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lundi 17 octobre 2016

CETA: c'est à (re)voir

 On aime bien le Canada et son très selfie premier ministre, mais...
                                                                                       Dans un traité comme celui-là, il y a bien des non dits, des risques, comme certains gouvernants eux-mêmes s'en rendent compte, en France, en Belgique ou en Allemagne...surtout dans une Europe déjà en souffrance.
 C'est déjà une assez vieille affaire 
                                Les multinationales ne désarment pas.
         Comme le Tafta, même renégocié à la marge, elle n'est pas sans créer des soucis, sauf pour certains décideurs drogués à la mondialisation sans frein, au culte du sacro-saint marché auto-créateur, à la religion de l'OMC..
      Le libre échange, oui, mais à certaines conditions
  Le CETA est un accord libre-échangiste peu acceptable, malgré les prétentions officielles, surtout dans les conditions, souvent obscures, où ce projet a été élaboré:
     "...À l'image de TAFTA, la situation de CETA démontre que les négociateurs n'ont pas su ou pu tirer les leçons du fiasco d'ACTA et entendre les demandes des citoyens. Plutôt que d'être négociées dans l'opacité, ces questions doivent faire l'objet de débats démocratiques et ouverts. Persister dans ces pratiques de contournement des procédures légitimes pour imposer des mesures répressives dans le cadre d'accords commerciaux ne peut que contribuer à nourrir la méfiance des citoyens à l'égard de leurs représentants et des institutions européennes...". 
       Des lignes rouges ne sont pas respectées.
            Beaucoup ne sont pas sûrs que ce soit un traité gagnant-gagnant, comme le dit Manuel Valls.
     L'Europe n'a pas vraiment pas besoin du CETA
                De manière essentielle, l’Accord UE-Canada va à l’encontre de ce que l’Europe, traumatisée par une augmentation sans précédent des inégalités et un retrait manifeste des services publics, a vraiment besoin. Le CETA encourage la libéralisation plutôt que la protection ; il privilégie la dérégulation à la re-régulation. Il fragilise également nos systèmes juridiques et la capacité de nos gouvernements à poursuivre des objectifs de politiques publiques. Quelques exemples : quand les agriculteurs européens demandent davantage de protections sur le marché intérieur, le CETA ouvre de nouveaux contingents d’importation pour le porc et le bœuf canadiens, pour un total de 140 000 tonnes par an. Alors que l’agenda de dérégulation de l’UE s’est révélé être un échec profond, le CETA ouvre à la concurrence tous les services, sauf ceux listés de manière explicite - et restrictive - dans l’accord...
    Tout en maintenant que le CETA revêt un caractère dangereux pour nos démocraties, nos économies, nos normes et l’environnement, nous pensons également qu’il est possible de mieux réguler le commerce, notamment au niveau multilatéral. Nous soutenons les accords commerciaux s’ils contribuent à créer des bénéfices tangibles pour les travailleurs et les consommateurs, s’ils régulent la mondialisation, s’ils s’attaquent à la lutte contre le réchauffement climatique, tout en préservant nos modèles démocratiques. Tout autre type d’accord devra être combattu...
      Pas de CETA chez nous !______________________________
* Que vaut l’accord CETA avec le Canada?  _____(doc)
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vendredi 22 septembre 2017

CETA : le pas est franchi

La France a dit oui
                               En toute connaissance de cause?
   Si le Tafta est abandonné par Trump, le CETA, après de nombreuses tractations et tergiversations, est adopté, du moins pour la France pour l'instant.
    Cet accord de libre-échange avec le Canada, remanié nous dit-on, a fait l'objet de nombreuses contestations.
      Mais celles-ci ne sont pas taries.
  Malgré les critiques et les incertitudes, le pas est franchi. Mais certaines préoccupations de fond restent entières, concernant notamment les incidences de l'importation facilitée de la viande bovine sur nos éleveurs souvent en détresse, les normes d'élevage et environnementales contestables et l'instauration de tribunaux spéciaux pour régler les conflits privés avec les règles étatiques.
   Certains responsables politiques demandent la réouverture des négociations.
          Les "experts" sont on ne peut plus vagues sur des points fondamentaux du traité, reconnaissant à mi-voix que " ce sont peut-être les questions agricoles qui suscitent le plus d'inquiétudes. Car le Ceta va augmenter les quotas d'importations de bœuf et de porc canadiens en échange de la reconnaissance d'appellation géographique outre-Atlantique. « Les conditions d'élevage diffèrent beaucoup entre l'Union européenne et le Canada. Si l'accord prévoit de créer au Canada une filière bovine spécifique garantie sans hormone destinée à l'exportation vers l'Union européenne et une filière porcine sans traitement à la ractopamine, il est muet sur les questions du bien-être animal, de l'alimentation animale (farines animales ou non ?), et de l'administration d'antibiotiques comme activateurs de croissance », regrette le rapport.
  Ses auteurs préviennent qu'il « sera difficile de ne pas concéder aux nouveaux partenaires des contingents d'importation de viande plus élevés que ceux qui existent actuellement, ce qui pourra changer notablement l'échelle des problèmes. Le risque est que le Ceta ne fournisse pas des conditions favorables aux objectifs de la transition écologique de l'agriculture (maintien de la place des prairies et de l'association polyculture-élevage notamment), en particulier dans le secteur de l'élevage bovin allaitant, déjà en difficulté depuis de nombreuses années. » Sur ce sujet, les rapporteurs proposent de « mettre en place un système d'information pour le consommateur sur les modes de production (utilisation d'antibiotiques et activateurs de croissance, bien-être animal, environnement, caractère transgénique) ».
       Les intentions sont louables, mais quelles garanties seront offertes après la mise en route du processus?
      Il semble bien en tous cas que les  lobbies soient satisfaits.
          Le 26 octobre 2016, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot avait vivement apostrophé les présidents du Conseil européen Donald Tusk et de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, contre le Ceta (Accord économique et commercial global en français). La vidéo a beau avoir été vue plus d'un million de fois sur Facebook, rien n'y a fait. Cet accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada va être appliqué "provisoirement" à compter d'aujourd'hui, en attendant une pleine entrée en vigueur du texte une fois que tous les parlements des pays membres de l'UE l'auront voté..
De plus au Canada comme aux Etats-Unis, le principe de précaution n’est pas reconnu. Il faut qu’une menace soit avérée pour déclencher une interdiction. Alors qu’en France, le risque de dommage grave suffit à interdire un produit. La commission d’experts dit ainsi qu’il est "très difficile d’apprécier les conséquences" du Ceta "sur l’environnement et la santé.
     Par ailleurs, et la commission, le formule explicitement, le climat est "le grand absent". Elle recommande donc qu’il puisse y avoir un "veto climat" sur les tribunaux d’arbitrage. Aujourd’hui, l’Europe a la possibilité d'interdire les carburants canadiens, très chargés en carbone puisqu’ils proviennent de l’extraction des sables bitumeux. Avec le Ceta, ça ne sera plus possible. Barack Obama s’est heurté au même problème dans le cadre de l’Alena : il a bloqué le pipeline Dakota, mais la société TransCanada a porté plainte auprès du tribunal d’arbitrage, et réclamé... 15 milliards d’euros ! Dont 13 au titre des bénéfices non engrangés ! Jusqu’à ce que le beau et moderne Trudeau refasse le deal avec l'affreux Trump. La menace de sanctions financières des tribunaux d’arbitrage amène les Etats à avoir peur de légiférer. "
          C'est une partie non négligeable de notre alimentation qui sera impactée:
" Avec l'entrée en vigueur du Ceta, de la viande produite au Canada pourra être plus facilement importée au sein de l'Union européenne. Or, cette viande n'est pas produite selon les mêmes règles outre-Atlantique. Les producteurs canadiens utilisent par exemple plusieurs anabolisants et antibiotiques "comme facteurs de croissance", alors que cette pratique est interdite au sein de l'UE, relève le rapport de la commission d'évaluation de l'impact du traité de libre-échange (PDF), remis au Premier ministre Edouard Philippe début septembre. Selon cette étude, le Ceta "laisse la possibilité au Canada d'utiliser" ces facteurs de croissance dans sa production de viande. Vous pourriez donc, si vous achetez ces produits canadiens, consommer de la viande traitée aux antibiotiques.
   L'Union européenne a cependant interdit l'importation de bœuf traité aux hormones ou de porc dopé à la ractopamine, détaille Le Monde. Mais "nous savons que les règles et les vérifications ne sont pas à la hauteur", s'inquiète Samuel Leré, responsable environnement et mondialisation à la Fondation pour la Nature et l'Homme, contacté par franceinfo. "Aucun dispositif n'est prévu pour contrôler l'application de cette interdiction." Le rapport d'évaluation du traité abonde dans ce sens, expliquant que "rien ne figure dans le texte sur l'adaptation nécessaire de l'organisation des contrôles". Il faudra, poursuit l'étude, à tout prix "s'assurer de la qualité du contrôle" des filières canadiennes sans hormone et sans ractopamine. "
      Le traité est muet sur les questions du bien-être animal, de l'alimentation animale (farines animales ou non ?), et de l'administration d'antibiotiques comme activateurs de croissance », regrette le rapport.
___ C'est-à prévoir...
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mercredi 24 juillet 2019

CETA (fin?..)

Ont voté!
                Non sans de fortes réticences de tous bords, des mises en garde anciennes et répétées, même du côté de LREM, C'est passé, sans les débats qu'il aurait fallu mener au sein de l'Assemblée, à qui on demandait d'entériner.
    Ce traité fait polémique depuis des années.
  Dans le cadre d'une mondialisation débridée,le CETA pose problème, comme son cousin le Mercosur. Comme à l'époque, on répète cette évidence: un marché ouvert,oui, mais dans certaines limites et à certaines conditions. Mais ce n'est pas le souci de l'OMC.
    L'UFC Que choisir note que, outre le problème des normes alimentaires et des répercussions sur la paysannerie française, déjà mise à mal, se posent un problème de souveraineté"Ce mécanisme prévoit qu'une entreprise privée peut attaquer un État devant un tribunal d'exception si elle estime que ses intérêts sont lésés par des réglementations - notamment environnementales ou sanitaires - trop rigoureuses. Le risque est grand de voir les intérêts commerciaux prendre l'ascendant sur les réglementations nationales qui protègent les consommateurs",
     Le libre échange semble ne plus avoir de limites et les accords se font "dans un tunnel"
    Contourner les lois européennes, c'est l'objectif du Canada. Certains là-bas, le savent et protestent.
  La paysannerie française n'est pas dupe de ce bel accord (sic)
Pas de garde-fou climatique. Il n'est pas étonnant que cet accord soit contesté

Les impacts négatifs sont inévitables dans plusieurs domaines.
     Si le Tafta est abandonné par Trump, le CETA, après de nombreuses tractations et tergiversations, est adopté, du moins pour la France pour l'instant.  Cet accord de libre-échange avec le Canada, remanié nous dit-on, a fait l'objet de nombreuses contestations.
      Mais celles-ci ne sont pas taries.
  Malgré les critiques et les incertitudes, le pas est franchi. Mais certaines préoccupations de fond restent entières, concernant notamment les incidences de l'importation facilitée de la viande bovine sur nos éleveurs souvent en détresse, les normes d'élevage et environnementales contestables  et l'instauration de tribunaux spéciaux pour régler les conflits privés avec les règles étatiques.
   Certains responsables politiques demandaient la réouverture des négociations.
          Les "experts" sont on ne peut plus vagues sur des points fondamentaux du traité, reconnaissant à mi-voix que " ce sont peut-être les questions agricoles qui suscitent le plus d'inquiétudes. Car le Ceta va augmenter les quotas d'importations de bœuf et de porc canadiens en échange de la reconnaissance d'appellation géographique outre-Atlantique. « Les conditions d'élevage diffèrent beaucoup entre l'Union européenne et le Canada. Si l'accord prévoit de créer au Canada une filière bovine spécifique garantie sans hormone destinée à l'exportation vers l'Union européenne et une filière porcine sans traitement à la ractopamine, il est muet sur les questions du bien-être animal, de l'alimentation animale (farines animales ou non ?), et de l'administration d'antibiotiques comme activateurs de croissance », regrette le rapport.
  Ses auteurs préviennent qu'il « sera difficile de ne pas concéder aux nouveaux partenaires des contingents d'importation de viande plus élevés que ceux qui existent actuellement, ce qui pourra changer notablement l'échelle des problèmes. Le risque est que le Ceta ne fournisse pas des conditions favorables aux objectifs de la transition écologique de l'agriculture (maintien de la place des prairies et de l'association polyculture-élevage notamment), en particulier dans le secteur de l'élevage bovin allaitant, déjà en difficulté depuis de nombreuses années. » Sur ce sujet, les rapporteurs proposent de « mettre en place un système d'information pour le consommateur sur les modes de production (utilisation d'antibiotiques et activateurs de croissance, bien-être animal, environnement, caractère transgénique) ».
       Les intentions sont louables, mais quelles garanties seront offertes après la mise en route du processus?
      Il semble bien en tous cas que les  lobbies soient satisfaits.


          Le 26 octobre 2016, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot avait vivement apostrophé les présidents du Conseil européen Donald Tusk et de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, contre le Ceta (Accord économique et commercial global en français). La vidéo a beau avoir été vue plus d'un million de fois sur Facebook, rien n'y a fait. Cet accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada va être appliqué "provisoirement" à compter d'aujourd'hui, en attendant une pleine entrée en vigueur du texte une fois que tous les parlements des pays membres de l'UE l'auront voté..
De plus au Canada comme aux Etats-Unis, le principe de précaution n’est pas reconnu. Il faut qu’une menace soit avérée pour déclencher une interdiction. Alors qu’en France, le risque de dommage grave suffit à interdire un produit. La commission d’experts dit ainsi qu’il est "très difficile d’apprécier les conséquences" du Ceta "sur l’environnement et la santé.
     Par ailleurs, et la commission, le formule explicitement, le climat est "le grand absent". Elle recommande donc qu’il puisse y avoir un "veto climat" sur les tribunaux d’arbitrage. Aujourd’hui, l’Europe a la possibilité d'interdire les carburants canadiens, très chargés en carbone puisqu’ils proviennent de l’extraction des sables bitumeux. Avec le Ceta, ça ne sera plus possible. Barack Obama s’est heurté au même problème dans le cadre de l’Alena : il a bloqué le pipeline Dakota, mais la société TransCanada a porté plainte auprès du tribunal d’arbitrage, et réclamé... 15 milliards d’euros ! Dont 13 au titre des bénéfices non engrangés ! Jusqu’à ce que le beau et moderne Trudeau refasse le deal avec l'affreux Trump. La menace de sanctions financières des tribunaux d’arbitrage amène les Etats à avoir peur de légiférer. "

          C'est une partie non négligeable de notre alimentation qui sera impactée:
Avec l'entrée en vigueur du Ceta, de la viande produite au Canada pourra être plus facilement importée au sein de l'Union européenne. Or, cette viande n'est pas produite selon les mêmes règles outre-Atlantique. Les producteurs canadiens utilisent par exemple plusieurs anabolisants et antibiotiques "comme facteurs de croissance", alors que cette pratique est interdite au sein de l'UE, relève le rapport de la commission d'évaluation de l'impact du traité de libre-échange (PDF), remis au Premier ministre Edouard Philippe début septembre. Selon cette étude, le Ceta "laisse la possibilité au Canada d'utiliser" ces facteurs de croissance dans sa production de viande. Vous pourriez donc, si vous achetez ces produits canadiens, consommer de la viande traitée aux antibiotiques.
   L'Union européenne a cependant interdit l'importation de bœuf traité aux hormones ou de porc dopé à la ractopamine, détaille Le Monde. Mais "nous savons que les règles et les vérifications ne sont pas à la hauteur", s'inquiète Samuel Leré, responsable environnement et mondialisation à la Fondation pour la Nature et l'Homme, contacté par franceinfo. "Aucun dispositif n'est prévu pour contrôler l'application de cette interdiction." Le rapport d'évaluation du traité abonde dans ce sens, expliquant que "rien ne figure dans le texte sur l'adaptation nécessaire de l'organisation des contrôles". Il faudra, poursuit l'étude, à tout prix "s'assurer de la qualité du contrôle" des filières canadiennes sans hormone et sans ractopamine. "
      Le traité est muet sur les questions du bien-être animal, de l'alimentation animale (farines animales ou non ?), et de l'administration d'antibiotiques comme activateurs de croissance », regrette le rapport.
.  L'environnement passera, hélas!, toujours après le commerce. et ses dogmes.

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jeudi 16 février 2017

CET-A remettre en chantier

Trop tard!?
           Trump a dit non au Tafta
                       Trudeau a dit oui au CETA
                                 Bruxelles dit: oui, mais..


 
  Même revu sur certains points, rendu plus "vendable", l'accord franco-canadien suscite encore bien des critiques légitimes.
   Le libre-échange, c'est bien, mais...
         Le Parlement européen a donc ratifié le Ceta
                    Mais il faut encore. attendre L’accord contesté devra encore avoir l’assentiment des trente-huit parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne.
       Le chemin est encore long, car l'accord est contesté par beaucoup d'élus, dont un certain nombre d'eurodéputés et par une large partie de la population informée.
     Les  risques depuis longtemps dénoncés, par des Canadiens eux-mêmes, sont toujours là, à condition de lire entre les lignes et de ne pas se contenter d'une lecture rapide.
    Selon certains,  le Ceta ne serait pas constitutionnel,
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...Le CETA va désormais entrer en application de manière provisoire, à compter d’avril 2017. En tout cas pour les chapitres du traité dont on considère qu’ils relèvent de la compétence exclusive de l’UE. Il s’agit en fait de l’écrasante majorité du traité (environ 95 %), mais pas forcément de ses dispositions les plus controversées, puisque l’ICS, le nouveau mécanisme d’arbitrage entre État et investisseur privé, lui, devra attendre les ratifications nationales avant d’entrer en vigueur.
    En tout, 38 parlements sont censés valider le texte. En France, l’Assemblée nationale et le Sénat auront leur mot à dire. Ce processus peut être très long. À titre d’exemple, l’accord entre l’UE et la Corée du Sud – assez comparable, par son ambition, à celui du CETA – est entré en application provisoire en juillet 2011. Mais il n’a été appliqué de manière définitive qu’en 2015.
      Certains parlements s’annoncent difficiles à convaincre, à Paris notamment. Mais c’est le parlement wallon qui pourrait bien, une fois de plus, focaliser l’attention (en raison de la structure de l’État belge, pas moins de sept parlements seront consultés sur le CETA). Paul Magnette, le président socialiste de la Wallonie, a fixé une série de conditions au déblocage de la crise d’octobre 2016 et il a répété ce mercredi que la Wallonie ne voterait pas le CETA si les conditions négociées l'an dernier n'étaient pas respectées.____________________

mardi 31 octobre 2017

Quelles règles commerciales?

Maîtriser la mondialisation.
                                             Si le commerce enrichit et adoucit les relations humaines et a constitué historiquement un vecteur d'échanges civilisationnels, il n'en reste pas moins qu'à un certain degré il nécessite des règles, même non écrites,sous peine de déboucher sur des affrontements, des conflits d'intérêts qui viennent ruiner la notion même d'échange.
    Dès l'instant où le commerce prend une dimension importante, s'internationalise, il devient nécessaire d'établir une organisation mondiale pour veiller à a bonne application de principes d'échanges équitables autant que profitables. Le doux commerce prôné par Montesquieu, dans le contexte mercantiliste libéral de son temps, peut vite se transformer en guerre économique, voire en guerre tout court, qui peut prendre bien des formes.
         L' OMC, officiellement née en 1995, a théoriquement la fonction de veiller à la bonne marche des échanges internationaux et de les favoriser, en stimulant pas exemple les exportations.
   A priori, rien à dire. Mais, dans son fonctionnement réel, au sein du système capitaliste libéral et hyper-financiarisé, son rôle est devenu de plus en plus contesté, comme le reconnaissent certains économistes bon ton :...«On a posé comme principe que le libre-échange est gagnant pour tout le monde», regrette Jean-Luc Gréau, ancien économiste de la confédération patronale française (Medef), qui a publié cette année un livre sur l'avenir du capitalisme où il s'inquiète des délocalisations facilitées par la levée des barrières commerciales.
«En réalité, il n'y a que trois catégories de vainqueurs: les pays qui produisent des matières premières, ceux qui ont de faibles coûts de main-d'oeuvre comme la Chine ou l'Inde et ceux qui sont hautement spécialisés dans les biens d'équipement comme l'Allemagne et le Japon. Des pays qui comme la France ou l'Italie ne font partie d'aucune des trois sont perdants», estime-t-il.      Pascal Lamy avait fini par reconnaître en partie le problème.
  L'organisation favorise surtout les intérêts des plus puissants et des multinationales
       " Comme l’a reconnu lui-même Pascal Lamy, directeur général de l’OMC depuis 2005, au sujet de l'AGCS (accord général sur la commercialisation des services) que promeut l'OMC : « l’AGCS est avant tout un instrument au bénéfice des milieux d’affaires». C’est ce qu’avait déjà observé dès 1985 la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, organe de l’ONU) affirmant dans un rapport que « la libéralisation des services profitera essentiellement aux multinationales qui dominent le marché mondial »
     Les représentants des grandes puissances, des firmes transnationales, de la finance mondiale, imposent à l’OMC leurs conceptions néolibérales. Il s’agit d’assimiler à des marchandises des secteurs comme les produits agricoles, l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux et notamment les services publics. L’OMC impose inexorablement aux États de modifier leurs lois, règlements, procédures administratives pour les mettre en conformité avec les règles qu’elle édicte. Mais ces règles édictées par l’OMC, loin de résulter d’un processus démocratique, sont prises dans l’opacité par une minorité de « puissants » (représentants des États les plus riches, des grandes entreprises, des grandes banques), alors que la majorité des États et des populations du monde ne sont même pas consultés ni même réellement informés."
     Réguler le commerce mondial est un impératif  négligé, ou plutôt orienté
            ____________On évoque enfin la possibilité d'un  traité alternatif, aux orientations plus équitables.
     Il est temps. L'idée est bonne mais l'issue incertaine.
          Depuis cinq ans, l’essentiel du débat public sur le commerce a été monopolisé, en Europe, par deux traités de libre-échange : l’un avec les États-Unis (TTIP ou TAFTA, depuis tombé à l’eau) et l’autre avec le Canada (CETA, en cours de ratification par les capitales, y compris Paris). Ce fut l’occasion, pour beaucoup d’acteurs de la société civile, de monter au créneau et de dénoncer les risques associés à ces textes. En particulier parce qu’ils pourraient renforcer la protection juridique des investisseurs privés et réduire la capacité de certains États à légiférer.   À partir de lundi s’ouvre à Genève un cycle de négociations d’un projet de traité alternatif qui, cette fois, bénéficie du soutien enthousiaste d’une myriade de collectifs de la société civile : il s’agit de créer, dans le cadre des Nations unies, un instrument juridiquement contraignant pour obliger les multinationales à faire respecter certains des droits humains les plus fondamentaux, partout où elles et leurs filiales sont implantées.
      Ce processus a été engagé à l’Onu en 2014, un an après l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, qui avait coûté la vie à plus de 1 100 personnes. Beaucoup d’entre elles travaillaient dans des ateliers de confection, qui alimentaient de grandes marques de vêtement occidentales dont Mango, Benetton ou Carrefour. Mais ces dernières n’ont jamais été, jusqu’à présent, inquiétées par la justice. « L’être humain doit être placé au-dessus des intérêts économiques et politiques »a lancé, lors d’une visite en France début octobre, l’une des promotrices du traité, María Fernanda Espinosa. La ministre des affaires étrangères de l’Équateur, l’un des États les plus actifs dans ce dossier avec l’Afrique du Sud, était venue à Paris pour tenter de convaincre l’exécutif français de l’importance de la démarche.
   
Manifestation le 24 avril 2014 à Savar (Bangladesh), un an après la catastrophe du Rana Plaza. Des familles de victimes réclament la responsabilisation des groupes de textile occidentaux © Reuters / Andrew Biraj.Manifestation le 24 avril 2014 à Savar (Bangladesh), un an après la catastrophe du Rana Plaza. Des familles de victimes réclament la responsabilisation des groupes de textile occidentaux © Reuters / Andrew Biraj.                                                             « Le CETA est un accord qui a été écrit par et pour les multinationales. Ce projet de traité veut faire l’inverse : remettre les multinationales à leur place, c’est-à-dire au service des droits humains », veut croire Michel Cermak, un activiste de l’association belge CNCD-11.11.11« Avec ce projet de traité contraignant, qui primerait sur les traités de libre-échange, on cherche à graver l’autre face de la monnaie », insiste de son côté Monica Vargas, activiste bolivienne (TNI), l’une des figures de la Campagne globale « pour revendiquer la souveraineté des peuples et démanteler le pouvoir des multinationales ».         Ce traité veut s’attaquer au concept de « voile juridique » qui empêche bien souvent d’engager la responsabilité d’une société mère face à des actes commis par l’une de ses filiales. « C’est un combat énorme, ce n’est pas un petit sujet, juge le député socialiste Dominique Potier. On touche ici à l’un des moteurs de l’ultralibéralisme. Si l’on est prêts, collectivement, à lever ce voile juridique, on est sur une réforme systémique. » Cet élu français est attendu de pied ferme à Genève, où il fera le service après-vente de la loi dont il fut co-rapporteur sous la présidence Hollande.          Ce texte sur le « devoir de vigilance » à l’égard des grandes entreprises, vite surnommé « loi Rana Plaza », a été adopté en mars 2017. En pleine campagne présidentielle, le vote est passé presque inaperçu. Pourtant, il s’agit peut-être de l’un des textes les plus importants du mandat. Désormais, les sociétés qui comptent au moins 5 000 salariés en France (ou plus de 10 000 dans le monde) ont l’obligation d’« identifier les risques et prévenir les atteintes graves » envers toute une batterie de droits (en matière de santé, environnementaux, sociaux) que pourraient provoquer leurs activités ou celles de leurs filiales, en France comme à l’étranger.....Les États-Unis de Donald Trump n’ont pas l’intention de soutenir le texte. Et s’ils ne le disent pas haut et fort, les Européens sont réticents. Même la France, qui vient pourtant de se doter d’une des lois les plus offensives sur le sujet, est sur la défensive..... (Ludovic Lamant)_______________________________'

mercredi 31 août 2016

Point du jour

__  Comprendre la crise laitière
           Pourquoi les éleveurs s'en prennent à Lactalis
               Perdre 300 euros/jour... 
                Les lois du (seul) marché, comme pour le reste..

    " ...Les difficultés rencontrées par les producteurs laitiers français sont historiquement inédites et la crise actuelle va conduire à la disparition de nombreuses exploitations sur l’ensemble du territoire national. Sans une prise de conscience politique de grande ampleur, seules les très grandes exploitations laitières branchées sur les cours mondiaux vont perdurer (les fameuses fermes de mille vaches).
En complément des drames humains et des faillites, la disparition des petites exploitations ancrées dans leurs territoires va conduire à une perte de l’indépendance alimentaire de la France qui à l’avenir consommera un lait majoritairement produit en dehors de ses frontières.
L’agriculture parce qu’elle permet l’indépendance alimentaire est un secteur stratégique pour la France qui a réussi à conquérir sa souveraineté alimentaire au prix de très nombreux efforts. L’abandon brutal de la Politique agricole commune et la libéralisation rapide des marchés agricoles sont en passe d’anéantir le travail de plusieurs générations sans aucun bénéfice pour la société française..."
               Un problème structurel.

__ Le Tafta inquiète depuis longtemps.
                           Il semble aujourd'hui moribond.
          La France réclame l’arrêt des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique:
                La libéralisation tous azimuts n'aura pas lieu.
                            Mais la Ceta menace

__  Les algorithmes, c'est pas mal,
                           Mais certains de leurs usages peuvent creuser les inégalités et saper la démocratie.
     Mais aussi le domaine de la finance, par la pratique du Trading haute-fréquence.

__  Le drame d'Alep, fardeau d'Obama, et pourtant lourd héritage de la guerre d'Irak.
                 Une gestion critiquée, quasi schizophrène.
                          Tout se complique.
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mercredi 9 novembre 2016

Points du jour

__ Après la Deutsche Bank, une banque italienne en péril.
               Les banques n'ont pas fini de faire parler d'elles.


__ CETA: la page n'est pas encore tournée.

__  Patrick Buisson:  un drôle de citoyen.

__  Clinton ou Trump:  deux Amériques. Before it gets better?

__  Industrie pharmaceutique aux USA: Sanders a poussé Clinton à durcir le ton.
                 Une industrie pas comme les autres.

__ .Les fermetures de réacteurs coûteront un milliard d'euros à EDF cette année
                              Le nucléaire est fatigué. EDF est malade.

__ .Il n'aime pas les émissions people, mais...

__ Des machines intelligentes. Vraiment?
          Par métaphore seulement.

__ La captologie des  portables: c'est bien pensé.
                  Comment créer l'addiction?
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dimanche 21 juillet 2019

En deux mots

- Les vacances ne dispensent pas de lire et de réfléchir.
     La culture repose et grandit.


- Non, la mondialisation ne met pas fin à la  faim dans le monde.

- CETA- revoir. Cela a trop duré.

Médusé!

 - Homard m'a tuer...

- Tête de Turque

- Si t'as pas vu Vesoul...♫

- A quand  le  procès du tueur né? 100000 morts estimés pour l'instant.

- Il est bien temps...

-  A fond la clim ?  Outre certains dangers pour la santé, c'est souvent un désastre pour l'environnement et une mode discutable.
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mercredi 7 août 2019

A propos de la "fin du monde"

 Thème qui revient en force
                                              Une fin inéluctable qu'on nous promet avec assurance ou conditionnellement pour un proche avenir...
    L'idée a ses gourous, ses grand prêtres, ses prophètes, annonçant pour demain une fin rapide de l'humanité.
   Un thème qui a son succès, qui plaît à certains se laissant presque séduire par une idée qui est aussi ancienne que les Incas ou que l'histoire de Noë, sauvé in extremis des eaux grâce à sa fameuse arche. Un thème qui hante les textes bibliques.
    Il est vrai que le retour périodique de ce thème est essentiellement d'essence religieuse.
Il est vrai qu'il y a lieu d'être préoccupé, et plus, au vu des décadences et des menaces économiques et surtout climatiques que nous entrevoyons ou qui commencent à se dérouler sous nos yeux.
  Mais, la tête dans le guidon, notre esprit d'analyse et surtout d'anticipation est singulièrement limitée, même au GIEC, et nous n'entrevoyons pas les capacités de résilience dont l'humanité peut être capable, les réversibilités naturelles et culturelles possibles, même si aujourd'hui certains périls paraissent plus systémiques.
  Mais est-ce préparer les jeunes esprits à affronter les défis qui viennent que de leur annoncer le pire pour demain?
 L'effondrement n'a qu'une valeur limitée et partielle dans les propos de certains scientifiques.
   Pour beaucoup, le catastrophisme n'est pas loin, avec sa cohorte de fantasmes.
 Une thème récurrent, ne manquant jamais d'arguments, créant fascination,  paralysie, voire sidération, exploitée par certaines sectes non désintéressées.
   L'investissement de plus en plus grand des hommes contre les tendances lourdes qui menacent leur avenir est la seule réponse aux dérives objectives et à l'épuisement des esprits, principal problème. That is the question.
              __On peut s'appuyer sur cette réflexion pour resituer la question
               __   On peut aussi se confronter à ce point de vue, forcément limité, pour aller plus loin et contextualisant et relativisant les choses:

                                     On en parle souvent sur ce blog, mais l’extrémisme écologiste a pris maintenant une ampleur invraisemblable . La venue de la pucelle du *svitjod mademoiselle Thunberg qui n'a aucune compétence particulière si ce n'est le fait d'être une fille de milieu aisé monté en épingle par une bulle médiatique très artificielle montre le niveau de bassesse auquel arrivent maintenant nos institutions. L'accélération du bruit médiatique autour du changement climatique anthropocentrique permettant toutes les politiques, justifiant tout et n'importe quoi. L'on voit déjà les idées les plus farfelues comme l'arrêt des centrales nucléaires en France alors qu'on n’a pas à l'heure actuelle d'alternative. La France finira par faire comme l'Allemagne à savoir construire quelques panneaux solaires et éoliennes aussi coûteuses qu’inefficaces puis elle importera et brûlera du charbon. L'histoire de l'arrivée de cette gamine au parlement français est tout de même extraordinairement démonstrative de l’irrationalité des acteurs en question puisqu'elle a coïncidé avec la signature de l'infâme traité du CETA qui condamne l’agriculture française à l'extinction. Il est tout de même rassurant de voir que bon nombre de Français semblent s'être posé la question de la cohérence entre l'objectif écologique affiché et les politiques qui nous mène en sens inverse.
     En effet qui peut croire qu'un traité de libre-échange consistant à maximiser les échanges et donc les transports soit favorable à la diminution de la consommation énergétique ? La globalisation maximise les gaspillages sous toutes les formes. Le libre-échange n'optimise que la valeur des marchandises et ignore parfaitement les contraintes écologiques , sociales et même macro-économiques. Encore une fois, l'idée que l'on puisse réguler l'économie et la société uniquement par le truchement de la loi de l'offre et de la demande est une absurdité. Il ne faut donc guère s'étonner si ce grand marché mondial conduit à la pollution maximale et à la destruction de la plupart des sociétés humaines. On a donc ici un cynisme apparent tout à fait spectaculaire avec d'un côté une communication faite de pleurs sur la fin du monde et la destruction de notre environnement. Et de l'autre côté, une marche inéluctable vers des politiques économiques qui détruisent ce même environnement tout en détruisant notre tissu économique. On ne saurait mieux mieux illustrer ici la fameuse phrase de Bossuet « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » . Mais ce serait croire un instant que nos politiques s'inquiètent vraiment pour la planète, il n'en est rien pour la plupart. C'est juste de la communication, du vent de propagande dont le seul objet est de camoufler de plus en plus mal les intérêts économiques et politiques qu'ils défendent.
        De fait comme on pouvait le présentir l'écologisme remplace petit à petit le discours libéral dans les justifications morales aux politiques économiques bourgeoises. Le coup de l'entrepreneur contraint par le méchant état et les impôts écrasant ça ne fait plus recette chez les jeunes donc on passe au discours sur l'entrepreneur écolo qui a besoin d'un coup de pousse pour sauver la planète. C'est plus cool et présentable. Mais à l'ère d'internet et de la communication ultrarapide cette nouvelle stratégie ne va-t-elle pas dissoudre le statut de l'écologie encore plus vite que ne l'a fait l'ancien discours libéral ? Parce que ce double discours consistant d'un côté à faire du bruit médiatique autour de l'écologie et des contraintes écologiques mis en parallèle avec des actions politiques contraires à l'écologie va nécessairement produire une désaffection à terme. Tout comme le discours européiste a fini par produire une désaffection vis-à-vis de l'Europe quand les gens ont compris que l'UE n'apporterait ni prospérité ni bonheur, mais que bien au contraire elle servait surtout de prétexte à des politiques de plus en plus libérales et à la justification de la destruction de notre État-providence.
    Mais ce catastrophisme communicationnel n'est pas le seul en cour dans notre beau pays de moins en moins rationnel. De l'autre côté de l'échiquier politique aussi l'on voit de nombreux prophètes de la fin du monde. J'en lisais un récemment dans un article du Figaro. L’historien David Engels qui a vu qu'il y avait un gros filon à exploiter et que peut-être le marché francophone n'était pas encore saturé entre Éric Zemmour et Michel Onfray. Là on nous promet la fin de la civilisation occidentale, rien de moins. Il faut frapper fort après le livre « Décadence » de Michel Onfray. Bon l'auteur n'est pas très clair sur ce qu'il appelle la civilisation occidentale, mais on est habitué à ça. L'occident c'est un concept creux, pour ma part il n'y a pas de civilisation européenne, mais des civilisations européennes. Que ces peuples partagent une religion, voire une couleur de peau, ne fait pas d'eux un ensemble unique à l'image de la civilisation chinoise. Les nombreuses guerres et les horribles conflits sont là pour en témoigner, il y a toujours eu plusieurs civilisations en occident et certaines ont pris l'ascendant sur d'autres à différents moments de l'histoire et pour de multiples raisons. Et c'est ce qui a fait la richesse de l'Europe justement cette juxtaposition sur un territoire si exigu entre des peuples aux mœurs et à l’anthropologie si disparate. De la même manière, l'on pourrait voir les USA comme une nouvelle civilisation n'ayant pas grand-chose de commun avec celles qui ont façonné le continent européen. Une civilisation étrangère qui a soumis justement l'Europe à ses vues à travers une colonisation culturelle et intellectuelle de 74 ans maintenant . De ça monsieur David Engels n'en parle pas puisque pour lui l'occident est un bloc monolithique.
     Je pourrais ici continuer la critique. La question démographique est traitée de façon ridicule de la même manière qu'un Zemour ou qu'un Onfray . L'important n'est pas la réalité, mais le récit et sa cohérence c'est exactement la même chose que pour nos amis écologistes extrémistes ou pour l'extrême gauche. La réalité et sa complexité n'ont pas d'importance. Ainsi l'on a encore cette idée que l'Europe serait presque la seule au monde à décliner démographiquement. L'islam est présenté comme un bloc homogène qui serait dynamique démographiquement contrairement à l'occident décadent. Sauf que la transition démographique touche aussi le monde musulman. Le pays musulman le plus peuplé du monde l’Indonésie a une natalité de 2 enfants par femme et elle décline vite alors que la très catholique Philippine voisine est encore à 3 enfants par femme. L'Iran fait moins d'enfants que la France et les dirigeants turcs s'inquiètent de la faible natalité des Turcs par rapport à celle des minorités kurdes notamment. Il est à parier d'ailleurs que l’agressivité de la Turquie vient de ses problèmes internes en plus de l'économie. À dire vrai à l'échelle mondiale, seule l'Afrique subsaharienne, qu'elle soit chrétienne, musulmane ou animiste, n'a pas fini la transition démographique. Ailleurs, tout le monde suit l'Europe. Alors si nous sommes décadents à cause de la démographie il faudrait élargir cette hypothèse à l'ensemble du monde.
   La vérité c'est que l'unique responsable de cette situation est la maîtrise parfaite de la natalité grâce à la pilule et aux multiples moyens contraceptifs modernes. Aucune civilisation avant la nôtre n'avait eu à se demander comment relancer la natalité . Les états n'avaient pas à se préoccuper de ça tant que la population pouvait manger, se vêtir, et qu'il n'y avait pas trop de problèmes d'intendance, elle se reproduisait convenablement . C'est vraiment un problème nouveau. Que serait donc devenue la civilisation européenne de l'époque de la guerre de Trente Ans s'il y avait eu la pilule d'après vous ? Elle aurait eu bien du mal à récupérer de l'énorme gaspillage en vie humaine . D'ailleurs, les pays de l'Est comme la Pologne ou la Hongrie ont des taux de natalité encore plus faibles que ceux de l'Europe de l'Ouest. Preuve que l'attachement à la tradition ou à la religion n'ont pas vraiment de rapport avec la question démographique. Comme l'avait très bien écrit Pierre Chaunu dans un de ses derniers livres « Essai de prospective démographique » l'humanité est confrontée à quelque chose de totalement nouveau. Il faut créer les conditions sociales et économiques pour que les gens n'aient pas peur de fonder une famille et d'avoir des enfants. Tout ceci n'a aucun rapport avec une décadence, ou à la multiplication des homosexuels, comme le sous-entendent certain de ces néoréactionnaires. Mais il est plus simple de dire qu'il y a décadence et que tout est lié. Et puis c'est peut-être le résultat d'un complot qui sait. Tant que ça fait du bruit médiatique et que ça permet de vendre des livres. Peu importe que cela pollue le débat public en faisant passer le public à côté des vrais problèmes et de leur réalité, le but n'est pas de toute façon de les résoudre.
     J'ai voulu rapprocher ici les discours de l’extrémisme écologiste et de celui d'une certaine droite décliniste pour montrer que nous avons affaire à un processus neutre sur le plan politique. Il est coutume aujourd'hui à droite, et chez les anti-systèmes, de voir la gauche, ou du moins une partie de la gauche, comme une machine à produire des discours irrationnels, faux et parfois même dangereux. Et c'est tout à fait vrai . Mais la gauche n'est pas la seule touchée. C'est le résultat d'un effondrement général de la qualité de la communication et du désordre produit par la rapidité de la communication qui fait fit de la retenue et de la prise de recul. C'est un phénomène ancien. L'on peut penser que si l'imprimerie permit à terme à la société de progresser, elle fut aussi responsable indirectement à court terme des guerres de religion et de bon nombre de malheurs. Il en va de même pour la télévision, internet et les médias rapides. Nous n'avons pas encore les mécanismes sociaux, les habitudes et l'organisation qui permettraient la prise de recul nécessaire à la recherche minimale de la vérité. S'en suit que toutes personnes ayant un peu de bagout, de culture et de sens de la communication, peut surfer sur l'information pour créer de toute pièce des problèmes qui n'existent pas. Ou pour en exagérer certains autres sans qu'à aucun moment un recul rationnel sur le problème en question ne puisse être pris.
      Et les hommes politiques suivent le mouvement, le manipulent parfois quand ils ne sont pas eux-mêmes pris dans la spirale de la communication. S'il y a bien un phénomène de déclin, c'est bien ce rapport au réel dû à la communication moderne qui en est la cause bien plus qu'autre chose. Il est bien dommage que sur ces questions la simple réponse donnée par les pouvoirs publics fût d'encadrer le mensonge c'est-à-dire de faire en sorte non que la vérité puisse être véritablement défendu, mais au contraire de faire en sorte que la « vérité » gouvernementale soit autorisée à exister. La chasse aux fameuses fake news ne fut que ça, une opération de blanchiment des mensonges officiels. On attend encore qu'une solution réelle aux problèmes de la communication moderne soit trouvée. En attendant, les marchands de malheur vont pouvoir continuer à prospérer. Qui sait, ils finiront bien par la provoquer la fin du monde avec toutes leurs idioties.
    *Ancien nom de la Suède à l'époque païenne. La glorification de gaïa de la part des écologistes ayant une proximité assez grande avec les anciens cultes animistes, je crois que la Suède devrait reprendre son ancien nom, car elle n'a plus grand-chose de chrétien avec ses multiples dérives sectaires.
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