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Pourquoi se gêner?HORIZONS ET COUPS DE COEUR (ou de gueule)
CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
vendredi 24 juillet 2026
L'IA et ses avatars
L'heure n'est plus à l'euphorie Loin de là. C'est plutôt les interrogations inquiètes qui dominent et même parfois la révolte. Face à ce que certains appellent une cannibalisation: "...Le risque n’est (donc) pas nécessairement une bulle, mais une divergence : une économie de l’IA en surchauffe qui marginalise le reste de l’activité et compromet les effets diffus censés justifier l’effort collectif. Individuellement, chaque entreprise a raison d’investir ; collectivement, le résultat est un choc macroéconomique que les décideurs publics ne peuvent pas ignorer..."
Si certaines applications de l' IA peuvent être un pilier de l'apprentissage, on oublie ses mésusages possibles et certains effets discutables, sans régulations strictes. Jusqu'à la perte de contrôle possible. Des incidents sans précédents peuvent se produire. L'effet de bulle se confirme. La Chine bouscule les USA, entrainant une fuite en avant ... Il ne s'agit pas de renoncer à l'IA, mais de revenir à plus de modestie et de contrôle. "...l’intelligence artificielle (IA) générative a provoqué une stupéfaction dont nous ne sommes toujours pas remis. Du jour au lendemain, le grand public s’est retrouvé avec entre les mains un assistant juridique, un conseiller personnel, un développeur informatique ou encore un traducteur multilingue à portée de clic. Ce miracle apparent, pourtant, n’a rien de magique. Derrière les réponses fluides des chatbots se cachent des fermes de serveurs énergivores, des métaux rares et des millions de litres d’eau nécessaires pour refroidir les installations. Or, en tant que dispositifs sociotechniques ancrés dans du matériel bien réel, les IA obéissent à un principe essentiel de l’économie : la loi des rendements décroissants. Autrement dit, plus on investit de ressources dans la machine, moins chaque unité supplémentaire apporte de progrès. Cette très vieille loi, formulée pour la première fois au XVIIIe siècle par Turgot (1727-1781), puis théorisée par Ricardo (1772-1823) quelques décennies plus tard, se vérifie aisément dans ce cas précis : les premiers milliards dépensés pour entraîner des modèles de langage ont produit un saut qualitatif indéniable ; mais les milliards suivants n’ont offert que des améliorations marginales, que l’utilisateur moyen peine à percevoir au quotidien. Depuis l’accueil mitigé de la version 5 de ChatGPT à l’été 2025, l’IA stagne aux yeux du grand public, signe que la course au toujours plus montre ses limites. Ce ralentissement est directement lié à la raréfaction et au renchérissement des facteurs de production de l’IA : matériel électronique, énergie et surtout données. Dans sa première phase de développement, l’IA générative a bénéficié d’un buffet gratuit : trente ans de connaissances offertes sur le Web ont été aspirés sans scrupule. Les contenus des forums, des réseaux sociaux, des encyclopédies en ligne et des revues savantes en libre accès ont pu être ingérés sans frais par les grands modèles de langage. Cette phase d’abondance s’achève. Pour progresser encore, les plates-formes doivent maintenant acheter au prix fort l’accès à des gisements privés (livres, bases spécialisées, accords avec la presse), et affronter l’inflation des procès pour violation du droit d’auteur, comme en témoignent les poursuites engagées contre ChatGPT par George R. R. Martin. Ces nouvelles dynamiques engendrent une double tension : économique d’une part, car les coûts d’entraînement des modèles explosent plus vite que les bénéfices générés ; écologique d’autre part, car chaque point de performance supplémentaire se paie en mégawatts d’électricité et en mégalitres d’eau évaporée...." Réconcilier l'IA avec nos objectifs environnementaux est une nécessité. Un peu de philosophie ne nuirait pas..... ____________
jeudi 23 juillet 2026
Contestations croissantes
Varia
__ Soupçons
__ Privilèges
__ Contre sens
__ Rail délaissé
__ Urgence agricole?__ Grand chambardement
__ Nouvelle frontière?
__ Relay contesté
__ Sujet totémisé
__ Masculinisme
__ Les cents jours
__ Fronde payante
__ Difficile réforme
__ Stratégies d'influence
__ Passage en force
__ Changement de règles
_____ Pour quand et comment la paix en Ukraine? (Essai) ______
mercredi 22 juillet 2026
Loi d'urgence
Il y avait urgence à légiférer
Un gouvernement divisé. Le vote de la honte... lit-on dans une presse plutôt soucieuse des problèmes agricoles et de santé. Une démission qui s'imposait. Les attentes de ceux qui luttent pour une autre forme d'agriculture ont été compromises, contre les intérêts bien compris de la vie paysanne et la santé de tous. L'environnement n'est pas, une fois de plus une priorité, dans une vision à court terme qui fait fi de l'avenir. " L'écologie est une chose merveilleuse. Surtout en période de canicule. À chaque épisode de chaleur, les mêmes responsables politiques apparaissent devant les caméras avec un air grave. Ils parlent de "défi climatique", de "résilience", d'"adaptation" ( comme si on pouvait s'adapter à un climat de +4)) et, si l'émotion est au rendez-vous, ils ajoutent même qu'il faut "agir". C'est beau. On croirait entendre un documentaire animalier où tout le monde veut sauver la planète. Puis ils retournent voter. Et là, c'est un peu comme découvrir que le président de la Ligue contre l'alcoolisme inaugure une distillerie. Parce qu'entre les discours et les bulletins de vote, il existe parfois un gouffre si profond qu'on pourrait y installer une station de ski.
Prenons les faits. On nous explique qu'il faut protéger les ressources en eau. Très bien. Puis on facilite les projets de mégabassines, dont le principe consiste à pomper une ressource devenue rare pour la stocker dans d'immenses réserves artificielles. C'est un peu comme répondre à une pénurie de pain en construisant des silos... sans se demander pourquoi les champs produisent moins. On nous explique ensuite qu'il faut préserver la biodiversité. Excellente idée. Puis on affaiblit la protection des zones humides, ces terrains qui rendent pourtant quelques menus services : absorber les crues, filtrer l'eau, stocker du carbone, rafraîchir les paysages et héberger une quantité impressionnante d'espèces vivantes. En résumé, les zones humides sont les reins de la nature. Mais visiblement, certains pensent qu'on peut très bien vivre sans reins. C'est audacieux. Vient ensuite la question des pesticides. Pendant des années, scientifiques, médecins et agences sanitaires nous ont expliqué que certaines molécules posaient problème pour les insectes pollinisateurs, les écosystèmes et parfois la santé humaine puis qu'une récente étude nous affirme que le nombre trés élevé de cancers du pancréas vient des pesticides (remarquez bien que je n'écris pas viendrait, j'écris vient). Résultat ? On trouve une jolie formule administrative : "réintroduire à titre dérogatoire". Le mot "dérogatoire" est merveilleux. C'est un peu le passe-partout de la politique. On ne revient jamais en arrière, voyons. On crée simplement une petite exception. Puis une autre. Puis encore une autre. À la fin, l'exception finit par devenir la règle, mais tout le monde dort tranquille parce que le vocabulaire est resté élégant. Le plus fascinant reste toutefois la communication. Il y a quelques années encore, une partie de la droite et de l'extrême droite expliquait que les écologistes exagéraient tout, qu'ils voulaient revenir à la bougie et qu'ils inventaient une "écologie punitive". Aujourd'hui, difficile de nier les canicules, les sécheresses, les incendies ou les inondations. Alors le discours a changé. Désormais, tout le monde est sensible au climat. Tout le monde aime les arbres. Tout le monde trouve que l'eau est importante. C'est presque touchant. Mais lorsqu'il s'agit de voter des mesures concrètes qui protègent les sols, réduisent les pollutions ou préservent les milieux naturels, il semble qu'une mystérieuse allergie se déclare au moment d'appuyer sur le bouton. On pourrait appeler cela le syndrome du climat sympathique. On aime beaucoup le climat. On lui souhaite bon courage. On pense très fort à lui. Mais surtout, qu'il ne vienne pas perturber les habitudes économiques. Car il ne faudrait pas que l'écologie devienne... écologique. Le plus extraordinaire est cette capacité à invoquer la science uniquement lorsqu'elle conforte une opinion déjà existante. Pour le climat ? "Écoutons les scientifiques." Pour les pesticides, les sols, les zones humides ou la biodiversité ? "Écoutons surtout les impératifs économiques." Les chercheurs deviennent alors un peu comme ces cousins qu'on invite uniquement aux repas de famille lorsqu'ils sont d'accord avec nous. Pendant ce temps, les conséquences, elles, ne votent pas. Les sécheresses ne regardent pas la couleur politique des départements. Les inondations ne demandent pas la carte d'un parti avant d'entrer dans les maisons. Les incendies ne distinguent pas un électeur de droite d'un électeur de gauche. La physique possède un défaut insupportable : elle refuse obstinément de négocier. Alors, bien sûr, il faut soutenir les agriculteurs. Personne ne conteste qu'ils affrontent des difficultés immenses. Mais les aider à traverser le changement climatique n'est pas la même chose que les encourager à poursuivre des pratiques qui aggravent les problèmes auxquels ils devront faire face demain. Au fond, cette politique ressemble à un médecin qui, voyant son patient souffrir d'un emphysème, lui offrirait une cartouche de cigarettes "pour soutenir le commerce local". Le geste est généreux. Le pronostic l'est un peu moins. À force de présenter chaque recul environnemental comme une victoire du bon sens, on finit par oublier une évidence : la nature n'a pas d'opinion politique. Elle ne lit pas les programmes électoraux. Elle applique simplement les lois de la chimie, de la biologie et de la physique. Et ces lois-là ont une particularité assez agaçante : elles ne connaissent ni la droite, ni l'extrême droite, ni le centre. Elles se contentent de présenter l'addition. Et, comme toujours, ce ne sont pas ceux qui l'ont rédigée qui la paieront en premier, mais ceux qui hériteront du paysage qu'ils auront laissé derrière eux...."
mardi 21 juillet 2026
L'angliche partout?
Presque...
____ Comme disait de Gaulle à son époque... Certes les temps ont changé. Le néolibéralisme est passé par là avec la langue des affaires et de la diplomatie sous le signe de la puissance des USA, qui ont imposé leurs règles comme leur langage, celles du vainqueur. Le monde anglo-saxon est devenu hégémonique. Comme son mode de pensée. L'anglais est même parfois devenu un mode de communication exclusif en interne pour les cadres de certaines firmes, par mimétisme. Un globalisme en vogue, dont on peut rire parfois... Il serait temps de ne pas singer les anglos-saxons. de la manière la plus ridicule qui soit, au sein même de nos institutions. "... La dernière étude d’Education First, publiée ce mois-ci, place la France à la 31ème place des pays maîtrisant l’anglais, derrière le Costa Rica, le Nigéria, l’Estonie et l’Argentine. Pas de quoi fanfaronner..." ______ "Publicité, ministères, grandes administrations, conseils régionaux… les anglicismes ont envahi tous les champs lexicaux. On est loin de l’injonction gaullienne intimant de stopper « l’emploi exclusif de l’anglo-saxon ». Quand Clairefontaine, marque bien connue des écoliers, vend son slogan « September is coming » tout en revendiquant son ancrage économique français, on se gratte la tête. Idem quand Roche Bobois évoque son « French art de vivre » ou Michelin son « motion for life ». À la tête du Conseil de l’éthique publicitaire, le sociologue Dominique Wolton s’agace du ridicule assorti à la prétention de certains slogans pour lesquels « il semble impossible de justifier le non-usage du français, particulièrement lorsque ceux-ci s’adressent aux Français et plus encore lorsqu’ils émanent d’entreprises hexagonales ». Malgré les efforts de la loi Toubon, qui fête ses 30 ans, les termes anglo-américains pullulent dans la publicité, le commerce et l’entreprise. Mais il y a plus grave. L’Académie française, qui a publié un rapport sur le sujet, désormais disponible en librairies – N’ayons pas peur de parler français (Plon) –, dénonce une présence massive et nouvelle du franglais dans « le langage des responsables des institutions » Une "modernisation" dérisoireLes Français sont en train d'être "managés" rapidement , insidieusement. Sous prétexte de "modernisation". Cela ne date pas d'aujourd'hui et le phénomène restait dans des limites acceptables. Toutes les langues participent à des échanges linguistiques au cours de leur histoire, mais là on assiste actuellement à un mimétisme accéléré, généralisé, encouragé par le business ambiant et certaines élites américano-centrés, un tropisme étrange, qualifié de ridicule par ceux qui nous jugent, même sur les bords de l'Hudson. Ce n'est plus seulement: parlez-vous franglais? Tous doivent s'y mettre pour ne pas être jugés has been. Il suffit de parcourir les rues d'une ville pour s'apercevoir que les rues sont bourrées d'anglicismes plus ou moins douteux. Même Paul Bocuse s'y met allégrement. Mais où va-t-on?... L'anglomanie domine, au fur et à mesure que notre langue s'affaiblit, que son apprentissage se réduit. Le globish se répand à grande vitesse. Ce qui stupéfierait un Québecois. François 1er se retournerait dans sa tombe. Le Général aussi. Si encore on utilisait un anglais de bonne tenue, modérément, à l'égal des autres, même au sein du Conseil de l'Europe, ce serait un moindre mal, mais c'est tout le contraire qui se produit: un mauvais globish sans retenue et à tous propos fleurit dans tous les domaines, pas seulement commercial. Dans les aéroports, on comprendrait, mais dans le commerce de base notamment, c'est l'envahissement, voire la colonisation. Même chez mon coiffeur et mon chauffagiste... Le globish business est partout.. La loi Toubon, c'est pas tout bon. Les barrages symboliques ont cédé. Un dispositif qui a largement échoué dans la course à la mondialisation sans frein sous hégémonie anglo-saxonne. La loi linguistique du vainqueur s'est imposée, ou plutôt des sous-produits. Pourtant ce n'était pas inéluctable. Les résistances canadiennes le prouvent. ________ "....En 1994 cette loi était passée pour « protéger le patrimoine linguistique français ». Déjà, le Conseil Constitutionnel en avait limité la portée au service public. Vingt-sept ans après, elle est tellement inefficace que notre future carte d’identité sera bilingue, et le globish bourgeonne dans bien des communications de nos services publics, sans même parler du secteur privé. La France a donc besoin d’une nouvelle loi pour rétablir le français comme seule langue de communication de notre pays...." Globish is fun. Il est partout, même là où il n'a pas lieu d'être, et gagne du terrain tous les jours., cet anglais rétréci à quelques centaines de mots, qui est a mille lieues de la langue-mère, fine et complexe. Utile dans certains usages techniques et professionnels, il devient en dehors parfois du plus haut ridicule dans ses usages quotidiens de plus plus fréquents, se voulant sans doute une pratique de la plus haute modernité.
"... What did you expect ? », « what else ? », la gamme « make up » de l’Oréal : lentement, mais sûrement, la langue anglaise gagne du terrain sur notre territoire, dans tous les domaines. Slogan publicitaire, noms de produits ou de magasins, noms des films. A quand le coup d’arrêt ?
Il est sacrément paradoxal de constater que depuis le vote de la loi Toubon, insidieusement, mais sûrement, notre belle langue perd des parts de marché dans notre espace public national.
"..;Tout le problème vient du fait que cette progression, aussi certaine soit-elle, est lente, et donc peu spectaculaire. Pourtant, pour qui parvient à se souvenir de la situation d’il y a 20 ou 30 ans, la situation s’est largement dégradée. Nous allions faire nos courses dans des Atac ou des Champion, et non des Simply Market ou des Carrefour Market. Le nom des films était presque toujours traduit dans la langue de Molière. Relativement peu de produits avaient des noms aux consonances anglo-saxonnes.
Bien vu. Et ça continue, jusqu'à la saturation, ce qu'éviteraient de faire les Québécois Voilà notre langue bien mise à mal. Et le mimétisme se répand en tous domaines.
Un choix qui n'est pas neutre:
"...Ceux qui prônent l’anglais comme langue internationale voient moins clair, moins net et moins loin que David Rothkopf, ancien conseiller de l’administration Clinton qui, en 1995, avait écrit : "Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent." (In Praise of Cultural Imperialism, Foreign Policy, Number 107, Summer 1997, pp. 38-53)
Le globish évolue souvent en proportion inverse de la maîtrise de sa propre langue, dont on finirait presque par avoir honte..face à la langue des "maîtres".
Il colonise la toile
Pas seulement nos rues.
Hors de lui, point de salut.
L'anglais, du moins celui que nous parlons mal facilement, comme disait Churchill, est devenu notre nouveau latin, avec la montée en puissance technologique de l'Empire, avec le triomphe de la Silicon Valley, avec la numérisation galopante d'une grande partie de notre vie, dont les clés sont ailleurs.

La langue ou la sous-langue du colonisateur fait florès jusque dans nos rues, se niche dans moindre aspect de notre vie quotidienne, jusqu'au coiffeur du coin qui a mis son enseigne à l'heure de Londres ou le petit restaurateur qui ne fait plus la cuisine, mais des happy meal..
Un globish à tout faire, en quelque sorte, pour faire "moderne".
Dans le monde des open space, on jargonne sans retenue un globish douteux.. A Science Po, on se démarque du vulgum pecus. Les élites se délitent.
La langue dénaturée de Shakespeare et ses dérivés ont pris le haut du pavé dans notre enseignement.
Certains résistent encore, mais au Québec on fait de la résistance. La dérive est constante depuis plus de vingt ans
Alors que le français (entre autres) a façonné l'anglais.Le New York Times lui-même se moquait avec mordant de ce que nous sommes devenus:
"...Ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketing qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l'affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d'Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d'après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français?)
Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culture. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britanniquev. La diplomatie française s'est mise aussi à l'english, en publiant, sous l'impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l'impérialisme cool de l'anglais », ainsi que l'a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d'être autre chose qu'une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne. ______
lundi 20 juillet 2026
Au mépris de la science?
Et de la vie
Les circonstances climatiques que nous vivons devraient nous inciter une nouvelle fois à prendre des mesures rapides et efficaces pour redonner à notre agriculture de nouvelles orientations, qui ne soient pas purement productivistes, au nom de l'exportation et de la baisse des prix, de sortir de l'agrobusiness, dont on voit aujourd'hui les effets sur l'environnement. L'alerte vient de loin et les mesures en cours ne vont pas dans le bon sens., que ce soit en ce qui concerne les problèmes du manque d'eau dramatiquement en cours ou la qualité des sols qui se dégradent, compromettant l'avenir. __ Trop d'intérêts à court terme vont dans le sens contraire de principes souvent proclamés, parfois en haut lieu. Les aides accordées aux exploitations plus écologiques sont peu à peu rognées. La possibilité d'utiliser ou de réutiliser des produits d'ordre phytosanitaires sont élargis. Bref, c'est un grand bond en arrière, qu'applaudissent les lobbies agricoles les plus puissants, profitant d'une représentation au Sénat leur étant plutôt favorable, notamment par la voix de M Duplomb, salué par la FNSEA. Les risques sont déniés. ___ Des mesures souvent contestées. Des lois ou des projets de loi qui rencontrent de moins en moins de résistance dans les milieux affairistes et conservateurs. Les lois dites d'urgence agricole sont à peine débattues ou abordées à la sauvette. Les partisans de l'agriculture productivistes n'ont jamais eu autant le vent en poupe, à l'heure où l'indifférence gagne du terrain. C'est une régression, en attendant que nous en payions les frais du point de vue sanitaire et environnemental. Comme je le signalais il y a peu: Qu'attendre de la nouvelle loi?
Une régression. Le doute rationnel n'est plus un rempart. Les lobbies veillent...
Les risques, bien réels, son déniés. Aux USA: la déréglementation devient totale. L'écologie est en berne.
[_ Des alternatives sont possibles _] |
Aux dépends des agriculteurs eux-mêmes.
" ...Voulons-nous d’un “printemps silencieux” ? C’est la question que devraient se poser ce mercredi tous les parlementaires, alors que se tient à l’Assemblée un débat sur la “loi Duplomb”. Ce texte, qui prévoyait notamment la réintroduction de certains néonicotinoïdes, a été adopté mais censuré par le Conseil constitutionnel.
