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vendredi 6 octobre 2023

Autocensure à l'école

        Risques présents et à venir

                                La censure peut s'exercer dans bien des domaines et de bien des manières, dans le celui de l'expression des idées, individuelles ou collectives. On songe évidemment au silence imposé à toutes formes d'opposition, orale ou écrite, dans des régimes dictatoriaux ou dans ceux qui en sont proches. Dans ce cas, l'autocensure s'exerce au niveau de la diffusion des idées, chacun se résignant à ne s'en tenir qu'à ce qui est admis par un régime qui exerce le monopole du contrôle des esprits.          S'autocensurer, c'est contrôler, par discipline ou par peur, l'expression de ses propres idées alors qu'elles sont fondées et légitimes. L'autocensure qui commence à s'exercer dans le cadre de l'enseignement, dans certaines disciplines dites "sensibles" et signalée depuis un moment par un certains nombres d'acteurs du terrain, ne manque pas d'inquiéter. Surtout quand elle n'est pas condamnée vigoureusement par ceux qui sont en charge de l'enseignement.                        Certes, ce n'est pas comme dans des écoles de certains états américains où on est tenu, sous la pression de parents ou de l'institution, à ne pas faire mention de l'évolution dans le cadre des sciences naturelles, de renoncer par idéologie, à ne pas aborder certains points d'histoire du pays peu glorieux pour son image passée, ou d'éviter en philosophie d'aborder toute réflexion critique sur certains sujets comme ceux qui portent sur certains domaines sociaux ou politiques, jugés inappropriés pour la bien-pensance du moment. On ne ne parlera donc pas de Darwin ou de Freud, pas plus que l'on évoquera la notion de justice, dans le cadre d'une formation citoyenne.   


                                                                                                                                                         En France, aujourd'hui,  surtout après la tragique affaire Paty, des enseignants subissent, sans toujours le dire, des pressions, venues du milieu extérieur, d'ordre moral, religieux ou politique, qui compromettent ou réduisent leur liberté d'enseigner en toute autonomie.  "...  Pour Jean-Pierre Obin, à l’origine d’un rapport publié en 2004 sur "Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires", les atteintes à la laïcité ont bel et bien évolué depuis 20 ans. "Les incidents sont répartis sur l’ensemble du territoire national. Il y en a certes davantage dans les Zones d’Éducation Prioritaire mais aujourd’hui tout enseignant qui arrive dans l’Éducation nationale sait qu’il aura à affronter une telle situation un jour ou l’autre", révèle l’ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, avant de constater une deuxième évolution. "Le premier degré, qui n’apparaissait pas en 2004, est aujourd’hui concerné au même titre que le collège ou le lycée", raconte Jean-Pierre Obin. Si c’est moins les élèves qui portent atteinte au principe de laïcité à l’école élémentaire, ce sont bien les parents qui remettent en question certaines valeurs de la République. C’est d’ailleurs la troisième évolution constatée par Jean-Pierre Obin au micro de RCF. "En 2004, on ne parlait quasiment que des élèves. Aujourd’hui, parents ou personnels de l’Éducation nationale eux-mêmes peuvent contester telle ou telle règle ou être complaisant vis-à-vis d’élèves qui transgressent les règles de vie scolaire", détaille-t-il...."                                                                                                                         Les institutions, quand elles interviennent, pour rappeler le principe d'indépendance de la parole enseignante, sont à la traine. L'inquiétude monte. Pas de vague! tel semble être le mode le mot d'ordre...                                                                                               La pression, directe ou indirecte, des idées d'extrêmes droite se fait de plus en plus sentir dans certains milieux, par l'intermédiaire de parents dits "vigilants":  "..."Chaque semaine, partout en France, des enseignant·e·s sont ciblé ··s pour avoir simplement fait leur travail, peut-on lire dans leur appel consulté par francenfo. Ils et elles se retrouvent taxé·e·s de propagande, jeté·e·s à la vindicte des réseaux sociaux, menacé·e·s jusque dans leur vie personnelle et leur vie tout court. Enseigner la réalité des faits (...) devient une prise de risques, et l’enseignement, un métier dangereux."...                                                                                                                       Il est temps de prendre la mesure du problème et on attend toujours de l'institution scolaires une réaction d'ensemble à la hauteur d'un danger qui peut devenir croissant... 
       Ne pas céder!       ___________                                                                                                                  

mardi 8 février 2022

Enseignement: danger....

Il a raison...

             Le dogmatisme aveugle est d'un plus grand confort que la conquête difficile du savoir rationnel.  L'ouverture des esprits fait problème ici ou là dans le pays des Lumières où certains s'obstinent à éteindre des bougies. Enseigner les résultats de la science qui se fait ne va pas de soi. Darwin se retourne dans sa tombe. Dans certains établissements de la Bible Belt aux USA, c'est pareil depuis longtemps, mais dans les Yvelines on ne pensait pas avoir affaire à tant de résistances au savoir.       ___Non, l'évolution n'existe pas! C'est un mythe dont il faut se prémunir. Les préhistoriens dans leur unanimité et un grand nombre de biologistes on fait fausse route.  Les textes sacrés n'en parlent pas, donc...cqfd. Elémentaire, fondamental(iste) mon cher Watson! Donc les professeurs de sciences naturelles, comme on disait de mon temps, n'ont qu'à aller se rhabiller recycler. Il y a des imams qui en savent plus qu'eux, parce qu'inspirés, en liaison directe avec Allah!


               Cela devient compliqué d'enseigner dans certaines banlieues, pour un certain public. Le Coran pourrait suffire pour aller en classe...peut-être. Cela allégerait les cartables, c'est sûr! L'objectivité n'est plus toujours une valeur en proue, même en histoire.   Gaffe à vous quand vous parlez de Charles Martel, des Croisades, de la Guerre d'Algérie!. Les inquisiteurs veillent, la vérité leur appartient...                     ____Mais il faut être tolérant,  accommodant, comme ils disent même au Québec, ne "pas faire de vagues"...pour que l'institution survive tant bien que mal, sans trop toucher à la bonne conscience de ceux de la rue de Grenelle.      JP Obin n'a pas tord de remettre en question leur aveuglement passé et présent. Il est question de laïcité, de liberté, de capacités d'enseigner en ouvrant à la raison, aux facultés critiques des jeunes esprits de tous horizons, les citoyens de demain. Kant! Voltaire! Pasteur ...au secours! Ils sont devenus veules...La connaissance éclairée, la laïcité, voilà les amies du genre humain. 

               Pour rappel: nous sommes au 21°siècle....      _________________

mardi 9 mars 2021

Pataquès et amalgames

Le grand embrouillamini  (notes brèves)

                            Comment un esprit assez peu informé peut-il s'y retrouver dans les polémiques, parfois passionnelles, qui agitent certains esprits dans différents contextes, autant journalistiques qu'universitaires? Faute de problèmes bien posés, d'analyses bien conduites, à la lumière de connaissances historiques solides. Ainsi sur la question de l'islam (ou plutôt des pratiques de l'islam) et la question de la laïcité, sur laquelle on finit pas s'égarer trop souvent.               ___  Le débat engagé tous azimuts sur l'islamisme est mal envisagé la plupart du temps. Une notion qui déjà problème la plupart du temps, polysémique à souhait, équivoque et polémique souvent. De même que la la notion d'islamophobie, concept qu'il faudrait abandonner, source de joutes verbales inadéquates, surtout dans le contexte français, de par son passé colonial et des attentats dont elle est l'objet périodiquement... C'est la grande confusion, entretenue par la peur et l'agitation de groupuscules qui ont intérêt à égarer les esprits, à entretenir les haines.  Non l'islam, quoi qu'on en pense, comme  toute religion en général, ne se confond pas avec certains groupes qui se réclament de lui, visant l'hégémonie et confondant le constitution avec les principes supposés d'Allah. Contre d'autres groupes, en désaccord avec cette visée ou les soufistes plus ouverts.                                                                                      __  C'est comme une certaine conception polémique de la laïcité. Les mots ont un sens et peuvent être parfois trompeurs. On joue trop souvent sur le flou et les glissements de sens sont courants. Il n'y a pas de laïcité "ouverte" ou sectaire. Ramenée à son sens et à ses fondements, elle s'impose comme une nécessité sociale, imposée par l'exigence de la tolérance et la protection.  La laïcité, bien comprise, qui n'a rien d'offensif,mais peut être critique, n'est pas autre chose qu' une condition indispensable pour les libertés de conscience. Elle n'interdit rien en matière de croyance religieuse, elle en permet même l'exercice. A condition que l'ordre public ne soit pas menacé, que les croyances restent du domaine de la vie intérieure, de la sphère privée.   La religion ne doit pas empiéter l'ordre civil et politique.                                                      ___ La notion d'islamophobie est une notion chargée d'histoire et d'ambiguités, qu'on ne devrait pas employer. C'est certaines formes d'islam que l'on peut légitimement  redouter, dans leurs idées et leurs pratiques. Notamment, celles issues du wahabisme.

              ________Le terme d'islamo-gauchisme, revendiqué dans certaines polémiques, est on ne peut plus équivoque.  Même en plus haut lieu où l'on s'empètre.  Un concept flou.  Comme P. Blanchard le fait justement remarquer L'islam en lui même ne peut être l'objet de critique, même si les croyances de bases peuvent être légitimement et individuellement contestées, comme pour toute religion, mais certaines de ses formes intolérantes et agressives ne peuvent être admises, surtout quand elles veulent coloniser la vie civile, faire de l'entrisme, sans violence apparente, comme le montre JP Obin au niveau de l'EN, démasquant des minorités agissantes, comme celles tournant autour des Frères musulmans ou celles qui revendiquent un pouvoir religieux à la place d'un régime civil. Certaines tendances de gauche ne vont pas jusqu'à défendre ou justifier l'extrémisme, mais ne pas mettre tout le monde dans le même panier.     Mais plus globalement, l’idée d’un "islamo-fascisme", depuis le buschisme,  est critiquée par la plupart des spécialistes pour son ignorance des réalités du monde musulman comme de celles du fascisme.   "...On trouvera notamment une critique plus élaborée dans le Monde diplomatique sous la plume de Stefan Durand. Jean-Yves Camus nous dit ainsi qu’il s’agit d’un "concept [inopérant] pour essayistes, journalistes et paresseux de toutes sortes". Aucune définition du fascisme élaborée par des historiens et des politistes compétents ne recouperait, selon lui, celle de l’islamisme : "Il n'existe notamment aucune volonté, chez les islamistes, de créer un "homme nouveau". Bien au contraire, l'islamisme est une idéologie de l'invariance, de l'a-historicité, du retour à l'âge des origines de l'islam." Il rajoute : "Le problème majeur est que l'esprit occidental, et singulièrement européen, est obnubilé par le fascisme, d'ailleurs confondu avec le national-socialisme. Tout, à notre époque, est fascisme dès lors qu'il n'est pas libéral. C'est une erreur gigantesque car ce qui compte est de définir l'islamisme comme un totalitarisme."   ;...En définitive, force est de constater que ces trois termes déposent un voile opaque sur les enjeux réels auxquels sont désormais confrontés tant les laïques, les révolutionnaires, que les simples citoyens peu au fait de ces arguties intellectuello-militantes. Armes de destruction rhétorique massive, le peu de réflexions profondes qu’ils pourraient susciter se voit aussitôt noyées dans les interminables conflits identitaires dont ils révèlent la prégnance. Certes, il est intéressant de faire des analogies entre totalitarisme fasciste et totalitarisme islamiste, il est pertinent d’observer – et dénoncer le cas échéant – la tolérance d’une certaine gauche envers le cléricalisme islamique, et il est nécessaire de dénoncer le racisme anti-musulman là où il se trouve. Mais ces concepts le permettent-ils efficacement ? Nous sommes en droit d’en douter.  A contrario, ils permettent de réactiver ponctuellement l’opposition gauche-droite sur des bases sociétales, et de jouer l’inlassable lutte centriste contre "les extrêmes". Dans un contexte de déliquescence de l’espace public et de crispation identitaire, le débat politique se résume bien souvent à une confrontation entre "islamophobes" et "islamo-gauchistes", accusés de soutenir les "islamo-fascistes". De surcroît, ils obèrent la réalisation du fait que tout l’horizon politique traditionnel partage une responsabilité dans la légitimation de l’islam politique : le centre gauche, par exemple, n’a cessé, partout en Europe, de flatter le communautarisme et les identités religieuses afin de glaner les voix de populations précarisées, assignées à leur identité présupposée (La tentation obscurantiste, Caroline Fourest). La droite n’a pas été en reste non plus : sa recherche effrénée du profit l’a poussé à conclure de nombreux accords avec certaines théocraties comme l’Arabie Saoudite, laissant de riches pétro-monarques investir dans des pans entiers de la société française tout en soutenant des États ayant financé le terrorisme international. Rappelons aussi que, probablement par conservatisme et par électoralisme, Sarkozy, dès 2004, avait plaidé pour l’encadrement religieux dans les banlieues et les quartiers populaires au nom d’une conception "positive" de la laïcité, et c’est en tant que ministre de l’Intérieur qu’il introduisait les Frères musulmans au sein du CFCM, à travers la participation de l’UOIF..."   ___Le séparatisme, terme mal choisi, n' qu'un valeur polémique, dans le contexte préélectoral d'aujourd'hui.   _________________________