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samedi 10 janvier 2026

La décision est prise

 Le maître de la Maison Blanche revendique cette belle région

          Ce merveilleux pays sera le nôtre, a-t-il dit. Mieux que le Vénézuela 

                       Il y a la mirabelle, le munster et tant de trésors...

                                    Pour une fois qu'il a du goût!

       - (Ironic Mode, indeed...😂) -                         ___________________________________

Mitterand

Un héritage ambigü

        Une image qui s'efface peu à peu. Une chute mémorielle, même parmi les siens. La part d'ombre de l'homme d'Etat revient. Est-ce la fin d'un mythe?     Le fantôme de Tonton hante encore  beaucoup de responsables politiques. Certains prennent leur distance par rapport à l'homme d'Etat, à ses ambigüités.                                                                                                               Un héritage complexe et souvent contesté. Le tournant politique de 1983 lui a été souvent reproché, qui a été largement à l'origine d'un affaiblissement de plus en plus marqué du parti qui se réclamait de lui. Qu'en reste-t-il? Après trois ans de promesses, de réformes se voulant audacieuses, la sphère financière a pris son envol avec P.Bérégovoy, qui épousa son époque en matière financière.  Les espoirs nés en 1981 retombèrent assez vite. Le néolibéralisme s'installa durablement.   Difficile de résumer un parcours présidentiel qui eut aussi sa grandeur, surtout en matière de culture.    Un oeuvre cinématographique peut-elle résumer un destin si complexe?    Difficile de faire un bilan exhaustif   d'un homme politique hors norme...                                                             Points de vue: ____François Mitterrand à Georges-Marc Benamou:

___________________À l’occasion des trente ans de la disparition de François Mitterrand, il est temps de sortir du récit commémoratif pour dresser un bilan politique sérieux. Derrière l’image du président cultivé et stratège se dessine un héritage autrement plus lourd : celui d’une gauche durablement coupée du peuple, rupture que Mitterrand n’a ni subie ni découverte, mais méthodiquement organisée.
Arrivé au pouvoir en 1981 porté par les classes populaires, il opère dès 1983 un tournant décisif avec la politique dite de rigueur. Ce choix ne relève pas d’un simple ajustement conjoncturel. Il répond à une volonté claire : se conformer aux contraintes monétaires, budgétaires et commerciales de la Communauté économique européenne, préfiguration directe de l’Union européenne actuelle.
La priorité devient la crédibilité financière et l’ancrage européen. En contrepartie, la promesse sociale est abandonnée. Le travail, les salaires, la protection de l’industrie et les conditions de vie des classes populaires cessent d’être centraux. Le peuple, moteur de l’alternance, devient un embarras politique.
Ce renoncement n’est jamais assumé frontalement. À aucun moment le pouvoir socialiste n’explique clairement aux électeurs qu’il renonce à transformer l’ordre économique et social. Il n’y a ni débat démocratique de fond ni validation populaire explicite.
Le choix est présenté comme technique, inévitable, imposé par des règles extérieures. Pour en neutraliser les effets politiques, le débat public est progressivement déplacé vers le terrain moral.
À mesure que la question sociale recule, l’antifascisme et l’antiracisme deviennent des axes structurants du discours politique. Non comme réponses à des dangers imminents, mais comme outils de disqualification.
La création et la mise en avant de SOS Racisme, dans le sillage de la Marche des Beurs, participent de cette stratégie. L’antiracisme institutionnalisé ne sert pas à traiter les causes sociales profondes des tensions, mais à moraliser le débat et à neutraliser toute contestation.
Mitterrand ne croyait pas sincèrement à ce combat moral. Les faits montrent au contraire un usage cynique et instrumental de l’antiracisme : toute critique de la mondialisation, de l’immigration ou de la désindustrialisation est progressivement assimilée à une dérive raciste ou réactionnaire.
Les inquiétudes populaires cessent d’être discutées comme des faits sociaux ; elles sont disqualifiées comme fautes morales. Le peuple n’est plus un acteur politique rationnel ; il devient un problème à encadrer.
Dans le même temps, Mitterrand utilise sciemment la montée du Front National comme un levier tactique. La médiatisation du FN et l’introduction de la proportionnelle aux législatives de 1986 ne relèvent pas de l’erreur, mais du calcul : fragmenter la droite, installer un repoussoir moral durable et structurer le débat public autour d’un clivage artificiel. Le FN devient l’ennemi commode, indispensable à la survie d’une gauche qui a renoncé à défendre matériellement les classes populaires.
Ce glissement est documenté. La critique de l’ouverture des marchés, des délocalisations, de la perte de souveraineté économique ou des effets sociaux de l’intégration européenne n’est plus discutée sur le fond. Elle est disqualifiée. Celui qui conteste est suspect. Le conflit social est remplacé par un théâtre moral, l’analyse par l’anathème.
Ce choix stratégique a des conséquences durables. En se conformant aux contraintes européennes et en abandonnant toute politique de protection des classes populaires, la gauche se recompose socialement.
Elle se rapproche des élites économiques, médiatiques et culturelles, dont les intérêts sont compatibles avec la mondialisation. Le projet de transformation sociale est remplacé par une posture morale permanente. La politique devient affaire de symboles, de communication et de mise en scène vertueuse.
Il ne s’agit pas d’une erreur, mais d’une orientation délibérée, froide, cynique et pensée pour durer. Ce tournant structure durablement la gauche de gouvernement.
Trente ans plus tard, le résultat s’impose. La gauche n’a pas seulement du mal à parler au pays réel : elle ne lui parle plus. Elle l’a abandonné. Elle ne traite plus ses préoccupations comme légitimes, mais comme suspectes. François Mitterrand n’a pas seulement gouverné à rebours de ses promesses ; il a rompu le lien démocratique entre la gauche et le peuple, en substituant la morale à la justice sociale et le calcul politique à la représentation populaire."

On retiendra cet ultime avertissement lucide, qui n'a guère été retenu après lui: " La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment.
Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. »

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vendredi 9 janvier 2026

Source d'énergie

  Une affaire si rentable?...

                 Pétrole à tout prix?    

                                                   








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L'empire du soja

Enjeux du Mercosur

                A l'heure où de vifs débats refont surface sur la question sensible du Mercosur, la question de l'alimentation animale revient sur le tapis, question centrale qui conditionne la qualité de ce que nous consommons.  Dans le contexte de la mondialisation des échanges, l'agriculture est de plus en plus concernée. Face aux géants de l'élevage, comme le Brésil ou la Nouvelle Zélande, le décalage est parfois énorme en matière de qualité et de prix. Or il est un produit qui a pris  de plus en plus de place dans l'alimentation bovine, entrant dans les échanges internationaux. Comme dit le brésilien Expedito Parente « Nous avons 80 millions d’hectares de terre en Amazonie qui vont nous transformer en Arabie Saoudite du biodiesel ...» Mais bien sûr aussi en producteur d' alimentation animale à bas prix, soja en tête. Il existe une géopolitique du soja.  Le soja repose sur une géographie asymétrique puisque seulement six pays, Brésil, les États-Unis, l'Argentine, la Chine, l'Inde et le Paraguay concentrent l'essentiel de la production. Trois pays du Mercosur, Brésil Argentine et Paraguay, rassemblent 80 % de l'offre mondiale et près de 90 % des exportations.                                                                                                                                  "... Le soja OGM pose des problèmes d'écologie et de santé, tel qu'il est cultivé à des échelles énormes. "...Le soja pour l’alimentation animale est l’un des principaux moteurs de la déforestation en Amérique du Sud. L’industrialisation de l’élevage et la surproduction de viande dans certaines régions du monde, y compris en Europe, ont fait bondir la demande globale en soja. Les pays exportateurs ont ainsi augmenté leur production, et ce trop souvent au détriment d’écosystèmes précieux. En effet, l’expansion des pâturages pour les élevages bovins et l’extension des champs de soja sont les principales causes de la destruction des écosystèmes forestiers d’Amérique du Sud (Amazonie, Cerrado, Gran Chaco). Pire, cette déforestation se double parfois d’accaparements illégaux de terres.   La déforestation n’est pas le seul problème posé par la culture industrielle de soja : le soja OGM est largement majoritaire en Amérique du Sud  et au Brésil et en Argentine, plus de 95% du soja produit est transgénique. Par ailleurs, sa culture se fait à grands renforts de glyphosate et autres herbicides et pesticides, ce qui pose de graves problèmes de santé publique et porte atteinte à la biodiversité..."                                                                                                                                    La grande majorité de la production du soja sert à l’alimentation des animaux. En effet, 87% du soja utilisé en Europe est à destination de l’élevage. " L'Europe est folle de viande... l' industrialisation de notre élevage va de pair avec la hausse de la production du soja en Amérique du Sud qui provoque l’aggravation des problèmes précédemment cités. L’UE importe en effet environ 33 millions de tonnes de soja chaque année, majoritairement en provenance d’Amérique du Sud, et 87% du soja utilisé en Europe est  destiné à l’alimentation animale. La production et la consommation de viande dans des quantités industrielles font planer de nombreuses menaces en Europe..."                                                                                                                                                                  L'Amazonie n'a pas fini d'être impactée par le développement quasi industriel de l'or- soja...                  ________________________________________

jeudi 8 janvier 2026

Occupation

        Après le Groenland, la Vendée?     
                                                                        ______________________________                                    



Varia

__ Vassalité

__ Une vie

__ Doctrine Monroe

__ Mécontentement

__ Le procureur

__       Le vice-roi  >>

__ Cyberattaques     

__ Besoin de bière?

__ Absolute Resolve  

__ Concurrence chinoise

__ Fédérateur de l'Europe?

__ Austérité culturelle    

__ Vénézuela: scénarii    

__ Le jour d'après

__ Israël: recul démocratique

__ Pétrole et contrôle mondial

__ Soulagement et angoisse

__ Une affaire de pétrole


       ____________  Affaiblir l'Europe ______________

mercredi 7 janvier 2026

Inquiétante constellation

  La concentration se poursuit 

              L'essentiel de la presse d'opinion est sous contrôle.


                         Ça empire.   Dans l'indifférence...

     Thomas Jefferson écrivait: "Si l'on me donnait à choisir entre un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, je n'hésiterais pas un moment à choisir cette dernière formule."  _____

Le "poison de l'Europe"

 De la Hollande à la mondialisation.   

Comment mercantilisme et mondialisation ont pavé le chemin de la drogue.                                                           Hier soir, Arte a eu la bonne idée de diffuser un document solide et original sur une des voies majeures de l'introduction des drogues en Europe, dont l'origine principale remonte à la période florissante du commerce maritime international dans la prospère Hollande du 16°/18° siècle. C'est assez rare de prendre le problème sous cet angle et c'est assez convainquant. En montrant la faiblesse des Etats


                                      Un héritage colonial, qui a notamment joué un rôle déterminant dans l'affaiblissement de la puissance chinoise, devenant une arme politique, sous forme de la trop célèbre guerre de l'opium. C'est aujourd'hui notre problème, de Amsterdam à Marseille...Une histoire qui semble ne pas avoir de fin, qui s'internationalise de plus en plus, qui déjoue plus d'un piège, source de criminalités diverses, qui met les services de lutte toujours en retard d'un guerre. Une lutte au succès improbable, devant s'adapter à des produits toujours nouveaux, utilisés parfois par certains Etats comme arme de déstabilisation. Depuis les junkies hitlériens jusqu'au captagon de Assad?                                                                                                           Une arme de destruction psychologique ( et politique) massive. Le narco-pouvoir passe aussi par les banques.     Blanchir, disent-ils...
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mardi 6 janvier 2026

Incroyable!

 Il neige...😬

              Et en hiver de surcroît....     L'heure est grave!

Alerte! ___Il y a bien un responsable... forcément, Madame Michu!
      Mais que fait l'Etat?
           A qui la faute?
    Les affaires allant mal, Le Président, pour détourner l'attention, doit bien être complice.
C'est Valérie, à la météo, qui le suggère.
Le complot, toujours le complot...

__En attendant, il faut surfer sur la neige et gérer la crise...
On invoque le fantôme de la crise de 2010

___Pour qui sonne le verglasose un blogueur, naufragé parmi les  naufragés, philosophe conscient de l'insignifiance des choses humaines face à certains phénomènes naturels que nous ne maîtrisons pas.
Un seul flocon de trop et tout est dépeuplé.
        Sont gelés les Français, dirait un Norvégien ou un Canadien...     

 _La précarité énergétique, elle, existe bien... _________________

Le temps des ingérences brutales

Il l'avait promis. Il l'a fait.                                                                                                                                                                        Fidèle à sa parole. Il assume. On ne peut lui reprocher le contraire. MAGA s'invite avec ses gros sabots...   '...Désormais, Washington ne cache plus l’aspect économique de son impérialisme. Même si l’enlèvement de Nicolás Maduro a été justifié a posteriori par la « liberté » du peuple vénézuélien et la lutte contre le trafic de drogue, l’expansionnisme économique a été immédiatement mis en avant par l’administration Trump. Dès samedi, le président états-unien avait annoncé : « Nos très grandes compagnies pétrolières, les plus importantes du monde, vont se rendre sur place et dépenser des milliards de dollars. » Plus tard, il pouvait affirmer : « Nous allons extraire du sol [du Venezuela] une quantité colossale de richesses. »     Ce n'est pas inédit. Mais on a connu plus de ruse avec Bush et Cheney au Moyen-Orient,  avec un dessein comparable et les conséquences que l'on connaît                                                                                                                                                Quel sera le pays suivant: ColombieNicaragua? Mexique? Groenland?... Sans le moindre avis du Congrès, bien sûr. Il est assez grand pour prendre ses décisions tout seul et comme l' Onu est sans voix, paralysée, pourquoi se gêner?                                           Il est le maître de Amériques, SON continent, son "hémisphère", selon la doctrine Monroe retrouvée et adaptée. Washington avait déjà ses habitudes Outre Atlantique: le Chili, Panama, etc. L'oncle Sam est "chez lui", notamment depuis qu'il s'est beaucoup agrandi aux dépends du Mexique...La Pax Americana, c'est un leurre.                                                                                     Ce n'est pas tant que Maduro soit un garçon toujours recommandable, mais il a du pétrole, beaucoup de pétrole, mais il n'y a pas que cela.   Et la Chine lorgne sur cette ce trésor.    C'est le nouvel âge de Washington. Le début d'un nouvel mpérialisme prédateur, un nouvel âge d'or. LEurope aussi est visée, indirectement, c'est sûr. Plus sûrement que par le passé. Après tout, elle dépérit...  Le Business par la force, sans vergogne,il fallait y songer, même si les précédents historiques ne manquent pas. L'Europe a bien mis à genoux l'empire chinois, au début du 20° siècle.                                                                                                                Bon début d'année dans le tableau de chasse de Demolition Man! Que devient l'ordre  international   ou ce qu'il en restait? Machiavel en serait-il revenu? C'est le retour de la politique du gros bâton...

«Où trouve-t-il toute cette énergie ?», se demandent les admirateurs français de Donald Trump, fascinés par son autoritarisme et son usage de la force brute. Dans les années 1930, l'extrême droite était déjà subjuguée par la brutalité et la violence des fascismes conquérants. Le président des USA démarre l'année 2026 par un coup d’État militaire. Il a bombardé la capitale du Venezuela puis a kidnappé son président, avant de l'exhiber de manière humiliante devant le monde entier : menotté avec un bandeau sur les yeux, comme un trophée. Cette mise en scène sert à montrer que le droit international n'existe pas pour les USA. Que l'Empire peut faire ce qu'il veut, où il veut. Qu'il peut enlever n'importe quel chef d’État s'il en a envie. Que la loi du plus fort l'emporte. Histoire d'être encore plus clair, Trump a donné une conférence de presse pour la chaîne conservatrice Fox News et une «adresse à la nation». Il assume pleinement le pillage des ressources du Venezuela et ne s'embarrasse même plus de formules creuses sur la «démocratie». Dans son discours, il assure que les Etats-Unis vont «gouverner» le Venezuela, et vont exploiter le pétrole du pays : «Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées et partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus». Comme un chef de gang, Trump vient donc de faire main basse sur les plus grandes réserves d'or noir du monde. Plus grave encore, il menace désormais tous les pays d'Amérique Latine. Le président de Colombie, Gustavo Petro, un homme de gauche qui a dénoncé le coup d’État au Venezuela, est visé : il devrait «faire gaffe à ses fesses» selon Trump. «Il possède des usines où il fabrique de la cocaïne. […] Il fabrique de la cocaïne et l’expédie aux États-Unis, donc il doit vraiment faire gaffe». Méthode mafieuse : une annonce à peine voilée qu'il pourrait renverser le gouvernement élu de ce vaste pays de 51 millions d'habitants, doté d'une puissante économie. Puisqu'il n'y a plus aucune limite, Donald Trump affirme aussi sur FoxNews que «quelque chose va devoir être fait avec le Mexique», estimant que «les cartels dirigent le pays». Il s'agit de l'un des plus grands pays du monde, peuplé de 130 millions d'âmes, avec une présidente de gauche élue en 2024. Le Mexique est régulièrement injurié et déstabilisé par son voisin, mais à présent les menaces n'ont jamais été aussi précises. Enfin, Cuba aussi reste dans le viseur. Marco Rubio, secrétaire d’État de Trump, déclare : «Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet». C'est donc une annonce de guerre contre tout le continent américain. Il y a les pays déjà gouvernés par l'extrême droite qui se soumettent totalement à la domination des USA, et les autres, qui subiront des attaques. Trump a même menacé le Canada l'an dernier. Le président des USA invoque la «doctrine Monroe», instaurée au 19ème siècle, qui consistait à faire des USA les «protecteurs» de tout le continent américain, pour ses propres intérêts. Cette doctrine avait permis à la puissance impériale d'installer une suprématie sur tout le continent, et de faire et défaire les gouvernements qui lui déplaisaient. Trump ose même ce 3 janvier : «les doctrines Monroe sont très importantes. Mais nous les avons largement dépassées». Tout cela est malheureusement cohérent avec son programme, publiquement annoncé. En décembre, un document de 33 pages était publié par la Maison Blanche, pour définir les contours de la «stratégie de défense nationale» des USA. Le texte, clairement néofasciste, parlait de «l'effacement civilisationnel» de l’Europe, de stopper les flux migratoires et de «restaurer la suprématie américaine» en Amérique Latine. Les USA, qui disposent de l'appareil militaire le plus puissant de la planète, sont la principale menace pour la paix mondiale. Un fasciste mafieux impose sa loi par les armes, et personne ne bouge. Pire, la France et ses voisins continuent à lui servir de paillasson, à lui acheter des armes, à soutenir ses actions, à confier à ses entreprises des missions cruciales. Ce jeudi, en début de soirée, neuf pays seulement avaient condamné l’attaque contre le Venezuela : la Chine, le Bélarus, le Brésil, le Mexique, le Chili, Cuba et la Colombie. Aucun pays européen.

   Pour Gabriel  Zucman" C’est bien le pétrole qui constitue le mobile essentiel de ce coup de force : l’accaparement et l’extraction des plus importantes réserves d’or noir du monde, longtemps exploitées avec une profitabilité inouïe par les multinationales américaines et leurs actionnaires. Maduro était un dictateur brutal et corrompu, mais Trump s’entend très bien avec de nombreux dictateurs brutaux et corrompus, cela ne génère chez lui nulle hostilité. __ L’objectif principal de l’expédition trumpiste est ailleurs : reprendre l’exploitation de la manne pétrolière vénézuélienne au profit des grandes fortunes américaines, exploitation qui avait atteint un premier paroxysme dans les années 1950, pendant cet « âge d’or » mythifié par le mouvement MAGA. Si l’on veut comprendre l’ambition de la Maison Blanche, c’est sur cette histoire peu connue qu’il faut revenir : celle d’un extractivisme international poussé à son paroxysme, dont Trump cherche à écrire aujourd’hui un nouveau chapitre qui, s’il y parvient, pourrait s’avérer plus extrême encore. La production pétrolière vénézuélienne commence dans les années 1910 par un vice fondateur : le pétrole est pour ainsi dire donné aux majors étrangères. Le dictateur Juan Vicente Gomez accorde des concessions extraordinairement généreuses aux multinationales américaines et britanniques, qui y développent rapidement la production. Dès 1929, Caracas pèse pour plus de 10 % de la production d’or noir de la planète et en est le premier exportateur mondial. Initialement, Britanniques et Américains se partagent le gâteau. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les seconds finissent par rafler la mise. Le Venezuela devient le premier réceptacle des investissements internationaux américains, et sa première source de profits étrangers. Il faut bien prendre la mesure des richesses ainsi extraites du Venezuela par les Etats-Unis au mitan du 20e siècle. En 1957, au sommet de cet extractivisme transfrontière, les profits enregistrés par les majors américaines au Venezuela sont du même ordre de grandeur que l’ensemble des bénéfices réalisés par toutes les multinationales américaines – tous secteurs confondus – dans tous les autres pays d’Amérique latine et tous les pays d’Europe continentale confondus !
L’équivalent de 12 % du produit intérieur net vénézuélien – c’est-à-dire de la valeur de tous les biens et services produits chaque année dans le pays – va aux actionnaires américains. Soit à peu près autant que ce que touche la classe populaire du Venezuela, les 50 % les plus pauvres du pays. Le PIB du Venezuela augmente, mais au profit des grandes fortunes états-uniennes qui encaissent les dividendes et des employés américains bien payés. Le Venezuela abrite en effet au début des années 1960 la plus grande communauté d’expatriés américains. Ces derniers y vivent dans des enclaves qui leur sont réservées, dotées d’hôpitaux flambants neufs et de terrains de baseball luxuriants. C’est « l’âge d’or » auquel le pouvoir trumpiste souhaite revenir. Un partage de la rente pétrolière qu’on peut difficilement imaginer plus injuste et inégalitaire. C’est aussi un modèle de développement foncièrement instable, qui ne peut susciter que des réactions violentes. Car comment accepter que les revenus versés aux actionnaires étrangers soient du même ordre de grandeur que ceux touchés par la moitié de la population locale ? Jusqu’aux années 1950, dans la foulée de Gomez, les différents régimes au pouvoir à Caracas préfèrent choyer les capitaux internationaux, maintenant une fiscalité légère, se pliant aux désidérata des majors, s’enrichissant souvent au passage. À partir des années 1960, comme dans le reste de l’Amérique latine, les gouvernements successifs vont essayer de négocier des conditions financières plus équilibrées. Le Venezuela prend la tête de ce mouvement. C’est un homme politique vénézuélien, Juan Pablo Pérez Alfonzo, qui se trouve derrière la création de l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) en 1960. Le pays prend les rênes du mouvement pour faire advenir un « nouvel ordre économique international », exiger une réécriture des règles du commerce mondial.Ce processus culmine dans la nationalisation, en 1976, des actifs d’ExxonMobil, Shell et Chevron au Venezuela. Donald Trump a 30 ans. Il ne cesse aujourd’hui de dénoncer ce « vol ». Et ne cache guère son objectif principal : revenir aux conditions léonines de la période 1920-1960. S’il y parvient, on peut envisager un doublement voire un triplement des profits de l’industrie pétrolière américaine, l’un des plus gros financeurs de Trump et du parti républicain. Les réserves d’or noir du Venezuela sont en effet considérables : les plus importantes du monde. Et elles sont quasi-inexploitées, la production s’étant effondrée en raison de la mauvaise gestion du régime chaviste et du durcissement des sanctions américaines en 2017. Les enjeux financiers sont d’autant plus importants que les prix du pétrole sont plus élevés que dans les années 1950. Si Trump parvenait à rétablir les conditions financières qui prévalaient au milieu du 20e siècle, la manne captée par les majors américaines et leurs propriétaires en serait augmentée d’autant. Quand Trump dit qu’il veut « gouverner » le Venezuela, c’est là son projet. Pour fixer un ordre de grandeur, les profits d’Aramco – le principal producteur de pétrole d’Arabie saoudite, pays qui abrite les deuxièmes plus grandes réserves d’or noir – se sont élevés ces dernières années à $100-$150 milliards par an. $100 à $150 milliards par an : c’est la somme en jeu, aujourd’hui, derrière l’enlèvement de Maduro. " _____________
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