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mercredi 19 janvier 2011

Banques sous tutelle?

Contrôler les banques

Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales. En raison de leur petit nombre d’une part et de leurs profits financiers considérables d’autre part, nous défendons l’idée que ces banques forment aujourd’hui un oligopole particulièrement puissant à l’échelle internationale. Reléguant les banques centrales au second plan, c’est-à-dire les cantonnant à de simples pourvoyeuses de la liquidité dont il a besoin, cet oligopole est le véritable régulateur des marchés monétaires et financiers mondiaux. C’est lui qui est le maître d’ouvrage du mur de l’argent qui se bâtit sous nos yeux.Cet oligopole n’est évidemment soumis ni à un contrôle politique, ni a fortiori à un contrôle démocratique. Tout juste est-il contraint par des règlements prudentiels de portée limitée et élaborés pragmatiquement a posteriori, ou encore par des normes issues d’une autorégulation professionnelle, une fois que les difficultés ou les catastrophes ont été malheureusement constatées..."(Attac)
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___Des règles et des principes existent. Mais leur trop grande généralité et le manque d'une instance régulatrice fait le plus souvent défaut ou manque d'impartialité, de pouvoir d'action et de sanction.
_En France, des outils de contrôle sont disponibles, apparemment efficaces en régime normal, mais qu'en est-il en période d'échanges planétaires constants,d'euphorie financière, de fabrication illimitée de produits financiers sophistiqués parfois obscurs, de dérives spéculatives subies ou provoquées?
_L'affaire Kerviel a montré comment un système pouvait se laisser emporter par les pires pratiques financières, jusqu'à se mettre en danger.
_Un contrôle bancaire digne de ce nom et efficace ne peut être strictement technique
car on vu comment on pouvait "s'arranger avec les comptes" , avec le complicité d'autres banques et des agences de notation, à la fois juges et parties.
Le cas de la Fed est exemplaire, qui a couvert maintes dérives.
"Quand les crises financières sont des crises strictement boursières, elles peuvent avoir des conséquences mais celles-ci sont assez vite absorbées par le système. Mais quand les crises financières débouchent sur des crises bancaires, elles deviennent graves, voire très graves. Si la crise des années trente a commencé par une crise boursière, c’était d’abord une crise bancaire imputable à une erreur de politique monétaire de la Banque fédérale de réserve américaine qui n’a pas refinancé les banques alors qu’elles en avaient besoin pour faire face aux demandes de retraits. C’est alors que la crise bancaire s’est enclenchée et c’est devenu une catastrophe mondiale. Si la crise des subprimes suscite un peu plus d’inquiétude que les précédentes, c’est parce que, avant d’être une crise boursière, c’est une crise bancaire dont les conséquences pourraient être, outre des faillites bancaires, le resserrement du crédit par les banques, c’est-à-dire, d’une certaine manière, l’assèchement du financement du système productif et des difficultés pour ceux qui ont beaucoup emprunté et comptent sur le renouvellement de leurs emprunts pour vivre..."

__Comme on a pu le voir, le pouvoir des banques peut être redoutable, surtout quand elles sont assez grosses pour pouvoir espérer un renflouement public en cas de malheur (too big to fall).(-1-)
L'ampleur du danger, qui est loin d'être circonscrit, est tel que maintes voix s'élèvent pour réclamer plus que des contrôles souvent formels et insuffisants, voire impossibles, mais une mise sous tutelle des organismes bancaires, surtout de dépôts, pour les remettre sur les rails et leur imposer des pratiques conformes à l'intérêt général.
_______________Comme Susan George, qui prône une mise sous tutelle des banques , une tutelle non pas médiatique, mais réelle, ce qui ne signifie pas pour elle une nationalisation au sens strict.
"...Goldman SachsEt d'autres (qui ont fait dans la démesure, la plus totale opacité et l'absence absoluede contrôle, parfois politiquement appuyés, encouragsé par la Fed)... Ce marché est colossal. C'est 600 000 milliards par an. L'investissement va dans les produits financiers sans passer par l'économie réelle. Il faut instaurer une loi Glass-Steagall[adoptée aux Etats-Unis après la crise de 1929, ndlr] pour les banques, pour séparer les activités de crédit et d'investissement.Dans un pays, on peut aussi dire aux banques : « Vous allez prêter en priorité aux PME-PMI, surtout celles qui ont un projet écologique ou social. » C'est un contrôle du crédit, dans le sens où il y aurait des bénéficiaires prioritaires ; mais on ne va pas nationaliser toute l'économie..."
______Arnaud Montebourg pointe aussi la passivité des institutions, qui prépare objectivement de nouvelles crises

"Maintenant ce sont les institutions publiques qui sont attaquées par le système bancaire qu’on a renfloué avec l’argent des contribuables. Nous avons un paradoxe. Sur le plan structurel, nous avons fait des progrès vers le féféralisme, ce qui est un bien. Mais sur le plan de la régulation des marchés, nous faisons une politique de sur-place depuis deux ans. Toutes les déclarations dans les G20, les déclarations européennes de transformation du système financier sont restées lettre morte. Il n’y a pas eu une seule mesure prise..."
______F.Lordon va plus loin, jugeant la crise financière non réglée et la situation gravissime. Il y a nécessité de saisir les banques , pour arrêter leur pouvoir intrinsèque de nuisance et leur imposer une régulation publique.
"La faillite technique des banques a au moins un effet intéressant : elle permet de leur mettre la main dessus. Et à pas cher en plus. Les arguments de principe pour une recommunalisation du système du crédit abondent ; la situation de faillite leur offre leurs conditions de réalisation – et même de réalisation modique. Car si la nationalisation intégrale est la première étape du processus de recommunalisation du bien commun bancaire, avant la mutation ultérieure en système socialisé du crédit , la situation critique de la faillite générale offre la possibilité d’opérer cette nationalisation par simple saisie.__A l’inverse des pratiques ordinaires du redressement des entreprises en difficulté, il n’y a pas de solution privée à l’effondrement global des institutions bancaires qui condamne dès lors irrémédiablement leurs actionnaires à la vitrification. Le sauvetage public, quelle qu’en soit la modalité, n’a donc aucun compte à tenir de cette population spéciale qu’on peut d’ores et déjà tenir pour annihilée, conformément d’ailleurs à l’esprit même du capitalisme des sociétés par actions : les apports en fonds propres ne sont pas récupérables et les actionnaires n’acquièrent leur part de propriété (et les droits afférents aux dividendes) qu’en contrepartie d’accepter une perte définitive en cas de faillite – nous y sommes. Saisir les banques faillies n’a donc aucun caractère d’attentat à la propriété puisque la propriété a été anéantie par la faillite même, la faillite étant de ce point de vue l’équivalent capitaliste de la bombe à neutrons qui tue les droits de propriété en laissant intacts les bâtiments, les équipements et même, quoique pendant un temps relativement court, les humains salariés capables de les faire marcher. C’est tout cela qu’il faut récupérer..."

dimanche 1 novembre 2009

Finances: effondrement ?

Sombres perspectives








Mais ,heureusement ,le pire n'est jamais sûr


"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise(Thomas Jefferson (1802)

-
"Il faudra absolument mettre en oeuvre une réforme efficace de la finance. Si tel n’est pas le cas, les banquiers prendront bientôt des risques encore plus grands qu’ils ne le faisaient avant cette crise. Après tout, la leçon de ces derniers mois est très claire : Quand les banquiers parient avec l’argent des autres, face ils gagnent, pile nous perdons." (P.Krugman)
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-Natixis nous promet un avenir sombre - AgoraVox:
"Un « flash économie » du directeur de la recherche et des études de Natixis, du 21 octobre, confirme l’ampleur de la dégradation de la situation économique et sociale à venir. Cette note infirme les propos lénifiants sur la sortie de crise. Elle s’intitule : « que les gouvernements aient le courage de dire la vérité aux Européens. »Il suffit d’aller sur le site http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=49177 pour prendre connaissance de la note 470 du 21 octobre 2009 rédigée par Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques du groupe Natixis (Banque populaire-Caisse d’épargne), économiste aux références impressionnantes, pour se faire une idée du pavé dans la mare que constitue cette analyse assez iconoclaste provenant des milieux d’affaires. D’entrée, il pose un diagnostic sans appel sur ce qui nous attend et sur l’inutilité de raconter des histoires aux peuples qui subissent la crise et à qui on voudrait faire croire qu’on est en train d’en sortir : « Au lieu d’entretenir l’espoir d’une reprise rapide de la croissance et de l’emploi, les gouvernements feraient mieux de dire aux Européens qu’ils vont être confrontés :
à une perte irréversible d’emplois dans les secteurs qui se contractent après la crise (construction, finance, biens durables…), d’où un chômage durablement très élevé ;
à l’absence d’idées pour créer des emplois nouveaux en quantité suffisante pour compenser les pertes d’emplois ;
à l’inefficacité des politiques de soutien de la croissance par l’exportation, avec la contraction du commerce mondial et, pour la zone euro, le risque d’appréciation de la devise ;
à la disparition du modèle de soutien de l’activité par la hausse de l’endettement ;
au besoin de rééquilibrer les finances publiques par des politiques budgétaires restrictives ;
à l’accélération des délocalisations avec l’écart de croissance et de coûts de production entre les pays émergents et les pays de l’OCDE ;
à la déformation du partage des revenus au détriment des salariés, avec le chômage élevé, les délocalisations… »
La suite n’est pas plus réjouissante. Face à ce constat, Patrick Artus considère que
« la seule solution constructive à cette masse de problèmes n’est pas d’amplifier les politiques contracycliques mais :
d’accepter la perte inévitable de pouvoir d’achat et de capacité de dépense de l’Etat ;
de construire les entreprises et les secteurs qui créeront de nouveaux emplois durables. »
En un mot, il ne croit pas« qu’il puisse y avoir une véritable reprise cyclique en Europe, que la perspective est celle d’une croissance durablement dépréciée et d’un chômage durablement élevé. »
Une crise structurelle grave
Graphiques à l’appui, il développe l’idée qu’il vaudrait beaucoup mieux expliquer aux Européens les raisons pour lesquelles il y a une crise structurelle grave, ce qu’il fait en entrant dans le détail de chacun des chapitres de son introduction. Ce faisant, il confirme ce que disent depuis un certain temps nombre d’économistes peu médiatisés, pas seulement néo-marxistes, mais bien au-delà, qui dénoncent la duplicité de ceux qui ne veulent voir dans cette crise qu’une crise du capitalisme financier, au mieux une crise conjoncturelle en fin de cycle.
On peut se demander pourquoi cette analyse –qui n’engage pas la banque, mais qui émane de son directeur de recherche et d’études tout de même- vient maintenant après que Natixis et le groupe aient défrayé la chronique financière par de lourdes pertes au moment de la crise des subprimes ?
Les deux groupes mutualistes avaient enregistré en 2008 des pertes record à hauteur de 2,5 milliards d’euros, ce qui avait conduit à leur regroupement fin février 2009, sous la pression de l’omni-président, déléguant François Pérol, secrétaire adjoint de l’Elysée, pour prendre la tête du nouveau groupe. Il cumule également la fonction de président du conseil de surveillance de Natixis. Cette double fonction lui assurant une rémunération mensuelle de près de 50 000 euros !
Comme quoi on peut être banques coopératives et assurer de bons revenus à son directeur qui devrait, le pauvre, se passer de bonus en 2009…en principe. Un tel niveau de revenu relève de la provocation. C’est tout un symbole.
D’autant que Patrick Artus souligne que l’une des causes structurelles de cette crise –le déplacement du capital- entraînera un chômage très élevé et un partage des revenus très défavorable aux salariés. Donc davantage de chômeurs, baisse du pouvoir d’achat des salaires, (mais pas des très hauts revenus !) accroissement de la précarité et de la pauvreté.
Tel est l’avenir vraiment très sombre qui nous est décrit. Il n’est, malheureusement, pas fait pour nous surprendre. Cette étude se veut une alerte aux milieux d’affaires et aux gouvernements, pour qu’ils tiennent un discours plus proche des réalités sous peine d’avoir quelques déboires en termes de crédibilité. Ainsi qu’une invitation à adapter leurs politiques car le monde est en train de changer de base : les pays dominants sont de moins en moins le centre de gravité des échanges économiques et leur influence s’en ressent.
De quoi alimenter quelques colères sociales amplement justifiées et appeler des transformations radicales dans la structure même de nos sociétés et de leurs modes de gestion.(René Fredon)
-Etats-Unis : En une journée, neuf banques font faillite
-Crise financière 2.0, la suite : lente glissade ou nouvel épisode de panique ? - AgoraVox
-"La crise bancaire n'est pas terminée"
-: La crise bancaire n’est pas terminée(2)
-Crise bancaire : le pire est-il à venir ?
-La reprise économique est une illusion
-Banksters " Vendredi"
-Europe2020
[-Argent Dette et Bankster]
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- Sombre automne ?
- D'une crise à l'autre
- Banques choyées

jeudi 4 janvier 2018

Comment ne pas couler (2)

...Avec sa banque?
                            Aucune crainte. Il n'y a plus de risques, disent certains. La crise est finie, comme on dit à Wahington... qui n'avait rien vu venir en 2007.
      A condition que des règles strictes et universelles imposent une véritable déontologie bancaire et  des limites à une spéculation pouvant être destructrice.
  On les attend encore, notamment en matière de séparation des opérations bancaires, souvent promise, jamais réalisée.
      Jusqu'ici, tout va bien..
   Quoique...
   Certains sont moins optimistes et font apparaître que le risque d'une nouvelle crise bancaire n'est pas à écarter (*) surtout par effet dominos produit par la défaillance possible d'un grand groupe bancaire, qui rendrait les Etats incapables de renflouer une deuxième fois, étant jugé too big to fail.  
    [(*) Dans un contexte où ...des banques centrales qui ont inondé l'économie mondiale de liquidités, soignant le mal par le mal: si la crise économique s'en est trouvée apaisée, aux Etats-Unis surtout, les germes ont été plantés pour la crise suivante, liée à l'explosion des bulles formées par cet excès d'argent dans le système....]
    On se rappelle de l'affaire chypriote, même si la crise bancaire y fut spécifique.
 En fait, rien n'est réglé sur le fond. On vient de le voir en Italie, par exemple, avec des petits épargnants lésés. Les créances douteuses sont toujours là.
     Les prises de risques excessives en matière bancaire sont toujours d'actualité et la transparence toujours un problème.
    Bien sûr, il y a aujourd'hui  un fonds de garantie prévu en cas de faillite, mais certains ont des doutes sur le bon fonctionnement des dispositions prises et il y a des cacophonies en Europe sur le sujet. La garantie de 100.000 euros fonctionnera-t-elle vraiment en cas de problème ?
           "...Ces derniers mois, les quasi faillites de deux banques vénitiennes et de Banco Popular en Espagne ont laissé de nombreux petits porteurs sur le carreau. Intesa Sanpaolo a annoncé mardi la création d'un fonds de 100 millions d'euros pour ses clients qui auraient perdu tout leur investissement, et donc leurs économies, lors du sauvetage des établissements de Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca (à raison de 15.000 euros par personne maximum).   Les derniers chiffres de la BCE ont montré que les banques italiennes détiennent à elles seules 28% des créances douteuses de toute l'UE, près de 250 milliards d'euros.   Aussi l'Allemagne, par la voix de Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances, n'a-t-elle pas caché qu'il n'était pas question que les banques allemandes paient pour les méridionales qui seraient moins vertueuses. La Commission a supprimé la dernière étape prévue dans son projet initial, en 2024, qui revenait à une mutualisation des risques dans toute l'UE. La proposition de la Commission doit être approuvée par le Parlement et les Etats membres.   Berlin semble toujours inflexible. Un porte-parole du ministère allemand des Finances a déclaré à l'AFP que la position du gouvernement d'Angela Merkel "n'a pas bougé. [...] Les propositions de la Commission ne suffisent jusqu'ici absolument pas". Lors de son discours sur l'état de l'Union, le 13 septembre, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait souligné que :   "L'union bancaire ne peut fonctionner que si la réduction et le partage de ces risques vont de pair. [...] Il ne pourra y avoir de garantie des dépôts commune qu'à partir du moment où chacun se sera mis en ordre sur le plan national..."
    Mais avec les lourds problèmes de la Deutsche Bank, l'Allemagne peut difficilement donner des leçons à ses voisins.
           Affaire à suivre...en ne mettant pas tous ses oeufs, même petits, dans le même panier.
                     Sachant que le pire n'est jamais sûr.
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mercredi 19 décembre 2012

Union bancaire: vraiment?

 L'union bancaire: progrès ou slogan?
_________________________________"Un slogan politique qui rassure...
Espérer mettre en place une union bancaire sur des structures hétérogènes est un emplâtre sur une jambe de bois."
__Cette initiative, bricolée à la hâte, apparaît à première vue comme une bonne nouvelle, mais on voit vite que l'on a affaire à une  solution décaféinée, comme le signale le journal El Pais, une mesure vouée à l'inaction.
"... En raison des manques révélés par la crise de la zone euro, l'UE essaye d'évoluer vers un modèle fédéral. Mais elle le fait sans prendre en compte la nécessité absolue de faire participer les citoyens européens au processus. Sa politique est même conçue spécifiquement pour éviter d'avoir à les consulter. La voie choisie pour créer une union bancaire met au grand jour cette erreur de conception au coeur du projet européen aujourd'hui. Il est difficile d'être optimiste quant au succès d'une initiative qui repose sur des bases juridiques aussi fragiles et qui manque de légitimité démocratique..."
___  Il semble bien que l'on ait affaire à un compromis berlinois:"Les Européens ne se sont entendus que sur le plus facile : la supervision. À l’avenir, c’est la BCE qui aura pour mission de contrôler le système bancaire européen. Et encore ! La Grande-Bretagne, la Suède et la République tchèque ont déjà prévenu qu’elles ne participeraient pas à ce mécanisme européen de contrôle. Les grandes banques de la City sont donc déjà hors contrôle.
La deuxième entorse porte sur le nombre des établissements contrôlés. Tandis que la France souhaitait un contrôle de la BCE sur l’ensemble du système bancaire européen, l’Allemagne s’opposait à ce que la banque centrale européenne contrôle ses banques régionales et ses caisses d’épargne, pivots du système politique allemand..".
Donc cet accord boiteux semble bien ajusté aux exigences allemandes, une victoire pour la Käntzlerin, au coeur des contradictions européennes. Le jeu des banques allemandes apparaît très équivoque, elles qui sont toujours très exposées et fragiles.
  La logique de rentabilité des banques n'est pas remise en cause.
A quand un réelle séparation des fonctions bancaires (*), après le hold-up sur l'Europe?
En France, les promesses ne sont pas tenues, la réforme bancaire est vidée de tout contenu:.
"... Tous les projets discutés dans la plupart des pays occidentaux pour mieux contrôler les banques, pour séparer les banques de dépôts et les banques d’investissement, pour mieux circonvenir les risques imposés aux pays, ont été écartés. La banque universelle « à la française », modèle irréprochable victime de la crise plutôt que coupable, comme le disent ses défenseurs, restera intouchée.
« La réforme bancaire touchera à peine 2 % de notre activité », s’est félicité en petit comité Alain Papiasse, responsable de la banque de finances et d’investissement de BNP Paribas. Grand connaisseur du monde bancaire, Christian Nijdam, un des responsables de la société d’analyse indépendante Alphavalue a fait le calcul. « Rapporter à l’ensemble de la banque, cela signifie que la réforme va toucher à peine 0,5 % du produit net bancaire (PNB chiffre d’affaires) global de BNP Paribas. Si le rapport Liikanen avait été appliqué, cela aurait affecté 13 % de son PNB global », explique-t-il.  Autant dire que la réforme bancaire, à ce stade, risque d’être de l’épaisseur du trait..."
La citoyenneté européenne , la grande absente, reste à construire...
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(*)_"Le lobbying bancaire essaie d’attirer la discussion dans d’insondables méandres techniques. Mais au-delà de discussions sur des points de détail, la raison fondamentale est de pur principe :

  1. L’activité de la banque de dépôt, d’intérêt général, bénéficie d’une garantie publique ;
  2. L’activité de la banque d’affaires, qui n’est pas d’intérêt général, et qui ne doit pas bénéficier de la garantie publique – pas plus qu’un boulanger ou un garagiste…
Le problème est accentué par le fait que la dernière est souvent une activité spéculative (elle comprend entre autres la fameuse « banque casino »), et peut donc, en cas de difficultés, causer des pertes importantes, voire la faillite de toute la banque. En effet, à banque universelle, faillite universelle.
Il serait donc extrêmement pervers d’accepter un système où une entreprise privée bénéficiant d’une garantie publique pourrait librement exercer des activités très risquées. La situation serait ainsi asymétrique, et ne pourrait que conduire à privatiser les profits quand tout va bien et à nationaliser de grosses pertes en les transférant au contribuable – “pile je gagne, face le contribuable perd.” C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le législateur américain avait séparé les activités bancaires en 1933, lorsqu’il a justement créé la garantie publique des dépôts.
Il est d’ailleurs surprenant de voir surgir un projet de garantie publique européenne des dépôts sans se soucier de protéger réellement le contribuable en exigeant au préalable la scission des activités à risque. Comment imaginer sérieusement que le contribuable français renfloue Barclays ou Deutsche Bank dans le futur en raison de faillite de la banque casino ? C’est probablement pour cette raison qu’en réalité le projet d’union bancaire n’avance pas.
Logiquement, on note que s’est aussi développé ces dernières années un vif sentiment d’injustice vis-à-vis du système bancaire lorsque les gouvernements ont dû venir en aide sur fonds publics à des banques qui continuaient à verser des rémunérations et bonus exorbitants à leurs dirigeants et traders.
Il convient donc de revenir à une saine scission, les activités garanties par le contribuable d’un côté, les activités purement privées de l’autre.
À ce stade du débat, il ne s’agit même pas de discuter de limitation desdites activités ; la proposition consiste bien à maintenir toutes les activités, mais à les mettre simplement dans des groupes différents. Cela évitera à l’avenir toute “prise d’otage” des banques, qui ne pourront plus exiger que des fonds publics garantissent ou renflouent des pertes privées sur les marchés financiers." (O.Berruyer)
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- L’accord scandaleux sur la supervision bancaire de la zone euro
- Capitulation bancaire
- Réforme bancaire : le lobbying dans l'appareil de l'Etat
- Quand les avocats d’affaires écrivent les lois

jeudi 5 mars 2009

Crise: la bonne cible ?

Erreur d'aiguillage ou obstination dans l'aveuglement ?

"Les politiques menées sur les deux rivages de l’Atlantique ne sont pas à la hauteur des périls, avertit Krugman, qui déplore également la courte vue dont font preuve les dirigeants européens devant le risque systémique posé par l’Europe de l’Est et se demande dans quel monde vit Jean Claude Trichet lorsqu’il estime que le risque déflationniste n’est pas à l’ordre du jour. Dans une séquence de déflation de la dette, tout délai, tout retard à agir, se traduit par une contagion d’un processus de liquidation généralisé qui gagne peu à peu en force et en élan et rend plus difficile le retournement de cycle"
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"Triste spectacle : des deux côtés de l’Atlantique, les décideurs politiques continuent à viser trop court et la probabilité que cette crise se transforme vraiment en une Grande Dépression numéro II continue d’augmenter..
.." (P.Jorion)

-"L’énormité chaque jour plus apparente de la catastrophe économique est peut-être le seul espoir que nous avons pour que le système économique et financier soit réformé. Mais, à aujourd’hui, les dirigeants de la planète ne semblent pas très avancés dans leur réflexion."(L.P.)
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-Vers une aggravation de la crise économique et financière globale? Oui si l’Europe ne bouge pas!:
"...Il y a encore quelques mois les Etats membres et de la Commission européenne niaient l’existence même de la crise. Actuellement on assiste à un spectacle des politiques pris de panique, qui essaient de noyer les problèmes sous un tsunami d’argent, sans idées réelles de solutions viables et sans égard pour l’argent des contribuables et des futures générations. Le risque est grand que tout cet argent ne serve qu’à indemniser les responsables de la crise aux dépens de tous les autres, et qu’une fois la crise surmontée, ils recommenceront à faire leurs immenses profits par les mêmes moyens en sachant que les Etats leur sauveront, si besoin est, la mise..."

A la dérive, par Paul Krugman:

"Dans les premières mois de cette crise nous écrivions que la culture économique des responsables politiques américains, leur foi inébranlable dans les dogmes de l’école de Chicago, les rendaient peu aptes à comprendre la situation et donc à agir efficacement. L’équipe constituée par Obama semble atteinte du même mal. Nationalisation reste un mot tabou, honteux, que la nouvelle administration se refuse à évoquer, alors même que le cours de l’action de la banque Citigroup flirte avec le dollar - c’est à dire l ’éviction de la cote new yorkaise - et que de tous côtés les appels se font de plus en plus pressants pour une prise de contrôle publique. Ce blocage psychologique, ce vertige devant la transgression, se traduisent en acte par un aveuglement qui confine à l’absurde. On ne peut entendre la récente déclaration d’Obama affirmant que le privé est « plus efficace » pour gérer le système bancaire sans ressentir un malaise devant cette forme d’humour involontaire. Au nom de quoi faudrait-il donc continuer à révérer des idoles qui pourtant s’effondrent avec fracas sous nos yeux, entraînant dans leur chute de trop nombreuses victimes ? Car il y a urgence à agir. Les politiques menées sur les deux rivages de l’Atlantique ne sont pas à la hauteur des périls, avertit Krugman, qui déplore également la courte vue dont font preuve les dirigeants européens devant le risque systémique posé par l’Europe de l’Est et se demande dans quel monde vit Jean Claude Trichet lorsqu’il estime que le risque déflationniste n’est pas à l’ordre du jour. Dans une séquence de déflation de la dette, tout délai, tout retard à agir, se traduit par une contagion d’un processus de liquidation généralisé qui gagne peu à peu en force et en élan et rend plus difficile le retournement de cycle. Il faut donc trancher dans le vif au plus tôt, trier les banques, constater les faillites, et le cas échéant nationaliser. Roubini estime qu’il faudra sans doute six mois pour que l’inévitable soit enfin accepté. Si c’est le cas, ce sont six mois de perdus alors que gagne l’incendie.

Triste spectacle : des deux côtés de l’Atlantique, les décideurs politiques continuent à viser trop court et la probabilité que cette crise se transforme vraiment en une Grande Dépression numéro II continue d’augmenter...."

-Les raisons du déclin de l’économie US, par Paul Craig Roberts:
"...Dans leur chasse aux profits pour les actionnaires et aux « primes de rendement » pour les dirigeants, les entreprises américaines se sont débarrassées de leur main-d’œuvre américaine. Les conséquences en sont visibles partout. La diminution de la base imposable a fragilisé les emprunts émis par les villes et les États, et érodé le patrimoine de ceux qui avaient acquis ces obligations. La disparition des emplois bien rémunérés a entraîné un accroissement de la dette des ménages afin de maintenir leur consommation. Lorsque ces biens et services délocalisés reviennent en Amérique pour y être vendus, ils creusent le déficit commercial américain à un niveau inimaginable, remettant en cause le statut du dollar comme monnaie de réserve, et compromettent la capacité de l’Amérique à financer ce déficit commercial.

Pendant que l’économie américaine subissait cette érosion, les idéologues du « marché libre » nous assuraient sans cesse que l’Amérique marquait des points sur la Chine en lui transférant ces emplois industriels si « crasseux ». Débarrassés de ces emplois de la « vieille économie », les Américains ont été bercés par des promesses de richesses. Finis les ongles sales. Désormais les efforts tendraient à accroitre l’innovation et l’esprit d’entreprise. D’ici là, l’économie des services du logiciel et de la communication donnerait un avantage aux travailleurs.L’éducation était censée être la réponse à tous les défis. Cet argument a calmé les universitaires. Ils n’ont donc produit aucune étude contredisant cette propagande, ce qui aurait réduit les subventions allouées par le gouvernement et les entreprises.Les économistes adeptes du « marché libre » qui produisaient la propagande et la désinformation dissimulant la destruction de l’économie américaine ont été bien rétribués. Comme Business Week l’a noté, le premier cercle des partisans des délocalisations a de profondes racines au sein de General Electric et de la société de conseil McKinsey. De fait, l’un des principaux partisans de la délocalisation d’emplois américains chez McKinsey, Diana Farrell, est maintenant membre du Conseil Economique National nommé par Obama.( http://www.businessweek.com/globalbiz/content/feb2006/gb20060223_186829.htm ?campaign_id=nws_insdr_feb24&link_position=link10)La pression résultant de la délocalisation des emplois et des importations massives a ruiné les perspectives économiques pour tous les Américains, à l’exception des dirigeants qui perçoivent des primes de « performance » pour avoir délocalisé les emplois américains ou fait appel aux détenteurs de visa de travail H-1B. Faiblement rémunérés, les employés délocalisés ou pourvus des visas H-1B, ont réduit l’emploi des travailleurs américains les plus âgés et plus expérimentés. Ces travailleurs plus âgés reçoivent en général un salaire plus élevé. Toutefois, lorsque le facteur déterminant est de minimiser le coût du travail pour des raisons de rendement offert aux actionnaires et de primes aux dirigeants, les travailleurs âgés coûtent trop cher. Procurer un emploi de qualité en fournissant un service de qualité, n’est plus désormais une fonction de l’entreprise. En lieu et place, l’objectif est de minimiser les coûts de main-d’oeuvre à tout prix.Ainsi, le « libre échange » a également détruit les perspectives d’emploi des travailleurs âgés. Privés de carrière, ils doivent chercher un emploi dans les rayons de Wal-Mart....


-"La crise bancaire n'est pas terminée":
"...En baissant ses taux directeurs de manière massive et rapide, la BCE soutient indirectement la profitabilité des banques, en réduisant le coût d'accès à la liquidité.Toutefois, la crise à laquelle nous assistons est une crise de modèle, elle constitue la faillite d'une croissance fondée sur un niveau d'endettement toujours plus élevé.En conséquence, rendre le crédit quasi gratuit et favoriser son extension massive peut porter en germe de nouvelles crises et de nouveaux ajustements ; ne risque-t-on pas, ce faisant, de pérenniser un modèle ayant atteint ses limites ?La sortie de crise ne requiert-elle pas plutôt d'imaginer de nouveaux modèles et de nouvelles sources de croissance, afin de faire de cette crise une destruction créatrice ?..."

-Faillites en cascade: qui assure les assureurs?
"...les assureurs sont en faillite. AIG, par exemple, affiche 100 milliards de dollars de pertes. Or leurs crédits assurés atteignaient des sommes astronomiques. Les crédits assurés dont je parle représentent un volume supérieur au PIB mondial. 60000 milliards de dollars. Que valent tous ces produits bizarres ? Mystère. Beaucoup ont été conclus de gré à gré, hors de toute norme prudentielle. Combien sont toxiques ? Mystère. On ne sait pas, donc on vend. Du coup la valeur des banques et des assureurs s’effondre, et la Bourse avec...."


-La chienlit financière n’est pas finie…:
"Malgré l’énormité des excès commis, les dirigeants de la planète ne semblent pas vraiment se diriger vers une véritable réforme de la finance. Comme le dit Pierre-Antoine Delhommais dans le Monde à propos de la réunion du G20 à venir : « On y dira du mal des paradis fiscaux - sans les supprimer -, des agences de notation - sans remettre en cause leur existence -, on s'engagera à mieux superviser les hedge funds - sans les interdire - et à mieux réguler les activités des banques - sans les contrôler entièrement. »
Pourtant, de nombreux auteurs proposent de nouvelles idées pour sortir de cette anarchie économique qui ne mène qu’au chaos. Sébastien Duchêne évoque les pistes intéressantes de Michel Aglietta pour donner de nouveaux objectifs à la politique monétaire, en prenant davantage en compte l’inflation des actifs. D’autres évoquent la Taxe Tobin ou la révision des ratios prudentiels, qui n’avaient de « prudentiels » que le nom. Malheureusement, ces réformes ne semblent pas à l’ordre du jour du G20.
L’énormité chaque jour plus apparente de la catastrophe économique est peut-être le seul espoir que nous avons pour que le système économique et financier soit réformé. Mais, à aujourd’hui, les dirigeants de la planète ne semblent pas très avancés dans leur réflexion."

-L'américain AIG sauvé par crainte de l'apocalypse | Mediapart:
"...Selon le New York Times, AIG a fait circuler dans les cercles du pouvoir un document de 21 pages, titré : «AIG: le risque est-il systémique?» qui annonce l'apocalypse au cas où la nouvelle administration américaine et la Réserve fédérale débrancheraient le système de survie artificielle alimenté avec l'argent du contribuable américain. «Une panique bancaire dans le secteur de l'assurance-vie et des retraites aurait un impact dévastateur à travers l'économie américaine», affirme ce document, qui rappelle que AIG a fait souscrire par les entreprises ou les ménages américains quelque 375 millions de polices d'assurances (vie et dommage), pour une valeur nominale de 19.000 milliards de dollars.Une défaillance d'AIG assécherait les réserves des fonds de garantie de l'assurance, transférant la charge sur les autres compagnies dont certaines seraient elles-mêmes conduites à la faillite. La panique des assurés demandant le remboursement anticipé de leurs avoirs provoquerait l'effondrement puis la paralysie du marché obligataire, où les assureurs jouent les premiers rôles. Quant aux dommages collatéraux sur un secteur bancaire américain lui-même au bord du gouffre, ils relèvent de l'indicible. Enfin, des millions d'Américains risqueraient de perdre toute couverture contre le risque ou devraient acquitter des tarifs prohibitifs pour trouver un substitut.Confrontés à ce scénario de film d'horreur, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, et Lawrence Summers, chef du groupe des conseillers économiques du président Barack Obama, ont décidé de faire exactement ce qu'ils ont reproché bruyamment aux Japonais quand M. Summers était le «grand argentier» de Bill Clinton, et Geithner son adjoint pour les affaires internationales: maintenir «en vie» un mort-vivant, une de ces entreprises zombies qui hantaient les rues de Tokyo dans les dernières années du siècle dernier..."

-Paul Jorion : “Pire qu’une crise économique, c’est une crise de civilisation
-Les femmes et les enfants d’abord | AgoraVox
-Trop d'argent tue l'argent
-G20 : analyse du rapport Larosière:
"...Demander leur avis à certains de ceux qui sont responsables de la crise est symptomatique de cette volonté politique de ne pas y porter remède réellement : non seulement, cet épisode montre que l’Union européenne fonctionne d’une manière opaque et antidémocratique, mais encore que le système ne compte pas se réformer seul et ne le fera pas spontanément...."
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- Capitalisme dérégulé : le glas ?
- Crise: alerte maximale ?
- Faillite d'un modèle
- Crise: quelle sortie ?

jeudi 26 mars 2009

Crise atypique ?


Des solutions adaptées?

L'idée commence à se faire jour, chez certains économistes, que la crise que nous vivons n'entre pas dans les cadres habituels des crises que nous avons connues jusqu'ici , par sa nature hyperfinancière, son extension mondialisée, sa profondeur : elle touche aux fondements du système capitaliste, tel que nous l'avons connu, et ne se résoudra pas par les mesures prises jusqu'ici, qui ne s'attaquent pas à la racine du mal, mais qui semblent plutôt l'aggraver.
Ce n'est pas en mettant toujours plus de charbon dans une chaudière usée et prête à exploser qu'on va la rendre plus efficace; on va la faire crever avant l'heure...
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-"Dans les premières mois de cette crise nous écrivions que la culture économique des responsables politiques américains, leur foi inébranlable dans les dogmes de l’école de Chicago, les rendaient peu aptes à comprendre la situation et donc à agir efficacement. L’équipe constituée par Obama semble atteinte du même mal." (P.Krugman)

-Obama a cédé devant le lobby financier
- Cash for cash », par Paul Krugman :
"Au rang des choses importantes on retiendra la façon dont Mr Obama gaspille sa crédibilité. Si le plan échoue, comme ce sera probablement le cas, il est peu probable qu’il parviendra à convaincre le Congrès pour obtenir la rallonge pour faire ce qu’il aurait du se décider à faire plus tôt."
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Une crise hors norme, par James K. Galbraith (I/II):

"...La conviction profonde des économistes contemporains, c’est que l’économie est un système capable de s’auto-stabiliser. Ce qui signifie que, même si rien n’est fait, le niveau normal de l’emploi et de la production, seront de retour un jour. Pratiquement tous les économistes modernes partagent cette idée, parfois sans même y porter attention. Le Président de la Réserve fédérale Ben Bernanke l’a déclaré spontanément lors d’un discours délivré à Londres en janvier : « l’économie mondiale va se redresser. » Mais il n’a pas indiqué comment il le savait. La différence entre les conservateurs et les libéraux porte sur la question de savoir si les politiques du gouvernement peuvent utilement accélérer le processus. Les conservateurs disent non, les libéraux répondent oui, et sur ce point, les économistes d’Obama sont à gauche. D’où la priorité qu’ils ont donné, dès les premiers jours, à la relance.Mais ont-ils correctement évalué l’ampleur de la crise ? Le plan est-il assez important ? Les politiques se basent sur des modèles. Lors d’une crise, les projets de dépenses budgétaires dépendent des prévisions sur la gravité et la durée qu’aurait la crise si aucune action n’était entreprise. Les programmes ne seront donc correctement dimensionnés que si ces prévisions sont exactes. Et les prévisions dépendent des convictions sous-jacentes. Si la capacité de redémarrage n’est pas inscrite dans les gènes du système, alors les prévisions seront trop optimistes, et la relance calibrée en fonction d’elles sera insuffisante..."
- Une crise hors norme, par James K. Galbraith (II/II)

- Un plan Geithner désespérant:
"« Quel terrible gâchis ! » Commentant le plan Geithner, Krugman ne dissimule ni sa colère ni sa déception. Voici pourquoi : en se refusant à prendre le contrôle du système bancaire pour solder les comptes et répartir les pertes entre actionnaires et créanciers des banques, le gouvernement américain est dans l’impasse. Pour débarrasser les banques de leurs actifs douteux, préalable indispensable à la reprise de l’activité du crédit, sans pour autant les condamner à la faillite, ne reste alors que la solution de surpayer ce mauvais papier. A cette fin, le plan Geithner offre aux candidats au rachat de ce papier un modèle de financement les mettant à l’abri de tout risque de perte. Face, ils gagnent, pile le contribuable perd. Parfaitement immoral, puisqu’au nom de l’impératif du maintien des structures, il conduit à absoudre les responsables du désastre, ce plan est par ailleurs sans doute promis à l’échec pour plusieurs raisons. D’une part à cause de la masse des créances douteuses, qui va croissante au fur et à mesure que la crise s’aggrave et excède chaque jour un peu plus la capacité du budget américain, c’est à dire la crédibilité de la devise US. D’autre part il ne restaurera pas la confiance dans le système bancaire, parce qu’il laisse en place à la tête des établissements des équipes dirigeantes discréditées qui ont fait preuve de leur incompétence mais qui, fortes du soutien implicite des mécanismes mis en place, pourront se livrer à tous les paris les plus dangereux dans l’espoir de forcer le destin - sans même parler de la tentation de se servir à pleines mains tant que l’occasion leur en est encore offerte..."

-Relance : l’Europe n’est pas à la hauteur:
"...parce que ses « fondamentaux » sont beaucoup plus sains que ceux des Etats-Unis, il serait logique que l'Europe sorte plus aisément et rapidement de la crise. Il serait d'ailleurs, du coup, de sa responsabilité de prendre le relais des Etats-Unis afin de tirer l'économie mondiale à un moment où les économies émergentes traversent, elles aussi, une passe très difficile. Or, pour l'instant, rien n'indique qu'on en prenne le chemin : les prévisions de croissance et les anticipations des acteurs sont quasiment aussi négatives en Europe qu'aux Etats-Unis. Et au final, c'est le seul moyen de juger si les efforts de relance sont suffisants ou non, et non la comparaison arithmétique de ces efforts avec les niveaux de choc subits. Cet état de fait est le signe manifeste que les actions des autorités européennes ne sont pas encore à la hauteur de la situation, même si la relance n'aurait en effet probablement pas besoin d'atteindre en Europe l'ampleur du stimulus américain pour sortir, enfin, du cercle vicieux de la dépression..."

-Dedefensa.org : Les tambours de la bataille
-Sommet du G20 de Londres : la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale | AgoraVox:
"...Hélas, comme rien ne vous a préparé à affronter une crise d’une telle ampleur historique, jusqu’à présent, vous ne vous êtes occupés que des symptômes ou des causes secondaires. Vous avez pensé qu’il suffisait d’ajouter de l’essence ou de l’huile au moteur mondial, sans vous rendre compte qu’il était tout simplement cassé, sans espoir de réparation. C’est un nouveau moteur qu’il faut construire. Et le temps presse car chaque mois qui passe détériore un peu plus l’ensemble du système international.Comme dans toute crise majeure, il faut aller à l’essentiel. Comme dans toute crise de dimension historique, le seul choix est entre entreprendre au plus vite des changements radicaux et raccourcir considérablement la durée de la crise et ses conséquences tragiques ; ou au contraire refuser les changements radicaux en tentant de sauvegarder l’existant, pour ne réussir qu’à prolonger durablement la crise et accroître toutes ses conséquences négatives. A Londres, le 2 Avril prochain, vous aurez ainsi le choix entre résoudre la crise en 3 à 5 ans d’une manière organisée ; ou bien au contraire, entraîner la planète dans une décennie terrible.Nous nous bornerons donc ici à mettre en avant trois conseils que nous considérons comme stratégiques, c’est-à-dire, que pour LEAP/E2020, s’ils ne sont pas mis en oeuvre d’ici l’été 2009, la dislocation géopolitique mondiale deviendra inévitable à partir de la fin de cette année...."
-Krugman Predicts U.S. Will Have to ‘Seize’ Big Banks
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-Crise: la bonne cible ?
-Système financier: l'implosion?

lundi 21 septembre 2015

Rhétorique bancaire

 Le roman des banques (suite)
                                                    Plus ça change, moins ça change...

      Dans le monde feutré des banques, une aventure suit l'autre... en toute discrétion.
    Malgré une rhétorique  sans fin, les problèmes ne sont pas réglés, ils ont même rebondi, malgré les réformes annoncées à grand bruit et les doléances des grands groupes bancaires à l'égard de mesures de contrôle proclamées à leur égard, qui n'ont rien changé de fondamental.
"... La loi de séparation bancaire est largement devenue symbolique. Le lobby bancaire, sans pouvoir entièrement réduire la vague réglementaire, a été redoutablement efficace pour en réduire la portée. De l'Union bancaire aux règles prudentielles, les digues semblent toutes incomplètes et garnies de larges crevasses. Et rien ne semble pouvoir stopper une nouvelle vague de l'ampleur de celle de 2007. En réalité, le sujet semble avoir été soigneusement mis de côté dans le débat public et rien ne pouvait davantage satisfaire les milieux bancaires, bien heureux de pouvoir gérer directement et en toute discrétion ces questions avec les pouvoirs en place. L'enjeu, aujourd'hui, est bien de remettre cette question de la maîtrise de la finance et de la nature de l'activité bancaire au centre du débat..."
       Les mesurettes ne doivent pas faire oublier le discours de l'inaction, officiel ou non.
Malgré quelques concessions arrachées, les mastodontes financiers peuvent continuer à dormir sur leurs deux oreilles, continuant à tenir les Etats en otage, comme le redoutait Roosevelt en son temps.
     Leur lobbying est permanent et efficace, même au sein des instances européennes.
Malgré les dissimulations  et les discours lénifiants, les épargnants restent des otages et ne seront plus à l'abri en cas d'une nouvelle crise bancaire. . Une crise systémique n'est pas à exclure.
Le problème des fonds propres, de la capacité à résister à de nouveaux chocs,  reste posé.
  La transparence est loin d'être assurée. L'opacité reste la règle.
Malgré quelques menues révélations.
   Tant que le contrôle bancaire ne sera pas réellement instauré, toute réforme de fond sera vaine. 
   Malgré les réformettes de façade, les mesures purement esthétiques, le système financier est intact, les lessiveuses à argent sale fonctionnent toujours bien, le shadow banking reste prospère...   
      On voit mal comment cela pourrait changer dans un proche avenir. Tant que l'hydre mondiale  exerce son empire spéculatif aux dépends des finances publiques.
    Les médecines utilisées jusqu'ici semblent bien dérisoires et ne traitent que les symptômes.
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vendredi 30 janvier 2009

Euroland : chacun pour soi ?

Crise en Euroland , Euroland en crise..

Tensions vives entre certains pays à la faveur des remous d'une crise qu' exacerbent les niveaux de développement, les différences et les choix politiques. Une certaine cohérence n'est-elle pas menacée ?

A l'épreuve de la crise, les Vingt-Sept se réfugient dans le "chacun pour soi":

"Chaque Etat est tenté depuis d'agir en fonction de ses spécificités nationales"
, constate le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia : "Certains pays ont privilégié l'action sur le taux de TVA, d'autres sur les investissements d'avenir", explique-t-il.L'impact de la "boîte à outils" mise sur pieds dès octobre sous l'égide de Nicolas Sarkozy pour voler au secours des banques s'est quant à lui essoufflé. Trois mois après, le dispositif est jugé "insuffisant". La concertation en vue d'une seconde opération de sauvetage aux banques est cependant embryonnaire. Dans l'urgence, le Royaume-Uni, la Belgique, la France, ou bientôt l'Allemagne, n'ont pas attendu leurs voisins pour reprendre l'initiative.D'inspiration libérale, la présidence tchèque reste sceptique à l'égard d'une nouvelle opération d'envergure. Quant à la Commission européenne, elle a, face à l'interventionnisme de certaines capitales, le plus grand mal à maintenir la cohérence entre les milliards d'euros d'aide d'Etat qui assurent la survie du secteur bancaire. "L'occasion d'une véritable action collective a été manquée dès octobre, lorsque les Etats membres n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un fonds européen de gestion des actifs toxiques", regrette Daniel Gros, le directeur du Centre d'étude des politiques européennes : "Chacun est reparti chez soi prendre des mesures nationales, et l'on assiste à une renationalisation du secteur bancaire."Le "chacun pour soi" touche d'autres secteurs. Dans l'automobile, le plan européen réclamé par les constructeurs reste très modeste. Du coup, ce sont les capitales qui alignent les mesures de sauvetage. "L'essentiel des aides sont de nature fiscale, il n'est donc pas anormal que les Etats gardent la main", nuance un industriel du secteur. Même les pays partenaires d'Airbus – France, Allemagne, Royaume-Uni et Espagne– n'ont pas été capables d'annoncer en commun un plan d'aide à l'avionneur : la semaine dernière, la France a décidé la première d'aider au financement des clients du groupe, obligeant l'Allemagne à se positionner à son tour.Les Vingt-Sept se sont certes mis d'accord pour mettre la Hongrie et la Lettonie sous perfusion, avec l'aide du FMI. La Roumanie pourrait suivre. L'Autriche exige, avec le soutien de Berlin, un plan d'aide aux pays d'Europe centrale et orientale. Mais la "solidarité" dont se targuent les dirigeants européens a trouvé ses limites face à la crise."

- L'euroland au bord de la crise:
Les critères de Maastricht et le pacte de stabilité n'ont pas réussi à rapprocher les économies des pays membres de la zone euro. Les disparités Nord-Sud perdurent et deviennent une véritable bombe à retardement




Tout a commencé avec la crise financière. Celle-ci s'est rapidement transformée en crise économique. Elle pourrait maintenant se muer en crise de l'euro. Dix ans après l'adoption de la monnaie commune européenne, force est de constater que les critères de Maastricht et le pacte de stabilité, qui devaient permettre aux Etats concernés d'harmoniser leurs politiques économiques, se sont soldés par un échec total. En réalité, les écarts de compétitivité entre, d'une part, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Autriche et, d'autre part, la France, l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce n'ont cessé de se creuser et vont encore s'aggraver sous l'effet de la crise économique et financière.
Les pays économiquement plus faibles vont devoir financer la relance de leur économie par un nouvel accroissement de leur dette et devront verser encore plus d'intérêts. La Grèce, par exemple, devra payer deux fois plus que l'Allemagne pour rembourser ses emprunts d'Etat. Il n'y a pratiquement aucun espoir d'échapper à ce cercle vicieux. Autrefois, la dévaluation de la monnaie était l'arme la plus efficace dans ce genre de situation. Cela est aujourd'hui impossible. Désespéré, le gouvernement italien a tenté de négocier avec l'Allemagne pour lancer un emprunt d'Etat conjoint et s'est naturellement fait envoyer sur les roses. Car les Allemands n'ont pas l'intention de payer pour les Italiens.
Ces tensions ne retomberont que si la disparité des économies du Nord et du Sud s'estompe. A défaut, il ne restera d'autre alternative que de sortir de la zone euro.

- La zone Euro en crise avec l'éclatement de la bulle immobilière espagnole et des bulles monétaires spéculatives en Europe de l'Est
- Désormais, les Irlandais sont favorables au traité européen

-Vu d'Allemagne: Et si l'euro implosait ?:
"...Et si l’euro échouait, éclatait? La question n’est plus taboue. Elle se fait sa place discrètement dans les journaux et elle a envahi depuis longtemps les lettres confidentielles et les débats sur Internet. Mais, comme pour le traité constitutionnel européen, les gouvernements n’ont pas prévu de plan B. Que se passera-t-il si la Grèce, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie et même la France sont traversées de tensions économiques et sociales majeures et que l’un de ces pays craque, sur le plan monétaire? La divergence des taux d’emprunt accordés aux gouvernements devient telle que certains, sur les marchés, commencent à parier sur l’éclatement de l’euro. Beaucoup d’analystes soulignent que le problème d’une sortie de l’euro est moins économique que politique: la crédibilité de l’Europe serait en jeu et il suffirait qu’un pays sorte pour provoquer une réaction en chaîne...

Dislocation du marché mondial, dislocation de l’Union européenne ? | AgoraVox
-La défaillance des économies d'Europe centrale et orientale s'impose au G4

-Le dilemme de la “déglobalisation

mercredi 7 octobre 2009

USA: chômage en hausse

Un chômage destiné à durer

-"Le taux de chômage réel aux Etats-Unis atteint 16% si l'on prend en compte les "travailleurs découragés" et ceux qui ne travaillent pas autant qu'ils le souhaiteraient, a déclaré mercredi Dennis Lockhart, un des responsables de la banque centrale (Fed) américaine.

-"On doit .. s’attendre à une sortie de crise construite sur l’accentuation du chômage, et une économie en stagflation combinant une inflation déterminée par le gonflement des liquidités créées par les plans inefficaces des États, avec une déflation générée par les effets des gains de productivité qui alimenteront des concurrences féroces dans les secteurs industriels et des services, en se traduisant par des baisses de prix en cascade.Le monde occidental est donc entré dans une ère permanente de chômage, au moins pour de nombreuses années"(André Serra)
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-L’ère du chômage est commencée:

"L'information sur la crise en cours, à laquelle nous devrions avoir droit, nous est souvent livrée à l’état brut, ou strictement interprétée à l’aune d’une réalité dépassée, seulement un peu bousculée par la "crise ambiante. Or, toutes les dispositions prises par le pouvoir politique tendent à nous faire revenir à la situation qui prévalait avant l’explosion des subprimes, alors que les acteurs, consommateurs et entreprises, ont tiré de cette crise des enseignements tout à fait différents. Décrivons ces trois états :- Pour le gouvernement des É-U et quelques autres, il n’est question que de revenir à la situation de surendettement des particuliers qui prévalait avant que la crise n’éclate en 2008, comme si les effets de celle-ci se limitaient à l’épisode des subprimes, et qu’une fois supprimés les effets de cet épisode, on pourrait faire repartir la croissance comme si rien ne s’était vraiment passé. C’est ignorer volontairement que ses causes s’étendaient, elles, à la situation de surendettement général de la totalité de l’économie de ce pays, État compris.-Pour le gouvernement des É-U, la seule façon de sortir de la crise consistait donc à recréer les conditions voulues pour que le système bancaire redistribue ses prêts aux particuliers, de manière à ce que ces derniers relancent la croissance, par une consommation aussi irresponsable que celle qui annonçait la crise, comme si rien d’autre n’avait changé entre temps. Or, s’il y avait eu crise, c’est qu’il y avait problème, et s’il y avait problème c’est qu’on n’en avait pas vraiment compris les origines, ni la nature profonde.C’était là considérer les acteurs économiques, tant consommateurs qu’entreprises, pour des ignares, le gouvernement et son administration possédant seuls, a priori, la compétence voulue pour tirer d’affaire le pays. C’était faire preuve ainsi d’un effarant esprit simpliste, et d’une grande incompétence. Les politiciens qui règnent actuellement dans le monde ne sont vraiment plus à cet égard que des « faiseurs de crises » irresponsables.Ils ont tout simplement oublié que toute crise, qu’elle soit économique, sociale ou simplement politique, débouche toujours sur un nouvel équilibre de la société, très différent de celui que, précisément, la crise a eu pour effet de- Les consommateurs ont, semble-t-il, mieux compris l’esprit de la crise que leurs dirigeants. Le spectacle à leurs portes des saisies immondes, dont ont été victimes les familles qui crurent dans les artifices des vendeurs d’hypothèques, leur a davantage ouvert les yeux qu’à ceux des politiciens. Cette vision a agi sur eux à la manière d’un électrochoc salutaire, provoquant la prise de conscience de leur propre fragilité financière, créée par leur propre surendettement. Il devint clair en effet pour eux que la crise avait été déclenchée par l’insolvabilité d’une partie importante des consommateurs à subprimes. Et ils ne se sentaient eux-mêmes qu’à quelques encablures de la même situation.
-Bien sûr, le nœud gordien du déclenchement de la crise était-il lié à de téméraires créations financières, les contrats immobiliers à subprimes. Mais les consommateurs prirent également conscience du fait que ces initiatives avaient été consécutives à l’arrêt du boom immobilier solvable, et avaient eu pour but de prolonger ce boom au-delà de ce que l’économie pouvait décemment supporter. La crise ne pouvait donc s’arrêter à leur porte, car l’insolvabilité générale des É?U était déjà largement connue de tous. Le péril était fort proche.Alors naquit assez rapidement la tendance des particuliers à se défaire le plus rapidement possible de leurs propres dettes, en épargnant le plus possible, donc en consommant moins. Fort naturellement, cette tendance s’étendit à l’ensemble des É-U en quelques mois. Plus réalistes que ceux qui les dirigeaient, les consommateurs ont donc choisi le chemin de la sagesse. C’est ainsi que le taux moyen d’épargne des Étasuniens est passé en près de deux ans, de -3% en décembre 2007, à très près de +8% en octobre 2009.- Les entreprises suivirent un raisonnement parallèle à celui des consommateurs. Pour elles, l’analyse de cette crise, ramenée à une vision réaliste des mouvements économiques en cours, débouchait sur la constatation que sa caractéristique fondamentale était d’être une crise de surproduction immobilière, et non une crise financière, même si ses premiers effets ressentis étaient, de façon logique, d’ordre financier.Il ne faut en effet jamais prendre les effets des phénomènes pour leurs causes, et inversement. Voilà une vérité dont les gouvernements occidentaux, G8 et compagnie, ont voulu faire l’économie, et qui va compromettre leur sortie de crise. Or, toute surproduction immobilière dissimule ou précède une surproduction plus générale, dans la mesure où l’une et l’autre se développent dans un même cadre financier, et ce phénomène n’a pas échappé à la plupart des entreprises.On pourrait illustrer cette réalité en la comparant à une voiture dont le moteur ne devrait pas être poussé au-delà de 5500 tours, mais dont le conducteur, néanmoins, le pousse à 6000 tours pour augmenter sa jouissance personnelle. Dans ce cas, inutile d’être grand clerc pour comprendre qu’un tel moteur aura une longévité fort réduite. Cette métaphore représente pleinement la croissance étasunienne des dix dernières années, où l’écart entre les 5500 et les 6000 tours représenterait, dans l’économie de cette époque, ce qu’a été pour elle le surendettement provoqué par la surconsommation à crédit.

Malgré cela, les pouvoirs publics cherchent encore à inciter les entreprises à investir, croyant naïvement que l’investissement pourrait être l’ébauche d’une nouvelle croissance. Ils pensent que la reprise des investissement porterait sur des achats destinés à augmenter la production, ou à créer de nouveaux produits qui allècheraient les consommateurs.-Or, les chefs d’entreprises vivent à l’écart des grands concepts agités par les politiciens et les économistes théoriciens. Ils ont le nez sur le pare-brise du milieu dans lequel ils baignent, composé de clients, de fournisseurs et de concurrents. Sans avoir peut-être objectivé le concept de surproduction à l’échelle nationale ou mondiale, ils ont en tout cas compris que ce n’était pas le moment d’accroitre le volume de leur production, car, au contact de leur clientèle (certains diraient : « de leur marché »), il leur est possible de constater qu’entreprises et consommateurs doivent être en phase, bien loin des considérations des gouvernements idéologiques.-Si les consommateurs épargnent afin de pouvoir survivre à la crise, que font donc les entreprises dans ce même but ? Hé bien elles investissent, c’est-à-dire le contraire de leurs clients, mais certainement pas en vue de produire davantage.-Ce que les entreprises cherchent en effet à faire, ce sont deux choses. La première, déjà très avancée, a consisté à réduire leurs effectifs au strict nécessaire pour les besoins de leur marché, en brusque minimalisation du fait du chômage et de l’augmentation de l’épargne, dont l’effet immédiat est de diminuer la demande. L’économie se trouve donc à mille lieues de pouvoir repartir sous une incitation artificielle à revenir à l’endettement passé, ce que les supputations Obama/Geithner/Bernanke n’ont absolument pas pris en compte dans leurs plans. Plus fort, ils s’apprêtent à en remettre une couche… !La seconde chose à laquelle les entreprises sont en train de travailler, c’est de diminuer leurs couts, pour se mettre en position favorable de compétitivité face à ce que j’appellerais “la concurrence de sortie de crise“, car la crise actuelle, nécessairement, s’achèvera par la mise hors course d’une quantité d’entreprises, petites ou grandes, par liquidation (ou faillite) pure et simple, ou bien rachat (ou fusion). Trop d’entreprises se partagent un marché de plus en plus en phase de réduction, au moins pour l’instant.Or, la seule part des prix de revient sur laquelle les entreprises peuvent agir assez librement et avec efficacité est celle des couts de personnel, dans la mesure ou les couts sociaux qu’ils comprennent sont en hausse constante, notamment en raison du fait que les États, face à leurs propres déficits, tentent de s’en décharger de plus en plus sur leurs citoyens par l’augmentation des cotisations (assurance maladie et chômage …).

. À
Le resserrement des couts de personnel commence évidemment par celui des effectifs, et celui-là ne peut être réalisé que par des progrès dans la productivité de l’entreprise, une fois réalisée l’élimination du personnel surnuméraire;A son tour, la productivité du travail, à égalité de production, ne peut être obtenue que par des investissements ciblés : allègement des procédures de travail et augmentation des automatismes de production et de livraison. Dans l’un et l’autre cas, les investissements correspondants font appel à des spécialistes de l’organisation du travail, conjointement avec des renouvellements de matériel permettant la fusion de deux ou plusieurs étapes des chaines de production et/ou l’accroissement de la fluidité de cette chaine (diminution du temps de permutation de produits sur un même ensemble de machines, particulièrement nette, par exemple, dans l’imprimerie). Or ces différentes dépenses d’investissement sont totalement passibles d’un financement bancaire, ce qui ne peut être le cas d’une embauche de personnel supplémentaire. Le choix de la meilleure solution est évident-Cette tendance est actuellement centrale, bien que tout à fait invisible aux yeux de l’opinion publique. C’est elle qui permettra aux entreprises de rester dans le marché, et de survivre à toutes les nouvelles contraintes qui s’exercent sur elles. Les licenciements secs se poursuivront donc encore longtemps, et pas seulement au niveau des emplois précaires. Beaucoup de postes d’encadrement seront également concernés, car remplacés par des procédures informatisables.On doit donc s’attendre à une sortie de crise construite sur l’accentuation du chômage, et une économie en stagflation combinant une inflation déterminée par le gonflement des liquidités créées par les plans inefficaces des États, avec une déflation générée par les effets des gains de productivité qui alimenteront des concurrences féroces dans les secteurs industriels et des services, en se traduisant par des baisses de prix en cascade.Le monde occidental est donc entré dans une ère permanente de chômage, au moins pour de nombreuses années. J’en suis le premier désolé. Il est temps que les gouvernements en prennent conscience. Cela prendra cependant du temps. D’ici là de grands bouleversements risquent bien d’intervenir."(André Serra)

[L'ère du chômage est commencée - AgoraVox]

-Aux Etats-Unis, le chômage au plus haut depuis quinze ans
- - Recherche Google
-USA: le taux de chômage monte plus que prévu

-USA: le taux de chômage réel atteint 16% selon un responsable de la Fed :
"Le taux de chômage réel aux Etats-Unis atteint 16% si l'on prend en compte les "travailleurs découragés" et ceux qui ne travaillent pas autant qu'ils le souhaiteraient, a déclaré mercredi Dennis Lockhart, un des responsables de la banque centrale (Fed) américaine."Si l'on prend en compte les gens qui voudraient un emploi mais ont cessé d'en chercher un (les travailleurs dits "découragés") et ceux qui travaillent un nombre d'heures inférieur à ce qu'ils souhaiteraient, le taux de chômage passerait des 9,4% officiels à 16%", a déclaré M. Lockhart lors d'un discours à Chattanooga, dans le Tennessee (Sud des Etats-Unis).Ces deux catégories de personnes sont recensées chaque mois par le département du Travail, chargé de publier les chiffres officiels du chômage.Mais les "travailleurs découragés" sont exclus de la population active et les personnes contraintes de travailler à temps partiel du fait de la conjoncture économique sont comptabilisées comme des personnes employées, ce qui fait que ni les uns ni les autres n'apparaissent dans le taux de chômage officiel.Selon les derniers chiffres du ministère, celui-ci était de 9,4% fin juillet. Les Etats-Unis comptaient alors près de 15,5 millions de chômeurs "officiels", auxquels s'ajoutent près de 9 millions de personnes à temps partiel malgré elles, et près de 800.000 chômeurs "découragés".M. Lockhart, qui dirige l'antenne de la Réserve fédérale à Atlanta, en Géorgie (Sud des Etats-Unis), est le premier responsable de la Fed à reconnaître ainsi l'ampleur réelle du chômage. Il vote cette année au Comité de politique monétaire de la Fed, l'organe chargé de prendre les principales décisions de la banque centrale.Jugeant que le rythme de la reprise du marché de l'emploi risquait d'être "péniblement longue", M. Lockhart a estimé en substance qu'il serait difficile pour les autorités d'agir contre le chômage en augmentant davantage la dépense publique."Les effets complets (du plan de relance budgétaire promulgué en février) ne sont pas encore clairs" a-t-il dit, selon le texte de son allocution remis à la presse à Washington, et faisant ouvertement mention des "craintes" qui ne manqueront pas de s'exprimer si l'on "ajoute à la dette nationale", qui atteint des sommets."
-Les hommes, premières victimes du chômage aux Etats-Unis

- A quels indicateurs se fier dans la crise ?:
"...au-delà des indicateurs financiers, les états triturent de plus en plus les chiffres officiels du chômage dont, en général, tous pays confondus, notre équipe estime qu'ils ne reflètent plus que 50% à 70% de la réalité en matière de pertes d'emploi. Plus la situation va s'aggraver, plus cet écart avec la réalité va s'accroitre car les politiques et les bureaucrates préfèrent toujours mentir que reconnaître qu'ils échouent. Ils se convainquent de la légitimité d'une telle attitude en se disant qu'il faut « gagner du temps ». Pourtant, en matière de chômage, ils sont les victimes de leur propre communication. En effet, on a vu se multiplier les affirmations définitives d'économistes patentés (qui en général ont découvert la crise et sa gravité quand les grands médias en ont fait leur titre) assurant que le taux de chômage est un indicateur décalé dans le temps, un « indicateur attardé » en somme. C'est une affirmation très intéressante, et probablement vraie dans les crises « classiques », non systémiques, mais, en l'occurrence, dans le cas de la crise actuelle, c'est faux. L'ampleur et la rapidité de la montée du chômage ont construit une vague immense, destructrice de consommation, d'investissement, d'emplois qui ne va commencer à se faire sentir aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, dans la zone Euro, au Japon et en Chine qu'à partir de l'été 2009. Cette fois-ci, le chômage ne sera donc pas un indicateur attardé, mais bien un indicateur avancé car il génère sa propre phase de la crise..."
-L'Etat US, consommateur de dernier recours
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-USA : réalité des chiffres
-Chomage : chiffres fiables ?