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mardi 20 août 2024

La chute?

       "Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel"  (proverbe chinois)

  Mais jusqu'où ira citizen Drahi, le boulimique..? Dans son irrésistible ascension médiatico-financière?

                 Tout  ne se passe comme prévu pour l'homme qui montait, qui montait...Avec l'assentiment des banques, qui commencent à douter. La faillite serait-elle en vue? Il est (très) riche, il est discret, il est cosmopolite, il aime les affaires, en France ou à l'étranger, il veut agrandir sans cesse ses acquisitions.

     "Parti de rien, ce self-made man  est un grand dégraisseur, ce qui fait plaisir aux banques, qui lui ouvre leurs coffres sans hésiter, même avec 50 milliards de dette.
   Il ne dédaigne pas les paradis fiscaux, habitant lui-même le paradis helvète. Pour des raisons qu'on devine.
   Il a appris les leçons de la crise financière: avec un peu d'audace, les banques peuvent être tenues par les c... Quand on contracte un petit emprunt, la banque nous tient, mais s’il s’agit d’un gros emprunt, c’est nous qui tenons la banque, parce qu'elle ne peut pas risquer de perdre une somme importante. 
     Too big to fall, comme on dit à Wall Street..."

        A cheval sur l'écrit et le numérique, il rachète tout ce qu'il peut, même s'il ne connaît rien au métier de la presse, mais il peut ainsi imposer discrètement une censure efficace, surtout indirecte, en plaçant ses hommes, car il détient le nerf de la guerre, comme le rappelle le journaliste Laurent Mauduit, qui a officié à Libération et au Monde, faisant le bilan de la concentration rapide et inquiétante et de la dépendance galopante de la plupart des grands medias, devenus marchandises.
     Pas forcément toujours très rentables, mais constituant un bon retour sur investissement, ne serait-ce qu'en terme d'image et d'influences...comme son partenaire V. Bolloré...et les autres. Une poignée de magnats se disputent la presse, sur les ruines de l'empire Hersant. (*)
      Il bénéficie des aides de l'Etat et l'indépendance de la presse  semble  assez secondaire à notre docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem, mais businessman d'abord.
      Des méchants le considèrent comme une poulpe médiatique à l'appétit sans limite.
Sa gourmandise semble ne pas avoir de limites, un peu comme JM Messier à une époque. Mais l'opacité est sa passion.
    Il a une vision très particulière de la gestion des ressources humaines, du rapport au pouvoir politique ..; et des lois de la gravitation: 
        Auditionné en  en tant que président-directeur général du groupe Altice par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale, il défend implicitement pour la France une réduction du nombre de semaines de congés payés et une augmentation du temps de travail au nom de la compétitivité. « Les Chinois travaillent 24 heures sur 24 et les Américains ne prennent que deux semaines de vacances… »« C'est là, le problème pour nous… », affirme-t-il avant d'ajouter « Mon modèle, ce n’est pas les deux semaines de congés payés, mais par rapport à ceux qui travaillent plus, on avance moins vite : ce sont les lois de la gravitation, si vous le permettez… »
    On l'a décrit comme un magnat compulsif, qui semble faire du montage à la Ponzi.
      Tant que les banques font confiance!...Plus il emprunte, plus on lui prète..On ne prête qu'aux riches.
     Mais jusqu'où ira-t-il, notre financier aux montages financiers risqués?
           Les arbres, même géants, ne montent pas jusqu'au ciel.
                   Tout empire est mortel, surtout s'il est bâti sur du sable.
                        La voracité de l'appétit, la fuite en avant de Mister Drahi en inquiètent plus d'un, abstraction faite des blitzkriegs mortels sur les organes d'information.
_____
(*) __ "...Ils se disputent les principaux journaux, télévisions et radios du pays comme dans une gigantesque partie de Monopoly. « La presse se concentre comme tous les marchés matures, et cela entraîne une recomposition du paysage médiatique », décrit au journal Le Monde l’historien des médias Patrick Eveno, notant l’irruption de nouveaux acteurs, notamment d’industriels des télécoms, qui« ont de gros moyens financiers ». Tour d’horizon de ces magnats des médias.
 - Patrick Drahi, 52 ans, est l’investisseur tous azimuts du moment. L’homme d’affaires franco-israélien, qui a lancé en 2013 la chaîne d’information internationale i24News en Israël, a depuis racheté Libération mais aussi le groupe L’Express et BFM TV. À la tête du groupe de télécommunications Altice et de Numéricable-SFR, sa fortune est estimée à 18,6 milliards de dollars.  -Vincent Bolloré, 63 ans, industriel français PDG du groupe éponyme, défraye la chronique depuis la rentrée 2015. Président du conseil de surveillance depuis 2014 de Vivendi, propriétaire de Canal +, le Breton a profondément remanié la grille et l’état d’esprit de la chaîne cryptée. Le milliardaire a notamment placé ses proches aux postes à responsabilité et empêché la diffusion d’un documentaire sur le Crédit Mutuel et la fraude fiscale.
  Xavier Niel, 48 ans, est le fondateur d’Illiad, groupe de télécommunications français, maison mère du fournisseur d’accès à Internet Free. En juin 2010, il s’est associé à Pierre Bergé et Matthieu Pigasse pour prendre le contrôle du quotidien Le Monde. C’est la 9ème fortune de France avec un patrimoine de 10,3 milliards de dollars
.- Bernard Arnault, 66 ans, est le propriétaire et PDG du groupe de luxe LVMH. Deuxième Français le plus riche du monde (29 milliards de dollars) derrière sa compatriote Liliane Bettencourt, l’homme d’affaires possède également le groupe Les Echos. En mai 2015, il a fait part de sa volonté de racheter le quotidien Le Parisien au groupe Amaury pour 50 millions d’euros
.- Arnaud Lagardère, 54 ans, héritier du groupe Lagardère, dit vouloir se concentrer désormais surses titres les plus influents, dont le Journal du dimanche, Paris Match ou encore Elle. Ainsi qu’Europe 1 en matière d’audiovisuel. Arnaud Lagardère possède également RFM, Virgin Radio,Public ou encore Télé 7 Jours
 - Serge Dassault, 90 ans, PDG du groupe industriel Marcel Dassault et sénateur Les Républicains (LR) de l’Essonne possède le Groupe Figaro, comprenant les magazines Le Figaro Magazine ouMadame Figaro. Rentable ces dernières années, le groupe estimait avoir la taille critique nécessaire et se concentre désormais sur la numérisation. Il a toutefois cherché récemment à acquérir des titres spécialisés de L’Express-Roularta ou à obtenir une fréquence de télévision TNT 
en Ile-de-France. "(Arte)   _____________

mercredi 22 mars 2023

Faire crédit...

    Aux banques?...

               Le dernier épisode bancaire de nos voisins helvètes, comme celui concernant la Silicon Valley, vient nous rappeler qu'un système bancaire, même de fondation ancienne, n'est pas à l'abri de remous importants, d'une gestion défaillante, d'imprévisibilité manifeste, de pratiques douteuses. Un petit retour sur la période 2008, qui a vu des Etats voler au secours de grandes banques, nous le rappelle. C'était l'époque où on coula Lehman Brothers pour en sauver d'autres et où l'internalisation du désastre se répandit partout, obligeant les Etats à pratiquer une cure d'austérité qui s'étala sur des années, aux dépends des plus modestes.   


                                                                       Sans la confiance, la monnaie devient source de violence sociale, parfois de régressions immenses, comme aux USA dans années 30 et en Europe par la suite. Mais peut-on faire toujours confiance à une banque d'importance? La question se pose toujours, malgré les réformes entreprises, souvent plus esthétiques que fondamentales, souvent par nécessité (too big to fall) et les déclarations triomphales de Nicolas Sarkozy disant: la crise, c'est fini! De sérieux avertissements reviennent périodiquement, comme les "déboires" de la Deutsche Bank ou d'autres encore moins regardantes sur certaines pratiques peu orthodoxes. Et c'est reparti! avec des conséquences sans doute moins élevées! Le Fed veille (mal) au grain. Le risque de contagion est sans doute moins grand qu'à une certaine époque. Mais on découvre que le vénérable Crédit Suisse n'est pas tout à fait ce qu'il prétendait être. Il est comme un casino. Il a ses petits secrets. Des sommes folles engagées depuis des années dans des affaires douteuses et frauduleuses. Il paie le prix de ses scandales. Et ce n'est pas une exception, le pillage fiscal continue, si on va dans certains pays où l'on est encore moins regardant sur le recyclage de l'argent sale par exemple. La Suisse a une tradition de "neutralité", qui ne va pas sans nombre de compromissions.                                         Malgré certaines règles de régulation introduite ici ou là, les risque d'un nouveau krach n'est pas exclu. La confiance peut être vite érodée. Le précédent de la banque Law a laissé des traces. La contagion peut vite arriver, les réformes entamées ont été minuscules et il y a encore des trous dans la raquette...                                                                                             __      Si vous voyez un banquier se jeter par la fenêtre, sautez derrière lui : vous pouvez être sûr qu'il y a quelque profit à prendre." (Voltaire)                         __      Ludwig Von Mises : « Nul économiste ne sait ni le jour ni l’heure d’une crise économique et financière » _____________________

mardi 23 juin 2020

Too big to fall?

Hypothèses pour demain
                                    Trop énorme pour sombrer...
      ...Disait-on des très grosses banques pendant la crise de 2008.
         Les Etats ne pouvaient que les soutenir, car leur importance était telle dans l'économie que leur effondrement auraient entrainé celle de pans de production d'importance et de manière massive. Donc il fallait les sauver, quelles que fussent leurs erreurs et leurs fautes, dans une économie où la finance avait pris le premier plan.
    Toutes proportions gardées, on peut dire la même chose de la chute des économies actuelles, bien que les causes soient complètement différentes, sans oublier que beaucoup de banques ne sont pas si  solides que cela, à commencer pas la Deutsche Bank, et qu'il faudra peut-être dix ans pour se relver.

    Il faut sauver l'économie, c'est une évidence, ainsi que ses fondamentaux. C'est déjà en route, ça se discute encore au niveau d'une Europe qui semble sortit de sa torpeur et de ses égoïsmes. Mais pour combien de temps le mot d'ordre "quoi qu'il en coûte" pourra-t-il tenir?
   Sauver l'avenir ou le changer, en réorientant l'économie et en inventant de nouvelles productions porteuses d'avenir: un immense défi nous attend, mais personne n'est sûr qu'il soit réussi dans ses grandes lignes, tant sont grandes les forces qui tiennent au monde d'avant, tant l'Etat a perdu de pouvoir pour mettre le pays sur de nouveaux rails, même s'il se fait pour un temps stratège. Macron n'est pas Roosevelt.
  Nous sommes à un point de bascule où tout peut devenir possible et où il est difficile d'anticiper quoi que soit, même s'il n'est pas interdit d'espérer. Mais sans trop rêver. L'urgence crée la nécessité, mais elle peut être aussi pleine de risques...
  Comme dit un analyste, dans une approche très ambivalente:  
          ".... Pour que ce monde d’après advienne, il faudrait une modification substantielle des fondamentaux de notre mode de vie et de notre modèle de développement économique. Et, disons-le tout de go : ces dimensions ont peu de chance d’évoluer en profondeur.
Non seulement parce que nos sociétés ont une inclination naturelle à l’inertie, mais aussi parce que notre système économique mondialisé est en quelque sorte devenu… « too big to fail » (trop gros pour échouer).   Cette expression, employée à l’origine pour les banques, traduit l’idée que la chute d’une organisation aura de telles répercussions que les pouvoirs publics ne peuvent plus se permettre de la laisser disparaître, quelles que soient ses difficultés.    Osons une rapide analyse articulée autour des principales catégories d’agents et de quelques exemples emblématiques qui semblent indiquer que c’est désormais l’ensemble du système économique mondial, qui n’a jamais été aussi interdépendant, auquel on peut dorénavant accoler l’étiquette « too big to fail ».   Résultante logique de plusieurs décennies d’accélération sur le front de la mondialisation économique et de la libéralisation des échanges commerciaux et financiers, jamais dans l’histoire nos économies n’ont été aussi interconnectées. Les chaînes de valeur sont fragmentées à l’échelle de la planète, les dettes publiques et privées sont toujours plus largement détenues par des intérêts étrangers, le prix des matières premières se détermine sur des marchés financiers globalisés, et les grandes entreprises visent un marché d’emblée mondial, et ne réalisent plus qu’une faible part de leurs activités dans leurs pays d’origine.   Ce niveau d’intrication inédit a rendu les grandes économies mondiales plus interdépendantes que jamais. Ainsi, la crise sanitaire de la Covid-19 nous a privés de nombreux biens de consommation dont une part substantielle du processus de production se trouve délocalisée à l’autre bout de la planète.    Réjouissons-nous toutefois. C’est parce que nos économies sont interdépendantes et que la crise sanitaire n’a épargné aucune d’entre elles que nous ne devrions pas connaître, même au plus fort de la crise économique qui se profile, une récession aussi forte qu’elle n’aurait pu l’être.    En effet, l’ensemble des États et des banques centrales ont décidé, dans des temps record, des injections massives de liquidités pour soutenir l’économie, en s’affranchissant d’ailleurs de tous les dogmes de maîtrise des déficits publics qui ont guidé leurs politiques ces dernières années.    Certes, des asymétries existeront, et certains États étant plus durement touchés que d’autres manipuleront le levier budgétaire avec moins de parcimonie. Mais dans l’ensemble, à la sortie de la crise sanitaire, les grandes économies de ce monde se seront davantage endettées… auprès d’elles-mêmes, de leurs populations, et d’investisseurs étrangers. Et le bilan de la plupart des banques centrales sera hypertrophié....      Bien naturellement, cette analyse pourra être interprétée selon le prisme du réalisme par certains, de la dystopie pour d’autres. Comme toute vision prospective un rien provocatrice, elle n’a pour autre objectif que d’ouvrir le champ des possibles, de heurter nos imaginaires et d’inviter à l’introspection et la réflexivité.    Il n’y a pas de fatalité à ce que nos sociétés, que nous avons présentées comme profondément enclines à l’inertie, reproduisent à l’identique les schémas du passé.    Mais, c’est précisément parce que les forces de rappel sont multiples et puissantes, qu’aucun changement structurel majeur ne pourra advenir sans un élan volontariste partagé entre les sphères politique, entrepreneuriale, et citoyenne. Le « monde d’après » sera ce que nous déciderons d’en faire, collectivement. Pour le pire, mais peut-être bien, pour le meilleur....."
                                            __________________________________

jeudi 14 juin 2018

Pauvre Deutsche Bank!

     Pas le moral. Du souci pour Angela.
                                                   On nous avait vendu l'idée que les grandes groupes bancaires avaient retrouvé leur santé de naguère. Celle d'avant 20008, qui les avait poussé à l'extravagance, avec la bénédiction des dirigeants politiques, euphorisés par la nouvelle donne financière, qui donnèrent le feu vert à toutes les folies spéculatives,  à toutes les dérives, mettant fin à une sorte de mesure inaugurée par Roosevelt.

    La bride étant lâchée, les fraudes des banques, devenues plus que des banques, s'engouffrèrent dans les opérations des plus hauts risques, ruinant les Etats, donc les déposants et les contribuables, qui durent les renflouer, du moins celles qui furent déclarées too big to fall.
     On tenta de réglementer, de forcer à la reconstitution de fonds propres, mais les pratiques ne changèrent pas sur le fond et l'obscurité règne encore sur la gestion de nombreux mastodontes internationaux.
    Ne parlons pas de Goldman Sachs qui fait la loi à Wall Street et qui a pignon sur bureau ovale à Washinton et sur bien des pays,  ni même de HSBC, qui veut se faire plus grosse que le boeuf. On sait que nombre de banques italiennes, entre autres, sont dans un état de fragilité inquiétante. 
                   Mais que dire de la Deutsche Bank, dont la seule appellation inspirait confiance aux plus méfiants?
  Elle connaît depuis des années des crises successives, une gestion en berne et aujourd'hui des licenciements massifs.
     Elle tente de rassurer comme elle peut par gros vent et n'est pas loin de passer pour une bad bank, à cause de ses gestions à risques. Un casino mal en point, dont la chute pourrait faire beaucoup de dégâts à cause de son caractère systémique.
    A Berlin, la situation de la Deutsche Bank crée un vent de panique, mais en vain: 
     ...Angela Merkel a déjà annoncé qu’il était hors de question que l’État allemand vole au secours de la Deutsche Bank, une institution vieille de 146 ans, pilier de l’économie allemande. Ce qui a accru les tensions sur les marchés financiers. Le ministre allemand de l’Économie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, n’est pas tendre : « Je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer de voir une banque qui a fait de la spéculation son modèle de développement venir se poser maintenant en victime des spéculateursa-t-il déclaré le 2 octobre. Le scénario, c’est que des milliers de personnes vont perdre leur travail. Ils payent aujourd’hui le prix de la folie de dirigeants irresponsables ...
     Des dirigeant laissés à leur bon vouloir.
  Une "vénérable" institution jugée"fragile" et en "difficultés", même pour les autorités américaines.
      Les vrais risques sur les banques européennes sont en Allemagne dit Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank.
      Paradoxal en apparence.
       Mais les difficultés de la Deutsche Bank ne serait-il pas un signe que l'Allemagne est un colosse aux pieds d'argile?
   "Pour les Allemands, c’était effroyable. Le gouvernement a fait ce qu'il fallait : il a renfloué les banques allemandes en utilisant pleins de subterfuges. La Deutsche Bank, par exemple, a été rapprochée de la Postbank et de ses disponibilités gigantesques. La Deutsche Bank a donc survécu grâce au cash de la Postbank. Les autres banques ont reçu des aides venant d’un peu partout.
Cela dit aujourd'hui, la Deutsche Bank continue de faire trembler les marchés. Elle porte un risque systémique considérable.  Berlin va donc renflouer une fois de plus, mais ça va être compliqué. Les aides directes sont impossible : faire payer les créanciers et les déposants risquerait de faire désordre dans le climat politique actuel. A Francfort, on estime que le mieux serait que la BCE rachète des dettes bancaires. Le gouvernement allemand, qui s’y est toujours opposé par principe, serait alors obligé de l’accepter. Tant pis pour le respect du dogme.... la richesse allemande est directement liée à sa compétitivité. Les réformes Schröder mises en œuvre il y a plus de dix ans maintenant, et que tout le monde en Europe envie, ont boosté la compétitivité extérieure de l'Allemagne, en feintant en permanence la demande interne. Les Allemands se sont serrés la ceinture avec des salaires maîtrisés pour éliminer tout risque d’inflation (leur bête noire), et pousser leurs exportations dans un univers mondialisé et très concurrentiel. Les Allemands ont pu ainsi garder leurs industries et leurs emplois. La compétitivité coût et hors coût leur ont permis de fabriquer une des plus belles économies industrielles du monde...
                               Le feuilleton continue. Quelle en sera l'issue?
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lundi 2 janvier 2017

Le banquier et le "couillon"

David et Goliath ou Les bons et le "truand"...          [remake]
                                 Patatras!
                                        Dur, d'être trader
            Le film Margin Call (qu'il faut voir pour sa qualité) et son univers impitoyable en donne une petite idée...
        Monsieur K, l'homme qui volait 5 milliards, sort de la relégation.et ne serait plus que le "couillon de service", selon l'avocat des petits actionnaires.
                               Mais encore plus dur d'être une banque aux pratiques orthodoxes et strictement professionnelles! La SG, elle, s'est permise quelques fantaisies, protégée par son statut de maison vénérable et  too big to fall...Ce ne sont pas quelques  petites sanctions financières  qui vont modifier ses pratiques frauduleuses?
    Il était difficile d'imaginer qu'un simple trader, peut-être un peu mythomane, fasse autant de sorties de route, et de cette ampleur,  à l'insu de la direction ,et de ses plus hauts collaborateurs, dans les vastes transactions-casino, qui se faisaient pignon sur desk, même si les algorithmes sophistiqués dépassaient la compréhension d'une directeur lambda.
   La version officielle  s'effondre donc (*)
            Manipulé, il fut forcément. La loi du silence a prévalu.
    La Société Générale : une banque au-dessus de tout soupçon?.Il y avait déjà.'affaire euribor.et le reste.On savait encore peu de choses sur la Société Génarale, qui se posait en victime..

               Aujourd'hui on en sait plus sur les pratiques peu orthodoxes de cette maison.

L'affaire de Panama est encore toute fraîche.  On peut se forger un autre jugement sur ce qui restera l' affaire Kerviel
  La folie banquière s'est sans doute ralentie, mais ne s'est pas évanouie . Rien n'est réglé
____Affaire Kerviel: la version officielle s'effondre à l'audience (*)
                  En attendant, la  folie banquière, réparée par nos soins, s'est atténuée, mais rien n'est réglé.
                  La blague du contrôle bancaire continue? 
__On peut se forger un autre jugement sur  ce qui restera l' affaire Kerviel
_______________ 
(*)  ...Les juges de la cour d’appel de Versailles, qui conduisent le procès pour déterminer au civil les responsabilités entre Jérôme Kerviel et la Société générale, s’attendaient certainement à un procès compliqué, avec des coups d’éclat et le « cirque médiatique » si souvent dénoncé par les avocats de la Société générale. Mais ils n’avaient sans doute pas anticipé ce qui s’est passé à l’audience du 16 juin. Brusquement, le brouillard qui entoure ce dossier depuis plus de huit ans a commencé à se déchirer. Des témoins sont venus raconter à la barre des faits qui n’avaient jamais été entendus auparavant. Les juges eux-mêmes ont semblé mesurer une réalité qu’ils n’avaient jamais perçue dans les enquêtes judiciaires et les jugements d’appel.
      Ce changement fut perceptible dès le début d’audience. Le président de la cour d’appel, Patrick Wyon, avait pris en fin de séance, la veille, une décision inattendue : la cour allait écouter des extraits de l’enregistrement du vice-procureur de la République, Chantal de Leiris, révélé partiellement par Mediapart et 20 minutes en janvier, que la défense de Jérôme Kerviel avait déposé au dossier.
        Cet enregistrement d'une conversation entre Chantal de Leiris et Nathalie Le Roy, ancienne policière en charge de l'enquête, avait déjà causé beaucoup d’agitation dès l’ouverture du procès. Les avocats de la Société générale avaient tenté de s’opposer à sa prise en compte dans le dossier par tous les moyens. Était-on bien sûr qu’il s’agissait de Chantal de Leiris, avait questionné Jean Reinhart, avocat de la Société générale, mis en cause dans l’enregistrement pour essayer d’en différer l’écoute.
      Plusieurs contre-feux avaient été allumés auprès des journalistes afin d’en minimiser la portée : cette conversation n’était qu’amicale, la parquetière avait raconté à Nathalie Le Roy, qui aurait de « graves problèmes de santé et familiaux » (sic), ce qu’elle voulait entendre. Chantal de Leiris était une « vieille » parquetière, qui n’avait jamais vraiment traité l’affaire. D’ailleurs, que penser de ses propos, elle qui avait docilement requis pour amnistier Jacques Chirac dans le procès de la Mairie de Paris ? Bref, tout cela était « beaucoup de bruit pour rien ».
       Pourtant, quand la voix de Chantal de Leiris en conversation avec la commandante de police Nathalie Le Roy commença à être diffusée dans la salle, cela fit un certain effet, malgré la mauvaise qualité sonore. Toutes les questions posées de longue date sur le dossier Kerviel, sur la façon dont l’enquête avait été menée, sur l’indépendance de la justice face à la banque, trouvaient un certain écho.
« C’était surtout Maes [chef de la section financière de Paris à l’époque], sans arrêt il me disait : “Tu vas pas mettre en porte à faux, en défaut la Société générale”. » « J’ai trouvé que Van Ruymbeke [juge d’instruction chargé du dossier Kerviel en 2008], ça l’intéressait pas, je pense. C’est facile de dire “À toute vitesse, on avance, on boucle l’affaire”. Quand on voit que les scellés n’ont jamais été exploités. » « La Générale savait, savait, c’est évident, évident. Et alors, c’est vrai que sur le montant du préjudice, les 4 milliards et quelques, y a aucune expertise, y a rien », avait raconté la parquetière à la commandante de police.
                 Plus les extraits passaient, plus les avocats de la Société générale se tassaient sur leurs chaises, plus la cour était attentive, stupéfaite par ce qu’elle entendait. Une certaine vision de la justice s’émiettait. « Ils [le parquet de Paris] étaient complètement sous la coupe des avocats de la Générale. » « Ce que l’on dit, c’est que c’est pas Aldebert [procureur au parquet de Paris en 2008] qui a rédigé l’ordonnance de renvoi, c’est un des avocats qui lui a communiquée. » « Reinhart, du temps d’Aldebert et même encore Maes, il était tout le temps, tout le temps là. Il arrivait pour parler d’un autre dossier avec M. Aldebert, il se positionnait, il s’asseyait, “Ah mais, je serai peut-être bientôt l’avocat de telle société”. Ce que j’ai appris, c’est un type qui renseignait tous les grands cabinets parisiens des affaires nouvelles pour se partager le gâteau. » 
      La diffusion était à peine terminée que l’avocat de Chantal de Leiris, Olivier Baratelli, déboula dans la salle. Il annonçait que sa cliente allait déposer plainte, demandait le retrait de l’enregistrement, compte tenu de la manière illicite dont il avait été obtenu. « Sur le fond, précisait l’avocat, ma cliente ne regrette rien. C’est une conversation strictement privée. Mais cet enregistrement a été obtenu de manière illicite », a-t-il expliqué avant de demander son retrait du dossier.
     Après un long de débat de procédure, le président trancha : dans un tribunal pénal, la preuve est libre ; les faits reprochés s’étaient passés en dehors de la cour ; et de toute façon, la plainte n’avait pas encore été déposée, donc l’enregistrement restait au dossier. Sage prudence : en janvier, à la suite de nos révélations, Jean Veil, avocat de la Société générale, avait déjà annoncé que Chantal de Leiris allait déposer plainte. L’annonce est restée sans suite.
       Que dire après l’audition d’un tel témoignage qui décrit une justice manipulée, des petits arrangements entre parquet et avocats, au point qu’un procureur aurait pu accepter de se faire écrire une ordonnance de renvoi, les manœuvres en coulisses des grands cabinets pour se partager les dossiers ? Il n'y avait pas de mot. Le silence s'installa un moment. L’avocat de Jérôme Kerviel a toutefois annoncé qu’il allait déposer cette pièce comme nouvelle preuve auprès de la cour de révision.
               L’enregistrement n’allait être que la première surprise de la journée. Entendu comme témoin   de la défense, Jacques Werren, ancien directeur du marché à terme des instruments financiers (Matif), arriva très remonté à la barre. « Ce que j’entends, en résumé, c'est que la Société générale n’a pas vu les positions de Jérôme Kerviel. C’est un déni de bon sens, une insulte à la loi créée pour l’organisation de ces marchés à terme », attaqua-t-il d’emblée. Très remonté par ce qui lui semble être une grossière manipulation,  
   « Tous les jours, il y a un relevé des positions de chacun, des gains et des pertes. Tous les jours, les membres doivent régler en espèces leurs “déposits” [dépôts de garantie], leurs appels de marge. Il n’y a pas de dérogation à cette règle. Car c’est un mécanisme essentiel pour éviter le risque », expliqua-t-il. Avant d’insister : « Il n’y a pas de place pour la dissimulation dans ce système. » 
    Face aux juges qui semblaient découvrir certains détails, Jacques Werren entreprit de décrire ce fonctionnement : « Les traders n’ont pas accès au coffre-fort et heureusement », résuma-t-il. Le système informatique des traders par lequel ils passent leurs ordres est déconnecté des systèmes comptables. Avant de payer, tout est vérifié par les services des risques, des contrôles, pour s’assurer de la réalité des transactions, des contreparties. Bref, il y a des procédures, des vérifications, des contrôles des risques. Pouvait-on d'ailleurs imaginer qu'il puisse en aller autrement ?
      Dans ces conditions, les ordres fictifs réalisés par Jérôme Kerviel ne pouvaient avoir aucune incidence sur la comptabilité de la banque. Ils restaient en suspens, sans jamais être traités par les services comptables. D’ailleurs, précisa-t-il, « on nous parle d’un risque de 50 milliards d’euros pour Jérôme Kerviel. Mais le nominal ne correspond pas à l’exposition réelle. Les produits à terme ne se négocient pas comme cela, on évalue la volatilité, les risques de couverture. En gros, cela tourne autour de 5 % du montant nominal. L’exposition réelle de Jérôme Kerviel devait être de l’ordre de 2,5 milliards d’euros. La baudruche se dégonfle d'un coup. Cela ne représente pas un risque systémique. Pourquoi ce risque a-t-il été volontairement exagéré ? » s’interrogea-t-il.
       Mais comment expliquer alors que la Société générale ait fait autant de bruit autour de l’affaire Kerviel, en prenant le risque de se tirer une balle dans le pied, d’endommager sa réputation ? demanda en substance le président. « J’ai un scénario mais ce n’est qu’un scénario car je n’ai pas toutes les clés. Pour moi, il a pu y avoir un desk fantôme qui prenait des positions contraires à celles de Jérôme Kerviel. Tout était couvert », dit-il. « Mais si vous voulez vraiment savoir la vérité, ce qui s’est vraiment passé, combien la Société générale a perdu, faites faire une expertise, allez voir dans la comptabilité de la banque, allez voir à la chambre de compensation Eurex. Vous saurez alors la vérité », conseilla Jacques Werren.
Le desk fantôme évoqué par l’ancien directeur du Matif prit une soudaine consistance avec l’audition de Philippe Houbé. Ancien responsable du back office chez Fimat, le courtier de la Société générale par lequel Jérôme Kerviel passait tous ses ordres, il avait été entendu lors du procès en appel de l’ancien trader, en mai 2012. Les avocats de la Société générale et la présidente du tribunal, Mireille Filippini, avaient alors raillé « ce petit témoin du back office ». Philippe Houbé était ressorti en larmes du tribunal. Très peu de temps après ce témoignage, il a été licencié par la Société générale. Il n’a jamais retrouvé de travail depuis, figurant parmi la trop longue liste des « irradiés » de l’affaire Kerviel, punis pour avoir soutenu des propos contraires à la vérité officielle.
    Mais lors de cette audience, Philippe Houbé fut écouté, de plus en plus attentivement même, au fur et à mesure de sa déposition. Il commença par témoigner de son étonnement en entendant les responsables de la banque parler en nominal. « Les professionnels ne parlent jamais en nominal sur les produits à terme. Le risque n’a jamais été de 50 milliards d’euros », dit-il, confirmant les propos du témoin précédent. Selon lui, la perte pour la banque  non plus n’a jamais été de 6,3 milliards d’euros. « Si un compte a effectivement perdu cette somme, un autre a gagné entre la période du 18 et 25 janvier [dates de débouclage des positions prises par Jérôme Kerviel – ndlr] 1,8 milliard d’euros, et 2,2 milliards d’euros sur an », dit-il expliquant que, par sa position, il avait pu avoir accès à tous les comptes. La Société générale aurait donc menti ?
    Il poursuivit son récit. Il n’y avait pas que Jérôme Kerviel qui donnait énormément de travail au courtier Fimat, raconta-t-il. Deux autres comptes avaient aussi des volumes totalement délirants. L'un, semble-t-il, était celui de Maxime Kahn, le trader qui a débouclé les positions de Jérôme Kerviel et l'identité du détenteur de l'autre compte, SF 594, est inconnue. L’un de ces deux comptes était positionné exactement sur les mêmes produits de Jérôme Kerviel – des contrats Dax et Eurostoxx –, et pendant que Jérôme Kerviel se plaçait en position acheteuse, l’autre prenait exactement la position inverse. « Cela a continué pendant la période de débouclage. Il est resté vendeur jusqu’au bout », raconta-t-il devant des juges médusés. « Pour moi, la Société générale n’a rien perdu dans cette affaire, si on prend en compte le crédit d’impôt de 2,2 milliards d’euros », assura-t-il.
     L’embarras devenait palpable. Toute la procédure, tous les jugements ont été bâtis à partir des seules déclarations de la Société générale. Toutes les demandes d’expertise ont été refusées. Mais comment établir des dommages et intérêts, évaluer les responsabilités, alors que le doute s’est désormais insinué sur la réalité de la perte de 4,9 milliards d’euros affichée par la Société générale ? L’avocat de Jérôme Kerviel a annoncé qu’il allait présenter une nouvelle demande d’expertise, à la suite de ce témoignage.
    Mais les opérations fictives de Jérôme Kerviel ne faisaient-elles pas courir un risque ? hasarda le président. Philippe Houbé assura que non. Ces opérations mal renseignées, incomplètes, tombaient en anomalies mais n’étaient jamais prises en compte par le back office dans les résultats réels, les seuls qui importent, selon lui.
    Mais pourquoi Jérôme Kerviel faisait-il cela ? demanda le président. « Honnêtement, il était couillon », répondit du tac au tac Philippe Houbé. « Il pensait masquer ses positions, alors qu’au contraire il attirait l’attention sur lui. Les différents services se sont plaints à de nombreuses reprises de lui, parce qu’il les embêtait, parce que les écarts entre sa situation réelle et ses positions fictives leur donnaient un surcroît de travail. Il y a eu des réunions avec des responsables haut placés sur le sujet. Mais il n’y a eu aucune décision, aucune sanction, parce qu’ils savaient que ces opérations n’existaient pas. Ils ont laissé faire », constata-t-il. Avant de révéler qu’un rapport de la direction des risques de Fimat avait été réalisé en novembre 2007 sur l’activité délirante de Jérôme Kerviel et transmis à la banque, car la multitude de ces opérations saturait les serveurs du courtier !
Interrogé sur les dysfonctionnements de la banque, l’ancien responsable de Fimat commença à leur décrire longuement le fonctionnement quotidien. Entre 500 millions et 1,5 milliard d’euros étaient payés chaque jour par la trésorerie de la Société générale pour couvrir les appels de marge. Il fallait bien s’assurer de la conformité des opérations avant de payer de telles sommes.
     Chaque jour, toutes les opérations passées étaient donc vérifiées. Toutes les informations venaient de l’extérieur – chambre de compensation, contreparties. Des fichiers indiquant toutes les positions prises, les risques, les appels de marge, les gains et les pertes, compte par compte, étaient envoyés aux différents services de la comptabilité, de la trésorerie, du contrôle de gestion, de la gestion des risques et bien sûr aux responsables des différentes salles de marché. « Dire que la Société générale n’a rien vu, cela sous-entend que pendant un an, des équipes entières n’ont pas fait leur travail », asséna Philippe Houbé.
     Manifestement bousculé par ce qu’il entendait, un des assesseurs du président, chose rare, prit la parole pour demander s’il avait été interrogé lors de l’instruction judiciaire. « Non, jamais. Personne n’est jamais venu chez Fimat. Nous, on attendait le juge d’instruction. Il n’est jamais venu, on ne nous a jamais posé une seule question », répondit Philippe Houbé. Un gouffre semblait s’ouvrir sous les pieds des juges.
     La déposition de la commandante de police Nathalie Le Roy devant le juge d’instruction Le Loire revenait comme en écho. « J’ai eu le sentiment d’avoir été instrumentalisée par la Société générale », a-t-elle déclaré au juge. C’est la Société générale elle-même qui m’adresse les personnes qu’elle juge bon d’être entendues. Je n’ai jamais demandé : “Je souhaiterais entendre telle ou telle personne.” C’est la Société générale qui m’a dirigé tous les témoins », a-t-elle confié.
    Les avocats de la Société générale déclarèrent forfait : ils ne posèrent aucune question au témoin. Claire Dumas, la responsable de la Société générale qui conduit le dossier à la banque depuis le début de l’affaire Kerviel, se dévoua. Ses propos créèrent la dernière surprise, un aveu inattendu. Elle reconnut qu'il existait bien deux comptes chez Fimat, semblables à celui de Jérôme Kerviel, mais ceux-ci servaient à couvrir des portefeuilles actions par ailleurs et non à être en miroir avec les positions du trader, assura-t-elle. Avant de complèter : « Philippe Houbé a raison dans sa description des positions au quotidien. Tous les jours, il y a une réconciliation entre les données externes et les données internes sur les marchés des futures. Au niveau du back office, il n’y avait pas écart sur les positions de Jérôme Kerviel. »
En d’autres termes, les positions réelles prises sur le Dax et l'Eurostoxx par Jérôme Kerviel étaient relevées chaque jour. Elles étaient vérifiées par la banque. Elles correspondaient à ce que les contreparties extérieures déclaraient. « La Société générale savait, savait. C’est évident, évident. » (Merci à Mediapart)
                                                               - Manipulations certaines 
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vendredi 21 octobre 2016

Mais jusqu'où ira citizen Drahi..?

 ...Dans son irrésistible ascension médiatico-financière?
                                                                                          Il est (très) riche, il est discret, il est cosmopolite, il aime les affaires, en France ou à l'étranger, il veut agrandir sans cesse ses acquisitions
     Parti de rien, ce self-made man boulimique est un grand dégraisseur, ce qui fait plaisir aux banques, qui lui ouvre leurs coffres sans hésiter, même avec 50 milliards de dette.
   Il ne dédaigne pas les paradis fiscaux, habitant lui-même le paradis helvète. Pour des raisons qu'on devine.
   Il a appris les leçons de la crise financière: avec un peu d'audace, les banques peuvent être tenues par les c... Quand on contracte un petit emprunt, la banque nous tient, mais s’il s’agit d’un gros emprunt, c’est nous qui tenons la banque, parce qu'elle ne peut pas risquer de perdre une somme importante. 
     Too big to fall, comme on dit à Wall Street.

        A cheval sur l'écrit et le numérique, il rachète tout ce qu'il peut, même s'il ne connaît rien au métier de la presse, mais il peut ainsi imposer discrètement une censure efficace, surtout indirecte, en plaçant ses hommes, car il détient le nerf de la guerre, comme le rappelle le journaliste Laurent Mauduit, qui a officié à Libération et au Monde, faisant le bilan de la concentration rapide et inquiétante et de la dépendance galopante de la plupart des grands medias, devenus marchandises.
     Pas forcément toujours très rentables, mais constituant un bon retour sur investissement, ne serait-ce qu'en terme d'image et d'influences...comme son partenaire V. Bolloré...et les autres. Une poignée de magnats se disputent la presse, sur les ruines de l'empire Hersant. (*)
      Il bénéficie des aides de l'Etat et l'indépendance de la presse  semble  assez secondaire à notre docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem, mais businessman d'abord.
      Des méchants le considèrent comme une poulpe médiatique à l'appétit sans limite.
Sa gourmandise semble ne pas avoir de limites, un peut comme JM Messier à une époque. Mais l'opacité est sa passion.
    Il a une vision très particulière de la gestion des ressources humaines, du rapport au pouvoir politique ..; et des lois de la gravitation: 
        Auditionné en en tant que président-directeur général du groupe Altice par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale, il défend implicitement pour la France une réduction du nombre de semaines de congés payés et une augmentation du temps de travail au nom de la compétitivité. « Les Chinois travaillent 24 heures sur 24 et les Américains ne prennent que deux semaines de vacances… », « C'est là, le problème pour nous… », affirme-t-il avant d'ajouter « Mon modèle, ce n’est pas les deux semaines de congés payés, mais par rapport à ceux qui travaillent plus, on avance moins vite : ce sont les lois de la gravitation, si vous le permettez… »
    On l'a décrit comme un magnat compulsif, qui semble faire du montage à la Ponzi.
      Tant que les banques font confiance!...Plus il emprunte, plus on lui prète..On ne prête qu'aux riches.
     Mais jusqu'où ira-t-il, notre financier aux montages financiers risqués?
           Les arbres, même géants, ne montent pas jusqu'au ciel.
                   Tout empire est mortel, surtout s'il est bâti sur du sable.
                        La voracité de l'appétit, la fuite en avant de Mister Drahi en inquiètent plus d'un, abstraction faite des blitzkriegs mortels sur les organes d'information.
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(*) __ ...Ils se disputent les principaux journaux, télévisions et radios du pays comme dans une gigantesque partie de Monopoly. « La presse se concentre comme tous les marchés matures, et cela entraîne une recomposition du paysage médiatique », décrit au journal Le Monde l’historien des médias Patrick Eveno, notant l’irruption de nouveaux acteurs, notamment d’industriels des télécoms, qui« ont de gros moyens financiers ». Tour d’horizon de ces magnats des médias.
 - Patrick Drahi, 52 ans, est l’investisseur tous azimuts du moment. L’homme d’affaires franco-israélien, qui a lancé en 2013 la chaîne d’information internationale i24News en Israël, a depuis racheté Libération mais aussi le groupe L’Express et BFM TV. À la tête du groupe de télécommunications Altice et de Numéricable-SFR, sa fortune est estimée à 18,6 milliards de dollars.  -- Vincent Bolloré, 63 ans, industriel français PDG du groupe éponyme, défraye la chronique depuis la rentrée 2015. Président du conseil de surveillance depuis 2014 de Vivendi, propriétaire de Canal +, le Breton a profondément remanié la grille et l’état d’esprit de la chaîne cryptée. Le milliardaire a notamment placé ses proches aux postes à responsabilité et empêché la diffusion d’un documentaire sur le Crédit Mutuel et la fraude fiscale.
  - Xavier Niel, 48 ans, est le fondateur d’Illiad, groupe de télécommunications français, maison mère du fournisseur d’accès à Internet Free. En juin 2010, il s’est associé à Pierre Bergé et Matthieu Pigasse pour prendre le contrôle du quotidien Le Monde. C’est la 9ème fortune de France avec un patrimoine de 10,3 milliards de dollars
.- Bernard Arnault, 66 ans, est le propriétaire et PDG du groupe de luxe LVMH. Deuxième Français le plus riche du monde (29 milliards de dollars) derrière sa compatriote Liliane Bettencourt, l’homme d’affaires possède également le groupe Les Echos. En mai 2015, il a fait part de sa volonté de racheter le quotidien Le Parisien au groupe Amaury pour 50 millions d’euros
.- Arnaud Lagardère, 54 ans, héritier du groupe Lagardère, dit vouloir se concentrer désormais surses titres les plus influents, dont le Journal du dimanche, Paris Match ou encore Elle. Ainsi qu’Europe 1 en matière d’audiovisuel. Arnaud Lagardère possède également RFM, Virgin Radio,Public ou encore Télé 7 Jours
 - Serge Dassault, 90 ans, PDG du groupe industriel Marcel Dassault et sénateur Les Républicains (LR) de l’Essonne possède le Groupe Figaro, comprenant les magazines Le Figaro Magazine ouMadame Figaro. Rentable ces dernières années, le groupe estimait avoir la taille critique nécessaire et se concentre désormais sur la numérisation. Il a toutefois cherché récemment à acquérir des titres spécialisés de L’Express-Roularta ou à obtenir une fréquence de télévision TNT en Ile-de-France. (Arte)
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- Guerre dans les Télécoms
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