Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête libre échange. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête libre échange. Trier par date Afficher tous les articles

vendredi 27 juin 2025

Libre-échange à géométrie variable

 Et protectionnisme relatif

                 L'idée d'une liberté de commercer entre pays, de manière relativement libre, dans le cadre de traités négociés, d'échanger des biens qui font défaut ici en échange tarifé d'autres qui abondent là, pour une plus grande prospérité, partagée ne date pas d'aujourd'hui. Montesquieu, à son époque, avait traité de "doux commerce" cette pratique, variable historiquement, proche à rapprocher les peuples, en évitant les affrontements brutaux pour s'accaparer des biens convoités. Le commerce, pas la guerre...Ce principe d'échanges contractuels a connu bien des formes et en connaîtra bien d'autres. D'échanges limités, on est passé à des accords plus larges dans le cadre de conventions internationales, dans le cadre notamment de l'OMC, de date relativement récente, dans le contexte qu'il fut convenu d'appeler la "mondialisation heureuse", avec Alain Minc, surfant sur le libéralisme échevelé des décennies  récentes, où toute forme de protectionnisme, même relatif, était vouée aux gémonies, considéré comme forme de régression économique et de danger d'affrontement potentiel. C'est l'époque de la globalisation tant célébrée, qui n'a pas tardé ses limites et ses impasses, voire ses absurdités, certains pays développés déléguant la fabrication de productions essentielles pour des raisons de baisse de coups de production et se retrouvant démunis de biens fondamentaux en cas de crise, comme dans le domaine des médicaments de base, de masques en période de Covid, etc... Sans parler des coûts écologiques parfois énormes et absurdes dus à la circulation de produits, comme l'automobile ou certains produits alimentaires.   


                                                                 Néanmoins Clinton voyait cette évolution comme une sorte de processus naturel: "La mondialisation n'et pas quelque chose que nous pouvons arrêter. C'est l'équivalent d'une force de la nature" tandis que B.Obama disait plus tard: "Le libre échange est bon pour les USA..." On comprend mieux le relatif succès électoral de Trump dans certains milieux: depuis 2008, les ravages de la mondialisation sans contraintes ont accéléré la désindustrialisation: depuis l'Alena, aux USA, 90000 usines ont disparu avec son cortèfe de chômage et de bas salaires, notamment dans l'Ohio et le Michigan. Mme von der Leyen pousse aujourd'hui à conclure avec l'Inde "le plus grand accord de libre-échange jamais accompli..."           La politique commerciale à la tronçonneuse de Trump pousse vers de nouvelles directions, et en partie vers l'inconnu, en tous cas vers un rebrassage des choix passés, des nouveaux rapports politiques qui se font jour, pleins d'incertitudes, même en Europe. Le Mercosur reste en suspens. La Nouvelle Zélande est encore discutée..                                                                                       En tous cas, depuis Paul Kugman, la valorisation naïve du libre échange de Delors et consorts est discutée, parfois âprement, en attendant de retrouver de nouveaux équilibres... "... La valorisation des vertus du libre-échange a cédé la place à une mise en valeur de ses défauts. Peut-être y a-t-il, dans cette mise en balance d’avantages et de défauts, un arbitrage difficile, voire impossible. Nul ne sait aujourd’hui à la fois capitaliser sur les vertus de l’échange, protéger les populations les plus fragiles, et tenir la promesse de la solidarité et de la redistribution. Une chose est sûre, les doutes ne vont pas s’évanouir et le libre-échange se voit exiger, désormais, de faire ses preuves. Si l’on ne veut pas renoncer à ses bénéfices, reste donc pour les politiques à faire inlassablement la pédagogie des accords commerciaux en explicitant les enjeux de chaque accord, en mettant à nu les avantages et les coûts de chaque accord, en prenant au sérieux les politiques de remédiation pour les perdants. "                 Il est urgent de repenser les règles.                                                                                                                                    Paradoxe __   ...L
e credo réaffirmé dans les vertus de la concurrence. « Notre industrie et nos entreprises technologiques aiment la concurrence. Elles savent que la concurrence mondiale est bonne pour les affaires ». Mais dans quel monde vit Madame von der Leyen ! En plein IRA américain (Inflation Reduction Act), en plein effort massif d’investissements chinois sur les technologies de pointe, domaines dans lesquels le pays mène une guerre économique à outrance, le message de l’UE consiste à réaffirmer le principe de concurrence et à se plaindre du fait que les autres sont des méchants qui ne croient pas au libre jeu des marchés. D’où l’annonce du lancement d’une enquête antisubventions sur les véhicules électriques en provenance de la Chine. Pas besoin d’y passer du temps et de l’argent, on peut donner le résultat tout de suite : le secteur des voitures électriques a été, comme bien d’autres, largement subventionné en Chine. Les experts ont du mal à estimer les montants précis mais le Cepii a montré cet été qu’ils sont importants..."   __________________

vendredi 18 juin 2010

Repenser les délocalisations

Pour de nouvelles formes de protectionnisme?

-La mondialisation dérégulée, uniquement générée par des considérations financières , où la concurrence " non faussée" ne fonctionne pas, fait de plus en plus problème, aboutissant pour une part à une désindustrialisation , une perte d'emplois dans l'industrie et certains services.
La finalité est de bénéficier d'une main d'oeuvre moins chère, de "s'affranchir de toutes les contraintes des pays occidentaux (taxes diverses, normes environnementales, investissement dans la protection des salariés sur le poste de travail,...), de bénéficier d'avantages offerts. Certains pays Low Cost, en plus de la main d'oeuvre moins chère, offrent des prestations supplémentaires aux grandes entreprises qui s'implantent. Terrains offerts, construction d'usine financée par les communes, exonérations d'impôts sur les bénéfices pendant 10 ans..." (Wiki)
-Un protectionnisme sélectif permettrait-il de sauver l'Europe, notamment, des effets pervers et ravageurs de ce processus, naguère présenté comme un dogme intangible par l'OMC ( et le Consensus de Washington)?
Nos rapports avec le grand atelier de la Chine notamment posent problème, même dans les secteurs les plus pointus , que nous revendiquions comme notre privilège et la source de nouveaux emplois et de nouvelles richesses
.
"En effet dans les branches comme l’électronique ou la mécanique, la productivité des chinois se rapproche dangereusement de celle des européens, alors que les salaires sont dix fois plus faibles. A terme, la zone euro, Allemagne comprise – surtout lorsqu’on sait que la population active allemande est très faible – est condamnée. Donc si l’on veut préserver un minimum de niveau de vie et de protection sociale dans la zone euro, il faut se protéger de la concurrence déloyale de pays sans contraintes sociales et environnementales. Il ne s’agit pas de remettre des barrières douanières, mais d’instaurer une protection sélective – et je rappelle que la Chine est un pays très protectionniste pour tout ce qui touche ses propres marchés publics. "

____Il y aurait lieu de s'interroger sur les avantages d’un raisonnable protectionnisme européen
"La crise actuelle pose donc la question de la régulation des échanges : le libre échange intégral ne peut plus être un dogme incontesté parce qu’il n’est plus adapté à la situation actuelle qui a vu l’émergence de pays à forte capacité technologique mais à coûts salariaux bas, dans une économie internationale où le prix des transports et des télécommunications a chuté de façon vertigineuse. Du coup, la mise en concurrence de salariés venus d’horizons très divers a été rendue possible, et avec elle la stagnation de leurs rémunérations… et le développement de l’endettement pour remédier malgré tout à cette crise de la demande intérieure.
C’est Maurice Allais, prix Nobel d’économie en 1988, qui rappelle : « une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés, et de développement économique et social comparable ». (La mondialisation, Paris, 1999) (2).
Comme le rappelle Bruno Amable (Colloque Fondation Res Publica, Mondialisation régulée des échanges, 28 novembre 2005), « la théorie économique dit qu'il y a des bienfaits au libre-échange à condition de remplir certaines conditions. Notamment, il peut y avoir bienfaits du libre-échange s’il permet une meilleure réallocation des facteurs de production. Le problème est que si le libre-échange conduit à ce que, dans un pays, les facteurs de production ne soient pas réalloués mais inemployés – typiquement si ça conduit à mettre des gens au chômage – il est clair qu'on est hors du cadre des bienfaits du libre-échange. Si on a des difficultés de réadaptation de la main d'œuvre vers d'autres activités, il est clair que la protection est non seulement souhaitable, mais légitime d'un point de vue de théorie économique. »


Il ne s’agit pas évidemment de reconstruire des murs infranchissables et d’imaginer une autarcie absurde. Il ne s’agit pas non plus de tenter un protectionnisme national absolument pas adapté à l’horizon économique actuel qui est mondial.
Il s’agit simplement de réguler les échanges commerciaux en imaginant de grandes zones géographiques de taille suffisamment importante pour éviter la création de situations de rente – le risque du protectionnisme – tout en en faisant un moyen d’organiser le monde : c’est pourquoi il ne peut être imaginé qu’au niveau européen, ou américain, ou asiatique..
."
_________Ne pas tenir compte de ces principes de bon sens conduirait à une Europe de plus en plus irréparable, où le social ne pourrait que s'aggraver.Il est urgent de civiliser la mondialisation
-Pour un nouveau protectionnisme européen

-Le protectionnisme européen au service du développement durable
-Pour ou contre un protectionnisme européen ?

__________________
-Vers la déglobalisation ?
-Protectionnisme raisonnable ?
-Libre- échange en question

mardi 7 avril 2009

Libre- échange en question













Pour un protectionnisme européen...


Il faut refonder l’Europe avec une nouvelle doctrine de la concurrence européenne. Cela permettra d’établir une concurrence loyale, équitable. Mais il faut un protectionnisme moderne, intelligent, éclairé, partiel… » (JLGréau)

-"Il y a des phases où le libre-échange est bénéfique, mais on n'en est plus là. La pression sur les salaires aboutit à l'insuffisance de la demande globale, à l'échelle planétaire. Avant la crise, le système tournait grâce aux Etats-Unis : en situation monétaire et militaire dominante, ils consommaient chaque année 800 milliards de dollars en trop, soit leur déficit commercial annuel. L'Amérique était l'agent de relance de l'économie mondiale et sa surconsommation était financée par le mécanisme des subprimes, des prêts hypothécaires, qui vient d'exploser. La globalisation a dans un premier temps détruit des emplois dans la partie développée du monde. Les pays émergents se sont nourris de cette destruction mais finissent par être touchés par l'effondrement de la demande intérieure des pays qu'ils étaient en train d'affaiblir. C'est le problème classique du virus qui finit par tuer son hôte. L'Europe pourrait décider de devenir un espace de régulation économique se protégeant des importations et des délocalisations vers les pays à bas salaire. Ce protectionnisme serait techniquement facile pour une Europe de 450 millions d'habitants qui peut financer sans difficulté ses importations d'énergie et de matières premières, à la différence des Etats-Unis. Le but ultime du protectionnisme n'est pas de repousser les importations venues des pays à l'extérieur de l'Union européenne, mais de créer les conditions d'une remontée des salaires et de la demande intérieure. Imaginons que les élites françaises, redevenues de vraies élites, se décident à assumer leurs responsabilités sociales, se convainquent de la nécessité de passer au protectionnisme pour éviter une destruction totale de l'industrie et du tissu social sur le Vieux Continent.." (E.Todd)

-"Sous ses diverses formes, la question du protectionnisme est partout posée. Et les Etats ont beau se récrier qu’une telle hypothèse les horrifie, presque chacun pratique ce qu’il dénonce…"
___________________

-Protectionnisme : libres échanges:

"Les instances économiques internationales - Fonds monétaire international (FMI), Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce (OMC) – avaient déterminé que le salut de chaque pays passait par la spécialisation commerciale, par par une implication plus grande dans les rouages du commerce international (lire « Mais exportez donc ! dit le FMI », de Gabriel Kolko). La répression, voire la dépression actuelle constituent donc un choc d’autant plus terrible qu’elles sont souvent plus prononcées dans les pays concernés qui s’étaient dessiné un profil d’exportateur. Le niveau des ventes chinoises à l’étranger de février dernier est en baisse de 26 % par rapport au même mois de l’année précédente ; l’OMC prévoit pour 2009 un recul de 9 % du commerce mondial.Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? La crise actuelle va-t-elle conduire chaque pays à re-localiser nombre de ses productions ? Un recul du commerce mondial réduira-t-il la pression que la libéralisation des échanges a exercée sur les salaires des catégories populaires, constamment soumises au chantage des délocalisations ? Ce chantage a-t-il constitué un argument supplémentaire des classes dirigeantes ou leur principal instrument pour accroître à leur avantage la part de la richesse produite ?On le sent bien, sous ses diverses formes, la question du protectionnisme est partout posée. Et les Etats ont beau se récrier qu’une telle hypothèse les horrifie, presque chacun pratique ce qu’il dénonce…"

-Le retour du protectionnisme et la fureur de ses ennemis,


-Jean-Luc Gréau: «Le G20 a sauvé le soldat libre-échange»:

"Ne surtout rien changer, si ce n’est à la marge. Donner l’impression que l’on agit, mais ne pas s’attaquer de front aux véritables problèmes. Invité à participer à un forum du club Gauche avenir, ce week-end, à l’Assemblée nationale, Jean-Luc Gréau a affirmé queiles « puissants de ce monde » réunis à Londres ont réussi leur coup : « L’objectif du G20 était de sauver le soldat libre-échange ». L’économiste en veut pour preuve tous les sujets sur lesquels l’impasse a été faite. Il évoque notamment « la titrisation » alors que l’on connaît aujourd’hui parfaitement la responsabilité de cette pratique dans la crise des subprimes. Mais ce qu’il regrette aussi, c’est que le G20 n’ait pas donné « un diagnostic purement économique » de la crise. Lui qui « il y a quinze ans, [était] libre échangiste », lui qui se définit comme étant de « tradition libérale de droite » (il a œuvré comme expert au Medef, ndlr), livre sans hésiter son interprétation de la crise. Il évoque en premier lieu « la sous-rémunération du travail » qui a conduit à « l’endettement des ménages » : « Il a pris une intensité particulière depuis quinze ans. Nous sommes passés d’un régime d’endettement acceptable à un régime d’endettement inacceptable. »

Il voit donc derrière la tempête financière, économique et sociale (et peut-être bientôt politique ?) que nous traversons, « une crise de la demande ». Mais il distingue deux types de pays parmi les premières victimes de cette crise. D’une part, les pays qui ont joué le jeu du surendettement à outrance (Etats-Unis, Angleterre, Espagne, etc) e, d’autres part, les pays qui apparaissaient comme étant « les plus compétitifs » : « Ce sont ces pays qui ont été les plus touchés : le Japon, la Corée, l’Allemagne. Il faut rappeler ça aux partisans du libre-échange ». Jean-Luc Gréau a aussi proposé une batterie de mesures pour réformer le système. L’auteur de La Trahison des économistes (1) propose pêle-mêle de « revaloriser le travail », de « nationaliser les banques » (« A la faveur de la crise, explique-t-il, les banquiers ont pris le pouvoir » !), de « rétablir un marché coopératif du crédit », d’« encadrer la titrisation » et de lancer « un nouveau Bretton Woods ». - « Il faut ouvrir le débat sur le protectionnisme » Mais il propose, aussi et surtout, d’« ouvrir le débat sur le protectionnisme » : « Le G20, s’indigne-t-il, l'a clôt avant qu’il n’ait commencé » ! Et de se moquer de ceux qui voient dans le protectionnisme « une maladie », comme Pascal Lamy dont il fait semblant de ne plus savoir s’il est directeur général de l’Organisation mondiale du commerce ou de l’Organisation mondiale de la santé !

Jean-Luc Gréau réfute par ailleurs en bloc l'argument maintes fois utilisé par les opposants au protectionnisme qui consiste à dire que son application au moment de la crise de 1929 a conduit à la catastrophe : « On est en train de falsifier l’histoire des années 1930. Les deux secteurs moteurs de l’économie américaine étaient l’automobile et le logement. Entre 1929 et 1932, la construction chute de 80%, l’automobile de 75%. Ce sont des marchés intérieurs qui se sont effondrés… »

Voilà pourquoi il n’hésite pas aujourd’hui à « [appeler] de [ses] vœux » la mise en place d’un « protectionnisme européen » : « Il faut refonder l’Europe avec une nouvelle doctrine de la concurrence européenne. Cela permettra d’établir une concurrence loyale, équitable. Mais il faut un protectionnisme moderne, intelligent, éclairé, partiel… » Intelligents et éclairés, les « 20 », ne l’ont pas été assez à son goût. Reste les responsables politiques français ? Jean-Luc Gréau regrette d’avoir si peu vu le protectionnisme évoqué dans les programmes des partis pour les élections européennes… "



-Les paradis sociaux ignorés par le G20:
"...Îles asiatiques paradisiaques, petits Etats d'Amérique centrale et même Etats membres de l'Union européenne : les «paradis sociaux» sont légions ! Alors que le G20 a établit une liste noire et deux listes grises des Etats aux fiscalités minimales sur le capital et à l'opacité bancaire suspecte, Marianne2 vous révèle un premier brouillon de liste des paradis sociaux.
Dans ces pays où le coût de main d'œuvre défit toute concurrence, des milliers d'entreprises, y compris des multinationales françaises du Cac 40, viennent implanter leurs usines et produire en toute impunité au mépris du niveau de vie local et au détriment des pays plus regardant sur les droits sociaux.Les Etats le savent et ne font rien !
Un petit tour par les sites des agences gouvernementales le prouve : les grands Etats ont tous connaissance de l'existence de ces lieux. Le ministère du Travail américain établit régulièrement une comparaison des coûts de main d'œuvre dans 31 pays, le Bureau international du travail dispose de statistiques précises sur plus d'une centaine d'Etat, Eurostat établit des comparaisons entre les salaires horaires des 27 Etats membres... Bref : l'absence de prise de position sur ce sujet est bien volontaire. -2€ de l'heure en Bulgarie, 0,61$ au Sril Lanka
Portant sur le coût horaire du travail (hourly compensation cost), l'étude du ministère du Travail américain pointe clairement du doigt l'Asie du Sud-Est : alors que le coût horaire moyen d'un ouvrier américain est évalué à 24,59$, son collègue philippin émarge à 1,10$ et leur alter égo sri-lankais à 0,61$. Des prix au regard desquels le très abordable Mexicain (dont l'heure coûterait 2,92$) passe pour un ignoble nanti !..."

-Le protectionnisme, est-ce la bonne solution?:
"Les délocalisations sont perçues comme un des aspects les plus directement menaçants de la mondialisation : une menace immédiate et concrète pour les salariés des pays du Nord que les entreprises multinationales mettent en concurrence avec la main-d’œuvre bon marché des pays du Sud. Quelle est l'ampleur de cette menace et comment y faire face ? Comment sortir du piège qui tend à faire des salariés des différents pays des adversaires ? Quelles mesures pourraient stopper la dégradation pour les salariés du rapport de force qui les oppose aux employeurs ? Comment ces politiques s'articulent-elles à une stratégie économique de transformation sociale ? Ces problèmes constituent le cœur de l'entretien qu'avaient accordé les économistes Michel Husson et Jacques Sapir en juin 2006 à la revue en ligne Les Cahiers de Louise. Partant de la question des délocalisations, il comporte toujours des éléments éclairants pour le débat qui s'amorce aujourd'hui sur le protectionnisme..."

-Continental victime du libre-échange
-Derrière les mythes du libre-échange
-Emmanuel Todd: vive le protectionisme.
-Protectionnisme: l'OMC constate un "glissement significatif" depuis janvier
-Les Etats-Unis tentés par le protectionnisme
- L'UE secouée par la tentation protectionniste
-Le localisme n’est (surtout) pas du protectionnisme | AgoraVox

_______
- Retour au protectionisme ?
-Protectionnisme raisonnable ?

samedi 13 janvier 2024

Vous avez dit libre-échange?

Manque de lait en France? 

                     Du lait, des carottes de Nouvelle- Zélande, ça vous dit?

              Bruxelles élargit encore le libre marché mondial, après l'Amérique du Nord, le Mercosour, etc... On élargit encore l'espace du libre-échange, devenu un dogme incontournable, bien au-delà de l'espace européen, quitte à mettre en péril des pans entiers de notre économie, en l'occurrence de notre agriculture. Il n'est pas question de défendre un protectionnisme économiquement ravageur, mais de résister au dogme néolibérale du commerce mondial supposé être économiquement toujours positif.  Une certaine ouverture des frontières aux produits étrangers est nécessaire certes, mais d'une manière réfléchie et maîtrisée, non pas comme un dogme aveugle qui met en question notre souveraineté économique, surtout dans les domaines où nous sommes autosuffisants. Les critiques grandissent à l'égard du dogme d'une concurrence aveugle au niveau mondial, surtout quand on sait que les règles ne sont pas appliquées ou le sont peu dans certains pays, en matière de normes, de qualité, de traitement et de coût de la main d'oeuvre. On connaît les critiques légitimes à l'égard de la qualité du soja et du poulet brésiliens, de la viande de porc allemande, du boeuf canadien, etc... des conditions de production de produits du SE asiatique... partenariat privilégié ou pas.                                                                                                                                 L'Europe se réveillera-t-elle? Faut-il une crise sanitaire et économique majeure pour arriver à des prises de conscience bien tardives et revenir à du simple bon sens économique. Le libre échange, c'est bien, comme on le pense depuis A. Smith, mais le libre échange à tout va, érigé en norme internationale et en principe absolu, c'est mortel pout beaucoup d'économies qui finissent par perdre leur substances, dans un système libre et faussé. L'OMC joue double jeu.                                                   Nombre d'économistes orthodoxes sortent des dogmes établis surtout à partir des années 80, surtout sous l'influence reaganienne, du fait du poids de la réalité qui se fait sentir durement aujourd'hui, mettant en évidence nos fragilités et nos erreurs. Ils auraient écouter le vieux Ricardo qui donnait quelques principes simples: « C’est seulement chez des peuples semblables, que les restrictions commerciales en vue de créer et de soutenir une industrie manufacturière peuvent être légitimes ; elles ne le sont que jusqu’à ce que cette industrie devienne assez forte pour ne plus craindre la concurrence étrangère » Friedrich List (1789-1846). 

            La notion de protectionnisme éducateur n'a pas perdu de sa pertinence. Un juste retour à la souveraineté économique semble une nécessité dans les domaines stratégiques et d'avenir. Pas seulement en matière politique. Certes, le protectionisme a été longtemps vilipendé comme facteur de nationalisme, voire de guerre. Celui de Trump, du moins en parole, semble une prise de conscience bien tardive, quoique excessive et électoraliste. Civiliser la mondialisation est une tâche urgente. Maîtriser un processus qui mène beaucoup à le dépendance et à l'appauvrissement est une nécessité, en redéfinissant de nouvelles règles.  Il est toujours intéressant de relire Maurice Allais qui, sur ce point, a eu raison avant les autres:

                L'économiste qui nous a quitté il y a quelques années, à la pensés souvent complexe et technique, n'est pas d'un abord toujours  simple ni à l'abri de criques. Mais il fut aussi caricaturé et instrumentalisé.
     On retiendra surtout de lui sa critique de la pensée néolibérale et du Consensus de Washington, produits politiques et économiques de l'école de Hayek, de Friedman et de leurs disciples, notamment R. Reagan, M. Thatcher et de leurs épigones..
    Sa pensée commence, à la faveur d'une crise qu'il pronostiquait, à être considérée comme prémonitoire sur de nombreux points. Elle est en tous cas stimulante.
         Notamment concernant une certaine forme de mondialisation, menée notamment sous la houlette de l'OMC, qu'il lui semblait nécessaire de réformer, comme la place trop belle laissée à des multinationales de plus en plus puissantes mettant de plus en plus les Etats au service de leurs intérêts...
     Naguère, certains, et non des moindres,  finissaient par reconnaître la nécessité d' une mondialisation régulée.
   Car la libre concurrence, dans une mondialisation sauvage et sans principes, faisant une confiance aveugle aux marchés, est source de déséquilibres et de crises. (La Crise mondiale aujourd’hui)
     L’idéologie que j’appelle « libre-échangiste mondialiste » a déjà fait d’innombrables victimes dans le monde entier. Pour une raison simple, empiriquement vérifiée : la mondialisation généralisée des échanges, entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents, entraîne finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Or, cette mondialisation n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.
       Même à l'intérieur de l'Europe, la concurrence sans convergence ni cohérence, sans protections extérieures minimales, ouverte à tous les vents, favorable à toutes sortes de délocalisations, mène aux impasses que nous connaissons, mettant en péril une construction mal pensée.

            Maurice Allais s'est fait le critique sans concession de la politique économique menée à Bruxelles depuis des décennies et avance des arguments souvent proches du bon sens, que Pascal Lamy et les autres ne voulaient (ou ne pouvaient) entendre..
.       ..Ceux qui, à Bruxelles et ailleurs, au nom des prétendues nécessités d’un prétendu progrès, au nom d’un libéralisme mal compris, et au nom de l’Europe, veulent ouvrir l’Union Européenne à tous les vents d’une économie mondialiste dépourvue de tout cadre institutionnel réellement approprié et dominée par la loi de la jungle, et la laisser désarmée sans aucune protection raisonnable ; ceux qui, par là même, sont d’ores et déjà personnellement et directement responsables d’innombrables misères et de la perte de leur emploi par des millions de chômeurs, ne sont en réalité que les défenseurs d’une idéologie abusivement simplificatrice et destructrice, les hérauts d’une gigantesque mystification...

___ Les adversaires obstinés de tout protectionnisme, quel qu’il soit, commettent une seconde erreur : ne pas voir qu’une économie de marchés ne peut fonctionner correctement que dans un cadre institutionnel et politique qui en assure la stabilité et la régulation.   Comme l’économie mondiale est actuellement dépourvue de tout système réel de régulation et qu’elle se développe dans un cadre anarchique, l’ouverture mondialiste à tous vents des économies nationales ou des associations régionales est non seulement dépourvue de toute justification réelle, mais elle ne peut que les conduire à des difficultés majeures
  .__Le véritable fondement du protectionnisme, sa justification essentielle et sa nécessité, c’est la protection nécessaire contre les désordres et les difficultés de toutes sortes engendrées par l’absence de toute régulation réelle à l’échelle mondiale.__Il est tout à fait inexact de soutenir qu’une régulation appropriée puisse être réalisée par le fonctionnement des marchés tel qu’il se constate actuellement.__Si on considère, par exemple, le cas de l’agriculture communautaire européenne, l’alignement de ses prix sur des prix mondiaux qui peuvent rapidement varier de un à_ deux en raison d’une situation toujours instable n’a aucune justification....Depuis deux décennies une nouvelle doctrine s’est peu à peu imposée, la doctrine du libre-échange mondialiste impliquant la disparition de tout obstacle aux libres mouvements des marchandises, des services et des capitaux....Cette doctrine a été littéralement imposée aux gouvernements américains successifs, puis au monde entier, par les multinationales américaines, et à leur suite par les multinationales dans toutes les parties du monde, qui en fait détiennent partout en raison de leur considérable pouvoir financier et par personnes interposées la plus grande partie du pouvoir politique....La mondialisation, on ne saurait trop le souligner, ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits.... 
     Une mondialisation généralisée des échanges entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents aux cours des changes ne peut qu ’entraîner finalement partout dans les pays développés : chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Elle n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.  Une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, et elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés et de développement économique et social comparable. 
    Il est nécessaire de réviser sans délai les Traités fondateurs de l’Union Européenne, tout particulièrement quant à l’instauration indispensable d’une préférence communautaire. Il faut de toute nécessité remettre en cause et repenser les principes des politiques mondialistes mises en oeuvre par les institutions internationales, tout particulièrement par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Au regard de l’ensemble de l’évolution constatée de 1974 à 2004, soit pendant trente ans, on peut affirmer aujourd’hui que cette évolution se poursuivra si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est maintenue.    En fait, toutes les difficultés pratiquement insurmontables dans lesquelles nous nous débattons aujourd’hui résultent de la réduction d’au moins 30 % du Produit national brut réel par habitant d’aujourd’hui. La prospérité de quelques groupes très minoritaires ne doit pas nous masquer une évolution qui ne cesse de nous mener au désastre.  L’aveuglement de nos dirigeants politiques, de droite et de gauche, depuis 1974 est entièrement responsable de la situation dramatique où nous nous trouvons aujourd’hui.  Comme le soulignait autrefois Jacques Rueff : « Ce qui doit arriver arrive. »  Toute l’évolution qui s’est constatée depuis 1974 résulte de l’application inconsidérée et aveugle de l’Article 110 du Traité de Rome du 25 mars 1957 constamment repris dans tous les traités ultérieurs... 
         Pierre Mendes-France s'était lui-même montré, de manière presque prémonitoire, très critique  à l'égard du Traite de Rome le 18 janvier 1957, premier jalon d'un processus mal réfléchi.
     L'idée d'un protectionisme raisonnable  fait son chemin. Mais comment changer le poids des dogmes et le cours des choses? La prise de conscience de quelques uns est bien faible et bien tardive.
..________________

mardi 15 décembre 2020

Libre échange

 Plus que jamais en question.

                                 L'Europe se réveillera-t-elle? Faut-il une crise sanitaire et économique majeure pour arriver à des prises de conscience bien tardives et revenir à du simple bon sens économique. Le libre échange, c'est bien, comme on le pense depuis A. Smith, mais le libre échange à tout va, érigé en norme internationale et en principe absolu, c'est mortel pout beaucoup d'économies qui finissent par perdre leur substances, dans un système libre et faussé. L'OMC joue double jeu.                                                 Nombre d'économistes orthodoxes sortent des dogmes établis surtout à partir des années 80, surtout sous l'influence reaganienne, du fait du poids de la réalité qui se fait sentir durement aujourd'hui, mettant en évidence nos fragilités et nos erreurs. Ils auraient écouter le vieux Ricardo qui donnait quelques principes simples: « C’est seulement chez des peuples semblables, que les restrictions commerciales en vue de créer et de soutenir une industrie manufacturière peuvent être légitimes ; elles ne le sont que jusqu’à ce que cette industrie devienne assez forte pour ne plus craindre la concurrence étrangère » Friedrich List (1789-1846). 

            La notion de protectionnisme éducateur n'a pas perdu de sa pertinence. Un juste retour à la souveraineté économique semble une nécessité dans les domaines stratégiques et d'avenir. Pas seulement en matière politique. Certes, le protectionisme a été longtemps vilipendé comme facteur de nationalisme, voire de guerre. Celui de Trump, du moins en parole, semble une prise de conscience bien tardive, quoique excessive et électoraliste. Civiliser la mondialisation est une tâche urgente. Maîtriser un processus qui mène beaucoup à le dépendance et à l'appauvrissement est une nécessité, en redéfinissant de nouvelles règles.  Il est toujours intéressant de relire Maurice Allais qui, sur ce point, a eu raison avant les autres:

                L'économiste qui nous a quitté il y a quelques années, à la pensés souvent complexe et technique, n'est pas d'un abord toujours  simple ni à l'abri de criques. Mais il fut aussi caricaturé et instrumentalisé.
     On retiendra surtout de lui sa critique de la pensée néolibérale et du Consensus de Washington, produits politiques et économiques de l'école de Hayek, de Friedman et de leurs disciples, notamment R. Reagan, M. Thatcher et de leurs épigones..
    Sa pensée commence, à la faveur d'une crise qu'il pronostiquait, à être considérée comme prémonitoire sur de nombreux points. Elle est en tous cas stimulante.
         Notamment concernant une certaine forme de mondialisation, menée notamment sous la houlette de l'OMC, qu'il lui semblait nécessaire de réformer, comme la place trop belle laissée à des multinationales de plus en plus puissantes mettant de plus en plus les Etats au service de leurs intérêts...
     Naguère, certains, et non des moindres,  finissaient par reconnaître la nécessité d' une mondialisation régulée.
   Car la libre concurrence, dans une mondialisation sauvage et sans principes, faisant une confiance aveugle aux marchés, est source de déséquilibres et de crises. (La Crise mondiale aujourd’hui)
     L’idéologie que j’appelle « libre-échangiste mondialiste » a déjà fait d’innombrables victimes dans le monde entier. Pour une raison simple, empiriquement vérifiée : la mondialisation généralisée des échanges, entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents, entraîne finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Or, cette mondialisation n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.
       Même à l'intérieur de l'Europe, la concurrence sans convergence ni cohérence, sans protections extérieures minimales, ouverte à tous les vents, favorable à toutes sortes de délocalisations, mène aux impasses que nous connaissons, mettant en péril une construction mal pensée.

            Maurice Allais s'est fait le critique sans concession de la politique économique menée à Bruxelles depuis des décennies et avance des arguments souvent proches du bon sens, que Pascal Lamy et les autres ne voulaient (ou ne pouvaient) entendre..
.       ..Ceux qui, à Bruxelles et ailleurs, au nom des prétendues nécessités d’un prétendu progrès, au nom d’un libéralisme mal compris, et au nom de l’Europe, veulent ouvrir l’Union Européenne à tous les vents d’une économie mondialiste dépourvue de tout cadre institutionnel réellement approprié et dominée par la loi de la jungle, et la laisser désarmée sans aucune protection raisonnable ; ceux qui, par là même, sont d’ores et déjà personnellement et directement responsables d’innombrables misères et de la perte de leur emploi par des millions de chômeurs, ne sont en réalité que les défenseurs d’une idéologie abusivement simplificatrice et destructrice, les hérauts d’une gigantesque mystification...

___ Les adversaires obstinés de tout protectionnisme, quel qu’il soit, commettent une seconde erreur : ne pas voir qu’une économie de marchés ne peut fonctionner correctement que dans un cadre institutionnel et politique qui en assure la stabilité et la régulation.   Comme l’économie mondiale est actuellement dépourvue de tout système réel de régulation et qu’elle se développe dans un cadre anarchique, l’ouverture mondialiste à tous vents des économies nationales ou des associations régionales est non seulement dépourvue de toute justification réelle, mais elle ne peut que les conduire à des difficultés majeures
  .__Le véritable fondement du protectionnisme, sa justification essentielle et sa nécessité, c’est la protection nécessaire contre les désordres et les difficultés de toutes sortes engendrées par l’absence de toute régulation réelle à l’échelle mondiale.__Il est tout à fait inexact de soutenir qu’une régulation appropriée puisse être réalisée par le fonctionnement des marchés tel qu’il se constate actuellement.__Si on considère, par exemple, le cas de l’agriculture communautaire européenne, l’alignement de ses prix sur des prix mondiaux qui peuvent rapidement varier de un à_ deux en raison d’une situation toujours instable n’a aucune justification....Depuis deux décennies une nouvelle doctrine s’est peu à peu imposée, la doctrine du libre-échange mondialiste impliquant la disparition de tout obstacle aux libres mouvements des marchandises, des services et des capitaux....Cette doctrine a été littéralement imposée aux gouvernements américains successifs, puis au monde entier, par les multinationales américaines, et à leur suite par les multinationales dans toutes les parties du monde, qui en fait détiennent partout en raison de leur considérable pouvoir financier et par personnes interposées la plus grande partie du pouvoir politique....La mondialisation, on ne saurait trop le souligner, ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits.... 
     Une mondialisation généralisée des échanges entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents aux cours des changes ne peut qu ’entraîner finalement partout dans les pays développés : chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Elle n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.  Une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, et elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés et de développement économique et social comparable. 
    Il est nécessaire de réviser sans délai les Traités fondateurs de l’Union Européenne, tout particulièrement quant à l’instauration indispensable d’une préférence communautaire. Il faut de toute nécessité remettre en cause et repenser les principes des politiques mondialistes mises en oeuvre par les institutions internationales, tout particulièrement par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Au regard de l’ensemble de l’évolution constatée de 1974 à 2004, soit pendant trente ans, on peut affirmer aujourd’hui que cette évolution se poursuivra si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est maintenue.    En fait, toutes les difficultés pratiquement insurmontables dans lesquelles nous nous débattons aujourd’hui résultent de la réduction d’au moins 30 % du Produit national brut réel par habitant d’aujourd’hui. La prospérité de quelques groupes très minoritaires ne doit pas nous masquer une évolution qui ne cesse de nous mener au désastre.  L’aveuglement de nos dirigeants politiques, de droite et de gauche, depuis 1974 est entièrement responsable de la situation dramatique où nous nous trouvons aujourd’hui.  Comme le soulignait autrefois Jacques Rueff : « Ce qui doit arriver arrive. »  Toute l’évolution qui s’est constatée depuis 1974 résulte de l’application inconsidérée et aveugle de l’Article 110 du Traité de Rome du 25 mars 1957 constamment repris dans tous les traités ultérieurs... 
         Pierre Mendes-France s'était lui-même montré, de manière presque prémonitoire, très critique  à l'égard du Traite de Rome le 18 janvier 1957, premier jalon d'un processus mal réfléchi.
     L'idée d'un protectionisme raisonnable  fait son chemin. Mais comment changer le poids des dogmes et le cours des choses? La prise de conscience de quelques uns est bien faible et bien tardive..._
_______________

mercredi 24 juillet 2019

CETA (fin?..)

Ont voté!
                Non sans de fortes réticences de tous bords, des mises en garde anciennes et répétées, même du côté de LREM, C'est passé, sans les débats qu'il aurait fallu mener au sein de l'Assemblée, à qui on demandait d'entériner.
    Ce traité fait polémique depuis des années.
  Dans le cadre d'une mondialisation débridée,le CETA pose problème, comme son cousin le Mercosur. Comme à l'époque, on répète cette évidence: un marché ouvert,oui, mais dans certaines limites et à certaines conditions. Mais ce n'est pas le souci de l'OMC.
    L'UFC Que choisir note que, outre le problème des normes alimentaires et des répercussions sur la paysannerie française, déjà mise à mal, se posent un problème de souveraineté"Ce mécanisme prévoit qu'une entreprise privée peut attaquer un État devant un tribunal d'exception si elle estime que ses intérêts sont lésés par des réglementations - notamment environnementales ou sanitaires - trop rigoureuses. Le risque est grand de voir les intérêts commerciaux prendre l'ascendant sur les réglementations nationales qui protègent les consommateurs",
     Le libre échange semble ne plus avoir de limites et les accords se font "dans un tunnel"
    Contourner les lois européennes, c'est l'objectif du Canada. Certains là-bas, le savent et protestent.
  La paysannerie française n'est pas dupe de ce bel accord (sic)
Pas de garde-fou climatique. Il n'est pas étonnant que cet accord soit contesté

Les impacts négatifs sont inévitables dans plusieurs domaines.
     Si le Tafta est abandonné par Trump, le CETA, après de nombreuses tractations et tergiversations, est adopté, du moins pour la France pour l'instant.  Cet accord de libre-échange avec le Canada, remanié nous dit-on, a fait l'objet de nombreuses contestations.
      Mais celles-ci ne sont pas taries.
  Malgré les critiques et les incertitudes, le pas est franchi. Mais certaines préoccupations de fond restent entières, concernant notamment les incidences de l'importation facilitée de la viande bovine sur nos éleveurs souvent en détresse, les normes d'élevage et environnementales contestables  et l'instauration de tribunaux spéciaux pour régler les conflits privés avec les règles étatiques.
   Certains responsables politiques demandaient la réouverture des négociations.
          Les "experts" sont on ne peut plus vagues sur des points fondamentaux du traité, reconnaissant à mi-voix que " ce sont peut-être les questions agricoles qui suscitent le plus d'inquiétudes. Car le Ceta va augmenter les quotas d'importations de bœuf et de porc canadiens en échange de la reconnaissance d'appellation géographique outre-Atlantique. « Les conditions d'élevage diffèrent beaucoup entre l'Union européenne et le Canada. Si l'accord prévoit de créer au Canada une filière bovine spécifique garantie sans hormone destinée à l'exportation vers l'Union européenne et une filière porcine sans traitement à la ractopamine, il est muet sur les questions du bien-être animal, de l'alimentation animale (farines animales ou non ?), et de l'administration d'antibiotiques comme activateurs de croissance », regrette le rapport.
  Ses auteurs préviennent qu'il « sera difficile de ne pas concéder aux nouveaux partenaires des contingents d'importation de viande plus élevés que ceux qui existent actuellement, ce qui pourra changer notablement l'échelle des problèmes. Le risque est que le Ceta ne fournisse pas des conditions favorables aux objectifs de la transition écologique de l'agriculture (maintien de la place des prairies et de l'association polyculture-élevage notamment), en particulier dans le secteur de l'élevage bovin allaitant, déjà en difficulté depuis de nombreuses années. » Sur ce sujet, les rapporteurs proposent de « mettre en place un système d'information pour le consommateur sur les modes de production (utilisation d'antibiotiques et activateurs de croissance, bien-être animal, environnement, caractère transgénique) ».
       Les intentions sont louables, mais quelles garanties seront offertes après la mise en route du processus?
      Il semble bien en tous cas que les  lobbies soient satisfaits.


          Le 26 octobre 2016, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot avait vivement apostrophé les présidents du Conseil européen Donald Tusk et de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, contre le Ceta (Accord économique et commercial global en français). La vidéo a beau avoir été vue plus d'un million de fois sur Facebook, rien n'y a fait. Cet accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada va être appliqué "provisoirement" à compter d'aujourd'hui, en attendant une pleine entrée en vigueur du texte une fois que tous les parlements des pays membres de l'UE l'auront voté..
De plus au Canada comme aux Etats-Unis, le principe de précaution n’est pas reconnu. Il faut qu’une menace soit avérée pour déclencher une interdiction. Alors qu’en France, le risque de dommage grave suffit à interdire un produit. La commission d’experts dit ainsi qu’il est "très difficile d’apprécier les conséquences" du Ceta "sur l’environnement et la santé.
     Par ailleurs, et la commission, le formule explicitement, le climat est "le grand absent". Elle recommande donc qu’il puisse y avoir un "veto climat" sur les tribunaux d’arbitrage. Aujourd’hui, l’Europe a la possibilité d'interdire les carburants canadiens, très chargés en carbone puisqu’ils proviennent de l’extraction des sables bitumeux. Avec le Ceta, ça ne sera plus possible. Barack Obama s’est heurté au même problème dans le cadre de l’Alena : il a bloqué le pipeline Dakota, mais la société TransCanada a porté plainte auprès du tribunal d’arbitrage, et réclamé... 15 milliards d’euros ! Dont 13 au titre des bénéfices non engrangés ! Jusqu’à ce que le beau et moderne Trudeau refasse le deal avec l'affreux Trump. La menace de sanctions financières des tribunaux d’arbitrage amène les Etats à avoir peur de légiférer. "

          C'est une partie non négligeable de notre alimentation qui sera impactée:
Avec l'entrée en vigueur du Ceta, de la viande produite au Canada pourra être plus facilement importée au sein de l'Union européenne. Or, cette viande n'est pas produite selon les mêmes règles outre-Atlantique. Les producteurs canadiens utilisent par exemple plusieurs anabolisants et antibiotiques "comme facteurs de croissance", alors que cette pratique est interdite au sein de l'UE, relève le rapport de la commission d'évaluation de l'impact du traité de libre-échange (PDF), remis au Premier ministre Edouard Philippe début septembre. Selon cette étude, le Ceta "laisse la possibilité au Canada d'utiliser" ces facteurs de croissance dans sa production de viande. Vous pourriez donc, si vous achetez ces produits canadiens, consommer de la viande traitée aux antibiotiques.
   L'Union européenne a cependant interdit l'importation de bœuf traité aux hormones ou de porc dopé à la ractopamine, détaille Le Monde. Mais "nous savons que les règles et les vérifications ne sont pas à la hauteur", s'inquiète Samuel Leré, responsable environnement et mondialisation à la Fondation pour la Nature et l'Homme, contacté par franceinfo. "Aucun dispositif n'est prévu pour contrôler l'application de cette interdiction." Le rapport d'évaluation du traité abonde dans ce sens, expliquant que "rien ne figure dans le texte sur l'adaptation nécessaire de l'organisation des contrôles". Il faudra, poursuit l'étude, à tout prix "s'assurer de la qualité du contrôle" des filières canadiennes sans hormone et sans ractopamine. "
      Le traité est muet sur les questions du bien-être animal, de l'alimentation animale (farines animales ou non ?), et de l'administration d'antibiotiques comme activateurs de croissance », regrette le rapport.
.  L'environnement passera, hélas!, toujours après le commerce. et ses dogmes.

_____________________________

lundi 27 mai 2013

Libre échange transatlantique (suite)

La ligne Maginot tiendra-t-elle?
_______________________________"Je défendrai un accord respectueux de nos valeurs, de la vision européenne de la culture, de notre modèle agricole et favorisant la transition écologique et énergétique. Je veillerai à ce que la France fasse entendre ses intérêts" (Nicole Bricq, 13 février 2013)
__  "Nous allons lancer des discussions sur un accord transatlantique global sur le commerce et l'investissement avec l'Union européenne parce qu'un commerce libre et équitable de part et d'autre de l'Atlantique soutiendra des millions d'emplois américains bien payés" (Obama: Discours sur l'état de l'Union)
_____ Les tractations continuent, les criques aussi...
Plus on se rapproche de l'échéance officielle (en fait, des avancées ont déjà eu lieu, les orientations sont déjà bien explicitées, les bases de travail sont déjà connues et le processus s'accélère), plus le débat se fait vif.
Angela Merkel est enthousiaste:  "I find the idea fascinating"
Pierre Hilard y voit un projet de décomposition des nations européennes, obstacles aux intérêts des firmes multinationales cherchant à élargir leur influence.
Mélenchon y détecte le risque d'une fatale homogénéisation des normes de toutes sortes et surtout des normes sociales.(1)
__Outre une possibilité de manoeuvre totale des multinationales,
les dispositions de ce libre-échange ne comportent pas que des aspects économiques, mais touchent aussi nécessairement des aspects culturels essentiels, en introduisant une concurrence inéquitable.
Même si la ministre Filippetti voit dans l'exception cuturelle "une ligne rouge" à ne pas franchir, on peut douter que cette nouvelle ligne Maginot puisse tenir longtemps...
Bertrand Tavernier pense que " La culture deviendrait ainsi une marchandise".
Mais il n'y a pas que l'exception culturelle...

___Bref, les dangers du traité sont réels, comme le souligne même un européiste convaincu comme Quatremer, en parlant de l'UE à la rame :
" La grande majorité des États européens, contrairement à une idée reçue, ont toujours été demandeurs d’un accord de libre-échange transatlantique, à la différence des États-Unis, beaucoup plus protectionnistes. Mais depuis les années 90, les droits de douane ont considérablement diminué des deux côtés de l’Atlantique (4 % en moyenne, avec des pics dans le textile ou certains produits agricoles) et l’unilatéralisme américain en matière de rétorsions commerciales (ils décidaient seuls des bonnes pratiques commerciales) n’est plus qu’un souvenir avec la mise en place de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La crise économique aidant, les réticences américaines se sont envolées. « Rien qu’en éliminant les tarifs, les exportations américaines vers l’UE pourraient s’accroître de 17% », calcule le sénateur démocrate Max Baucus, président de la commission des finances (qui supervise le commerce). Côté européen, on est tout aussi optimiste : la Commission estime qu’une libéralisation totale des échanges permettra de dégager un surplus de croissance pour l’Union de 0,5% du PIB.

Vu la faiblesse des droits de douane, le cœur de la négociation portera en réalité sur l’harmonisation des réglementations. Ce sont leurs différences qui s’opposent, à l’heure actuelle, à une libre circulation totale (ce qu’on appelle obstacles non quantitatifs). L’idée américaine va bien au-delà d’une harmonisation transatlantique : il s’agit d’élaborer des normes à vocation mondiale qui s’imposeront aux nouveaux acteurs économiques, la Chine au premier chef. Comme le dit Bruce Stokes, du German Marshall Fund, il s’agit de « s’assurer que le capitalisme version occidentale reste la norme mondiale et pas le capitalisme d’État chinois ».

Ainsi, parallèlement à l’accord de libre-échange avec l’Union, les États-Unis négocient avec leurs partenaires du Pacifique (Trans-Pacific Partnership). Mais, bien entendu, dans l’idée américaine, il s’agit d’adopter leurs normes, pas celle des Européens jugées trop contraignantes. « L’Europe est un créateur de normes très puissant, beaucoup plus que les Américains », souligne-t-on à l’Élysée. « Si on fait un compromis, et il y a un compromis, c’est celui qui a les normes les plus ambitieuses qui sera perdant », ajoute un haut fonctionnaire communautaire.

  • Quels sont les pays européens qui sont opposés à cet accord ?

 Officiellement, aucun. Chacun a trop peur d’être désigné comme un « ennemi » des États-Unis avec les risques de rétorsions commerciales que cela comporte. En clair, en proposant directement un accord de libre-échange aux États-Unis, sans consulter préalablement les États, la Commission savait qu’ensuite plus personne ne pourrait s’y opposer. La France, le pays qui a traditionnellement le plus de réserves, s’est donc retrouvée pris au piège : « nous ne sommes pas en position de bloquer quoi que ce soit », reconnaît-on au sein du gouvernement français : « la négociation est déjà lancée puisqu’Obama a donné son feu vert dans son discours de février sur l’État de l’Union ». « De plus, nous avons consulté nos entreprises et elles sont très demandeuses », ajoute-t-on à Paris.

Néanmoins, la France a des « lignes rouges » : elle refuse que l’exception culturelle soit dans le mandat de négociation qui va encadrer la Commission, tout comme les marchés publics dans le domaine de la défense ou encore les normes sanitaires et environnementales les plus importantes. D’autres pays, comme l’Italie, s’inquiètent aussi du sort des appellations d’origine géographique (style un « parmesan » américain).

Pour la Commission, « si on commence à exclure tel ou tel domaine, les Américains vont faire de même. Si on la joue défensive, on n’en sortira pas. On ne peut pas nous demander de conduire une formule 1 en nous coupant un bras » ! La Commission réclame un minimum de « confiance » des États membres : « on ne bradera pas l’exception culturelle ou nos normes ». Mais voilà, la France, et elle n’est pas la seule, a quelques doutes : « la Commission est d’une rare naïveté si elle croit que les Américains sont prêts à tout négocier », dit-on à l’Élysée. Même si l’administration Obama fait des concessions, le Congrès, qui doit donner son accord quasiment à chaque étape, veillera au respect de ses propres « lignes rouges ». « Ainsi, jamais ils n’accepteront d’ouvrir les services financiers ou le transport maritime et, surtout, ils ne pourront pas s’engager pour leurs États fédérés, seuls compétents pour les marchés publics ou les services, ou pour leurs agences indépendantes », souligne-t-on à l’Élysée. « Alors que nous, si on ouvre, ça s’appliquera effectivement dans l’ensemble des États membres, la Commission y veillera… » La bataille du mandat s’annonce chaude, mais brève : la Commission compte bien le faire adopter par les États membres (à l’unanimité ou à la majorité qualifiée, juridiquement ça n’est pas clair) d’ici le mois de juillet.

  • Que veulent les Américains ?

Les Etats-Unis espèrent bien se « payer les Européens ». A Washington, on estime que l’Union, affaiblie par sa crise de l’euro et ses crises d’austérité, aurait grand besoin de cet accord pour se relancer et serait donc prête au compromis. Barack Obama lui-même a repris l’argument : « Je pense (que les Européens) ont plus faim d’un accord qu’ils ne l’ont été par le passé » a-t-il plaidé le 12 mars. « Ce qui a changé, je pense, est la reconnaissance à travers toute l’Europe qu’ils ont du mal à trouver une recette de croissance pour le moment ». Le président américain s’attend aussi à une « pression de plus de pays de l’autre côté de l’Atlantique » pour parvenir à un accord. L’idée, à Washington, est que les Américains vont négocier avec les libres échangistes convaincus de la Commission, soutenus par les Allemands ou les Britanniques, et qu’ensuite ils feront pression sur leurs amis français pour qu’ils acceptent le compromis. Karel De Gucht, le commissaire au commerce, clame d’ores et déjà que « la France est isolée ».

Les Américains sont, en tout cas, décidés à obtenir le maximum y compris dans le domaine des normes sanitaires et phytosanitaires. Ils veulent ainsi ouvrir tout grand le marché intérieur européen à leurs produits actuellement interdits de séjour, des OGM au bœuf aux hormones en passant par la viande à la ractopamine ou le poulet à la chlorine. Pour le sénateur démocrate Max Baucus «les produits des ranchers et fermiers américains sont les meilleurs au monde ». Demetrios Marantis, le responsable américain du commerce, réclame donc des « standards internationaux scientifiques », par opposition à ceux de l’Union jugés « non scientifiques » par le Congrès, et s’engage à « permettre plus d’exportations des produits cultivés et élevés en Amérique ».

Si la Commission jure ses grands Dieux qu’elle ne cèdera rien, elle est en réalité prête à céder beaucoup. Un responsable de l’exécutif européen s’interroge ainsi devant Libération : « on peut se demander si le délai d’usage de 3 ans avant d’autoriser l’importation d’un OGM, ça n’est pas trop long »... De même, la Commission vient d’autoriser la pratique américaine consistant à nettoyer les carcasses de porc à l’acide lactique, avant même le début des négociations : « comme ça, on se met en position de rouvrir le marché américain à notre viande bovine toujours interdite pour cause de vache folle », poursuit cette même source. La Commission sait parfaitement qu’il sera très difficile à un État de s’opposer à ces reculs puisque l’accord final sera global. Qui osera alors le faire capoter pour sauver quelques normes sanitaires ou environnementales ?

  • Barroso joue-t-il une carte personnelle ?
Que veut donc Barroso ? À Lisbonne, on estime qu’il vise soit le secrétariat général de l’ONU, soit celui de l’OTAN. Il a ainsi mis en place un dispositif diplomatique aux États-Unis pour assurer sa promotion : son chef de cabinet, José Vale de Almeida, a été nommé ambassadeur de l’UE à Washington et le gouvernement portugais, de sa couleur politique, a envoyé deux de ses très proches aux États-Unis, Nuno Brito, ambassadeur du Portugal à Washington, et Alvaro Mendonça e Moura à l’ONU.
Cela étant, le succès est loin d’être assuré. Si les États n’ont pas le courage de s’opposer à un accord qui bradera une partie de l’acquis européen, les opinions publiques pourraient le faire à leur place, comme l’a montré le rejet par le Parlement européen, le 4 juillet 2012, de l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) parce qu’il ne respectait pas les droits fondamentaux. « La Commission a tort de sous-estimer le rejet que pourrait susciter un accord qui ferait la part belle aux intérêts américains », prévient-on à Paris. « En voulant passer en force, elle prend le risque de gâcher ce qui pourrait être une bonne idée à condition de ne pas ignorer la société civile et le Parlement européen ». À Washington, on reconnaît que le chemin pourrait être long. Obama l’optimiste l’a rappelé: « Ce sera un gros boulot ».
___________________________Des eurodéputés socialistes, parfois très divisés,  affichent aussi leur désaccord
".. Certains socialistes se montrent plus sceptiques quant aux supposées vertus de ce futur accord de libre-échange. La focalisation du débat sur l'audiovisuel ne doit pas occulter, à leurs yeux, l'immensité des secteurs, de l'agriculture au secteur financier, qui risquent d'être impactés. « C'est une très mauvaise idée d'entamer ces négociations, à l'heure où l'euro-scepticisme gagne du terrain, estime Liêm Hoang-Ngoc, un autre élu socialiste français à Strasbourg. La France doit s'opposer à cet accord, qui s'annonce très aventureux. Ses conséquences risquent d'être bien plus favorables aux Américains. » « L'exclusion du secteur audiovisuel ne suffit pas, poursuit-il. Prenons un autre exemple, les services financiers. On a déjà du mal à avoir une réglementation digne de ce nom pour les banques en Europe, et maintenant, on risque de s'aligner sur les standards américains, qui n'appliquent même pas les règles de “Bâle 3.."
 ___La  servitude volontaire est-elle le destin de l'Europe? 
_____________________________________________________________
-Refusons d’engager les négociations pour un projet d’accord transatlantique
- Accord transatlantique : « Le pouvoir sera alors à Washington pour la grande politique et à Berlin pour l’économie »
- Le partenariat de tous les dangers
- L'agroalimentaire, champ de batailles commerciales entre les Etats-Unis et l'Union européenne