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mardi 23 juin 2020

Too big to fall?

Hypothèses pour demain
                                    Trop énorme pour sombrer...
      ...Disait-on des très grosses banques pendant la crise de 2008.
         Les Etats ne pouvaient que les soutenir, car leur importance était telle dans l'économie que leur effondrement auraient entrainé celle de pans de production d'importance et de manière massive. Donc il fallait les sauver, quelles que fussent leurs erreurs et leurs fautes, dans une économie où la finance avait pris le premier plan.
    Toutes proportions gardées, on peut dire la même chose de la chute des économies actuelles, bien que les causes soient complètement différentes, sans oublier que beaucoup de banques ne sont pas si  solides que cela, à commencer pas la Deutsche Bank, et qu'il faudra peut-être dix ans pour se relver.

    Il faut sauver l'économie, c'est une évidence, ainsi que ses fondamentaux. C'est déjà en route, ça se discute encore au niveau d'une Europe qui semble sortit de sa torpeur et de ses égoïsmes. Mais pour combien de temps le mot d'ordre "quoi qu'il en coûte" pourra-t-il tenir?
   Sauver l'avenir ou le changer, en réorientant l'économie et en inventant de nouvelles productions porteuses d'avenir: un immense défi nous attend, mais personne n'est sûr qu'il soit réussi dans ses grandes lignes, tant sont grandes les forces qui tiennent au monde d'avant, tant l'Etat a perdu de pouvoir pour mettre le pays sur de nouveaux rails, même s'il se fait pour un temps stratège. Macron n'est pas Roosevelt.
  Nous sommes à un point de bascule où tout peut devenir possible et où il est difficile d'anticiper quoi que soit, même s'il n'est pas interdit d'espérer. Mais sans trop rêver. L'urgence crée la nécessité, mais elle peut être aussi pleine de risques...
  Comme dit un analyste, dans une approche très ambivalente:  
          ".... Pour que ce monde d’après advienne, il faudrait une modification substantielle des fondamentaux de notre mode de vie et de notre modèle de développement économique. Et, disons-le tout de go : ces dimensions ont peu de chance d’évoluer en profondeur.
Non seulement parce que nos sociétés ont une inclination naturelle à l’inertie, mais aussi parce que notre système économique mondialisé est en quelque sorte devenu… « too big to fail » (trop gros pour échouer).   Cette expression, employée à l’origine pour les banques, traduit l’idée que la chute d’une organisation aura de telles répercussions que les pouvoirs publics ne peuvent plus se permettre de la laisser disparaître, quelles que soient ses difficultés.    Osons une rapide analyse articulée autour des principales catégories d’agents et de quelques exemples emblématiques qui semblent indiquer que c’est désormais l’ensemble du système économique mondial, qui n’a jamais été aussi interdépendant, auquel on peut dorénavant accoler l’étiquette « too big to fail ».   Résultante logique de plusieurs décennies d’accélération sur le front de la mondialisation économique et de la libéralisation des échanges commerciaux et financiers, jamais dans l’histoire nos économies n’ont été aussi interconnectées. Les chaînes de valeur sont fragmentées à l’échelle de la planète, les dettes publiques et privées sont toujours plus largement détenues par des intérêts étrangers, le prix des matières premières se détermine sur des marchés financiers globalisés, et les grandes entreprises visent un marché d’emblée mondial, et ne réalisent plus qu’une faible part de leurs activités dans leurs pays d’origine.   Ce niveau d’intrication inédit a rendu les grandes économies mondiales plus interdépendantes que jamais. Ainsi, la crise sanitaire de la Covid-19 nous a privés de nombreux biens de consommation dont une part substantielle du processus de production se trouve délocalisée à l’autre bout de la planète.    Réjouissons-nous toutefois. C’est parce que nos économies sont interdépendantes et que la crise sanitaire n’a épargné aucune d’entre elles que nous ne devrions pas connaître, même au plus fort de la crise économique qui se profile, une récession aussi forte qu’elle n’aurait pu l’être.    En effet, l’ensemble des États et des banques centrales ont décidé, dans des temps record, des injections massives de liquidités pour soutenir l’économie, en s’affranchissant d’ailleurs de tous les dogmes de maîtrise des déficits publics qui ont guidé leurs politiques ces dernières années.    Certes, des asymétries existeront, et certains États étant plus durement touchés que d’autres manipuleront le levier budgétaire avec moins de parcimonie. Mais dans l’ensemble, à la sortie de la crise sanitaire, les grandes économies de ce monde se seront davantage endettées… auprès d’elles-mêmes, de leurs populations, et d’investisseurs étrangers. Et le bilan de la plupart des banques centrales sera hypertrophié....      Bien naturellement, cette analyse pourra être interprétée selon le prisme du réalisme par certains, de la dystopie pour d’autres. Comme toute vision prospective un rien provocatrice, elle n’a pour autre objectif que d’ouvrir le champ des possibles, de heurter nos imaginaires et d’inviter à l’introspection et la réflexivité.    Il n’y a pas de fatalité à ce que nos sociétés, que nous avons présentées comme profondément enclines à l’inertie, reproduisent à l’identique les schémas du passé.    Mais, c’est précisément parce que les forces de rappel sont multiples et puissantes, qu’aucun changement structurel majeur ne pourra advenir sans un élan volontariste partagé entre les sphères politique, entrepreneuriale, et citoyenne. Le « monde d’après » sera ce que nous déciderons d’en faire, collectivement. Pour le pire, mais peut-être bien, pour le meilleur....."
                                            __________________________________

mercredi 22 mars 2023

Faire crédit...

    Aux banques?...

               Le dernier épisode bancaire de nos voisins helvètes, comme celui concernant la Silicon Valley, vient nous rappeler qu'un système bancaire, même de fondation ancienne, n'est pas à l'abri de remous importants, d'une gestion défaillante, d'imprévisibilité manifeste, de pratiques douteuses. Un petit retour sur la période 2008, qui a vu des Etats voler au secours de grandes banques, nous le rappelle. C'était l'époque où on coula Lehman Brothers pour en sauver d'autres et où l'internalisation du désastre se répandit partout, obligeant les Etats à pratiquer une cure d'austérité qui s'étala sur des années, aux dépends des plus modestes.   


                                                                       Sans la confiance, la monnaie devient source de violence sociale, parfois de régressions immenses, comme aux USA dans années 30 et en Europe par la suite. Mais peut-on faire toujours confiance à une banque d'importance? La question se pose toujours, malgré les réformes entreprises, souvent plus esthétiques que fondamentales, souvent par nécessité (too big to fall) et les déclarations triomphales de Nicolas Sarkozy disant: la crise, c'est fini! De sérieux avertissements reviennent périodiquement, comme les "déboires" de la Deutsche Bank ou d'autres encore moins regardantes sur certaines pratiques peu orthodoxes. Et c'est reparti! avec des conséquences sans doute moins élevées! Le Fed veille (mal) au grain. Le risque de contagion est sans doute moins grand qu'à une certaine époque. Mais on découvre que le vénérable Crédit Suisse n'est pas tout à fait ce qu'il prétendait être. Il est comme un casino. Il a ses petits secrets. Des sommes folles engagées depuis des années dans des affaires douteuses et frauduleuses. Il paie le prix de ses scandales. Et ce n'est pas une exception, le pillage fiscal continue, si on va dans certains pays où l'on est encore moins regardant sur le recyclage de l'argent sale par exemple. La Suisse a une tradition de "neutralité", qui ne va pas sans nombre de compromissions.                                         Malgré certaines règles de régulation introduite ici ou là, les risque d'un nouveau krach n'est pas exclu. La confiance peut être vite érodée. Le précédent de la banque Law a laissé des traces. La contagion peut vite arriver, les réformes entamées ont été minuscules et il y a encore des trous dans la raquette...                                                                                             __      Si vous voyez un banquier se jeter par la fenêtre, sautez derrière lui : vous pouvez être sûr qu'il y a quelque profit à prendre." (Voltaire)                         __      Ludwig Von Mises : « Nul économiste ne sait ni le jour ni l’heure d’une crise économique et financière » _____________________

vendredi 21 octobre 2016

Mais jusqu'où ira citizen Drahi..?

 ...Dans son irrésistible ascension médiatico-financière?
                                                                                          Il est (très) riche, il est discret, il est cosmopolite, il aime les affaires, en France ou à l'étranger, il veut agrandir sans cesse ses acquisitions
     Parti de rien, ce self-made man boulimique est un grand dégraisseur, ce qui fait plaisir aux banques, qui lui ouvre leurs coffres sans hésiter, même avec 50 milliards de dette.
   Il ne dédaigne pas les paradis fiscaux, habitant lui-même le paradis helvète. Pour des raisons qu'on devine.
   Il a appris les leçons de la crise financière: avec un peu d'audace, les banques peuvent être tenues par les c... Quand on contracte un petit emprunt, la banque nous tient, mais s’il s’agit d’un gros emprunt, c’est nous qui tenons la banque, parce qu'elle ne peut pas risquer de perdre une somme importante. 
     Too big to fall, comme on dit à Wall Street.

        A cheval sur l'écrit et le numérique, il rachète tout ce qu'il peut, même s'il ne connaît rien au métier de la presse, mais il peut ainsi imposer discrètement une censure efficace, surtout indirecte, en plaçant ses hommes, car il détient le nerf de la guerre, comme le rappelle le journaliste Laurent Mauduit, qui a officié à Libération et au Monde, faisant le bilan de la concentration rapide et inquiétante et de la dépendance galopante de la plupart des grands medias, devenus marchandises.
     Pas forcément toujours très rentables, mais constituant un bon retour sur investissement, ne serait-ce qu'en terme d'image et d'influences...comme son partenaire V. Bolloré...et les autres. Une poignée de magnats se disputent la presse, sur les ruines de l'empire Hersant. (*)
      Il bénéficie des aides de l'Etat et l'indépendance de la presse  semble  assez secondaire à notre docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem, mais businessman d'abord.
      Des méchants le considèrent comme une poulpe médiatique à l'appétit sans limite.
Sa gourmandise semble ne pas avoir de limites, un peut comme JM Messier à une époque. Mais l'opacité est sa passion.
    Il a une vision très particulière de la gestion des ressources humaines, du rapport au pouvoir politique ..; et des lois de la gravitation: 
        Auditionné en en tant que président-directeur général du groupe Altice par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale, il défend implicitement pour la France une réduction du nombre de semaines de congés payés et une augmentation du temps de travail au nom de la compétitivité. « Les Chinois travaillent 24 heures sur 24 et les Américains ne prennent que deux semaines de vacances… », « C'est là, le problème pour nous… », affirme-t-il avant d'ajouter « Mon modèle, ce n’est pas les deux semaines de congés payés, mais par rapport à ceux qui travaillent plus, on avance moins vite : ce sont les lois de la gravitation, si vous le permettez… »
    On l'a décrit comme un magnat compulsif, qui semble faire du montage à la Ponzi.
      Tant que les banques font confiance!...Plus il emprunte, plus on lui prète..On ne prête qu'aux riches.
     Mais jusqu'où ira-t-il, notre financier aux montages financiers risqués?
           Les arbres, même géants, ne montent pas jusqu'au ciel.
                   Tout empire est mortel, surtout s'il est bâti sur du sable.
                        La voracité de l'appétit, la fuite en avant de Mister Drahi en inquiètent plus d'un, abstraction faite des blitzkriegs mortels sur les organes d'information.
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(*) __ ...Ils se disputent les principaux journaux, télévisions et radios du pays comme dans une gigantesque partie de Monopoly. « La presse se concentre comme tous les marchés matures, et cela entraîne une recomposition du paysage médiatique », décrit au journal Le Monde l’historien des médias Patrick Eveno, notant l’irruption de nouveaux acteurs, notamment d’industriels des télécoms, qui« ont de gros moyens financiers ». Tour d’horizon de ces magnats des médias.
 - Patrick Drahi, 52 ans, est l’investisseur tous azimuts du moment. L’homme d’affaires franco-israélien, qui a lancé en 2013 la chaîne d’information internationale i24News en Israël, a depuis racheté Libération mais aussi le groupe L’Express et BFM TV. À la tête du groupe de télécommunications Altice et de Numéricable-SFR, sa fortune est estimée à 18,6 milliards de dollars.  -- Vincent Bolloré, 63 ans, industriel français PDG du groupe éponyme, défraye la chronique depuis la rentrée 2015. Président du conseil de surveillance depuis 2014 de Vivendi, propriétaire de Canal +, le Breton a profondément remanié la grille et l’état d’esprit de la chaîne cryptée. Le milliardaire a notamment placé ses proches aux postes à responsabilité et empêché la diffusion d’un documentaire sur le Crédit Mutuel et la fraude fiscale.
  - Xavier Niel, 48 ans, est le fondateur d’Illiad, groupe de télécommunications français, maison mère du fournisseur d’accès à Internet Free. En juin 2010, il s’est associé à Pierre Bergé et Matthieu Pigasse pour prendre le contrôle du quotidien Le Monde. C’est la 9ème fortune de France avec un patrimoine de 10,3 milliards de dollars
.- Bernard Arnault, 66 ans, est le propriétaire et PDG du groupe de luxe LVMH. Deuxième Français le plus riche du monde (29 milliards de dollars) derrière sa compatriote Liliane Bettencourt, l’homme d’affaires possède également le groupe Les Echos. En mai 2015, il a fait part de sa volonté de racheter le quotidien Le Parisien au groupe Amaury pour 50 millions d’euros
.- Arnaud Lagardère, 54 ans, héritier du groupe Lagardère, dit vouloir se concentrer désormais surses titres les plus influents, dont le Journal du dimanche, Paris Match ou encore Elle. Ainsi qu’Europe 1 en matière d’audiovisuel. Arnaud Lagardère possède également RFM, Virgin Radio,Public ou encore Télé 7 Jours
 - Serge Dassault, 90 ans, PDG du groupe industriel Marcel Dassault et sénateur Les Républicains (LR) de l’Essonne possède le Groupe Figaro, comprenant les magazines Le Figaro Magazine ouMadame Figaro. Rentable ces dernières années, le groupe estimait avoir la taille critique nécessaire et se concentre désormais sur la numérisation. Il a toutefois cherché récemment à acquérir des titres spécialisés de L’Express-Roularta ou à obtenir une fréquence de télévision TNT en Ile-de-France. (Arte)
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- Guerre dans les Télécoms
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mercredi 19 janvier 2011

Banques sous tutelle?

Contrôler les banques

Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales. En raison de leur petit nombre d’une part et de leurs profits financiers considérables d’autre part, nous défendons l’idée que ces banques forment aujourd’hui un oligopole particulièrement puissant à l’échelle internationale. Reléguant les banques centrales au second plan, c’est-à-dire les cantonnant à de simples pourvoyeuses de la liquidité dont il a besoin, cet oligopole est le véritable régulateur des marchés monétaires et financiers mondiaux. C’est lui qui est le maître d’ouvrage du mur de l’argent qui se bâtit sous nos yeux.Cet oligopole n’est évidemment soumis ni à un contrôle politique, ni a fortiori à un contrôle démocratique. Tout juste est-il contraint par des règlements prudentiels de portée limitée et élaborés pragmatiquement a posteriori, ou encore par des normes issues d’une autorégulation professionnelle, une fois que les difficultés ou les catastrophes ont été malheureusement constatées..."(Attac)
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___Des règles et des principes existent. Mais leur trop grande généralité et le manque d'une instance régulatrice fait le plus souvent défaut ou manque d'impartialité, de pouvoir d'action et de sanction.
_En France, des outils de contrôle sont disponibles, apparemment efficaces en régime normal, mais qu'en est-il en période d'échanges planétaires constants,d'euphorie financière, de fabrication illimitée de produits financiers sophistiqués parfois obscurs, de dérives spéculatives subies ou provoquées?
_L'affaire Kerviel a montré comment un système pouvait se laisser emporter par les pires pratiques financières, jusqu'à se mettre en danger.
_Un contrôle bancaire digne de ce nom et efficace ne peut être strictement technique
car on vu comment on pouvait "s'arranger avec les comptes" , avec le complicité d'autres banques et des agences de notation, à la fois juges et parties.
Le cas de la Fed est exemplaire, qui a couvert maintes dérives.
"Quand les crises financières sont des crises strictement boursières, elles peuvent avoir des conséquences mais celles-ci sont assez vite absorbées par le système. Mais quand les crises financières débouchent sur des crises bancaires, elles deviennent graves, voire très graves. Si la crise des années trente a commencé par une crise boursière, c’était d’abord une crise bancaire imputable à une erreur de politique monétaire de la Banque fédérale de réserve américaine qui n’a pas refinancé les banques alors qu’elles en avaient besoin pour faire face aux demandes de retraits. C’est alors que la crise bancaire s’est enclenchée et c’est devenu une catastrophe mondiale. Si la crise des subprimes suscite un peu plus d’inquiétude que les précédentes, c’est parce que, avant d’être une crise boursière, c’est une crise bancaire dont les conséquences pourraient être, outre des faillites bancaires, le resserrement du crédit par les banques, c’est-à-dire, d’une certaine manière, l’assèchement du financement du système productif et des difficultés pour ceux qui ont beaucoup emprunté et comptent sur le renouvellement de leurs emprunts pour vivre..."

__Comme on a pu le voir, le pouvoir des banques peut être redoutable, surtout quand elles sont assez grosses pour pouvoir espérer un renflouement public en cas de malheur (too big to fall).(-1-)
L'ampleur du danger, qui est loin d'être circonscrit, est tel que maintes voix s'élèvent pour réclamer plus que des contrôles souvent formels et insuffisants, voire impossibles, mais une mise sous tutelle des organismes bancaires, surtout de dépôts, pour les remettre sur les rails et leur imposer des pratiques conformes à l'intérêt général.
_______________Comme Susan George, qui prône une mise sous tutelle des banques , une tutelle non pas médiatique, mais réelle, ce qui ne signifie pas pour elle une nationalisation au sens strict.
"...Goldman SachsEt d'autres (qui ont fait dans la démesure, la plus totale opacité et l'absence absoluede contrôle, parfois politiquement appuyés, encouragsé par la Fed)... Ce marché est colossal. C'est 600 000 milliards par an. L'investissement va dans les produits financiers sans passer par l'économie réelle. Il faut instaurer une loi Glass-Steagall[adoptée aux Etats-Unis après la crise de 1929, ndlr] pour les banques, pour séparer les activités de crédit et d'investissement.Dans un pays, on peut aussi dire aux banques : « Vous allez prêter en priorité aux PME-PMI, surtout celles qui ont un projet écologique ou social. » C'est un contrôle du crédit, dans le sens où il y aurait des bénéficiaires prioritaires ; mais on ne va pas nationaliser toute l'économie..."
______Arnaud Montebourg pointe aussi la passivité des institutions, qui prépare objectivement de nouvelles crises

"Maintenant ce sont les institutions publiques qui sont attaquées par le système bancaire qu’on a renfloué avec l’argent des contribuables. Nous avons un paradoxe. Sur le plan structurel, nous avons fait des progrès vers le féféralisme, ce qui est un bien. Mais sur le plan de la régulation des marchés, nous faisons une politique de sur-place depuis deux ans. Toutes les déclarations dans les G20, les déclarations européennes de transformation du système financier sont restées lettre morte. Il n’y a pas eu une seule mesure prise..."
______F.Lordon va plus loin, jugeant la crise financière non réglée et la situation gravissime. Il y a nécessité de saisir les banques , pour arrêter leur pouvoir intrinsèque de nuisance et leur imposer une régulation publique.
"La faillite technique des banques a au moins un effet intéressant : elle permet de leur mettre la main dessus. Et à pas cher en plus. Les arguments de principe pour une recommunalisation du système du crédit abondent ; la situation de faillite leur offre leurs conditions de réalisation – et même de réalisation modique. Car si la nationalisation intégrale est la première étape du processus de recommunalisation du bien commun bancaire, avant la mutation ultérieure en système socialisé du crédit , la situation critique de la faillite générale offre la possibilité d’opérer cette nationalisation par simple saisie.__A l’inverse des pratiques ordinaires du redressement des entreprises en difficulté, il n’y a pas de solution privée à l’effondrement global des institutions bancaires qui condamne dès lors irrémédiablement leurs actionnaires à la vitrification. Le sauvetage public, quelle qu’en soit la modalité, n’a donc aucun compte à tenir de cette population spéciale qu’on peut d’ores et déjà tenir pour annihilée, conformément d’ailleurs à l’esprit même du capitalisme des sociétés par actions : les apports en fonds propres ne sont pas récupérables et les actionnaires n’acquièrent leur part de propriété (et les droits afférents aux dividendes) qu’en contrepartie d’accepter une perte définitive en cas de faillite – nous y sommes. Saisir les banques faillies n’a donc aucun caractère d’attentat à la propriété puisque la propriété a été anéantie par la faillite même, la faillite étant de ce point de vue l’équivalent capitaliste de la bombe à neutrons qui tue les droits de propriété en laissant intacts les bâtiments, les équipements et même, quoique pendant un temps relativement court, les humains salariés capables de les faire marcher. C’est tout cela qu’il faut récupérer..."

mardi 20 août 2024

La chute?

       "Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel"  (proverbe chinois)

  Mais jusqu'où ira citizen Drahi, le boulimique..? Dans son irrésistible ascension médiatico-financière?

                 Tout  ne se passe comme prévu pour l'homme qui montait, qui montait...Avec l'assentiment des banques, qui commencent à douter. La faillite serait-elle en vue? Il est (très) riche, il est discret, il est cosmopolite, il aime les affaires, en France ou à l'étranger, il veut agrandir sans cesse ses acquisitions.

     "Parti de rien, ce self-made man  est un grand dégraisseur, ce qui fait plaisir aux banques, qui lui ouvre leurs coffres sans hésiter, même avec 50 milliards de dette.
   Il ne dédaigne pas les paradis fiscaux, habitant lui-même le paradis helvète. Pour des raisons qu'on devine.
   Il a appris les leçons de la crise financière: avec un peu d'audace, les banques peuvent être tenues par les c... Quand on contracte un petit emprunt, la banque nous tient, mais s’il s’agit d’un gros emprunt, c’est nous qui tenons la banque, parce qu'elle ne peut pas risquer de perdre une somme importante. 
     Too big to fall, comme on dit à Wall Street..."

        A cheval sur l'écrit et le numérique, il rachète tout ce qu'il peut, même s'il ne connaît rien au métier de la presse, mais il peut ainsi imposer discrètement une censure efficace, surtout indirecte, en plaçant ses hommes, car il détient le nerf de la guerre, comme le rappelle le journaliste Laurent Mauduit, qui a officié à Libération et au Monde, faisant le bilan de la concentration rapide et inquiétante et de la dépendance galopante de la plupart des grands medias, devenus marchandises.
     Pas forcément toujours très rentables, mais constituant un bon retour sur investissement, ne serait-ce qu'en terme d'image et d'influences...comme son partenaire V. Bolloré...et les autres. Une poignée de magnats se disputent la presse, sur les ruines de l'empire Hersant. (*)
      Il bénéficie des aides de l'Etat et l'indépendance de la presse  semble  assez secondaire à notre docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem, mais businessman d'abord.
      Des méchants le considèrent comme une poulpe médiatique à l'appétit sans limite.
Sa gourmandise semble ne pas avoir de limites, un peu comme JM Messier à une époque. Mais l'opacité est sa passion.
    Il a une vision très particulière de la gestion des ressources humaines, du rapport au pouvoir politique ..; et des lois de la gravitation: 
        Auditionné en  en tant que président-directeur général du groupe Altice par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale, il défend implicitement pour la France une réduction du nombre de semaines de congés payés et une augmentation du temps de travail au nom de la compétitivité. « Les Chinois travaillent 24 heures sur 24 et les Américains ne prennent que deux semaines de vacances… »« C'est là, le problème pour nous… », affirme-t-il avant d'ajouter « Mon modèle, ce n’est pas les deux semaines de congés payés, mais par rapport à ceux qui travaillent plus, on avance moins vite : ce sont les lois de la gravitation, si vous le permettez… »
    On l'a décrit comme un magnat compulsif, qui semble faire du montage à la Ponzi.
      Tant que les banques font confiance!...Plus il emprunte, plus on lui prète..On ne prête qu'aux riches.
     Mais jusqu'où ira-t-il, notre financier aux montages financiers risqués?
           Les arbres, même géants, ne montent pas jusqu'au ciel.
                   Tout empire est mortel, surtout s'il est bâti sur du sable.
                        La voracité de l'appétit, la fuite en avant de Mister Drahi en inquiètent plus d'un, abstraction faite des blitzkriegs mortels sur les organes d'information.
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(*) __ "...Ils se disputent les principaux journaux, télévisions et radios du pays comme dans une gigantesque partie de Monopoly. « La presse se concentre comme tous les marchés matures, et cela entraîne une recomposition du paysage médiatique », décrit au journal Le Monde l’historien des médias Patrick Eveno, notant l’irruption de nouveaux acteurs, notamment d’industriels des télécoms, qui« ont de gros moyens financiers ». Tour d’horizon de ces magnats des médias.
 - Patrick Drahi, 52 ans, est l’investisseur tous azimuts du moment. L’homme d’affaires franco-israélien, qui a lancé en 2013 la chaîne d’information internationale i24News en Israël, a depuis racheté Libération mais aussi le groupe L’Express et BFM TV. À la tête du groupe de télécommunications Altice et de Numéricable-SFR, sa fortune est estimée à 18,6 milliards de dollars.  -Vincent Bolloré, 63 ans, industriel français PDG du groupe éponyme, défraye la chronique depuis la rentrée 2015. Président du conseil de surveillance depuis 2014 de Vivendi, propriétaire de Canal +, le Breton a profondément remanié la grille et l’état d’esprit de la chaîne cryptée. Le milliardaire a notamment placé ses proches aux postes à responsabilité et empêché la diffusion d’un documentaire sur le Crédit Mutuel et la fraude fiscale.
  Xavier Niel, 48 ans, est le fondateur d’Illiad, groupe de télécommunications français, maison mère du fournisseur d’accès à Internet Free. En juin 2010, il s’est associé à Pierre Bergé et Matthieu Pigasse pour prendre le contrôle du quotidien Le Monde. C’est la 9ème fortune de France avec un patrimoine de 10,3 milliards de dollars
.- Bernard Arnault, 66 ans, est le propriétaire et PDG du groupe de luxe LVMH. Deuxième Français le plus riche du monde (29 milliards de dollars) derrière sa compatriote Liliane Bettencourt, l’homme d’affaires possède également le groupe Les Echos. En mai 2015, il a fait part de sa volonté de racheter le quotidien Le Parisien au groupe Amaury pour 50 millions d’euros
.- Arnaud Lagardère, 54 ans, héritier du groupe Lagardère, dit vouloir se concentrer désormais surses titres les plus influents, dont le Journal du dimanche, Paris Match ou encore Elle. Ainsi qu’Europe 1 en matière d’audiovisuel. Arnaud Lagardère possède également RFM, Virgin Radio,Public ou encore Télé 7 Jours
 - Serge Dassault, 90 ans, PDG du groupe industriel Marcel Dassault et sénateur Les Républicains (LR) de l’Essonne possède le Groupe Figaro, comprenant les magazines Le Figaro Magazine ouMadame Figaro. Rentable ces dernières années, le groupe estimait avoir la taille critique nécessaire et se concentre désormais sur la numérisation. Il a toutefois cherché récemment à acquérir des titres spécialisés de L’Express-Roularta ou à obtenir une fréquence de télévision TNT 
en Ile-de-France. "(Arte)   _____________

samedi 23 octobre 2010

Austérité à l'anglaise

Massacre Outre-Manche

Certains journaux anglais soulignent l'extrême dureté, voire l'excès de sévérité du plan d'austérité et ses risques...
_"La hache tombe sur les pauvres".
(Guardian)
_______"Le pays est divisé. La hache est tombée. Le massacre a commencé." (Newstatesman)
...Ainsi que la résignation quasi-générale

_"Comment en sommes-nous arrivés à un tel niveau de docilité et de servitude ?"



George Osborne inflige une purge sans précédent à l'économie britannique
"The Economist parle carrément d'un tour d'écrou dans les dépenses publiques « sans précédent » dans l'histoire britannique. Un tour de plus. Les coupes à la hache annoncées par le ministre britannique des Finances sont les plus sévères depuis soixante ans. Certains commentateurs remontent même jusqu'aux années 1920. L'austérité anglaise coûtera 1,3 million d'emplois . Une fin de cycle était annoncée, après le bilan mitigé de Blair et de son successeur, aujourd'hui c'est la plongée dans l'inconnu. Un pari qu'il faudra payer cher...même en laissant filer la monnaie.
"
Depuis son arrivée au pouvoir en mai, le gouvernement de coalition entre conservateurs et libéraux-démocrates s'est fixé pour priorité de résorber le déficit structurel des dépenses publiques. Avec 175 milliards d'euros, il représente aujourd'hui 11% de la richesse nationale, un taux record en Europe. Pour pa
rvenir à ses fins, George Osborne ne recule devant aucun tabou." « Aujourd'hui, la Grande-Bretagne sort du précipice et nous nous attaquons aux factures laissées par dix années de dettes. Le chemin sera difficile, mais il nous conduira vers un avenir meilleur. »
__Les humbles sujets de sa Gracieuse Majesté peuvent être rassurés...

Mais n'est pas Churchill qui veut...et l'ennemi n'est pas extérieur.
__La "pauvre reine" voit son budget réduit de 14%, participe à l'effort national".(God save!..). Comment a-t-on osé? Shoking!
Les pauvres riches sont mis aussi à contribution, mais rassurons-nous, ils sont juste égratignés.
Mais dans l'ensemble, "ce sont bien les plus pauvres qui seront les principales victimes de la rigueur, comme l'analyse le très respecté Institut des études fiscales." « Le fardeau le plus lourd sera porté par les épaules les plus solides. » On est rassuré!
Plus qu'une douche écossaise, un coup de massue so british . Même Maggie n'est pas allée si loin. Voilà où mènent plus de trente années de déréglementation ultralibérale, d'abandon étatique, d'ivresse financière. La City n'a même pas protesté...

L'Europe entre dans le jeu du "toujours plus d'austérité", dira-t-on. ...On sait que les agences de notation privées veillent au grain, même si elles jouent un double jeu, comme on l'a vu dans le cas de la Grèce. L'Europe entière est asservie aux dicktats des grandes banques, qui ont joué sans contrôle et à courte vue, même contre leurs propres intérêts, tout en ayant été renflouées par les Etats ("too big to fall"), et qui entendent se refaire du gras, comptant sur les élites pour faire le boulot. Un remède de cheval, qui va se révéler vite toxique pour le pays, car aucun signe de reprise ne se dessine dans les prochaines années , et la pauvreté d'un très grand nombre ne pourra que s'accentuer. Sans relance ni consommation, c'est la récession assurée pour longtemps..Merci les agences de notation!...Il faudra un Dickens pour décrire ce que vont devenir certains quartiers de Leeds ou de Manchester

________________________.Bien sûr, la gentry, comme les marchés, applaudissent. Il se trouve même des journaux français bien-pensants pour approuver ces mesures.Le plan Cameron y est plébiscité :"« Experts de l’UMP et du PS, prenez d’urgence le TGV pour Londres –s’il n’y a pas grève ». L’ironique injonction provient du Monde, historiquement chrétien-démocrate, en à peine un édito le quotidien a viré sa cuti. L’appel libéral-conservateur de Londres a retenti jusqu’à Paris. En plein conflit social sur les retraites, plus globalement sur les acquis sociaux, l’éditorialiste du Monde tente un détour par la Grande Bretagne pour mettre en avant le concept « d’austérité juste », tel un message subliminal envoyé tant aux élites réformatrices qu’aux masses contestataires – encore qu’il ne fait aucun doute que les premières lisent beaucoup plus Le Monde que les secondes… le Monde n’en démord pas, le plan d’austérité a « le mérite de la détermination et d’être administré avec le souci d’une certaine justice sociale ». Même Pierre Rousselin, l’éditorialiste du Figaro, s’interroge sur ce « remède de cheval » : « Une telle austérité budgétaire est un double pari, économique et politique. David Cameron veut agir vite et compte sur le secteur privé pour assurer la croissance. Mais la faible reprise actuelle ne risque-t-elle pas d'être tuée dans l'œuf par un excès de rigueur ? »_En 1987, après huit années de gouvernement, Le Monde tirait un bilan « ambigü » du thatchérisme. Plus de 20 ans plus tard, alors que l’Europe affronte une tempête économique et sociale, le fantôme du thatchérisme hante à nouveau la Grande Bretagne. Entre temps, Le Monde a changé… "

Pourtant les gens modestes et les classes moyennes vont être les premières victimes: "Les subventions allouées au logement social vont être divisées par deux, les prestations sociales plafonnées, le chômage de longue durée rogné, les aides aux handicapés, le budget de la police va diminuer de 20%, celui des universités de 25% -mais les droits d'inscription vont s'envoler avec la suppression du plafond actuel de 3 500 euros par an. Les collectivités locales (-28%) et la culture (-33%) sont les principales victimes de la rigueur qui, en revanche, épargne relativement les écoles, la santé et, plus surprenant, l'aide au développement, dont le budget va bénéficier d'une hausse de 37%. C'était une promesse de campagne de David Cameron. Si elle est tenue, le Royaume-Uni pourrait devenir, dans cinq ans, le premier pays de l'OCDE à honorer l'engagement de consacrer 0,7% du PIB à l'aide internationale. Au total, 91 milliards d'euros de dépenses publiques vont purement et simplement disparaître d'ici 2015, pour ramener le déficit à 1% du PIB. Même Margaret Thatcher n'avait pas osé aller aussi loin. 490 000 emplois vont être supprimés dans le secteur public et le gouvernement a déjà prévenu que des licenciements secs seraient inévitables. Pour engranger des économies supplémentaires, l'âge officiel de départ à la retraite sera fixé à 66 ans dès 2020..."


Cependant, les Britanniques semblent résignés face à ce plan de rigueur drastique
"Les mesures radicales annoncées à Londres relèguent les projets de Nicolas Sarkozy au rang de « réformettes ».
_Pourtant, au Royaume-Uni, grève et manifs ne sont pas à l'ordre du jour. L'opinion britannique soutient -pour l'instant- la politique d'austérité de son gouvernement.Il faut dire que l'opinion anglaise est par tradition révérencieuse et légitimiste par rapport au pouvoir et a pleinement intégré l'idéologie néolibérale
"Ils n'étaient que quelques dizaines à protester mollement, pancartes à la main, devant le Parlement de Westminster, lorsque George Osborne a dévoilé, mercredi 20 octobre, son plan de rigueur pour les cinq ans à venir. Les coupes à la hache annoncées par le ministre britannique des Finances sont les plus sévères depuis soixante ans."
"Aujourd'hui, le pays est derrière Monsieur Osborne. Mais cela pourrait changer dans un an, quand le chômage augmentera et que le niveau de vie commencera à tomber", estime le Financial Times. Pour contrer les pertes d'emplois dans le service public, le gouvernement table en effet sur une reprise de l'économie et des créations d'emplois dans le privé. Mais pour l'éditorialiste Johann Hari du Independent, cette perspective est peu crédible. "Pour que le privé puisse créer des emplois, il faudrait que ce secteur connaisse la plus grande croissance depuis trente ans. Or qui pense que cela va vraiment arriver ?" écrit-il. "Le Times, qui salue ce moment "historique" ou le pays a "redessiné un état qui peut enfin vivre selon ses moyens", s'interroge toutefois sur l'impact des coupes sur les plus pauvres. Le gouvernement a annoncé des réductions des aides sociales de 18 milliards de livres [20,2 milliards d'euros]. "C'est là que ce posent le plus de questions quant aux choix de M. Osborne", écrit le quotidien de droite. Moins nuancé sur cette question, le Guardian titre en première page : "La hache tombe sur les pauvres". "Même les statistiques de l'Etat montrent qu'un dixième des plus pauvres va perdre une plus grande proportion de son salaire que la moyenne", affirme l'éditorialiste Polly Toynbee en couverture du quotidien de gauche. Pour le NewStatesman, le pays ne va pas tarder à réagir contre ces mesures qu'il juge inéquitables. "Les Britanniques ne font plus la grève, et ils ne descendent certainement plus dans la rue comme ailleurs en Europe", explique l'hebdomadaire de gauche. "Mais cela ne va-t-il pas changer ? Le pays est divisé. La hache est tombée. Le massacre a commencé".

Un plan d'austérité (un peu)critiqué, mais finalement accepté :"Aujourd'hui, le pays est derrière Monsieur Osborne. Mais cela pourrait changer dans un an, quand le chômage augmentera et que le niveau de vie commencera à tomber", estime le Financial Times. Pour contrer les pertes d'emplois dans le service public, le gouvernement table en effet sur une reprise de l'économie et des créations d'emplois dans le privé. Mais pour l'éditorialiste Johann Hari du Independent, cette perspective est peu crédible. "Pour que le privé puisse créer des emplois, il faudrait que ce secteur connaisse la plus grande croissance depuis trente ans. Or qui pense que cela va vraiment arriver ?" écrit-il

Des Anglais bien trop mous?"Comment en sommes-nous arrivés à un tel niveau de docilité et de servitude ?" "John Monks, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats, a incontestablement raison lorsqu’il souligne que les gouvernements européens doivent écouter leurs travailleurs autant que les marchés, et que le tournant de l’austérité risque de faire basculer une reprise fragile dans la récession ou la stagnation. C’est ce qui se profile d’ailleurs en Espagne, où les économistes prévoient un taux de croissance de 0,5 % alors qu’a été adopté un budget qui divise quasiment par deux le déficit sur deux ans. Le plus gros problème de l’économie européenne n’est pas l’explosion des dépenses publiques, mais l’effondrement de la demande et des revenus. Les gouvernements qui imposent à leurs fonctionnaires de travailler plus longtemps et pour moins d’argent devraient d’abord faire en sorte que ces emplois existent._ Ceux qui soutiennent que ces grèves sont insignifiantes devraient aussi mesurer ce qu’il en coûtera de les ignorer. Une Union européenne dirigée pour et par ses élites est vouée à connaître des chocs populistes du genre de celui qui lui a été administré quand elle a tenté de se doter d’une Constitution. La démocratie n’est pas une expérience qui n'existe qu'une fois tous les cinq ans. Les gouvernements, à commencer par le britannique, doivent écouter leur électorat lorsqu’il exprime sa souffrance. "

Croissance : est-ce fini pour nous ?

_______________Baroin en cure anglaise d’austérité
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-Article repris pas Agoravox