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mardi 25 janvier 2022

Brûler des livres?

 Autodafés et nouvelle inquisition?

                                       Quand on en vient à vouloir détruire des livres, à les mette au pilon, comme sous l'inquisition ou le nazisme...La barbarie n'est pas loin. C'est la pensée qui dérange que l'on veut effacer. C'est le dogmatisme intolérant que l'on veut imposer.   Comme aujourd'hui aux USA, où la censure bat son plein dans certains cercles. Mais aussi ailleurs: en Turquie, en Afghanistan.....  Une des pires choses que l'on puisse imaginer. Erdogan l'a fait.   Malheureusement, ce rituel sinistre de l'autodafé revient régulièrement.    Quand la pensée gêne, quand la critique menace, quand la dérision se manifeste, même un peu.     On pense à Nüremberg et à toutes les villes du Reich où la pratique fut systématique et encouragée, manifestant une soif de pureté devenue folle et de contrôle absolu du  pouvoir. Même pour les livres les plus anodins en apparence.

Les livres sont dangereux, ironisait déjà Voltaire.

      Mais les autodafés remontent à une époque plus lointaine, parfois plus limitée.
  Daesh n'a cessé d'entretenir la haine des livres,
     A Mossoul, il s'est livré à une destruction systématique de tout de qui symbolisait le mot culture:
          ...Selon Associated Press, les «combattants» ont brûlé depuis un mois des livres pour enfants, des recueils de poésies, des ouvrages de philosophie et des titres scientifiques sur la santé et le sport ainsi que des journaux du début du XXe siècle. Seuls les livres sur l'islam auraient échappé aux flammes.
Cet autodafé n'est malheureusement pas le premier. L'histoire de l'humanité est jalonnée par la destruction des livres. «Là où l'on brûle les livres, on finit par brûler des hommes», disait l'écrivain et poète Heinrich Heine. Car, les livres, comme les biens culturels, sont bien plus que des symboles, ils représentent l'ouverture au monde, la diversité des cultures et des civilisations, des savoirs, les connaissances et les doutes. Tout le contraire d'une idéologie bornée qui veut imposer son point de vue unique...
      A Sarajevo,au Mali, à Tombouctou les manuscrits détruits témoignent de la même haine
Ailleurs, la "talibanisation" des esprits poursuit épisodiquement son oeuvre. Mettre la pensée au pas est toujours la tentation d'un pouvoir qui se sent faible.
Un acte, public ou privé, qui est rarement sans signification
On peut toujours ironiser.


    Demain comme hier, le phénomène peut se reproduire, parfois de façon sournoise et insidieuse.
Nul pays n'est à l'abri de la pensée totalitaire s'attachant à coloniser les esprits part le vide . Parfois au nom de l'esprit divin.
Ecrire peut devenir un délit. La vigilance s'impose.
      Seuls les livres, bien choisis, peuvent nous sauver de nous-mêmes.

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mardi 13 août 2019

Fahrenheit 451 (2019)

Brûler des livres:
                         Une des pires choses que l'on puisse imaginer. Erdogan l'a fait.
    Malheureusement, ce rituel sinistre de l'autodafé revient régulièrement.
  Quand la pensée gêne, quand la critique menace, quand la dérision se manifeste, même un peu.
On pense à Nüremberg et à toutes les villes du Reich où la pratique fut systématique et encouragée, manifestant une soif de pureté devenue folle et de contrôle absolu du  pouvoir. Même pour les livres les plus anodins en apparence.
Les livres sont dangereux, ironisait déjà Voltaire.

      Mais les autodafés remontent à une époque plus lointaine, parfois plus limitée.
  Daesh n'a cessé d'entretenir la haine des livres,
     A Mossoul, il s'est livré à une destruction systématique de tout de qui symbolisait le mot culture:
          ...Selon Associated Press, les «combattants» ont brûlé depuis un mois des livres pour enfants, des recueils de poésies, des ouvrages de philosophie et des titres scientifiques sur la santé et le sport ainsi que des journaux du début du XXe siècle. Seuls les livres sur l'islam auraient échappé aux flammes.
Cet autodafé n'est malheureusement pas le premier. L'histoire de l'humanité est jalonnée par la destruction des livres. «Là où l'on brûle les livres, on finit par brûler des hommes», disait l'écrivain et poète Heinrich Heine. Car, les livres, comme les biens culturels, sont bien plus que des symboles, ils représentent l'ouverture au monde, la diversité des cultures et des civilisations, des savoirs, les connaissances et les doutes. Tout le contraire d'une idéologie bornée qui veut imposer son point de vue unique...
 A Sarajevo,au Mali, à Tombouctou les manuscrits détruits témoignent de la même haine
Ailleurs, la "talibanisation" des esprits poursuit épisodiquement son oeuvre. Mettre la pensée au pas est toujours la tentation d'un pouvoir qui se sent faible.
Un acte, public ou privé, qui est rarement sans signification
On peut toujours ironiser
    Demain comme hier, le phénomène peut se reproduire, parfois de façon sournoise et insidieuse.
Nul pays n'est à l'abri de la pensée totalitaire s'attachant à coloniser les esprits part le vide . Parfois au nom de l'esprit divin.
Ecrire peut devenir un délit. La vigilance s'impose.
      Seuls les livres, bien choisis, peuvent nous sauver de nous-mêmes.
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vendredi 7 mars 2025

En avant, vers plus d' obscurantisme

Eteindre les lumières

        L'ignorance gagne.           STAND UP FOR SCIENCE!


             Une vraie contre-culture est en route...dangereusement.

                 La censure a déjà une longue histoire aux USA, en rapport avec une culture d'origine puritaine. Les Etats républicains sont particulièrement en tête de l'inquisition, Bible Belt en tête.  En 2023, le nombre de titres ciblés par la censure aux Etats-Unis a augmenté de 65% par rapport à 2022. Depuis Trump, le phénomène augmente en flèche. Le monde académique est visé. Une vague inquiétante, malgré les oppositions.                                                                                        Les sciences elles-mêmes sont menacées. Sous la pression notamment des évangélistes. Cela n'est pas nouveau, mais ça s'amplifie. L'information est de plus en plus sous contrôle. Qui veut contrôler les esprits...  comme sous un nouveau maccartisme.    "<... Hannah Arendt note que “le totalitarisme, une fois au pouvoir, remplace invariablement tous les vrais talents, quelles que soient leurs sympathies, par ces illuminés et ces imbéciles dont le manque d’intelligence et de créativité reste la meilleure garantie de leur loyauté”. La présidence Trump ne conduit pas au totalitarisme (il faudrait inventer un mot : le capitalotarisme ? la couillosphère ?) et ne rassemble certes pas que des imbéciles ou des illuminés (tout de même, ils paraissent nombreux) ; en revanche elle incorpore des “éléments” de totalitarisme. Et parmi ceux-ci, il y a cette étonnante mafia qui compose son gouvernement, à commencer par un vice-président qui aime à répéter le mot de Richard Nixon “Les professeurs, voilà l’ennemi.” ...                                                                                                                            Une conjuration antis sccience   _ God bless...                                                                                                                                               Bientôt des autodafés?


    Malheureusement, ce rituel sinistre de l'autodafé revient régulièrement.

  Quand la pensée gêne, quand la critique menace, quand la dérision se manifeste, même un peu.
On pense à Nüremberg et à toutes les villes du Reich où la pratique fut systématique et encouragée, manifestant une soif de pureté devenue folle et de contrôle absolu du  pouvoir. Même pour les livres les plus anodins en apparence.
Les livres sont dangereux, ironisait déjà Voltaire.


      Mais les autodafés remontent à une époque plus lointaine, parfois plus limitée.
  Daesh n'a cessé d'entretenir la haine des livres,
     A Mossoul, il s'est livré à une destruction systématique de tout de qui symbolisait le mot culture:
          ...Selon Associated Press, les «combattants» ont brûlé depuis un mois des livres pour enfants, des recueils de poésies, des ouvrages de philosophie et des titres scientifiques sur la santé et le sport ainsi que des journaux du début du XXe siècle. Seuls les livres sur l'islam auraient échappé aux flammes.

Cet autodafé n'est malheureusement pas le premier. L'histoire de l'humanité est jalonnée par la destruction des livres. «Là où l'on brûle les livres, on finit par brûler des hommes», disait l'écrivain et poète Heinrich Heine. Car, les livres, comme les biens culturels, sont bien plus que des symboles, ils représentent l'ouverture au monde, la diversité des cultures et des civilisations, des savoirs, les connaissances et les doutes. Tout le contraire d'une idéologie bornée qui veut imposer son point de vue unique...
    A Sarajevo, au Mali, à Tombouctou les manuscrits détruits témoignent de la même haine
Ailleurs, la "talibanisation" des esprits poursuit épisodiquement son oeuvre. Mettre la pensée au pas est toujours la tentation d'un pouvoir qui se sent faible.
Un acte, public ou privé, qui est rarement sans signification
On peut toujours ironiser
    Demain comme hier, le phénomène peut se reproduire, parfois de façon sournoise et insidieuse.
Nul pays n'est à l'abri de la pensée totalitaire s'attachant à coloniser les esprits part le vide . Parfois au nom de l'esprit divin.
Ecrire peut devenir un délit. La vigilance s'impose.
      Seuls les livres, bien choisis, peuvent nous sauver de nous-mêmes.

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vendredi 17 septembre 2021

Brûler le passé...

         Ou se donner les moyens de le comprendre pour changer le présent? __Des autodafés au wokisme                                        

             Quand on commence à brûler des livres, jusqu'à faire des autodafés, cela n'est pas bon signe et il y a lieu de s'inquiéter. Cela rappelle de tristes souvenirs et des évènements plus récents, comme en Turquie. L'épuration peut aller jusqu'à mettre à l'index, voire à détruire ce que Voltaire, de manière critique, tenait pour "dangereux": c'est vrai que lire contribue à la liberté de l'esprit et peut apparaître comme subversif aux yeux de certains pouvoirs.              Bannir des livres, comme  aujourd'hui au Canada, inquiète aussi, acte magique et vain, ridicule aussi, par lequel on voudrait tenter de "rendre justice", d'obliger à "faire repentance"...Le wokisme se voudrait purificateur, jusque dans le déboulonnage de statues donnant du passé une image peu flatteuse. Certes, on n'est pas à Kaboul, où est interdit tout ce qui n'est pas conforme à la charia, c'est juste plus soft, plus civilisé. Pourquoi ne pas brûler Victor Hugo pour son machisme et surtout Céline pour son idéologie désastreuse? On mélange les genres et ce n'est pas en brûlant des signes du passé qu'on va changer le présent. Pourquoi pas Tintin  et Astérix au bûcher, pas toujours ethniquement corrects?

              "...Détruire un objet physique pour symboliser une volonté d'anéantissement de concepts, d'idées et d'histoires a toujours été, et sera toujours, l'apanage des tyrannies. Ceux qui brûlent ces histoires seraient bien inspirés, avant d'allumer le bûcher, de les relire: les tyrans, ce sont souvent ceux qui perdent à la fin..."   Ce sont les vivants qu'il faut corriger, s'il y a lieu de le faire. Faire table rase des signe matériels d'un passé contestable serait une tâche infinie et finalement absurde. On peut toujours déboulonner Colbert, cela ne changera rien au fait que le colonialisme et ses traces ne sont pas encore éradiqués. Et personne n'est au-dessus de tous soupçons au regard de l'histoire, pas même De Gaulle ou Churchill.       Venu des USA, le "wokisme", légitime dans ses expressions premières, peut prendre des formes extrêmes et absurdes, parfois loin d'analyses critiques nécessaires de certaines pratiques historiques. Colbert, qu'il faut comprendre dans son époque, ne se résume pas au "Code noir"....        ____________

mardi 17 mars 2026

USA: liberté de la presse en péril

Censure, chasse aux sorcières

                     Et propagande tous azimuths

        Le locataire de la Maison Blanche fait ce qu'il a promis: mettre de l'"ordre" dans la pensée, la lecture, la culture....Tout doit être conforme aux injonctions et aux fantaisies du mage de Washington, de la bien-pensance du moment. définie au sommet, bien sûr . Même si une certaine censure est déjà ancienne aux USA.                                             D'abord redéfinir le paysage médiatique, pour éviter toute pensée déviante et critique. Nettoyer aussi les bilbiothèques, pour éliminer tout ouvrage non conforme à la pensée officielle, surtout destiné à la jeunesse, jusqu'à produire une autocensure des institutions culturelles.  "...Cette évolution intervient dans un climat politique particulièrement tendu autour de l’accès aux livres. Depuis plusieurs années, les bibliothèques américaines se trouvent au cœur d’un affrontement sur la présence d’ouvrages abordant des thèmes tels que les identités de genre, les questions raciales ou la sexualité. Les organisations professionnelles recensent des niveaux inédits de contestation..."                                                                                                              Pas de nouvelles "déformées" dans la presse ou sur les ondes. Même CNN peut être visée.    "...Depuis son premier mandat, le président américain qualifie régulièrement les publications négatives de « fake news » et a pris des mesures pour restreindre les accès de la presse depuis son retour au pouvoir. La Foundation for Individual Rights in Education (FIRE), organisation américaine de défense de la liberté d’expression, a qualifié l’avertissement « autoritaire » de M. Carr de « scandaleux ». « Lorsque le gouvernement exige que la presse devienne le porte-parole de l’Etat sous la menace de sanctions, c’est que quelque chose ne va vraiment pas », a-t-elle déclaré, sur X, en réponse au message de Brendan Carr.?.."   


                                                                                                     ___       " Donald Trump
revenu au pouvoir en janvier 2025 pour un second mandat, et ses fidèles du mouvement Maga, remodèlent peu à peu le paysage informationnel des États-Unis. Destruction des faits, saturation de l’attention et complotisme sont leurs outils, partagés auprès de la mouvance identitaire et conservatrice en Europe....Un écosystème médiatique alternatif s’est consolidé très rapidement, avec des plateformes vidéo et des réseaux sociaux financés et dominés par les conservateurs, parmi lesquels le propre réseau de Donald Trump, Truth Social. Le rachat de Twitter par Elon Musk, en 2022, a amplifié cet écosystème en assurant l’interconnexion de l’ensemble.  Donald Trump a eu, pendant plusieurs décennies, une relation symbiotique avec les médias traditionnels, inséparable de sa carrière de promoteur puis de star de la téléréalité, et enfin d’homme politique. Mais il est passé d’une dépendance mutuelle à un affrontement direct, exigeant la soumission sous peine de destructionDonald Trump n’a désormais plus besoin des médias pour atteindre son public. Il les attaque, les poursuit en justice, menace leur crédibilité et, in fine, leur modèle économique. Le Congrès (à majorité républicaine) a par ailleurs validé l’essentiel des coupes budgétaires dans les médias publics, menacés de disparition.   Dès son retour aux manettes, Donald Trump a aussi favorisé les nouveaux supports médiatiques loyaux, transformant la composition de la salle de presse de la Maison-Blanche. Parmi les personnes accréditées, on trouve par exemple Brian Glenn, de Real America’s Voice, une chaîne fondée en 2020 qui retransmet tout ce que fait Trump sans commentaire. C’est Brian Glenn qui, en février 2025, a reproché à Volodymyr Zelensky de ne pas porter de costume-cravate lors de sa rencontre avec Donald Trump et J. D. Vance dans bureau Ovale...."


 ___  Bref, une guerre de l'information. Quelle différence avec les méthodes utilisées naguère par les fascismes européens? Contrôler la presse, c'est pouvoir diriger les esprits.                  La culture est malmenée. Un mouvement orwellien est en route.      Sans résistance significative de la part des élites  velléitaires   ou timorées                                                            Les livres sont dangereux, ironisait déjà Voltaire....

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mercredi 3 janvier 2024

Retour sur l'Afrique

 Elle n'aurait pas d'histoire, dit-on encore parfois.

                               Elle serait restée en marge. Comme une continent immobile et invariable. Une planère à part, en quelque sorte, une belle endormie que l'Occident conquérant aurait réveillé d'un sommeil profond, de traditions immuables. On reconnaît là l'essence des croyances qui ont fondé et entretenu la longue période coloniale, entretenus pas les a priori de ceux qui, ayant l'âme blanche, ne pouvait considérer les Africains que comme ayant l'âme noire, comme le disait  ironiquement Montesquieu, qui fit une critique sans concession de l'esclavage.   Même dans la période post-coloniale, et récemment encore, comme dans un célèbre discours de N.Sarkozy, on demande à l'Afrique d'entrer dans l'histoire, de rejoindre le club des pays blancs industrialisés.             Or dans l'immense continent africain, les événements ont suivi un autre cours qu' en Europe, depuis des origines qui furent communes et des voies originales, où la notion de civilisation avait un sens, comme le souligne tous les anthropologues. Il faut le répéter, car les préjugés sont encore tenaces: même méconnues pendant longtemps (et on comprend pourquoi) l'Afrique a fait du chemin et de manière parfois dynamique.                     Autrement dit, un vaste pan de la culture occidentale a longtemps véhiculé l’idée que l’Afrique était restée à l’écart de l’histoire et du progrès. Cela va de nos grands penseurs aux livres et aux films qui ont nourri des générations d’enfants. Dans des dessins animés de Disney, on voit des cannibales africains à peine vêtus faire mijoter gaiement leurs victimes dans d’énormes marmites suspendues au-dessus d’un feu. Parmi les philosophes, il y a pléthore d’exemples consternants. Voltaire ­disait des Africains : « Un temps viendra, sans doute, où ces animaux sauront bien cultiver la terre, l’embellir par des maisons et par des jardins, et connaître la route des astres : il faut du temps pour tout. » Hegel était encore plus radical : « Ce que nous comprenons en somme sous le nom d’Afrique, c’est un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle. » On entend encore aujourd’hui des échos de tels propos chez les dirigeants politiques occidentaux.... qui aimaient l'Afrique...pour les richesses et la main d'oeuvre qu'elle leur procuraient à bas prix.                      L' histoire du continent africain reste encore largement à faire. Il était supposé être immuable, dès qu'il fut découvert. Et le préjugé dura, renforcé par l' aveuglement colonial, qui avait besoin de maintenir le mythe de peuples-enfants, qu'il fallait mener au niveau de notre histoire, considérée comme LA référence et le modèle.        Depuis quelques décennies surtout, les études africaines, avec leurs limites, ont modifié enfin notre regard. L'histoire de ce continent dit mineur  a une histoire que l'on ne soupçonnait pas à une époque, histoire que l'on continue à mettre à jour peu à peu malgré les difficultés liées au manque d'archives.     Hors du fait que, c'est bien établi, l'Afrique de l'Ouest est le berceau de l'humanité. Notre histoire commence là.

       Certains peuples étaient déjà des navigateurs et des marchands, à partir d'une certaine époque: "...la palme d'or de la navigation revient très certainement aux Somaliens. Si, aujourd'hui, la Somalie rime avec pauvreté et piraterie, il y a quelques siècles, elle était plutôt synonyme de cités portuaires florissantes et abritait des commerçants qui faisaient partie des meilleurs de l'océan Indien. Ils entretenaient des contacts commerciaux avec l'Arabie, l'Inde, la Perse, l'Égypte, la Chine, Venise et, plus tard, le Portugal...."

          Oui, l'Afrique a une histoire. Et quelle histoire! Partiellement connue. Largement méconnue.  Contrairement aux nombreux préjugés toujours tenaces, entretenus par l'ignorance, les clichés longtemps répandus, certains propos publics, même en haut lieu:

 Le discours de Dakar où Sarkozy déclara sans sourciller, sans doute victime de son "nègre" , disent les plus indulgents: " le « drame de l'Afrique » vient du fait que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. […] Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès ."   Les Africains seraient donc restés de grands enfants, qu'il (nous) resterait à éduquer. Un ethnocentrisme qui régna au coeur de l'entreprise coloniale et dont il reste des traces.    Un européocentrisme étriqué, un essentialisme tenace et une ignorance sidérante.  On le sait mieux maintenant, l'Afrique a une histoire. On peut le savoir...après tant de silences   Certes, l'Afrique bouge sous nos yeux actuellement, du moins certains pays plus que d'autres, chapeautés par l'aide chinoise ou non, certains ne s'étant pas encore relevés de la potion amère du FMI et des fonds vautour.
  Mais elle l'a toujours fait, si l'on met entre parenthèse la période coloniale où l'Europe se partageait le gâteau.
       Ce continent oublié, ce passé occulté nous revient aujourd'hui après tant             Pour les colonisateurs, l'Afrique était une page vierge où l'Europe allait inscrire ses valeurs, au nom d'une civilisation de référence et d'intérêts bien compris. Pour s'installer en Afrique et l'exploiter en toute bonne conscience, il fallait bien "infantiliser" ce continent de grands enfants, comme l'avait bien vu déjà ironiquement Montesquieu:
   "Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres._Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves._Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre._On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir..."
 

    Après la période coloniale, la Françe-Afrique a pris le relai, faisant mine de gérer l'indépendance, comme au Gabon, où Sarkozy, et d'autres, ont réécrit l'histoire
   Paris a forcé la main aux Africains: "... l'indépendance imposée aux Africains, bien que décidée par Paris avec la bénédiction de Washington au gré des préjugés les plus réactionnaires et de vils calculs, fut présentée comme le triomphe des idées progressistes, de la liberté, de la modernité politique et, ironie suprême, de la volonté des Africains."
    L'Afrique de "Papa" n'est pas tout à fait finie... L'imposition du franc CFA reste une des traces de cette subordination.
  L'Afrique, si diverse, n'est "en retard" que par rapport à nos modèles de développement, mais elle pourrait bien nous étonner par les chemins originaux qu'elle pourrait prendre à l'avenir. "L'Afrique est mal partie", disait R. Dumont après les décolonisations officielles, mais elle pourrait bien un jour nous surprendre..  
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mercredi 17 juillet 2024

Etrange découverte...

 Oui, les livres existent encore...

           Même s'il peuvent être parfois "dangereux"

                    Comme le signalait Voltaire.

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samedi 25 juin 2022

Orwell à Moscou

Quand des lecteurs font de la résistance

              Si l'on en croit certaines sources réputées fiables, on n'a jamais tant lu à Moscou. Mais pas n'importe quoi. Le pays a beau être contrôlé, bridé, surtout en période de guerre, certains auteurs rencontrent un écho puissant. Faute d'opposition réelle possible, des esprits éclairés font de certains auteurs des alliés intérieurs, pour une résistance qui ne put être pour l'instant que symbolique et périphérique.                                                      __ Quand la presse est aux ordres, quand la police veille...que faire?  Une seule voie: entretenir par l'esprit une forme de résistance intérieure pour garder intacte la flamme de la révolte.  Cela ne changera pas le cours de la guerre, hélas!  mais cela peut contribuer puissamment au réveil citoyen quand sonnera l'heure où le Kremlin s'ouvrira.   Pour l'instant, la novlangue  règne au Kremlin...,celle qui ne heurte pas,  inventant d'autres vocables si les besoins (politiques) l'exigent, comme le suggérait Orwell, qui notait que propagande pouvait très bien se transformer  en vérité, par la vertu d'un rhétorique dévoyée   Il y a  les mots, il y a les choses...Quand les choses déplaisent, changeons les mots, pour masquer les maux. Ne parlons pas d'échec, mais de contre-performance, de violence, mais de troubles, d'ouvriers mais de collaborateurs, etc.......   


                             
L'auteur de 1984 est donc bien d'une brûlante actualité, comme l'a pu être Voltaire en son temps...:  "....L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe le 24 février 2022 a eu sur le paysage éditorial russe un effet collatéral plutôt inattendu : au milieu des ouvrages de self-help et d’autres fictions plus ou moins consolantes, le grand succès de librairie de cette période est le roman d’anticipation du Britannique George Orwell, 1984. Selon les derniers chiffres, les ventes du roman ont progressé depuis février de 30 % pour les librairies physiques et de 75 % pour les ventes en ligne sur un an et 1,8 million d’exemplaires en ont été vendus depuis le début du conflit.   Un couple d’Ukrainiens de retour dans sa maison d’Irpine après la longue occupation de la ville par l’armée russe a même retrouvé un exemplaire du roman abandonné par un soldat. C’est donc toute la Russie qui semble s’être plongée dans ce classique de la littérature mondiale. Il est vrai que l’embargo a privé les Russes des films hollywoodiens et qu’ils se tournent vers la lecture pour s’occuper – mais le choix de 1984 est tout sauf innocent dans le contexte politique russe....Il n’est pas anodin que l’ouvrage refasse surface précisément au moment où le régime de Vladimir Poutine, qui a souvent révélé la force de l’héritage soviétique dans la Russie contemporaine, connaît une forte poussée autoritaire en contexte de guerre. Déjà, en 2015, juste après l’annexion de la Crimée, le livre était apparu dans le classement des dix livres les plus lus en Russie, avec 85 000 exemplaires écoulés dans l’année. Aujourd’hui plus que jamais, une partie de la population russe a l’impression que la réalité rattrape la fiction.   Une vidéo postée sur TikTok par une jeune exilée russe à Londres et devenue rapidement virale montre bien ce que, à l’occasion de la guerre en Ukraine, certains Russes reconnaissent dans le miroir orwellien. Les pays inventés par le romancier britannique sont non seulement plongés dans un état de guerre perpétuelle avec leurs voisins, mais ils se caractérisent aussi par l’omniprésence d’une propagande qui déforme la réalité pour mieux la faire correspondre au discours du pouvoir et impose à la population un assentiment qui défie la logique. « La guerre, c’est la paix », dit le Ministère de la Vérité dans le roman : de la même manière, le pouvoir russe cherche à rebaptiser « opération spéciale » une guerre qui ne dit pas son nom et a mis en place un lourd dispositif de mesures judiciaires pour punir ceux qui n’accepteraient pas ces éléments de langage...."                                   ____ Certaines lectures apaisent et aident à résister. Elles présentent parfois comme un danger pour le pouvoir, ce qui explique qu'on puisse les brûler...______________

lundi 20 mai 2019

Autodafé

Il arrive qu'on brûle les livres
                                       Ou qu'on les retire et les interdise parce que jugés dangereux pour le pouvoir.
 La liberté de l'esprit que représente l'écriture, la culture sous toutes ses formes, est toujours à préserver, à maintenir vivante.

   Certains aujourd'hui encore se vantent de ne jamais lire un livre et entretiennent la défaite de la pensée, souvent déjà bien mise à mal.
     Non sans arrière-pensées.
 Un peuple de non lecteurs indépendants est déjà un peuple soumis.
       Certains le savent bien. Voltaire déjà le disait. L'autocensure suit souvent la censure.
     Penser est toujours dangereux, pour le pouvoir qui se veut arbitraire.
       Il existe une politique du livre
              Trump et Bolsonaro et d'autres... en savent quelque chose.
     
           ..... Face à l'intelligence, la brutalité n'est pas un choix, mais un expédient. Ainsi Jair Bolsonaro, président du Brésil, multiplie-t-il les attaques contre la vie intellectuelle. Sa décision, confirmée le 26 avril, de diminuer les budgets alloués aux sciences sociales et aux humanités est l'aboutissement d'une passion pour la destruction qu'il avait, dès sa campagne, dévoilée. Cette attitude rappelle celle de Donald Trump qui, dès la fin de l'année 2017, annonçait la suppression de subventions pour des théâtres, des cours de musique, de danse, d'ateliers de lecture, etc., que l'État finançait afin que des personnes défavorisées y aient accès. Bolsonaro et Trump présentent ces réformes comme « rationnelles ». Elles sont, en fait, le seul remède à leur ignorance. Parce qu'ils ne comprennent rien à la vie de l'esprit, ils en veulent la mort....
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