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mercredi 7 octobre 2009

USA: chômage en hausse

Un chômage destiné à durer

-"Le taux de chômage réel aux Etats-Unis atteint 16% si l'on prend en compte les "travailleurs découragés" et ceux qui ne travaillent pas autant qu'ils le souhaiteraient, a déclaré mercredi Dennis Lockhart, un des responsables de la banque centrale (Fed) américaine.

-"On doit .. s’attendre à une sortie de crise construite sur l’accentuation du chômage, et une économie en stagflation combinant une inflation déterminée par le gonflement des liquidités créées par les plans inefficaces des États, avec une déflation générée par les effets des gains de productivité qui alimenteront des concurrences féroces dans les secteurs industriels et des services, en se traduisant par des baisses de prix en cascade.Le monde occidental est donc entré dans une ère permanente de chômage, au moins pour de nombreuses années"(André Serra)
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-L’ère du chômage est commencée:

"L'information sur la crise en cours, à laquelle nous devrions avoir droit, nous est souvent livrée à l’état brut, ou strictement interprétée à l’aune d’une réalité dépassée, seulement un peu bousculée par la "crise ambiante. Or, toutes les dispositions prises par le pouvoir politique tendent à nous faire revenir à la situation qui prévalait avant l’explosion des subprimes, alors que les acteurs, consommateurs et entreprises, ont tiré de cette crise des enseignements tout à fait différents. Décrivons ces trois états :- Pour le gouvernement des É-U et quelques autres, il n’est question que de revenir à la situation de surendettement des particuliers qui prévalait avant que la crise n’éclate en 2008, comme si les effets de celle-ci se limitaient à l’épisode des subprimes, et qu’une fois supprimés les effets de cet épisode, on pourrait faire repartir la croissance comme si rien ne s’était vraiment passé. C’est ignorer volontairement que ses causes s’étendaient, elles, à la situation de surendettement général de la totalité de l’économie de ce pays, État compris.-Pour le gouvernement des É-U, la seule façon de sortir de la crise consistait donc à recréer les conditions voulues pour que le système bancaire redistribue ses prêts aux particuliers, de manière à ce que ces derniers relancent la croissance, par une consommation aussi irresponsable que celle qui annonçait la crise, comme si rien d’autre n’avait changé entre temps. Or, s’il y avait eu crise, c’est qu’il y avait problème, et s’il y avait problème c’est qu’on n’en avait pas vraiment compris les origines, ni la nature profonde.C’était là considérer les acteurs économiques, tant consommateurs qu’entreprises, pour des ignares, le gouvernement et son administration possédant seuls, a priori, la compétence voulue pour tirer d’affaire le pays. C’était faire preuve ainsi d’un effarant esprit simpliste, et d’une grande incompétence. Les politiciens qui règnent actuellement dans le monde ne sont vraiment plus à cet égard que des « faiseurs de crises » irresponsables.Ils ont tout simplement oublié que toute crise, qu’elle soit économique, sociale ou simplement politique, débouche toujours sur un nouvel équilibre de la société, très différent de celui que, précisément, la crise a eu pour effet de- Les consommateurs ont, semble-t-il, mieux compris l’esprit de la crise que leurs dirigeants. Le spectacle à leurs portes des saisies immondes, dont ont été victimes les familles qui crurent dans les artifices des vendeurs d’hypothèques, leur a davantage ouvert les yeux qu’à ceux des politiciens. Cette vision a agi sur eux à la manière d’un électrochoc salutaire, provoquant la prise de conscience de leur propre fragilité financière, créée par leur propre surendettement. Il devint clair en effet pour eux que la crise avait été déclenchée par l’insolvabilité d’une partie importante des consommateurs à subprimes. Et ils ne se sentaient eux-mêmes qu’à quelques encablures de la même situation.
-Bien sûr, le nœud gordien du déclenchement de la crise était-il lié à de téméraires créations financières, les contrats immobiliers à subprimes. Mais les consommateurs prirent également conscience du fait que ces initiatives avaient été consécutives à l’arrêt du boom immobilier solvable, et avaient eu pour but de prolonger ce boom au-delà de ce que l’économie pouvait décemment supporter. La crise ne pouvait donc s’arrêter à leur porte, car l’insolvabilité générale des É?U était déjà largement connue de tous. Le péril était fort proche.Alors naquit assez rapidement la tendance des particuliers à se défaire le plus rapidement possible de leurs propres dettes, en épargnant le plus possible, donc en consommant moins. Fort naturellement, cette tendance s’étendit à l’ensemble des É-U en quelques mois. Plus réalistes que ceux qui les dirigeaient, les consommateurs ont donc choisi le chemin de la sagesse. C’est ainsi que le taux moyen d’épargne des Étasuniens est passé en près de deux ans, de -3% en décembre 2007, à très près de +8% en octobre 2009.- Les entreprises suivirent un raisonnement parallèle à celui des consommateurs. Pour elles, l’analyse de cette crise, ramenée à une vision réaliste des mouvements économiques en cours, débouchait sur la constatation que sa caractéristique fondamentale était d’être une crise de surproduction immobilière, et non une crise financière, même si ses premiers effets ressentis étaient, de façon logique, d’ordre financier.Il ne faut en effet jamais prendre les effets des phénomènes pour leurs causes, et inversement. Voilà une vérité dont les gouvernements occidentaux, G8 et compagnie, ont voulu faire l’économie, et qui va compromettre leur sortie de crise. Or, toute surproduction immobilière dissimule ou précède une surproduction plus générale, dans la mesure où l’une et l’autre se développent dans un même cadre financier, et ce phénomène n’a pas échappé à la plupart des entreprises.On pourrait illustrer cette réalité en la comparant à une voiture dont le moteur ne devrait pas être poussé au-delà de 5500 tours, mais dont le conducteur, néanmoins, le pousse à 6000 tours pour augmenter sa jouissance personnelle. Dans ce cas, inutile d’être grand clerc pour comprendre qu’un tel moteur aura une longévité fort réduite. Cette métaphore représente pleinement la croissance étasunienne des dix dernières années, où l’écart entre les 5500 et les 6000 tours représenterait, dans l’économie de cette époque, ce qu’a été pour elle le surendettement provoqué par la surconsommation à crédit.

Malgré cela, les pouvoirs publics cherchent encore à inciter les entreprises à investir, croyant naïvement que l’investissement pourrait être l’ébauche d’une nouvelle croissance. Ils pensent que la reprise des investissement porterait sur des achats destinés à augmenter la production, ou à créer de nouveaux produits qui allècheraient les consommateurs.-Or, les chefs d’entreprises vivent à l’écart des grands concepts agités par les politiciens et les économistes théoriciens. Ils ont le nez sur le pare-brise du milieu dans lequel ils baignent, composé de clients, de fournisseurs et de concurrents. Sans avoir peut-être objectivé le concept de surproduction à l’échelle nationale ou mondiale, ils ont en tout cas compris que ce n’était pas le moment d’accroitre le volume de leur production, car, au contact de leur clientèle (certains diraient : « de leur marché »), il leur est possible de constater qu’entreprises et consommateurs doivent être en phase, bien loin des considérations des gouvernements idéologiques.-Si les consommateurs épargnent afin de pouvoir survivre à la crise, que font donc les entreprises dans ce même but ? Hé bien elles investissent, c’est-à-dire le contraire de leurs clients, mais certainement pas en vue de produire davantage.-Ce que les entreprises cherchent en effet à faire, ce sont deux choses. La première, déjà très avancée, a consisté à réduire leurs effectifs au strict nécessaire pour les besoins de leur marché, en brusque minimalisation du fait du chômage et de l’augmentation de l’épargne, dont l’effet immédiat est de diminuer la demande. L’économie se trouve donc à mille lieues de pouvoir repartir sous une incitation artificielle à revenir à l’endettement passé, ce que les supputations Obama/Geithner/Bernanke n’ont absolument pas pris en compte dans leurs plans. Plus fort, ils s’apprêtent à en remettre une couche… !La seconde chose à laquelle les entreprises sont en train de travailler, c’est de diminuer leurs couts, pour se mettre en position favorable de compétitivité face à ce que j’appellerais “la concurrence de sortie de crise“, car la crise actuelle, nécessairement, s’achèvera par la mise hors course d’une quantité d’entreprises, petites ou grandes, par liquidation (ou faillite) pure et simple, ou bien rachat (ou fusion). Trop d’entreprises se partagent un marché de plus en plus en phase de réduction, au moins pour l’instant.Or, la seule part des prix de revient sur laquelle les entreprises peuvent agir assez librement et avec efficacité est celle des couts de personnel, dans la mesure ou les couts sociaux qu’ils comprennent sont en hausse constante, notamment en raison du fait que les États, face à leurs propres déficits, tentent de s’en décharger de plus en plus sur leurs citoyens par l’augmentation des cotisations (assurance maladie et chômage …).

. À
Le resserrement des couts de personnel commence évidemment par celui des effectifs, et celui-là ne peut être réalisé que par des progrès dans la productivité de l’entreprise, une fois réalisée l’élimination du personnel surnuméraire;A son tour, la productivité du travail, à égalité de production, ne peut être obtenue que par des investissements ciblés : allègement des procédures de travail et augmentation des automatismes de production et de livraison. Dans l’un et l’autre cas, les investissements correspondants font appel à des spécialistes de l’organisation du travail, conjointement avec des renouvellements de matériel permettant la fusion de deux ou plusieurs étapes des chaines de production et/ou l’accroissement de la fluidité de cette chaine (diminution du temps de permutation de produits sur un même ensemble de machines, particulièrement nette, par exemple, dans l’imprimerie). Or ces différentes dépenses d’investissement sont totalement passibles d’un financement bancaire, ce qui ne peut être le cas d’une embauche de personnel supplémentaire. Le choix de la meilleure solution est évident-Cette tendance est actuellement centrale, bien que tout à fait invisible aux yeux de l’opinion publique. C’est elle qui permettra aux entreprises de rester dans le marché, et de survivre à toutes les nouvelles contraintes qui s’exercent sur elles. Les licenciements secs se poursuivront donc encore longtemps, et pas seulement au niveau des emplois précaires. Beaucoup de postes d’encadrement seront également concernés, car remplacés par des procédures informatisables.On doit donc s’attendre à une sortie de crise construite sur l’accentuation du chômage, et une économie en stagflation combinant une inflation déterminée par le gonflement des liquidités créées par les plans inefficaces des États, avec une déflation générée par les effets des gains de productivité qui alimenteront des concurrences féroces dans les secteurs industriels et des services, en se traduisant par des baisses de prix en cascade.Le monde occidental est donc entré dans une ère permanente de chômage, au moins pour de nombreuses années. J’en suis le premier désolé. Il est temps que les gouvernements en prennent conscience. Cela prendra cependant du temps. D’ici là de grands bouleversements risquent bien d’intervenir."(André Serra)

[L'ère du chômage est commencée - AgoraVox]

-Aux Etats-Unis, le chômage au plus haut depuis quinze ans
- - Recherche Google
-USA: le taux de chômage monte plus que prévu

-USA: le taux de chômage réel atteint 16% selon un responsable de la Fed :
"Le taux de chômage réel aux Etats-Unis atteint 16% si l'on prend en compte les "travailleurs découragés" et ceux qui ne travaillent pas autant qu'ils le souhaiteraient, a déclaré mercredi Dennis Lockhart, un des responsables de la banque centrale (Fed) américaine."Si l'on prend en compte les gens qui voudraient un emploi mais ont cessé d'en chercher un (les travailleurs dits "découragés") et ceux qui travaillent un nombre d'heures inférieur à ce qu'ils souhaiteraient, le taux de chômage passerait des 9,4% officiels à 16%", a déclaré M. Lockhart lors d'un discours à Chattanooga, dans le Tennessee (Sud des Etats-Unis).Ces deux catégories de personnes sont recensées chaque mois par le département du Travail, chargé de publier les chiffres officiels du chômage.Mais les "travailleurs découragés" sont exclus de la population active et les personnes contraintes de travailler à temps partiel du fait de la conjoncture économique sont comptabilisées comme des personnes employées, ce qui fait que ni les uns ni les autres n'apparaissent dans le taux de chômage officiel.Selon les derniers chiffres du ministère, celui-ci était de 9,4% fin juillet. Les Etats-Unis comptaient alors près de 15,5 millions de chômeurs "officiels", auxquels s'ajoutent près de 9 millions de personnes à temps partiel malgré elles, et près de 800.000 chômeurs "découragés".M. Lockhart, qui dirige l'antenne de la Réserve fédérale à Atlanta, en Géorgie (Sud des Etats-Unis), est le premier responsable de la Fed à reconnaître ainsi l'ampleur réelle du chômage. Il vote cette année au Comité de politique monétaire de la Fed, l'organe chargé de prendre les principales décisions de la banque centrale.Jugeant que le rythme de la reprise du marché de l'emploi risquait d'être "péniblement longue", M. Lockhart a estimé en substance qu'il serait difficile pour les autorités d'agir contre le chômage en augmentant davantage la dépense publique."Les effets complets (du plan de relance budgétaire promulgué en février) ne sont pas encore clairs" a-t-il dit, selon le texte de son allocution remis à la presse à Washington, et faisant ouvertement mention des "craintes" qui ne manqueront pas de s'exprimer si l'on "ajoute à la dette nationale", qui atteint des sommets."
-Les hommes, premières victimes du chômage aux Etats-Unis

- A quels indicateurs se fier dans la crise ?:
"...au-delà des indicateurs financiers, les états triturent de plus en plus les chiffres officiels du chômage dont, en général, tous pays confondus, notre équipe estime qu'ils ne reflètent plus que 50% à 70% de la réalité en matière de pertes d'emploi. Plus la situation va s'aggraver, plus cet écart avec la réalité va s'accroitre car les politiques et les bureaucrates préfèrent toujours mentir que reconnaître qu'ils échouent. Ils se convainquent de la légitimité d'une telle attitude en se disant qu'il faut « gagner du temps ». Pourtant, en matière de chômage, ils sont les victimes de leur propre communication. En effet, on a vu se multiplier les affirmations définitives d'économistes patentés (qui en général ont découvert la crise et sa gravité quand les grands médias en ont fait leur titre) assurant que le taux de chômage est un indicateur décalé dans le temps, un « indicateur attardé » en somme. C'est une affirmation très intéressante, et probablement vraie dans les crises « classiques », non systémiques, mais, en l'occurrence, dans le cas de la crise actuelle, c'est faux. L'ampleur et la rapidité de la montée du chômage ont construit une vague immense, destructrice de consommation, d'investissement, d'emplois qui ne va commencer à se faire sentir aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, dans la zone Euro, au Japon et en Chine qu'à partir de l'été 2009. Cette fois-ci, le chômage ne sera donc pas un indicateur attardé, mais bien un indicateur avancé car il génère sa propre phase de la crise..."
-L'Etat US, consommateur de dernier recours
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-USA : réalité des chiffres
-Chomage : chiffres fiables ?

mardi 6 octobre 2009

Châteaux en Espagne ?

Effondrement espagnol

Une économie de dettes

Aucune loi
sur le surendettement des ménages

"Même sans la crise financière internationale, le modèle économique espagnol n'était pas viable. La crise mondiale a seulement provoqué la crise espagnole qui aurait eu lieu de toute manière.En premier lieu, l'adhésion à l'Union Européenne a donné lieu au versement de très importantes subventions. Celles-ci n'ont pas été utilisées à des fins de recherche et de développement pour rendre l'industrie compétitive (à ce titre l'Espagne est en queue de peloton des pays de l'OCDE: pour les dépenses de R&D) mais essentiellement pour améliorer les infrastructures, en particulier routières et ferroviaires, qui en avaient effectivement très besoin.Ceci a conduit a enrichir les sociétés de construction et BTP qui ont investi leurs bénéfices dans des diversifications hors d'Espagne.Pour le reste, l'Espagne a bâti sa croissance sur la dette."
[Immobilier Espagne : effondrement des ventes et chute des prix ]
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-Des vies sous « hypothèque » à Madrid:
"...Les annonces « à vendre », plus nombreuses aux balcons des immeubles, témoignent des changements. Et il suffit de jeter un œil sur la vitrine de n’importe quelle agence immobilière pour vérifier l’effondrement des prix. Ainsi à Aluche, une banlieue populaire, un appartement de 65 mètres carrés, situé au troisième étage avec ascenseur, était vendu 240 000 euros en 2006. Trois ans plus tard, des logements de ce type se vendent 160 000 ou 170 000 euros. Les sociétés immobilières ont fermé plus de 40 % de leurs agences depuis 2007. Néanmoins, quand on pousse la porte de l’une d’elles, les visages sont aimables et souriants : les affaires continuent. 86 % des Espagnols sont propriétaires — un modèle pour ceux, tel M. Nicolas Sarkozy, qui veulent encourager l’accès à la propriété en guise de politique du logement . Dans les faits, cet accès ouvre surtout sur... un endettement de longue durée. Entre 2004 et 2007, cinq millions de crédits avec garantie hypothécaire ont été octroyés pour l’achat de logements. Une situation si fréquente que l’expression « avoir une hypothèque » est passée dans le langage courant. Parallèlement ont proliféré les prêts à la consommation — le plus souvent garantis sur le bien immobilier —, les cartes de crédit, les crédits rapides accordés par des sociétés financières — dont les taux d’intérêt atteignent parfois 25 % — tout comme les entreprises privées de rachat de crédits. Au point que certains prêts ne sont plus associés à l’achat d’un bien concret, mais deviennent un produit de consommation à part entière. Il est ainsi habituel de recevoir des publicités ou des appels téléphoniques informant que des sommes de plusieurs milliers d’euros sont « mises à votre disposition » pour être dépensées « comme vous voulez ». Cette prolifération incontrôlée du crédit et de l’endettement pèse fortement sur les ménages. Au dernier trimestre 2008, le rapport entre la dette et les revenus de base disponibles (le ratio d’endettement) atteignait 125 %, contre 88,9 % en France. En 2008, les impayés des crédits hypothécaires se sont accrus de 310 %, et 2,7 millions de personnes ont fini l’année sans pouvoir acquitter leurs dettes. Pour 2009, on prévoit cinq cent mille mises en demeure pour des crédits personnels impayés, ainsi que plus de quatre-vingt-six mille saisies hypothécaires, soit trois fois plus qu’en 2007...
Lors du boom immobilier, les évaluations gonflées, la prolifération des intermédiaires, les crédits octroyés aux limites des possibilités de paiement étaient des pratiques courantes. Et il n’est guère surprenant que, désormais, nombre de personnes ayant commencé à payer des « hypothèques » se retrouvent dans l’incapacité de les honorer
...."

-Surproduction immobilière et crise du logement en Espagne :
"Construction d’ensembles résidentiels en plein désert, bétonisation accélérée des côtes : l’immobilier espagnol est saisi par les folies des grandeurs – ce qui n’empêche pas une crise du logement endémique. Alors que le marché s’effondre et que la course au bâti se révèle dramatiquement coûteuse en termes écologiques et économiques, l’Espagne est conduite à repenser son modèle de développement urbain. Coup de projecteur sur un aspect méconnu du « miracle économique » espagnol...
Une économie dominée par le secteur immobilier.-La singulière ampleur de ce dernier cycle immobilier en Espagne n’est pas historiquement nouvelle. On observe, dans l’histoire de ce pays, la répétition de périodes où l’immobilier prend un poids très important dans l’économie nationale. Ce poids se reflète dans la passion sociale pour les questions immobilières et, depuis les politiques franquistes d’accession à la propriété, pour le fait de devenir propriétaire d’un logement.On peut faire remonter cette particularité espagnole à la seconde moitié du XIXe siècle. Les politiques d’extension planifiée des villes (ensanche) du dernier tiers du XIXe siècle, qui délimitent de nouveaux territoires urbains, entraînèrent une flambée des prix du sol, alimentée par des transactions à caractère spéculatif. Historiens et géographes ont montré comment les bourgeoisies urbaines, notamment à Madrid, se construisaient en accumulant le patrimoine foncier [4]. Plus tard, dans la période dite de desarrollismo, de la fin des années 1950 au début des années 1970, caractérisée par l’ouverture aux capitaux étrangers, le développement de l’économie espagnole s’appuie sur le bâtiment et le tourisme – et l’économie du tourisme est aussi fondée sur le bâtiment. Les trois dernières périodes de forte expansion (1969-1974, 1986-1991 et 1998-2006), qui « convulsionnent » [5] l’économie espagnole, sont encore marquées par la prééminence du secteur immobilier, qui tire vers le haut les indicateurs nationaux. Inversement, durant les périodes de récession qui les suivent, ce secteur est l’un des plus sinistrés.Entre 1997 et 2005, la part du secteur immobilier passe ainsi de 11 % à 17 % du PIB et de 9 % à 14 % de l’emploi [6]. Il absorbe également une part croissante des liquidités, au détriment des autres secteurs de l’économie. Ainsi le crédit consenti aux promoteurs immobiliers a-t-il augmenté, durant la seule année 2005, de 40 %. Les investissements absorbés par le secteur immobilier (financement de la promotion, de la construction, de l’activité des intermédiaires et de l’acquisition de logement) représentaient alors 54 % des investissements dans le secteur privé contre 40 % en 1997 [7]. Cette place considérable occupée par l’immobilier, qui est une des clés du « miracle économique » espagnol, pourrait avoir des conséquences lourdes sur l’économie nationale. Sa tendance hégémonique pourrait être à moyen terme un obstacle au développement du pays [8]. Il s’agit en effet d’un secteur de faible productivité et à faible composante technologique..."

-La fièvre de la brique espagnole:
"...Outre les énormes bénéfices de la spéculation, les causes de la formation de ce cancer sont multiples : attentes irréelles en regard de l’évolution future des prix de l’immobilier ; pérennité d’une longue liste de croyances populaires concernant ce domaine ; subventions publiques accordées à l’achat ; et assouplissement des critères de l’octroi des crédits.Les espoirs des acquéreurs étaient pour le moins fantaisistes quant à l’évolution des prix. En 2005, une enquête (2) auprès de plus de mille cinq cents personnes ayant acquis un logement depuis 2000 révéla que la plupart (92 %) l’avaient acheté afin d’en faire une résidence principale et non pour le revendre. Cependant, 50 % d’entre elles avouaient que la variable « investissement » avait pesé dans leur décision.De plus, 95 % des enquêtés pensaient que leur acquisition était surévaluée mais s’attendaient, au cours des dix prochaines années, à une augmentation des prix de l’ordre de 23 % par an, en moyenne. Difficile de trouver une manifestation plus claire de ce qu’est une bulle immobilière... "
-Espagne : Valdeluz, ville fantôme à cause de la crise immobilière

-Même sans la crise financière internationale, le modèle économique espagnol n'était pas viable

Même sans la crise financière internationale, le modèle économique espagnol n'était pas viable. La crise mondiale a seulement provoqué la crise espagnole qui aurait eu lieu de toute manière.En premier lieu, l'adhésion à l'Union Européenne a donné lieu au versement de très importantes subventions. Celles-ci n'ont pas été utilisées à des fins de recherche et de développement pour rendre l'industrie compétitive (à ce titre l'Espagne est en queue de peloton des pays de l'OCDE: pour les dépenses de R&D) mais essentiellement pour améliorer les infrastructures, en particulier routières et ferroviaires, qui en avaient effectivement très besoin.Ceci a conduit a enrichir les sociétés de construction et BTP qui ont investi leurs bénéfices dans des diversifications hors d'Espagne.Pour le reste, l'Espagne a bâti sa croissance sur la dette. Les sociétés espagnoles sont endettées à hauteur de 31 % de plus que la moyenne des sociétés de l'UE.Si l'on prend en considération que l'Espagne est avant-derniere (en 2006) pour sa recherche mais aussi que l'Industrie espagnole est la moins productrice de l'Union Européenne, on commence à avoir une idée de l'ampleur du problème. Cet état de fait se traduisait, fin 2007, par un déficit de commerce extérieur très elevé (plus de 10 % du PIB).L'adhésion a l'Euro a protégé l'Espagne, contrairement à ce qui s'était passé avant, de dévaluations successives.Et aujourd'hui, l'Espagne n'est plus compétitive.Le pays a tout misé sur le développement de deux secteurs d'activité qui représentent chacun à peine plus de 10 % du PIB :La construction et le tourisme..."
-Vends mon rein, bon prix, cause crise économique
-Espagne : Crise oblige, le budget de la famille royale gelé en 2010


lundi 5 octobre 2009

Géographie en fête




La mer et les hommes

Quatre jours de débats là où fut baptisée l'Amérique...
Saint-Dié-des-Vosges
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-Aux États-Unis, on n'étudie plus la géographie. « Les peuples qui n'étudient pas la géographie sont des éléphants dans un jeu de porcelaine ». (Jean-Robert Pitte)

-«La Géographie, cela ne sert pas seulement à faire la guerre.»
[ Yves Lacoste ]
[-
Quand les géographes cherchaient leur chemin...
]
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-La géographie en fête à Saint-Dié-des-Vosges:

-Comme tous les ans depuis vingt ans, tous les géographes (ou presque) de France se réunissent du 1er au 4 octobre 2009 dans la petite ville de Saint-Dié-des-Vosges pour venir à la rencontre du grand public, mais aussi des étudiants, professeurs, amateurs, amoureux de la discipline — quelques dizaines de milliers de personnes qui courent d’un bout à l’autre de la ville pour assister à des centaines de débats, conférences ou expositions. Saint-Dié est toujours un moment géographique enthousiasmant, l’atmosphère y est simple, amicale et plutôt informelle (ce qui est rare pour une manifestation de cette ampleur). Le savoir s’y transmet sans retenue.Cette vingtième édition du Festival international de géographie (FIG) est consacrée à la mer et aux océans. Le pays invité est l’Espagne. Le programme détaillé est disponible en format PDF sur le site Internet du festival.Pour bien préparer votre venue, vous pourrez utilement lire ou relire les articles suivants parus dans le Monde diplomatique ou sur le site Internet du journal :

>Mer et migrations

- « Réfugiés de la faim » par Jean Ziegler.

- « Migrations, sauvetage en mer et droits humains » par Philippe Rekacewicz.

- « Des morts par milliers aux portes de l’Europe » par Olivier Clochard et Ph. Re.

- « Scènes de la vie quotidienne entre Sète et Tanger : à bord du “Marrakech Express”, les Marocains rentrent au pays » par Aurel et Pierre Daum.

>Mer, ressources et tourisme

- « Les ressources menacées de l’océan mondial », Atlas 2006 du Monde diplomatique. Un texte et trois cartes. Télécharger le fichier PDF (1,8 Mo) :

PDF - 1.8 Mo

>Mer et géopolitique

- « Rivalités militaires en Asie : la Chine affirme ses ambitions navales » par Olivier Zajec.

- « Bateaux capturés, touristes rançonnés : flottes occidentales contre pirates somaliens et Coups et contrecoups » par Philippe Leymarie.

- « Convoitises sur les ressources stratégiques de l’Arctique : début de guerre froide sur la banquise » par Dominique Kopp.

- « Ex-URSS - Mer caspienne - Kara-Bogaz : l’or blanc de la gueule noire » (Ph. Re).

- « Prétentions grecques et turques sur la mer Egée » (Ph. Re).

- « Espace Pacifique sous influence des grandes puissances » (Ph. Re).

- « Tensions en mer de Chine » et « Appétits rivaux en mer de Chine » (Ph. Re).

>Mer, pollution, désastres naturels et changement climatique

- Ieva Rucevska et Ph. Re, Vital Caspian Graphics : Challenges beyond caviar, PNUE/GRID-Arendal, 2006. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la mer Caspienne sans jamais oser le demander. Télécharger le fichier PDF (16,8 Mo) :

PDF - 16.8 Mo

- « Un phénomène systématiquement sous-estimé : cette glace qui fond en Antarctique » par Daniel Tanuro.

- « Le delta du Nil menacé par les eaux : petite histoire d’une étude cartographique » par Otto Simonett et Ph. Re.

- « La mort aime bien les pauvres : tsunamis, cyclones, inondations, des catastrophes si peu naturelles... » par Frédéric Durand.

- « Ceux que la mer menace » (Ph. Re).

- « L’Arctique nucléaire » (Ph. Re).

>Mer, histoire et grandes explorations

- « Quand les géographes cherchaient leur chemin... L’exploration de la Terre, entre mythes et réalité » par Bruno Lecoquierre.

- « Mémoire de la traite négrière : une approche globale du commerce triangulaire » par Marcel Dorigny.

>... et enfin, l’Espagne

- La crise vue d’Espagne : des vies sous « hypothèque » à Madrid par Raúl Guillén.

- « Quand la pierre se transformait en or... La fièvre de la brique espagnole » par José García Montalvo

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-Cette année, la mer monte jusqu'à Saint-Dié-des-Vosges
-Saint-Dié-des-Vosges
_____________________PROGRAMME_FIG_2009
- Des cartes et des hommes
-Palestine: vérité des cartes

dimanche 4 octobre 2009

Banques: bonne affaire

Générosité d'Etat

-Pouvoir des banques-
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[Banques: Sarkozy gronde, mais ne punit pas]
[Rien n'a changé sur les marchés financiers]

-Plan de sauvetage: une «bonne affaire»… seulement pour les banques:
"Loin de la «bonne affaire» annoncée par Christine Lagarde, le remboursement précoce par les banques de l'aide accordée en novembre prive l'Etat de 12 milliards de plus-value à cause d'une mauvaise négociation de départ... signalée par la Cour des comptes !Décidément l'Etat est sympa : non content d'avoir prêté 5,1 milliards à BNP Paribas en novembre dernier, il l'a fait en renonçant à ses intérêts sur les actions touchées en échange. La différence ? Des broutilles : au lieu de percevoir 6 milliards d'euros, les finances publiques recevront... 226 millions d'euros d'intérêts. Dans la précipitation du plan de recapitalisation des banques, Bercy, c'est ballot, avait accepté des actions préférentielles «remboursables au prix d'émission» en échange de son aide. Mais faut le comprendre Nicolas Sarkozy, il est comme ça, le cœur sur la main. Une «générosité coupable» selon Didier Migaud, mais de la générosité quand même !
Entre mars 2009, date à laquelle l'Etat a acquis les titres en contrepartie, et octobre 2009, l'action BNP s'est appréciée de 113% ! Or, le contrat spécifiait que, avant 2010, l'Etat ne percevrait pas de plus-value, juste un «loyer». Quand bien même les banques n'auraient pu rembourser avant juin 2010, elles n'auraient eu à débourser que 3% des bénéfices normaux à cette date, 5% à partir de 2011, etc. «Elles» au pluriel, car la Société générale a bénéficié de la même «générosité» : avec 175% de plus-value sur l'action, l'Etat est passé à côté de 6 autres milliards d'euros.
«C'est vrai qu'on n'a pas fait de la spéculation mais notre politique, c'est précisément de lutter contre la spéculation», répondait Christine Lagarde aux premières critiques. Soit. Mais c'est oublier que, pour atteindre ces valorisations records, la BNP comme la Société générale (SoGé) ont spéculé... sur la dette des Etats !
La vraie reprise de la finance, ce sont les établissements bancaires qui prêtent aux gouvernements criblés de dettes l'argent emprunté à des taux proches de 0 aux banques centrales. Les 12 milliards de bénéfices, laissés en pourboire, de l'aide à la BNP et à la SoGé, sont donc principalement des bénéfices sur la titrisation de dettes publiques, l'argent des Etats. Et Bercy ne veut pas y toucher, par pudeur.
Immédiatement pointé comme une machine à fabriquer de la dette publique, le plan d'aide aux banques avait été défendu par Nicolas Sarkozy et sa ministre de l'Economie comme «une bonne affaire», en raison des intérêts des prêts. Soldés, les 5,1 milliards d'aide à la BNP auront au final rapporté 226 millions d'euros, soit 4,43% de taux d'intérêt pour un peu plus de 6 mois de garde, soit 25 fois moins que la valorisation de l'action sur la même période. L'évidence est faite : l'Etat est loin d'être un spéculateur !
Mais l'ironie du sort est qu'avant même la pique de Didier Migaud, la Cour des comptes avait relevé le risque de «sortie précipitée» de ce plan dans un rapport rendu en juin dernier. L'erreur est d'autant plus regrettable que, contrairement aux 320 milliards de la Société de financement de l'économie française, Sfef, les sommes prêtés par la Société de prise de participation (SPP) ont été versées à la dette publique et on fait l'objet... d'un emprunt d'Etat !
Heureusement, la Sfef, l'autre organe d'aide aux banques créé à l'automne 2008 prête de l'argent à somme nulle : ouf, on a failli renflouer les comptes de l'Etat. Aucun doute, ça aura été une «bonne affaire»... pour les banques !"



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samedi 3 octobre 2009

Irlande: oui à Lisbonne?


Changement de cap par nécessité

Sortir du désastre

Le syndrome islandais
_____________________Fin d'un tigre de papier...
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« Quand on a voté “non”, l'économie vacillait. Maintenant, on coule »
, explique le sénateur indépendant Shane Ross. « L'Irlande est maintenue à flots par la Banque centrale européenne. C'est la vérité crue. Quel esprit suicidaire irait frapper nos alliés européens au moment où les médecins de l'euro sont en train de réanimer le corps ? »
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-Irlande: la crise joue en faveur du «oui» au traité de Lisbonne | Mediapart:
"Depuis le dernier référendum sur le traité de Lisbonne, l'Irlande n'est plus la même. En juin 2008, l'argumentaire des partisans du non au traité trouvait un écho particulier dans la vie quotidienne des Irlandais. Mais aujourd'hui les craintes concernant la remise en cause de l'interdiction de l'avortement, la neutralité militaire et le faible taux d'imposition des sociétés semblent apaisées. Et puis, les chefs d'Etat européens se sont engagés à garantir un poste de commissaire à l'Irlande. Initialement, le texte prévoyait la rotation de 18 commissaires, quand le traité de Nice garantit pour l'instant un commissaire pour chacun des 27 Etats membres.Contrainte par sa constitution à organiser un référendum sur le texte, l'Irlande se rend pour la deuxième fois aux urnes. Lors du premier référendum, il y a plus d'un an, les Irlandais avaient rejeté le traité à 53,4%, remettant en cause la construction de l'Union à 27. Critiqué pour son absence lors de la dernière campagne, José Manuel Barroso, tout juste réélu à la tête de la commission européenne, a cette fois-ci fait le déplacement à Limerick parce que c'est « une question pour toute l'Europe et pas seulement pour l'Irlande ». Il n'a pas échappé au patron de l'exécutif européen que les temps sont difficiles pour les électeurs. « Maintenant ils comprennent l'importance de la solidarité européenne. Sans l'Europe, l'Irlande serait dans une situation bien difficile, regardez l'Islande. Je crois que cette fois-ci le vote sera “oui”», a t-il déclaré à France 24...
C'est qu'entre juin 2008 et octobre 2009, la récession a arrêté le « Tigre celtique » dans son élan. Durement touché par l'éclatement brutal de la bulle immobilière, le pays s'est retrouvé démuni devant l'ampleur de la crise financière. Et pour la première fois en un quart de siècle, le PIB du pays recule. Après avoir connu une croissance de 7% par an entre 1994 et 2007, le produit intérieur brut a plongé de 8,4% en performance annuelle au premier semestre 2009. Et à 12,6%, le taux de chômage de la population active a presque triplé par rapport à juin 2008. Le pays qui assiste impuissant à l'effondrement du secteur de la construction, des dépenses des ménages et aux licenciements des sociétés informatiques Dell ou Intel s'enfonce dans la récession.L'Etat irlandais au bord de la banqueroute en février est loin d'être sorti d'affaire. Malgré un plan d'austérité sévère, les investisseurs semblent à peine rassurés. Et il est encore trop tôt pour savoir si les mesures de soutien du système bancaire irlandais en grande difficulté ont porté leurs fruits. Cela étant, le camp du « oui » souligne que, sans la manne providentielle de 120 milliards d'euros de liquidités injectés par la Banque centrale européenne pour venir en aide aux banques irlandaises, le système se serait totalement effondré...
De toute la zone euro, c'est en effet le pays où la prime sur la dette publique est la plus élevée. Ces sommes que les investisseurs sont prêts à payer pour s'assurer contre la défaillance des obligations de l'État irlandais et qui avaient atteint un niveau record en février dernier sont tout juste revenues, en septembre, sous la barre des 200 points de base. A titre de comparaison, la France oscille autour des 20 points de base. .."

-La crise, meilleure alliée du traité de Lisbonne en Irlande:
"...La crise mondiale a frappé de plein fouet l'économie d'une île dépendante de l'extérieur, qui importe ce qu'elle consomme et exporte ce qu'elle produit. Le fameux "Tigre celtique", passé de la misère à l'extrême richesse en un temps record à la fin des années 1980, découvre tout aussi brutalement sa propre déchéance. Le chômage, à 12,5 % de la population active, a presque triplé en deux ans. Le déficit public, nul en 2007, atteint 11 % du produit intérieur brut (PIB), lequel s'effondre de 8 %. En 2008, les Irlandais se croyaient invulnérables. Aujourd'hui, ils font profil bas. Et ils voient dans l'Union, à qui ils ont dû leur décollage, une bouée de sauvetage.La crise est le meilleur allié des partisans du oui - le gouvernement et tous les partis parlementaires, à l'exception du Sinn Fein (gauche nationaliste). A moins que, à l'inverse, le référendum ne serve de défouloir contre ces "élites" soupçonnées de connivence...."
-Lisbonne : les Irlandais priés de bien voter cette fois-ci - AgoraVox
-Le revirement Irlandais suscite le courroux de Jean-Luc Mélenchon
-Irlande, Espagne, Islande : ces 3 miracles transformés en mirages
-L'UE ne fait plus de miracles:
"...Pour les économistes Alexis Garatti et Romain Sarron, de Natixis, le "miracle irlandais" a pris fin car il était par plusieurs aspects "artificiel". D'abord, l'économie du pays reposait énormément sur les activités financières et de construction. L'effondrement du marché immobilier et l'implosion du système financier ont lourdement pesé dans la balance. Dublin a d'ailleurs volé à plusieurs reprises au secours de ses banques, qui restent parmi les plus fragiles du vieux continent. Ensuite, les économistes de Natixis expliquent que la croissance a été artificiellement soutenue par un gonflement de la dette des ménages et la bulle immobilière, comme cela fut le cas en Grande-Bretagne par exemple, un autre pays européen qui déchante aujourd'hui. Enfin, le boom économique irlandais a rendu le pays très dépendant des Etats-Unis, qui y investissaient lourdement. La récession américaine a donc eu un effet démultiplié sur la République...."
-Irlande : Un référendum pour rien-
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-Pourquoi l'Irlande a finalement dit oui au Traité européen | Rue89-
-Le « oui » irlandais débloque l’Europe ordolibérale
-Ces Irlandais d’où est finalement venu tout le bien - Acrimed
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-Islande en faillite : cas d'école ?

vendredi 2 octobre 2009

Chine: si loin, si près

Notre bouée de sauvetage?

Atouts et fragilités

-La Chine peut-elle relancer l'économie mondiale ?
" L'éclaircie tant attendue dans la tempête qui balaie l'économie mondiale viendra-t-elle de Chine ? En effet, face à la crise, l'empire du milieu fait de la résistance. Mieux, son économie devrait rebondir dès cette année et redémarrer pleinement en 2010.-Certes, la Chine ne passe pas à travers l'orage. Un rapport de la Banque mondiale publié le 7 avril prévoit que le produit intérieur brut (PIB) du pays ne dépassera pas une croissance de 6,5 % cette année, contre 13 % en 2007 et 9 % l'an dernier. Une prévision en ligne avec celle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui table sur une croissance du PIB chinois de +6,3% en 2009.Les deux institutions soulignent néanmoins que de récentes statistiques de l'économie chinoise laissent penser que le pire a été atteint et que la reprise est amorcée. Les banques chinoises ont ainsi prêté 2.690 milliards de yuans (296 milliards d'euros) au cours des deux premiers mois de l'année pour financer les grandes dépenses d'infrastructure engagées dans le cadre du plan de relance national. Par ailleurs, la production industrielle du pays est repartie : l'indice des Directeurs d'Achats (PMI) a ainsi progressé en mars pour le quatrième mois consécutif à 52,4. Enfin, la Chine achète à nouveau des matières premières.Les raisons de cette résistance ? Tout d'abord, le secteur bancaire chinois n'a pas été exposé, comme ses homologues occidentaux, aux actifs à haut risque, grâce à son contrôle des capitaux. Surtout, le colossal plan de relance du gouvernement chinois, qui mobilise 4.000 milliards de yuans (440 milliards d'euros), soit 12% du PIB du pays, commence à porter ses fruits. Essentiellement fondé sur les investissements dans les infrastructures, le plan de relance chinois devrait contribuer pour près de trois quarts (4,9 points) à la croissance du PIB national cette année, selon la Banque mondiale.

Au final, la croissance de la Chine devrait s'accélérer au cours des deux derniers trimestre de 2009 - à +8 ou 9% selon les prévisions du département économie de Natixis - pour s'affirmer en 2010. L'an prochain, la croissance du PIB chinois atteindrait +8,5% selon l'OCDE. Pour la Banque mondiale, c'est « grâce à la Chine que la croissance des pays en développement de l'Asie de l'Est et du Pacifique sera la plus rapide de toutes les régions du monde ». L'économie chinoise devrait ainsi « redémarrer pleinement en 2010 et contribuer à la stabilisation de la région, voire à sa guérison», assure l'institution.Le rebond de l'économie chinoise, troisième économie au monde, est-il également une lueur d'espoir pour l'économie mondiale ? La Chine peut-elle seule relancer la croissance de la planète ? Malheureusement non.Certes, la reprise de la production industrielle chinoise est une « bonne nouvelle » pour les économies qui font du commerce avec l'empire du milieu, indique Edgardo Torija-Zane, économiste chez Natixis. La Chine va en effet augmenter sa demande de matières premières. Le rebond chinois peut être un « catalyseur » de la reprise mondial, explique Laurence Bonne, chef économiste chez Barclays Capital, à condition d'être accompagné par une reprise aux Etats-Unis grâce au vaste plan de relance budgétaire du gouvernement Obama. Seule, l'économie chinoise a un impact limité.-Tout d'abord parce que l'économie chinoise est relativement fermée. Sa part dans les importations mondiales ne s'élevaient ainsi qu'à 6,5% en 2007. Ensuite parce que le poids de la Chine dans l'économie mondiale n'est pas aussi significatif que celui des grandes économies occidentales. La Chine ne pèse que 7% du PIB mondial en 2008, contre 23% pour les Etats-Unis et 32% pour l'Union européenne.« Le consommateur moyen chinois ne peut remplacer le consommateur moyen américain en termes de panier et de pouvoir d'achat », souligne Laurence Boone. D'autant que la relance par la consommation n'est pas acquise en Chine.En dépit des grands projets d'infrastructures qui visent à maintenir l'emploi, le chômage reste à un niveau très élevé. Selon le ministère de l'agriculture chinois, 20 millions de travailleurs ruraux (15% du total) ont perdu leur emploi depuis le début de l'année. Sur les 70 millions de travailleurs migrants partis dans les zones rurales à l'occasion du Nouvel An chinois, fin janvier, 80% (56 millions) sont retournés dans les villes. Parmi eux, 11 millions n'ont pas retrouvé d'emploi. La plaie du chômage, amplifiée par l'inexistence de filets de sécurité sociale, n'incite pas le consommateur chinois à dépenser. Le taux d'épargne en Chine est l'un des plus élevés au monde« On ne peut pas compter sur l'économie chinoise pour relancer seule l'économie mondiale, résume Françoise Lemoine, économiste au CEPII. Elle peut en revanche éviter que celle-ci ne plonge plus fortement. »

-Economie de la Chine : moteur de la reprise mondiale, ou prochaine bulle ? - AgoraVox:
"...Dans une interview, ou plutôt une "conversation à bâtons rompus", pour l’institut Turgot, avec Henri Lepage, Charles Gave, financier établi à Hong Kong, se montre optimiste pour l’avenir à long terme de la Chine (vidéo - la partie sur la Chine ne commence qu’après 13 minutes).Selon lui, la Chine a compris que son rebond passerait par un développement des échanges intérieurs et avec la zone commerciale de l’extrême orient, la plus peuplée du monde, avec 3 milliards d’individus dont la marge de progression en terme de richesse est considérable. Elle met donc tout en oeuvre pour parvenir à former une sorte de marché économique commun asiatique, utilisant ses réserves de changes pour aider ses voisins les plus pauvres à développer leurs infrastructures d’échange avec elle. Et surtout, elle se prépare à un changement monétaire majeur : la convertibilité du Renminbi (RMB, la monnaie chinoise, parfois aussi appelée Yuan, selon les auteurs, et officiellement Yuan Renminbi, littéralement "la monnaie du peuple"). Nous verrons plus loin pourquoi la convertibilité du Renminbi peut être extrêmement bénéfique pour l’économie chinoise, contrairement à ce que dit la presse mainstream qui n’y voit qu’une menace pour les entreprises exportatrices.Ajoutons que, selon M. Gave, la Chine utilisera la mutualisation des forces régionales pour en maximiser les fruits par l’échange, ce qui éloigne le spectre de tout conflit avec Taïwan, par exemple. Taïwan dispose d’une classe managériale formée qui manque à la Chine. Depuis la normalisation croissante des relations entre les deux pays, de nombreux taïwanais travaillent à shanghaï pour les entreprises chinoises, qui ne s’en portent pas plus mal. La Chine normalise également ses relations avec le Japon, en vue, entre autres, de développer les échanges technologiques avec leur voisin. Un commerce développé est le meilleur garant de la paix, les adversaires de la mondialisation et autres protectionnistes de chez nous feraient mieux de s’en rappeler... Enfin, les Chinois disposent d’une épargne considérable (50% du PIB), qui va nécessairement être dérégulée avec la convertibilité du RMB. Cela fera de Hong Kong, à moyen terme, l’épicentre de la finance mondiale, devant Londres sûrement, dans un axe conjoint avec Wall Street.Toutes ces informations sont évidemment de nature à rendre très optimiste pour l’économie de l’Asie orientale à moyen et long terme. Mais à court terme, l’économie chinoise ne risque-t-elle pas de traverser des turbulences ? Seront-elles modérées ou sévères ?

Maintenant, les mauvaises nouvelles

.A long terme, l’évolution positive de l’économie Chinoise évoquée par Charles Gave fait sens. Toutefois, à court et moyen terme, de nombreux autres observateurs de l’économie chinoise observent que cette économie avance aujourd’hui sur le fil du rasoir, car elle est plombée par de nombreux déséquilibres conjoncturels et structurels.Or, comme aux USA, des politiques économiques et monétaires inopportunes sont la cause de ces déséquilibres, même si ces politiques furent différentes. Les deux leçons sont les mêmes : On ne soumet pas impunément la monnaie, le crédit, et les contrats, à l’arbitraire politique.Les dernières déclarations d’un officiel chinois, Cheng Siwei, ancien vice président du parti, aujourd’hui ambassadeur itinérant de l’économie chinoise, montrent à quel point les politiques chinois, au moins hors de leurs propres frontières, se montrent à la fois lucides, pragmatiques, mais aussi très embarrassés.M. Chieng a déclaré, lors d’un symposium au lac de Côme, apparemment sans langue de bois : que : "l’or était tout à fait une alternative au dollar, mais que les Chinois ne pouvaient faire que des achats mesurés pour ne pas déséquilibrer les cours", que "Si la Fed continuait à créer des dollars à partir de rien pour racheter des bons du trésor, alors le dollar chuterait et l’inflation aux USA réapparaitrait sous une à deux années", que "la Chine ne pouvait se désengager brutalement, mais que désormais, les recettes de changes supplémentaires seraient diversifiées en Yen, en euro, autres devises et or", et que "le flot d’excédents commerciaux chinois avait aussi provoqué des bulles d’actifs, et notamment immobiliers, en Chine, et que cette bulle menaçait d’éclater, avec des conséquences imprévisibles".Rien que cela

.-Dollar Trap:La presse économique évoque fréquemment le "piège", le "dollar trap", dans lequel s’est jeté la Chine ces 10 dernières années. En convertissant massivement ses excédents commerciaux en bons du trésor américain, la Chine se retrouve aujourd’hui piégée par la politique de surendettement menée par l’administration Obama et soutenue par la FED par une politique officielle et rampante de "Quantitative Easing".Si la Chine, selon les termes de M. Cheng, arrête d’augmenter ses encours de dette du trésor US, alors le trésor US perdra un peu plus de capacité à trouver des clients pour financer l’augmentation de ses dettes, du moins à un taux d’intérêt compatible avec la remise en forme d’une économie malade de surendettement. La FED devra donc poursuivre sa politique de Quantitative Easing, et de répurgation des dettes du système financier américain par création monétaire, ce qui pourrait finir par créer une inflation forte (pronostic controversé, mais partagé par M. Cheng Siwei), et donc faire tomber la valeur des bons du trésor à des niveaux abyssaux...."

-La reprise chinoise est artificielle__
-_Chine, la République populaire a 60 ans______________
-Que fera la Chine ?

jeudi 1 octobre 2009

Avenir énergétique problèmatique

Une transition difficile

"Pour la plupart d’entre nous, la vie à l’ère de l’énergie extrême ne sera pas facile. Le prix de l’énergie va augmenter, tout comme les périls environnementaux, des quantités de plus en plus importantes de dioxyde de carbone seront répandues dans l’atmosphère, et le risque de conflit va s’accroître. Nous disposons seulement de deux options pour réduire la durée de cette période difficile et atténuer son impact. Elles sont toutes deux parfaitement évidentes - ce qui, malheureusement, ne les rend pas plus facile à mettre en oeuvre : augmenter considérablement la rapidité du développement des sources d’énergie renouvelables et réduire drastiquement notre dépendance aux combustibles fossiles en réorganisant nos vies et notre civilisation pour que notre consommation diminue dans toutes nos activités."(MTK)
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-Energies : vers une période de transition cahotique, par Michael T. Klare:
"La période de transition entre énergies fossiles et renouvelables s’annonce agitée, avertit Michael T. Klare. Faute d’une conversion massive et rapide aux énergies nouvelles - qui paraît aujourd’hui peu vraisemblable - nos sociétés en seront réduites à compter de plus en plus sur des gisements « extrêmes », coûteux à exploiter, difficiles d’accès, certains situés dans des zones dangereuses, d’autres extrêmement polluants, dévastateurs pour l’environnement, et qui feront l’objet pour la plupart d’une compétition internationale acharnée, source de tensions géopolitiques.
Le débat fait rage pour savoir si nous avons déjà atteint le pic de la production pétrolière mondiale ou s’il reste encore éloigné de plus de dix ans. Reste cependant une certitude : nous passons d’une ère où le pétrole était la principale source d’énergie mondiale à un autre où les alternatives au pétrole - en particulier les énergies renouvelables provenant du soleil, du vent et des vagues - fourniront une part toujours croissante de nos ressources énergétiques.
Attachez vos ceintures ! Car le trajet s’annonce cahoteux et se déroulera dans des conditions extrêmes.L’idéal bien sûr, serait que cette transition allant d’un pétrole raréfié à ses successeurs qui préserveront le climat puisse se dérouler en douceur, grâce à la création d’un énorme réseau bien coordonné associant les énergies éolienne, solaire, marémotrice, géothermique, et les autres renouvelables. Malheureusement, c’est peu probable. Nous traverserons au contraire une première période caractérisée par une dépendance excessive aux dernières ressources pétrolières et aux ultimes réserves les plus sales que sont le charbon et les très polluants hydrocarbures « non conventionnels », tels que les sables bitumineux du Canada et autres combustibles de mêmes caractéristiques.-Il ne fait aucun doute que Barack Obama ainsi que de nombreux membres du Congrès souhaitent accélérer le passage de la dépendance au pétrole à des alternatives non polluantes. Le président a déclaré en janvier que « nous nous appliquerons à mettre en œuvre une démarche résolue, adéquate, pragmatique, vers une Amérique qui soit libérée de notre dépendance [pétrolière], dont l’économie sera renforcée par un nouveau modèle énergétique, qui donnera du travail à des millions de nos concitoyens ». Dans les faits, le programme de 787 milliards de dollars de relance économique qu’il a promulgué en février attribue 11 milliards de dollars pour la modernisation du réseau électrique, 14 milliards de dollars en incitations fiscales pour les entreprises investissant dans les énergies renouvelables, 6 milliards pour le financement des initiatives améliorant l’efficacité énergétique des Etats de l’union, et plusieurs milliards pour la recherche sur les sources d’énergie renouvelables. Des mesures du même ordre pourraient être prises si le Congrès vote une loi sur le climat. Le texte du projet de loi récemment adopté par la Chambre des représentants exige que 20% de la production américaine d’électricité provienne des énergies renouvelables d’ici 2020.Mais il y a tout de même de mauvaises nouvelles : même si toutes ces initiatives sont votées, et renforcées par des mesures multipliant plusieurs fois l’effort effectué, il faudra encore plusieurs décennies pour que ce pays parvienne à réduire sensiblement sa dépendance au pétrole et aux autres combustibles polluants non-renouvelables. Notre consommation d’énergie est tellement importante, et nos systèmes de distribution des carburants si fortement installés que (à moins d’une énorme surprise), nous resterons dans les années à venir dans un no man’s land entre l’âge du pétrole et celui de l’éclosion des énergies renouvelables. On peut se représenter cette période intérimaire comme étant celle de l’ « énergie de l’extrême », et la nommer ainsi. Dans pratiquement toutes ses dimensions, de la tarification au changement climatique, elle promet d’être affreuse.
Ne nous laissons pas abuser par le fait que cette nouvelle ère sinistre verra sûrement l’apparition d’un grand nombre de nouvelles éoliennes, de panneaux solaires et de véhicules hybrides. La plupart des nouveaux bâtiments seront sans doute équipés de panneaux solaires, et de nouveaux transports ferroviaires légers seront construits. Cependant, malgré cela notre civilisation devrait rester extrêmement dépendante du pétrole consommé par les automobiles, camions, bateaux, avions ainsi que la plupart des transports, ainsi que du charbon pour la production d’électricité. Une grande partie de l’infrastructure existante pour produire et distribuer notre approvisionnement en énergie restera également inchangée, bien que s’épuiseront de nombreuses ressources existantes de pétrole, de charbon et de gaz naturel. Ce qui nous obligera à recourir à des gisements non encore exploités, bien plus néfastes (et souvent bien moins accessible).
Les projections les plus récentes sur la consommation énergétique future des États-Unis publiées par le ministère de l’Énergie (DoE) fournissent une indication sur la répartition des sources d’énergie durant cette nouvelle période. Selon l’Annual Energy Outlook de 2009, les États-Unis consommeront 114 quadrillions (10 puissance 15) de BTU d’énergie en 2030, dont 37% seront fournis par les hydrocarbures et autres produits pétroliers liquides, 23% par le charbon, 22 % le gaz naturel, 8% par l’énergie nucléaire, 3% par l’énergie hydroélectrique, et seulement 7% par le vent, le solaire, la biomasse et les autres sources renouvelables.
De toute évidence, cela n’indique pas un changement radical, ni l’abandon du pétrole et des autres combustibles fossiles. Sur la base des tendances actuelles, le DOE prévoit que dans vingt ans, le pétrole, le gaz naturel et le charbon représenteront encore 82% de l’approvisionnement en énergie primaire des USA, seulement deux points de pourcentage de moins qu’en 2009. (Il est évidemment concevable qu’un changement radical dans les priorités nationales et internationales conduisent à une augmentation plus importante dans les énergies renouvelables au cours des deux prochaines décennies, mais aujourd’hui, cela reste un espoir et non pas une certitude.)
Si les combustibles fossiles resteront dominants en 2030, la nature de ces combustibles va connaître de profonds changements, tout comme le fera notre façon de nous les procurer. Aujourd’hui, la plus grande partie du pétrole et du gaz naturel proviennent de sources d’approvisionnement « classiques » que sont les grands gisements situés principalement dans des zones relativement accessibles sur terre ou dans des zones côtières peu profondes. Ce sont des réserves qui peuvent être facilement exploitées en utilisant des technologies usuelles, notamment les versions modernes des imposantes plates-formes pétrolières rendues célèbres récemment par le film « There Will Be Blood », sorti en 2007.
Toutefois ces champs pétroliers vont se tarir de plus en plus avec la hausse de la consommation mondiale, ce qui contraindra le secteur à recourir davantage à l’exploitation de puits offshore à grande profondeur, aux sables bitumineux canadiens, au pétrole et au gaz d’Arctique - dont le climat se modifie mais qui reste toujours difficile à atteindre et à exploiter - et au gaz extrait du schiste, au prix de techniques coûteuses, et qui menacent l’environnement. En 2030, indique le DoE, ces liquides non conventionnels fourniront 13% de l’offre mondiale de pétrole (contre seulement 4% en 2007). Un schéma similaire vaut pour le gaz naturel, en particulier aux États-Unis où la part de l’énergie fournie par des sources non renouvelables et non conventionnelles devrait augmenter de 47% à 56% durant ces vingt ans.L’importance prise par ce type de gisements est manifeste pour quiconque lit les revues spécialisées de l’industrie pétrolière ou consulte régulièrement le Wall Street Journal. On n’y trouve aucune annonce de grandes découvertes de gisements pétroliers ou gaziers géants qui seraient facilement accessibles aux techniques de forage habituelles et qui soient reliés aux principaux marchés par les gazoducs ou routes commerciales existantes (ou situées en dehors des zones de conflit, tels que l’Irak et la région du delta du Niger au Nigeria). On y lit effectivement des annonces de découvertes, mais la quasi-totalité d’entre elles sont situées dans l’Arctique, en Sibérie, ou dans les eaux très profondes de l’Atlantique et du golfe du Mexique..
".

-Pour un autre avenir énergétique
-La fin progressive du pétrole
-L'histoire secrète du pétrole
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-Energie: base de tout
-Energie et géopolitique