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vendredi 22 novembre 2024

Le piège

Diviser pour mieux régner [Notes de lectures]

            Jouer avec le feu. Calcul machiavélique et impasse tragique. (ici)

                         De la dénégation à la réalité. Prémonition? Naguère déjà Yossi Alpher, un ancien fonctionnaire appartenant au Mossad, le service de renseignements, et ex-conseiller sur les négociations de paix à l’époque où Ehud Barak était Premier ministre, estime que le blocus de la bande de Gaza était un stratégie vouée à l’échec et qui pourrait renforcer le Hamas. « Je ne pense pas que quiconque puisse produire des preuves évidentes montrant que le blocus ait été contre-productif, mais il n’a certainement pas été productif. Il est très possible qu’il ait été contre-productif. C’est une punition collective, une souffrance [au plan] humanitaire. Il n’a pas conduit les Palestiniens dans la bande de Gaza à se comporter de la façon dont nous le voulions. Alors pourquoi le faire ? » déclare-t-il. « Je pense que des gens ont vraiment cru que si on affamait les habitants de Gaza, ils contraindraient le Hamas à cesser les attaques. C’est la répétition d’une politique vouée à l’échec, déraisonnable ».

                             " Le 7 octobre dernier, Israël était frappé par l’attentat terroriste le plus important de son histoire. Derrière lui, le Hamas laissait des milliers de victimes civiles, directes et indirectes – morts et blessés, traumatisés et endeuillés. Une année durant, le gouvernement de Netanyahou devait méthodiquement pilonner et affamer la Bande de Gaza. Les forces armées israéliennes devaient se livrer à des tueries de civils à un rythme inédit pour le XXIè siècle, tandis que les dirigeants multipliaient les propos considérés comme génocidaires par la Cour internationale de justice (CIJ). À Israël comme à Gaza, le conflit renforçait les forces maximalistes. Tandis que le Hamas était concurrencé par des groupes armés plus radicaux – notamment le Jihad islamique -, Netanyahou se pliait à l’agenda d’une extrême droite suprémaciste. Ce renforcement mutuel n’est pas neuf. Il remonte en réalité à l’assassinat de Yitzhak Rabin. Les dirigeants israéliens, conscients que l’hégémonie du Hamas leur fournirait une justification pour refuser la création d’un État palestinien, ont contribué à le renforcer. Retour sur un sabotage méthodique des issues pacifiques.       la progression du Hamas donne du grain à moudre à la droite (dominée par le Likoud), prompte à qualifier de « terroriste » toute forme d’opposition à la colonisation. Déjà fragile, la confiance de la population à l’égard des processus de pacification s’érode davantage. Il faut dire que la stratégie israélienne n’était pas totalement étrangère à cette montée en puissance du Hamas. En 2006, le reporter Charles Enderlin en résumait la teneur dans Le Monde : « depuis trente ans, les dirigeants israéliens ont misé sur les islamistes pour détruire le Fatah » [NDLR : le principal mouvement de l’OLP]. Depuis les années 1970 en effet, les gouvernements successifs avaient fait le pari de soutenir les Frères musulmans palestiniens pour affaiblir l’OLP. Les premiers étaient tolérés, voire encouragés, tandis que la seconde était prohibée et réprimée. Dans un premier temps, ce choix pouvait s’expliquer par une mésestimation du danger représenté par la mouvance islamiste1. Mais cette orientation stratégique a perduré bien au-delà de la création du Hamas....     


                                                                                                                        
Yitzhak Rabin déclarait que le Likoud était « le meilleur collaborateur dont le Hamas puisse rêver ». Amos Oz ajoutait que le Hamas était « le meilleur instrument que les faucons extrémistes d’Israël avaient à disposition ».                                                  En 2007, alors qu’une guerre civile sanglante déchirait le Hamas et le Fatah à Gaza, le chef des services secrets israéliens Amos Yadlin se déclarait « heureux » de la perspective d’une « conquête par le Hamas de la Bande de Gaza », qui « [permettrait] de la traiter comme un État hostile », ainsi que le rapporte Wikileaks. Durant les mandatures de Benjamin Netanyahou (au pouvoir de 2009 à 2019 puis à partir de 2022), ce soutien tacite au Hamas a continué, soulevant l’indignation répétée de la gauche israélienne.            __
Le Premier ministre a notamment autorisé, sans aucun contrôle, des transferts de fonds qataris et iraniens vers Gaza – autrement soumise à un blocus – qui ont directement alimenté la branche militaire du Hamas. Benjamin Netanyahou a défendu cette politique lors d’une entrevue à la Knesset, en des termes rapportée par plusieurs médias israéliens, dont Haaretz et The Times of Israël : « Quiconque s’oppose à la création d’un État palestinien devrait soutenir l’afflux de fonds vers Gaza, car la séparation entre l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas à Gaza empêchera l’établissement d’un État palestinien. »  Au-delà de ces manoeuvres, la politique menée par le premier ministre israélien a contribué à empêcher tout rapprochement entre le Hamas (hégémonique à Gaza) et le Fatah (au pouvoir en Cisjordanie). En 2006, ce dernier refusait de reconnaître la victoire de son concurrent aux élections législatives. De violents affrontements s’en sont suivis : le Fatah a été évincé de la Bande de Gaza, tandis qu’il est demeuré au pouvoir en Cisjordanie (sous l’appellation « d’Autorité palestinienne »).                                                                                  Le Hamas, maître à Gaza, est resté ouvert à une réunification des institutions palestiniennes, tant et si bien qu’en 2014 un pacte est entériné : l’Autorité palestinienne est rétablie dans ses fonctions sur la Bande, tandis qu’un gouvernement unitaire est instauré. Cet accord ne survit pas aux bombardements commandités par Netanyahou en juin, qui accuse le Hamas de la mort de trois adolescents israéliens enlevés dans la zone d’Hébron.                               Cette nouvelle période de tueries signe la fin du rapprochement intra-palestinien. Ainsi que l’écrit le chercheur Jean-Pierre Filiu : « En cet automne 2014, le Hamas peut être reconnaissant à Netanyahou de l’avoir sorti d’une impasse qui aurait pu lui coûter son pouvoir sans partage dans la bande de Gaza. Les pilonnages féroces de l’armée israélienne ont en effet rendu sa légitimité à la “résistance islamique”2. » Plus largement, ajoute-t-il, la cruauté du blocus imposé à Gaza accroît l’emprise de l’organisation sur la Bande : « le refus israélien de desserrer significativement l’étau du siège fait aussi le jeu du Hamas. Le contrôle sourcilleux des points de passage par Israël permet en effet au Hamas d’affecter prioritairement les secours ainsi chichement admis à sa propre clientèle de sympathisants3. » Le « cauchemar dans le cauchemar », ainsi que le qualifie un manifeste gazaoui en 2010, était amené à durer..."                                                                                                                       Comme le note Charles Enderlin « Benjamin Netanyahu a joué avec le feu. De retour au pouvoir en 2009, poursuivant la stratégie de ses prédécesseurs, il a favorisé le contrôle de Gaza par le Hamas. Cette politique destinée à empêcher la création d'un État palestinien, renforcée par son soutien au messianisme juif et au développement de la colonisation a, le 7 octobre 2023, conduit Israël à la plus grande défaite militaire et politique depuis sa création. À partir de sources souvent exclusives, il me fallait raconter et analyser les erreurs de calcul, l'incompréhension, la cécité des dirigeants israéliens et des responsables du renseignement face à l'islam radical. Un aveuglement qui a débuté dans les années soixante-dix lorsque les Israéliens croyaient que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas en 1987, pouvait être "l'antidote à l'OLP", comme, à Washington, la CIA était persuadée qu'Oussama Ben Laden et les Talibans pouvaient servir de rempart au communisme.  Les deux fondamentalismes, juif et musulman, mènent aujourd'hui le Proche-Orient vers une guerre de religion. Il appartient à la communauté internationale d'arrêter cette marche insensée vers de nouvelles tragédies... » [Charles Enderlin]                                                              Et pendant que Gaza se meure...  __________________

vendredi 1 août 2014

Colères israëlo-juives


 "Comment cela va-t-il finir?" demandaient de jeunes Israëliens démoralisés en 1970. Ezer Weisman répondait:"Il faut d'abord savoir comment cela a commencé"

 Les rêves de paix sont désormais vains. L'existence de tunnels creusés entre la bande de Gaza et le territoire israélien devient l'excuse parfaite pour Israël de rester en Cisjordanie, écrit, amer, ce chroniqueur de Ha'Aretz, Zvi Bar'el.
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                   Des Juifs et des Israëliens en colère, mais déchirés, divisés...

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       Une petite tréve-alibi, un cessez-le-feu éphémère ... le massacre continue. L'aveuglement aussi.
A croire que Dieu lui-même semble avoir  abandonné sa terre d'élection... 
        Dans ce que l'Israëlien Zeev Sterhell appelle un désastre sans nom, les USA, enfin, du bout des lèvres, troublés, condamnent, pour la forme, parce que des écoles de l'ONU sont visées et que les morts civils s'accumulent un peu trop médiatiquement, mais réarment par ailleurs.
    Lors de l'opération "plom durci" les instances onusiennes étaient allées jusqu'à parler de crime de guerre. (Rapport Goldstone, finalement édulcoré) (1)
                Aujourd'hui, silence ou bonne conscience....Sans sanction financière, Kerry n'obtiendra rien de Netanyahou, qui se vantait de tenir Washington.. 
      Un Juif modéré s'en émeut, mais sans faire une analyse de la génèse du conflit.
La France, "courageusement", suit l'Oncle Sam. Villepin est une exception...Le silence tue aussi.
       Sauf que là-bas quelques rares voix officielles se manifestent, comme celle de l’ancien secrétaire d’État Zbigniew Brzezinski qui a déclaré sur CNN : « Netanyahu est en train d’isoler Israël. Il met le futur de son pays en danger. Je crois que nous devrions dire clairement que nous désapprouvons ce qu’il fait, que nous ne le soutenons pas, et que cela va nous inciter, avec le reste de la communauté internationale, à prendre des initiatives visant à légitimer les aspirations palestiniennes, peut-être aux Nations unies. »
                                  Pendant ce temps, dans le pays et en dehors, des citoyens israëliens, et des Juifs indépendants de par le monde, le plus souvent minoritaires mais déterminés, essaient de faire entendre leurs voix, pas toujours audibles dans le climat de peur, largement instrumentalisé depuis longtemps par la droite israëlienne et les ultras, qui on pris l'ascendant sur le chef du gouvernement, du fait même de la composition de la Knesset.     La "Maison juive" est le parti symbole de la droite dure. (2)
        Leur plus rude combat est de dissocier la critique de la politique israëlienne du moment de l'accusation d'antisémitisme (ou de juifs honteux) qu'on leur renvoie classiquement, pour neutraliser leurs objections.
                         Les voix dissidentes en Israel , opposées à la propagande de guerre du régime depuis Sharon ne manquent pas, revendiquant souvent le courage de Rabin, mort sous les coups d'un rabbin fanatique.
  Un organe de presse critique comme Haaretz continue de garder ses distances et sa liberté de ton, condamnant l'absence de vision à long terme du gouvernement de coalition et le piège dans lequel il s'enferme.
    Le journaliste Gidéon Levy parle sans peur, contre l' intimidation et la confusion ambiantes entretenues, considérant la solution politique comme la seule possible pour un avenir viable.
    Eros Sana met en évidence le système  d'apartheid qui s'installe de fait.
                  Des Israëliens modérés élèvent la voix, sans oublier les critiques de Leibowitz, de S.Sand, A. Burg, et de bien d'autres.
Même des officiers osent s'exprimer,  des soldats israëliens aussi, certains allant jusqu'à refuser de porter les armes.
  Nous n'avons rien essayé d’autre que la force , dénonce une ONG de soldats israëliens
           Dans un contexte où la droite se radicalise et la gauche est dans l'impasse, la critique devient difficile, étant données aussi les divisions profondes de la société israëlienne, où la politique néolibérale de Netanyahou creuse les inégalités.
                Des Juifs non israëliens, croyants ou non, se joignent à ces voix, par le biais d'organisations comme La Paix Maintenant ou l' UJFP, sans rejoindre toujours la radicalité de certains mouvements juifs antisionistes américains, surtout ultraorthodoxes.
     Norman Finkelstein ne mâche pas ses mots
Esther Benbassa ne cache pas ses choix, contre les ultrasionistes violents, qui ne vivent pas qu'en Cisjordanie. L. Azelard de même, contre les amalgames de Roger Cukierman..
     Certains ne veulent plus retourner en Israël
     Michèle Sibony s'indigne de l'inaction des grandes puissances. Michel Warschawski dénonce la tragédie en cours.

    Richard Wagman montre que la question palestinienne est d'abord une question juive.
   En tous cas, un  nouveau seuil a été franchi.
         La logique d'un système dont ne voulait pas les fondateurs doit être brisée, pour que d'authentiques projets de paix puissent refleurir.  Alors que le Hamas allait entamer son rapprochement avec le Fatah modéré, la solution militaire est une provocation, un échec et une illusion. La solution n'est pas (qu') à Tel-Aviv...(3)
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      (1) Entre la guerre des six jours et celle d'Irak (entre 1967 et 2003), plus du tiers des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies a été transgresssé par un seul Etat; Israël, concernant surtout la colonisation  de territoires palestiniens..
      (2) Le plus inquiétant des leaders actuels du Likoud, rival de Netanyahou est sans aucun doute Moshe Feiglin, aux propos pour le moins sulfureux.
 Comme le fait remarquer Akiva Eldar dans Haaretz du 30 janvier (« Netanyahu or Feiglin, Israel’s future still looks dark »), Feiglin sert aussi à faire apparaître Netanyahou comme un « modéré », alors même que le premier ministre israélien applique à la lettre la politique voulue par ces extrémistes, refuse toute véritable négociation et étend la colonisation. Eldar conclut ironiquement en appelant à voter pour Feiglin-yahou !
 Est-ce le plan de Feiglin qui est en cours à Gaza ? On peut le redouter... 
                  En Israël, l’extrême droite se déchaîne, en toute impunité
31 juillet 2014 |  Par Pierre Puchot
En Israël, il ne se passe désormais plus trois jours sans qu’une manifestation contre la guerre à Gaza ne fasse l’objet d’une violente répression de la part des militants d’extrême droite. Jafar Farah dirige le centre Mossawa, dédié à l’étude des discriminations subies par la communauté arabe en Israël. « Une manifestation de haine à cette échelle, plus seulement de la part des colons de Cisjordanie, je n’ai jamais vu cela, c’est un phénomène nouveau », dit-il..............
       (3) Le 27 novembre 1967, le Général de Gaulle déclarait sur les suites de la guerre israëlo-arabe: "L'occupation ne peut aller sans oppression, répression, expulsion, elle engendre la résistance |[qu'Israël] qualifie de terroriste... 
____ Nelson Mandela, « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte.. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense » (Nelson Mandela, « un long chemin vers la liberté »).
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- Démystifications  (The Nation) 
-  Journalistes israëliens et la guerre
- Gaza: l'effroi
- Le judaïsme libéral en France

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lundi 6 novembre 2023

Le fléau

                                                     Il renaît de ses cendres, plus  offensif que jamais, sous des formes diverses, pas toujours détectables pour un esprit non averti..  L'antisémitisme vient de loin, lui qu'on voit hélas! refleurir dans la rue, dans la presse, sur les ondes. Comme un virus qui resurgit périodiquement, notamment à l'occasion de crises confessionnelles ou/et politiques. Un phénomène récurrent dont on peut faire la triste histoire depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours et dont on peut analyser les ressorts et les causes, malgré son aspect largement irrationnel. C'est en lisant très jeune Alfred Memmi que j'ai découvert l'ampleur de ce problème, de cette hydre qui revient en ces temps bouleversés, lui qui sévissait sous une forme des plus barbares en 1943: "....« L’antisémitisme bat son plein parmi les Français. Si c’est cet état d’esprit qui s’impose en France après la guerre, nous sommes foutus. À moins qu’une réaction ne vienne de la France même » (Journal, 13 juin) ..."                                         Une forme de racisme, qui revient périodiquement et qui peut servir bien des intérêts, souvent inavoués, Il n'est pas toujours proclamé, érigé même comme doctrine d'Etat. Dans le cadre de la théorie du bouc émissaire, très bien décrit par A. Girard. L'antisémitisme n'est pas constant, mais on en trouve déjà des prémisses dans l'Antiquité. Un phénomène multicausal, qui trouvera son apogée dans le programme génocidaire du Reich. On peut en suivre les aspects et les vicissitudes à travers des documents maintenant abondants.                                                     Aujourd'hui, dans les circonstances tragiques que nous traversons,, les formes d'expression raciste plus ou moins informelles tendent à exploser, parfois dangereusement<;. Sans oublier le racisme anti-arabe dans certaines sphères françaises et dans l'aile d'extrême-droite du Likoud. Elles viennent des deux côtés. Les extrêmes s'attisent. la politique d'extrême-droite actuelle de Netanyahou encourage les extrêmes. et entretient la terrible confusion entre antisémitisme et critique politique (légitime) de son régime. Un véritable piège. Qui marche malheureusement trop souvent. Le conflit actuel brouille la mémoire de l'holocauste... E.Traverso "..Tout en dénonçant la terreur du 7 octobre, il appelle à ne pas tomber dans le piège tendu par le Hamas et par l’extrême droite israélienne, qui conduirait à la destruction de Gaza et à une nouvelle Nakba. « On peut manifester pour la Palestine sans déployer le drapeau du Hamas ; on peut dénoncer la terreur du 7 octobre sans cautionner une guerre génocidaire menée sous prétexte du “droit légitime d’Israël de se défendre” »...

   Faut-il encore le répéter?  l'antisémitisme est à condamner sans ambiguïté. Sous toutes ses formes, anciennes ou contemporaines. Chez nous et ailleurs.

    C'est récurrent en France. Mais pas seulement. Certains s'obstinent à amalgamer antisémitisme et antisionisme, du moins antisémitisme et une certaine critique d'un sionisme, mis en cause par un certain nombre de Juifs eux-mêmes, qui refusent les formes prises par la politique israëlienne;  alignée plus ou moins explicitement sur les principes déjà anciens du sionisme de Herzl et de Jabotinsky.
     Le gouvernement actuel d'extrême droite de Tel Aviv ne perd pas une occasion de pratiquer l'amalgame; toute critique de la ligne Netanyaou, après Sharon surtout, dans ses rapports avec la colonisation continue de la Cisjordanie, doit selon lui être considérée comme antisémite.  Si Israël doit être reconnu de droit, dans les limites définies pas l'ONU, la volonté d'extension non dite mais effective et continue, à la faveur des conflits armés ou pas, mérite d'être contestée.
   La résolution LERM récente divise jusque dans les rangs de juifs, croyants ou pas

          "...Chez LREM, moins de la moitié du groupe a pris part au vote : 84 députés ont voté pour, 26 contre, 22 se sont abstenus. Les Républicains (LR) ont apporté 46 voix.  C’est peu de dire que la résolution de Sylvain Maillard fracture la majorité. Soutenu à bout de bras par Gilles Le Gendre, président du groupe au Palais-Bourbon, et Stanislas Guerini, délégué général du mouvement, le texte voté par les députés indique que « critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble ». En clair : la définition de l’antisémitisme est élargie à l’antisionisme......Le même jour, c’est une autre tribune, cette fois-ci signée par 127 intellectuels juifs, et toujours publiée dans Le Monde, que plusieurs élus de la majorité s’étaient transmise. « Nous prions l’Assemblée nationale de ne pas soutenir une résolution qui assimile à tort l’antisionisme à l’antisémitisme, affirment les signataires, avec force arguments. Ne soutenez pas une résolution qui approuve la définition politisée de l’antisémitisme par l’IHRA, d’autant plus si elle le fait sans se distancier des exemples problématiques de la définition qui concernent Israël
    Autrement dit il serait interdit de critiquer Israël, sa politique extensive et coloniale du moment, maites fois condamnée.. C'est le suggère Esther Benbassa, juive laïque parlementaire. Comment sortir de ce piège?  
   L'exclusion de l'autre, sous toutes ses formes, est une valeur bien partagée. Hélas!  ______      
             Depuis des temps indéterminés. A certaines époques plus qu'à d'autres. De l'ethnocentrisme diffus au racisme institutionnel, il y a bien des degrés dans le rejet psychologique, culturel, parfois physique de l'autre.  L'antisémitisme, en particulier, ne date pas hélas! d'aujourd'hui.
   Le dénoncer sous toutes ses formes est un devoir autant moral que civique  L'affaire est entendue. Comme toutes les autres formes de racisme, qui ne se limite pas à cet aspect.
   Ses formes le plus virulentes se développent le plus souvent sur un terreau favorable, quand la peur sociale domine, souvent amplifiée par des crises diverses, exploitée parfois politiquement pour détourner des colères, des frustrations. La théorie du bouc émissaires est maintenant mieux identifiée. 
  Mais se pose la question du comment. Comment protester au mieux, collectivement, sous forme de pétitions, par exemple. Sans tomber dans les approximations, les confusions, les amalgames, la polémique discutable.
    L'Appel récents des 300, à cet égard, s'est attiré nombre de critiques, certains ayant dû signer sans avoir lu le texte ou l'ayant seulement survolé.
   Il est des démarches qui peuvent être contre-performantes et, en mélangeant le vrai au faux, se retourner contre leurs auteurs en ne jouant pas dans le sens désiré.
      Surtout quand le sujet est sensible et déclenche trop d'erreurs historiques, d'a priori, de parti-pris, de polémiques masquées.
   Des amalgames aussi, basées sur trop d'approximations et de généralisations.
   Malgré les tensions récentes très médiatisées, parfois imprudemment, il semble que, s'il y a autant de préjugés (ce qui est difficilement mesurable), les actes de racisme en France ont plutôt tendance à diminuer et à être catalogués comme tel trop rapidement, comme dans le cas très litigieux de Mme Knoll.
  Il faut rester prudent et méfiant vis à vis des chiffres qu'on fait parler trop vite, sans tenir compte du contexte.
    Sans contester les véritables dérives, qui ne sont pas que salafistes, il faut tenir compte de l'arrière-plan politique auquel certains font référence sans le dire clairement.  Il y a une prise de parti et une confusion manifeste entre une cause noble et la défense d'une politique qui l'est moins. Des officines de Netanyahou au Crif, l'amalgame est largement diffusé; la critique de la politique sioniste actuelle serait une forme moderne de l'antisémitisme. 
    Il faut rappeler que  l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé. Beaucoup de Juifs eux-mêmes, religieux ou non, savent faire la distinction, en Israël ou ailleurs, entre l'Etat actuel sans frontières définies  et colonisateur et la politique menée depuis dix ans surtout pas l'équipe actuellement au pouvoir. Comme disait de manière raccourcie Esther Benbassa: La thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique. 
   L'histoire est souvent oubliée. Un certains nombre de Juifs européens, comme Buber ou Einstein, furent opposés déjà au mouvement sioniste naissant, dans toute sa rigueur initiale.
   Qu'il soit déjà ancien, de 610 à 1492, plus récent, de1300-1800 notamment, ou cruellement moderne, l'antisémitisme est une constante épisodique en l'Europe, sur fond historique de doctrine chrétienne ostracisante. Les problèmes de la Palestine et du “rêve brisé”   comme dit Charles Enderlin sont encore vifs.
     La grande confusion risque encore de durer, alimentée par un conflit qui s'éternise, de même que des amalgames et les non-dits.
        ...Amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui assimile la contestation de la politique coloniale et raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens (sans oublier les discriminations à l’égard des Falachas juifs d’Ethiopie et de la récente émigration africaine, commises notamment par les courants ultra-orthodoxes) à la dite « volonté de destruction des juifs » par des mouvements extrémistes au Proche-Orient. En oubliant que l’Etat israélien s’autoproclame « Etat juif » et s’arroge le droit de parler au nom des juifs du monde entier. Amalgame dont plusieurs personnalités « hors de tout soupçon »  ont fait les frais (Maspero, Charles Enderlin et tant d’autres) lorsque l’on a cherché à les faire condamner par la justice comme antisémites ou en les empêchant de continuer à exercer leur métier. De même pour tous ceux et celles, juifs et juives, qui ont subi diffamations ou calomnies publiques comme par exemple l’ex-ambassadeur et ancien déporté Stéphane Hessel, auteur du manifeste «  Indignez-vous », Edgar Morin ou l’ancien président du CRIF, Théo Klein dés qu’ils refusèrent de cautionner inconditionnellement la politique l’Etat d’Israël. Et dernièrement, l’actrice Natalie Portman, traînée dans la boue parce qu’elle avait refusé de participer aux cérémonies du prix Genésis ne voulant soutenir ni la politique de Netanyahou ni « la violence, la corruption, les inégalités et l’abus de pouvoir ».
     Il ne faut pas pour autant négliger, dans les prisons comme dans les quartiers que la République française nomme de « non droits », la progression d’idéologies salafiste et wahhabite, qui reprennent la « théorie du complot juif », revisitée par l’extrême-droite et relayée par les réseaux sociaux. Il faut rappeler que cette même république a été sourde aux appels de travailleurs sociaux – laïques et musulmans (mais pourquoi définirait-on certains citoyens par leur appartenance religieuse ?) pour lutter contre les prêches de ces imams. Cette même république a été sourde également aux études des anthropologues et des sociologues sur la montée des mouvements religieux servant de rempart ou de colmatage socio-éducatif au retrait des services publics et des pouvoirs régaliens dans certaines périphéries paupérisées. Les attaques contre la pensée critique, appelée par le manifeste pensée de la « gauche radicale »  réduisent les analyses des phénomènes de paupérisation et de ségrégation sociale – conjugués à la montée du consumérisme et au ressentiment de ne pas être du bon côté de la fracture – à une position idéologique. Les détracteurs de la pensée critique, eux, pensent si bien qu’ils parlent d’épuration ethnique pour désigner la fuite des quartiers paupérisés vers des quartiers plus « sécurisés » et gentrifiés de certaines fractions de la population juive. Quand, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, des fractions aisées de la population noire ont quitté les townships pour des quartiers blancs, et que les Blancs ont déserté ces mêmes quartiers a-t-on parlé d’une « épuration ethnique..?____
      Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang-froid.  ______________________

vendredi 11 juillet 2014

Israël : Fuite en avant

Point de non retour?
                             De nouveau, Gaza 2008?
                                                                      D'après Charles Enderlin, médecin et journaliste franco-israëlien, l'extrême droite israëlienne s'inspirant de  Liberman et des ultra-orthodoxes, ayant actuellement le plus d'ascendant sur Netanayou,  cherche à établir un point de non retour dans la processus de colonisation de la Cisjordanie, qui affecte déjà 60% du secteur.
      Les thèses de Jabotinsky fleurissent à nouveau au sein des groupes radicaux sionistes, religieux ou non. Là est la clé des nouvelles tensions actuelles, à la suite d'une succession de  violences, pas seulement symboliques, dont Livni elle-même s'inquiétait.
   Les négociations, c'est fini. C'était prévisible...
Personne de très sérieux n'y a jamais cru.. Elles ont avorté, comme c'était prévisible...Shimon Peres  a montré que Tel-Aviv s'ingéniait le plus souvent à torpiller un accord en vue, comme s'il avait besoin d'ennemi pour justifier sa politique intérieure et son soutien à la colonisation en Cisjordanie, qu'il promet sans cesse d'arrêter, mais qui ne cesse de s'étendre, surtout en période de négociations. C'est ainsi depuis Sharon. L'impunité est toujours la règle. 
         “Je veux vous dire ceci très clairement, ne vous en faites pas à propos de la pression américaine sur Israël, nous, les Juifs, contrôlons les États-Unis, et les Américains le savent.”  disait cyniquement Ariel Sharon parlant à Shimon Peres, le 3 octobre 2001, rapporté à la radio Kol Yisrael.
     Au train où vont les choses, il n'y aura pas d'Etat palestinien, avouait Ziyad Clod, ancien négociateur à Annapolis. Quand vous ne négociez pas la paix, quand vous vous montrez sourds à toutes les injonctions de l' ONU, le résultat n'est pas étonnant: vous obtenez la haine.
      « Les négociations auraient dû commencer par une décision de geler la construction des colonies. Mais nous avons pensé que nous ne pouvions l’obtenir à cause de la composition du gouvernement israélien, donc nous avons laissé tomber. » Interrogé par le célèbre journaliste Nahum Barnea, du quotidien israélien Yediot Aharonot, dans le cadre d’une enquête sur l’échec des négociations israélo-palestiniennes, ce responsable américain resté anonyme poursuit : « Nous n’avions pas réalisé que [le premier ministre Benyamin] Netanyahou utilisait les appels d’offres de construction dans les colonies pour assurer la survie de son propre gouvernement. Nous n’avions pas non plus réalisé que la poursuite de ces constructions permettait à des ministres de saboter de manière très efficace le succès des négociations. (...) Ce n’est que maintenant, après l’échec des pourparlers, que nous avons appris que ces constructions [de quatorze mille logements] signifiaient l’expropriation de terres à grande échelle. »
       Les diplomates américains font mine de découvrir la politique du fait accompli menée par Tel-Aviv et les effets destructeurs de la colonisation, alors que Washington détient les clés, économiques notamment, pour résoudre le problème.
       La culture de la peur, depuis longtemps entretenue, dans ce pays en crise, très divisé malgré les apparences, sert les intérêts des ultra sionistes, qui ne veulent plus entendre parler d'un futur Etat palestinien. 
             Il y a en Israël une « individualisation » très forte lorsque des citoyens et des soldats sont enlevés ou tués. Les individus sont mis en exergue, les autorités mettent en avant leur biographie, on fait intervenir la famille, tout cela autour du thème : « Israël n’abandonne jamais un de ses citoyens et se mobilise pour sa sauvegarde ». Parallèlement, on met en avant l’idée que les Palestiniens, eux, n’ont pas ce même respect de la personne. C’est l’occasion de grandes célébrations nationales pour resserrer le lien au sein de la société, pour cultiver le thème de la menace permanente à laquelle devrait faire face l’État d’Israël, et donc de la nécessaire solidarité dont l’État doit bénéficier au sein de la communauté internationale.
     La paradoxe de la situation actuelle est que les autorités sont plutôt dépassées par l’ampleur du phénomène d’identification aux victimes et des appels à la vengeance. Il y a eu le meurtre du jeune Palestinien, la police a été déployée pour tenter de protéger les Palestiniens. Fait rarissime : Nétanyahou a pris la parole pour appeler les Israéliens à la retenue.
    Une situation créée de toutes pièces depuis des décennies, le meurtre de Rabin, cherchant une solution négociée, ayant constitué un tournant symbolique.. 
      Abbas est paralysé. Pour le Hamas, il n'y a pas d'autre option que la fuite en avant. Qu'on le regrette ou le condamne ou non.
  Le problème de l'impossible réconciliation entre le Fatah et le Hamas, dont les velléités de  réconciliation n'ont  été qu'un leurre , n'arrange rien pour l'instant. Mais cette division convient parfaitement  au gouvernement actuel israëlien, qui n'a eu de cesse de l'entretenir. La stratégie d'Israël est de repousser toute solution politique.
        C'est l'impasse d'un Etat devenu ethnocratique
                Une fuite en avant dangereuse?...Il faut peut-être (un peu) relativiser, géostratégiquement parlant. Mais la relative modération du gouvernement israëlien peut ne pas durer.
    Plutôt une nouvelle guerre pour rien, mais non sans victimes civiles, avec de possibles et graves dérapages, car se pose vite le problème: que faire après? 
     "...C’est une logique de rivalité où, du côté palestinien, les éléments les plus radicaux autour du Djihad islamique veulent à tout prix mettre fin au processus de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. Ils sont donc prêts à toutes les provocations pour pousser les Israéliens à surréagir, et ainsi contraindre le Hamas à rejoindre la lutte et entrer dans un schéma d’affrontement. C’est d’ailleurs tout le dilemme du premier ministre Netanyahou : il veut frapper, mais pas trop fort, si je puis dire. Car plus il en rajoute, plus il va remettre dans le jeu le Hamas et tous les groupes palestiniens, alors même que le Hamas est à son niveau historique le plus bas, en termes de soutien populaire et de proximité avec ses alliés à l’intérieur de la bande de Gaza ou à l’international. Or le fait que le Hamas soit au plus bas représente paradoxalement une chance historique pour Israël et son gouvernement de traiter avec le mouvement. C’est sans doute pour cela que le gouvernement israélien n’accepte pas par ailleurs le principe de la réconciliation entre le Hamas et le Fatah..."
    Sur le principe radical qu'il n'y aura pas d'Etat palestinien, l'avenir s'annonce bien noir. Israël joue contre son camp et compromet son avenir. Beaucoup d'Israëliens, souvent découragés, le savent...La force n'est pas une solution. _Hollande ne fait que conforter  le récit isralien_
     Comme le dit S.Sand “Nous avions le devoir de privilégier la diplomatie, de ne pas commettre ce massacre de civils.” 
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- Israël se trompe de guerre à Gaza
- Likoud-Hamas: la guerre des monstres
- Israël does not want Peace
- Israël et le Hamas: ennemis ou partenaires? (*)
- Gaza : une opération bien orchestrée qui en cache une autre ? (**)
- Pourquoi l’histoire se répète
- Le piège de Gaza
-  Netanyahou à nouveau dans le piège
- Les souffrances de Gaza: Noam Chomsky
- Il n'y a pas de solution militaire 
- Le jeu trouble de l’Egypte
- Les partis pris du traitement médiatique
-Manifestation juive à N.Y.
- Que s'est-il vraiment passé pendant la guerre israëlo-arabe de 1948?
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(*)  "...Pour sortir de la mythologie ordinaire et des catéchismes manichéens..
   Et si les choses étaient un peu moins simplistes ?
L’instrumentalisation de « l’ennemi » est parfois commode.. Une dialectique perverse. C’est du classique.

".......Les opérations « Plomb durci » (2008-2009) et « Piliers de Défense » (novembre 2012) reflétaient déjà une convergence d’intérêts entre Israël et le Hamas.
En 2009, l’agression s’était déroulée dans un contexte d’élections législatives en Israël qui avait généré, de la part du Premier ministre Ehud Olmert, une surenchère à l’endroit du Hamas. Le Mouvement de la Résistance Islamique avait lui aussi eu « besoin » de cette guerre pour discréditer l’Autorité de Ramallah, prête à signer un accord avec Ehud Olmert, prévu lors du sommet d’Annapolis en novembre 2007. L’intensité des frappes avait permis au Hamas de dénoncer la « collusion » du Président Mahmoud Abbas avec l’ « ennemi sioniste ».
L’agression israélienne déclenchée le 14 novembre 2012 avec l’assassinat de l’un des chefs de la branche armée du Hamas, Ahmad al-Jaabari, qui pourtant était celui qui tentait de maintenir l’accalmie entre les deux protagonistes, s’explique également par une coïncidence d’intérêts entre les dirigeants israéliens et les membres de la Résistance Islamique. Cette opération, encore une fois menée dans un contexte d’élections en Israël, avait pour objectif d’affaiblir le Président palestinien, sur le point d’obtenir la reconnaissance par les Nations Unies de l’État de Palestine comme État non-membre, démarche qui embarrassait à la fois les Israéliens et le Hamas, désireux de minimiser le prestige potentiel que Mahmoud Abbas pourrait en tirer. L’autorisation accordée par Israël à Khaled Mechaal de se rendre à Gaza pour y célébrer sa « victoire » est l’illustration flagrante de cette connivence. 
Israël n’a jamais cherché à détruire le Hamas mais lui a bien au contraire octroyé des faveurs limitées, le laissant se réarmer suffisamment pour orchestrer, au moment propice, la montée en puissance d’une frayeur collective. Dès 2008, la trêve conclue entre Israël et le Hamas avait permis aux brigades al-Qassam d’augmenter leur capacité militaire, faisant entrer à Gaza des armes et des roquettes iraniennes Fajr 5 via les tunnels, trafic qui n’a pu échapper à la vigilance des autorités israéliennes.
L’actuelle agression contre la bande de Gaza s’inscrit une nouvelle fois dans un contexte particulier où l’agenda israélien peut paradoxalement rejoindre celui du Hamas. Elle intervient suite à la toute récente réconciliation entre le Fatah et le Hamas et la formation d’un nouveau gouvernement reconnu pour la première fois par les États-Unis et l’Union européenne. L’approbation du nouveau cabinet a provoqué la fureur des Israéliens, qui ont empêché les ministres résidant à Gaza de se rendre à Ramallah pour y prêter serment. L’Etat hébreu avait également refusé le retour des forces de sécurité de l’Autorité de Ramallah à la frontière entre Gaza et l’Égypte en dépit de l’effort du Président égyptien pour obtenir cette concession de la part du Hamas. Après la punition collective infligée aux Palestiniens de Cisjordanie, Israël attaque la bande de Gaza pour enterrer tout espoir de rapprochement entre les deux factions rivales, le Hamas et le Fatah.
Au-delà des discours affichés, il serait pertinent de s’interroger une nouvelle fois sur la bienveillance conjoncturelle accordée au Hamas. Comment expliquer que les brigades al-Qassam aient pu mener, le 8 juillet dernier, une opération contre une base israélienne à Ashkelon à partir de la mer, là où le blocus rend en théorie impossible tout mouvement le long des côtes, comme en témoignent les fréquents tirs de sommation contre les bateaux de pêcheurs qui se risquent à lancer leurs filets quelques mètres trop loin ?
Chef d’orchestre d’une partition bien maitrisée, Israël joue néanmoins un jeu dangereux en poussant de nouveau les Palestiniens à l’affrontement..."
(Leila Seurat dans Mediapart aujourd’hui)
______(**) "... Dans quelques jours devrait être ratifié, à Vienne, l'accord sur le nucléaire iranien qui devrait voir le retour progressif de l’Iran dans le concert des nations.
Cette guerre n'arrive pas par hasard, pas plus que l'offensive massive concomitante du Sénat américain contre toute normalisation avec l'Iran. (1)
A un moment ou à un autre les forces israéliennes trouveront dans Gaza en ruine ou dans le sud du pays une roquette d'origine iranienne… 
Qui pourra dire qu'il s'agit d'une info ou d'une intox après le bel exemple des armes de destructions massives imaginaires en Irak… 
Ce trophée permettra d’impliquer l’Iran et de lui faire porter la responsabilité des troubles dans la région, confondant au passage les effets et les causes… 
Personne ne pourra me faire croire que dans cet Orient compliqué où chacun joue un poker menteur expérimenté, cette guerre à Gaza n’est pas liée aux négociations avec l’Iran qui doivent s'achever le 20 juillet. Netanyahu joue une cartouche de plus.
Le sang ne semble avoir pour lui aucune valeur dans sa stratégie de haine pathologique envers l'Iran.
Il sait que le retour de l'Iran et la normalisation de ses relations avec les USA porteraient un coup fatal à sa politique hégémonique.
Sans l’ennemi désigné, j’allais écrire, sans l'ennemi idéal qu’était l’Iran d'Ahmadinejad, que fera Netanyahu sinon s'attacher à la résolution du conflit avec la Palestine.
A cela il n'est pas prêt..."
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_Relayé par Agoravox

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