Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 29 novembre 2018

La chèvre et le chou

Jupiter et le nucléaire
                                   Ou les calendes grecques?
   Il a parlé. Sans satisfaire vraiment personne.
       Surtout pas ceux qui attendaient l'annonce  d'une sortie plus rapide et plus déterminée  du nucléaire, comme l'ont fait l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, l'Italie (par voie réfendaire)...pour booster les énergies renouvelables et explorer de nouvelles voies en ce domaine par des investissement audacieux. Nous tergiversons et nous accumulons les retards par rapport à d'autres pays et aux risques encourus.

   Certes les prises de conscience sont bien tardives par rapport à ce que l'on peut considérer comme des impasses, par rapport aux choix, jamais démocratiquement débattus, de Messemer et de ses successeurs.
    Cela a rendu l'héritage lourd et complexe, dans la phase délicate de transition énergétique que certains  pays, comme l'Allemagne, ont des difficultés à gérer.
     Les dernières déclaration du Président apparaissent cependant à certains comme un début de lucidité. Il n'est évidemment pas question de programmer une sortie du nucléaire, mais d'en réduire peu à peu l'importance, sous forme d'un calendrier assez imprécis, qui n'engage pas tellement, connaissant les promesses faites par certains de ses prédécesseurs.
     Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, ce mardi 27 novembre, un président de la République a rendu public un calendrier chiffré des fermetures des réacteurs nucléaires. Ce sont ainsi quatorze réacteurs qui seront fermés d'ici à 2035 dont "quatre à six d'ici à 2030" en plus des deux de Fessenheim, a-t-il annoncé. C'est certes moins que les 17 réacteurs de Hulot – d'autant que ceux-ci devaient alors être fermés d'ici à 2025. Mais l'Elysée a une parole qui, naturellement, engage infiniment plus l'Etat que celle d'un ministre – fût-il populaire comme l'était Nicolas Hulot....
      On demande à voir. Toute tergiversation risquerait de grever l'avenir et les investissements dans les voies multiples et combinées d'énergies nouvelles.
   Une voie médiane donc, avec une programmation dans le temps . Mais que valent ces engagements verbaux étant données les promesses déjà faites dans le passé? Tout retard complique les solutions, de la gestion d'un parc nucléaire vieillissant et d'un enfouissement des déchets de plus en plus risqués problématiques et onéreux.
     Que voudra, que pourra le haut conseil, dont on promet la mise en place, étant donné le poids des lobbies, notamment celui d'EDF, devenu trop souvent un Etat dans l'Etat, dans le pays le plus nucléarisé du monde.
     Une nouvelle institution pour noyer le poisson? Composé de treize membres plus ou moins experts des questions climatiques (voir le communiqué), cette nouvelle instance est chargée « d’apporter un éclairage indépendant sur la politique du gouvernement en matière de climat ». Pour Macron, ce Haut Conseil doit avant tout « établir des faits », apporter de la science dans les débats en cours. Mais pour Jean-David Abel, vice-président de France nature environnement, ce Haut Conseil « n’est que de la poudre aux yeux. Il existe déjà de multiples instances et ce n’est pas un nouveau comité d’experts qu’il nous faut ». Il est vrai que le Conseil national de la transition écologique, composé de 50 membres, remplit peu ou prou les mêmes missions.
  D'autres choix étaient possibles, mais il devient de plus en plus difficiles de franchir un pas décisif au vu des retards et des contraintes que nous avons accumulées.
 L'expérience malheureuse et ruineuse de Flamanville et les coûts vertigineux de l'hypothétique après-nucléaire n'incitent pas à l'optimisme, même si Macron a été réservé sur la poursuite de l'expérience EPR.
    Les failles actuelles ou à venir ne manquent pas, que relève aussi l'ASN.
      Quantité de questions restent en suspens, rarement abordées frontalement et publiquement, pas seulement en France.
   D'aventures en déconfitures, le nucléaire français demandait des réponses pour le moins plus audacieuses.
  Ce ne sont pas les plans d'urgence, dont on connaît les limites,  qui peuvent rassurer les attentes de la majorité de Français qui souhaite la sortie le plus tôt possible des impasses dans lesquelles nous nous sommes mis.
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