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lundi 8 juin 2026

Allemagne et Europe

  Nouvelle question allemande                                         Sortir du déni                                                                      La question du réarmement allemand, en cette période particulière d'incertitudes  de menaces venant de l'Est, paraît déjà comme une vieille histoire qui a plusieurs fois hanté l'Europe. Aujourd'hui, elle a changé de nature, dans un contexte géopolitique totalement différent. Faut-il s'en inquiéter ou y voir comme un chemin pour aider à constituer une Europe plus intégrée à l'abri d'un péril venu de l'Est, qu'il s'agit d'abord de dissuader.? Un tournant fait d'armement à grande vitesse, parfois contesté à l'intérieur du pays, plus facilement accepté par les syndicats, qui y voient surtout un moyen de dépasser la crise actuelle de la métallurgie. Une ambiguïté traverse cependant le pays.   
                                                        "...Inscrite dans le contexte de la guerre froide et portant sur une question intimement liée à l’identité de la construction politique allemande — faut-il, est-il possible d’historiciser la Shoah ? —, la Querelle des historiens semble pourtant d’une actualité troublantePlus de quatre-vingts ans après la chute du régime nazi, l’extrême droite est devenue la première force politique dans plusieurs Länder dans un mouvement concomitant à l’accélération réactionnaire de la Silicon Valley et aux ingérences de l’administration Trump. Les débats des années 1980 sur la mémoire, la responsabilité historique et la défense des fondements normatifs de la démocratie trouvent ainsi une résonance inattendue...."   

                                                                                                                        
Un 
"réarmement qui se fait souvent sous tension, au coeur d'une sorte de révolution copernicienne, entrainant des réticences internes et externes.                                                                                                                         "...
L’Europe est seule . Certes pas entièrement, ni de manière irrévocable, mais force est de constater qu’elle ne l’avait jamais vraiment été depuis 1945. Cette solitude aurait sans doute stupéfié les architectes de l’ordre mondial d’après-guerre, de Monnet, à Schuman, en passant par Adenauer, Bevin, Spinelli et Churchill, voire de Gaulle lui-même lorsqu’il était d’humeur frondeuse. Pour la première fois depuis trois générations, nous nous retrouvons contraints de réfléchir sérieusement à la défense de notre continent, à la sécurité de son voisinage et à la crédibilité de ses moyens de dissuasion, sans pouvoir compter sur l’hypothèse qu’une cavalerie alliée viendra toujours nous sauver depuis l’étranger. Alors comment s’en sortir ? Cette situation largement inédite exige la construction d’une réponse structurée.                                                              D’une certaine manière, nous avons déjà commencé à la mettre en pratique : en témoignent les sommes sans précédent mises sur la table, les nouvelles institutions, des prises de décision plus rapides, qui s’enchaînent à un rythme encore impensable en 2019. Mais les moyens financiers mobilisés et les acronymes ne sauraient constituer à eux seuls une stratégie. Autrement dit : nous avons un budget, mais pas encore de doctrine. C’est un problème. Par ailleurs, si la réponse proposée doit être une vraie réponse européenne, la question allemande doit occuper une place prépondérante. L’essor de l’Allemagne comme puissance militaire constitue l’une des évolutions les plus marquantes au sein de l’arsenal sécuritaire de l’Europe depuis la chute du Rideau de Fer. La question de savoir si cette transformation est une chance ou un problème pour le reste du continent dépendra de son ancrage en Europe. Dans cette perspective, Berlin a besoin d’une feuille de route renouvelée pour entrer dans cette nouvelle ère......                                                                                                 La guerre d’Ukraine a surtout permis de prendre acte que, même si les États-Unis de Biden restaient — à l’époque — disposés à jouer un rôle de premier plan, la sécurité européenne ne pouvait plus être un bien militaire produit aux États-Unis et passivement consommé par les Européens. La deuxième administration Trump a explicité ce constat : de même que le pivot vers l’Asie est bien réel, le désengagement de l’Europe est concret. Les conditions liées à l’article 5, autrefois murmurées, sont désormais énoncées haut et fort. Le retrait récemment annoncé de cinq mille soldats américains d’Allemagne — motivé, nous dit-on, moins par un calcul stratégique que par le mécontentement du président face aux critiques du chancelier Merz à l’égard de la guerre contre l’Iran — est un détail mineur — les États-Unis ayant annoncé qu’ils allaient envoyer le même nombre de troupes en Pologne, pays dont le président est un allié politique de Donald Trump — mais révélateur. La défense de l’Europe dépend désormais en partie des sautes d’humeur d’un homme à Washington...."     ___________________

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