens plus identifié à la nationalité juive, au collectif juif. Dans la Déclaration d’indépendance de 1948, qui n’est pas une constitution mais le document le plus proche d’une constitution dont nous disposions en Israël, il existe un équilibre très intéressant.  On y lit d’une part qu’Israël est un État juif, un État pour les juifs, mais aussi qu’Israël est résolument engagé à pratiquer la non-discrimination entre ses citoyens. Et qu’il assure à tous ses habitants une égalité des droits sociaux et politiques, sans distinction de sexe, de croyance, d’origine ethnique ou d’opinion politique.                                                                  C’est une prise de position très puissante. Si elle n’est pas parfaite, elle a le mérite d’être là depuis l’origine de l’État. Les gens comme moi qui n’aiment pas l’état actuel des choses peuvent toujours se dire : ce n’est pas l’idéal, mais nous avons un lieu pour vivre car les principes fondateurs de 1948 sont bons.    Mais depuis l’adoption, en juillet 2018, de la loi sur l’État-nation du peuple juif , tout est changé. Ce qui définit Israël, désormais, c’est le seul monopole juif. Sans l’équilibre constitutionnel des droits et libertés. En vertu de cette loi, un citoyen d’Israël qui n’est pas juif est assigné à un statut inférieur. Comparable à celui qui a été assigné aux juifs pendant des générations. Ce qui fut odieux pour nous, nous l’infligeons maintenant à nos citoyens non juifs.    Cette législation est en fait une nouvelle définition des relations entre majorité et minorité en Israël. Elle constitue aussi un changement dans ma définition existentielle. Dans mon identité. Dans ces conditions, ma conscience m’interdit désormais d’appartenir à la nationalité juive, d’être classé comme membre de cette nation, ce qui impliquerait pour moi d’appartenir au groupe des maîtres, statut que je refuse. Je ne veux pas appartenir à un collectif défini par les promoteurs de cette loi...."                                                                          (*)   ___________________ La retenue actuelle de Berlin dans l'affaire de Gaza, sa complaisance parfois à l'égard de Bibi, sa gêne diront certains, sa hâte à taxer parfois d'antisémitisme toutes les critiques légitimes des décisions de Netanyahou font problème et suscitent des critiques internationales.  Pour beaucoup d'Allemands eux-mêmes, qui estiment qu'une époque est dépassée. 
D'une façon générale,  L'Allemagne sort de son apparente réserve diplomatique depuis un certain nombre d'années. Depuis la chute du Mur, elle s'efforce d'entrer dans la cour des grands, discrètement, mais dans un esprit atlantiste qui ne se démet jamais.   ___ On l'a déjà vu dans les événements de l'ex-Yougoslavie, qui mirent en évidence ses capacités d'intervention, notamment dans son action au Kosovo, très critiquée en interne.

     Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier (FWS), déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : «L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde.»
On le voit aujourd'hui dans l'affaire ukrainienne.
    ____________En ce qui concerne ses relations avec Israël, les rapports sont étroits depuis fort longtemps.
Surtout depuis le très spécial Traité de réparation  de 1952.
    Relations  diplomatiques sans ombres, sans critiques, timorées même, malgré quelques tensions récentes.

          Relation d'affaires aussi, peu ébruitées.
En fait, des relations très spéciales, notamment dans le domaine de l' armement, question épineuse  et trouble s 'il en est. (*)       "La sécurité d'Israël relève pour l'État allemand de la raison d'État",  "Pour des raisons historiques, l'Allemagne est plus proche d'Israël que ne l'est la France. Avec le vécu qui est le sien, elle pourrait facilement être traitée d'antisémitisme si elle critiquait le gouvernement israélien."
     ____________________Des relations où le  poids du passé tient une place centrale.
           Sachant ce que l'on sait, on peut considérer comme normal que l'Allemagne ait une dette vis à vis de la communauté juive décimée par un régime qui fut porté au pouvoir par une majorité d' Allemands. Mais qu'en est-il de tous les Juifs d'aujourd'hui, dont beaucoup n'ont plus de rapport avec les descendants des victimes, pas seulement ceux qui vivent en Israël, dont beaucoup contestent la légitimité de ses lignes politiques successives. 
   .Sous le signe de la culpabilité, d'un passé qui passe mal.. 
Le Crif, qui en rajoute, parle d'expiation, évoquant le passage de l'Allemagne de bourreau à ange gardien...
   Est-il normal que le poids d'une culpabilité collective continue encore à conditionner des relations privilégiées entre deux Etats, dont l'un se croit obligé, comme en otage, de favoriser tous les objectifs de l'autre, même les plus contestables?
                       La récente visite d'A.Merkel en Israël a semblé rompre la belle harmonie, l'opinion allemande changeant peu à peu. La température fut plutôt fraîche, malgré l'apparence polie et gênée des échanges. Le problème de la colonisation commence à poser problème à Berlin comme à Washington, le courant passant toujours bien entre les deux capitales, malgré les écoutes.
  Dans le journal  Maariv, journal de centre droit israëlien, le commentateur Shai Golden va jusqu'à évoquer...« la trahison du principe de l'expiation auquel chaque Allemand doit s'engager pour toujours en parlant d'Israël et des juifs ».
     La Chancelière était vraiment embarrassée: "...Invoquant la condamnation récente par l'Allemagne de la réponse d'Israël au vote de l’ONU, qui a vu Netanyahu annoncer un plan de constructions en Cisjordanie, Mme Merkel a déclaré que l'opposition de son pays à des actions unilatérales des deux côtés signifiait que "sur la question de la colonisation, nous sommes d'accord pour dire que nous ne sommes pas d’accord".    Elle a cependant souligné qu'il s'agissait de la recommandation d'un pays ami. "Israël prend ses décisions lui-même. Nous ne pouvons que donner une recommandation", a-t-elle dit.   Soulignant une fois de plus que l'Allemagne considère Israël comme "la seule démocratie de la région ", elle a insisté que c’est "un pays que nous aimons et avec lequel nous entretenons des relations amicales".
     Le Premier ministre israélien a reconnu l'importance de la relation d’Israël avec l’Allemagne : "Ce n'est pas n'importe quelle relation. Il s'agit d'une relation privilégiée, une relation que nous apprécions profondément. Je suis très reconnaissant du temps que vous consacrez dans le renforcement de cette amitié et de ce partenariat". "Je voudrais profiter de cette occasion pour dire clairement que je n'ai absolument aucun doute sur la profondeur de votre engagement pour la sécurité et le bien-être de l'État d'Israël", a-t-il dit. "Je pense que la racine du problème, ce ne sont pas les implantations. J'espère que nous allons engager une discussion sur une coexistence mutuelle, une paix mutuelle, avec au moins une partie des Palestiniens", a dit Benjamin Netanyahu. "Je n'y ai pas renoncé. Nous ne renonçons pas si vite", a-t-il insisté, ajoutant : "La racine du problème est l’opposition à l’État d’Israël quelles que soient ses frontières".
       A cette occasion, dans la presse israélienne, M. Steinmeier a rappelé mardi le caractère extrêmement singulier des relations germano-israéliennes. Le lien entre les deux États apparaît « comme un miracle » étant donné le contexte historique, souligne-t-il.
   Un miracle de langue de bois?...
___________________

lundi 8 février 2021

Critiquer Israel?

Tabou ou normalité?

                                 Tous les Etats, tous les régimes peuvent et parfois doivent être soumis à la critique politique, au niveau d'une décision particulière prise ou d'une orientation générale. C'est dans l'ordre des choses dans toute démocratie. Sans remise en question, elle cesse d'être.  Pourquoi, l'Etat d'Israël ferait-il exception, au même titre que tous les autres?     D'ailleurs les choix de Netanyahou, pas seulement ses frasques judiciaires, sont régulièrement objets de critiques dans son pays comme sa politique "coloniale".                   Pas seulement dans la presse, comme dans Haaretz, mais aussi dans la rue. Par exemple,  le statut juif donné récemment au pays n'est pas admis par  ceux qui furent proches du pouvoir, comme  Burg. Le sionisme revisité ne fait pas l'accord de tous, loin de là, qu'ils soient croyants, athées ou arabes. L'ONU ne ménagent pas ses critiques dans ses résolutions contre la politique d'extension et d'apartheid de fait qui se développe et se renforce à l'égard des populations cisjordaniennes de plus en plus enclavées.   Tout cela dans la plus grande confusions qui visent à neutraliser les critiques. Les lobbies de la politique israëlienne oeuvrent aussi bien aux USA, dans divers secteurs, que dans les pays européen, notamment l'Allemagne et la France. Mais la critique purement politique a beaucoup de mal à s'exercer et le plus souvent c'est le silence, gêné ou pas qui prévaut, tandis que beaucoup de voix d'intellectuels israëliens sont plus critiques.

                       Point de vue:   "...Aujourd’hui, critiquer Israël en France tient de la mission dangereuse, et c’est, en apparence du moins, un grand succès pour tous ceux qui s’activent à délégitimer l’expression même de toutes les interrogations sur la politique du gouvernement israélien. Le ton est donné : faire oublier le sort de la Palestine au profit de relations politiques et économiques en plein renouveau. Et pourtant l’opinion publique française n’est pas au diapason.  « Je n’en ai que trop parlé ». « Je ne m’exprime plus sur ce sujet ». « Que voulez-vous que je vous dise ? » « En ce moment, vous comprendrez que je n’ai pas envie de vous parler ». « Vous avez sûrement raison, mais la bataille est perdue ». « Bonne chance pour votre enquête » pour les plus aimables. Vouloir interroger des leaders d’opinion, élus, patrons, journalistes, intellectuels, sur les relations entre Israël et la France, sur un éventuel lobby (car l’usage même de ce mot fait débat) agissant en défense d’Israël revient à s’exposer à une grande solitude. Pour cette enquête, j’ai contacté par mail et téléphone environ 200 personnes entre février et novembre 2020. Moins d’une trentaine m’ont répondu.       Circulez, il n’y a rien à dire. Pourtant, c’est une longue histoire que celle des rapports entre la France et Israël, qui remonte aux origines du sionisme et rebondit avec la création de l’État d’Israël en 1948. Et pour beaucoup de témoins lucides, la politique israélienne actuelle s’avère navrante. « De quoi a accouché le rêve sioniste ? De Caterpillar blindés et de systèmes de surveillance des opposants », synthétise Rony Brauman. Réalité basée sur des chiffres : Israël est le huitième marchand d’armes au monde, selon le classement établi par le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), et ses parts de marché ne cessent d’augmenter. Les ventes des trois principales entreprises d’armement du pays, Elbit Systems, Israel Aerospace Industries et Rafael, se sont élevés à 8,7 milliards de dollars (7 milliards d’euros) en 2018, précise le Sipri, et toutes trois figurent dans le top 100 des compagnies mondiales d’armement établi par l’institution suédoise.        Né en 1950 à Jérusalem où il a grandi, médecin, longtemps président de Médecins sans frontières, puis théoricien de l’action humanitaire d’urgence, Rony Brauman (et j’espère qu’il ne m’en voudra pas de ce terme) est ce qu’on appelle une grande conscience. Homme ouvert, affable, curieux de tout, il a coréalisé en 1999 avec Eyal Sivan un remarquable film documentaire sur le procès d’Adolf Eichmann, Un spécialiste, d’après l’ouvrage d’Hannah ArendtEichmann à Jérusalem. Israël, « c’est le seul pays d’extrême droite ouvertement raciste qui est célébré comme une démocratie. C’est une réussite diplomatique certaine pour Israël, mais c’est une réussite discutable : les juifs américains s’éloignent à grande vitesse des pro-Israéliens, les drapeaux israéliens et les collectes pour l’armée sont bannis de synagogues américaines, et c’est un sujet d’embarras pour un nombre croissant de juifs à travers le monde », explique-t-il.  Et pas seulement pour les juifs, et pas seulement en France et aux États-Unis. « Il y a un sentiment d’injustice ressenti par beaucoup de jeunes générations arabes et c’est une donnée très importante dans cette région du monde, dit Gwendal Rouillard, député de La République en marche (LREM) de Lorient dans le Morbihan. Cela nourrit le ressentiment. Quand je dis cela, j’ai l’impression d’être un ancien combattant et pourtant ce discours est d’une modernité totale. Avec ce sentiment d’injustice à l’égard des droits des Palestiniens, nous charrions de telles incompréhensions, de telles humiliations qu’on aurait tort de sous-estimer l’impact de décisions politiques dans les pays arabes. Le conflit israélo-palestinien n’est pas périphérique, il est central ».   Et pourtant le lobby pro-israélien et ses supporters font tout pour le banaliser, l’oublier, n’en faire qu’un maillon du vaste combat mondial entre le terrorisme islamiste et l’Occident, le réduire à un terreau où croitraient les antisémites de tout poil — dont il serait vain par ailleurs de négliger le poids — sous couvert d’antisionisme.      En vingt ans, la grille d’analyse dominante du conflit a changé. La lutte du peuple palestinien contre l’occupation est désormais présentée par les pro-Israéliens comme une forme parmi d’autres de terrorisme. Et les systèmes de surveillance des populations testés par la startup nation contre les Palestiniens dans les territoires occupés qu’évoquait Brauman sont vendus dans le monde entier, à des pays comme la Chine ou l’Arabie saoudite qui ne sont pas des modèles démocratiques.   Il ne faut pas non plus oublier que depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux juifs se sont opposés au sionisme politique, à commencer par les militants communistes et du Bund

1, ou le grand philosophe et théologien juif allemand Martin Buber, qui pensait qu’on ne pouvait pas fonder un État en Palestine sans les Arabes et militait pour un État unique, utopie qui semble aujourd’hui redevenir possible, malgré plus de 70 ans de colonisation. L’extraordinaire personnage qu’était Buber, dont l’ouvrage essentiel Je et Tu influença Martin Luther King, ne pouvait imaginer le sionisme sans justice, et l’écrivit avec force dans Une terre et deux peuples (republié en 1985 par Lieu commun). « Ce que la Bible nous enseigne avec tant de simplicité et de force, et qui ne peut s’apprendre dans aucun autre livre, c’est qu’il y a la vérité et le mensonge et que l’existence humaine se tient inexorablement du côté de la vérité ; c’est qu’il y a la justice et l’injustice et que le salut de l’humanité réside dans le choix de la justice et le rejet de l’injustice ».     Mais « l’embarras » dont fait part Rony Brauman — et quelques autres qui en France sont de moins en moins nombreux à l’exprimer publiquement, contrairement aux États-Unis —, « l’injustice » qui révolte Gwendal Rouillard et d’autres députés (plus nombreux qu’on le croit, mais assez silencieux) n’ont plus droit de citation, tant le courant favorable à Israël semble dominant dans le débat public. Aujourd’hui, critiquer Israël tient de la mission dangereuse, et c’est, en apparence au moins, un grand succès pour tous ceux qui s’activent à en délégitimer l’expression même. Pascal Boniface publiait ainsi Est-il permis de critiquer Israël ? en 2003 chez Robert Laffont. Le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) écrivait alors : « Il n’y a pas de lobby juif, tout simplement parce que la communauté des juifs de France est diverse », mais il y a un « lobby pro-israélien, il comporte bien sûr des juifs, mais aussi des gens qui ne le sont pas ».    Quand il en parle aujourd’hui, Pascal Boniface constate que « les choses n’ont pas changé, mais c’est plus compliqué qu’il y a dix-sept ans. Le débat s’est durci sur place. J’ai eu du mal à publier Est-il permis de critiquer Israël en 2003, mais plus encore de mal pour Les intellectuels faussaires en 2011. Et depuis, je suis persona non grata pour de nombreux médias ».    Et puis il y a ce bruit de fond, que décrit en termes simples un universitaire français bon connaisseur de la région, et qui préfère rester anonyme : le débat sur la laïcité, nourri de projets de loi comme celui sur le séparatisme et alimenté par des courants politiques (en particulier le Printemps républicain, on y reviendra). « Il y a un lien entre l’offensive contre les pro-Palestiniens en France et l’offensive contre le voile et les musulmans. Ce sont finalement les mêmes qui développent l’islamophobie et importent le conflit israélo-palestinien en France, paradoxalement. »   Et puis il y a ce bruit de fond, que décrit en termes simples un universitaire français bon connaisseur de la région, et qui préfère rester anonyme : le débat sur la laïcité, nourri de projets de loi comme celui sur le séparatisme et alimenté par des courants politiques (en particulier le Printemps républicain, on y reviendra). « Il y a un lien entre l’offensive contre les pro-Palestiniens en France et l’offensive contre le voile et les musulmans. Ce sont finalement les mêmes qui développent l’islamophobie et importent le conflit israélo-palestinien en France, paradoxalement. »   Pour les cercles d’influence favorables à Israël, ce n’est donc plus de succès d’estime qu’il s’agit, mais bien de victoire au moins partielle. On est loin de la propagande à deux sous de nombreux sites internet francophones israéliens, comme JSSNews, Le Monde Juif.info, dreuz.info qui déforment et torturent l’information, pratiquent le harcèlement et le mensonge. Contre « l’Arabe » et « le musulman », point de nuance.      Mais ces sites pratiquent un entre soi limité, sous influence de la communauté francophone d’Israël. Environ 50 000 juifs d’origine française vivent dans des colonies et une partie d’entre eux s’ennuie ferme dans ses pavillons climatisés et grillagés. Ils inondent la toile « d’infos » tournant en boucle sur Israël, d’un ton assez pénible. Ils avaient par exemple laissé entendre en 2014 que le jeune Mohamed Abou Khdeir avait été battu et brûlé vif par des Palestiniens parce qu’homosexuel, alors qu’il avait été exécuté par des colons.     Plus encore, la multiplication depuis quatre ans de voyages d’élus, nationaux et locaux — dont Anne Hidalgo, la maire de Paris, à plusieurs reprises — qui publient de belles photos et des témoignages enamourés sur leurs sites ou dans leurs gazettes électorales, de groupes de journalistes choisis à l’influence non négligeable comme on le verra plus loin, et peut-être et surtout de chefs d’entreprise montre que la relation France-Israël est en train de changer. Certes la crise sanitaire a mis un terme provisoire à ces missions d’information et ces séjours de découverte. Je devais ainsi accompagner au printemps 2020 une délégation de chefs d’entreprises de l’est de la France dont le voyage a été évidemment remis sine die. Mais, par exemple en octobre 2018, 185 patrons bretons ont débarqué à Tel-Aviv pour un voyage exploratoire organisé par l’union des entreprises d’Ille-et-Vilaine. « Israël leur a fait du charme », résume Ouest-France. On a parlé investissements, marchés, mais pas « guerre et conflits ». « J’étais un peu inquiet au départ, raconte un des patrons bretons, c’est plus ou moins la guerre, croyais-je ». Les perspectives l’ont enchanté, les interlocuteurs étaient affables, les hôtels agréables.      Israël est un marché petit, mais dynamique et la présence économique française y est encore modeste. L’ambassadrice de France en Israël d’alors, Hélène le Gall, elle-même issue d’une famille du Morbihan, a reçu les patrons bretons dans les jardins de sa résidence de Jaffa et les a encouragés à suivre l’exemple de la startup nation pour faire de la Bretagne une « startup région ». Pas de politique au programme, pas de Palestine, ou par incidence, rapport au climat des affaires. Il y eut aussi, en 2019, une délégation de leaders de plusieurs grands groupes français, dont des dirigeants du mastodonte Bouygues (au cœur du business et du pouvoir, BTP, télécoms, médias). Tous reviennent emballés de leur voyage initiatique dans les rouages de la startup nation.              À Tel-Aviv, la diplomatie économique fait son job. La cellule locale de Business France, structure de Bercy chargée d’accompagner les investissements français à l’étranger chère au cœur d’Emmanuel Macron, sert d’interlocutrice aux entreprises qui souhaitent se développer sur place.   Un chef d’entreprise français installé de longue date en Israël que j’interroge par téléphone sur la Palestine ne me répond pas. Silence sur la ligne. Je répète ma question, il reste silencieux. Je répète une troisième fois et puis j’ai compris. Il s’en fout. « L’économie n’est plus dirigée par la politique, confirme-t-il un peu plus tard dans notre conversation. Il y a des Israéliens qui font du business, il y a des Palestiniens qui font du business, ils s’en foutent de Nétanyahou, ils veulent juste travailler ensemble. » J’interpelle un député français de LREM sur la position de son parti au sujet du conflit israélo-palestinien, tant il semble y avoir un grand écart entre les positions de ses collègues comme Sylvain Maillard, qui s’affiche tout sourire au Cercle interallié à Paris avec des représentants des colonies, et Gwendal Rouillard qui s’oppose avec détermination à l’expansion des mêmes colonies. Il reste lui aussi muet. Je lui repose ma question à deux reprises. Il se contente d’argumenter sa non-réponse en me répétant « trois petits points de suspension »…Ces silences semblent d’autres signes d’une victoire des pro-Israël en France. « La Palestine semble une cause perdue et en plus, en s’y engageant, on craint d’être qualifié d’antisémite. Cela ne va pas du tout, cela ne tourne pas rond », s’indigne Clémentine Autain, députée de La France insoumise (FI) de Seine-Saint-Denis. Et pourtant, l’opinion publique n’est pas au diapason, et s’obstine à soutenir la Palestine. Selon un sondage IFOP réalisé en mai 2018 pour le compte de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), 71 % des Français pensent « qu’Israël porte une lourde responsabilité dans l’absence de négociations avec les Palestiniens ». Ils le disent peu, mais ont pour 57 % une « mauvaise image » d’Israël et pour 69 % le sionisme est « une idéologie qui sert à Israël à justifier sa politique d’occupation et de colonisation des territoires palestiniens ». Mais ils agissent peu à ce sujet, peut-être par crainte de cette confusion entretenue entre antisionisme et antisémitisme, très présente dans les esprits. Pour 54 % des Français en effet, « l’antisionisme est une forme d’antisémitisme ».     Pourtant là encore, la manœuvre n’est pas un franc succès. Ajoutant l’antisionisme à la définition de l’antisémitisme, en s’inspirant de l’International Holocaust Remembrance Alliance (Ihra) la « résolution Maillard » a été adoptée en novembre 2019 par une chiche majorité à l’Assemblée nationale : 154 pour contre 72 et 43 absentions sur un total de 577 députés, plus de 300 élus pour beaucoup du parti du président n’ayant pas pris part au vote, ce qui indique de véritables fractures, j’y reviendrais. « On ne joue pas avec l’antisémitisme, écrit Esther Benbassa, sénatrice Europe Écologie Les Verts (EELV) de Paris. Arrachons la critique d’Israël aux griffes de la propagande du gouvernement israélien actuel. Une critique politique, nullement antisémite ».     Mais l’autrice de Être juif après Gaza, publié en 2009, qui se demandait alors, dans la lignée de Buber, comment « en devenant israéliens, ces juifs ont-ils été frappés d’amnésie jusqu’à oublier les principes premiers de l’éthique, socle de leur être juif ? » se sent parfois bien isolée. « Le fait que je soutienne la cause palestinienne signifie que je ne suis pas la personne la plus aimée des juifs français », confiait-elle au journal Haaretz l’été dernier. Historienne, Esther Benbassa s’inquiète autant de la montée du racisme en Israël et en France que de la progression de l’antisémitisme dans notre pays. Que des esprits faibles abreuvés depuis des années par les atrocités révisionnistes du militant d’extrême droite Alain Soral ou de son compère l’ancien comique Dieudonné proclament sur la toile et parfois dans la rue un antisionisme qui n’est que le cache-sexe de leur veulerie antijuive, c’est une évidence.   Mais il est une autre évidence : jamais les partisans d’Israël n’ont été aussi actifs dans les institutions et les sphères publiques. On peut l’appeler « lobby », ou préférer le terme plus neutre de « cercles d’influence », le débat n’est pas sémantique, mais bien politique. On ne semble pas avoir saisi l’activisme en profondeur des « pro-Israël » à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les conseils des mairies de Paris, à Nice et dans d’autres grandes villes, dans les chambres de commerce et les salles de rédaction..." (suite) -2-  ____________

lundi 3 mars 2014

Israel et ses lobbies

 Permanences et vicissitudes
           Notes sur des  lobbies  en voie de transformation vis à vis d'un pays en constante mutation.
                                                                       Retour de bâton prévisible: la colonisation, souvent masquée, toujours déniée, mais toujours continuée, ne pouvait que se retourner contre l'extrême droite israëlienne et sa ligne politique constante, quelles que soient ses promesses.
  "Le gouvernement israélien est embarrassé parce que la plupart de ses membres refusent la position de la communauté internationale sur la colonisation. Pour l’ONU et pour la quasi-totalité de ses membres, Israël occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, conquis durant la guerre des Six Jours en 1967. En construisant des villes, des places fortes, des quartiers, qui abritent aujourd’hui 7 % de sa population – 350 000 habitants en Cisjordanie, 200 000 à Jérusalem-Est, l’État hébreu viole le droit international.    Le gouvernement Netanyahou accepte d’autant plus difficilement ce point de vue qu’il compte plusieurs ministres issus de ces localités. Les colons ont en effet de nombreux relais dans différents partis de droite ainsi que dans l’armée et dans l’administration, qui affecte chaque année des dizaines de millions d’euros aux implantations. Or, à leurs yeux, dénoncer le droit d’Israël à la terre de Judée-Samarie – la Cisjordanie –, c’est porter atteinte au droit à l’existence de leur pays, c’est faire preuve d’antisémitisme. Le hiatus sur cette question cruciale est sans doute davantage perceptible aujourd’hui qu’hier du fait de la forte baisse de la violence en Cisjordanie. Le silence des armes permet de mieux appréhender d’autres formes de contrainte et de violations du droit..."
              L'antisémitisme, reste toujours l'argument instrumentalisé par le pouvoir. Comme le souligne Esther Benbassa: "La thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique 
                A l'heure même où  Amnesty International dénonce l’impunité d'Israël,   les relations sont de plus en plus problématiques entre l'Union européenne et Tel-Aviv, ce qui constitue une certaine nouveauté par rapport au passé..
Même des tensions commencent à se manifester avec l'Allemagne, généralement plus bienveillante à l'égard d'Israël.(1)  
      Mais le travail des lobbies toujours actifs de par le monde, en France comme au Canada et aux USA surtout, ne cesse pas (même s'il est encore discuté parmi les spécialistes américains).
 L'alliance solide et profonde qui unit les États-Unis et Israël depuis plus de soixante ans est communément attribuée à l'influence d'un lobby juif tout-puissant qui tirerait les ficelles de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. Or cette vision réductrice néglige un aspect essentiel de la question : aujourd'hui, aux États-Unis, les supporters d'Israël les plus fervents et les plus nombreux sont issus de la droite chrétienne. (1)
Les mouvements plutôt de gauche aux USA se désinvestissent de plus en plus d’Israël et le gouvernement montre son irritation.
                 La société israëlienne, elle, tend à se diversifier toujours plus, sous l'effet de nouveaux migrants, russophones surtout, constituant peu à peu une nouvelle  mosaïque.
  "...Ce qui caractérise la société israélienne en effet, c’est un multiculturalisme de nature antagoniste et engagée en vertu duquel chaque communauté ethnique, linguistique ou religieuse est détentrice d’une vision, d’un rêve et surtout d’une exigence sur la totalité de la collectivité politique. Ainsi, loin de se dissoudre dans l’indifférence de ses parties les unes aux autres, la mosaïque hébraïque demeure à présent cimentée par la force centrifuge de sa conflictualité..."
     Une mosaïque qui ne va pas sans conflits, sans tensions internes parfois. (2)
 Des intellectuels israëliens ne ménagent pas leur critiques par rapport au sionisme revendiqué et les nouveaux penseurs et historiens postsionistes, comme Finkelstein ou Shlomo Sand ne se privernt pas de démystifier certains mythes, pour faire d' Israël un Etat normal, répondant au droit international.
___________________
(2) Comme l'avoue le cinéaste israëlien  Nadav Lapid (« Le policier »), sorti il y a deux ans, et qui, lui aussi, radiographiait les bouleversements de la société israélienne:« À l’étranger, on a souvent une image idéalisée de ce qui se passe en Israël et les films n’y sont pas pour rien… Les Israéliens ne passent pas leur journée à parler de l’Etat palestinien. De façon assez tragique, pour la majorité d’entre eux, le conflit appartient au passé. Une idée basique et terriblement primaire s’est imposée : le camp palestinien est une bonne fois pour toutes celui des méchants. »  Il ajoutait :
     « Le mythe fondateur du “ Tous ensemble contre les autres ”, ressemble à la façade d’un immeuble. Au fil des années, les failles se voient de plus en plus. Et, progressivement, il n’existe plus qu’une gigantesque faille, qu’il faut tenter de masquer par tous les moyens..."

____________________________

jeudi 27 mars 2025

Miracle à Jérusalem?

  Rencontre surréaliste dans ce noeud gordien

    Jordan, Marion  et d'autres à Jérusalem,  invités par Bibi            

           Une dédiabolisation jugée nécessaire, mais totalement amnésique...Un rapprochement controversé.

    Il y a comme un malaise...devant la grande confusion.

                 "...Une nouvelle occasion pour le président du RN de prétendre que son parti est « le meilleur bouclier pour les juifs de France », selon l’élément de langage martelé par les caciques du mouvement depuis le 7-Octobre. Le soutien sans réserve à la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou depuis dix-huit mois a permis un rapprochement voulu de longue date par un parti fondé par un ancien Waffen-SS et un membre de la Milice, et dirigé pendant quarante ans par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour des propos antisémites ou négationnistes..."
          Comme dit  Charles Enderlin: ...

   "Il y a une certaine surprise en France à voir le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou inviter une figure comme Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), héritier du Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen, et plus largement des représentants de l’extrême droite européenne, qui seront présents à la conférence sur la lutte contre l’antisémitisme organisée à Jérusalem mercredi 26 et jeudi 27 mars. Pourquoi franchir cette ligne rouge maintenant ?    Cette ligne est franchie depuis longtemps. Simplement, jusqu’à présent, on évitait d’inviter officiellement ces personnalités de l’extrême droite européenne pour ne pas trop énerver certains gouvernements, et surtout les communautés juives en Europe qui luttent contre l’antisémitisme. Cela faisait trop de bruit. Mais il faut rappeler que le gouvernement Netanyahou est le plus à droite, le plus religieux et le plus annexionniste de l’histoire d’Israël. L’idéologie dominante aujourd’hui, et depuis le retour de Netanyahou en 2009 [le pouvoir lui ayant échappé durant une parenthèse d’un an et demi en 2021-2022], est une idéologie d’extrême droite, radicalement opposée à la gauche. Plusieurs ministres, qu’ils soient du Likoud [la formation de Netanyahou], du Parti sioniste religieux ou d’Otzma Yehudit [« Puissance juive » en hébreu, composé des héritiers du rabbin raciste Meir Kahane], sont des ultranationalistes religieux. Et ce qui unit ce gouvernement avec les droites nationalistes européennes, c’est une opposition générale à l’immigration arabe. C’est le socle idéologique commun à tous ces mouvements...Israël n’exporte pas que des start-up, il exporte aussi une idéologie. Yoram Hazony, par exemple, est un intellectuel religieux messianique. C’est lui qui a édité le livre-programme de Netanyahou en 1993 où celui-ci exposait son idéologie : refus d’un Etat palestinien, défense d’une forme de suprématie juive. Hazony est aujourd’hui le grand promoteur du nationalisme intégral. Il a publié « la Vertu du nationalisme », un best-seller dans les milieux nationalistes européens. Il est invité chez Orbán, chez les Polonais, chez les Italiens. Il participe à toutes les grandes conférences du National Conservatism. Il a même créé à Washington une fondation nommée Burke, du nom d’un parlementaire britannique du XVIIIe siècle farouchement opposé à la Révolution française et à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ironie de l’histoire : cette déclaration qui a marqué l’émancipation des juifs est donc aujourd’hui combattue par un intellectuel juif israélo-américain. Marion Maréchal a déjà participé à des conférences du National Conservatism où Hazony était le principal intervenant...."




   Des raisons surtout  électorales, bien entendu...




LE RN INVITÉ D'HONNEUR EN ISRAËL : OFFICIALISATION DE L'UNION DES FASCISTES ET DES SIONISTES
C'est l'aboutissement d'une opération monstrueuse de renversement du réel, qui fait passer les héritiers de Pétain et d'Hitler pour les défenseurs des juifs, et les héritiers des forces issues de la Résistance, celles qui soutiennent aujourd'hui la Palestine, pour des antisémites.
⚫ Bardella invité d'honneur en Israël pour parler d'antisémitisme
Ce mercredi 26 mars et jeudi 27 mars, Jordan Bardella, président du Rassemblement National, est reçu officiellement en Israël à l'invitation de Netanyahou, alors que le génocide à Gaza reprend avec férocité.
Le représentant du plus grand parti d'extrême droite français, créé par des pétainistes et des SS, et dont le fondateur Jean-Marie Le Pen a tenu des propos antisémites et révisionnistes jusqu'à son dernier souffle, est donc convié en grande pompe par les plus hautes autorités israéliennes. Jordan Bardella assistera à une conférence, tenez-vous bien, sur «la lutte contre l'antisémitisme». L'événement se conclura par une allocution de Netanyahou, par ailleurs visé par un mandat d'arrêt international pour «crime contre l'humanité». Parmi les autres invités, Marion Maréchal, ancienne élue du RN, qui a un temps été membre de Reconquête, parti ouvertement pétainiste. Pour l'extrême droite française, c'est un immense pas en avant dans sa stratégie de dédiabolisation : le RN qualifie cette invitation «d'historique».
À l'initiative de ce rapprochement officiel, le ministre d’extrême droite israélien chargé de la diaspora, Ami’hai Chikli. Il y a quelques semaines, la presse révélait que le ministère des Affaires étrangères israélien avait chargé ses ambassades de discuter avec le Rassemblement National en vue d'alliances, en échange d'un soutien inconditionnel. Le RN rêvait depuis longtemps d'être reçu en Israël, c'est chose faite.
⚫ Le Likoud sur les bancs de l'extrême droite européenne
Le Likoud, le parti de Netanyahou, vient de rejoindre les rangs de l'alliance d’extrême droite baptisée «Patriots.eu», sur les bancs du parlement européen. Comment est-ce possible, puisqu'Israël n'est pas membre de l'Union Européenne ? Le Likoud a été nommé «membre observateur». C'est la première fois qu’un parti non européen rejoint cette coalition.
«Patriots.eu» est une alliance de partis d'extrême droite fondée par le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Vous savez, ce président qui autorise et protège des marches néo-nazies en Hongrie, où des milliers de personnes défilent en uniformes SS ou avec des symboles du Troisième Reich, mais qui traque et arrête les antifascistes. Visiblement, Israël n'y voit pas d’inconvénient. Ce même groupe est dirigé par Jordan Bardella. On y trouve aussi le Parti de la Liberté (FPÖ), grand parti fasciste autrichien, héritier direct des nazis. Le parti allemand néo-nazi Alternative pour l’Allemagne (AfD) souhaite également rejoindre Patriots.eu, et y sera probablement bientôt admis.
Il faut se rendre compte de la charge symbolique affolante de cette jonction. Le parti qui gouverne Israël rejoint les forces politiques européennes directement issues des fascismes qui ont planifié et mis en œuvre le génocide des juifs d'Europe. Des forces elles-mêmes héritières de l'antisémitisme séculaire européen et de persécutions terribles contre les juifs. C'est une union monstrueuse, une jonction opérée sur la base d'une entente raciste et coloniale commune, motivée essentiellement par la haine des arabes en général et des palestiniens en particulier.
⚫ Verrou républicain
Les fascistes israéliens sont gagnants : ils tissent ainsi un réseau de partis alliés dans toute l'Europe, qui les appuiera quels que soient les crimes commis à Gaza ou en Cisjordanie. Les fascistes français sont gagnants eux aussi, puisque ce soutien permet de blanchir leur image. L'ancien chef du Front National, Louis Alliot, expliquait dès 2013 que le seul «verrou» à «faire sauter pour réussir à conquérir le pouvoir était l'antisémitisme».
Ce verrou a aujourd’hui sauté. Dès le 12 novembre 2023, le RN marchait avec les macronistes dans une prétendue «manifestation contre l'antisémitisme» qui était en réalité une grande célébration de l’alliance de la droite et de l’extrême droite contre la gauche et les arabes. C'était l'explosion définitive du verrou «républicain» et de toutes les boussoles politiques. La porte-parole des macronistes Yaël Braun-Pivet déclarait alors que «c'était toute la république qui défilait». Voilà comment était redéfinie la République : du Rassemblement National à Macron. Tout le reste étant désormais considéré comme antisémite et anti-républicain.
Cette manifestation de novembre 2023 a été un coup politique énorme. Il se poursuit avec l'officialisation du rapprochement qui a lieu actuellement. À présent, le Rassemblement National veut même pousser l'avantage. Alors que le CRIF, institution française pro-Israël, a émis quelques réserves sur l'accueil de Bardella à Jérusalem, Marine Le Pen a contre-attaqué en déclarant : «Le CRIF est une structure de gauche. C'est à nos compatriotes de confession juive, peut être de dégauchiser le CRIF». Le CRIF n'a pourtant rien de gauche, il passe son temps à diffamer LFI et les luttes pour la Palestine. Mais ce n'est pas suffisant pour le RN, qui entend bien inféoder les officines pro-israéliennes de France à son parti.
⚫ De l'antisémitisme au soutien à Israël
Pourquoi des antisémites et parfois même des nostalgiques d’Hitler se rangent-ils derrière Israël ? Cela paraît fou mais c’est très simple : l’extrême droite occidentale aime Israël pour la même raison qu’elle haïssait les juifs il y a 100 ans. L’antisémitisme européen voyait les juifs comme des «déracinés», des «apatrides» des «cosmopolites», sans État dont suspects par nature, déloyaux et vus comme potentiellement révolutionnaires, donc impossibles à assimiler.
C’est la même extrême droite qui adore Israël en tant qu’État militarisé, religieux, ethnique, ancré sur un territoire, expansionniste et raciste. Elle adorerait appliquer les mêmes mesures en France. Il n’y a aucune contradiction, même si cela parait déconcertant : les fascistes sont antisémites pour les mêmes raisons qu’ils sont pro-Israël !
Il n'y a pas d'incompatibilité entre l’antisémitisme européen séculaire et le sionisme. De son côté, Netanyahou lui même tient des propos plus révisionnistes que les pires néo-nazis européens. En 2015, il déclarait que «Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs», affirmant que les palestiniens seraient les vrais responsables de la Shoah. Le 23 janvier 2025, après le salut nazi du milliardaire propriétaire de Tesla lors de l’investiture de Trump, il écrivait sur le réseau X : «Elon Musk est faussement diffamé. Elon Musk, c’est un grand ami d’Israël». Ainsi, dans un pacte mortifère, l’extrême droite israélienne déresponsabilise l’extrême droite européenne, elle l’absout de ses crimes.
Nous assistons à une coalition des nationalistes et des suprémacistes partout dans le monde, qu’ils soient en Israël, en Europe ou en Amérique, unis par le même élan : coloniser, tuer, expulser, écraser les plus faibles. _____