Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mardi 3 mars 2026

Pour quels objectifs?

 

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Iran: changement d'échelle

    Et les jours d'après?......

                   Le grand flou.   Tout bascule. Et avec quelle violence! Certes, on ne regrettera pas la fin de la mollah-cratie. On s'en réjouira même, comme tous les Iraniens qui ont dû subir son pouvoirs et celui de ses nervis depuis tant d'années, et ont  osé affronter dans la rue l'arbitraire d'un régime théocratique sans pitié. Quel courage! Un peuple qui vient de loin, qui aurait pu ne pas être chiite, au passé si fascinant, à la culture si  raffinée. On peut en admirer quelques aspects au musée de Pergame de Berlin.    Les écrits hébreux gardent en mémoire l'épisode babylonienne          Quelle Tragédie!  C'est à pleurer de se rappeler comment ce grand peuple a été traité pas l'Europe aux appétits économiques. Le pétrole fut une malédiction, qui soumit Téhéran aux intérêts britanniques, puis américains. Le courage politique de Mossadegh fut voué à l'échec par un impérialisme sans vergogne. Le début d'une nouvelle voie, menant à l'impasse d'aujourd'hui. Où est passé le droit international?...Serait-il devenu optionnel?


                                                                                                                                      Le stratège funambule est à l'oeuvre.                   Il  ne suffit pas de faire tomber un homme ou une équipe pour retrouver une voie démocratique. La somme des colères accumulées ne donnera pas d'elle-même un chemin conforme à l'idéal républicain de beaucoup d'Iraniens cultivés. L'incertitude est grande. Surtout dans le contexte d'une intervention US illégale, brouillonne et intéressée, aux objectifs ambigüs depuis longtemps, et des projets vengeurs de Tel Aviv.   Un changement d'échelle s'est mis en place, qui affecte tout le Moyen Orient et les appétits mondiaux qu'il suscite. L"excrément du diable" fascine la Maison Blanche.  Qui peut prévoir les conséquences des actions engagées? Pour l'instant, on fait parler les bombes. C'est la fureur et l'impasse.   Les conséquences peuvent être incalculables                                                                                              L'opération fureur épique montre son vrai visage, ne sachant oû elle va....                                          Point de vue:  "...Dans la matinée du 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe contre l’Iran, frappant Téhéran, Ispahan, Qom, Kermanshah et Karaj, en visant les plus hauts dirigeants du régime : le Guide suprême Khamenei, le Président Pezechkian et le chef d’état-major des forces armées.  Les réactions internationales aux frappes américaines et israéliennes ne dessinent pas, pour le moment, un clivage diplomatique linéaire.   Si elles sont motivées par plusieurs lignes de fracture — le respect du droit international, des considérations géopolitiques ou des relations de subordination —, elles révèlent surtout un monde extrêmement fragmenté, sans direction.               

  
Peu d’acteurs qualifient explicitement les frappes de contraires au droit international. Le président finlandais est parmi les seuls dirigeants européens à avoir déclaré que les États-Unis agissaient largement en dehors du cadre du droit international traditionnel  : « Habituellement, la justification de ce type d’attaques était recherchée soit auprès de l’ONU, soit au moins auprès des alliés. Aujourd’hui, cette question n’est plus vraiment posée. »  Si la Russie adopte une position de pur double standard en critiquant les frappes — étant elle-même systématiquement impliquée dans une opération de dislocation du droit international — la Norvège propose une position plus structurée sur le plan juridique : elle rappelle qu’une frappe « préemptive » n’est licite qu’en présence d’une menace imminente, condition qu’elle estime non remplie. Ce rappel renvoie directement à l’article 51 de la Charte des Nations unies et à la doctrine classique de la légitime défense anticipée.      Or le fait que la Norvège, la Finlande et l’Espagne soient les seuls États occidentaux et membres de l’OTAN à formuler cette objection place l’Alliance devant une tension implicite : la solidarité stratégique prime désormais sur l’interprétation du droit.       La position de la France est à cet égard importante : en saisissant le Conseil de sécurité, le président de la République cherche à réintégrer les Nations unies dans le processus.   À l’inverse, le Royaume-Uni ne se contente pas d’éviter toute critique de Washington : il avertit Téhéran de ne pas viser ses forces. Ce déplacement rhétorique — du débat juridique vers la protection de ses propres moyens militaires — traduit une forme d’alignement opérationnel. On ne parle plus de légalité, mais de dissuasion.    Même au sein de l’E3 — le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne — trois pays conduits par les leaders pourtant alignés sur d’autres sujets géopolitiques et trois États ayant joué un rôle clef dans l’accord sur le nucléaire iranien en 2015, des divisions persistent. S’ils ont condamné « avec la plus grande fermeté » les attaques iraniennes contre les pays de la région, le chancelier Merz a diffusé un communiqué soutenant la logique de l’attaque.  La conséquence est double. Le droit international cesse d’être le langage diplomatique commun des alliés occidentaux et la qualification juridique d’une opération militaire devient fonction de l’appartenance au camp.    Cette asymétrie normative renforce mécaniquement l’argumentaire russe et iranien sur le « deux poids, deux mesures », tout en affaiblissant la capacité occidentale à mobiliser le droit comme instrument de pression.    Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a demandé au Conseil d’intervenir et a affirmé qu’Israël et les États-Unis avaient violé le droit international en attaquant l’Iran.   
À l’initiative de la France et du Bahreïn, une réunion du Conseil de sécurité aura lieu aujourd’hui, 28 février à 22h (heure de Paris). .." 
   

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lundi 2 mars 2026

Bon retour!

 

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Une ténébreuse affaire

 On aimerait plus de lumière....

                        Dans ce domaine crucial pour l'ensemble des  citoyens, où le marché est devenu roi, la gestion de la production et l'aménagement de la distribution de la précieuse énergie a pris une tournure ubuesque, parfois difficilement compréhensible, loin de l'intérêt public, pourtant revendiqué. La semaine dernière, ARTE a reproduit un document sur l'histoire chaotique du groupe EDF, depuis la libéralisation et l'ouverture à la concurrence européenne. En cause surtout: la fixation des prix                                                            A travers les méandres des décisions et des contre-décisions, des analystes y perdaient déjà leur latin.. Même si la situation semble s'améliorer quelque peu. Mais pas sur l'essentiel .   Le règne du trading reste de mise , mis en cause par de nombreuses institutions, comme la Cour des Comptes . Il est difficile de se repérer  au coeur de la jungle.  Un système qui peut  rapporter et coûter gros...  Même le consommateur est invité à être trader. Qu'en aurait pensé Mr Boiteux ? (*)

                                " Explosion du prix de l’électricité, difficultés en série de la filière nucléaire, potentielle privatisation des barrages hydroélectriques, absence de filière industrielle dans le solaire ou l’éolien… Le système électrique français est plus fragile que jamais. Pour Anne Debrégeas, porte-parole du syndicat SUD Energie et chercheuse en économie au sein d’EDF, tous ces maux ont une même cause : l’obsession du marché imposé par l’Union européenne. Dans cette interview fleuve, elle nous explique comment l’ouverture à la concurrence fait exploser nos factures et mine la transition énergétique et nous propose des pistes pour rebâtir une grande entreprise de service public. Entretien réalisé et édité par William Bouchardon, retranscrit par Dany Meyniel.


          LVSL : " Alors que les élections présidentielles se profilent, les prix de l’électricité risquent d’augmenter fortement. Pour limiter cette hausse, le gouvernement a décidé courant janvier d’augmenter de 20% les volumes d’électricité qu’EDF est contrainte de vendre très bon marché à ses concurrents dans le cadre de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique, ndlr). En réaction, le 26 janvier dernier, plus de 40% des employés d’EDF ont fait grève pour dénoncer cette décision qui va coûter plus de huit milliards d’euros à l’entreprise. Pourquoi EDF est-elle obligée de vendre de l’électricité à ses concurrents et comment analysez-vous cette décision du gouvernement ?                                                        Anne Debrégeas : EDF est obligée de vendre à ses concurrents depuis 2011. Le volume concerné est de 100 térawatts-heure (TWh), ce qui correspondait à l’époque à un quart de sa production nucléaire. Cette décision a été prise suite à l’ouverture des marchés de l’électricité à la concurrence. Personne ne voulant mettre en concurrence les centrales les unes par rapport aux autres, EDF a continué à exploiter presque l’intégralité du parc français de production, dont tout le nucléaire. Les concurrents ont vite compris qu’ils n’auraient pas accès à la ressource nucléaire, moins chère à la production que toutes les autres énergies. Sauf à rogner sur leurs marges, ils risquaient de ne pas être concurrentiels sur le marché. Ils ont commencé à râler auprès de la Commission européenne. Cédant à la pression de cette dernière, la France a mis en place ce système d’accès régulé.      Celui-ci est totalement aberrant : EDF est obligée de mettre à la disposition de ses concurrents ces 100 TWh pour qu’ils puissent les revendre à leurs clients ! On fait mine de mettre en concurrence quelque chose qu’il n’était pas possible de mettre en concurrence puisqu’on se refusait à privatiser la majorité des centrales. Pour concurrencer EDF, on a créé une activité qui n’existait pas auparavant et qu’on pourrait appeler une activité de fourniture à coût forcé. Parler des concurrents d’EDF est un terme impropre : ce sont principalement des fournisseurs qui ne produisent rien et dont l’activité consiste à acheter à un prix cassé de l’électricité grâce à l’Arenh (complété par des achats sur les marchés de gros, ncldr) pour la revendre en engrangeant des bénéfices. En fait, ces prétendus concurrents ne font rien. Ils ne produisent pas, ils ne stockent pas et ils ne choisissent même pas l’électricité qu’ils vendent puisque le courant arrivant chez le client est le même pour tout le monde et, par exemple, n’est absolument pas plus “vert” que celui de son voisin. Ils ne livrent même pas l’électricité puisque l’alimentation se fait par le réseau géré par RTE et Enedis, qui contrôle 95 % de la distribution d’électricité. Ces “concurrents”, entre guillemets donc, font seulement du trading, voire de la spéculation. Ils mettent leur logo sur la facture ! Je cite souvent cette phrase d’un fournisseur, le groupe Equateur, qui est assez emblématique : « Nous ne sommes pas plus énergéticiens qu’Amazon n’est libraire »…

     ______(*)   (Ancien président d'EDF) «Je ne pensais pas que cela arriverait, que les autorités européennes de la concurrence auraient une vue si dogmatique et voudraient appliquer la concurrence dans le secteur de l'électricité où pourtant cela s'applique très mal»analyse l'ancien président d'EDF. Entré dans l'entreprise en 1949 avant de la diriger entre 1967 et 1987, il a fait EDF. C'est lui qui mit au point la péréquation tarifaire, le service universel, la planification à long terme..Aujourd'hui, il regarde soixante années d'efforts mis en morceaux«La situation d'EDF n'est pas très heureuse. L'esprit de service public s'effiloche, cela a coûté des fortunes pour assurer la séparation des activités et les prix vont augmenter alors qu'ils étaient censés baisser».

___________________________Cqfd: EDF privatisée = électricité plus chère:
"...La déréglementation et la concurrence feront baisser les prix disaient-ils...En mars 2002 à Barcelone, Jacques Chirac et Lionel Jospin signaient comme un seul homme la libéralisation du marché de l'électricité, rapidement appliquée via plusieurs directives européennes et jamais remise en cause par leurs successeurs....____________________________

dimanche 1 mars 2026

Un pays à l'arrêt

Si l'avenir est très incertain, rien ne sera plus comme avant

                       Les risques d'engrenage ne sont pas nuls

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Petit billet du dimanche

__ Censure

__ Cassure

__ Ingérences

__ The Winner

         __ Le  piège   >>                                                    

__ PFAS: danger!

__ Guerre industrielle

__ Argent sale

__ Fureur épique

__ Berlin et Thiel

__ Actualité de Marx ?

__ Dilemme Anthropique

__ Basculement de modèle?

          ___________Trump et la question cubaine  ___________________

samedi 28 février 2026

Pauvre Bernard!

 Il avait raison

      De s'élever contre le fisc confiscatoire et la taxe Zucman


               Il a tellement de frais!

                                                Faut le comprendre...                                    _____________

Un monde confisqué

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        Nous sommes en train de changer d'époque, du point de vue économique comme du point de vue politique. Le locataire de la Maison Blanche est en train de changer la donne, évoquant d'autres périodes passées. Nous passons du Consensus de Washington à celui de New York, par la seul décision du prince-marchand qui y règne, de sa volonté de puissance et de ses fantaisies. Nous entrons dans l'ère des empires, des Etats investisseurs et/ou prédateurs. Avec le risques de confrontations violentes qui en pourront découler.


        C'est la fin du néolibéralisme " ...L'utopie néolibérale d'une croissance globale et continue des richesses est désormais derrière nous. Mais le capitalisme n'est pas mort pour autant. Sa forme actuelle n'est ni réellement nouvelle ni totalement inconnue, car elle est propre à tous les âges où domine le sentiment angoissant d'un monde « fini », borné et limité, qu'il faut s’accaparer dans la précipitation.Ce capitalisme se caractérise par la privatisation et la militarisation des mers. Un commerce monopolistique et rentier qui s'exerce au sein d'empires territoriaux, l'appropriation des espaces physiques et cybers par de gigantesques compagnies privées aux prérogatives souveraines, qui dictent leurs rythmes. Dans cet essai. Arnaud Orain dévoile ce « capitalisme de la finitude » et en éclaire les mécanismes aux trois périodes où il s'épanouit : XVIe-XVIIIe siècle,1880-1945, 2010 à nos jours.                                                                                                                 " Le capitalisme n’est pas mort pour autant. Sa forme actuelle n’est ni réellement nouvelle ni totalement inconnue, car elle est propre à tous les âges où domine le sentiment angoissant d’un monde « fini », borné et limité, qu’il faut s’accaparer dans la précipitation. Ce capitalisme se caractérise par la privatisation et la militarisation des mers, un « commerce » monopolistique et rentier qui s’exerce au sein d’empires territoriaux, l’appropriation des espaces physiques et cybers par de gigantesques compagnies privées aux prérogatives souveraines, qui dictent leurs rythmes...."        _______          

vendredi 27 février 2026

C'est bien vrai!

 Pourquoi ce rite annuel et discutable?

           Silence sur la politique israëlienne du moment...


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Coupes rases

Nous n'irons plus au bois?...

     Les coupes rases deviennent de plus la règle dans certaines  régions françaises.  Hautement rentables, mais très discutable du niveau écologique, problématique du point de la régénération des espèces.                    Pour quel avenir?                                                                                                                                                                          La France reste un pays où la forêt reste remarquable par sa surface et la diversité de ses essences. Malgré les canicules successives dans certaines régions, qui affectent surtout les conifères par un développement important de scolytes qui force à l'abattage, nous n'en sommes pas comme dans certaines régions du monde où les pics extrêmes de chaleur deviennent extrêmement problématiques.                                                                             Mais les garde forestiers sonnent le tocsin, dénonçant la dérive purement commerciale de la gestion des bois et revendiquant une vision de l'avenir avec d'autres enjeux. "...L’ONF n’est pas en déficit, il est en manque criant de financements, c’est différent ! Le vocabulaire que l’on utilise a un sens. Un service public existe parce qu’il répond à des missions d’intérêt général qui nécessitent des investissements sur le long terme ; il n’a pas pour but premier d’être rentable. L’ONF a un rôle de protection et de police qui ne peut pas répondre à des objectifs purement financiers. Nos forêts ne sont pas des usines à bois. Elles captent le carbone, filtrent l’eau, préservent la biodiversité. Ce sont d’abord et avant tout des biens communsNous devons donc changer le modèle économique de l’ONF. Aujourd’hui, il est clair que nous ne pouvons plus financer un service public principalement avec les recettes issues de la vente du bois des forêts publiques. Depuis plusieurs décennies, les cours du bois sont orientés à la baisse comme la plupart des matières premières agricoles. En trente ans, la récolte en forêts d’État a augmenté de 30 % mais les recettes ont diminué de 30 %. Cela ne peut plus continuer ainsi, d’autant que la situation risque de se dégrader davantage avec le changement climatique, l’augmentation des sécheresses, des tempêtes et des pathogènes. Nous devons rompre avec ce modèle qui pousse au productivisme au détriment des écosystèmes...".                                                                                                                        Un modèle de gestion économique qui coûte cher: nous exportons du bois qui nous revient en meubles que nous ne fabriquons plus chez nous. Et une déforestation accélérée dans d'autres pays.    La France peut se vanter de posséder un domaine forestier parmi les plus importants et les plus variés d'Europe, dont la gestion ne peut être laissée au hasard, aux bons vouloirs des autorités locales et surtout des particuliers, voire des lobbies commerciaux, mais elle suppose surveillance, contrôle, gestion dans le temps avec une vision d'avenir, pour une pérennité garantie dans la diversité des adaptations au cours du temps. 

         Les arbres se développent  au-delà de nos courtes vies, de nos projections limitées et on en connaît mieux l'importance d'un point de vue écologique. Ils ne sont donc pas seulement des éléments "bons à abattre" pour le chauffage ou les scieries, ils nécessitent surveillance, soins, intelligence et souci d'avenir. Les ventes de bois sont nécessaires, de manière raisonnable, souvent dans l'intérêt même de la forêt elle-même.                                                                                                                                      ______ Mais, depuis un certain nombre d'années, le monde des forestiers vit assez mal les différentes réformes qui affectent leur activité et qui se profilent à l'horizon. Certaines les touchent particulièrement, dans la tendance constatée un peu partout, sous la pression libérale, notamment celle consistant à privatiser leur fonction et à réduire drastiquement leur nombre, dans la perspective d'une gestion à court terme et au nom de la rentabilité, qui ne serait pas au rendez-vous.              ___Un grand nombre de forestiers sont en plein désarroi et le font savoir, malgré leur petit  nombre. Les nouvelles tendances gestionnaires, comme la spécificité de leur statut particulier, les mènent à se manifester, à sortir de leur silence traditionnel. Ils dénoncent purement et simplement un démentèlement de l'ONF ainsi que certaines dérives mercantiles, qui ne sont pas propres à leur secteur d'activité.   IL s'agit de la forêt publique, qu'ils estiment en danger, toutes associations réunies. Ils remettent en question une tendance lourde ou insidieuse:               ___ "....En proposant de généraliser les possibilités de recrutement d’agents contractuels de droit privé, cet article acte une dérive qui s’est installée depuis plusieurs années au sein de l’Office : le remplacement de fonctionnaires assermentés par des salariés de droit privé. Depuis trois ans, les concours de recrutement de techniciens forestiers fonctionnaires sont bloqués et les postes de gardes forestiers sont affectés massivement à des contractuels. La conséquence de cette politique est un affaiblissement de la protection des forêts. Au quotidien, les agents forestiers sont soumis à de nombreuses pressions pour couper davantage de bois, fermer les yeux sur des dégâts causés par l’exploitation forestière, sur des dérives liées à la pratique de la chasse ou encore sur des décharges sauvages en forêt. Le fait d’être assermenté leur permet de résister à ces pressions et donc de protéger au mieux la forêt et l’intérêt général. Pourtant, le projet du gouvernement est de confier à des salariés de droit privé l’ensemble des missions actuellement exercées par des fonctionnaires, ce qui inclut, par exemple, la recherche et la constatation des infractions pénales en matière forestière. Une incongruité relevée par le Conseil d’État et corrigée par le Sénat qui a amendé le texte pour préciser que seuls les agents assermentés sont habilités à rechercher et à constater ce type d’infractions. Les amendements apportés par le Sénat ne règlent qu’en apparence le problème car, depuis 30 ans, le nombre de gardes forestiers assermentés est passé de 9000 à 3000 sur l’ensemble des forêts publiques soit 10% du territoire. L’application en l’état de l’article 33 de la loi ASAP permettrait d’en réduire encore fortement le nombre au détriment de la protection des écosystèmes forestiers. Travaillant le plus souvent seuls et avec des surfaces de forêts à gérer toujours plus grandes, les agents assermentés ne sont déjà plus en capacité de remplir les missions de protection qui leur sont confiées par la loi. Alors que les réformes de l’ONF se succèdent depuis 15 ans, ils dénoncent une perte de sens de leur métier. Les liens de confiance qui s’étaient tissés entre l’ONF, les élus et les citoyens s’étiolent peu à peu. Tout ceci a des conséquences dramatiques : depuis 2005, on recense plus de 50 suicides à l’ONF, un taux plus fort qu’à France Télécom (devenu Orange) rapporté à l’effectif...."__

            Les risques de surexploitation ne sont pas un fantasme. Les dégradations sont là, les pressions sont fortes. Le climat est délétère. Nos forêts nous survivront certes, mais dans quel état? Même  si, comme on le dit, la nature reprend ses droits. Les confrontations sont vives entre les purs "marchands" et les partisans d'une saine gestion à long terme d'un patrimoine inestimable...pas seulement financièrement.   Il reste encore trouver un équilibre entre un colbertisme revu et adapté et le nouvel esprit gestionnaire...._______

Chaqu année en moyenne, 61 000 hectares coupés, plus de 2 % des forêts françaises rasés depuis six ans : dans un rapport publié mercredi 25 février, l’association Canopée révèle, à partir de données satellitaires inédites, à quel point les écosystèmes forestiers sont attaqués. Y compris dans des zones protégées, type parc naturel régional (PNR) ou Natura 2000. Au niveau national, l’étendue des coupes rases y est équivalente à ce qui se produit dans des forêts ne bénéficiant pas de statut de protection.