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vendredi 10 avril 2026

Do côté du détroit

 

La cible  et le Pantin

" Le New York Times vient de publier un récit accablant sur Trump et sur le déclenchement de la guerre. Jonathan Swan et Maggie Haberman, deux journalistes de la Maison Blanche, révèlent comment Trump a pris la décision d'entrer en guerre contre l'Iran. Ce qu'ils décrivent est exactement ce que j'analyse dans Le Pantin de la Maison Blanche. Voici les faits.

Netanyahu a vendu un rêve. Le 11 février, dans la Situation Room, le Premier ministre israélien a présenté un scénario en quatre actes : tuer le Guide Suprême, détruire l'armée iranienne, déclencher une révolution populaire, installer un nouveau régime. Il a même montré une vidéo de montage avec les "futurs dirigeants" de l'Iran. Trump a répondu : "Sounds good to me." En une phrase, il venait de sceller le destin de la région.
Le lendemain, la CIA a dit que c'était du vent. Les parties 3 et 4 du pitch de Netanyahu, la révolution populaire et le changement de régime, ont été qualifiées de "farce" par Ratcliffe lui-même. Rubio a traduit : "In other words, it's bullshit." Le général Caine a ajouté : "C'est la procédure standard des Israéliens. Ils survendent, et leurs plans ne sont pas toujours bien développés."
Trump a entendu. Et il a quand même dit oui.
Vance a tout vu. Le vice-président était le seul dans la pièce à s'opposer frontalement, avertissant que la guerre pourrait "détruire la coalition politique de Trump", que le Détroit d'Ormuz était le vrai point de vulnérabilité, que personne ne pouvait prédire les représailles iraniennes quand la survie d'un régime était en jeu. Il a dit : "Tu sais que je pense que c'est une mauvaise idée. Mais si tu veux le faire, je te soutiendrai."
Ce n'est pas du courage politique. C'est de la déférence.
Susie Wiles a regardé. La cheffe de cabinet, qui avait des inquiétudes, a estimé que ce n'était "pas son rôle" de s'exprimer sur une décision militaire devant les autres. Elle a "encouragé les conseillers à partager leurs vues." Elle s'est tue.
Le général Caine n'a jamais dit non. Il a exposé les risques : diminution des stocks de munitions, Détroit d'Ormuz, pas de voie claire vers la victoire. Puis il a dit : "Si vous ordonnez l'opération, l'armée exécutera."
Trump, lui, "entendait seulement ce qu'il voulait entendre."
Et Trump a signé à bord d'Air Force One, 22 minutes avant la deadline fixée par son propre général : "Operation Epic Fury is approved. No aborts. Good luck."
Voilà comment on entre en guerre au XXIe siècle. Pas avec une délibération solennelle. Pas avec un vote du Congrès. Pas avec une stratégie de sortie. Avec un slide show de Netanyahu, un "sounds good to me", et une note envoyée depuis un avion.
Dans Le Pantin de la Maison Blanche, j'écris que les vrais décideurs sont ceux qui préparent les présentations que Trump regarde. Netanyahu l'a compris mieux que quiconque. Il a mis en scène une heure de spectacle visuel dans la Situation Room avec Mossad en fond d'écran, des vidéos de "futurs dirigeants", une promesse de victoire rapide et propre.
Et Trump a dit oui. Pendant que Vance, Rubio, Wiles et Caine regardaient.
Voici l'article du New-York Times : nytimes.com/2026/04/07/us/ _______________

Chère télé!

Une liberté dévoyée

                  Le problème de l'information en France par le biais radio-télévisuel arrive à un point critique. Surtout depuis que règne la loi de l'info en continu,  dominée par une publicité de plus en plus envahissante et d'intérêts privés influenceurs, ce qui n'est pas sans conséquence sur les contenus. L'ouverture à la privatisation sans exigences réelles et les exemples burluconiens ont ouvert la voie à un PAF insignifiant, le plus souvent purement voué au divertissement ou à des dérives dont certains commencent à 'inquèter. Le verrou médiatique s'est installé, sauf rares exceptions.                                                                                                              Avec la contitution de grands goupes comme Vivendi, l'empire médiatique se renforce jour après jour, comme celui du richissime Breton, dont les objectifs culturels et politiques ne font plus mystère: mettre de plus en plus en plus de moyens au service de ses idéaux et de ses projets, sans que l'Arcom ou l'Etat ne réagisse à la hauteur des finances investies, par peur ou par complaisance. Le RN a de solides appuis au coeur de cette chaîne influenceuse, qui passe beaucoup de temps à dénoncer la "partialité" du service public, qui perd pourtant en qualité informationnelle, mais où le débat contradictoire et informé reste encore présent.                                                                                                            C'est la Chaîne si contestée qui est en question et l'audience qu'elle prend auprès de certaines couches de la population, malgré certaines critiques, dissensions et critiques peu médiatisées. C'est récurrent...   


                                                                                                                                                                         Point de vue:                "....C'est le fonds de commerce de l’empire médiatique de Vincent Bolloré : diffuser et amplifier, de CNews au Journal du dimanche, en passant par Europe 1, le poison de la haine et de la division, principalement sur le dos des personnes noires et arabes, pour mieux vendre au public la fusion de la droite radicale et de l’extrême droite.      C’est donc mécaniquement que la machine s’est emballée avec l’élection, qui plus est dès le premier tour, de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Un maire noir, candidat de La France insoumise (LFI), issu d’un quartier populaire de banlieue parisienne : un tel concentré des obsessions de la fachosphère ne pouvait que faire du nouvel élu la cible idéale de la chaîne amirale du groupe, CNews, qui s’est élancée lance sur fautre, comme au temps des croisades.   Expression d’une domination blanche arc-boutée contre l’immigration, les émissions « 100 % politique » des 27 et 28 mars ont symbolisé l’acmé de son offensive réactionnaire, les propos ouvertement racistes prenant le pas sur les déclarations à relents racistes rabâchées à longueur d’antenne depuis près d’une décennie.                                       Pour caractériser les premières heures du mandat du vainqueur de Saint-Denis, le psychologue Jean Doridot a estimé nécessaire d’en passer par les « mammifères sociaux », les « grands singes » et les « chasseurs-cueilleurs [qui] vivaient en tribus ». Son collègue philosophe Michel Onfray a surenchéri le lendemain en prêtant à Bally Bagayoko une attitude de « mâle dominant » pour avoir appelé à faire « allégeance » après son élection. « Ça, c’est très tribal. On fait allégeance au mâle dominant. Mais on n’est pas dans une tribu primitive », a-t-il insisté pour être sûr d’être bien compris.                                                                                                                           Message reçu 5 sur 5. Sauf par l’exécutif, dont la réaction a été aussi tardive que poussive, alors même que la déferlante raciste avait débuté avant, et s’est poursuivie après, jusqu’à toucher le 2 avril quatre autres élus noirs LFI, destinataires d’un message teinté de références à Tintin au Congo et au « zoo de Beauval ».  Pis, les membres du gouvernement ont d’abord participé à la meute, en instrumentalisant les huées ayant accompagné certains maires déchus au Blanc-Mesnil, à Saint-Denis ou à Creil (Oise), pour ensuite convenir, à la suite des propos diffusés à l’antenne de CNews, qu’il fallait s’en distancier.         Face à l’évidence, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, les a jugées « ignobles » et « absolument inacceptables », tandis que le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est contenté de dénoncer, à l’Assemblée nationale, la « banalisation du mal et du racisme ». Ni l’un ni l’autre n’ont estimé nécessaire de pointer la responsabilité d’une chaîne qui, malgré ses nombreuses récidives, semble toujours bénéficier d’une certaine mansuétude, voire d’une large impunité, au regard de la régularité de ses hors-pistes à l’antenne.                                                 Si le président de la République, aux indignations sélectives, a jugé préférable de se taire, le parquet de Paris a indiqué le 1er avril avoir ouvert une enquête après le dépôt de plainte de Bally Bagayoko. Cette fois, les auteurs des propos, mais également CNews, sont visés. Pour faire bonne figure, le préfet de Seine-Saint-Denis s’est constitué partie civile à la demande du premier ministre.     Mais aucun membre du gouvernement ne s’est présenté au rassemblement citoyen contre le racisme organisé par le nouveau maire de Saint-Denis le 4 avril. L’absence de la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a été particulièrement remarquée par des manifestant·es muni·es d’écriteaux aux slogans affûtés : « Bolloré, Macron, Arcom tous complices », « CNews = Mensonge, Pascal Praud-Pagande », « Plus de Bally, moins de Bolloré »…          Et l’autorité compétente, dans tout cela ? Après un silence assourdissant, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) continue d’éluder, sans que le gouvernement trouve à y redire. Saisie par des responsables politiques de gauche et des associations antiracistes, elle s’est simplement résolue à « instruire les séquences qui lui ont été signalées ». Et, le 7 avril, son président, Martin Ajdari, devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a annoncé que l’Autorité avait saisi le rapporteur indépendant, étape indispensable en vue de prononcer une sanction contre la chaîne.              Compte tenu de la gravité et de l’antériorité du préjudice sociétal, alors que l’article premier 
de la Constitution est frontalement attaqué, cette ébauche de position publique est aussi lâche que complice. "  ______

C’estle fonds de commerce de l’empire médiatique de Vincent Bolloré : diffuser et amplifier, de CNews au Journal du dimanche, en passant par Europe 1, le poison de la hai ne et de la division, principalement sur le dos des personnes noires et arabes, pour mieux vendre au public la fusion de la droite radicale et de l’extrême droite.                                                              C’est donc mécaniquement que la machine s’est emballée avec l’élection, qui plus est dès le premier tour, de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Un maire noir, candidat de La France insoumise (LFI), issu d’un quartier populaire de banlieue parisienne : un tel concentré des obsessions de la fachosphère ne pouvait que faire du nouvel élu la cible idéale de la chaîne amirale du groupe, CNews, qui s’est élancée lance sur fautre, comme au temps des croisades.Expression d’une domination blanche arc-boutée contre l’immigration, les émissions « 100 % politique » des 27 et 28 mars ont symbolisé l’acmé de son offensive réactionnaire, les propos ouvertement racistes prenant le pas sur les déclarations à relents racistes rabâchées à longueur d’antenne depuis près d’une décennie.                          Pour caractériser les premières heures du mandat du vainqueur de Saint-Denis, le psychologue Jean Doridot a estimé nécessaire d’en passer par les « mammifères sociaux », les « grands singes » et les « chasseurs-cueilleurs [qui] vivaient en tribus ». Son collègue philosophe Michel Onfray a surenchéri le lendemain en prêtant à Bally Bagayoko une attitude de « mâle dominant » pour avoir appelé à faire « allégeance » après son élection. « Ça, c’est très tribal. On fait allégeance au mâle dominant. Mais on n’est pas dans une tribu primitive », a-t-il insisté pour être sûr d’être bien compris.                                                                                                           Message reçu 5 sur 5. Sauf par l’exécutif, dont la réaction a été aussi tardive que poussive, alors même que la déferlante raciste avait débuté avant, et s’est poursuivie après, jusqu’à toucher le 2 avril quatre autres élus noirs LFI, destinataires d’un message teinté de références à Tintin au Congo et au « zoo de Beauval ».                                     is, les membres du gouvernement ont d’abord participé à la meute, en instrumentalisant les huées ayant accompagné certains maires déchus au Blanc-Mesnil, à Saint-Denis ou à Creil (Oise), pour ensuite convenir, à la suite des propos diffusés à l’antenne de CNews, qu’il fallait s’en distancier.               Face à l’évidence, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, les a jugées « ignobles » et « absolument inacceptables », tandis que le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est contenté de dénoncer, à l’Assemblée nationale, la « banalisation du mal et du racisme ». Ni l’un ni l’autre n’ont estimé nécessaire de pointer la responsabilité d’une chaîne qui, malgré ses nombreuses récidives, semble toujours bénéficier d’une certaine mansuétude, voire d’une large impunité, au regard de la régularité de ses hors-pistes à l’antenne.                   Si le président de la République, aux indignations sélectives, a jugé préférable de se taire, le parquet de Paris a indiqué le 1er avril avoir ouvert une enquête après le dépôt de plainte de Bally Bagayoko. Cette fois, les auteurs des propos, mais également CNews, sont visés. Pour faire bonne figure, le préfet de Seine-Saint-Denis s’est constitué partie civile à la demande du premier ministre.                                                  Mais aucun membre du gouvernement ne s’est présenté au rassemblement citoyen contre le racisme organisé par le nouveau maire de Saint-Denis le 4 avril. L’absence de la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a été particulièrement remarquée par des manifestant·es muni·es d’écriteaux aux slogans qui visaient juste : « Bolloré, Macron, Arcom tous complices »« CNews = Mensonge, Pascal Praud-Pagande »« Plus de Bally, moins de Bolloré »

jeudi 9 avril 2026

Nouveau Moise?

    Ou

           Appel au 25° Amendement...                                                                                 _____________________________
 

Varia

__  Séisme

__ Déluge

__ Ambivalence

__ Scandales

__ Confusion

__ Indignation

__ Régression

__ Revirement

__ Dissimulation                           

__   >> Belles niches

__ Mauvaises mines

__ Sibérie demain?

__ Fin de règne?

__ Fayard en cause

__ Cinéma chrétien

__ " Liberté d'expression"?

__ Cadmium en question

__ USA; la grande purge

__ Livraisons non conformes

__ Droits des femmes en question

            _______________  (Libre) revue de presse _______________

mercredi 8 avril 2026

Comparaison n'est pas raison

  Il avait quand même levé son bras vengeur

                        Mais Saint Trump s'est retenu, dans sa grande magnanimité...

                Interrogations...                            _______________________________

Cher carburant

Dépendance et vulnérabilité

                                 Ce n'est pas la crise pour tout le monde, surtout pour les plus dépendants au carburant, par nécessité.     TotalEnergie aurait déjà très discrètement fait de bonnes opérations, à la faveur ded événements d'Ormuz, qui font monter le prix du carburant comme jamais. E il n'est pas le seul. "...Le chaos provoqué sur les marchés du brut par le verrouillage du détroit d’Ormuz lui aurait déjà permis de réaliser une opération particulièrement lucrative. Un pari gagnant à 1 milliard de dollars (870 millions d’euros), selon les informations du Financial Times publiées lundi 30 mars.,Depuis plusieurs semaines, les marchés bruissaient de rumeurs sur les achats massifs de pétrole physique auxquels se livraient les tradeurs de la compagnie tricolore : ceux-ci auraient commencé à acquérir des dizaines de cargaisons de brut du Moyen-Orient dès le début du mois de mars. Au moment, donc, où les premiers bombardements des Etats-Unis et d’Israël en Iran entraînaient la paralysie du détroit et la raréfaction brutale de l’offre pétrolière en provenance des pays du Golfe. Bien vite, les cours du brut de Dubaï, la principale référence dans la région, aux Emirats arabes unis, n’ont plus reposé que sur le pétrole d’Oman, disponible sans passer par le détroit, et celui qu’Abou Dhabi parvenait encore à acheminer par un pipeline terrestre jusqu’à son terminal de Foujeyra. Des volumes raflés presque intégralement par Totsa, comme se nomme la branche consacrée au trading pétrolier de TotalEnergies. Celle-ci aurait acheté plus de 70 cargaisons, représentant quelque 38 millions de barils, selon des sources citées par la société d’analyse Quantum Commodity Intelligence. De quoi s’arroger une position quasi hégémonique sur ce segment de marché, crucial pour de nombreux pays consommateurs en Asie..."                                              IL faut être prévoyant, rapide et discret.."... TotalEnergies comme ses concurrents européens, les britanniques BP et Shell, eux aussi dotés de puissantes divisions de négoce, ne dévoilent jamais de chiffres précis dans ce domaine. Au sein de la multinationale française, ces équipes fonctionneraient même comme « une île », affirme une source en interne. Avec un objectif ultime : « Faire du profit. »..."                 Des profits qui iront dormir tranquillement au paradis.         


                                                   
Les coûts des diverses sources d'énergie, liquide ou gazière, se révèlent complexes pour le commun des mortels, qui subit le plus souvent sans comprendre. La facture énergétique pèse lourdement, avec ses répercussions en chaîne, le pétrole étant à la base de tout ou encore de très nombreuses productions et activités. Nous ne sommes loin d'être sortis de l'ère de l' or noir. Notre avenir énergétique reste problématique, . Une spéculation au jour le jour. Taxer les profits exeptionnels est largement demandé. Même si on ne parle plus pour l'instant de pic pétrolier. Provisoirement....                                            Tout le monde n'est pas perdant, c'est sûr...  Pas de cadeau!
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mardi 7 avril 2026

D'ultimatum en ultimatum...

 Jusqu'où ira the Big Boss?

       Au langage soutenu et rassurant: « Ouvrez ce putain de détroit, espèce de bâtards, ou vous vivrez en enfer !

         

                ____Bomb, Baby, Bomb!                                             

Loi du talion

 Démocratie en question à Tel Aviv

                   Qui se met de plus en plus en péril, en sortant des normes juridiques élémentaires La Justice n'est plus que  pour certans seulement, dans la soif de vengeance qui se développe. C'esr quasiment inouï. Un point de nonr-retour. Où est passée la lucidité de Edward Saïd?   


         Point de vue :         "...  Après avoir obtenu le vote à une large majorité de la loi instaurant la pendaison pour des Palestiniens accusés de meurtre commis dans le cadre « d’un acte terroriste », le 30 mars, Itamar Ben Gvir, a ouvert une bouteille dans les couloirs de la Knesset, l’Assemblée israélienne, pour célébrer sa victoire. « Nous avons fait l’histoire ! Nous avons promis. Nous avons tenu nos promesses », s’est réjoui le ministre de la sécurité nationale, principale figure de cette extrême droite, nationaliste et religieuse qui fait l’agenda politique depuis la fin 2022. Des images de jubilation qui vont peser longtemps, de façon négative, sur les représentations du gouvernement, du Parlement et donc de l’Etat d’Israël dans le monde entier.                                                                                                                                       Avec cette loi, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens jugés coupables de « meurtre terroriste », mais pas pour les juifs israéliens qui commettent les mêmes actes en Cisjordanie occupée, l’Etat hébreu assume et légalise une politique pénale ouvertement raciste. Un vote soutenu par la majorité parlementaire et une partie de l’opposition. Le tournant législatif est majeur, et il éclaire ceux qui préféraient ne pas voir l’évolution de l’Etat hébreu depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition de droite et d’extrême droite, fin 2022 – avant même le choc du 7 octobre 2023, puis la riposte à l’attaque du Hamas et la guerre d’anéantissement qui ont fait plus de 72 000 morts dans la bande de Gaza.                                                                                                                                                                         Le moment est critique pour Israël, bien au-delà de cette loi. Deux des piliers du pays sont menacés à court terme : l’Etat de droit et la démocratie. Les alertes ne viennent pas seulement de la gauche, d’ennemis supposés du sionisme ou de militants propalestiniens. Elles émanent d’un large spectre d’intellectuels, de juristes, d’universitaires. « Nous ne sommes plus une démocratie libérale, et cela ne s’est pas produit du jour au lendemain, à la suite d’un événement ponctuel. Il s’agit d’un processus au cours duquel les fondements mêmes de la démocratie sont gravement menacés, et où la démocratie s’affaiblit », a, par exemple, affirmé, le 3 janvier, l’ancien président de la Cour suprême Aharon Barak, qui fut le juge désigné par Israël au sein de la Cour de justice internationale, en 2024, pour répondre à l’accusation de génocide portée contre l’Etat hébreu par l’Afrique du Sud, à propos de la guerre à Gaza.                                                                                                                                                                           « Chacun de nous doit tenir le drapeau de l’Etat dans sa main, le brandir haut et fort, et exprimer sa loyauté envers l’Etat – et non envers ses dirigeants –, envers l’Etat de droit, et non envers le pouvoir d’un dirigeant », avait ajouté ce juriste respecté par le camp libéral et haï par l’extrême droite. Sans succès, tant la fatigue démocratique est grande et la mobilisation difficile en période de guerre.                           Car la coalition, depuis quatre ans, n’a cessé de multiplier les attaques contre l’Etat de droit – premier pilier attaqué. Ce fut le cœur de la bataille de la première année au pouvoir du gouvernement Nétanyahou avec la réforme du système judiciaire visant à réduire l’indépendance des magistrats. Le projet avait provoqué une mobilisation impressionnante avant que le 7-Octobre ne mette fin provisoirement à cette confrontation publique. Depuis, la coalition n’a pas cessé, en réalité, d’avancer ses réformes, réduisant à bas bruit les pouvoirs des magistrats, s’attaquant à la procureure générale Gali Baharav-Miara, ciblant la liberté de la presse, renvoyant les hauts fonctionnaires trop indépendants, fragilisant les contre-pouvoirs et construisant une police de plus en plus politique sous les ordres du même Itamar Ben Gvir.                                                                                                                                Le mouvement s’opère à travers une trentaine de propositions et de projets de loi adoptés ou en cours d’examen. Il se réalise à travers les pouvoirs de chacun des ministres, qu’il s’agisse d’éducation, de justice ou de sécurité. « Une érosion progressive des contre-pouvoirs », selon une étude publiée en janvier par l’Israel Democracy Institute. « Le recul se manifeste généralement par des modifications juridiques et constitutionnelles qui servent de façade démocratique au démantèlement des structures démocratiques. Ce phénomène s’accompagne souvent d’une mainmise sur les institutions de l’Etat, ce qui permet la mise en œuvre concrète de ce processus », soulignent les auteurs, Anat Thon Ashkenazy et Daphne Benvenisty, après avoir recensé, sur 58 pages, les atteintes de toutes sortes sur les douze derniers mois.         ___  La loi sur la peine de mort va être examinée par la Cour suprême. Les arguments pour l’invalider sont nombreux, évoqués tout au long du débat parlementaire par des députés, des ONG et même les juristes chargés de conseiller les ministres. Les juges vont toutefois devoir effectuer un choix cornélien. Soit la valider et laisser ainsi passer une loi profondément discriminatoire. Soit l’invalider, ce qui est le plus probable, avec la perspective, ensuite, d’une offensive tous azimuts de la droite et de l’extrême droite pour dénoncer le « gouvernement des juges ».                                                                                 Un scénario qui dessine aussi, du même coup, le déroulement de la campagne électorale pour les prochains mois, jusqu’en octobre, date du scrutin législatif. Le moment est favorable dans les deux cas pour Itamar Ben Gvir, héraut des suprémacistes, promoteur d’une vision autoritaire de l’ordre et du maintien de celui-ci, qui pourra se présenter comme le responsable d’une inflexion historique au nom d’un messianisme juif ou comme la victime d’un « Etat profond » qu’il faut renverser.  Un scénario que pourra aussi exploiter Benyamin Nétanyahou, en conflit ouvert avec la justice depuis qu’il a été renvoyé devant un tribunal pour corruption. « Lorsqu’un leader de droite fort remporte une élection, l’Etat profond de gauche se sert du système judiciaire comme d’une arme pour aller à l’encontre de la volonté du peuple », avait accusé le premier ministre, en mars 2025. Si le chef de l’Etat, Isaac Herzog, refuse de lui accorder la grâce qu’il réclame, contre toute évidence, il fera de nouveau des magistrats sa cible prioritaire. Ce que le troisième personnage principal de la coalition, Bezalel Smotrich, ministre des finances, également chargé des colonies, a pris au pied de la lettre en accusant l’actuel président de la Cour suprême, Isaac Amit, de « vole[r] la démocratie ». « Nous allons l’écraser », a-t-il menacé en décembre 2025 – en Israël, personne n’a oublié que des attaques verbales avaient débouché sur l’assassinat par un militant d’extrême droite du premier ministre Yitzhak Rabin, le 4 novembre 1995.                                                                                                                                 Le gouvernement conduit aussi le pays au bord du gouffre démocratique – le second pilier attaqué. Pour une raison que la plupart des Israéliens refusent de voir. Depuis des années, en effet, la colonisation en Cisjordanie n’est plus combattue que par une poignée de militants de gauche ou du centre, courageux et déterminés, mais ultraminoritaires. Le mouvement contre la réforme judiciaire de 2023 s’était ainsi concentré sur les risques pour les citoyens israéliens, laissant complètement de côté la dictature militaire mise en place pour occuper la Cisjordanie.     Or, ces quatre dernières années, la coalition a entrepris une annexion graduelle, systématique et méthodique, des territoires palestiniens occupés depuis cinquante-neuf ans. Bezalel Smotrich, le ministre chargé de ce dossier, leader du sionisme religieux, a développé les colonies à marche forcée, octroyant toujours plus de leviers aux colons pour s’étendre, construire des villages, des villes, des routes, des zones commerciales, tout en affaiblissant le plus possible l’Autorité palestinienne proche d’un effondrement financier. Une opération de nettoyage ethnique, soutenue par les principaux leaders de l’opposition et que la Cour suprême n’a pas empêchée.                    Le ministre de la sécurité nationale, de son côté, a instauré, avec l’aide de l’armée, un régime de terreur lui aussi parfaitement assumé. Alors que la Cisjordanie ne s’est pas soulevée après le 7 octobre 2023, plus de 1 000 Palestiniens ont été tués par les forces de l’ordre ou les colons depuis cette date. Plus de 20 000 personnes ont été arrêtées puis emprisonnées, souvent sans charges et dans des conditions dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Une politique défendue publiquement par Itamar Ben Gvir, sans que la justice intervienne, sauf à la marge, pour éviter, par exemple, que les détenus soient sous-alimentés.                            Cette annexion de facto a une conséquence immense et vertigineuse sur le plan démocratique. L’Etat hébreu est aujourd’hui un pays de près de 10 millions d’habitants dont le fonctionnement sur le territoire israélien est démocratique, malgré des entailles sérieuses : la loi de 2018 consacrant Israël comme l’Etat-nation du peuple juif a notamment gravé dans la norme les inégalités entre les juifs et les autres citoyens (20 % de la population composée de musulmans, de Druzes et de chrétiens). En 1980, l’annexion de Jérusalem-Est avait ajouté un peu moins de 400 000 Palestiniens qui ne bénéficient pas du minimum des droits civiques, notamment celui de voter aux élections générales.                                                                                       En appliquant sa souveraineté de fait sur la Cisjordanie, Israël est en train d’agréger plus de 3 millions de personnes supplémentaires, dont les droits de circulation, de résidence, de travail, de liberté d’expression et de vote sont réduits, sinon inexistants. Soit, au total, avec Jérusalem-Est, près de 4 millions d’habitants sans réels droits civiques dans un territoire qui en compterait alors 14 millions.     En juillet 2025, une écrasante majorité de députés – 71 contre 13 – avaient voté une résolution, non contraignante, appelant le gouvernement à exercer sa souveraineté en Cisjordanie. « C’est notre terre et c’est notre foyer. La terre d’Israël appartient au peuple d’Israël. En 1967, l’occupation n’a pas commencé, elle a pris fin », avait affirmé à cette occasion le président (Likoud, droite) de la Knesset, Amir Ohana, dans une formule qui dit bien la volonté d’effacement des Palestiniens. Avec l’annexion de la Cisjordanie, au programme de l’extrême droite et d’une partie de la droite, l’Etat hébreu ne sera donc plus la démocratie qu’il prétend être. Tel est l’enjeu des prochaines élections..." [Merci à Luc Bronner]  ____[_______

lundi 6 avril 2026

Animal en quête de sens

      Comme l'homme

          Même dans des circonstances extrêmes.                                   _________________     


Question de dette

Dette publique dans le débat

       Coemme souvent. Comme aujourd'hui en France. Comme hier en Allemagne, en Roumanie, en Grèce....Elle peut avoir des effets positifs, comme le moyen d'une relance économique, permettant de la régler défintivement, ou des effets pervers, selon les cas. Elle résulte essentiellement de choix ou de non-choix politiques, n'a pas l'aspect moral qu'on lui attribue parfois facilement, en en faisant porter la responsabilité sur l'inconscience des citoyens jouisseurs-consommateurs, par exemple, comme Mr Bayrou s'est obstiné à le faire récemment, par exemple, ou Mr Raffarin avant lui.  Toute une histoire...  


                                                                                   On sait que la notion de dette et de faute sont originellement liées, comme l'a montré Graeber  dans ses recherches. Mais le simplisme est souvent la règle en la matière; "
« Moi, j’ai des idées simples (…) c’est de la bonne gestion de père de famille, c’est cela qu’il faut faire. Moi je suis tout à fait favorable à ce que nous puissions, très rapidement, réduire les déficits" (Raffarin). Cette référence aux « règles de bon père de famille » a été reprise par Sarkozy lors de la discussion du budget 2005. Pourtant, ce raisonnement apparemment irréfutable est un tissu d’absurdités et de contresens.( M.Husson)...                                                  Et puis, il y a dette et dette... Et la dette a à voir avec la peur, voire la culpabilité, la faute...Et le débat es souvent assez lunaire, ce qui n'exclut pas qu'il puisse y avoir de la "mauvaise" dette.        Le vocabulaire religieux est imprégné de cette notion de dette. La culpabilité (Geduld) et la dette ont des origines communes. Il en reste des traces comme dans l'Allemagne actuelle, qui porte le poids d'une histoire récente particulière, même si la fin d'un tabou est sans doute en train d'apparaître.                                                                                                                     


 Le études  de David Graeber son très originales de ce point de vue. En contextualisant historiquement le rôle de la monnaie, il permet de relativiser beaucoup de nos représentations sur le disours concernant la dette.                                       Et la monnaie est profondément ambivalente.



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