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mardi 18 août 2026

Silence!

 Il est d'or, dit-on.

     Une dimension ambivalente

               Notamment en politique        _____________

Chaos informationnel

     La citoyenneté et sa formation en péril     [Bis repetita]

                                   Dans la vague populiste montante, il devient de plus en plus difficile pour le citoyen moyen, surtout s'il  lit peu et ne dispose que de peu de moyens d'information relativement sérieux, de culture minimale et d'esprit critique un peu exercé, de se forger une relative bonne opinion de la la marche du monde et de ses implications dans le réseau des actions politiques et économiques. De s'informer, quoi! Même si une presse totalement objective n'existe pas au sens strict. Pas plus qu'un relai télévisuel, même non orienté, non marchandisé ou non partisan. Ce qui n'exclut pas des ligne éditoriales différentes.               Ne parlons pas des réseaux dits sociaux, qui véhiculent le meilleur et le pire, jusqu'aux fake news les plus grossiers. C'est aujourd'hui au niveau mondial que se pose le problème. Les ados sont particulièrement visés, mais pas seulement. La confiance est ébranlée sur les sujets les plus discutés, où les esprits se crispent, enracinés dans leurs idées préconçues, leurs parti-pris. La polémique domine. Les échanges critiques fondés et argumentés se réduisent au profit d'opinions le plus souvent non vérifiées ou seulement affectives ou partisanes, voire passionnelles.                                                             "... Les conditions de l'indépendance  de l’information sont les premières à avoir été balayées. Dès la fin de la décennie 2020, les grandes entreprises du numérique ont définitivement capté le marché de la publicité. L’assèchement des recettes publicitaires a conduit tous ceux qui en dépendaient, même partiellement, à la faillite. Plusieurs acteurs de l’information autrefois essentiels sont devenus une cible de choix pour ceux-là mêmes qui les ont privés de cette source de revenus. Certains ont été intégrés, dans une logique de concentration horizontale, à ces grandes firmes du numérique qui contrôlent désormais toute la chaîne de valeur, des matières premières aux terminaux en passant par l’infrastructure. Les autres sont réduits à un rôle de sous-traitants, fournisseurs de données dites « propres ». Dotée jadis d’une valeur commerciale directe (par la publicité, la vente au numéro ou à l’abonnement), l’information n’a plus, pour ces grands acteurs du numérique, qu’une valeur indirecte. Au premier rang desquelles l’information résumée à sa plus stricte expression, sa plus stricte valeur d’usage : de la data – et encore : de la data moins qualifiée que celle récoltée directement par ces entreprises de la tech auprès des publics, en aspirant leurs données (émotionnelles, de santé, communication, travail, consommation, etc.) du berceau à la tombe. L’information indépendante d’intérêts économiques n’existe donc plus.  C’est ensuite la vérification qui est devenue impossible. La désintermédiation initiée par les réseaux sociaux au début du XXIe siècle, couplée aux progrès de l’intelligence artificielle générative a donné naissance à une industrie du faux sans précédent. Parler de « faits », de « vrai » qui serait opposé au « faux », est, depuis le début des années 2030, devenu impossible. Au-delà des tentatives de manipulations géopolitiques, au-delà de son exploitation par des acteurs politiques internes, ce sont finalement les publics eux-mêmes qui ont donné le coup de grâce à la notion de vérification, en décrochant de l’information. Ils ont tout simplement fini par s’en détourner complètement, démunis devant le coût de plus en plus élevé de vérification leur incombant en bout de chaîne. Pris en étau entre le déluge d’informations et l’indistinction des contenus, les citoyens ont fait un choix radical : celui de l’évitement..."               Et le ludique finit par primer sur le théorique. Comprendre est devenu trop compliqué et fatigant, à l'heure de l'homme pressé   .   La démocratie en pâtit.    C'est le choc des opinions sans modération.  "Comprendre est souvent devenu superflu. Les avis ou les prises de parti se donnent à l'état brut.        Une certaine "brutalisation" des débats se généralise, les mots devenant des armes, les réponses jaillissant avant la réflexion, comme si vaincre valait plus que convaincre.                                                         Le débat sur la labellisation qui agite certains responsables est biaisé.   L'heure n'est pas à un contrôle plus ou moins officiel de l'information , mais à un réalignement des organes qui se veulent encore d'information sur leurs fondamentaux et sur la fidélité à la déontologie journalistique, souvent si mal respectée.   Personne ne devrait y échapper. Y a du boulot!       ________________                                                                                            

lundi 17 août 2026

Faites c'que j' dis...

 Il a raison

            De son point de vue...      Dénonçant cependant l'hypoxie française.                  __________________


Au début était le rire

   Du sérieux au rires multiformes

           Le rire, cette attitude humaine jugée souvent peu sérieuse, divertissante, légère, parfois objet de condamnation pendant une période où il fut fustigé, voir diabolisé: qu'on songe au Nom de la rose de U.Eco, où l'auteur reprend une certaine tradition monacale où le rire était banni, souvent perçu même comme "diabolique". Une perception que n'avait pas le monde grec, où la notion de péché était exclue, ce qui n'excluait pas le tragique. L'humour avait sa place dans le monde gréco-romain. Plus qu'on ne le pensait. L'"innocence" du monde et de la destinée humaine, jugée sans jugement final, donnait, selon Nietzsche, une légèreté particulière, sans culpabilité.           


                                                                                                                              Le rire grec était considéré comme "sagesse". L'autodérision avait même sa place, contre l'esprit de sérieux. Une certaine légèreté de l'être, comme aurait dit Kundera. Pas de tristesse chez Proclus. Aristophane s'autorise tout:  "...Le théâtre d’Aristophane n’épargne personne, il s’attaque aussi bien aux hommes politiques qu’aux philosophes, comme Socrate qui devient le « pontife des subtils radotages ». Le comique grec va jusqu’à mettre en dérision les emblèmes religieux de la communauté grecque en parodiant l’épopée et en ridiculisant à la fois le sacré et le profane. Aristophane s’en prend aussi au peuple, dans sa comédie Les Banqueteurs, le dramaturge met en scène deux jeunes gens de mœurs opposées : l’un vertueux, l’autre débauché. Cette pièce représente sans nul doute le début de la comédie de mœurs qui se développe lors du XVIe siècle, mais le sujet qui suscite davantage l’intérêt d’Aristophane et qui l’inspire profondément dans son art demeure le sujet politique. L’auteur s’oppose rigoureusement à la politique de certains démagogues comme Cléon, et ne peut s’empêcher d’exprimer ouvertement son opposition sur la scène du théâtre. Dans Les Babyloniens, Aristophane dénonce la politique de Cléon, le démagogue athénien et successeur de Périclès. Cette pièce valut à Aristophane une condamnation, il est alors accusé de haute trahison et sa comédie est publiquement diffamée.....   À la fin du Ve siècle, pendant cette période de crise qui se caractérise par la déchéance de la démocratie, mais aussi celle des croyances religieuses, Aristophane se permet de bafouer et les dieux et les athées. Fidèle au rire archaïque de Dionysos, le dramaturge grec refuse de se plier aux exigences des politiciens et offre à son rire une liberté démesurée..."                                       


                         L'impertinence était déjà au rendez-vous. Comme elle l'était finement chez David Lodge.  L'humour, cette légéreté de l'être, avait sa place. Discret ou appuyé. Sans atteindre cependant les sommets shadokiens.                  Ou l'humour noir de notre époque tragique.                                                                                     Sérieux, les Anciens? Pas toujours....    

      Rabelais:   il « vaut mieux de rire que de larmes écrire », reprenant une idée déjà présente chez les Anciens comme Aristote.    _________________

dimanche 16 août 2026

Eau en question

    Vers des conflits pour l'eau?

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Echos du dimanche

__ Inédit

__ Scale AI

__ Inquiétude

__ Epidémies

__ Grignotages

__ Cyberattaque

__ Concurrence

__ Improvisation

__ Mer toxique

__ Meta en cause             

__ Effets d'éclipse

__ Puces en hausse

__  Eau et agriculture

__ Fonds de tiroir

__ Baleines: c'est assez!

__ Planche de salut

__ Problème de main d'oeuvre

                           ____ Ukraine: durer et endurer   ________________

samedi 15 août 2026

Quels sont les vrais data centers?

   A l'heure de l'emballement du numérique

                        

                   

                 

                   Et de la lecture en danger 
      


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Vers une atrophie cognitive?

  IA: question de dosage, de feeling et de raison

    Devant ces nouveaux moyens encore au berceau, concernant les IA génératives, mais à l'évolution galopante, comment se situer? Adopter l'enthousiasme naïf de Laurent Alexandre, qui fait de l'IA une nouvelle religion, dénigrant toute formation universitaire jugée désuète? Ou garder une distance prudente et critique, car ce sont certaines de nos fonctions essentielles qui sont en question, des facultés qui peuvent en pâtir, par effet rétroactif.  Le deskilling guette...                                                                                                   Il existe un grand risque :" ...Moins de trois ans après le lancement de ChatGPT, 42 % des jeunes Français utilisent déjà les IA génératives quotidiennement1. Des études commencent cependant à pointer l’impact négatif de ces technologies sur nos capacités cognitives...L’utilisation massive d’Internet et des réseaux sociaux a déjà fragilisé notre rapport au savoir. Bien sûr, ces outils ont des applications formidables en termes d’accès à l’information. Mais contrairement à leurs promesses, ils opèrent moins une démocratisation des connaissances qu’une illusion généralisée du savoir. Je ne crois pas exagéré de dire qu’ils poussent globalement à une médiocrité intellectuelle, émotionnelle et morale. Intellectuelle parce qu’ils favorisent une surconsommation de contenus sans véritable analyse critique, émotionnelle parce qu’ils occasionnent une dépendance toujours plus profonde aux stimulations et au divertissement, et morale, parce que nous sommes tombés dans une acceptation passive des décisions algorithmiques....                                                       En 2011 déjà, une étude avait mis en évidence l’ « effet Google » : quand nous savons qu’une information est accessible en ligne, nous la mémorisons moins bien. Or, lorsque l’on n’entraîne plus sa mémoire, les réseaux neuronaux associés s’atrophient. Il a également été prouvé que les notifications, alertes et suggestions de contenus incessantes sur lesquelles s’appuient massivement les technologies digitales réduisent considérablement notre capacité de concentration et de réflexion. Moins de capacités de mémorisation, de concentration et de réflexion conduisent à une pensée appauvrie. Je crains fort que l’usage massif des IA génératives n’améliore pas la situation...des travaux3 menés par des chercheurs qataris, tunisiens et italiens indiquent ainsi qu’un usage massif des LLM fait courir le risque d’un déclin cognitif. Les réseaux neuronaux impliqués dans la structuration de la pensée, dans la rédaction de textes, mais aussi dans la traduction, dans la production créative, etc. sont complexes et profonds. Déléguer ces efforts mentaux à l’IA conduit à une « dette cognitive » cumulative : plus l’automatisation progresse, moins le cortex préfrontal est sollicité, laissant présager des effets durables en dehors de la tâche immédiate                                                                                                Les IA génératives ont tout pour nous rendre dépendants : elles s’expriment comme des humains, s’adaptent à nos comportements, semblent avoir réponse à tout, ont un fonctionnement ludique, relancent sans arrêt la conversation et se montrent extrêmement complaisantes à notre égard. Or, la dépendance est nocive non seulement parce qu’elle potentialise les autres risques mais aussi en elle-même. Elle peut engendrer un isolement social, un désengagement réflexif (si une IA peut répondre à toutes mes questions, pourquoi apprendre ou penser par moi-même ?), voire un sentiment d’humiliation profond face à l’incroyable efficacité de ces outils. Rien de tout cela n’est très enthousiasmant pour notre santé mentale..." 


 
                                                                            L'essentiel est donc de garder la  maîtrise. C'est un immense défi qui se présente à nous. Un défi anthropologique. "...à terme, une préoccupation plus subtile pourrait émerger. L'IA pourrait se mettre à répondre trop vite, à résoudre trop de problèmes et à exercer une influence trop marquée. Au lieu d'aider l'utilisateur à explorer ses propres pensées, le modèle pourrait finir par remplacer ce processus. En matière de soutien psychologique, une aide efficace ne se limite pas à fournir des réponses. Il s'agit aussi d'aider les gens à développer leurs propres capacités d'adaptation, leur conscience émotionnelle et leur aptitude à prendre des décisions. C'est pourquoi nous devons évaluer non seulement la sécurité de l'IA, mais aussi sa capacité à préserver l'autonomie humaine...."                                                                                                                                      Il reste encore beaucoup à apprendre sur ce sujet hautement sensible, qui est peut-être le débat du siècle...                                                                                                                                    Notes:   : 1 __ 2 __3  
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vendredi 14 août 2026

Est-il besoin d'être ambassadeur

 Pour comprendre ça?

   

   Depuis au moins 2009, un vrai terrorisme

        Les objectifs de l'extrême-droite sont clairs     ______________

Quand la musique fédère

 Envers et contre tout

           On  dit que la musique adoucit les moeurs. C'est généralement le cas  pour la plupart des styles de  musique, à une époque donnée. Mais il est des musiques propices  à stimuler  le pire, comme disait Brassens à propos de certaines musiques militaires ou des usages pervers, même des plus belles oeuvres.        Mais la musique peut entrainer, galvaniser, unir. Elle peut même jouer un rôle fédérateur pour les meilleures causes, ouvrir à l'espoir, parfois dans des situations critiques, voire désespérées.   Cet orchestre pour la paix représente  un fragile espoir  de réconciliation dans l'enfer actuel vécu au MO. 

               C'est ce qu'a compris Daniel Barenboïm, pianiste et chef orchestre israëlo-argentin, qui a consacré une partie de son activité et de sa vie à former et à diriger une formation israëlo-palestinienne, pour contribuer à sa manière à avancer vers une reconnaissance mutuelle, même dans les pires moments. Une épopée qu'on peut juger "folle", mais un grain sable exemplaire, initié par un passeur déterminé .     Malgré son état de santé.      __ "... Quand Daniel Barenboïm prend la plume le 10 octobre 2023 sur ses réseaux sociaux, trois jours après le bain de sang commis par le Hamas, son ton est grave. Malgré la maladie neurodégénérative qui le diminue, le chef d’orchestre né à Buenos Aires en 1942 veut rester lucide face à cette « tragédie dont les conséquences se feront sentir longtemps ». Il condamne « avec la plus grande fermeté » le « crime odieux » commis par les terroristes palestiniens, avant de dénoncer « le siège israélien de Gaza », qui « constitue une politique de punition collective, qui est une violation des droits de l’homme »

   Ses mots sont pesés, mais clairs et précis. D’autant que le maestro israélo-argentin est au courant des soubresauts que provoquent ces terribles événements au sein de l’Académie Barenboïm-Saïd. Installée à Berlin, cette école prolonge l’aventure du West-Eastern Divan Orchestra (« Orchestre du Divan occidental-oriental », Wedo) en formant ses futures étoiles. Le 13 octobre, après avoir rencontré les élèves, il publie, cette fois sur le site de sa fondation, une tribune pour rappeler la « valeur inestimable » qu’a « le simple fait que des musiciens arabes et israéliens partagent la scène ».   

                                                                                                              La musique peut être un combat.     On n'éteint pas les voix désespérées.                                                      Résister par la musique.
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