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jeudi 17 décembre 2009

Irak: le grand gâchis


Quand Tony passe aux aveux

Tout ça pour ça....

"Les forces américaines quittent un pays qui n’est guère plus qu’une épave. La société, l’économie et même les paysages irakiens ont été dévastés par trente ans de guerre, de sanctions et d’occupation. Les Irakiens ont été submergés par une interminable série de désastres depuis 1980 avec la guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans, la défaite au Koweït en 1991, les soulèvements chiite et kurde réprimés dans le sang la même année, les sanctions des Nations unies qui, en 13 ans, ont ruiné l’économie et fait voler en éclats la société irakienne sans oublier l’invasion américaine de 2003, la guerre menée par les sunnites contre l’occupation de 2003 à 2007 et simultanément, la guerre civile entre chiites et sunnites...(C.Cockburn)

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"En détruisant le régime de Saddam, les États-Unis ont ouvert une boîte de pandore. Ce n’est pas une surprise car même aux États-Unis, des voix critiques s’étaient élevées contre l’aventure de George W. Bush en affirmant qu’il n’y avait pas vraiment de plan clair sur l’après-Saddam. Dit moins poliment, la conquête de l’Irak avait pour but de redonner aux États-Unis le contrôle de ce pays riche de pétrole et aux confluents du Moyen-Orient et de l’Asie, et non de rétablir la démocratie." (P.Beaudet)
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Guerre en Irak : les mensonges de Blair révélés au grand jour:

"...Tony Blair savait que l'Irak n'avait plus d'armes de destruction massive (ADM) avant d'envoyer ses troupes dans le pays. C'est ce qu'a indiqué mercredi William Ehrman, haut responsable au ministère britannique des Affaires étrangères entre 2000 et 2002, alors qu'il témoignait devant la commission Chilcot, qui va enquêter durant plusieurs mois sur les relations entre le Royaume-Uni et l'Irak de 2001 à 2009.________William Ehrman a affirmé que Londres avait reçu, dans les jours précédant le début du conflit, des informations selon lesquelles Saddam Hussein avait renoncé à son programme d'ADM. «Nous obtenons dans les derniers jours avant l'engagement militaire quelques renseignements (selon lesquels) les armes chimiques et biologiques avaient été détruites et (l'Irak) pourrait ne pas avoir les munitions pour les lancer». «Il y avait des renseignements contradictoires», a-t-il toutefois tempéré. L'ancien responsable aux Affaires étrangères a finalement reconnu que les connaissances occidentales sur le programme d'ADM irakien étaient extrêmement parcellaires.________________L'Irak pas en tête de liste des préoccupationsUn autre témoignage remet sérieusement en cause la raison invoquée par la coalition Bush-Blair pour envahir l'Irak, celui de Tim Dowse, chef du service de contre-prolifération nucléaire au ministère des Affaires étrangères entre 2001 et 2003. Ce dernier a expliqué que l'Irak n'était pas en 2001 «en tête de liste» des préoccupations britanniques pour le risque de prolifération nucléaire. Des propos corroborés par William Ehrman, qui témoignait en même temps: «Pour ce qui était de mes préoccupations quand je suis entré en fonction en 2001, je dirais que la Libye et l'Iran devançaient l'Irak».____________Les deux anciens diplomates ont également nié l'existence de liens approfondis entre le régime de Saddam Hussein et le réseau terroriste Al Qaeda, avancée par l'ex-président américain pour mieux justifier l'intervention. «Nous avons trouvé des preuves de contacts entre des responsables irakiens et des membres d'Al Qaeda à la fin des années 1990», a expliqué Tim Dowse, «mais nous en sommes arrivés à la conclusion qu'il s'agissait de contacts très sporadiques (...), qu'il n'y avait rien qui s'apparente à une relation entre les Irakiens et Al Qaeda».___Influence de Bush sur Blair: Jeudi, la commission Chilcot a évalué comment une rencontre privée entre Bush et Blair dans le ranch de Crawford (Texas) en avril 2002 aurait influencé l'ancien résident de Downing Street. Christopher Meyer, ex-ambassadeur britannique à Washington a reconnu qu'il ne savait pas précisément «quel degré de convergence a été en quelque sorte signé au ranch de Crawford», mais a évoqué une coïncidence troublante puisque dès le lendemain, Tony Blair prononçait un discours mentionnant un «changement de régime en Irak». «A ma connaissance, je peux me tromper, mais c'était la première fois que Tony Blair parlait de changement de régime en public», a-t-il poursuivi...."

-Le gouvernement va lancer une enquête sur la guerre en Irak
-Le Pentagone dément tout lien direct entre l'Irak de Saddam et Al-Qaïda
-Irak: les vétérans témoignent de leur sale guerre
-Taux de suicides record dans l'armée américaine
-Reconstruction de l'Irak : 100 milliards gaspillés au soleil
-Effroyable gâchis en Irak
-Dedefensa.org : $125 milliards escroqués?
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-Où va l'Iraq?
--Bush : héritage irakien
-IRAK : chroniques d'un désastre annoncé
-L'Irak : jusqu'à quand ?
- IRAK : côté G.I.'s

jeudi 15 mai 2008

Bush : héritage irakien

Le vrai projet irakien...
Non, ce n'était pas une erreur...

"...George W. Bush a été très clair lorsqu’il a déclaré qu’il n’y aurait pas de limites aux actions militaires des Etats-Unis en Irak..."

Chomsky : les USA ont perdu l’Amérique Latine:

"...Son héritage(Bush) sera d’avoir détruit tout ce qu’il touche. Sur le plan international, il a créé une incroyable catastrophe en Irak et il a abîmé l’image des Etats-Unis dans le monde. En outre, sa politique intérieure, la plus néfaste depuis la Seconde Guerre Mondiale, nous a plongés dans une crise économique aux proportions gigantesques.Bush est-il, comme le disent de nombreux analystes, le pire président de l’histoire des Etats-Unis ?Oui, je dirais ça.Quelle a été la pire de ses actions ?L’Irak, sans aucun doute. Ce pays est la plus grande tragédie de ce siècle. L’invasion a détruit ce pays ; c’est une catastrophe. Sa stratégie, qu’il défend avec tant de force, c’est de créer une série de « seigneurs de la guerre » qui contrôlent de petits territoires mais qui, dans un avenir proche, finiront par se faire la guerre les uns les autres. Bush est un désastre total qui a conduit à un énorme développement du terrorisme.Quand croyez-vous que prendra fin cette boucherie en Irak ?Je pense comme John McCain, le prochain président des Etats-Unis, qui affirme que cela durera cent ans. Les candidats démocrates parlent de retirer des troupes, mais avec beaucoup de précautions et de réserves. En plus, si on considère ce que font le Gouvernement et le Congrès on ne peut pas croire que la fin soit proche : on construit d’énormes bases en Irak, peut-être les plus grandes au monde, et ils ne font pas ça pour les démanteler ensuite.

Mais pourquoi rester en Irak si la guerre est perdue ?
On n’aurait pas envahi l’Irak si ça ne représentait pas une très grosse prise et c’est ce que c’est puisque c’est en Irak que se trouvent les secondes réserves de pétrole les plus importantes au monde. L’Irak est au milieu des principaux pays producteurs de pétrole dans le monde. George W. Bush a été très clair lorsqu’il a déclaré qu’il n’y aurait pas de limites aux actions militaires des Etats-Unis en Irak pendant qu’il soutient que l’économie irakienne doit être ouverte aux investissements étrangers, tout en privilégiant les investissements nord-américains. Il a été très franc. Nous allons voir ce que fait son successeur..."

-Le Pentagone a délibérement intoxiqué et manipulé les médias qui couvraient la guerre en Irak.

Le plan secret pour maintenir l'Irak sous contrôle américain
-Secret plan to keep Iraq under US control -

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(Dedefensa.org) IRAK : transformation de la guerre:
"...Le système américaniste base sa puissance et son fonctionnement, depuis 1941-1945 de façon ouverte et organisée, sur l’activité de la guerre et sur tout ce qui lui est lié (puissance des forces armées maintenues sur pied de guerre, industrie de défense, développement des technologies). C’est le phénomène du complexe militaro-industriel. Le fonctionnement de l’économie est appuyé sur ce phénomène, avec une politique industrielle de type keynésienne. Les commandes militaires de toutes sortes de la puissance publique constituent effectivement un système indirect ouvert de subvention à la puissance industrielle et économique dans son ensemble. Comme l’avait souligné Eisenhower en janvier 1961, la culture et la psychologie profondes du pays en furent modifiées. C’est le triomphe du système grâce au Complexe.Jusqu’ici, les guerres ont constitué des événements économiquement “globalement positifs” pour les USA. La mobilisation industrielle de guerre du début de la Guerre froide, en 1948 (en vérité, le véritable début structurel tel que nous le connaissons de ce système militaro-industriel) a servi d’abord à sauver l’industrie aérospatiale menacée d’effondrement. L’une des conséquences pressantes de cet effondrement que l’on craignait à cette époque est qu'il aurait pu entraîner le pays dans une nouvelle Grande Dépression.
(On lira avec grand profit les textes que nous publiions le 12 février 2003 sur cette période, notamment la reprise d’une analyse publiée dans de defensa & eurostratégie du 10 avril 1995, consacrée au livre de Frank Kofsky, Harry S. Truman and the War Scare of 1948 (St Martin’s Press et Palgrave Macmillan, 1993 & 1995). Le processus et la cause réelle de la remilitarisation de l’industrie US après la démobilisation incontrôlée depuis septembre 1945 sont très précisément mis en lumière. On comprend qu’il y a là l’établissement d’un contrat entre le système et l’industrie de guerre, et l’activité de guerre par conséquent, pour la bonne marche de l’économie US.)
Depuis 1948, avec le précédent positif de la Deuxième Guerre mondiale qui sortit les USA de la Grande Dépression, le Complexe avait rempli son contrat. D’une façon générale, les guerres et l’industrie de préparation constante à la guerre étaient considérées comme des événements économiques “globalement positifs”. La guerre du Vietnam fut sans doute une exception sur le terme, mais elle ne fut pas perçue comme telle sur le moment. Aucun rapport négatif direct sérieux de cause à effet important ne fut établi dans la perception de la chose, laissant le Complexe dans sa position puissante de contractant principal du système.

La guerre en Irak rompt dramatiquement avec ce schéma. La démonstration de Stiglitz, traçant un rapport direct entre les dépenses pour l’Irak et la bulle immobilière entraînant la crise économique et financière constitue un événement tragique pour le système. Le contrat de 1948 est rompu puisque le Complexe ne tient plus son engagement d’assurer à la fois la puissance et une certaine prospérité économique. Pire encore, les chiffres de Stiglitz, par leur énormité par rapport aux prévisions (de $50 milliards à $3.000 milliards, ou le double, etc.), montrent qu’il n’existe plus aucun contrôle possible. Les dépenses, directes et indirectes, pour la guerre en Irak sont un mystère économique, un véritable “trou noir” qui affole la psychologie.
L’Irak a ouvert un nouveau chapitre de la transformation de la guerre. A son plus haut niveau et dans les conditions que nous connaissons actuellement, la principale violence de la guerre s’exerce désormais directement sur l’état de la puissance qui la provoque, et dans des domaines étrangers à ceux qui sont directement liés à la guerre. La puissance invincible que fournit le système est désormais impuissante (récurrence du thème “invincibilité = impuissance”, désormais de plus en plus universel). Les destructions à l’intérieur du système sont nécessairement supérieures à toutes celles que le système pourra provoquer dans le pays attaqué, comme si le fait même de déclencher la violence guerrière (la guerre en Irak) provoquait automatiquement des destructions supérieures (dans tous les domaines) chez l’attaquant (le système lui-même). Cette perversion suprême du contrat initial entre le système et le Complexe menace évidemment de mort la substance du système..."

vendredi 13 mars 2009

Juger GW BUSH ?


Deux poids, deux mesures...
Une chaussure symbolique manquant sa cible d'un coté, une catastrophe humaine et politique bien réelle de l'autre...La prison pour une godasse, l'impunité pour un désastre


Le journaliste lanceur de chaussure contre Bush , lors d'une conférence de presse à Bagdad, est condamné à trois ans de prison...

Pendant ce temps, L'ancien Président des USA entame en toute liberté et sérénité une tournée de conférences très lucratives, comme si la page était définitivement tournée des années d' engagement désastreux en Irak ,de mensonges éhontés ,de réduction des droits (Patriot Act), de légitimation de la torture, de politique économique qui a conduit au désastre que l'on sait..

.Un véritable procès pourra-t-il un jour avoir lieu ? Quand les conditions d'un authentique tribunal international pourront-elles être rassemblées ? Faut-il etre aussi prudent et réservé que cet auteur?

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-Au Congrès américain, le procès de George W. Bush
George W. Bush accusé d'avoir menti pour favoriser une guerre, fabriqué de fausses preuves, mis des citoyens sur écoute, légitimé la torture, piétiné la Constitution, ordonné des détentions illégales... Cela ne s'est pas passé dans le local d'un groupuscule de l'extrême gauche américaine, mais vendredi, dans une grande salle du Congrès, sur la colline du Capitole, à Washington, devant la prestigieuse Commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants ! Les médias n'en n'ont guère parlé, parce que cela fait partie de la routine des nombreuses auditions du Congrès américain, des auditions essentielles dans la culture démocratique de ce pays.Ce à quoi l'on a assisté vendredi, c'est à une tentative, préparée par un député (Dennis Kucinich, de l'Ohio), de déclencher une procédure « d'impeachement » contre le président Bush. Cette même procédure qui avait été engagée contre Bill Clinton dans le cadre de l'inoubliable affaire Monica Lewinsky. La proposition de résolution de Kucinich, qui peut être lue ici, n'a, de l'avis général, aucune chance d'aboutir. Mais au moins, après une campagne intensive, l'ancien maire de Cleveland a réussi à provoquer un débat.Que la présidente (démocrate) de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ait donné son aval à ces auditions, assez rudes pour le président américain, n'allait pas de soi. En 2007, elle en avait écarté l'hypothèse (« Je n'ai pas de temps à perdre », avait-elle alors déclaré). La campagne présidentielle aidant, elle a changé d'avis. Une majorité de représentants (229 démocrates et 9 républicains ) a également donné son feu vert.Les auditions, qui se sont déroulées devant la commission judiciaire du Congrès le 25 juillet dernier, ne sont pas sans intérêt. Les accusations sont très rudes. Le républicain Lama Smith, dans le rôle de l'avocat de la défense, a considéré qu'il ne s'agissait que d'une « thérapie de groupe pour calmer sa colère », et dont le seul résultat serait un « impeachment sur la crédibilité du Congrès »...

-Le juge Garzon croit venu le temps de « traduire » Georges W. Bush devant un tribunal :
"Le juge espagnol Baltasar Garzon, qui avait cherché à faire juger Augusto Pinochet, estime qu’il est temps que le président américain George Bush et ses alliés soient traduits devant un tribunal pour répondre du conflit irakien. Dans une tribune publiée le 20 mars 2007, à l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion du pays par les États-Unis et leurs alliés, le juge Garzon affirme que le conflit irakien a été « l’un des épisodes les plus sordides et les plus injustifiables de l’histoire récente de l’humanité ». […] « Nous devrions étudier plus attentivement l’éventuelle responsabilité pénale des personnes qui sont, ou qui ont été, responsables de cette guerre et voir s’il existe suffisamment de preuves pour qu’elles en répondent », écrit le magistrat dans le quotidien El Pais.Le 16 mars 2004, un rapport de la Chambre des représentants préparé par le démocrate Henry Waxman dresse l’inventaire des exagérations, approximations et mensonges dont l’administration Bush s’est rendue coupable afin de favoriser l’invasion de l’Irak. « Notre banque de données a recensé 237 déclarations trompeuses faites par le président Bush, le vice-président Cheney, le secrétaire [à la défense] Rumsfeld, le secrétaire [d’État] Powell, la conseillère pour la sécurité Rice. Ces déclarations ont été faites au cours de 40 discours, 26 conférences de presse, 53 entretiens, 4 déclarations écrites, et 2 dépositions devant le Congrès. La plupart des déclarations étaient trompeuses parce qu’elles exprimaient une certitude là où il n’en existait aucune, ou omettaient de mentionner les doutes des services de renseignement. Mais 10 de ces déclarations étaient purement et simplement fausses » (Le Monde diplomatique).

-George W. Bush devrait-il être arrêté à Calgary, en Alberta, et jugé pour crimes internationaux ?:
"...Un nombre croissant d’études juridiques d’universitaires (qui )utilisent des éléments de preuve déjà disponibles dans la sphère publique pour établir que George Bush et ses subalternes ont violé de nombreuses lois nationales et internationales, y compris les Conventions de Genève et les instances de l’ONU interdisant la torture. Philippe Sands, Francis Boyle et le professeur Michael Mandel de l’Osgood Hall Law School, trois des juristes internationaux les plus actifs, ont démontré que George Bush et son cabinet de guerre avaient transgressé le droit international, à de très, très nombreuses reprises. De fait, la liste est longue des juristes qui cherchent à amener l’ex-président américain devant la justice. Avec son nouveau livre, The Prosecution of George W. Bush for Murder, Vincent Bugliosi, ancien procureur dans l’affaire Charles Manson, ajoute sa voix à la foule ..."

-Agoravox TV : George W. Bush accusé de meurtre
-La mise en examen de George W. Bush pour meurtre
-George W. Bush dénoncé pour ses 935 mensonges sur l’Irak
-Les deux mandats de George W. Bush
-Faut-il juger les années Bush ?

-Trois ans de prison pour le journaliste irakien lanceur de chaussures

jeudi 2 juillet 2009

Où va l'Iraq?

L'armée US se retire des villes
Et après?..

Quel avenir pour ce pays dévasté?

Iraq : la corruption mine la sécurité bien plus que les attentats - AgoraVox:
"Bagdad, pour fêter la « journée d’indépendance nationale » vient d’offrir les premières concessions gazières et pétrolières aux compagnies étrangères. Ainsi, un cycle commencé en 1972 avec la nationalisation des réserves iraquiennes, vient de se clore. On a les shows qu’on mérite : le concours a été diffusé en direct par la télévision nationale. Cependant, pour l’instant sur les six concessions proposées une seule a trouvé preneur. Le consortium formé entre la BP et la chinoise CNPC. Pourtant le cahier des charges n‘est pas trop encombrant : le seuil de production exigé est similaire à la production actuelle, qui est, pour des raisons évidentes, très bas. Sans doute, les 31 compagnies pétrolières présentes à l’appel d’offre et qui attendent avec impatience le pactole de plus de 110 milliards de barils veulent se donner le temps de négocier les conditions « hors contrat ». Dans un environnement de sables mouvants, où l’ensemble des acteurs avance avec une extrême prudence, ce n’est pas la recrudescence des attentats qui les freine mais le monde interlope des « taxes informelles », des pots de vins à l’infini, des pressions et des exigences de multiples agences, toutes actives, toutes gloutonnes et aux demandes contradictoires.
Selon Trasparency International, l’Iraq est le troisième sur la liste « des pays les plus corrompus », juste après la dictature birmane et le non-Etat somalien. Les bénéfices de ces pratiques dans l’armée, censée remplacer celle des Etats-Unis, sont si importants qu’aujourd’hui il faut payer au moins cinq cent dollars pour être « engagé » comme simple trouffion. Selon Alia Nusaif, parlementaire faisant partie du comité anticorruption de l’assemblée, des milliards de dollars sont chaque année perdus à cause de ces pratiques, qui vont, c’est un euphémisme, dans le sens d’une économie irrationnelle. Ce même comité anticorruption, créé pour répondre à plus de 12 000 plaintes contre l’administration, vient de publier une liste des ministères les plus corrompus : défense, intérieur, économie et finances, éducation, santé, etc. D’après les dires d’ Alia Nusaif, rapportés par la BBC, le comité n’a pu « gratter qu’en surface ». Lutter contre la corruption se révèle un sport dangereux. Madame Nusaif est bombardée de poursuites, ce qui semble un moindre mal : la semaine dernière, un autre membre de ce comité a été assassiné dans la rue à Bagdad. -Le pactole que le gouvernement iraquien propose aux compagnies pétrolières implique des « manques à gagner » faramineux, et dont personne ne veut mettre une croix dessus. D’après le général David Walker qui, en 2006 présentait son rapport au sénat américain au comité de la « stratégie nationale pour une victoire en Iraq », la corruption dans le secteur des hydrocarbures était « gigantesque » : 10 % du pétrole raffiné et 30% du pétrole importé disparaissent des circuits officiels pour rejoindre le marché noir et la réexportation frauduleuse, surtout via la Turquie. Suivant l’exemple iranien, les potentats locaux branchent des pipe line personnels sur les terminaux, cela diminuant de près de 40% les arrivages à la destination finale. Quant aux dépôts stratégiques, à Kirkuk ou à Bayji entre autres, ils sont devenus des « supermarchés de la trêve » : alliés et ennemis se retrouvent pour percevoir leur dîme. Les ponctions sont universelles : les chefs de bandes kurdes et turkmènes, la mafia du pétrole, les militaires, Al Quaida, tout le monde se nourrit sur la bête". (M.Koutouzis)

-Irak: mille fonctionnaires accusés de corruption
-Irak : La corruption des gangs

-IRAK • Tant qu’il y aura du pétrole | Courrier international:
"Les forces américaines quittent un pays qui n’est guère plus qu’une épave. La société, l’économie et même les paysages irakiens ont été dévastés par trente ans de guerre, de sanctions et d’occupation. Les Irakiens ont été submergés par une interminable série de désastres depuis 1980 avec la guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans, la défaite au Koweït en 1991, les soulèvements chiite et kurde réprimés dans le sang la même année, les sanctions des Nations unies qui, en 13 ans, ont ruiné l’économie et fait voler en éclats la société irakienne sans oublier l’invasion américaine de 2003, la guerre menée par les sunnites contre l’occupation de 2003 à 2007 et simultanément, la guerre civile entre chiites et sunnites...
Parallèlement aux questions de sécurité et aux rivalités intercommunautaires, les Irakiens doivent faire face à des problèmes économiques vitaux. Selon le ministère de l’Agriculture irakien, la désertification touche 92,5 % du pays. De ce fait, de 40 % à 50 % des terres qui, dans les années 1970, étaient les plus fertiles sont en train de devenir improductives. L’explication ? Les barrages construits sur l’Euphrate en Syrie et en Turquie, en amont de l’Irak, ont réduit le débit du fleuve au quart de ce qu’il était il y a dix ans. La plaine de Mésopotamie, qui fut l’un des berceaux de l’agriculture et de l’irrigation, se transforme en zone aride. L’Irak, désormais incapable de se nourrir lui-même, est devenu l’un des principaux importateurs alimentaires de la planète.
Mais il y a plus grave. La production de ses grands gisements pétroliers est en chute libre. Les “supergéants”, neuf champs de pétrole contenant plus de 5 milliards de barils de réserves, faisaient pourtant partie des plus productifs au monde. Ceux de Kirkouk et de Bai Hassan, dans le Nord, et ceux de Rumaila, de Qurna-Ouest et de Zubair, dans le Sud, faisaient figure de ressources inépuisables qui, à long terme, pourraient sortir l’Irak de tous les problèmes. Mais voilà que leur productivité baisse, pour cause de négligences, de défaut d’investissements et de mauvaise gestion. En 2008 encore, cela n’inquiétait guère, car le cours du baril était élevé et le gouvernement pensait que cela allait durer. Il a ainsi allègrement augmenté les salaires et autres rémunérations et fait passer le nombre de fonctionnaires à près de 2 millions, soit deux fois plus que sous Saddam Hussein. Un an plus tard, l’Irak est sur la paille, les embauches de fonctionnaires sont gelées, y compris dans la police, et un crédit de soutien de 5,5 milliards de dollars est en cours de négociation avec le FMI. La production de pétrole fin mai était de 2,41 millions de barils, en deçà des 2,58 millions produits à la veille de la guerre de 2003, sans parler des 3,5 millions de barils de 1979.
C’est dans ce contexte qu’a lieu un changement retentissant en Irak. Les 29 et 30 juin, Hussein Shahristani, le ministre du Pétrole, a accordé aux multinationales pétrolières des contrats de vingt ans pour l’exploitation des gisements déjà opérationnels, d’abord pour ramener la production à ses niveaux antérieurs, et ensuite pour l’augmenter. Ces entreprises seront payées en pétrole brut à un cours fixe pour toute production supplémentaire, et devront assumer elles-mêmes tous les investissements. Dans le secteur pétrolier irakien, les détracteurs de cette méthode estiment que le gouvernement vend la poule aux œufs d’or et aurait dû cantonner les compagnies pétrolières aux gisements découverts et non encore exploitables. L’Irak aurait dû conserver la mainmise sur les grands gisements exploitables en employant les services de bureaux d’études, consultants et sous-traitants étrangers pour augmenter la production. A ce stade des choses, le gouvernement irakien estime pour sa part n’avoir guère d’autre choix, et, même ainsi, il faudra encore trois ans avant que la production de pétrole n’augmente.
De façon étonnante, cette évolution historique du contrôle et de l’exploitation de la richesse pétrolière irakienne ne suscite guère d’attention à l’étranger en dehors du secteur pétrolier et de la presse spécialisée. Or son issue sera déterminante pour l’avenir des Irakiens et aura des conséquences sur l’approvisionnement en énergie de la planète entière. Si le pays a retrouvé une certaine stabilité au cours des deux dernières années, c’est en partie parce que le gouvernement a été capable de rémunérer près de 600 000 membres des forces de sécurité et de créer des milliers de postes de fonctionnaires bien payés. Tous les Irakiens rêvent d’un poste confortable et stable dans la fonction publique, et non d’un emploi dans un secteur privé affaibli et incertain. La haine et la peur qui divisent les Irakiens sont le résultat compréhensible de plusieurs décennies de conflits. Elles sont aussi trop fraîches et trop intenses pour être surmontées en moins d’une génération. L’usage et l’exploitation de l’immense richesse pétrolière de l’Irak n’est pas seulement la meilleure chance de redonner à sa population le goût d’y vivre. C’est peut-être aussi la seule.
"
-L'Irak reprend le contrôle de ses villes
-L'Irak doit s'attendre à des jours difficiles, selon Barack Obama
-L'Irak rouvre ses gisements de pétrole et de gaz aux compagnies étrangères
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-Retrait des troupes américaines des villes d'Irak - Les blogs du Diplo
-ContreInfo - Irak
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-Bush : héritage irakien
-IRAK : chroniques d'un désastre annoncé
-L'Irak : jusqu'à quand ?
- IRAK : côté G.I.'s

vendredi 28 mars 2008

IRAK : chroniques d'un désastre annoncé

Comme je l'avais entrevu l'année dernière...(L’Irak : jusqu’à quand ?) ...en montrant les effets pervers d'une certaine sous-traitance (Une guerre privatisée)...l'échec est patent. Ce ne pouvait être autrement, avec des buts de guerre , des engagements et des méthodes aussi troubles...

-Irak : cinq années d’occupation, cinq années de destruction
(Patrick Cockburn: Iraq is a country no more.)
-Sous les subprimes, l'Irak
-Brzezinski : comment sortir intelligemment de cette folle guerre
_______"...En résumé, cette guerre est devenue une tragédie nationale, un désastre économique, une catastrophe régionale menaçant les USA d’un « effet boomerang ». Y mettre fin relève du plus haut intérêt de la nation....Il est également important de reconnaître que la plupart des insurgés anti-américains en Irak n’ont pas été inspirés par Al Qaïda. Les groupes jihadistes installés localement n’ont acquis de la force que dans la mesure où ils ont été capables de s’identifier à la lutte contre un occupant étranger haï..."

-Les USA en Irak (1/6): chroniques d'un échec sans nuance
-USA en Irak (2/6): Les quatre «bonnes» raisons d'une invasion
-USA en Irak (3/6): La boîte de Pandore du «Vietnam des Sables»
-USA en Irak (4/6): Les faux-frais d'une administration Bush en goguette
-USA en Irak (5/6): en ligne de mire, la récession
-USA en Irak (6/6): inflation à tous les étages

mardi 15 avril 2008

BUSH et l'IRAN


Un nouveau bouc émissaire ?..Ou une histoire de contrôle des ressources pétrolières au MO ?

"Je m'attriste qu'il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que tout le monde sait : la guerre d'Irak est due en grande partie au pétrole, » (Alan Greenspan)

D’Al Qaïda à l’Iran:
"Les dernières actions du lobby pro-guerre à Washington indiquent une réévaluation de la politique irakienne américaine, l’Iran remplaçant peu à peu Al-Qaida comme principale menace terroriste, et ce au moment où les autorités s’efforcent de justifier le maintien sur place des troupes déployées en renforts, le « surge »...La forte influence confessionnelle qu’exerce l’Iran sur les milices dominantes en Irak ne peut pas être sous estimée, mais il est tout aussi vrai que c’est aux États-Unis eux-mêmes qu’incombe la responsabilité de l’influence croissante de l’Iran dans la région, en particulier en Irak. La guerre contre le terrorisme de Washington a rapidement mis fin aux deux plus grands problèmes qu’avait l’Iran à ses frontières - les Talibans en l’Afghanistan et l’Irak de Saddam - et même les moins inspirés des stratèges auraient pu s’attendre à voir Téhéran exploiter à son profit la situation en Irak après l’occupation..."
- La diplomatie anglaise redoute que le témoignage de Petraeus ne présage d’une attaque de l’Iran
-L’Iran est toujours une cible
-Les dangers de la crise du nucléaire iranien:
Bill et Kathleen Christison, tous deux anciens analystes de la CIA, craignent que Bush ne mette à profit les derniers mois de son mandat pour attaquer l’Iran. Ils se livrent à une analyse détaillée des enjeux du dossier nucléaire iranien, et appellent de leurs voeux la création d’un instance sous l’égide de l’ONU chargée d’oeuvrer en faveur du désarmement et de coordonner l’action contre les crises. Mais dans l’immédiat, disent-ils, il faut manifester sans relâche contre la possibilité d’une intervention militaire.
- Google : dossier sur l'iran
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-Face aux États-Unis, l'Iran s'allie avec la Chine
"........ entreprise de contrôle des ressources énergétiques mondiales. D’une part pour subvenir à leurs propres besoins, d’autre part pour disposer d’un moyen de pression sur les autres pays industriels (doctrine Kissinger). Ils ont logiquement concentré leurs efforts dans la région du Golfe arabo-persique qui recèle les deux tiers des ressources actuellement exploitables.En 2003, Washington a franchi un pas en envahissant l’Irak qui avait la particularité de détenir des réserves très importantes et d’être désarmé depuis douze ans. Simultanément, ils ont exercé des pressions externes sur l’Iran, le menaçant de sanctions économiques, et internes sur l’Arabie saoudite, encourageant une vague d’attentats.Pour contrôler les hydrocarbures iraniens, les États-Unis entendent placer un régime à sa dévotion au pouvoir à Téhéran. Ils espèrent y parvenir en combinant des moyens économiques et diplomatiques. Pour ce faire, Washington a patiemment construit un dossier : publications d’argumentaires, création d’associations subventionnées, et jusqu’à la tournée médiatique en Europe de la veuve et du fils du dernier Shah .
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Kissinger admet que l'attaque de l'Iran est pour le pétrole
"...Kissinger admettant que le contrôle US des approvisionnements pétroliers iraniens est le vrai ordre du jour derrière l'hostilité envers l'Iran fera sourciller et attirera les condamnations d'un grand nombre, mais il y a un noyau dur de meneurs néo-conservateur qui soutiendraient un ordre du jour de ce genre même s'il était ouvertement admis que la prolifération nucléaire n'est qu'un écran de fumée pour piller davantage de pétrole au Moyen-Orient. ​​​C'est parce qu'ils sont encore induits en erreur dans la pensée que les guerres d'agression à l'étranger pour monopoliser les ressources naturelles rendent les USA, et eux en conséquence, plus riche et plus prospère -- alors que rien ne pourrait être plus loin de la vérité. ​​​Le fait que l'invasion de l'Irak était pour le pétrole est un cliché familier qui a même été reconnu par Alan Greenspan la semaine dernière. ​​​« Et alors ? Nous avons besoin de ce pétrole, » ricanent les néo-conservateurs..."
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Le blog finance: le pétrole comme arme contre les USA
- Iran-USA - Déclenchement d’une crise mondiale majeure?
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---------------Pourquoi McConnell a-t-il publié le rapport sur l’Iran?-----------------



jeudi 3 décembre 2009

Afghanistan: jusqu'où ?

"Finir le boulot?"


Faire du Bush sans Bush, avec une opinion toujours plus divisée

Avec les mêmes objectifs
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-"Le New York Times du 31 décembre vend la mèche en écrivant : « Les États-Unis cherchent à élargir les routes d’approvisionnement dans la guerre en Afghanistan. » C’est également ce que décrit un ancien diplomate indien, M. K. Bhadrakumar, dans un article du 20 décembre dans Asia Times. « La présence américaine en Afghanistan fait partie d’une grande stratégie de l’Asie centrale. Même si la guerre s’y est très mal déroulée, cet effort a connu un certain succès, le Pentagone réussissant à établir une présence militaire à long terme dans le pays. » De plus, poursuit l’auteur, « Washington utilise la détérioration de la situation en Afghanistan comme prétexte pour établir de nouvelles bases américaines en Asie centrale, notamment en Ouzbékistan et au Kazakhstan ». Plus globalement encore, note Bhadrakumar, « les États-Unis pourraient préparer une autre route caspienne qui traverserait la Géorgie sur la mer Noire, en direction de l’Azerbaïdjan sur la mer Caspienne et puis des États d’Asie centrale. Cela pourrait aussi servir de route du pétrole et du gaz indépendante de la Russie et étendre potentiellement l’OTAN dans le Caucase et en Asie centrale. Si les puissances européennes acceptent la nécessité d’une défense des sources d’énergie vitales, conduite par les États-Unis ». (D.Bari)
- Afghanistan : mourir pour du pétrole ?-

-"Le plan McChrystal prévoit ce que les Soviétiques avaient fait à l'époque: tenir les villes. Cela n'a pas marché pour les Soviétiques et je ne vois pas comment cela pourrait marcher avec nous, compte tenu de l'empreinte militaire que nous avons déjà laissé" (Christine Fair :enseigne au Centre d'études pour la paix et la sécurité de l'université de Georgetown.)

-L’éditorial du quotidien Le Monde, (28 mars) consacré à « Obama l’Afghan »:« Si rupture il y a dans l’approche américaine, c’est surtout dans une évaluation plus réaliste des réalités régionales : les racines du conflit afghan se situent largement au Pakistan, où les chefs d’Al-Qaida et de la mouvance talibane ont établi des sanctuaires. Or l’impunité dont ils jouissent n’existerait pas sans la complicité des services secrets d’Islamabad. La bonne solution est-elle de tripler l’aide au Pakistan, comme l’a annoncé M. Obama, et une telle approche est-elle conciliable avec un accroissement des frappes militaires contre des cibles situées au Pakistan ? »-« Le président américain a récemment reconnu que la situation sécuritaire connaissait une dérive en Afghanistan, tout en soulignant qu’il fallait songer à une stratégie de sortie. “Obama l’Afghan” est en train de mesurer à son tour que la tâche consistant à pacifier un pays qui a tenu en échec plus de 100 000 soldats soviétiques ne sera pas aisée. »
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-Afghanistan : Obama choisit de "finir le boulot" laissé par Bush:
"Le pari d'Obama est colossal : il a décidé de porter le nombre de soldats américains en Afghanistan à près de 100 000 hommes, soit 30 000 de plus d'un seul coup, une escalade majeure dans un pays où aucune armée étrangère n'a jamais réussi à gagner une guerre depuis la défaite cinglante des Britanniques dans la première moitié du XIXe siècle en passant par l'armée soviétique dans les années 80. A ces 100 000 soldats américains il faut ajouter 42 000 soldats des autres nations coalisées, auxquelles Obama demande un effort supplémentaire. L'infographie de notre partenaire laGraphique sur la montée en puissance du nombre de GI's est de ce point de vue très parlante. ...____________Si Barack Obama veut « finir le boulot », selon sa propre formule, il entend aussi amorcer le retrait des troupes dès l'été 2011, sans en spécifier la fin - un calendrier destiné à « sauver » sa campagne électorale de 2012. Annoncer la fin de la mission d'entrée de jeu est tactiquement dangereux, comme l'ont aussitôt fait observer les Républicains, et rappelle justement toutes les escalades guerrières précédentes, à commencer par celle du Vietnam.________« Finir le boulot », c'est évidemment une question de définition : pour les Etats-Unis et leurs alliés, qui sont engagés dans ce conflit depuis déjà huit ans, depuis le renversement du régime des talibans au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, il s'agit, au minimum, de laisser une armée nationale afghane et une administration capables d'empêcher le retour des fidèles du Mollah Omar à Kaboul.Le pari est loin d'être gagné car l'histoire des escalades militaires montre qu'on sait quand elles commencent, pas quand elles s'achèvent… Que se passe-t-il si le « boulot » n'est pas fini en 2011 ?_____________Gérer l'héritage de George W. BushBarack Obama a fait de l'Afghanistan « sa » guerre alors que ce conflit fait partie de l'héritage empoisonné de George Bush. Obsédé par l'Irak, Bush et son entourage d'idéologues néo-conservateurs (Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz…) ont rapidement délaissé l'Afghanistan après leur victoire de 2001, pour s'attaquer à Saddam Hussein, un enjeu plus à leur mesure pensaient-ils.L'administration républicaine a laissé derrière elle un champs de ruines en Irak, une Amérique épuisée et discréditée, et, surtout, un Afghanistan en proie depuis 2006 à une incroyable résurgence des talibans qu'elle croyait avoir éliminés.Obama a choisi d'assumer cet héritage, au grand dam d'une partie de ses partisans. estimant sans doute qu'il ne pouvait pas faire un choix qui donnerait aux auteurs du 11 septembre la chance de crier victoire, et d'encourir le reproche d'avoir « perdu l'Afghanistan ».Le président américain a ensuite pris son temps pour redéfinir sa stratégie, période d'attentisme pendant laquelle le soutien des Américains à cet engagement militaire a fondu dans les sondages, rendant sa tâche plus complexe encore.Barack Obama espère faire en dix-huit mois ce que George Bush n'a pas fait en huit ans..."

-Obama et l'Afghanistan-Pakistan
-Afghanistan : peu croient à une issue rapide pour un conflit enlisé:
-M. Obama ne va pas au bout de la logique d’une guerre limitée à Al-Qaida:
"...M. Obama, qui avait l'air si sombre à West Point, donne toutefois l'impression de ne pas être convaincu de la justesse de sa stratégie. Il a hésité de longs mois. On sent qu'il devient chef de guerre à contrecœur. Le président américain n'est en fait pas allé au bout de la logique qu'il exprimait clairement durant sa campagne électorale: retirer l'armée américaine d'Irak et se concentrer sur le combat contre Al-Qaida. Car il aurait alors fait un double constat: premièrement, qu'aucune trace d'Al-Qaida n'a été décelée en Afghanistan depuis la chute des talibans fin 2001; deuxièmement, que ce n'est pas avec une armée de 100000 hommes que l'on combat Al-Qaida..."

-Afghanistan: Barack Obama prend ses soutiens à contre-pied
:
"Barack Obama a attendu la fin de son discours sur l'Afghanistan, mardi, devant les cadets de West Point, pour prononcer la phrase clef: « Il est facile d'oublier que, quand cette guerre a démarré, nous étions unis. » Et d'ajouter, telle une supplique : « Je refuse d'accepter que nous ne soyons pas capables de retrouver cette unité. Je crois de toutes les fibres de mon être que nous – Américains – pouvons toujours nous rassembler derrière un but commun. »Cela fait en effet longtemps que la guerre en Afghanistan a cessé de faire l'unanimité aux États-Unis. Ainsi, en prenant la décision d'envoyer 30.000 soldats supplémentaires en renfort du contingent américain sur place (la fourchette haute de ce que demandaient les militaires, une augmentation de 45% des effectifs sur le terrain), Obama prend aussi le contre-pied de son opinion publique. En particulier de la gauche américaine, qui l'a soutenu durant les primaires démocrates, et a fortement contribué à le faire élire contre John McCain il y a un an.__Si les derniers sondagesWashington Post), cette proportion augmente singulièrement quand on ne considère que les démocrates : les deux tiers d'entre eux sont opposés à la poursuite de la guerre et à l'envoi de troupes supplémentaires...

Les promesses de prendre en compte la réalité économique du moment sont destinées à se démarquer des pratiques de l'administration Bush, qui a constamment cherché à dissimuler le coût de ses aventures extérieures. Obama a également pris d'autres précautions : il a annoncé un début de retrait dès juillet 2011, il a essayé de rassurer le Pakistan alors qu'il va probablement étendre la guerre sur son territoire, et il a expliqué qu'il entendait responsabiliser les Afghans en aidant les administrateurs non corrompus et les projets de développement « pratiques » dans le domaine de l'agriculture....
Comme l'a constaté Obama, l'unité du pays n'existe plus, et ce sont ses propres alliés qui renâclent à le suivre. Il est probable qu'en écoutant le discours de mardi, ceux-ci n'ont pas seulement entendu les paroles rassurantes du chef d'État, mais également toutes les phrases qui rappelaient son prédécesseur, jusque dans l'emploi du mot « surge » (la poussée) pour qualifier la nouvelle stratégie : « Nous n'avons pas sollicité de combat » ; « Si je ne pensais pas que la sécurité des États-Unis et des Américains était en jeu en Afghanistan, je ferais rentrer avec plaisir l'ensemble de nos troupes dès demain »; « Avec un Pakistan nucléaire, l'enjeu est bien plus élevé, car nous savons qu'Al-Qaïda et d'autres extrémistes recherchent des armes nucléaires qu'ils n'hésiteraient pas à utiliser ».
De l'avis de tous les analystes politiques américains, Obama a pris là la décision la plus importante de son mandat. Il s'est approprié cette guerre en Afghanistan, et les solutions qu'il entend apporter pour la terminer sont les siennes, et non pas celles de ces prédécesseurs – contrairement à l'Irak. Reste à savoir si la majorité d'Américains qui ne voient pas cette stratégie d'un bon œil s'y rallieront.__Pour l'instant, les augures ne semblent pas favorables. Selon le New York Times, en apprenant le contenu du discours présidentiel, un des responsables d'une association de démocrates de gauche s'est dit « vraiment pas heureux du tout ». Dressant une comparaison avec le Viêtnam, il a estimé : « Nous sommes devant le cas d'un président qui s'enfonce encore et encore, tout en proclamant qu'il aperçoit la lumière au bout du tunnel. »

-Barack Obama met l'US Army au pied du mur en Afghanistan

-En Afghanistan, Obama fait du Bush sans Bush

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-Afghanistan :Obama s'obstine
-- Bourbier afghan
- Afghanistan : mourir pour du pétrole ?
- Aventure afghane ?

mardi 17 juin 2014

Irak: guerre sans fin?

 Vers de nouvelles configurations géopolitiques au MO?
                                                                          Les échecs de la démocratie aéroportée 
                                     Malgré le rétropédalage tardif de Colin Powel, le mal était fait. La machine à créer du désordre avait produit ses effets.
   L'ordre par la chaos: telle était la philosophie sommaire de la politique étrangère de l'équipe des néoconservateurs pétroliers et évangélistes bushiens, soutenus par quelques gameboys, intello-histrions gaulois et par un Tony Blair toujours convaincu...
    Le chaos, ils l'ont eu. Et quel chaos!
               Tout ça pour ça
Même l'objectif pétrole ne put être rempli dans ce qui devint un bourbier.
      Après la gestion calamiteuse de l'après-guerre,  les Etats-Unis ont laissé l'Irak au bord de l'implosion. et hésitent aujourd'hui à s'engager à nouveau  pour éviter la partition du pays, après tant de morts, de traumatismes et de milliards de dollars engagés. La parlementaire Nancy Pelosi s'est déclarée opposée à des bombardements. « Et quoi, après ?, s'est-elle interrogée. C'est la politique erronée qui nous a menés sur ce chemin il y a onze ans. » ( *)
        Un groupe de djihadistes, qui a plus de dix ans, produit indirect de l'invasion US en Irak et du démantèlement de l'organisation politique et militaire, s'est peu à peu organisé et radicalisé et a fini par prospérer sur les décombres et à la faveur du conflit syrien, alimenté par le vieux conflit sunnite-chiite resurgit, désireux de faire sauter les vieilles frontières de 1916.
       Aujourd'hui, il évolue vers un quasi Etat.
L’Iran considère l’Irak comme relevant de sa sécurité nationale et n’acceptera pas l'installation à Bagdad d'un pouvoir qui lui serait défavorable.. Interviendra-t-il?  Il semble que les USA ne s'y opposeraient pas, par intérêt, par simple calcul géostratégique.
     De fil en aiguille, la donne régionale risque de se trouver profondément modifiée:
   "...Pour beaucoup d’observateurs, cette offensive des djihadistes constitue une réelle surprise, de par la rapidité avec laquelle les forces armées ont quitté le territoire, sans vraiment combattre. « On n'a jamais vu ça, dit Myriam Benraad, spécialiste de l’Irak et responsable du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient au bureau de Paris du Conseil européen des relations internationales (ECFR). Les informations dont je dispose montrent qu’il n’y a pas eu de résistance de l’armée irakienne, et une désertion à grande échelle. Cela démontre que la prise de la ville avait été planifiée de longue date. Cela vient confirmer le fait que l’armée se révèle très poreuse et infiltrée par des insurgés et des membres de l’État islamique. Cela en dit long aussi sur l’EIIL, installé parmi les populations civiles et qui joue de ses ressources financières provenant du pétrole pour acheter la complicité de ces populations. C’est d’ailleurs également ce qu’il fait en Syrie, et toute une économie de guerre s’est désormais greffée autour de l’EIIL. » 
Bannière d'un site pro-EIIL, publié mardi 10 juin.Bannière d'un site pro-EIIL, publié mardi 10 juin. © DR
                                   « Une partie de la population sunnite n’en peut plus des brimades du régime de Maliki et soutient l’EIIL, estime Romain Caillet, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) et spécialiste de l’EIIL. À Mossoul, l’EIIL récolterait ainsi jusqu’à huit millions de dollars par mois. Certes, il y a aussi du racket, et l’on fait sauter les maisons de ceux qui ne paient pas en les accusant d’être des agents du régime. Ce n’est pas très étonnant que, dans ces conditions, ils aient pris la ville. »
   Le projet politique de l'EIIL est très clair. L'organisation djihadiste regarde avec envie le Kurdistan irakien prospère et devenu largement autonome de Bagdad. Le mouvement veut imposer son indépendance face au pouvoir chiite de Maliki, et gagner en autonomie financière avec, d’un côté, les raffineries de Deir Ez Zor en Syrie, de l’autre, les puits de pétrole de la région de Kirkouk, les plus importants du pays. S’il arrive à maintenir en sa possession ces deux mannes pétrolières, l’EIIL pourrait tout simplement devenir l’un des plus gros producteurs de pétrole du monde arabe ! (Lire ici un document présentant les ressources pétrolières irakiennes.)
Ce projet, qui vise à effacer la frontière dite de Sykes-Picot qui sépare l’Irak de la Syrie, ne date pas d’hier. Il s’inscrit dans l’histoire du djihadisme tel qu’il s’est construit en Irak au moment de la chute de Saddam Hussein, en 2003..." (Mediapart)
                        C' est plus simple à comprendre avec des cartes
       La percée d’EIIL en Irak pourrait durablement mener à une recomposition complète de la région. En septembre 2013, une tribune de la chercheuse Robin Wright, publiée dans le New York Times émettait déjà cette hypothèse et proposait une nouvelle carte
Cinq états du Moyen-Orient (la Libye, l’Arabie saoudite, la Syrie, l’Irak et le Yémen) éclataient en quatorze nouveaux Etats. L’espace irako-syrien s’y découpe en trois zones : le Kurdistan (bleu), le « Sunnistan » (vert) et le « Chiistan » (rose), tous deux séparés au niveau exact de Bagdad. Ce Sunnistan correspond en partie à la zone actuellement sous l’influence d’EIIL. Les frontières seraient complètement rebattues, à l’image de ce qui s’est produit dans les Balkans après l’éclatement de l’URSS. A la même époque, George Bush père avait mis fin à la première guerre du Golfe pour éviter l’éclatement de l’Irak en trois zones, chiite, sunnite et kurde.
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samedi 27 août 2016

Irak: point d'histoire


Les aventures de Tony the Warrior
                                                        Quel gâchis!
           Retour sur une aventure qui a (très) mal tourné.
      Tout a fini pas se savoir, grâce au  rapport Chilcot.
Il a menti honteusement, en bon caniche de Bush.
   Lui qui a eu une action déterminante dans le chaos engendré dans le chantier du Moyen-Orient, relayant les mensonges sur l'Irak. Un chantier dans lequelle l'Angleterre avait pris une part majeure dès l'origine.
  L'intention de Tony Blair était d'ailleurs, durant l'embargo, de ramener le pays à l'âge de pierre.
   Pressé de toutes parts, il avait été contraint à passer  à table.
     Mais la critique  dévastatrice de Tony Blair, par Steven Erlanger et David E. Sanger a fini par donner le coup de grâce.
  On peut le résumer en 13 points clés.
C'est la honte pour lui pour le restant de ses jours.!
  Il regrette, mais un peu tard, le pôvre...comme le naïf Colin Powell.
  Une repentance toute empreinte de duplicité sirupeuse:
     « Il n’y aura pas une journée de ma vie où je ne revivrai et ne repenserai à ce qui s’est passé, » ... « Les gens me demandent pourquoi je passe tant de temps aujourd’hui au Moyen-Orient. Voilà pourquoi. C’est pour cela que je travaille à la paix au Moyen-Orient. »     Quelle conversion!
       Un mea culpa qui a vite trouvé sa limite : « Je crois que nous avons pris la bonne décision et que le monde est meilleur et plus sûr »,  Il fallait oser....
      Ce grand gâchis, à l'origine de l'enchaînement des problèmes tragiques d'aujourd'hui, en Irak et autour, n'a pas fini de manifester ses conséquences désastreuses.
    L'intervention en Irak continue aujourd'hui à influer sur la politique britannique et explique les fortes réticences du Royaume-Uni à s'engager militairement depuis. Si le Brexit « est l'événement politique le plus important pour les Britanniques depuis la Deuxième Guerre mondiale, l'invasion de l'Irak en 2003 n'est pas très loin », soulignait mercredi The Guardian. « Ceux qui vivent sous le régime meurtrier de l'État islamique ou celui de Bachar el-Assad ont le droit de dire que c'est l'invasion intervenue il y a 13 ans qui a ouvert les portes de l'enfer », ajoute le quotidien....
              "En détruisant le régime de Saddam, les États-Unis ont ouvert une boîte de pandore. Ce n’est pas une surprise car même aux États-Unis, des voix critiques s’étaient élevées contre l’aventure de George W. Bush en affirmant qu’il n’y avait pas vraiment de plan clair sur l’après-Saddam. Dit moins poliment, la conquête de l’Irak avait pour but de redonner aux États-Unis le contrôle de ce pays riche de pétrole et aux confluents du Moyen-Orient et de l’Asie, et non de rétablir la démocratie." (P.Beaudet)
     On ne peut mieux dire.
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mercredi 20 août 2014

Irak: du chaos au chaos

Et maintenant?
                         Bush et les lobbies pétroliers texans l'avaient décidé, par un C. Powel interposé et manipulé: il fallait attaquer l'Irak, l'axe du mal, citadelle prétendue  d'Al Qaida.
    Immense et tragique mystification, aux intérêts pétroliers à peine masqués.
Mais toute propagande passait aux USA, après le traumatisme du WTC et l'ébranlement des esprits.
     La baudruche s'est depuis bien dégonflée. Colin Powel lui-même est passé aux aveux et la presse à la critique
                C'était l'époque de la doctrine de la destruction créatrice, chère aux néo-conservateurs, chargée de construire une nouvelle donne politique au MO, conforme aux intérêts de Washington. Il importait, faisant fi de la complexité du terrain et de la société irakienne, de faire table rase de l'ordre existant et d'installer, manu militari, une démocratie aéroportée. La tabula rasa, on voit ce que ça donne en Libye...
     Résultat: beaucoup d' Irakiens, autrefois relativement prospères, maintenant ruinés, disent aujourd'hui être passés d'un dictateur à une multitude de tyrans.
         Au MO, les USA n'ont produit que du chaos. L'intention de Tony Blair était d'ailleurs, durant l'embargo, de ramener le pays à l'âge de pierre
Résultat:   "Les forces américaines quittent un pays qui n’est guère plus qu’une épave. La société, l’économie et même les paysages irakiens ont été dévastés par trente ans de guerre, de sanctions et d’occupation. Les Irakiens ont été submergés par une interminable série de désastres depuis 1980 avec la guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans, la défaite au Koweït en 1991, les soulèvements chiite et kurde réprimés dans le sang la même année, les sanctions des Nations unies qui, en 13 ans, ont ruiné l’économie et fait voler en éclats la société irakienne sans oublier l’invasion américaine de 2003, la guerre menée par les sunnites contre l’occupation de 2003 à 2007 et simultanément, la guerre civile entre chiites et sunnites...(C.Cockburn) 
      -"En détruisant le régime de Saddam, les États-Unis ont ouvert une boîte de pandore. Ce n’est pas une surprise car même aux États-Unis, des voix critiques s’étaient élevées contre l’aventure de George W. Bush en affirmant qu’il n’y avait pas vraiment de plan clair sur l’après-Saddam. Dit moins poliment, la conquête de l’Irak avait pour but de redonner aux États-Unis le contrôle de ce pays riche de pétrole et aux confluents du Moyen-Orient et de l’Asie, et non de rétablir la démocratie." (P.Beaudet)
           L'Irak a été abandonné au chaos, malgré le vernis de pouvoir imposé, au bord de l'implosion.
       Les pompiers pyromanes s'agitent, l'Oncle Sam ne veut et ne peut plus y remettre les pieds.
  Obama, plus qu'équivoque, déclarant finalement que « Au cours de la décennie écoulée, les troupes américaines ont consenti de grands sacrifices pour donner aux Irakiens une chance de construire leur propre avenir. »  intervient aujourd'hui par la bande.
      L'éclatement en cours du pays n'a pu profiter qu'à des groupes les plus extrêmes, en lutte pour un projet aussi délirant qu'archaïque. La nature a horreur du vide et les oppositions exacerbées pendant des décennies produisent cruellement mais logiquement leurs effets. Les calculs autocratiques de M. Al-Maliki ont accéléré le processus de dissolution, sur fond de tensions interconfessionnelles instrumentalisées.
        Les Kurdes d'Irak ont bondi sur l'occasion et nous en profitons pour les armer dans l'urgence, afin de neutraliser la menace. Mais il est bien tard et il y a des risques, car nous ne contrôlons ni les objectifs, ni le déroulement des événements.
         Le pétrole reste encore et toujours l'acteur principal dans la tragédie qui continue.
                                   Les puissances occidentales suivront-elles le conseil de Stephen M. Walt : « Les Etats-Unis ont passé une bonne partie de ces dix dernières années à traquer cet insaisissable Graal, et le résultat en a justement été le genre de chaos et de rivalités religieuses à l’origine de cette toute dernière crise. Nous avons peut-être la possibilité de faire un peu de bien aux minorités en danger, mais, par-dessus tout, qu’on ne fasse pas davantage de mal, ni à la région, ni à nous-mêmes. »?
     On peut en douter...même si le pape s'en mêle.
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