A l'heure de l'emballement du numérique
HORIZONS ET COUPS DE COEUR (ou de gueule)
CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
samedi 15 août 2026
Vers une atrophie cognitive?
IA: question de dosage, de feeling et de raison
Devant ces nouveaux moyens encore au berceau, concernant les IA génératives, mais à l'évolution galopante, comment se situer? Adopter l'enthousiasme naïf de Laurent Alexandre, qui fait de l'IA une nouvelle religion, dénigrant toute formation universitaire jugée désuète? Ou garder une distance prudente et critique, car ce sont certaines de nos fonctions essentielles qui sont en question, des facultés qui peuvent en pâtir, par effet rétroactif. Le deskilling guette... Il existe un grand risque :" ...Moins de trois ans après le lancement de ChatGPT, 42 % des jeunes Français utilisent déjà les IA génératives quotidiennement1. Des études commencent cependant à pointer l’impact négatif de ces technologies sur nos capacités cognitives...L’utilisation massive d’Internet et des réseaux sociaux a déjà fragilisé notre rapport au savoir. Bien sûr, ces outils ont des applications formidables en termes d’accès à l’information. Mais contrairement à leurs promesses, ils opèrent moins une démocratisation des connaissances qu’une illusion généralisée du savoir. Je ne crois pas exagéré de dire qu’ils poussent globalement à une médiocrité intellectuelle, émotionnelle et morale. Intellectuelle parce qu’ils favorisent une surconsommation de contenus sans véritable analyse critique, émotionnelle parce qu’ils occasionnent une dépendance toujours plus profonde aux stimulations et au divertissement, et morale, parce que nous sommes tombés dans une acceptation passive des décisions algorithmiques.... En 2011 déjà, une étude avait mis en évidence l’ « effet Google » : quand nous savons qu’une information est accessible en ligne, nous la mémorisons moins bien. Or, lorsque l’on n’entraîne plus sa mémoire, les réseaux neuronaux associés s’atrophient. Il a également été prouvé que les notifications, alertes et suggestions de contenus incessantes sur lesquelles s’appuient massivement les technologies digitales réduisent considérablement notre capacité de concentration et de réflexion. Moins de capacités de mémorisation, de concentration et de réflexion conduisent à une pensée appauvrie. Je crains fort que l’usage massif des IA génératives n’améliore pas la situation...des travaux3 menés par des chercheurs qataris, tunisiens et italiens indiquent ainsi qu’un usage massif des LLM fait courir le risque d’un déclin cognitif. Les réseaux neuronaux impliqués dans la structuration de la pensée, dans la rédaction de textes, mais aussi dans la traduction, dans la production créative, etc. sont complexes et profonds. Déléguer ces efforts mentaux à l’IA conduit à une « dette cognitive » cumulative : plus l’automatisation progresse, moins le cortex préfrontal est sollicité, laissant présager des effets durables en dehors de la tâche immédiate Les IA génératives ont tout pour nous rendre dépendants : elles s’expriment comme des humains, s’adaptent à nos comportements, semblent avoir réponse à tout, ont un fonctionnement ludique, relancent sans arrêt la conversation et se montrent extrêmement complaisantes à notre égard. Or, la dépendance est nocive non seulement parce qu’elle potentialise les autres risques mais aussi en elle-même. Elle peut engendrer un isolement social, un désengagement réflexif (si une IA peut répondre à toutes mes questions, pourquoi apprendre ou penser par moi-même ?), voire un sentiment d’humiliation profond face à l’incroyable efficacité de ces outils. Rien de tout cela n’est très enthousiasmant pour notre santé mentale..."
L'essentiel est donc de garder la maîtrise. C'est un immense défi qui se présente à nous. Un défi anthropologique. "...à terme, une préoccupation plus subtile pourrait émerger. L'IA pourrait se mettre à répondre trop vite, à résoudre trop de problèmes et à exercer une influence trop marquée. Au lieu d'aider l'utilisateur à explorer ses propres pensées, le modèle pourrait finir par remplacer ce processus. En matière de soutien psychologique, une aide efficace ne se limite pas à fournir des réponses. Il s'agit aussi d'aider les gens à développer leurs propres capacités d'adaptation, leur conscience émotionnelle et leur aptitude à prendre des décisions. C'est pourquoi nous devons évaluer non seulement la sécurité de l'IA, mais aussi sa capacité à préserver l'autonomie humaine...." Il reste encore beaucoup à apprendre sur ce sujet hautement sensible, qui est peut-être le débat du siècle... Notes: : 1 __ 2 __3 ___________
vendredi 14 août 2026
Est-il besoin d'être ambassadeur
Pour comprendre ça?
Depuis au moins 2009, un vrai terrorisme
Les objectifs de l'extrême-droite sont clairs ______________
Quand la musique fédère
Envers et contre tout
On dit que la musique adoucit les moeurs. C'est généralement le cas pour la plupart des styles de musique, à une époque donnée. Mais il est des musiques propices à stimuler le pire, comme disait Brassens à propos de certaines musiques militaires ou des usages pervers, même des plus belles oeuvres. Mais la musique peut entrainer, galvaniser, unir. Elle peut même jouer un rôle fédérateur pour les meilleures causes, ouvrir à l'espoir, parfois dans des situations critiques, voire désespérées. Cet orchestre pour la paix représente un fragile espoir de réconciliation dans l'enfer actuel vécu au MO.
C'est ce qu'a compris Daniel Barenboïm, pianiste et chef orchestre israëlo-argentin, qui a consacré une partie de son activité et de sa vie à former et à diriger une formation israëlo-palestinienne, pour contribuer à sa manière à avancer vers une reconnaissance mutuelle, même dans les pires moments. Une épopée qu'on peut juger "folle", mais un grain sable exemplaire, initié par un passeur déterminé . Malgré son état de santé. __ "... Quand Daniel Barenboïm prend la plume le 10 octobre 2023 sur ses réseaux sociaux, trois jours après le bain de sang commis par le Hamas, son ton est grave. Malgré la maladie neurodégénérative qui le diminue, le chef d’orchestre né à Buenos Aires en 1942 veut rester lucide face à cette « tragédie dont les conséquences se feront sentir longtemps ». Il condamne « avec la plus grande fermeté » le « crime odieux » commis par les terroristes palestiniens, avant de dénoncer « le siège israélien de Gaza », qui « constitue une politique de punition collective, qui est une violation des droits de l’homme ». Ses mots sont pesés, mais clairs et précis. D’autant que le maestro israélo-argentin est au courant des soubresauts que provoquent ces terribles événements au sein de l’Académie Barenboïm-Saïd. Installée à Berlin, cette école prolonge l’aventure du West-Eastern Divan Orchestra (« Orchestre du Divan occidental-oriental », Wedo) en formant ses futures étoiles. Le 13 octobre, après avoir rencontré les élèves, il publie, cette fois sur le site de sa fondation, une tribune pour rappeler la « valeur inestimable » qu’a « le simple fait que des musiciens arabes et israéliens partagent la scène ».La musique peut être un combat. On n'éteint pas les voix désespérées. Résister par la musique. ___________
jeudi 13 août 2026
Varia
__ Rumeur
__ Faille
__ Intrusion
__ Panique
__ Déficit
__ Tabou
__ Pillage
__ Ingérence
__ Rassurant?
__ Après Trump
__ Eco anxiété
__ IA et media
__ Vents contraires
__ Xavier et Sarah
__ Veuves noires
__ Rage d'un père
__ Rhin en souffrance
__ Enfance tragique
___________ Gaz russe et conséquences européennes _________
mercredi 12 août 2026
Quand l'archéologie devient politique
Les risques de l'instrumentalisation
L'archéologie, historique ou préhistorique, a beaucoup à nous apprendre sur notre passé -proche ou lointain- pour peu qu'elle soit "savante", confiée à des historiens ou des préhistoriens bien formés, mieux à même de donner du sens aux documents matériels ou immatériels mis au jour en éclairant souvent d'un jour nouveau ce que l'on savait ou croyait savoir. En ce sens, elle est une pratique auxiliaire de l'histoire, si elle menée avec rigueur et objectivité. Mais de même que l'histoire peut être parfois instrumentalisée, au niveau politique, l'archéologie peut aussi, parfois sans le vouloir directement, se mettre au service de causes qui sont loin d'être indiscutables, créant parfois des polémiques qui dépassent de loin la neutralité de l'archéologue parfois imprudent ou trop engagé. Il arrive que la pratique archéologique devienne, officiellement ou pas, cause nationale. Comme on le voit aujourd'hui en Israël, en contribuant peu ou prou à forger ou à renforcer un idéal national, à légitimer une terre revendiquée comme authentiquement sienne, souvent sur fond de récits mythiques. Le projet de Grand Israël revendiqué par l'extrême droite du Likoud sert souvent de moteur pour des recherches orientées. Le mythe de la Terre Promise se réactive en cette période de conflits territoriaux. Bien que certains, comme Finkelstein, prennent leur distances par rapports aux mythes bibliques. L'archéologie n'a pas à légitimer quoi que ce soit pour cette école, soucieuse d'objectivité. Elle explore, décrit, interprète...Car il existe des faussaires de la Bible, comme l'a bien montré le document de Arte hier soir. On est bien loin de l'archéologie rigoureuse, loin des pressions et de l'idéologie dominante. Même si elle a contribué à la fabrique de certaines identités impériales ou nationales....Elle reste malgré tout une discipline "politique", au sens large. Pour JP Demoule, "...Les archéologues et historiens ont pour « devoir scientifique, éthique et citoyen de faire la part des mythes, de les décrire et les expliquer, mais en aucun cas de les alimenter ni de les justifier », estime Jean-Paul Demoule. L’autre préoccupation majeure du chercheur est d’éviter que le passé ne soit considéré comme une marchandise, et son étude laissée au marché. L’archéologie préventive a précisément pour fonction d’éviter que les vestiges ne soient sacrifiés sans être étudiés lors d’aménagements. Il retrace avec minutie les péripéties législatives qui ont entouré son encadrement en France. La représentation nationale, l’Etat et ses grands corps, tout comme l’exécutif, n’en sortent pas grandis. Un de ses sujets d’indignation ? Les entreprises privées qui peuvent réaliser des travaux de fouilles bénéficient de crédits d’impôts – « l’argent des citoyens » –, ce qui leur permet, in fine, de proposer aux aménageurs des tarifs imbattables, « mettant en péril la survie économique et scientifique d’un institut de recherche publique ...»._____________