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jeudi 19 mars 2026

Mauvaise nouvelle

      C'est embêtant pour l'empereur

                              Un enlisement. Pas de chance


                    Comme le reconnaissait Bruno Tertrais

                                     Un sacré bazar!                                  ___________________


Cuba: retour à la cause départ?

En pire.   Dans le giron de l'oncle Sam

                                             Les infortunes d'un île abandonnée

      L'appétit du locataire de la Maison Blanche est sans limites sur la terre américaine. Sans vergogne, il s'agit de business. Après les ambitions groënlandaises, encore en suspens, le hold-up à Caracas, voici venir l'appétit pour La Havane, l'ancien "protectorat"... (Toute) l'Amérique aux Américains! a décrété the big Président. Pour leur plus grande richesse...                                                                                                              L'étau se resserre. Un retour au bon vieux  temps, quand les USA administraient l'île et profitaient de ses ressources avec les mafias implantées? C'était le bon temps...quand le luxe s'étalait outrageusement à La Havane. Il y a encore de bonnes affaires en perspectives à deux pas de la Floride, dans cette perle des Caraïbes.  Triste destin que celui de cette île où la musique est reine, mais où la vie devient de plus en plus compliquée, pour utiliser un euphémisme. L'histoire n'a pas joué en sa faveur. Le blocus US a asphyxié la fragile économie de l'ïle, l'amenant à se livrer à d'autres dépendances pour survivre et à s'humilier, en demandant grâce.                  "... Après la guerre d'indépendance cubaine les États-Unis exercent une influence considérable sur l'ile. L'amendement Platt, imposé par le Congrès des États-Unis à la Constitution cubaine, octroie deux bases militaires à l'armée américaine, donne à celle-ci le droit d'intervenir partout dans l'ile, et interdit au gouvernement cubain de signer tout traité qui « affecterait son indépendance » ou de contracter des dettes publiques. Aux termes de ce texte, le gouvernement américain se réserve le droit d'« intervenir pour la préservation de l'indépendance cubaine et le maintien d'un gouvernement qui assure la protection de la vie, de la propriété et des libertés individuelles ». Les capitaux américains deviennent propriétaires d'une grande partie de l'économie cubaine : plantations de cannes à sucre et de tabac, mines et chemins de fer, électricité, eau et téléphone... "                                                                                [         Trump est prêt à tout, à l'arbitraire indéchiffrable. Mais le but est clair: faire tomber Cuba après l'avoir affaibli. L'histoire chaotique de l'île risque encore de connaître des épisodes humiliantes.....Malgré les promesses de résistance. La nouvelle cible de l'empereur risque de ne pas être facile à atteindre.                             " Le journaliste Herbert Mattiews avouait: "...La question se pose : si nous n’avions pas l’Amérique latine à nos côtés, notre situation serait dramatique. Sans accès aux produits et aux marchés d’Amérique latine, les Etats-Unis seraient réduits au statut de pouvoir de second rang » (The New York Times, 26 avril 1959). De cette préoccupation naît, dès le début du XIXe siècle, l’image de la région comme d’une « arrière-cour » à protéger — et à soumettre — coûte que coûte. Le projet se pare initialement des atours d’une préoccupation solidaire : en 1823, le président James Monroe condamne l’impérialisme européen et proclame « l’Amérique aux Américains ». Mais sa doctrine ne tarde pas à se transformer en un instrument de domination du nord sur le sud du continent.     Tantôt violent, tantôt discret, l’expansionnisme des Etats-Unis en Amérique latine façonna à ce point l’histoire du continent que de nombreux intellectuels continuent de voir la main noire de Washington derrière chacun des obstacles sur lesquels trébuchent les pouvoirs progressistes de la région. Au moment de chercher des responsables à leurs problèmes domestiques, les gouvernements latino-américains ne rechignent pas toujours à puiser à la source de cet anti-impérialisme mécanique, flirtant parfois avec les théories du complot. Il faut dire que le sentiment anti-yankee ne tombe pas du ciel sur le continent de José Martí : il découle de plus de cent cinquante années d’ingérences bien réelles, d’innombrables coups tordus et de vrais complots, manifestations d’une volonté d’hégémonie qui a connu plusieurs évolutions historiques.  Entre 1846 et 1848, le Mexique se voit dépouiller de la moitié de son territoire au profit du voisin du Nord. Puis, entre 1898 et 1934, les militaires américains interviennent à vingt-six reprises en Amérique centrale : ils renversent des présidents, en installent d’autres ; c’est le temps de la mise sous tutelle de Cuba et de Porto Rico (1898), (…)       _________________

mercredi 18 mars 2026

On est sommé d'approuver

      L'aventure trumpienne

                                 


           Une fureur épique bien compromise  

                             Joe Kent a dit Niet!               __________________________

Etre (ou ne pas être) vieux...

 Ou "obsolescence programmée"...

             Le créateur n'a pas conçu l'homme comme un produit fiable et surtout durable. Il a fait les choses à moitié. Il devait être en RTT. Le remplacement était envisagé, tel un produit qui a fait son temps. Mais l'échéance est toujours aléatoire. Le problème est de vivre dans cette incertitude. Quand on n'a pas d'horizon d'éternité il faut faire avec.... La pure contingence.  On dit parfois: J'ai encore du temps...Comme si le temps nous appartenait! Le verbe "avoir" n'est pas approprié ici, le temps est notre être même, constituant essentiel du le parcours d'une vie finie.  .L'échéance arrive toujours trop vite... Elle  se précise au fur et à mesure.                                  La perspective d'un fin qui se rapproche peut cependant apporter un regain de sérénité, une relativisation du vécu. Il est bon de relire les classiques pour s'en persuader: Epicure, Lucrèce, Epictète. La contingence de notre être apparaît mieux pour ce qu'elle est: une donnée fondamentale, dont l'évidence finit par s'imposer. Presque malgré nous. Malgré les misères de l'âge....           Car  vieillir c'est chiant,  comme disait Pivot. A bien des égards. Et la vie affective va en se sclérosant. Ne parlons pas de la mobilité. Des commandes ne répondent plus ou mal et l'image sociale en prend un coup. Mais arrive un moment où on finit pas s'en foutre. Tant que les fonctions cognitives ne perdent pas trop...L'autodérision sans doute est le meilleur élixir.. Mourir n'est pas un drame. C'est un phénomène naturel, il est même au principe de toute vie même s'il faut du temps pour s'en convaincre...                                  Il y a quelques années, je faisais la remarque suivante. Depuis, j'ai encore vieilli.... 😟                                                            C'est quoi, être vieux? me demandait un jour mon petit fils, en toute naïveté....

    Bonne question, sans arrière-pensée, à l'égard de quelqu'un qui ne se sent pas tel ou qui ne veut pas assumer un tel qualificatif.          Moi, vieux, non jamais...ou plus tard! Plutôt crever! On a le temps de voir venir...et je hais ce terme, cédant peut-être à la mode contraignante de la bien-pensance qui parle d'"aînés", de "seniors"...Pour refouler une vieille crainte, celle du déclin, dont on on ne veut reconnaître où il mène? On euphémise ce qui est pourtant peu amène, si on en croit Jacques Brel. Suffit de visiter un Ehpad. Même si la lutte finale peut être vécue de bien des manières. La sérénité épicurienne peut être donnée aux plus chanceux, pas forcément aux plus volontaires, car parfois tout vous abandonne, jusqu'aux facultés de l'esprit, peu à peu ou soudainement. Quand tout se déglingue et que l'on rafistole avec de plus en plus de peine. Jusqu'à se laisser aller...  Mais seule vaut la vie!                                                                                                                                                Une vieillesse ennemie?... comme disait Don Diègue.   Mais de quelle infamie est-il question? et de quelle vieillesse parle-t-on?

__Vieux Crétois serein photographié par mes soins__

  ____Une notion bien multiforme, relative, mal cernée et culturellement marquée. (*)
         A une époque, on était considéré comme "vieux" dès la soixantaine et même plus tôt.. Aujourd'hui, ce terme est mal reçu. On a inventé des équivalents plus soft et plus graduels.
    On vieillit peu à peu, sans s'en rendre compte, jusqu'au jour où des signes ne trompent pas, où l'évidence s'impose, physiquement et/ou psychiquement.  Rares sont ceux ou celles qui, comme Gisèle Casadessus, gardent, au-delà de cent ans, des facultés presque intactes.
   Aujourd'hui, après une longue période de dépréciation dans notre culture, la mode est aux vieux, mais pas trop. Le "troisième âge", notion récente, est l'objet d'attention , souvent commercialement intéressée. C'est d'abord l'âge des seniors sur papier glacé, des seniors privilégiés, qui se mettent à vivre à pleines dents, consommateurs jusqu'au bout de loisirs et d'évasions.
  L'or gris est un bon filon et les seniors valent de l'or.
    Un marché d'avenir...Un gisement à exploiter dans les nouvelles silver valley

             Il y a du pognon à se faire dans ce géronto-business, où l'on est sommé d'être consommateurs jusqu'au boutSauf si des mamies font de la résistance...
  Vieillir, nul n' y échappe, mais comment?
      Mourir, la belle affaire, mais vieillir...chantait Brel. 
     Il est vrai que le trés grand âge, appelé le "quatrième" est un problème lourd, même en EHPAD.
      La solitude  est le problème majeur.
       C'est la période de L'homme à la casse (selon Colette Plat)
  On dénonce aujourd'hui la « mort sociale » de nombreuses personnes âgées.
       Le continent gris ouvre bien des portes sur les multiples aspects historiques et culturels de la vieillesse. Entre idéalisme et dépréciation.
    Une histoire de la vieillesse en Occident montre comment chaque culture, chaque époque fabrique un type de vieillard conforme à ses valeurs.
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         (*) "Les anthropologues remarquent fréquemment l'importance des privilèges dont jouissent les personnes âgées dans les sociétés traditionnelles actuelles : pour l'Asie du sud-est, Georges Condominas notait : « le privilège de la vieillesse se trouve sur tous les plans. Le vieillard, entouré d'affection, a droit à des tas de faveurs. On trouve normal qu'il profite de ce qui lui reste de force pour obtenir des satisfactions de tous ordres … Si le vieillard est ainsi entouré de prévenances, ce n'est pas par devoir de protéger un être affaibli, mais parce que le bonheur irradie et profite à l'entourage de l'homme ainsi favorisé. Atteindre le grand âge est considéré comme un bonheur dont on se réjouit, surtout si le vieillard a une nombreuse descendance. C'est alors un homme comblé ! On ne peut pas, comme chez nous, le mettre à l'écart, l'éloigner dans une maison de retraite, il reste au milieu des siens, car il est la preuve manifeste de la réussite du groupe . De son côté, pour l'Afrique noire, Louis-Vincent Thomas observait le prestige considérable dont jouissaient les vieux dans les vingt-deux ethnies qu'il a pu étudier : « Expérience, disponibilité, éloquence, savoir, sagesse, voilà ce que justifie l'image idyllique que le Négro-africain se fait du vieillard. Et ceci malgré la réalité des vieux séniles, égoïstes, tyranniques ou acariâtres, comme partout dans le monde. C'est qu'une société de pure oralité a besoin de ses vieux, symbole de sa continuité en tant que mémoire du groupe et condition de sa reproduction. Alors, pour rendre plus supportable leur pouvoir et aussi pour se valoriser en les valorisant, le groupe n'hésite pas à les idéaliser. Puisqu'on ne peut rien faire sans les vieux, autant leur accorder toutes les qualités. Et confondre leur somnolence avec le recueillement de la méditation ....C'est ce rôle social, au départ si important, qui va sans cesse être remis en cause dans les sociétés historiques occidentales. Expérience et sagesse du vieillard se trouveraient contestées dans des types de sociétés plus complexes. "
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mardi 17 mars 2026

Des gens comme vous et moi..

 Au cœur de la Philo 

                       Relire Orwell, plus que jamais d'actualité                                                                                                                                                                             Comment faites-vous au quotidien pour résister à la pression du groupe et/ou pour vous prémunir contre la haine collective ? Tout le monde connaît le célèbre ouvrage de George Orwell, 1984. Dans ce roman, il y a une scène qui m’a toujours marqué : C’est le fameux passage des Deux Minutes de la Haine. Pour rappel, chaque jour, les membres du Parti doivent regarder un film montrant Emmanuel Goldstein, l’ennemi de l’État. Et lorsque le visage de ce dernier apparaît à l’écran, la foule se met à hurler, insulter, crier sa haine. Deux minutes de haine pure et de rage si bien que même ceux qui pourraient être plus timides au départ finissent par être emportés par le mouvement collectif.


La scène m’a toujours troublée, car j’ai le sentiment que nous en avons des illustrations tous les jours [à des degrés moindres bien sûr] et ce malgré nos progrès en matière de droits humains et de tolérance.
Car pour peu qu’on fasse véritablement preuve de sincérité, et surtout d’honnêteté intellectuelle, il suffit juste de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur de l’histoire pour constater que les exemples de foules entières abandonnées à la haine sont malheureusement légion.
Les violences n’ont pas été uniquement le fait de “monstres” ou de “marginaux”. Elles ont malheureusement impliqué bien souvent des individus ordinaires, des gens comme vous et moi, qui, la veille encore, n’auraient sans doute pas fait de mal à une mouche. Et pourtant, dans certaines circonstances, parfois en l’espace de quelques jours, voire de quelques heures, ces mêmes personnes se sont retrouvées entraînées dans des violences collectives, parfois meurtrières.
Au Rwanda, lors du génocide, des centaines de milliers de Hutus qui entretenaient parfois des relations cordiales avec leurs voisins ont pu, en quelques semaines, se transformer en meurtriers de leurs voisins tutsis.
Avant et pendant la révolution française, les exécutions publiques étaient parfois accompagnées d’une véritable ferveur populaire. Des foules exaltées acclamaient la chute des têtes, brandies au bout de piques, parfois manipulées comme des trophées dans une atmosphère qui tenait presque de la fête.
Durant l’entre-deux guerre, une partie de la société allemande fut chauffée à blanc contre les juifs. L’un des sujets qui traverse l’œuvre Le Monde d’hier est d’ailleurs le basculement de ce monde. Dans son livre, Stefan Zweig s’interroge : comment une société si raffinée, à la pointe des arts, de la science et de la technique, a-t-elle pu basculer ?
De nos jours encore, il suffit d’observer la réception collective de certains discours pour s’en convaincre. Il y a des centaines de milliers de nos compatriotes qui applaudissent des propos appelant parfois aux pires exactions contre d’autres êtres humains, simplement parce qu’ils ont une couleur de peau différente ou parce qu’ils n’ont pas les « bons » papiers.
À la fin de la seconde guerre mondiale, après la découverte du génocide juif, beaucoup ont dit : « Plus jamais ça. » L’idée même qu’un tel crime puisse se reproduire semblait et semble encore inconcevable de nos jours pour nombre de nos compatriotes. Mais en est-on vraiment sûrs aujourd’hui ? Sommes-nous si différents, si supérieurs moralement à ceux qui nous ont précédés ?
Nous aimons croire que oui. Nous aimons penser que nos sociétés, plus instruites, plus démocratiques, plus tolérantes et plus conscientes de l’histoire, seraient désormais protégées contre de telles dérives. Mais nos prédécesseurs ont sans doute pensé la même chose de leur propre époque (Nos prédécesseurs disaient aussi de la première Guerre mondiale que ce serait « La Der des Ders »)
Et c’est peut-être là ce que je trouve le plus inquiétant, peut-être même le plus effrayant, dans toutes ces histoires. Lorsqu’on lit les témoignages et les travaux des historiens, on découvre que ceux qui ont participé/qui participent à ces violences sont rarement persuadés d’agir mal. Bien au contraire : ils pensent souvent agir au nom de bonnes raisons, au nom de la justice, des droits de l’homme (libération de peuples opprimées, fin des dictatures etc.), de leurs convictions.
« Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges » dit l’ami Nietzsche.
Je pense que si l’on avait interrogé des français moyens à l’époque de la colonisation, ou certains Américains au début de la guerre en Irak, ou encore les ouvriers français lorsqu’ils massacraient des travailleurs italiens à Aigues-Mortes du 17 août 1893, beaucoup auraient donné des justifications qui leur semblaient parfaitement légitimes.
On aurait peut-être entendu des phrases comme :
« Oui, mais tu comprends… les Boches nous ont quand même pris l’Alsace. »
Ou encore : « Oui, mais nous allons coloniser ces territoires pour apporter la civilisation à des peuples arriérés, pour mettre fin à leur pratiques barbares, aux violences qu’ils infligent dans le coin »
Ou bien : « Oui, mais les Juifs complotent, ils contrôlent tout, ils menacent notre société. »
Autant de propos qui nous paraissent aujourd’hui absurdes et spécieux. Et pourtant, à l’époque, ils pouvaient sembler plausibles, parfois même évidents, à ceux qui les prononçaient.
Aujourd’hui encore, des guerres continuent parfois d’être justifiées au nom de la défense des droits humains ou de la nécessité de « remettre de l’ordre » des sociétés jugées arriérées, sur fond de campagnes médiatiques contribuant parfois à enfermer des populations et des nations entières dans des catégories simplificatrices.
Les formes ont changé, le vocabulaire aussi, mais le mécanisme demeure remarquablement efficace.
Contrairement à ce que nous aimons croire, nous ne sommes pas immunisés contre la propagande. J’ai même parfois l’impression que nos sociétés contemporaines ont simplement développé des formes plus raffinées, plus subtiles et plus sophistiquées en termes de propagande.
Dès lors, une question me hante.
Comment s’en prémunir ?
Comment être certain que, placés dans certaines circonstances, nous ne serions pas nous-mêmes emportés par la logique du groupe, par l’émotion collective, par la pression de l’époque ?
Car cela m'a semblé toujours facile, depuis le présent, de juger les foules du passé. Mais l’histoire nous rappelle malheureusement ceci : collectivement, nous ne sommes pas immunisés. Nous pouvons, nous aussi, devenir la proie de peurs attisées, d’ennemis fabriqués de toutes pièces.
Et lorsqu’on croise les enseignements de la psychologie, de la sociologie et même de l’évolution, ce constat devient encore plus troublant. De nombreuses expériences en psychologie sociale (expérience de Solomon Ash pour exemple) ont montré/montrent à quel point les individus sont conformistes.
Et après tout, cela n’a peut-être rien d’étonnant. Nous sommes des êtres profondément sociaux. Depuis toujours, notre espèce dépend du groupe pour survivre. L’assentiment des autres nous rassure ; l’exclusion, elle, nous inquiète, pour des raisons encore une fois profondément anthropologiques. Dans ces conditions, résister à la dynamique collective demande parfois beaucoup plus de courage qu’on ne l’imagine.
Et il n’est même pas nécessaire d’aller chercher des exemples historiques extrêmes pour le constater au quotidien
Combien de fois n’ai-je pas vu, de mes propres yeux, des étudiants sympathiques et/ou même des collègues pourtant « bien sous tous rapports » se laisser entraîner dans ce type de mécanisme ? Il suffit parfois qu’une classe prenne quelqu’un en grippe pour que, sous la pression du groupe, certains camarades se mettent à participer eux aussi aux moqueries ou aux mises à l’écart. Comme si, sous l’emprise de la foule, notre esprit critique s’éteignait peu à peu.
D’ailleurs, qui d’entre nous n’a jamais, sous l’effet du groupe ou simplement par peur du regard des autres, fait ou dit des choses qu’il a regrettées plus tard; des choses dont il savait pourtant, au fond de lui, qu’elles étaient stupides ou injustes ?
Alors, je vous pose la question.
Dans un monde malheureusement polarisé, en proie quotidiennement à des indignations permanentes (et encore une fois, pour de bonnes raisons !) et de passions collectives, sommes-nous réellement capables d’échapper à cette fameuse mécanique des Deux Minutes de la Haine telle que décrite dans le roman d’Orwell ?
Comment faites-vous concrètement, pour que votre esprit critique/indépendance d’esprit ne soit pas emporté par le mouvement du groupe ? Comment résistez-vous à la tentation d’hurler avec les loups au quotidien ?
Votre opinion/avis m'intéresse vraiment.
Wilfried M.
Quelques commentaires subsidiaires :
1. Que les choses soient claires : dans cet article, je ne suis nullement en train de dire qu’il faudrait se méfier de toute conviction et renoncer à agir dans le cadre d’une dynamique collective. L’histoire montre au contraire que certains des plus grands progrès moraux ont été portés par des femmes et des hommes animés de convictions extrêmement fortes, adossées à un réel élan populaire (cf Martin Luther King, Nelson Mandela, Rosa Parks etc.)
Je sais également que trop de recul, trop d’analyse, trop d’intellectualisation peuvent aussi conduire à une autre forme de dérive : l’inaction ou la passivité. On peut passer sa vie à disséquer les mécanismes du monde sans jamais rien faire pour le transformer.
Bref, ce que je défends ici est autre chose : une certaine éthique de la vigilance et du doute. Une disposition d’esprit qui consiste à se méfier de la facilité des certitudes, à examiner ses propres jugements, et à rester attentif aux mécanismes collectifs qui peuvent parfois nous entraîner plus loin que nous ne l’aurions imaginé.
2. Je ne prétends nullement être une autorité morale, ni détenir des réponses définitives. J’en suis même très loin. Comme tout un chacun, je suis moi aussi exposé à quantité de biais, d’erreurs de jugement et de perceptions trompeuses.
Cet article n’a donc pas pour ambition d’asséner des vérités ou une vérité, mais plutôt d’ouvrir un espace de questionnement. Une invitation à réfléchir, collectivement, aux mécanismes qui peuvent parfois nous entraîner là où nous n’aurions jamais imaginé aller.
A ce titre, c’est sans doute la raison pour laquelle j’ai toujours apprécié certains dialogues de Platon, les fameux dialogues dits aporétiques. Ceux dans lesquels la discussion ne se clôt pas par une réponse définitive, mais par une conclusion ouverte : les interlocuteurs n’ont pas nécessairement trouvé la vérité, mais ils ont, au fil de l’échange, déplacé leur regard, affiné leurs questions, et parfois même remis en cause certaines de leurs certitudes.
Bref, comme le dit si bien Bernard Werber : « L’important n’est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir. » ____

USA: liberté de la presse en péril

Censure, chasse aux sorcières

                     Et propagande tous azimuths

        Le locataire de la Maison Blanche fait ce qu'il a promis: mettre de l'"ordre" dans la pensée, la lecture, la culture....Tout doit être conforme aux injonctions et aux fantaisies du mage de Washington, de la bien-pensance du moment. définie au sommet, bien sûr . Même si une certaine censure est déjà ancienne aux USA.                                             D'abord redéfinir le paysage médiatique, pour éviter toute pensée déviante et critique. Nettoyer aussi les bilbiothèques, pour éliminer tout ouvrage non conforme à la pensée officielle, surtout destiné à la jeunesse, jusqu'à produire une autocensure des institutions culturelles.  "...Cette évolution intervient dans un climat politique particulièrement tendu autour de l’accès aux livres. Depuis plusieurs années, les bibliothèques américaines se trouvent au cœur d’un affrontement sur la présence d’ouvrages abordant des thèmes tels que les identités de genre, les questions raciales ou la sexualité. Les organisations professionnelles recensent des niveaux inédits de contestation..."                                                                                                              Pas de nouvelles "déformées" dans la presse ou sur les ondes. Même CNN peut être visée.    "...Depuis son premier mandat, le président américain qualifie régulièrement les publications négatives de « fake news » et a pris des mesures pour restreindre les accès de la presse depuis son retour au pouvoir. La Foundation for Individual Rights in Education (FIRE), organisation américaine de défense de la liberté d’expression, a qualifié l’avertissement « autoritaire » de M. Carr de « scandaleux ». « Lorsque le gouvernement exige que la presse devienne le porte-parole de l’Etat sous la menace de sanctions, c’est que quelque chose ne va vraiment pas », a-t-elle déclaré, sur X, en réponse au message de Brendan Carr.?.."   


                                                                                                     ___       " Donald Trump
revenu au pouvoir en janvier 2025 pour un second mandat, et ses fidèles du mouvement Maga, remodèlent peu à peu le paysage informationnel des États-Unis. Destruction des faits, saturation de l’attention et complotisme sont leurs outils, partagés auprès de la mouvance identitaire et conservatrice en Europe....Un écosystème médiatique alternatif s’est consolidé très rapidement, avec des plateformes vidéo et des réseaux sociaux financés et dominés par les conservateurs, parmi lesquels le propre réseau de Donald Trump, Truth Social. Le rachat de Twitter par Elon Musk, en 2022, a amplifié cet écosystème en assurant l’interconnexion de l’ensemble.  Donald Trump a eu, pendant plusieurs décennies, une relation symbiotique avec les médias traditionnels, inséparable de sa carrière de promoteur puis de star de la téléréalité, et enfin d’homme politique. Mais il est passé d’une dépendance mutuelle à un affrontement direct, exigeant la soumission sous peine de destructionDonald Trump n’a désormais plus besoin des médias pour atteindre son public. Il les attaque, les poursuit en justice, menace leur crédibilité et, in fine, leur modèle économique. Le Congrès (à majorité républicaine) a par ailleurs validé l’essentiel des coupes budgétaires dans les médias publics, menacés de disparition.   Dès son retour aux manettes, Donald Trump a aussi favorisé les nouveaux supports médiatiques loyaux, transformant la composition de la salle de presse de la Maison-Blanche. Parmi les personnes accréditées, on trouve par exemple Brian Glenn, de Real America’s Voice, une chaîne fondée en 2020 qui retransmet tout ce que fait Trump sans commentaire. C’est Brian Glenn qui, en février 2025, a reproché à Volodymyr Zelensky de ne pas porter de costume-cravate lors de sa rencontre avec Donald Trump et J. D. Vance dans bureau Ovale...."


 ___  Bref, une guerre de l'information. Quelle différence avec les méthodes utilisées naguère par les fascismes européens? Contrôler la presse, c'est pouvoir diriger les esprits.                  La culture est malmenée. Un mouvement orwellien est en route.      Sans résistance significative de la part des élites  velléitaires   ou timorées                                                            Les livres sont dangereux, ironisait déjà Voltaire....

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lundi 16 mars 2026

Où est la violence?

  Disent-ils...

 
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En vrac

__  IA et maths                                                                                                                                                                                  En ce domaine purement formel, ce n'est pas pour étonner. Dans certaines limites seulement?

__ Tik tok et radicalité                                                                                                                                                                          Cela n'étonnera personne

__  Nucléaire en question                                                                                                                                                                           Quel sera le cap

__ Religion à la rescousse                                                                                                                                                                            Dieu n'est jamais loin de Trump

__ Un détroit pas comme les autres

                                                                Casse-tête et confusions


__ Gaza:                                                                                                                                                                                     la crise sanitaire s'approfondit

__ Bibi sans garde-fou                                                                                                                                                                            Il trace sa route. Le silence vaut approbation

__ Malédiction pétrolière                                                                                                                                                                           Souvent vérifiée

__ Liban: danger                                                                                                                                                                            Menacé de tous côtés

__Des morts "justes"?                                                                                                                                                                         Lourdes pertes

__ Prédation par l'IA

__ Dérives américaines                                                                                                                                                                         Toutes les voix critiques ne sont pas éteintes aux USA

__ Après Hiroshima                                                                                                                                                                            Toujours matière à réflexion

__ "Brebis galeuses "                                                                                                                                                                             Comment s'en débarrasser?

__ Iran et le nucléaire

           “L’Iran n’était pas à deux semaines de la bombe (nucléaire), ce n’est pas vrai”, affirme Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique                   _______________