Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 15 décembre 2018

Le (tout) dernier empereur?

La Chine de XI
                         A marche renforcée.
                                            Après l'empire de Mao et une succession ténébreuse et chaotique, vint l'ère d'une relative ouverture.
         De nouvelles ambitions se firent jour: défier l'Occident sur son propre terrain, jouer à fond la carte du développement avec les atouts immenses du pays. Renouer avec la période où l'Empire du Milieu était au plus haut dans le concert des nations par sa puissance économique, avant une relatif déclin et une semi-colonisation douloureuse et humiliante.. 
    Le communisme n'étant plus qu'un vernis et un prétexte dans ce pays qui se mit à suivre les voies dures mais efficaces et accélérées du capitalisme européen des premiers temps.
    En quelques décennies, Pékin a atteint un niveau de développement qui à la fois fascine et inquiète, avec sa prétention inavouée de la conquête économique du monde. La Chine étend son influence et ses réseaux. Ses bonds du trésor ligote le trésor américain. On renoue avec les routes de la soie, on achète des ports en Afrique et au Pirée, on tisse des relations de l'Afrique à l'Amérique du Sud, on développe un marché intérieur jusqu'ici négligé, on investit bien au-delà des frontières, on s'assure une influence en Mer de Chine et dans la Pacifique.
       Sous l'ère de XI Jinping, centralisant d'avantage les décisions et les contrôles renforcés, le processus s'accélère et se renforce, devenant plus opaque, mais apparemment pas moins efficace. On force le pas, sous un jour avenant.
         Le souriant président dirige maintenant à vie, d'une main de fer, la grande renaissance.  Jusqu'à l'outrance.  Renforçant les pouvoirs centraux et les contrôles intérieurs, sur les minorités et les opposants réels ou potentiels. La cohérence est une force mais pourrait être un tendon d'Achille, dans le colosse aux pieds d'argile que semble devenir le pays.
    Les commentateurs, fascinés ou critiques, y vont de leurs propos. La Chine n'est plus la grande oubliée mais détermine une partie toujours plus grande de nos choix surtout économiques. Berlin regarde du côté de Shanghaï plutôt que de Bruxelles, et Pékin hante les nuits de Trump.
     Le géant planétaire étend une toile de plus en plus large et dense, donnant des leçons de libéralisme au monde entier, prenant les devants dans de nombreux secteurs, mettant en place le premier EPR, projetant la conquête spatiale, créant ses propres géants, numériques ou pas, bien avancée dans le projet de la fusion nufléaire....
         Les sentiments éprouvés par les dirigeants comme par tout un chacun sont toujours mêlés: fascination et inquiètude alternent vis à vis du nouvel empire du Milieu.
      Le jour où l'empereur mourra, ou avant, verra-t-on se réveiller une autre Chine, où la peuple ne sera plus seulement consommateur et soumis?
         Mais qui connaît vraiment la Chine?
[Le Monde selon Xi Jinping, documentaire de Sophie Lepault et Romain Franklin | Arte]
     ... Xi Jinping, prince rouge dont le père fut l'un des compagnons de Mao avant de subir le contrecoup de la purge, commence (pourtant) sa carrière à travailler la terre dans les campagnes afin d'expier les fautes paternelles. Ces débuts laborieux forgent sa légende: il finit par intégrer le Parti communiste chinois (PCC) et gravit un à un les échelons, aidé par les contacts de son père déchu, jusqu'à arriver au sommet politique. Le 15 novembre 2012, il devient le numéro un du Parti et accède quatre mois plus tard à la présidence de la République populaire de Chine. Après avoir fait profil bas pendant de longues années, il incarne aujourd'hui une figure de pouvoir forte, aussi intraitable avec ses adversaires politiques intérieurs qu'avec les puissances étrangères...
           ______________________________________________________

Aucun commentaire: