__ Tromp s'enrichit...encore
HORIZONS ET COUPS DE COEUR (ou de gueule)
CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
vendredi 31 juillet 2026
Dictature du consommateur
Client: roi ou sujet? [Bis repetita]
« La croyance en une économie de marché ou le client est roiest l’un de nos mensonges les plus envahissants” (Jk Galbraith)_______
Le consommateur est roi, nous serine-t-on, à longueur d'ondes et de slogans alléchants.
Voire...
Il existe des rois sans pouvoirs, des rois déchus ou des rois dominés.
Un slogan illusoire.
Dans Au bonheur des dames déjà, Zola montrait la stratégie des marchands en quête de clientèle parisienne aisée. Ils savaient déjà habilement faire jouer les passions, l'envie et la distinction, dans des grands magasins où il fallait étonner par des produits aussi divers que nouveaux.
Le consommateur, même si son pouvoir de choix n'est pas nul, dans le cadre d'un état de production donné, ne serait-il pas plutôt le pigeon d'un système, sans qu'il en ait conscience?La demande existe bien, stimulant l'offre, mais c'est aussi et en premier lieu l'offre qui crée et conditionne structurellement la demande, comme le reconnaissait déjà J.Say.
Problème de l'oeuf et de la poule?
Les besoins humains sont premiers, bien sûr, et l'offre marchande, pour les satisfaire de manière de moins en moins élémentaire, fut là pour y répondre dès qu'il y eut division du travail. Mais en produisant des marchandises de plus en plus diverses et sophistiquées, jusqu'à sortir du strict domaine utilitaire, l'offre créa réellement la demande. Des biens, des services auxquels personne n'avait pensé s'offrent au désir du consommateur, qui pense avoir l'initiative, même pour le "choix" du dernier I-pad ou celui du voyage aux iles Marquise.
Les premières automobiles déjà ne vinrent pas d'une demande mais furent la conséquence d'une offre (Ford sut la rendre désirable pour tous), qui finit par s'imposer comme une "nécessité", comme les téléphones portables, etc... biens auxquels personne ne pensait avant leur apparition et qui débouchèrent sur une demande sans fin et de plus en plus élaborée, en rapport avec le développement des forces productives, des relations, marchandes et autres, le développement des loisirs, etc...
Le débat sur l'antériorité de l'offre sur la demande ou vice-versa est en partie un faux problème.
Le débat insoluble en cours sur la priorité de l'offre sur la demande ou vice-versa est source de confusion, quant à la véritable nature des échanges humains, des marchés.
Il est surtout purement circonstanciel, objet d'âpres débats entre décideurs politiques et théoriciens économiques, (notamment dans la formation des prix), et nous éloigne, dans le contexte de crise que nous vivons, de la nature des choses.
Il y a une interdépendance systémique entre les deux aspects, comme l'avait bien vu Marx:
"Chacune apparaît comme le moyen de l'autre; elle est médiée par l'autre; ce qui s'exprime par leur interdépendance, mouvement qui les rapporte l'une à l'autre et les fait apparaître comme indispensables réciproquement, bien qu'elles restent cependant extérieures l'une à l'autre. La production crée la matière de la consommation en tant qu'objet extérieur; la consommation crée pour la production le besoin en tant qu'objet interne, en tant que but. Sans production, pas de consommation; sans consommation, pas de production. Ceci figure dans l'économie politique sous de nombreuses formes."
A partir des année 50 surtout, la consommation de masse, "l’équipement en appareils ménagers et audiovisuels des ménages ainsi que l’étendue de la grande distribution industrialisée ont permis une pénétration de la consommation marchande industrialisée dans les modes de vie. Ensuite, progressivement et avec l’industrialisation des services, certaines activités jusque-là non marchandes le sont devenues. L’interpénétration entreprise/marché ou l’intégration du client dans le processus production/consommation ont permis le contrôle du marché par les entreprises jusque dans la sphère personnelle et familiale. L’intégration du client dans l’entreprise ne résulte pas, comme on pourrait le penser a priori, d’une meilleure prise en compte des besoins du client, mais fait plutôt, et surtout, suite à un discours marketing et managérial de légitimation, permettant l’investissement de l’espace domestique et son contrôle par l’entreprise.
Il importe de voir que ces processus d’investissement et de contrôle de l’espace domestique s’appuient sur la diffusion, dans les sociétés, et avec l’aide du marketing et des techniques de communication, d’une pensée dominante prescrivant un bonheur dépendant de la consommation de marchandises censées répondre à tous les aspects de la vie et à tous les besoins des individus. Ainsi, le marché s’est étendu à toutes les sphères de la vie privée : « Le marché débarrassé de toute entrave et étendu graduellement à toutes les sphères de la vie sociale » (Castoriadis)
Mais le mythe du client roi a la vie dure... "...Le consommateur d’aujourd’hui, qui est individualiste, vindicatif, volage, avide de nouveautés et d’immatériel, n’est pas assez éduqué pour faire des choix vraiment éclairés. La question sous-jacente est celle de savoir si l’on peut ou si l’on doit résoudre les problèmes de la société par le marché. En abordant les pistes et leurs limites, l’auteur souligne les logiques perverses du marché, lorsqu’elles sont transposées au niveau des citoyens. Etre citoyen ne se réduira jamais à bien consommer. En effet, le consommateur comme un enfant gâté, lui, veut tout, tout de suite. Alors qu’être un vrai citoyen devrait consister à faire des choix et se donner des échéances. Or, le marketing politique contribue à promouvoir un citoyen dénaturé qui consomme du politique comme des 4x4.
Le consommateur moyen d'aujourd'hui finit par être la victime d'un tel narcissime exigeant et finit par reproduire sa demande marchande à toutes les institutions (santé, école...) et la notion de client finit par remplacer celui d'usager dans les services publics.
L'horizon du bien commun finit par perdre son sens, l'égocentrisme, le narcissisme fonctionnant à fond comme moteurs principaux, comme C. Lasch l'a bien montré. L'infantilisme et ses exigences impérieuses finissent par devenir un des aspects des consommateurs captifs. La schizophrénie s'installe (entre l'acheteur en quête de "bonnes affaires"et le producteur qui risque son emploi par délocalisation expliquant ces dites bonnes affaires) et le marketing de l'ego devient la stratégie dominante.
La société de consommation est donc bien loin de représenter une libération, surtout quand le consommateur devient esclave du crédit, un homo debitor.
Et le consommateur s'efface devant le citoyen...
Roi le consommateur? Un pouvoir qu'il n'a pas. Plutôt un (faux) dictateur. Une avidité de jouissance, sans cesse inassouvie, sans perspective ni souci de l'intérêt général et du long terme.
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- Le marché manipulé
jeudi 30 juillet 2026
Un four sans fin
En viendrons- nous à redouter l'été?
On pourrait le penser
Sortir de la sidération et du fatalisme
"... Aujourd’hui, les infrastructures sont adaptées à un climat qui n’est pas celui que nous allons vivre et qui n’est déjà plus celui d’aujourd’hui. Il faut établir des scénarios qui ne reposent pas sur les conditions climatiques passées, mais sur les conditions à venir. Le plan canicule établi après l’été 2003, par exemple, n’est déjà plus adapté à ce que nous allons vivre. Il faut développer une culture du risque qui tienne compte d’événements qu’on n’a pas encore vécus mais dont on sait qu’ils vont se produire ; il faut se préparer à des ruptures de réseaux et d’approvisionnement en eau à grande échelle. C’est ce que soulignait, d’ailleurs, le dernier rapport du Haut Conseil pour le climat. Rapport que doivent impérativement consulter nos dirigeants..." __________________
Varia
__ Soupçons
__ Or blanc
__ Privilèges
__ Contre sens
__ Rail délaissé
__ Urgence agricole?
== Grand chambardement
== Nouvelle frontière?
__Relay contesté
__Sujet totémisé
__Les cents jours __Fronde payante __Difficile réforme
__Stratégies d'influence
__ Passage en force
__ Tournant cubain
__ Changement de règles
_____ Pour quand et comment la paix en Ukraine? (Essai) - Incertitudes- ____________
mercredi 29 juillet 2026
Prendre RV
Services de proximité
De moins en moins proches
Services publics en question "...« Le logiciel gouvernemental reste le même : il faut réduire la dépense publique. Alors que les besoins augmentent, qu’il faudrait investir massivement pour faire face aux dérèglements climatiques, on assiste à un définancement des services publics. À l’exception de l’intérieur, de l’armée et, dans une moindre mesure, de la justice, mais dans des proportions nettement insuffisantes, tous les budgets des services publics sont en baisse », relève Marie Pla, coporte-parole de l’association Nos services publics, qui documente depuis plusieurs années la mise à sac de nos biens communs. Aussi essentielle soit-elle, la sécurité civile n’a pas échappé à la règle. Vivement critiqué par toutes les oppositions pour le manque de moyens dévolus aux pompiers, le gouvernement se défend d’avoir sacrifié la sécurité de la population et des territoires. Du côté de Renaissance, on assure que « depuis 2017, les moyens pour la sécurité civile ont été augmenté de plus de 70 % », et notamment chez l’ancien premier ministre Gabriel Attal, sur la sellette après avoir annulé, en 2024, la commande de deux canadairs, pourtant promis en 2017...Les chiffres relativisent, toutefois, l’effort de l’État. Il consacre chaque année 800 millions d’euros à la sécurité civile. C’est presque soixante fois moins que le budget de l’armée. Cela représente à peine 10 % des dépenses totales pour les services incendies et de sécurité.Car l’essentiel est payé par les départements et les collectivités locales. Mais depuis des années, le budget stagne autour de 7 milliards d’euros. « On dépense [deux ou trois fois plus] pour nos déchets » que pour la lutte contre les incendies, constate le député La France insoumise (LFI) Damien Maudet, coauteur de deux rapports sur la sécurité civile..."_______Vers l'Etat digital?____
Des paris universels?
Ludification des conflits
Parier sur la guerre comme sur un match de foot, au PMU local ? Ou un combat de coq?
On parie bien (et ça fait longtemps, comme au Royaume Uni) dans le domaine du sport...Pourquoi ne le ferait- on pas dans celui de la guerre? Certains ont eu l' idée depuis un moment. Le comble du cynisme. Tout est possible Qui veut gagner des millions? Vous pouvez miser sur l'issue d'un conflit. Les marchés prédictifs sont parfois juteux. Mi marchés à terme, mi machines à sous. " ...Début janvier, un compte Polymarket, manifestement créé un semaine avant l'opération américaine, a réalisé 400000 dollars de profit en pariant 33000 dollars sur la destitution du président vénézuélien N. Maduro...alors que le Congrès n'avait même pas été informé de l'opération..." ! Des membres sans doute haut placés de l'administration américaine...On investit aussi sur le conflit iranien. Pas de limite! La guerre et un jeu comme un autre, quand elle permet de remplir ses coffres... Un "marché" en pleine croissance. Mais certains, comme Hanson, voient l'orage arriver. Mais c'est encore un pari... __ "Le développement des marchés prédictifs en ligne, comme Polymarket, permet à certains internautes de miser de l'argent sur des conflits armés ou des frappes géopolitiques (comme au Moyen-Orient ou en Ukraine), transformant des drames humains en cotes financières comparables à des paris sportifs... Les utilisateurs achètent ou vendent des parts en fonction de la probabilité qu'un événement survienne (ex. : une frappe à une date précise ou un cessez-le-feu).Gains rapides : Des parieurs ont parfois enpoché de fortes sommes en misant juste quelques minutes avant des attaques réelles, éveillant des soupçons de délits d'initiés..... Cynisme et marchandisation : Réduire des pertes humaines et des bombardements à un simple jeu numérique choque profondément. Conflits d'intérêts potentiels : Le risque existe que la politique ou la sécurité nationale ne soient plus dictées par la stratégie, mais influencées par des logiques de profit financier. Cadre légal : Ce type de marché fait l'objet de vives polémiques politiques et d'appels à l'interdiction par des parlementaires, bien que ces plateformes restent accessibles ou interdites selon les pays (interdites en France)...."
____ " Le NYT a révélé que, vingt-quatre heures avant le début des « frappes », plus de trois cents paris d’au moins 1 000 dollars ont été effectués sur ces marchés, seize comptes ayant même misé plus de 100 000 dollars chacun. Un utilisateur a gagné près d’un demi-million grâce à un pari de 60 000 dollars. Un autre, sous le pseudonyme « Magamyman », a raflé plus de 553 000 dollars. Selon CNN, un compte Polymarket a empoché près de 1 million de dollars ces dernières années en effectuant une série de paris gagnants sur des attaques israéliennes et américaines en Iran. Beaucoup trop chanceux pour être honnête. Mal à l’aise, Kalshi prétend qu’elle n’autorise pas les paris sur la mort. La plate-forme a d’ailleurs suscité la colère des parieurs qui avaient vu juste en annulant la totalité des paris sur le décès de Khamenei et en remboursant les sommes investies..." _ Faites vos jeux! Sans vergogne.😧 _________
mardi 28 juillet 2026
Data centers en question
Face à une fronde
Surtout chez les jeunes, soucieux du milieu et des ressources en eau.. Surtout aux USA, où le développement est le plus poussé, parfois gigantesque. "...Les géants du secteur, baptisés « hyperscalers » (les « géants du cloud » : Google, Amazon, Microsoft…), se sont lancés dans des investissements faramineux pour tenter de prendre les commandes du marché, pour ensuite louer des capacités aux puissances émergentes de l’IA, comme OpenAI et Anthropic. Selon une note de Goldman Sachs Research, « les plus grands fournisseurs d’IA devraient dépenser environ 755 milliards de dollars [environ 660 milliards d’euros] en investissements en capital en 2026, et 920 milliards en 2027 », dont une majeure partie dans les centres de données. Les sommes envisagées représentent près d’un tiers de la croissance américaine en 2026, une concentration jamais observée..." _______ En France, les centers prennent leur envol, surtout dans la région parisienne et celle du Nord. Comme dans la Drôme. Un pari risqué aux yeux de certains, au coeur d'un développement quelque peu anarchique de l'IA et de ses dérivés. Des investissements colossaux sont engagés. La consommation électrique va atteindre des sommets et il n'est pas sûr que les effets espérés soient à la mesure des sommes colossales engagées. L'avenir n'est pas toutefois pas scellé, dans cette course poursuite et cette rivalité internationale. Tout le monde ne partage pas le même optimisme
Selon Anthony Morlet-Lavidalie, responsable France chez Rexecode et auteur de l’étude, les centres de données vont être, pour l’économie numérique du XXIe siècle, « ce que les infrastructures énergétiques ont représenté pour l’industrie du XXe siècle : un socle essentiel de compétitivité et de souveraineté économique ». Pas question donc pour la France de louper le coche si elle veut devenir « un hub européen majeur de l’intelligence artificielle et occuper une place centrale dans la nouvelle géographie mondiale du numérique ». Une position partagée par le gouvernement, qui multiplie les annonces d’investissements record dans ce sens (109 milliards d’euros lors du Sommet pour l’action sur l’IA, à Paris, en février 2025, 93 milliards d’euros lors du sommet Choose France, à Versailles, début juin). ___________________
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lundi 27 juillet 2026
Un visionnaire
Quel monde meilleur?
Mort en 1963, Huxley fut un écrivain atypique, un penseur en marge, visionnaire et prophétique, quoique pleinement intégré dans la problématique de son temps, pensant de manière critique (lucide et parfois glaçante) certaines évolutions dystopiques de notre temps. Orwell fut un visionnaire critique de son époque, anticipant sur les dérives dangereuses d'une civilisation faisant une confiance aveugle à ses propres produits. _ A lire en parallèle avec Orwell _ Avec l'"oeuvre" de Trump -
"... En 1931, au cœur d’une Europe encore marquée par les séquelles de la Première Guerre mondiale et les bouleversements sociaux qui s’ensuivent, Aldous Huxley se lance dans l’écriture de ce qui deviendra l’un des romans les plus prophétiques du XXe siècle : Le Meilleur des Mondes. L’œuvre est rédigée dans une époque où la montée des idéologies totalitaires, que ce soit le fascisme en Italie ou le nazisme en Allemagne, coïncide avec une fascination croissante pour les avancées scientifiques et technologiques. Huxley, observateur perspicace de cette époque en pleine transformation, transpose ces préoccupations dans un avenir dystopique où la science et la rationalité, poussées à leur extrême, ont déshumanisé l’homme au nom de l’ordre et du bonheur collectif. Le roman, publié en 1932, fait écho aux craintes de Huxley face à l’automatisation croissante des sociétés industrielles. Inspiré par les lignes de production à la chaîne mises en place par Henry Ford, Huxley imagine un monde où les individus eux-mêmes sont « fabriqués » dans des laboratoires, destinés dès leur conception à remplir des rôles prédéterminés au sein d’une hiérarchie sociale rigide. Dans cet univers, l’idée même de liberté individuelle a été sacrifiée sur l’autel de la stabilité sociale. Le mot d’ordre est simple : éviter toute forme de chaos, toute expression de singularité pouvant perturber le fonctionnement parfaitement huilé de la société. Tout est sous contrôle, depuis la naissance artificielle des citoyens jusqu’à leur mort, en passant par l’administration régulière de soma, une drogue qui efface toute forme de souffrance.

L’un des aspects les plus dérangeants du Meilleur des Mondes est l’idée sous-jacente que cette société, aussi déshumanisante qu’elle soit, pourrait séduire une majorité de gens. Huxley, ayant observé l’Amérique des années 1920 avec son obsession pour la consommation, le confort matériel et l’évitement de toute douleur, pousse cette logique à son extrême conclusion. Le bonheur est devenu un produit, une norme imposée, dépourvue de toute profondeur. Les êtres humains, au lieu de chercher à vivre pleinement leurs émotions ou de poursuivre la vérité, sont incités à se satisfaire d’une existence vide mais confortable, où chaque instant est soigneusement orchestré pour éviter le moindre désagrément. Ce qui rend ce roman particulièrement glaçant, c’est la façon dont Huxley anticipe les dérives potentielles d’un monde où la science et la technologie prennent le pas sur toutes les autres valeurs humaines. Dans ce futur, la technologie n’est plus un simple outil ; elle devient un moyen de contrôle total. Les émotions sont manipulées, les pensées sont conditionnées dès l’enfance, et même les instincts les plus naturels comme la reproduction sont régulés par l’État, dans un effort permanent pour maintenir l’ordre. La religion, l’art, la littérature, tout ce qui pourrait éveiller la conscience des individus est soit supprimé, soit dénaturé. En réponse à cette déshumanisation, l’un des protagonistes du roman, John le Sauvage, se révolte en réclamant « le droit d’être malheureux », un cri déchirant contre cette tyrannie du bonheur imposé. Ce qui était une projection audacieuse de l’avenir en 1932 semble aujourd’hui presque prophétique. Alors que nos sociétés modernes s’engagent de plus en plus dans la voie du contrôle technologique — qu’il s’agisse de la surveillance de masse, de l’exploitation des données personnelles, ou des débats éthiques sur l’intelligence artificielle —, les questions soulevées par Huxley n’ont jamais été aussi pertinentes. À quel point sommes-nous prêts à sacrifier notre liberté, notre individualité, pour obtenir plus de confort et de sécurité ? Sommes-nous, comme les personnages du roman, disposés à abandonner toute quête de sens au profit d’une vie sans heurts, anesthésiée par des distractions superficielles ? Le Meilleur des Mondes est un classique de la littérature qui fait 285 pages et nous pousse à réfléchir sur les dérives potentielles d’une société où l’homme perdrait son humanité au profit d’un bonheur artificiel, administré par des forces qu’il ne contrôle plus. Huxley, par cette œuvre visionnaire, nous met en garde contre une technologie qui, loin de libérer l’homme, pourrait bien finir par l’enchaîner..." _____________