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mardi 31 octobre 2023

Pour l'amour de la langue

      ___ La langue: héritage fragile mais vivante

Qui mérite d'être défendue comme élément fondamental de notre identité commune

Un rêve fou?

 La langue, notre bien commun, est un combat. Et les priorités?

     François Ier a consacré une pratique, établi un usage officiel.

       

 .
                   Une langue parfois mise à mal.
                                            Ce n'est rien de le dire...
  Sans vouloir dramatiser à outrance, sans passer pour un taliban de la langue, qui évolue sans cesse, il faut bien constater que le niveau de langue s'érode,  que l'expression devient de plus en plus approximative, que la grammaire n'est plus intériorisée (ce qui n'est pas sans conséquences au niveau logique), que le vocabulaire s'appauvrit et que la colonisation  par le globish est de plus en plus rapide. C'est plus qu'un emprunt occasionnel, c'est devenu une marotte ridicule. Même mon coiffeur s'y met.
    C'est l'effet de multiples causes, culturelles et économiques bien sûr, mais renforcé par l' abandon progressif d'un enseignement digne de ce nom, où le ludique a souvent supplanté les bases linguistiques fondamentales  et la nécessaire rigueur. Une langue mérite d'être travaillée, au-delà de son aspect utilitaire. Les vrais amoureux de la langue se font rares.
    Si encore il ne s'agissait que de l'orthographe,... C'est l'expression de la pensée qui est trop souvent malmenée. On peut le voir jusque dans nous universités et nos écoles d'ingénieurs, où la pensée souvent pâtit d'un manque de rigueur. Par ex, la confusion entre le futur et le conditionnel n'est pas anodine. C'est par la langue que l'on pense.
    La pauvreté du langage constitue un enfermement, souvent peu ressenti comme tel.
    Malgré les déclarations d'intention et les réformes qui ne changent rien (combien d'heures de français reste-t-il aujourd'hui dans nos collèges?), y a -t-il encore place pour un sursaut?
    Celui qui maîtrise (mieux) sa langue peut maîtriser tout le reste.
        Si déjà les préconisations de la loi Toubon étaient respectées....
_____
                  Manifeste méritant d'être diffusé:

« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci, Cahiers de prison.
« Il ne restait de ce pays que son langage. Un beau langage qui servait à tout. Vous savez, comme on a chez soi une chose précieuse qui est là depuis si longtemps qu’on en use à n’importe quoi, à empêcher la fenêtre de se fermer, et le petit la prend comme une règle pour dessiner, et c’est un presse-papier si commode ! Qui donc se souciait que ce fût un pays, ce pays, et il est indiscutable que c’est un grand progrès que de perdre ce sens de la jalousie, cette haine du voisin, cet orgueil de son toit, un grand progrès sur les ténèbres, un grand progrès sur le néant ». Louis Aragon, poète et résistant.
             Accompagnant la casse néolibérale et euro-atlantique du cadre national, des services publics et des conquis sociaux, une politique destructive de substitution systématique du « globish » à la langue française (pourtant « langue de la République » au titre de la Constitution…) affecte tous les aspects de la vie sociale en France. Entre mille exemples : Carrefour-Market lance une campagne intitulée Act for food ! ; Renault, Airbus et PSA basculent toute leur documentation technique à l’anglais ; des centaines de grandes entreprises, voire de « startup », obligent illégalement leurs salariés francophones à ne plus travailler qu’en anglais, pendant que la Poste lance « Ma French Bank », que la SNCF en voie de privatisation promeut ses Ouigo (lire we go), qu’EDF invite ses « clients » à « pulser », et que, plus grave encore, la contre-réforme Blanquer du lycée s’ajoute à la loi Fioraso et aux pratiques délétères de la direction de la Recherche pour faire de l’anglais, de la maternelle au Supérieur en passant par le CNRS, non pas une langue enseignée en France, mais une langue d’enseignement concurrençant et évinçant systématiquement le français (et se substituant de fait à toute autre langue étrangère !).
          Il est clair qu’à terme, si ces pratiques continuent de se généraliser en France et en Europe (au détriment de l’allemand, de l’espagnol, de l’italien, du portugais, du russe, de l’arabe, du turc, du chinois, etc.), il n’y aura bientôt plus qu’une langue de prestige, celle de l’Oncle Sam et de Wall Street, ce qui portera un coup gravissime à la diversité culturelle qui fut toujours un aliment vital des échanges et de la culture. Le mauvais exemple est donné par Macron, qui ne perd jamais une occasion de jargonner en Globish devant les grands patrons et de promouvoir l’anglais comme langue internationale unique, non seulement à l’étranger mais en France même… Même si les intéressés n’en ont pour la plupart pas conscience parce qu’elle suit la mode, par mimétisme ou par « modernisme branché », cette invasion de la langue française par des mots ou des expressions d’origine anglosaxonne a contaminé jusqu’aux milieux populaires, voire militants : le tract n’est-il pas trop souvent devenu un flyer ? Il y a peu, des chercheurs en lutte défilaient derrière une banderole portant l’inscription Academic Pride…
        Il faut dénoncer ces pratiques faussement anodines car elles sont le symptôme de l’allégeance sournoise à l’impérialisme occidental qui génère guerres et inégalités entre les hommes et entre les peuples. Du reste, des phénomènes identiques d’acculturation au détriment des langues nationales se déroulent en Europe orientale ou en Afrique, partout où l’impérialisme occidental est prégnant, économiquement et politiquement. Et nous sommes solidaires de tous ceux qui, en Roumanie, au Sénégal, etc. luttent pour la défense de leur langue et de leur culturel.
      En France, derrière cette manœuvre antipopulaire de grande envergure et totalement soustraite au débat démocratique, on trouve le MEDEF : son ex-président, le baron Sellières, clamait ainsi en 2004 que l’anglais doit désormais « devenir la langue (sous-entendu : unique) de l’entreprise et des affaires » ; pratiquant de fait une « préférence nationale » inavouée, le CAC-40 n’embauche déjà plus guère que des « English Mother Tongue » (anglais langue maternelle) comme cadres supérieurs, pendant que l’OTAN a fait de l’anglais, y compris en France, la langue de travail unique des armées.
        Quant à l’UE, elle ne craint pas, en plein Brexit et alors que l’anglais n’est plus la « langue officielle déposée » d’aucun Etat-membre, de promouvoir l’idée qu’il faut faire de l’anglais la langue officielle unique des institutions bruxelloises au détriment des autres langues nationales d’Europe. L’enjeu de cette politique de casse et de classe est énorme : il s’agit de renforcer le « marché unique » cher aux monopoles, de préparer la future « Union transatlantique » sous la houlette de Washington et de faciliter la mise en place des traités néolibéraux transcontinentaux (du type CETA, UE/Mercosur ou TAFTA).
      En instituant la langue unique, les maîtres du grand capital rêvent de mettre en place un hypermarché continental et mondial de la force de travail qui, tout en humiliant les peuples non anglophones, en affaiblissant décisivement les nations existantes, en dévaluant les travailleurs actuels et futurs qui ne maîtriseraient « que » leur langue nationale (ou une langue étrangère autre que l’anglais), accentuerait brutalement la concurrence acharnée et le moins-disant social et salarial entre les prolétaires d’aujourd’hui et de demain : énormes avantages pour le grand patronat sur tous les terrains, social, politique, culturel…
(Il s'agit de) ...combattre vigoureusement la POLITIQUE DU TOUT-anglais : c’est-à-dire la politique oligarchique et antidémocratique tentant à imposer une langue unique continentale, voire mondiale.

Nous appelons donc à : · exiger des autorités, du patronat, des services publics et des collectivités publiques le respect et le renforcement de la législation visant à protéger le français ; · promouvoir un véritable apprentissage des langues étrangères dans leur pluralité dans le cadre de l’Education nationale (avec des maîtres qualifiés), y compris des principales langues de l’immigration de travail (ainsi que des langues régionales là où une demande significative existe) ; · ; non dans un esprit de « purisme » ou de fermeture aux autres cultures, mais pour favoriser un dialogue et une coopération égalitaires entre toutes les nations, toutes les langues et toutes les cultures nationales d’Europe et du monde. c’est-à-dire l’anglo-américain managérial…"

              ___                    Parles-vous globish?        ______________________________

jeudi 22 juillet 2021

Au nom de la langue

 Défense et illustration.. [Bis repetita...]

                                 ...D'une langue mise à mal
                                            Ce n'est rien de le dire. Pauvre français! si riche...
  Sans vouloir dramatiser à outrance, sans passer pour un taliban de la langue, qui évolue sans cesse, il faut bien constater que le niveau de langue s'érode,  que l'expression devient de plus en plus approximative, que la grammaire n'est plus intériorisée (ce qui n'est pas sans conséquences au niveau logique), que le vocabulaire s'appauvrit et que la colonisation  par le globish est de plus en plus rapide. C'est plus qu'un emprunt occasionnel, c'est devenu une marotte ridicule. Même mon coiffeur s'y met.
    C'est l'effet de multiples causes, culturelles et économiques bien sûr, mais renforcé par l' abandon progressif d'un enseignement digne de ce nom, où le ludique a souvent supplanté les bases linguistiques fondamentales  et la nécessaire rigueur. Une langue mérite d'être travaillée, au-delà de son aspect utilitaire. Les vrais amoureux de la langue se font rares.
    Si encore il ne s'agissait que de l'orthographe,... C'est l'expression de la pensée qui est malmenée. On peut le voir jusque dans nous universités et nos écoles d'ingénieurs, où la pensée souvent pâtit d'un manque de rigueur. Par ex, la confusion entre le futur et le conditionnel n'est pas anodine. C'est par la langue que l'on pense.
    La pauvreté du langage constitue un enfermement, souvent peu ressenti comme tel.
    Malgré les déclarations d'intention et les réformes qui ne changent rien (combien d'heures de français reste-t-il aujourd'hui dans nos collèges?), y a -t-il encore place pour un sursaut?
    Celui qui maîtrise (mieux) sa langue peut maîtriser tout le reste.
        Si déjà les préconisations de la loi Toubon étaient respectées....
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                  Manifeste méritant d'être diffusé:
« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci, Cahiers de prison.
« Il ne restait de ce pays que son langage. Un beau langage qui servait à tout. Vous savez, comme on a chez soi une chose précieuse qui est là depuis si longtemps qu’on en use à n’importe quoi, à empêcher la fenêtre de se fermer, et le petit la prend comme une règle pour dessiner, et c’est un presse-papier si commode ! Qui donc se souciait que ce fût un pays, ce pays, et il est indiscutable que c’est un grand progrès que de perdre ce sens de la jalousie, cette haine du voisin, cet orgueil de son toit, un grand progrès sur les ténèbres, un grand progrès sur le néant ». Louis Aragon, poète et résistant.
                Accompagnant la casse néolibérale et euro-atlantique du cadre national, des services publics et des conquis sociaux, une politique destructive de substitution systématique du « globish » à la langue française (pourtant « langue de la République » au titre de la Constitution…) affecte tous les aspects de la vie sociale en France. Entre mille exemples : Carrefour-Market lance une campagne intitulée Act for food ! ; Renault, Airbus et PSA basculent toute leur documentation technique à l’anglais ; des centaines de grandes entreprises, voire de « startup », obligent illégalement leurs salariés francophones à ne plus travailler qu’en anglais, pendant que la Poste lance « Ma French Bank », que la SNCF en voie de privatisation promeut ses Ouigo (lire we go), qu’EDF invite ses « clients » à « pulser », et que, plus grave encore, la contre-réforme Blanquer du lycée s’ajoute à la loi Fioraso et aux pratiques délétères de la direction de la Recherche pour faire de l’anglais, de la maternelle au Supérieur en passant par le CNRS, non pas une langue enseignée en France, mais une langue d’enseignement concurrençant et évinçant systématiquement le français (et se substituant de fait de toute autre langue étrangère !).
Il est clair qu’à terme, si ces pratiques continuent de se généraliser en France et en Europe (au détriment de l’allemand, de l’espagnol, de l’italien, du portugais, du russe, de l’arabe, du turc, du chinois, etc.), il n’y aura bientôt plus qu’une langue de prestige, celle de l’Oncle Sam et de Wall Street, ce qui portera un coup gravissime à la diversité culturelle qui fut toujours un aliment vital des échanges et de la culture. Le mauvais exemple est donné par Macron, qui ne perd jamais une occasion de jargonner en Globish devant les grands patrons et de promouvoir l’anglais comme langue internationale unique, non seulement à l’étranger mais en France même… Même si les intéressés n’en ont pour la plupart pas conscience parce qu’elle suit la mode, par mimétisme ou par « modernisme branché », cette invasion de la langue française par des mots ou des expressions d’origine anglosaxonne a contaminé jusqu’aux milieux populaires, voire militants : le tract n’est-il pas trop souvent devenu un flyer ? Il y a peu, des chercheurs en lutte défilaient derrière une banderole portant l’inscription Academic Pride…
Il faut dénoncer ces pratiques faussement anodines car elles sont le symptôme de l’allégeance sournoise à l’impérialisme occidental qui génère guerres et inégalités entre les hommes et entre les peuples. Du reste, des phénomènes identiques d’acculturation au détriment des langues nationales se déroulent en Europe orientale ou en Afrique, partout où l’impérialisme occidental est prégnant, économiquement et politiquement. Et nous sommes solidaires de tous ceux qui, en Roumanie, au Sénégal, etc. luttent pour la défense de leur langue et de leur culturel.
En France, derrière cette manœuvre antipopulaire de grande envergure et totalement soustraite au débat démocratique, on trouve le MEDEF : son ex-président, le baron Sellières, clamait ainsi en 2004 que l’anglais doit désormais « devenir la langue (sous-entendu : unique) de l’entreprise et des affaires » ; pratiquant de fait une « préférence nationale » inavouée, le CAC-40 n’embauche déjà plus guère que des « English Mother Tongue » (anglais langue maternelle) comme cadres supérieurs, pendant que l’OTAN a fait de l’anglais, y compris en France, la langue de travail unique des armées.
Quant à l’UE, elle ne craint pas, en plein Brexit et alors que l’anglais n’est plus la « langue officielle déposée » d’aucun Etat-membre, de promouvoir l’idée qu’il faut faire de l’anglais la langue officielle unique des institutions bruxelloises au détriment des autres langues nationales d’Europe. L’enjeu de cette politique de casse et de classe est énorme : il s’agit de renforcer le « marché unique » cher aux monopoles, de préparer la future « Union transatlantique » sous la houlette de Washington et de faciliter la mise en place des traités néolibéraux transcontinentaux (du type CETA, UE/Mercosur ou TAFTA).
En instituant la langue unique, les maîtres du grand capital rêvent de mettre en place un hypermarché continental et mondial de la force de travail qui, tout en humiliant les peuples non anglophones, en affaiblissant décisivement les nations existantes, en dévaluant les travailleurs actuels et futurs qui ne maîtriseraient « que » leur langue nationale (ou une langue étrangère autre que l’anglais), accentuerait brutalement la concurrence acharnée et le moins-disant social et salarial entre les prolétaires d’aujourd’hui et de demain : énormes avantages pour le grand patronat sur tous les terrains, social, politique, culturel…
(Il s'agit de) ...combattre vigoureusement la POLITIQUE DU TOUT-anglais : c’est-à-dire la politique oligarchique et antidémocratique tentant à imposer une langue unique continentale, voire mondiale.
Nous appelons donc à : · exiger des autorités, du patronat, des services publics et des collectivités publiques le respect et le renforcement de la législation visant à protéger le français ; · promouvoir un véritable apprentissage des langues étrangères dans leur pluralité dans le cadre de l’Education nationale (avec des maîtres qualifiés), y compris des principales langues de l’immigration de travail (ainsi que des langues régionales là où une demande significative existe) ; · ; non dans un esprit de « purisme » ou de fermeture aux autres cultures, mais pour favoriser un dialogue et une coopération égalitaires entre toutes les nations, toutes les langues et toutes les cultures nationales d’Europe et du monde. c’est-à-dire l’anglo-américain managérial…    _______________________

lundi 30 novembre 2020

Fake news

D'hier et d'aujourd'hui.  (Suite_ Mais y aura-t-il une fin?)

               La question revient régulièrement et alimente des débats parfois passionnés et aveugles. Elle revient aujourd'hui à propos de l'usage des futurs vaccins. Mais à vrai dire elle ne s'est jamais arrêtée. Elle a des racines profondes et anciennes, se présentant de manières variées, prenant parfois la forme d'un vrai complotisme plus ou moins organisé.    Une notion piégée.  A l'heure où les grands médias , par la concurrence et la vitesse imposées, servent parfois d'amplificateurs à des nouvelles incontrôlées, mal étayées, parfois infondées.     A l'heure où les réseaux sociaux servent de tam tam médiatiques planétaires avec tant de facilité et de rapidité.  Les préjugés en tous genres servent de courroies de transmission , de relais et d'amplificateurs.

   Le mimétisme aidant, certaines fausses nouvelles ont vite fait de faire le tour  de la planète aujourd'hui et la vigilance peut parfois être prise en défaut, du moins momentanément. (*)
   Fake news ou pas, les parades peuvent parfois être disproportionnées ou imprudentes, quand elles ne sont pas biaisées, c'est pourquoi il est téméraire ou impossible de légiférer en ce domaine. Ou mettre le seuil de dangerosité en temps réel et qui jugera les fake news d'Etat? La propagande a joué un tel rôle et continue à le faire ,dans le déclenchement et l'entretien des conflits.

L'incroyable mensonge, lourd de conséquences...

    Le problème est  trop sérieux pour être laissé aux soins de la justice et de l'Etat.
 Le journaliste n'est pas toujours un bon veilleur, surtout quand il faut travailler vite et en situation d'urgence et de concurrence.
  Au risque d'engendrer le scepticisme généralisé, il doit veiller à suivre un code de bonne conduite.
         Le débat a encore de beaux jours devant lui...
_____

(*)   On se rappelle les rumeurs ... à l’encontre du leader socialiste Léon Blum, selon laquelle celui-ci mangeait dans de la vaisselle en or. Diffusée par la presse de droite dans les années 1930, elle ne touchait que ses opposants et suscitait des haussements d’épaule chez les autres car elle ne reposait sur aucun fondement sérieux.    On peut classer dans la même catégorie les rumeurs de la Première Guerre mondiale selon lesquelles par exemple les « Boches » coupaient les mains des enfants. Les citoyens croyaient-ils à ces bobards diffusés par les journaux et les cartes postales ? C’est peu probable car ils ne reposaient sur aucun élément avéré. D’ailleurs, on eut vite fait de les qualifier de « bourrage de crâne ». Mais on laissait dire car ces bobards remplissaient une fonction symbolique en légitimant l’effort de guerre et la solidarité de tous contre l’ennemi commun. De la même façon que les « fake news » d’aujourd’hui, ils soudaient les membres de la communauté dans la haine de l’adversaire
...Après la Seconde Guerre mondiale, l’intelligentsia occidentale a témoigné d’un aveuglement maladif vis-à-vis de la réalité soviétique. Ainsi, lors du procès Kravchenko, en 1949, des personnalités aussi réputées que le Prix Nobel Frédéric Joliot-Curie, Louis Aragon, Julien Benda ou encore Vercors sont venus dire à la barre le dégoût que leur inspirait l'accusé, coupable d’avoir médit sur l’Union soviétique.   Comme les islamistes d’aujourd’hui, ces intellectuels étaient enfermés dans leurs certitudes, inaccessibles au doute cartésien et à la recherche de la vérité. Et face à leurs contradicteurs, ils cherchaient un réconfort au sein de leur groupe.
     ...Si les bobards et les « fake news » n’ont jamais à notre connaissance cassé une réputation, c’est parce qu’ils ne reposent au mieux que sur des suppositions vraisemblables et ne contiennent aucun élément avéré. Ils ne convainquent que les convaincus et suscitent chez les autres des haussements d’épaules.  Il en va autrement des lettres anonymes d’antan ou des demi-vérités qui circulent aujourd’hui dans la presse et sur internet. Leur violence vient de la part de vérité qui rend leur contenu plausible. Elles peuvent en conséquence causer des torts irréparables aux personnes visées, comme on le voit dans le film Le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot (1943).  Les demi-vérités ou demi-calomnies diffusées dans la bonne presse ont, bien avant l’ère internet, brisé des réputations et des vies. Comme les lettres anonymes, elles ont une issue fatale parce qu’elles contiennent une part de vérité qui leur apporte de la vraisemblance.     C’est le cas du « prêt gratuit » accordé par l’homme d’affaires Roger-Patrice Pelat en 1986 au ministre Pierre Bérégovoy pour l’achat d’un appartement. Révélé par Le Canard Enchaîné le 1er février 1993, ce prêt existait bien et laissait planer un doute sur la probité du Premier ministre de François Mitterrand alors qu’une enquête approfondie aurait montré l’absence d’intention délictueuse.    Patriote et républicain, qui plus est déprimé par l’échec de son camp aux législatives, Pierre Bérégovoy ne supporta pas que son honneur soit mis en cause. Il se suicida le 1er mai 1993.    Comment ne pas faire le rapprochement avec une autre affaire, le suicide de Roger Salengro ? Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Léon Blum, il fut accusé d’avoir déserté vingt ans plus tôt, pendant la Grande Guerre. Il est vrai qu’il avait été capturé par l’ennemi mais c’était en tentant de récupérer le corps de l’un de ses compagnons d’armes, avec l’accord de son chef…    Plus loin dans le temps, songeons à la reine Marie-Antoinette, dont les maladresses firent le miel de ses ennemis. Elle avait renoncé, par souci d’économie, à une somptueuse rivière de diamants. Mais les bijoutiers vendirent ensuite ce collier à un soupirant de la reine sans que celle-ci le sût. Le scandale retomba sur elle et ternit à jamais sa réputation.   L’affaire du collier lui coûta beaucoup plus que l’accusation d’inceste proférée lors de son procès. Par son outrance, cette accusation sans fondement lui valut au contraire l’indulgence du public… pas assez cependant pour obtenir son acquittement.  ....Plus que des rumeurs et des bobards sans conséquence, plus que des demi-vérités qui peuvent tuer, l’Histoire nous invite à nous méfier des mensonges d'État. Dans leur version la plus anodine, ils relèvent de la propagande avec l’inconvénient qu’ils entament la crédibilité des autorités. Ainsi en a-t-il été du « nuage de Tchernobyl ». Le 26 avril 1986, l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl a entraîné des mesures urgentes de prévention partout en Europe. Partout… sauf en France.   Le président Mitterrand et son Premier ministre Jacques Chirac ne tenant pas à affoler la population ni se mettre à dos le lobby nucléaire, il s’en est suivi une politique de désinformation qui relève du mensonge d’État...    ...L'Histoire et l'actualité montrent que la liberté d'expression et la vérité sont davantage menacés par les dirigeants de certains États, fussent-ils démocratiques, que par les bobards qui circulent sur internet et ailleurs.    Quel crédit accorder à la Maison Blanche quand, tant de fois, les présidents américains ont été pris en flagrant délit de mensonge sur des questions stratégiques ? En matière de commerce et de finance (négociations sur le CETA par exemple), quelle confiance accorder à l'Union européenne, adepte de l'omerta et des manœuvres de couloir ?...    Ces mensonges d'État et ces silences contribuent aux rumeurs de complots et nourrissent les « fake news ». L'antidote pourrait se trouver dans une absolue liberté d'expression (hormis la diffamation et l'insulte).    Si les médias se montrent ouverts au débat et à la critique, s'ils acceptent d'aborder les sujets qui fâchent, s'ils se gardent de diaboliser les opposants à la ligne officielle, on peut légitimement penser qu'il n'y aura plus d'espace pour les « fake news ». Mais nous en sommes encore loin. Un exemple parmi d'autres, qui nous a particulièrement frappé : Le Monde du 20 mars 2017 a pu consacrer un dossier très étoffé à l'antisémitisme dans la France d'aujourd'hui sans écrire une seule fois les mots islamiste, islamisme, islam, musulman etc. Troublant déni de réalité....____________

samedi 26 octobre 2019

Au nom de la langue

Défense et illustration...
                                 ...D'une langue mise à mal
                                            Ce n'est rien de le dire...
  Sans vouloir dramatiser à outrance, sans passer pour un taliban de la langue, qui évolue sans cesse, il faut bien constater que le niveau de langue s'érode,  que l'expression devient de plus en plus approximative, que la grammaire n'est plus intériorisée (ce qui n'est pas sans conséquences au niveau logique), que le vocabulaire s'appauvrit et que la colonisation  par le globish est de plus en plus rapide. C'est plus qu'un emprunt occasionnel, c'est devenu une marotte ridicule. Même mon coiffeur s'y met.
    C'est l'effet de multiples causes, culturelles et économiques bien sûr, mais renforcé par l' abandon progressif d'un enseignement digne de ce nom, où le ludique a souvent supplanté les bases linguistiques fondamentales  et la nécessaire rigueur. Une langue mérite d'être travaillée, au-delà de son aspect utilitaire. Les vrais amoureux de la langue se font rares.
    Si encore il ne s'agissait que de l'orthographe,... C'est l'expression de la pensée qui est malmenée. On peut le voir jusque dans nous universités et nos écoles d'ingénieurs, où la pensée souvent pâtit d'un manque de rigueur. Par ex, la confusion entre le futur et le conditionnel n'est pas anodine. C'est par la langue que l'on pense.
    La pauvreté du langage constitue un enfermement, souvent peu ressenti comme tel.
    Malgré les déclarations d'intention et les réformes qui ne changent rien (combien d'heures de français reste-t-il aujourd'hui dans nos collèges?), y a -t-il encore place pour un sursaut?
    Celui qui maîtrise (mieux) sa langue peut maîtriser tout le reste.
        Si déjà les préconisations de la loi Toubon étaient respectées....
_____
                  Manifeste méritant d'être diffusé:
« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci, Cahiers de prison.
« Il ne restait de ce pays que son langage. Un beau langage qui servait à tout. Vous savez, comme on a chez soi une chose précieuse qui est là depuis si longtemps qu’on en use à n’importe quoi, à empêcher la fenêtre de se fermer, et le petit la prend comme une règle pour dessiner, et c’est un presse-papier si commode ! Qui donc se souciait que ce fût un pays, ce pays, et il est indiscutable que c’est un grand progrès que de perdre ce sens de la jalousie, cette haine du voisin, cet orgueil de son toit, un grand progrès sur les ténèbres, un grand progrès sur le néant ». Louis Aragon, poète et résistant.
Accompagnant la casse néolibérale et euro-atlantique du cadre national, des services publics et des conquis sociaux, une politique destructive de substitution systématique du « globish » à la langue française (pourtant « langue de la République » au titre de la Constitution…) affecte tous les aspects de la vie sociale en France. Entre mille exemples : Carrefour-Market lance une campagne intitulée Act for food ! ; Renault, Airbus et PSA basculent toute leur documentation technique à l’anglais ; des centaines de grandes entreprises, voire de « startup », obligent illégalement leurs salariés francophones à ne plus travailler qu’en anglais, pendant que la Poste lance « Ma French Bank », que la SNCF en voie de privatisation promeut ses Ouigo (lire we go), qu’EDF invite ses « clients » à « pulser », et que, plus grave encore, la contre-réforme Blanquer du lycée s’ajoute à la loi Fioraso et aux pratiques délétères de la direction de la Recherche pour faire de l’anglais, de la maternelle au Supérieur en passant par le CNRS, non pas une langue enseignée en France, mais une langue d’enseignement concurrençant et évinçant systématiquement le français (et se substituant de fait de toute autre langue étrangère !).
Il est clair qu’à terme, si ces pratiques continuent de se généraliser en France et en Europe (au détriment de l’allemand, de l’espagnol, de l’italien, du portugais, du russe, de l’arabe, du turc, du chinois, etc.), il n’y aura bientôt plus qu’une langue de prestige, celle de l’Oncle Sam et de Wall Street, ce qui portera un coup gravissime à la diversité culturelle qui fut toujours un aliment vital des échanges et de la culture. Le mauvais exemple est donné par Macron, qui ne perd jamais une occasion de jargonner en Globish devant les grands patrons et de promouvoir l’anglais comme langue internationale unique, non seulement à l’étranger mais en France même… Même si les intéressés n’en ont pour la plupart pas conscience parce qu’elle suit la mode, par mimétisme ou par « modernisme branché », cette invasion de la langue française par des mots ou des expressions d’origine anglosaxonne a contaminé jusqu’aux milieux populaires, voire militants : le tract n’est-il pas trop souvent devenu un flyer ? Il y a peu, des chercheurs en lutte défilaient derrière une banderole portant l’inscription Academic Pride…
Il faut dénoncer ces pratiques faussement anodines car elles sont le symptôme de l’allégeance sournoise à l’impérialisme occidental qui génère guerres et inégalités entre les hommes et entre les peuples. Du reste, des phénomènes identiques d’acculturation au détriment des langues nationales se déroulent en Europe orientale ou en Afrique, partout où l’impérialisme occidental est prégnant, économiquement et politiquement. Et nous sommes solidaires de tous ceux qui, en Roumanie, au Sénégal, etc. luttent pour la défense de leur langue et de leur culturel.
En France, derrière cette manœuvre antipopulaire de grande envergure et totalement soustraite au débat démocratique, on trouve le MEDEF : son ex-président, le baron Sellières, clamait ainsi en 2004 que l’anglais doit désormais « devenir la langue (sous-entendu : unique) de l’entreprise et des affaires » ; pratiquant de fait une « préférence nationale » inavouée, le CAC-40 n’embauche déjà plus guère que des « English Mother Tongue » (anglais langue maternelle) comme cadres supérieurs, pendant que l’OTAN a fait de l’anglais, y compris en France, la langue de travail unique des armées.
Quant à l’UE, elle ne craint pas, en plein Brexit et alors que l’anglais n’est plus la « langue officielle déposée » d’aucun Etat-membre, de promouvoir l’idée qu’il faut faire de l’anglais la langue officielle unique des institutions bruxelloises au détriment des autres langues nationales d’Europe. L’enjeu de cette politique de casse et de classe est énorme : il s’agit de renforcer le « marché unique » cher aux monopoles, de préparer la future « Union transatlantique » sous la houlette de Washington et de faciliter la mise en place des traités néolibéraux transcontinentaux (du type CETA, UE/Mercosur ou TAFTA).
En instituant la langue unique, les maîtres du grand capital rêvent de mettre en place un hypermarché continental et mondial de la force de travail qui, tout en humiliant les peuples non anglophones, en affaiblissant décisivement les nations existantes, en dévaluant les travailleurs actuels et futurs qui ne maîtriseraient « que » leur langue nationale (ou une langue étrangère autre que l’anglais), accentuerait brutalement la concurrence acharnée et le moins-disant social et salarial entre les prolétaires d’aujourd’hui et de demain : énormes avantages pour le grand patronat sur tous les terrains, social, politique, culturel…
(Il s'agit de) ...combattre vigoureusement la POLITIQUE DU TOUT-anglais : c’est-à-dire la politique oligarchique et antidémocratique tentant à imposer une langue unique continentale, voire mondiale.
Nous appelons donc à : · exiger des autorités, du patronat, des services publics et des collectivités publiques le respect et le renforcement de la législation visant à protéger le français ; · promouvoir un véritable apprentissage des langues étrangères dans leur pluralité dans le cadre de l’Education nationale (avec des maîtres qualifiés), y compris des principales langues de l’immigration de travail (ainsi que des langues régionales là où une demande significative existe) ; · ; non dans un esprit de « purisme » ou de fermeture aux autres cultures, mais pour favoriser un dialogue et une coopération égalitaires entre toutes les nations, toutes les langues et toutes les cultures nationales d’Europe et du monde. c’est-à-dire l’anglo-américain managérial…

jeudi 5 septembre 2019

Beaucoup de bruit pour (presque) rien.

La chèvre et le chou
                     Ce fut une belle réunion, avec moultes caméras, et tout et tout...On n'a pas lésiné sur les moyens.
             Mais on aurait pu attendre du nouveau: des débats de fond sur les problèmes mondiaux de l'heure, des engagements sur les questions essentielles planétaires. Mais on attendra.
   
    Que nenni! A part quelques paroles...paroles♪♫... quelques embrassades obligées, on n'a pas vu à Biarritz l'ombre d'une petite révolution, quelques modestes inflexions de la pensée politique sur les questions majeures de l'heure.
   Juste un petit coup de théâtre, dont on se demande ce qu'il en restera dans quelques semaines et ça ne mange pas de pain.     Trump a joué au gentil camarade. Pour la forme. Mais la guerre économique contre l'Iran continuera.
       Tout ça pour ça?
     Parenthèse enchantée d'un côté, parlotes sans lendemain près de la machine à café de l'autre...on aurait pu éviter tant de dépenses.
  Bref, la grande kermesse, comme tous les ans, malgré quelques éclats de Jupiter, selon son habitude.
   Vous me direz, mieux vaut se parler que de se faire la guerre. Mais nous sommes en pleine guerre économique, lourde de conflits potentiels.qui ne pourra que s'accentuer, au vu des tendances actuelles.
  En cette période de récession, de crise monétaire, le vif du sujet a été évité.

  Bref, les G7 se succèdent et se ressemblent, à quelques détails près.
      Il est temps de passer à de nouvelles formes de concertation, de changer ce rituel immuable
Le Fashon Act, limité, se concrétisera t-il?
           __  Comme le remarque Romain Godin
                                           "  ....Pourquoi avoir paralysé la côte basque en plein mois d’août ? Pourquoi avoir dépensé 36,4 millions d’euros quand nos hôpitaux réclament quelques millions d’euros de plus pour améliorer l’accueil des patients ? Pourquoi avoir mobilisé 13 000 membres des forces de l’ordre ? Une chose est certaine : pas pour un sommet capable de régler les grands problèmes économiques de l’époque. Le G7 de Biarritz sera même le premier à reconnaître son impuissance puisque, cette fois, aucun communiqué commun ne sera publié à son issue.
     C’est sans doute une économie salutaire dont l’honnêteté de la démarche doit être portée au crédit d’Emmanuel Macron. Depuis une dizaine d’années, les communiqués du G7 se contentaient d’enfiler les perles habituelles de la communication officielle. Le G7 est pour la liberté du commerce, l’égalité hommes-femmes, l’environnement et la paix dans le monde. Il est contre la guerre, les inégalités et les épidémies. La belle affaire. On peut, au reste, se convaincre de son inefficacité par un fait simple : les sites dédiés aux sommets du G7 par les gouvernements organisateurs n’existent plus et, preuve de leur vacuité, on cherchera en vain les communiqués des réunions passées. N’engageant à rien, ils se sont naturellement évaporés. 
     Mais l’honnêteté de la démarche d’Emmanuel Macron ne doit cependant pas être surestimée. Car l’absence de communiqué est surtout le fruit d’une tension extrême au sein du G7 qui paralyse même l’accord sur les grands thèmes que l’on vient de décrire. L’arrivée d’une forme d’extrême droite au pouvoir aux États-Unis avec Donald Trump, et désormais au Royaume-Uni avec Boris Johnson, rend la rédaction d’une déclaration finale quasiment impossible, comme l’avait montré le précédent G7 au Canada. Mais la logique aurait alors voulu que, si l’accord est impossible sur cette question purement formelle, il n’y eût simplement pas de G7. On se serait épargné une saison écourtée pour la côte basque et quelques dizaines de millions d’euros, sans que le monde ne cessât pour autant de tourner.
        Certes, on ne peut écarter un argument central : la division au sein du G7 rend le dialogue et les discussions toujours plus nécessaires. C’est précisément parce que l’on ne s’entend pas qu’il faudrait se parler. Peut-être, mais le dialogue doit-il prendre la forme de ces sommets ? Et surtout, est-il à la fois possible et utile ? Ne peut-on se parler autrement ? En réalité, les sommets du G7 étaient déjà de stériles festins de puissants lorsque Barack Obama était président des États-Unis et ils le sont encore davantage maintenant que Donald Trump refuse formellement toute forme de multilatéralisme. Mais qu’on ne s’y trompe pas : le clown Trump a bon dos. Ce rejet d’un accord commun au sein du groupe des Sept existe depuis plus longtemps. Les vraies décisions se jouent ailleurs, dans les discussions bilatérales ou dans les grands « camps » qui se dessinent dans le monde actuel : Union européenne, « nouvelle route de la soie » chinoise, restes de l’empire étasunien…
         En réalité, lorsque l’on observe les grands désordres du monde, on s’interroge sur la capacité du G7 de Biarritz non seulement de pouvoir dépasser les vœux pieux, mais simplement de pouvoir engager une discussion. Le Brexit ? Boris Johnson a montré qu’il était dans un dialogue de sourds avec Angela Merkel et Emmanuel Macron cette semaine. Qui peut croire que l’on avancera sur le sujet ce samedi parce que les trois dirigeants dîneront devant la plage de Biarritz avec quatre autres plus ou moins intéressés par le sujet ? Le ralentissement économique mondial ? Emmanuel Macron a promis de parler relance à Angela Merkel. Mais qui peut croire qu’il a besoin d’un G7 pour évoquer le sujet avec la chancelière allemande ? Au reste, cette dernière vient de fermer la porte à cette option. Le président français le sait parfaitement, ce qui confirme que tout cela n’est que mise en scène. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ? La Chine n’est pas dans le G7 et Donald Trump n’en fait qu’à sa tête, tandis que les autres membres du G7 ne cherchent qu’à profiter de la situation. Aucune position commune n’est possible dans le groupe. La discussion est impossible et inutile. La Chine a d’ailleurs annoncé ce vendredi 23 août, à la veille du G7, de nouvelles mesures douanières en réponse à celles des États-Unis pour 75 milliards de dollars. Une façon de bien insister sur le peu d’importance de cette réunion de Biarritz sur le sujet.
      L’environnement ? Emmanuel Macron a tweeté qu’il voulait évoquer la crise des incendies en Amazonie. Mais là encore, le Brésil n’est pas présent et il sera impossible de définir une position commune face à Brasilia, par exemple un embargo. Londres et Washington, mais aussi sans doute Berlin, ne souhaitent pas se fermer l’accès au marché brésilien pour laisser la place à d’autres, notamment à Pékin. D’ailleurs, Emmanuel Macron n’a jamais mentionné un tel embargo et s’est contenté d’évoquer un non français au traité commercial entre le Mercosur et l’UE (qui est du ressort du Conseil européen), ce qui ne concerne en rien le G7. On voit ici une fonction cachée et perverse de ce type de sommets : afficher un désaccord pour montrer qu’on ne peut rien faire.
     Certes, Justin Trudeau s’est empressé de retweeter le président français pour assurer qu’il ne « saurait mieux dire », mais en précisant que « beaucoup avait déjà été fait » lors du sommet de l’an passé au Canada. Étonnante remarque lorsqu’on sait les problèmes que pose le Ceta, l’accord commercial canado-européen, et alors même que les événements d’Amazonie prouvent de façon éclatante le contraire et que, précisément, le président étasunien avait refusé de prendre tout engagement sur le climat. Au reste, Justin Trudeau est fort affaibli avant les élections générales de l’automne, notamment en raison de l’émergence des Verts, et il faut surtout voir ici un message à usage interne, dans le cadre de la campagne canadienne… En attendant, une unité et une résolution du G7 sur le sujet sont proprement impossibles.
         .... la crise de 2008 a une longue traîne. Elle a désorganisé l’ordre néolibéral du monde qui, désormais, est en crise. Les G20 sont, dès lors, eux aussi rapidement devenus des coquilles vides pleines de belles intentions sans lendemain. Qui se souvient des conclusions de celui qui s’est tenu en juin au Japon, dont les signataires se sont contentés de réaffirmer leur attachement aux accords de Paris sur le climat ? Emmanuel Macron y avait reçu des assurances sur la forêt amazonienne de Jair Bolsonaro, assurances qu’il a dû reconnaître comme mensongères ce 23 août… Si le besoin d’une entente internationale n’a jamais été aussi évident, sa possibilité n’a jamais été aussi réduite. En réalité, le G20 comme le G7 ne sont plus que des fossiles d’un système en voie de décomposition où chacun tente désespérément de se tirer au mieux d’une situation qui échappe à tout le monde....
     Le G7 ne sert-il donc à rien ? Pas tout à fait. Il sert de vitrine. Dans un coin de la vitrine, il y a l’illusion de la coopération. On feint de discuter, de monter des commissions, de fixer des ambitions. Et puis, rien ne suit. Une des dernières décisions concrètes du G7 avait été en 2005 de promettre 25 milliards de dollars pour les pays les plus pauvres. Ce montant n’a jamais été versé et beaucoup d’États africains se sont alors vendus au plus offrant, autrement dit la Chine. Mais on n’en est même plus à ce niveau, il s’agit seulement de se mettre en scène en train de discuter pour prouver par l’image que l’on se parle, même et surtout si l’on ne se dit rien.
      Mais l’essentiel de la vitrine est constitué d’autre chose : de la communication des chefs d’État et de gouvernement présents. Rien n’est plus utile à cette communication que ce type de grandes rencontres entre « maîtres du monde ». L’hôte de la rencontre est alors particulièrement mis en valeur, incarnant une forme de « direction personnelle » de cet aréopage. C’était bien le sens du tweet « amazonien » d’Emmanuel Macron où il donnait « rendez-vous » aux « membres du G7 », comme s’il gérait cette urgence internationale. À cela s’ajoute évidemment la possibilité de mettre en avant un agenda de communication nationale. Là aussi, dans le cas du président français, c’est évident : il a décidé de placer au centre de ce sommet les questions des inégalités et de l’environnement. Piquant pour celui qui refuse de lancer, malgré les taux bas, un vaste plan d’investissement pour le climat et qui, donc, place la dette publique devant la dette écologique, mais aussi pour celui qui concentre son action fiscale sur les plus fortunés et sur la destruction de l’État social. Cela est cependant cohérent au regard de la narration lancée au printemps d’un pseudo « acte II » du quinquennat fait de social et d’écologie. Au reste, le choix de Biarritz, lieu de villégiature de jeunesse du président, montre assez le caractère purement personnel et vaniteux de ce sommet vide de sens. Et c’est donc bien dans cette raison d’image qu’il faut chercher la seule justification de ce G7 de Biarritz, des millions dépensés et de la côte basque bouclée. Une forme d’usine Potemkine d’un monde en lambeaux et d’un pouvoir aux abois."
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mercredi 7 août 2019

A propos de la "fin du monde"

 Thème qui revient en force
                                              Une fin inéluctable qu'on nous promet avec assurance ou conditionnellement pour un proche avenir...
    L'idée a ses gourous, ses grand prêtres, ses prophètes, annonçant pour demain une fin rapide de l'humanité.
   Un thème qui a son succès, qui plaît à certains se laissant presque séduire par une idée qui est aussi ancienne que les Incas ou que l'histoire de Noë, sauvé in extremis des eaux grâce à sa fameuse arche. Un thème qui hante les textes bibliques.
    Il est vrai que le retour périodique de ce thème est essentiellement d'essence religieuse.
Il est vrai qu'il y a lieu d'être préoccupé, et plus, au vu des décadences et des menaces économiques et surtout climatiques que nous entrevoyons ou qui commencent à se dérouler sous nos yeux.
  Mais, la tête dans le guidon, notre esprit d'analyse et surtout d'anticipation est singulièrement limitée, même au GIEC, et nous n'entrevoyons pas les capacités de résilience dont l'humanité peut être capable, les réversibilités naturelles et culturelles possibles, même si aujourd'hui certains périls paraissent plus systémiques.
  Mais est-ce préparer les jeunes esprits à affronter les défis qui viennent que de leur annoncer le pire pour demain?
 L'effondrement n'a qu'une valeur limitée et partielle dans les propos de certains scientifiques.
   Pour beaucoup, le catastrophisme n'est pas loin, avec sa cohorte de fantasmes.
 Une thème récurrent, ne manquant jamais d'arguments, créant fascination,  paralysie, voire sidération, exploitée par certaines sectes non désintéressées.
   L'investissement de plus en plus grand des hommes contre les tendances lourdes qui menacent leur avenir est la seule réponse aux dérives objectives et à l'épuisement des esprits, principal problème. That is the question.
              __On peut s'appuyer sur cette réflexion pour resituer la question
               __   On peut aussi se confronter à ce point de vue, forcément limité, pour aller plus loin et contextualisant et relativisant les choses:

                                     On en parle souvent sur ce blog, mais l’extrémisme écologiste a pris maintenant une ampleur invraisemblable . La venue de la pucelle du *svitjod mademoiselle Thunberg qui n'a aucune compétence particulière si ce n'est le fait d'être une fille de milieu aisé monté en épingle par une bulle médiatique très artificielle montre le niveau de bassesse auquel arrivent maintenant nos institutions. L'accélération du bruit médiatique autour du changement climatique anthropocentrique permettant toutes les politiques, justifiant tout et n'importe quoi. L'on voit déjà les idées les plus farfelues comme l'arrêt des centrales nucléaires en France alors qu'on n’a pas à l'heure actuelle d'alternative. La France finira par faire comme l'Allemagne à savoir construire quelques panneaux solaires et éoliennes aussi coûteuses qu’inefficaces puis elle importera et brûlera du charbon. L'histoire de l'arrivée de cette gamine au parlement français est tout de même extraordinairement démonstrative de l’irrationalité des acteurs en question puisqu'elle a coïncidé avec la signature de l'infâme traité du CETA qui condamne l’agriculture française à l'extinction. Il est tout de même rassurant de voir que bon nombre de Français semblent s'être posé la question de la cohérence entre l'objectif écologique affiché et les politiques qui nous mène en sens inverse.
     En effet qui peut croire qu'un traité de libre-échange consistant à maximiser les échanges et donc les transports soit favorable à la diminution de la consommation énergétique ? La globalisation maximise les gaspillages sous toutes les formes. Le libre-échange n'optimise que la valeur des marchandises et ignore parfaitement les contraintes écologiques , sociales et même macro-économiques. Encore une fois, l'idée que l'on puisse réguler l'économie et la société uniquement par le truchement de la loi de l'offre et de la demande est une absurdité. Il ne faut donc guère s'étonner si ce grand marché mondial conduit à la pollution maximale et à la destruction de la plupart des sociétés humaines. On a donc ici un cynisme apparent tout à fait spectaculaire avec d'un côté une communication faite de pleurs sur la fin du monde et la destruction de notre environnement. Et de l'autre côté, une marche inéluctable vers des politiques économiques qui détruisent ce même environnement tout en détruisant notre tissu économique. On ne saurait mieux mieux illustrer ici la fameuse phrase de Bossuet « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » . Mais ce serait croire un instant que nos politiques s'inquiètent vraiment pour la planète, il n'en est rien pour la plupart. C'est juste de la communication, du vent de propagande dont le seul objet est de camoufler de plus en plus mal les intérêts économiques et politiques qu'ils défendent.
        De fait comme on pouvait le présentir l'écologisme remplace petit à petit le discours libéral dans les justifications morales aux politiques économiques bourgeoises. Le coup de l'entrepreneur contraint par le méchant état et les impôts écrasant ça ne fait plus recette chez les jeunes donc on passe au discours sur l'entrepreneur écolo qui a besoin d'un coup de pousse pour sauver la planète. C'est plus cool et présentable. Mais à l'ère d'internet et de la communication ultrarapide cette nouvelle stratégie ne va-t-elle pas dissoudre le statut de l'écologie encore plus vite que ne l'a fait l'ancien discours libéral ? Parce que ce double discours consistant d'un côté à faire du bruit médiatique autour de l'écologie et des contraintes écologiques mis en parallèle avec des actions politiques contraires à l'écologie va nécessairement produire une désaffection à terme. Tout comme le discours européiste a fini par produire une désaffection vis-à-vis de l'Europe quand les gens ont compris que l'UE n'apporterait ni prospérité ni bonheur, mais que bien au contraire elle servait surtout de prétexte à des politiques de plus en plus libérales et à la justification de la destruction de notre État-providence.
    Mais ce catastrophisme communicationnel n'est pas le seul en cour dans notre beau pays de moins en moins rationnel. De l'autre côté de l'échiquier politique aussi l'on voit de nombreux prophètes de la fin du monde. J'en lisais un récemment dans un article du Figaro. L’historien David Engels qui a vu qu'il y avait un gros filon à exploiter et que peut-être le marché francophone n'était pas encore saturé entre Éric Zemmour et Michel Onfray. Là on nous promet la fin de la civilisation occidentale, rien de moins. Il faut frapper fort après le livre « Décadence » de Michel Onfray. Bon l'auteur n'est pas très clair sur ce qu'il appelle la civilisation occidentale, mais on est habitué à ça. L'occident c'est un concept creux, pour ma part il n'y a pas de civilisation européenne, mais des civilisations européennes. Que ces peuples partagent une religion, voire une couleur de peau, ne fait pas d'eux un ensemble unique à l'image de la civilisation chinoise. Les nombreuses guerres et les horribles conflits sont là pour en témoigner, il y a toujours eu plusieurs civilisations en occident et certaines ont pris l'ascendant sur d'autres à différents moments de l'histoire et pour de multiples raisons. Et c'est ce qui a fait la richesse de l'Europe justement cette juxtaposition sur un territoire si exigu entre des peuples aux mœurs et à l’anthropologie si disparate. De la même manière, l'on pourrait voir les USA comme une nouvelle civilisation n'ayant pas grand-chose de commun avec celles qui ont façonné le continent européen. Une civilisation étrangère qui a soumis justement l'Europe à ses vues à travers une colonisation culturelle et intellectuelle de 74 ans maintenant . De ça monsieur David Engels n'en parle pas puisque pour lui l'occident est un bloc monolithique.
     Je pourrais ici continuer la critique. La question démographique est traitée de façon ridicule de la même manière qu'un Zemour ou qu'un Onfray . L'important n'est pas la réalité, mais le récit et sa cohérence c'est exactement la même chose que pour nos amis écologistes extrémistes ou pour l'extrême gauche. La réalité et sa complexité n'ont pas d'importance. Ainsi l'on a encore cette idée que l'Europe serait presque la seule au monde à décliner démographiquement. L'islam est présenté comme un bloc homogène qui serait dynamique démographiquement contrairement à l'occident décadent. Sauf que la transition démographique touche aussi le monde musulman. Le pays musulman le plus peuplé du monde l’Indonésie a une natalité de 2 enfants par femme et elle décline vite alors que la très catholique Philippine voisine est encore à 3 enfants par femme. L'Iran fait moins d'enfants que la France et les dirigeants turcs s'inquiètent de la faible natalité des Turcs par rapport à celle des minorités kurdes notamment. Il est à parier d'ailleurs que l’agressivité de la Turquie vient de ses problèmes internes en plus de l'économie. À dire vrai à l'échelle mondiale, seule l'Afrique subsaharienne, qu'elle soit chrétienne, musulmane ou animiste, n'a pas fini la transition démographique. Ailleurs, tout le monde suit l'Europe. Alors si nous sommes décadents à cause de la démographie il faudrait élargir cette hypothèse à l'ensemble du monde.
   La vérité c'est que l'unique responsable de cette situation est la maîtrise parfaite de la natalité grâce à la pilule et aux multiples moyens contraceptifs modernes. Aucune civilisation avant la nôtre n'avait eu à se demander comment relancer la natalité . Les états n'avaient pas à se préoccuper de ça tant que la population pouvait manger, se vêtir, et qu'il n'y avait pas trop de problèmes d'intendance, elle se reproduisait convenablement . C'est vraiment un problème nouveau. Que serait donc devenue la civilisation européenne de l'époque de la guerre de Trente Ans s'il y avait eu la pilule d'après vous ? Elle aurait eu bien du mal à récupérer de l'énorme gaspillage en vie humaine . D'ailleurs, les pays de l'Est comme la Pologne ou la Hongrie ont des taux de natalité encore plus faibles que ceux de l'Europe de l'Ouest. Preuve que l'attachement à la tradition ou à la religion n'ont pas vraiment de rapport avec la question démographique. Comme l'avait très bien écrit Pierre Chaunu dans un de ses derniers livres « Essai de prospective démographique » l'humanité est confrontée à quelque chose de totalement nouveau. Il faut créer les conditions sociales et économiques pour que les gens n'aient pas peur de fonder une famille et d'avoir des enfants. Tout ceci n'a aucun rapport avec une décadence, ou à la multiplication des homosexuels, comme le sous-entendent certain de ces néoréactionnaires. Mais il est plus simple de dire qu'il y a décadence et que tout est lié. Et puis c'est peut-être le résultat d'un complot qui sait. Tant que ça fait du bruit médiatique et que ça permet de vendre des livres. Peu importe que cela pollue le débat public en faisant passer le public à côté des vrais problèmes et de leur réalité, le but n'est pas de toute façon de les résoudre.
     J'ai voulu rapprocher ici les discours de l’extrémisme écologiste et de celui d'une certaine droite décliniste pour montrer que nous avons affaire à un processus neutre sur le plan politique. Il est coutume aujourd'hui à droite, et chez les anti-systèmes, de voir la gauche, ou du moins une partie de la gauche, comme une machine à produire des discours irrationnels, faux et parfois même dangereux. Et c'est tout à fait vrai . Mais la gauche n'est pas la seule touchée. C'est le résultat d'un effondrement général de la qualité de la communication et du désordre produit par la rapidité de la communication qui fait fit de la retenue et de la prise de recul. C'est un phénomène ancien. L'on peut penser que si l'imprimerie permit à terme à la société de progresser, elle fut aussi responsable indirectement à court terme des guerres de religion et de bon nombre de malheurs. Il en va de même pour la télévision, internet et les médias rapides. Nous n'avons pas encore les mécanismes sociaux, les habitudes et l'organisation qui permettraient la prise de recul nécessaire à la recherche minimale de la vérité. S'en suit que toutes personnes ayant un peu de bagout, de culture et de sens de la communication, peut surfer sur l'information pour créer de toute pièce des problèmes qui n'existent pas. Ou pour en exagérer certains autres sans qu'à aucun moment un recul rationnel sur le problème en question ne puisse être pris.
      Et les hommes politiques suivent le mouvement, le manipulent parfois quand ils ne sont pas eux-mêmes pris dans la spirale de la communication. S'il y a bien un phénomène de déclin, c'est bien ce rapport au réel dû à la communication moderne qui en est la cause bien plus qu'autre chose. Il est bien dommage que sur ces questions la simple réponse donnée par les pouvoirs publics fût d'encadrer le mensonge c'est-à-dire de faire en sorte non que la vérité puisse être véritablement défendu, mais au contraire de faire en sorte que la « vérité » gouvernementale soit autorisée à exister. La chasse aux fameuses fake news ne fut que ça, une opération de blanchiment des mensonges officiels. On attend encore qu'une solution réelle aux problèmes de la communication moderne soit trouvée. En attendant, les marchands de malheur vont pouvoir continuer à prospérer. Qui sait, ils finiront bien par la provoquer la fin du monde avec toutes leurs idioties.
    *Ancien nom de la Suède à l'époque païenne. La glorification de gaïa de la part des écologistes ayant une proximité assez grande avec les anciens cultes animistes, je crois que la Suède devrait reprendre son ancien nom, car elle n'a plus grand-chose de chrétien avec ses multiples dérives sectaires.
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