Débrancher
Sortir un peu des injonctions contemporaines
_____________________CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
Une fabrique opaque Les biais et les incertittudes Se fier aux instituts? Ce terme équivoque renvoie à des organisations non désintéressées, dont les motivations et les méthodes interrogent. ".. De très nombreuses entreprises proposent des prestations de sondage : le secteur des études de marché et sondages regroupe ainsi quelques 2 300 entreprises pour un chiffre d’affaires avoisinant les 2 milliards d’euros..."
La méfiance s'impose: "...En période électorale, les sondages sont partout. Les journaux, les radios, les chaînes d’informations nous abreuvent à longueur de journée de chiffres. « Les élections présidentielles de 2002, 2007 et 2012 avaient donné lieu respectivement à 193, 293 et 409 sondages » indiquait un rapport de la commission des sondages il y a cinq ans. En 2017, on avait une nouvelle fois pulvérisé le record avec 560 études en rapport avec le scrutin. Et tout porte à croire, qu’une fois encore, 2026 pourrait repousser ce seuil. Pourtant, la pertinence de ces enquêtes, en tant qu’outil démocratique, pose de plus en plus questions. D’autant que leur fiabilité est régulièrement discutée. Depuis toujours, les erreurs commises par les instituts ont été nombreuses, aussi bien en France qu’à l’étranger. On se souvient, par exemple, des présidentielles américaines en 2016. L’immense majorité des établissements états-uniens donnaient alors comme acquis le succès d’Hillary Clinton sur Donald Trump, parfois même avec plus de dix points d’avance. Pourtant, c’est bien l’ancien présentateur de télé-réalité qui a pris la tête du gouvernement. Un autre exemple célèbre est celui du Brexit au Royaume-Uni. La veille du scrutin, les instituts prédisaient encore la victoire du « non » à la sortie des Britanniques de l’Union Européenne. Mais le lendemain matin, c’est bien le Brexit qui a triomphé. ___Ce genre de déconvenues n’a pas non plus épargné la France. En 2002, par exemple, pour les présidentielles, tout le monde annonçait le couronnement de Lionel Jospin. Pourtant, au bout du compte, le candidat du PS n’avait même pas franchi le premier tour, surpris par Jean-Marie Le Pen. Scénario semblable aux présidentielles de 2017 lorsqu’Alain Juppé devait facilement emporter les élections nationales. Mais celui-ci n’avait finalement pas réussi à surmonter l’étape des primaires de la droite. En 2020, les sondeurs ont d’ailleurs encore fait fausse route lors des élections régionales en surestimant largement les scores du Rassemblement National qui n’a, en définitive, décroché aucune région. Enfin, tout récemment, Valérie Pécresse a remporté les primaires des Républicains alors que tous les instituts désignaient Xavier Bertrand comme favori. Au terme du processus, ce dernier a pourtant terminé à la quatrième place. Ces échecs, de plus en plus réguliers, interrogent sur la méthode des sondeurs. Ils posent la question fondamentale de la fiabilité des instituts. Les systèmes utilisés par les professionnels de l’opinion ont parfois de quoi laisser songeur. L’élaboration des fameux « panels » revient régulièrement comme le premier sujet de controverse. Les sondages reposent, en effet, le plus souvent, sur un échantillon d’environ 1000 personnes dites représentatives de la population globale. Seulement, comme l’explique une enquête du Monde, la composition de ces ensembles de potentiels électeurs suscite les débats à plusieurs égards. La plupart des sondages se réalisent aujourd’hui sur internet. Bien que ce procédé s’avère plus commode et plus économique, il a le défaut de rendre invisible la partie de l’électorat qui ne dispose pas du web. Et il ne s’agit pas d’un détail, puisque 13 millions de Français utilisent peu ou pas l’outil numérique. Si cette pratique s’est malgré tout généralisée, c’est avant tout pour sa forte rentabilité. Aujourd’hui, presque tout est automatisé, quand il fallait hier mobiliser des employés pour téléphoner aux Français ou même aller les rencontrer à leur domicile. Ces anciennes méthodes avaient pourtant l’avantage de contrôler l’identité et les informations concernant les interrogés. Luc Bronner, journaliste du Monde, auteur de l’enquête citée précédemment, a pu ainsi participer à des sondages sous plus de 200 identités différentes. Rien n’empêche donc, par exemple, un jeune cadre de se faire passer pour un ouvrier de classe populaire. Si un seul journaliste a pu prendre 200 identités différentes à lui tout seul, il est aisé d’imaginer ce que pourraient accomplir quelques centaines de militants motivés et bien organisés. Il faut également noter qu’avec ce système, ce sont les internautes eux-mêmes qui décident de s’inscrire pour répondre aux sondages. Par l’intermédiaire de jeux-concours, ils sont même fidélisés. Ainsi, il paraît clair que des panels constitués de volontaires représentent un biais évident pour une étude par rapport à des groupes composés de personnes démarchées au hasard. Il n’existe en effet aucun moyen pour les instituts de se prémunir contre les faussaires, pas plus que contre les « sondés professionnels » qu’ils soient mal intentionnés ou non. Une autre facette méthodologique des instituts de sondages a déjà plusieurs fois déclenché la polémique : il s’agit des « redressements ». Les conclusions des enquêtes ne sont en effet jamais publiées telles quelles. Les employés corrigent d’abord les résultats en fonction de plusieurs critères. Ils peuvent, par exemple, être amenés à réajuster les chiffres si jamais l’échantillon n’est pas assez représentatif de la population française. Ainsi, si le groupe ne contient pas assez de jeunes, alors les réponses des moins âgés seront légèrement amplifiées. On parle ici d’un redressement dit « sociodémographique ». Mais il existe également d’autres types de redressements beaucoup plus subjectifs. Les sondeurs tiennent notamment compte des scrutins précédents pour ajuster les chiffres. C’est ainsi qu’en 2017, certains sondages surévaluaient largement le score de Benoît Hamon en se basant sur les résultats des présidentielles de 2012 de… François Hollande. Les observateurs de l’époque n’avaient d’ailleurs pas manqué de critiquer l’absence de caractère scientifique de cette méthode, d’autant que chaque institut reste libre d’appliquer les coefficients de son choix. Dans ce cas précis, cette prise en compte semblait incohérente tant la crédibilité du PS s’était dégradée dans l’opinion publique entre 2012 et 2017. L’autre incertitude qui pèse de plus en plus lourd dans les résultats des sondages tient à la difficulté des instituts à jauger l’abstention. En juillet 2021, la France Insoumise accusait notamment les sondeurs de surévaluer l’abstention pour les présidentielles de 2022. Le député européen, Manuel Bompard, relevait dans des enquêtes récentes que des instituts comme IPSOS demandaient à tous leurs sondés d’évaluer leur certitude de voter sur une échelle de 1 à 10. Tous ceux qui ne répondaient pas 10 étaient alors automatiquement retirés du panel et comptabilisés comme abstentionnistes. Avec cette méthode, ces instituts fournissent des estimations avec un taux d’abstention proche de 50%. Un chiffre jamais vu pour des présidentielles et qui semble hautement improbable. Rappelons par exemple qu’en France sous la cinquième république, l’abstention pour des présidentielles n’a jamais franchi la barre des 29% au premier tour. La base sur laquelle travaillent de nombreux sondeurs en ce moment paraît donc assez peu réaliste. Ce biais aurait, par ailleurs, pour conséquence de « gommer le vote populaire » selon le député insoumis. Et pour cause, la certitude de vote s’avère bien souvent plus forte dans l’électorat aisé et d’âge mûr que chez les jeunes et les classes populaires. _____ Les sondages ont en effet la particularité de figer les situations entre les plus forts et les plus faibles, qu’il s’agisse des électorats ou des candidats. En 2017, certaines émissions de télévision n’avaient pas hésité à organiser des débats seulement en présence des candidats les plus hauts dans les sondages. Les temps de parole entre les différents participants étaient également en partie calculés en fonction des enquêtes d’opinion. Le cercle est vicieux puisque les bons sondages permettent d’avoir la parole plus souvent et donc de se faire mieux connaître et d’exposer plus facilement ses propositions. Au contraire, les candidats avec une faible notoriété ont rarement l’occasion de s’exprimer dans les médias et donc de lancer leurs campagnes. Des idées peu populaires et peu répandues dans la société ont ainsi très peu de chances de se mettre en lumière. Dans ces conditions, le système sondagier apparaît comme un verrou qui conforte le modèle en place et les idées dominantes. Pour certains, le caractère arbitraire de la méthodologie des sondeurs donne à réfléchir sur leurs intentions. En effet, il ne faut pas oublier que les instituts restent avant tout au service de clients qu’ils doivent satisfaire. Lorsque l’on parle de sondages politiques, leurs commanditaires sont pour la plupart du temps de grands médias. Or, ces grands médias sont souvent accolés à l’idéologie politique dominante et défendent régulièrement les intérêts de leurs principaux actionnaires tandis que les instituts de sondages majeurs gravitent également dans ces mêmes sphères d’influence. " (Simon Verdière)- Souligné par moi.-___________________
__ Asphyxie
__ "Casseurs"?
__ Ingérence
__ Soupçons__ Omnibus X
__ Inacceptable
__ Parcours sup
__ Gardes à vue
__ Jeu dangereux
__ Désir d'avenir
__ Mauvais signes
__ USA: échec stratégique
__ Bolsonaro et les évangélistes
___________ Instrumentalisation trumpienne ____________
Vers un tournant constitutionnel? A l'heure d'une crise sans précédent, succédant, comme on pouvait s'y attendre, à une dissolution opportuniste, mais qui se révèle comme une impasse, l'heure est venue de réfléchir à la fonction présidentielle, telle qu'elle est devenue, quasi-monarchique, et de revoir une bonne partie de nos institutions, dont les dérives sont de plus en plus apparentes. De l'exceptionnalité de l'origine, on est passé à la chienlit, comme disait le Général, les dérives actuelles. Le présidentialisme est devenu toxique, jusqu'auprès de certains de ses anciens proches. Changer les règles du jeu constitutionnel semble la seule issue pour sortir par le haut, ce qui semble largement souhaité. Les dérives de la macronie, comme d'autres avant lui, ont conduit à une impasse. Le détricotage de l'Etat, sous l'effet d'une financiarisation galopante, commencée sous Balladur, a réduit peu à peu le chef de l'Etat à un manager de proximité qui a voulu jouer tous les rôles. Les dérives étaient alors prévisibles. Le bilan du macronisme explique sa série de défaite. Le problème est posé.
Libre opinion: " Un fossé de défiance. L’histoire récente nous montre à quel point la capacité d’influence d’un chef de l’État français s’est rétrécie, au rythme de l’intégration européenne, de la mondialisation économique, voire de la féodalisation territoriale. L’État-nation gaulliste s’est peu à peu effrité sous le choc de la globalisation et la fonction présidentielle en est mécaniquement affaiblie. Par ailleurs, la sacralité inhérente à l’exercice de la monarchie républicaine subit l’onde de choc de la démocratie d’opinion. La hauteur, la distance, la légitimité, l’autorité et le charisme présidentiels se sont enfoncés peu à peu dans les marais de la surmédiatisation, de la trivialisation, de la « pipolisation ». On peut même se demander si la figure verticale d’autorité et de commandement associée au Président monarque est encore susceptible de fonctionner dans la société post-moderne qui a fait de la liberté individuelle un dogme absolu. Et pourtant, comme si de rien n’était, comme si la crise démocratique n’était pas profonde, le fantasme présidentiel occupe tous les esprits et le jeu des pronostics envahit les médias. On se demande si Jean-Luc Mélenchon a déjà tué le match à gauche, si Raphaël Glucksmann gagnera la primaire du PS avant d’être dévoré par François Hollande, si Gabriel Attal et Bruno Retailleau s’effaceront devant Edouard Philippe ou si Jordan Bardella jouera le jeu pour Marine Le Pen. C’est la douzième saison du feuilleton présidentiel qui va tenir les observateurs en haleine jusqu’en mai 2027 et au-delà, car suivront des élections législatives à haut risque, dont on peut redouter qu’elles ne donnent pas une majorité au Président élu. Mais avant de choisir le sauveur qui effacera d’un coup de baguette magique le déficit abyssal de nos finances, le déclin de l’école, la crise des hôpitaux ou la montée de la délinquance, ne faudrait-il pas d’abord réfléchir à ce que seront réellement ses pouvoirs et la manière de l’exercer. En d’autres termes, avant de choisir un Président, ne faudrait-il pas définir ce que sera la nouvelle présidence ? En tout état de cause, l’histoire des huit chefs d’État qui se sont succédé à l’Élysée depuis 1959 nous enseigne qu’il est nécessaire aujourd’hui de présider autrement si l’on entend relégitimer la fonction présidentielle. Cette évolution de la présidence gagnerait d’abord à stimuler la démocratie continue par la généralisation des consultations numériques ou des conventions citoyennes, initiées par le Président du futur. Par ailleurs, elle pourrait s’appuyer sur des réformes institutionnelles majeures : le référendum présidentiel et le référendum d’initiative partagée, réclamés par une majorité de Français, méritent d’être actualisés, avec toutes les précautions d’usage évidemment ; le droit de dissolution, si décrié depuis 2024, devrait être restreint et mieux encadré ; idem pour les pouvoirs de nomination du Président, qui font trop souvent polémiques. Enfin, la dissociation entre l’élection présidentielle et les élections législatives apparaît comme une nécessité presque naturelle, comme l’a montré la séquence électorale de 2022, qui a rompu avec le « fait majoritaire » avant même la tripartition parlementaire de 2024. Les Français ne veulent plus d’un Parlement qui soit une « chambre d’enregistrement » des décisions présidentielles, pas plus qu’ils ne veulent d’ailleurs du capharnaüm actuel. Et c’est pour cette raison que le Président du futur doit être conduit à changer de pratique, c’est-à-dire à restreindre son champ de gouvernance, conformément à l’article 20 de la Constitution, qui permet au Gouvernement de définir et de conduire la politique de la Nation. Ce fut d’ailleurs l’esprit de la période gaullienne où le chef de l’État, concentré sur son « domaine réservé » de la politique étrangère et de la défense, dessinait les grandes lignes de la politique publique, fixait les objectifs, mais laissait au Premier ministre le soin de les mettre en œuvre. Détaché des contingences de la gouvernance, et aussi de l’hyper-communication, le Président pourrait alors exercer dans toute sa plénitude sa fonction de chef de l’État, rassembleur des Français, arbitre de leurs conflits, et représentant de la nation aux yeux du monde. Une telle rétractation du périmètre présidentiel peut sembler sacrilège à ceux qui attendent tout du monarque républicain. Au contraire, il nous semble que cet apparent retour en arrière pourrait contribuer au renforcement de la fonction présidentielle plutôt qu’à son affaiblissement. Un Président de surplomb, gagnerait vraisemblablement une autorité et une popularité que les chefs d’État du XXIe siècle semblent avoir perdues depuis des décennies. Notre vie politique y trouverait un élément de stabilité indispensable à l’heure des fractures françaises, des communautarismes et de la brutalisation civique. Ce serait un chef de l’État plus légitime aux yeux des citoyens, comme l’étaient, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les Présidents sans grands pouvoirs des IIIe et IVe République. Certes, il s’agit là d’une véritable révolution culturelle et il est peu probable que le futur vainqueur d’une élection présidentielle soit aujourd’hui prêt à l’accepter. Mais c’est pourtant le prix à payer pour éviter que le fossé de défiance ne se creuse encore plus entre les citoyens et leur Président, et que d’aucuns fassent dériver nos institutions vers l’autoritarisme ou vers une VIe République dont on ne sait pas très bien où elle nous conduirait. La fonction présidentielle, bien que décriée, reste la boussole du fonctionnement de notre démocratie. Il est urgent de la réparer..." (Jean Garrigues) ________________
Et système défaillant
Aux USA. C'est le moins qu'on puisse dire. Plutôt injuste, mercantile, ne reposant sur aucun principe de solidarité dans son ensemble, souvent laissé à la "charité" confessionnelle ou privée. Un fait divers récent met ce phénomène en exergue, de manière tragique. Un fait qui en dit long sur le système de santé américain, dont la financiarisation pose problème, malgré les quelques tentatives d'Obama pour le corriger à la marge. Un système ruineux finalement. qui oblige nombre de personnes, surtout en situation de précarité, même provisoire, de renoncer aux soins, ou de s'endetter lourdement. On comprend mieux que l'espérance de vie connaît une chute, comparativement à d'autres pays développés, malgré une recherche en pointe. La privatisation des groupes assurantiels n'arrange rien. "...En dépit de l’Obamacare, que la présidence Trump n’a pas réussi à remettre en cause, c’est aujourd’hui encore près de 30 millions d’Américains qui ne bénéficient pas d’une assurance santé. Ils reçoivent peu de prestations sanitaires et n’ont recours au système de santé que dans les cas d’urgence, alors que leur état est devenu préoccupant. Cet éloignement des services de santé peut expliquer la faible espérance de vie constatée aux États-Unis, conjuguée à une conjonction de déterminants en santé défavorables (habitat, habitudes alimentaires, pauvreté etc.). Une partie de la population, quoiqu’au-dessus du seuil de pauvreté, et donc non éligible au programme Medicad, ne dispose pas de revenus suffisants pour cotiser à une assurance individuelle. Une des difficultés majeures pour la prise en charge sanitaire des plus démunis est la complexité du système américain, avec une grande diversité de programmes sanitaires et sociaux, au niveau fédéral mais aussi à celui des États, mais avec un manque de coordination entre eux et les organismes qui les gèrent..."