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dimanche 22 février 2009

Barenboïm: Un symbole concret d'harmonie


Barenboim : un passeur, assurément...

"L'Israélien Daniel Barenboim et le Palestinien Edward Saïd
veulent créer un atelier de jeunes musiciens venus d’Israël et de différents pays du Moyen Orient dans le but d’associer des études et une formation musicale à un partage des connaissances et une compréhension mutuelle entre des peuples de cultures traditionnellement antagonistes.
Dans cet atelier, de jeunes musiciens font progresser leurs connaissances musicales tout en coexistant avec des gens de pays parfois en conflit avec le leur."

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Israël Palestine à l’unisson de Daniel Barenboïm:
Honorable indignité...

Le pianiste et chef d’orchestre a reçu la nationalité palestinienne. Le passeport lui a été remis par des membres des autorités palestiniennes, lors de son dernier concert à Ramallah, en signe de couronnement pour son action en faveur de la paix. Musicien de renommée internationale, Daniel Barenboïm a toujours joué de son influence pour tenter de renouer le fil de la paix entre les deux pays. Ami de l’écrivain palestinien Edward Saïd, les deux hommes ont fondé un institut de musique pour promouvoir les relations entre musiciens palestiniens et israéliens. La formation musicale, le West-Eastern Divan Orchestra constitue l’accord parfait, la réunion musicale et artistique entre deux pays qui se refusent, depuis plusieurs années, à la paix.Avec cette farouche volonté de défendre la musique allemande et de s’opposer à la colonisation de la Cisjordanie, cet Israélien d’origine argentine, s’attire la haine des intégristes juifs. D’ailleurs, les déclarations des ultra-orthodoxes du parti Shass n’ont pas manqué lors de son attribution du passeport palestinien. Leur président, Yaacov Mergui a demandé à ce qu’on lui retire sur-le-champ sa nationalité israélienne, le comparant au député arabe Azmi Bishara accusé d’avoir trahi Israël en divulguant des informations au Hezbollah.Ce dernier a d’ailleurs ajouté : “C’est une honte pour l’Etat d’Israël. Je suis sûr que pour les citoyens israéliens, Barenboïm a perdu le droit moral d’être un Israélien“. Yaacov Mergui fonde ses propos sur cette règle qui consiste à considérer tout Israélien adoptant la nationalité d’un pays “ennemi” comme un traître potentiel, indigne de cette citoyenneté...."

-West-Eastern Divan
-Daniel Barenboim

-Théo Klein : entretien autour du Manifeste d’un Juif libre:
"Le Manifeste d’un Juif libre à l’occasion duquel Théo Klein nous livre cet entretien est un appel au dialogue politique, une demande écrite adressée aux deux camps pour qu’ils se rejoignent à nouveau et se décident enfin à reconnaître l’autre, à vivre en paix, chacun dans ses frontières respectives...."
-Frédéric Laffont : entretien autour d’Israël Palestine:
"Darwich disait : « Ne m’impose pas ton histoire, je ne t’imposerai pas la mienne et l’histoire se moquera de nous deux ». C’est très important ne pas être dans l’idée de la Palestine ou dans l’idée d’Israël, mais d’être proche du sujet palestinien et israélien...."
-Blog de L. Monserrat -Signe politique
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- Confédération judéo-arabe ?

mardi 19 mars 2019

Bibi aux abois

 Les mots sont importants.
                              Cela fait longtemps que, de notoriété publique, Betanyahou traîne de grosses casseroles.
      Mais Madame aussi, comme le fils. Une famille bien soudée.
  Pour l'homme, considéré comme le plus à droite de l'histoire israëlienne dans le parcours du Likoud, ses chances sont minimes pour les futures nouvelles élections anticipées, après dix ans de pouvoir. Mais l'homme et rusé et calculateur.
    Décomplexé, prêt à faire alliance avec le diable, il sait flatter l'aile la plus extrêmiste des fondamentalistes engagés dans le choix de la colonisation à outrance et de l'exclusion d'un quelconque Etat palestinien.  Le grand Israël a de l'avenir.
    L'opposition se divise sur fond d'une opinion résignée et conditionnée par la peur pendant tant d'années.
     Bibi est un problème pour Israël, comme le disent de nombreux citoyens de ce pays gardant leur sens critique.
    Un escroc sans doute, mais surtout une menace pour la démocratie israëlienne, jouant sans cesse sur un vieil amalgame reposant sur la confusion entre la critique de la politique israëlienne à un moment donné et les propos et les actes antisémites de toutes sortes. Mais il n'est pas le premier à instrumentaliser la cause de sa ligne politique. Toute critique de la politique du gouvernement serait une démarche antisémite.
     C'est là que repose l'erreur entretenue par beaucoup, notamment  au Crif, toujours soucieux, depuis le départ de Théo Klein, comme à l'Elysée, d'écarter le gouvernement israëlien de critiques légitimes.
   C'est aussi l'erreur de certains chefs d'Etat, notamment celle de Macron. Ce n'est pas nouveau.
 On connaît toute l'ambiguïté de la notion de sionisme, dont il importe de faire l'histoire et de se demander qui en parle et selon quel sens.
    Etre sioniste n'a pas le même sens aujourd'hui qu' à l'époque du fondateur Herzl et de Jabotinski. Son sens politique et religieux ne se confondent pas. De nombreux Juifs, croyants ou non, israëliens ou pas, peuvent ne pas épouser cette idée parfois volontairement laissée dans le vague; certains même la refusent, au nom des projets qu'elle véhicule.
   Certains annoncent la "fin du rêve sioniste" et le début d'un machiavélisme d'Etat où Tel Aviv cherche des alliances, dans le contexte actuel, avec des Etats se déclarant ouvertement anti-sioniste, comme l'Arabie Saoudite.
   L'antisémitisme dénoncé devient parfois une arme, lourde de sous-entendus, d'intérêts et de confusions.  S'il faut mettre en garde contre l'antisémitisme, il fait être aussi contre l'usage qu'on peut en faire. Un éclairage historique et critique s'impose.
           Les mots sont importants.
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mercredi 25 février 2015

A propos du CRIF

  Mais quelle mouche a piqué Roger Cukierman ?
                                       CRIF: Conseil Représentatif...
                                                 Mais que représente-t-il vraiment?
        Dans sa dernière déclaration, le président de cette organisation  s'est fait remarquer par des propos aussi sommaires que peu nuancés, qui ne pouvaient pas ne pas déclencher, surtout dans le contexte actuel, une vive polémique, même s'il s'est repris plus tard, devant un parterre choisi et mondain.
   Mais le mal était fait, l'amalgame grossier était lancé. Certains tropismes se font jour.
Un rite annuel, assez ridicule: ce rassemblement est typiquement français, faisant partie de ce qu'on a pu appeler une judéomanie singulière.
      La majorité des Juifs de France, croyants ou non, se taisent ou protestent contre ceux qui prennent en leur nom des positions presque toujours alignées sur la politique israëlienne du moment.
     Netanyahou le sait et en profite. Au fur et à mesure que Tel-Aviv glissait vers la droite, voire l'extrême droite, le Crif se radicalisait, en phase avec Israël, comme si c'était sa patrie de rattachement, confondant judaïsme et sionisme. Ce qui n'a pas toujours été le cas, notamment sous la présidence de Théo Klein.
      Une institution qui désert souvent les Juifs français, selon une parole juive et une organisation qui se sont trahie.
        Le Crif, lui, fait sentir pesamment sa présence, même s'il ne représente qu'un minorité de Juifs de France, en se donnant le droit de critiquer ceux qui contestent sa ligne comme S. Hessel, juif à l'esprit libre. ou ceux qui militent dans La Paix maintenant
          "La communauté juive n’est pas un bloc, et seul un petit quart tout au plus des 600 000 à 700 000 Juifs français se sentent liés, à un degré plus ou moins fort, à une institution communautaire. Reste que, aussi bien le terrorisme né de la seconde Intifada, que la montée des actes antisémites ont considérablement renforcé un consensus minimum qui repose sur le soutien total à l’existence d’Israël en tant qu’État" ...
    Il existe grosso modo trois sens du mot « juif » : les gens d’origine juive, les gens de religion juive, et les juifs "identitaires," athées ou non, qui agissent au plan communautaire, dont le plan politique international. La France compte (cet article) de 530 000 à 555 000 personnes attachées au judaïsme, la quatrième religion après le catholicisme, l'islam et le protestantisme...
     Il existe (même)des juifs anti-sionistes organisés en réseau international.
         Ils se reconnaissent dans une Charte du réseau international juif anti-sioniste dont voici l'introduction:
Nous formons un réseau international de Juifs et de Juives qui s'engagent de façon inconditionnelle en faveur de la lutte pour l'émancipation des êtres humains. Nous considérons que la libération du peuple palestinien et de sa terre forme un volet essentiel de cette émancipation. Notre engagement porte sur le démantèlement du régime d'apartheid israélien, le retour des réfugiés palestiniens et la fin de la colonisation israélienne sur la Palestine historique..."
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samedi 29 décembre 2018

Figure israëlienne

Un écrivain s'en est allé.
                                        Et non des moindres.
      Amos Oz, ecrivain, mais aussi un témoin des tragédies de son temps et une voix qui a compté  et qui résonnera encore longtemps, pas seulement dans son pays.
          Même s'il nul n'y est prophète...
   Comme celle de David Grossman, qui déplorait l'"impuissance" des gouvernements israëliens à faire la paix, après les vaines tentatives de Rabin, le conciliateur tardif, assassiné par l'extrémisme aveugle.
   Profondément engagé, il avait suivi un parcours sinueux et incertain, toujours prêt à se remettre en question, avant de devenir un militant de la paix, dont la voix s'exprimait souvent dans Haaretz, faisant prévaloir la voie d'une certaine sagesse dans une société épousant de plus en plus les extrêmes, surtout depuis Sharon et la politique d'annexion qui s'instaure progressivement, en dépit de toutes les conventions internationales. pour l'instauration du Grand Israël, souvent inspiré par un messianisme sans freins.
   Comme d'autres figures; entre autre, Théo Klein, D.Barenboïm, Charles Enderlin...et l'UJP, qui rappelle obstinément que:
« Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.      Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »
     La Paix Maintenant , aux ramifications internationales était devenu pour Amos son lieu d'expression et de militantisme, essayant difficilement de faire barrage aux dérives d'une extrême-droite décomplexée et d'un fondamentalisme sioniste s'exerçant de plus en plus au coeur même des institutions, la Knesset comme Tsahal. En route vers un apartheid renforcé....
         L' annexion est et deviendra de plus en plus un cauchemar pour Israël, rappelle une majorité d'anciens généraux de Tsahal (Commanders for Israel’s Security) 
      Le grignotage est sans fin dans le silence et parfois la réprobation purement verbale, comme avec Obama, avec la complicité affichée, comme avec Trump
         Le problème est qu'Israël est extrêmement divisé, comme le souligne l'historien israëlien Marius Schattner.
 Celui-ci avait naguère analysé les clivages et les divisions qui affectent sourdement mais profondément l'Etat d'Israël.    Il soulignait "le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
    La crise est profonde. __L' évolution de la politique du  pays depuis Sharon et surtout depuis Netanyaou n'a fait que confirmer le durcissement et le glissement vers l'extrême droite d'une partie du monde politique et même de l'opinion... La  fuite en avant  vers la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, malgré l'opposition palestinienne et des voix israëliennes. 
 . Le poète Natan Zach, l’une des figures du laïcisme israélien va jusqu'à déclarer au journal «Maariv»: «Je ne pense pas que ce pays tiendra longtemps. La société s’est fragmentée […]. Notre nation s’est désintégrée en factions partisanes imprégnées de haine et de fanatisme […]. Cela ne pourra pas durer.»
 ___De plus en plus, les orthodoxes ont le vent en poupe,. un monde à part dans le pays, qui pose des problèmes notamment aux femmes, religieuses ou non.
  Comme le reconnaît Mme Livni, de la droite israëlienne elle-même, tout marche à l'envers. La droite nationaliste, d'une aveugle stupidité, domine à la Knesset, qui considère les Palestiniens israëliens comme ennemis de l’intérieur. Israël contre Israël?
    Une politique suicidaire qui compromet l'avenir et sape la légitimité du pays.
      L'espoir de paix s'est progressivement évanoui, d'autant plus que les faucons, le lobby des colons ont de plus en plus d'influence. Ceux qui se risquent encore à parler de négociations sont marginalisés
Un Likoud qui se déchire comme jamais. Une société dans l'impasse, paralysée par la peur
Une peur entretenue et instrumentalisée. 
 ____Comme dit  ALEXANDRA SCHWARTZBROD «Tant que ce problème (palestinien) ne sera pas réglé, il n’y aura pas de paix ici»... «Effacer l’existence même des Palestiniens, c’est le processus en cours dans ce pays. Nous allons nous effondrer si nous continuons ainsi."
    Une terre qui dévore ses enfants?
      De sombres perspectives d'avenir, selon Gidéon Lévy, si rien ne change très vite.
          La paix maintenant?...ou trop tard? 
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- Le pouvoir « maléfique » des hommes en noir
- Les sombres prophéties d’Amos Oz
"En Israël, il y a quelque chose d'une tragédie grecque"
L'inquiétant M. Bennett
-Pas de solution militaire au conflit
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mardi 24 octobre 2023

Là où il semble ne plus y avoir d'espoir...

Nous devons l'inventer.


 __ Il n'y a pas que le CRIF, à la remorque de l'hypersionisme israëlien actuel

                   La faute originelle: "Ne nous cachons pas la vérité…. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent. Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. Derrière le terrorisme (des Arabes) il y a un mouvement qui bien que primitif n'est pas dénué d'idéalisme et d'auto-sacrifice." __ "Si j'étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l'a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n'est pas le leur. Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était ce leur faute ? Ils ne voient qu'une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient t-ils accepter cela ?"
David Ben-Gourion
Cité page 91 du "Triangle Fatidique" de Chomsky
le livre de Simha Flapan "Le Sionisme et les Palestiniens"

lundi 20 janvier 2014

Israël, judéité, antisémitisme. (1)

Malentendus et mauvaise foi.                   (Notes et questions)
                                                    L'affaire Dieudonné remet au premier plan des polémiques que l'on croyait dépassées, quel que soit le positionnement que l'on adopte face à l'humoriste aux multiples dérapages et le traitement dont il a fait l'objet.
     Les critiques adressées à certaines de ses prestations pour le moins équivoques paraissent fondées, mais elles ne sont pas toujours bien ciblées, révélant quelques confusions courantes, que certains groupes et lobbies s'efforcent d'exploiter.
    Ne sont pas toujours bien distinguées les critiques portant sur l'antisémitisme et celles portant sur le fonctionnement de l'Etat d'Israël, ses pratiques politiques à un moment donné, sa politique intérieure et ses ambitions territoriales.
  Tous les Juifs ne se reconnaissent pas dans les institutions et les projets sionistes et israëliens, même au sein de l'Etat hébreu.
     Tous les Israëliens ne sont pas croyants ni sionistes et la société israëlienne est profondément divisée. Tous les Juifs non israëliens ne partagent pas les vues sionistes, radicales ou modérées, et parfois les critiquent avec force, que ce soit en France ou aux USA. (1)
        Mis à part les USA qui possèdent un puissant groupe de pression pro-israëlien, il existe en France, plus que dans d'autres pays,  une tendance constante à confondre critique politique antiisraëlienne et antisémitisme et à accorder au CRIF, se disant seul représentant des Juifs de France, nettement aligné aujourd'hui sur les intérêts israëliens, qu'un auteur pourtant sioniste a pu qualifier de judéomanie, un statut privilégié. Mais le Crif n'a pas toujours eu la position qu'il a aujourd'hui, notamment sous la présidence de Théo Klein.
       Critiquer Israël n'est pas un acte antisémite croit bon de rappeler un professeur qui se revendique en partie juif, marié à une juive.
    Tout se passe souvent comme  si l'horreur indicible de la  Shoah était instrumentalisée à des fins politiques, pour justifier Israël en tant qu' Etat ou pour innocenter certaines de ses pratiques.
Des Juifs critiques américains, comme Norman Finkelstein, évoque l'Industrie de l'Holocauste
     Tout critique d'Israël, comme celle de Stéphane Hessel, a été par certains assimilée à une forme d'antisémitisme.
     Jacob Cohen fait le procès de toute manipulation de ce genre de la part notamment du lobby judéo-sioniste et met en évidence l'impasse d'un Etat ethnocratique, dont l'isolement apparaît plus que jamais évident.
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__-"Il ne s’agit pas d’être "contre Israël" mais contre, en l’occurrence, les exactions perpétrées vis-à-vis d’une population civile, et de façon plus générale l’oppression subie depuis soixante ans par le peuple palestinien. Et aussi contre la violation par l’Etat d’Israël des résolutions de l’ONU, l’édification illégale du mur de séparation d’avec les territoires palestiniens, la construction de nouvelles colonies, illégales elles aussi." (O.B.)
__"Que penser de la sortie du grand rabbin de France, Gilles Bernheim, déclarant durant la manifestation organisée par le CRIF que "la seule préoccupation de l’armée israélienne est de préserver, avec amour et courage, l’idée d’humanité pour tous les hommes", en pleine offensive sur Gaza (propos recueillis par Libération) ?" (O.B.)
______________La taxation d'antisémitisme n'est-il pas parfois une arme idéologique commode et parfaitement intéressée dans certains cas, comme le reconnaissent certains Juifs de France , qui n'adhèrent pas aux thèses du Crif ?

______L’antisémitisme sous toutes ses formes est condamnable sans restriction.Mais l’accusation d’antisémitisme peut être un alibi , le produit d’arrière-pensées manipulatrices, d’une volonté de culpabilisation, de victimisation, d’un refus de toute critique de la politique israëlienne, d’un sionisme intégriste, dont beaucoup de Juifs de par le monde condamnent les pratiques...-"La thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique" (Esther Benbassa)
" Les juifs ont-ils un avenir ? Les juifs ont survécu au pire. Ils se sauveront eux-mêmes, à leur manière, et ils changeront. Mais la qualité de leur avenir dépendra largement de la capacité qu’ils auront à ne plus céder à la fascination de la souffrance, à ne plus voir dans l’hostilité des autres, réelle ou supposée, le principal ciment de leur identité. Au judaïsme s’impose le devoir de relever le défi de la vie." (J.C.Attias

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-Non-violence en Israël

jeudi 24 mai 2018

Préjugés, confusions et amalgames

Ici et ailleurs.
             L'exclusion de l'autre, sous toutes ses formes, est une valeur bien partagée. Hélas!
                Depuis des temps indéterminés.A certaines époques plus qu'à d'autres.
                    De l'ethnocentrisme diffus au racisme institutionnel, il y a bien des degrés dans le rejet psychologique, culturel, parfois physique de l'autre.
       L'antisémitisme, en particulier, ne date pas hélas! d'aujourd'hui.

        Le dénoncer sous toutes ses formes est un devoir autant moral que civique  L'affaire est entendue. Comme toutes les autres formes de racisme, qui ne se limite pas à cet aspect.
    Ses formes le plus virulentes se développent le plus souvent sur un terreau favorable, quand la peur sociale domine, souvent amplifiée par des crises diverses, exploitée parfois politiquement pour détourner des colères, des frustrations. La théorie du bouc émissaires est maintenant mieux identifiée.
     Mais se pose la question du comment. Comment protester au mieux, collectivement, sous forme de pétitions, par exemple. Sans tomber dans les approximations, les confusions, les amalgames, la polémique discutable.
         L'Appel récents des 300, à cet égard, s'est attiré nombre de critiques, certains ayant dû signer sans avoir lu le texte ou l'ayant seulement survolé.
     Il est des démarches qui peuvent être contre-performantes et, en mélangeant le vrai au faux, se retourner contre leurs auteurs en ne jouant pas dans le sens désiré.
    Surtout quand le sujet est sensible et déclenche trop d'erreurs historiques, d'a priori, de parti-pris, de polémiques masquées.
          Des amalgames aussi, basées sur trop d'approximations et de généralisations.
   Malgré les tensions récentes très médiatisées, parfois imprudemment, il semble que, s'il y a autant de préjugés (ce qui est difficilement mesurable), les actes de racisme en France ont plutôt tendance à diminuer et à être catalogués comme tel trop rapidement, comme dans le cas très litigieux de Mme Knoll.
   Il faut rester prudent et méfiant vis à vis des chiffres qu'on fait parler trop vite, sans tenir compte du contexte.
    Sans contester les véritables dérives, qui ne sont pas que salafistes, il faut tenir compte de l'arrière-plan politique auquel certains font référence sans le dire clairement.  Il y a une prise de parti et une confusion manifeste entre une cause noble et la défense d'une politique qui l'est moins. Des officines de Netanyahou au Crif, l'amalgame est largement diffusé; la critique de la politique sioniste actuelle serait une forme moderne de l'antisémitisme. 
    Il faut rappeler que  l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé. Beaucoup de Juifs eux-mêmes, religieux ou non, savent faire la distinction, en Israël ou ailleurs, entre l'Etat actuel sans frontières définies  et colonisateur et la politique menée depuis dix ans surtout pas l'équipe actuellement au pouvoirComme disait de manière raccourcie Esther BenbassaLa thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique. 
  L'histoire est souvent oubliée. Un certains nombre de Juifs européens, comme Buber ou Einstein, furent opposés déjà au mouvement sioniste naissant, dans toute sa rigueur initiale.
 Qu'il soit déjà ancien, de 610 à 1492, plus récent, de1300-1800 notamment, ou cruellement moderne, l'antisémitisme est une constante épisodique en l'Europe, sur fond historique de doctrine chrétienne ostracisante. Les problèmes de la Palestine et du “rêve brisé”   comme dit Charles Enderlin sont encore vifs.
     La grande confusion risque encore de durer, alimentée par un conflit qui s'éternise, de même que des amalgames et les non-dits.
                 ... Amalgame entre, d’une part, des violences et des actes meurtriers perpétrés contre des citoyens juifs français par des terroristes déclarés et, d’autre part, des assassinats de type crapuleux, comme celui de madame Knoll, dont la preuve qu’il relèverait de l’antisémitisme ne repose que sur la connaissance, par l’auteur du crime, de la religion de sa victime.
   Amalgame entre une idéologie politico religieuse, le salafisme, et une religion essentialisée comme seule porteuse de violences, l’islam. Quant à la nécessité de réviser les textes sacrés, ni la Bible ni les Evangiles n’ont été critiqués ou remis en cause par Vatican II qui a fait supprimer de la liturgie, certains passages accusant les juifs de déicide, sauf dans les églises intégristes qui ne reconnaissent pas l’intervention pontificale. Les textes sacrés restent sacrés. Seules leur lecture et interprétation ont été revisitées (cf. Rachid Benzine, « L’urgence n’est pas d’expurger le Coran mais d’en faire une lecture critique », La Croix, 23/04/2018). S’appuyer sur les prêches et interprétations du Coran des imams salafistes pour demander que « des versets du Coran soient frappés d’obsolescence », c’est attribuer à l’ensemble des croyants multiformes musulmans une attitude haineuse envers les juifs.       C’est aussi leur attribuer une identité ethno-religieuse, à l’instar de l’image façonnée, au cours des siècles, des juifs comme « race à part ».
    Amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui assimile la contestation de la politique coloniale et raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens (sans oublier les discriminations à l’égard des Falachas juifs d’Ethiopie et de la récente émigration africaine, commises notamment par les courants ultra-orthodoxes) à la dite « volonté de destruction des juifs » par des mouvements extrémistes au Proche-Orient. En oubliant que l’Etat israélien s’autoproclame « Etat juif » et s’arroge le droit de parler au nom des juifs du monde entier. Amalgame dont plusieurs personnalités « hors de tout soupçon »  ont fait les frais (Maspero, Charles Enderlin et tant d’autres) lorsque l’on a cherché à les faire condamner par la justice comme antisémites ou en les empêchant de continuer à exercer leur métier. De même pour tous ceux et celles, juifs et juives, qui ont subi diffamations ou calomnies publiques comme par exemple l’ex-ambassadeur et ancien déporté Stéphane Hessel, auteur du manifeste «  Indignez-vous », Edgar Morin ou l’ancien président du CRIF, Théo Klein dés qu’ils refusèrent de cautionner inconditionnellement la politique l’Etat d’Israël. Et dernièrement, l’actrice Natalie Portman, traînée dans la boue parce qu’elle avait refusé de participer aux cérémonies du prix Genésis ne voulant soutenir ni la politique de Netanyahou ni « la violence, la corruption, les inégalités et l’abus de pouvoir ».
    Il ne faut pas pour autant négliger, dans les prisons comme dans les quartiers que la République française nomme de « non droits », la progression d’idéologies salafiste et wahhabite, qui reprennent la « théorie du complot juif », revisitée par l’extrême-droite et relayée par les réseaux sociaux. Il faut rappeler que cette même république a été sourde aux appels de travailleurs sociaux – laïques et musulmans (mais pourquoi définirait-on certains citoyens par leur appartenance religieuse ?) pour lutter contre les prêches de ces imams. Cette même république a été sourde également aux études des anthropologues et des sociologues sur la montée des mouvements religieux servant de rempart ou de colmatage socio-éducatif au retrait des services publics et des pouvoirs régaliens dans certaines périphéries paupérisées. Les attaques contre la pensée critique, appelée par le manifeste pensée de la « gauche radicale »  réduisent les analyses des phénomènes de paupérisation et de ségrégation sociale – conjugués à la montée du consumérisme et au ressentiment de ne pas être du bon côté de la fracture – à une position idéologique. Les détracteurs de la pensée critique, eux, pensent si bien qu’ils parlent d’épuration ethnique pour désigner la fuite des quartiers paupérisés vers des quartiers plus « sécurisés » et gentrifiés de certaines fractions de la population juive. Quand, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, des fractions aisées de la population noire ont quitté les townships pour des quartiers blancs, et que les Blancs ont déserté ces mêmes quartiers a-t-on parlé d’une « épuration ethnique..?
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Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang-froid
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jeudi 5 décembre 2019

Confusions et zizanies

Antisémitisme et antisionisme: le piège
                                    Faut-il encore le répéter: l'antisémitisme est à condamner sans ambiguïté. Sous toutes formes, anciennes ou contemporaines. Chez nous et ailleurs.
    C'est récurrent en France. Mais pas seulement. Certains s'obstinent à amalgamer antisémitisme et antisionisme, du moins antisémitisme et une certaine critique d'un sionisme, mis en cause par un certain nombre de Juifs eux-mêmes, qui refusent les formes prises par la politique israëlienne;  alignée plus ou moins explicitement sur les principes déjà anciens du sionisme de Herzl et de Jabotinsky.
     Le gouvernement actuel d'extrême droite de Tel Aviv ne perd pas une occasion de pratiquer l'amalgame; toute critique de la ligne Netanyaou, après Sharon surtout, dans ses rapports avec la colonisation continue de la Cisjordanie, doit selon lui être considérée comme antisémite.  Si Israël doit être reconnu de droit, dans les limites définies pas l'ONU, la volonté d'extension non dite mais effective et continue, à la faveur des conflits armés ou pas, mérite d'être contesté.
   La résolution LERM récente divise jusque dans les rangs de juifs, croyants ou pas
          "...Chez LREM, moins de la moitié du groupe a pris part au vote : 84 députés ont voté pour, 26 contre, 22 se sont abstenus. Les Républicains (LR) ont apporté 46 voix.  C’est peu de dire que la résolution de Sylvain Maillard fracture la majorité. Soutenu à bout de bras par Gilles Le Gendre, président du groupe au Palais-Bourbon, et Stanislas Guerini, délégué général du mouvement, le texte voté par les députés indique que « critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble ». En clair : la définition de l’antisémitisme est élargie à l’antisionisme......Le même jour, c’est une autre tribune, cette fois-ci signée par 127 intellectuels juifs, et toujours publiée dans Le Monde, que plusieurs élus de la majorité s’étaient transmise. « Nous prions l’Assemblée nationale de ne pas soutenir une résolution qui assimile à tort l’antisionisme à l’antisémitisme, affirment les signataires, avec force arguments. Ne soutenez pas une résolution qui approuve la définition politisée de l’antisémitisme par l’IHRA, d’autant plus si elle le fait sans se distancier des exemples problématiques de la définition qui concernent Israël
    Autrement dit il serait interdit de critiquer Israël, sa politique extensive et coloniale du moment, maites fois condamnée.. C'est le suggère Esther Benbassajuive laïque parlementaire. Comment sortir de ce piège?  
   L'exclusion de l'autre, sous toutes ses formes, est une valeur bien partagée. Hélas!  ______      
             Depuis des temps indéterminés.A certaines époques plus qu'à d'autres. De l'ethnocentrisme diffus au racisme institutionnel, il y a bien des degrés dans le rejet psychologique, culturel, parfois physique de l'autre.  L'antisémitisme, en particulier, ne date pas hélas! d'aujourd'hui.
   Le dénoncer sous toutes ses formes est un devoir autant moral que civique  L'affaire est entendue. Comme toutes les autres formes de racisme, qui ne se limite pas à cet aspect.
   Ses formes le plus virulentes se développent le plus souvent sur un terreau favorable, quand la peur sociale domine, souvent amplifiée par des crises diverses, exploitée parfois politiquement pour détourner des colères, des frustrations. La théorie du bouc émissaires est maintenant mieux identifiée. 
  Mais se pose la question du comment. Comment protester au mieux, collectivement, sous forme de pétitions, par exemple. Sans tomber dans les approximations, les confusions, les amalgames, la polémique discutable.
    L'Appel récents des 300, à cet égard, s'est attiré nombre de critiques, certains ayant dû signer sans avoir lu le texte ou l'ayant seulement survolé.
   Il est des démarches qui peuvent être contre-performantes et, en mélangeant le vrai au faux, se retourner contre leurs auteurs en ne jouant pas dans le sens désiré.
      Surtout quand le sujet est sensible et déclenche trop d'erreurs historiques, d'a priori, de parti-pris, de polémiques masquées.
   Des amalgames aussi, basées sur trop d'approximations et de généralisations.
   Malgré les tensions récentes très médiatisées, parfois imprudemment, il semble que, s'il y a autant de préjugés (ce qui est difficilement mesurable), les actes de racisme en France ont plutôt tendance à diminuer et à être catalogués comme tel trop rapidement, comme dans le cas très litigieux de Mme Knoll.
  Il faut rester prudent et méfiant vis à vis des chiffres qu'on fait parler trop vite, sans tenir compte du contexte.
    Sans contester les véritables dérives, qui ne sont pas que salafistes, il faut tenir compte de l'arrière-plan politique auquel certains font référence sans le dire clairement.  Il y a une prise de parti et une confusion manifeste entre une cause noble et la défense d'une politique qui l'est moins. Des officines de Netanyahou au Crif, l'amalgame est largement diffusé; la critique de la politique sioniste actuelle serait une forme moderne de l'antisémitisme. 
    Il faut rappeler que  l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé. Beaucoup de Juifs eux-mêmes, religieux ou non, savent faire la distinction, en Israël ou ailleurs, entre l'Etat actuel sans frontières définies  et colonisateur et la politique menée depuis dix ans surtout pas l'équipe actuellement au pouvoirComme disait de manière raccourcie Esther BenbassaLa thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique. 
   L'histoire est souvent oubliée. Un certains nombre de Juifs européens, comme Buber ou Einstein, furent opposés déjà au mouvement sioniste naissant, dans toute sa rigueur initiale.
   Qu'il soit déjà ancien, de 610 à 1492, plus récent, de1300-1800 notamment, ou cruellement moderne, l'antisémitisme est une constante épisodique en l'Europe, sur fond historique de doctrine chrétienne ostracisante. Les problèmes de la Palestine et du “rêve brisé”   comme dit Charles Enderlin sont encore vifs.
     La grande confusion risque encore de durer, alimentée par un conflit qui s'éternise, de même que des amalgames et les non-dits.
        ...Amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui assimile la contestation de la politique coloniale et raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens (sans oublier les discriminations à l’égard des Falachas juifs d’Ethiopie et de la récente émigration africaine, commises notamment par les courants ultra-orthodoxes) à la dite « volonté de destruction des juifs » par des mouvements extrémistes au Proche-Orient. En oubliant que l’Etat israélien s’autoproclame « Etat juif » et s’arroge le droit de parler au nom des juifs du monde entier. Amalgame dont plusieurs personnalités « hors de tout soupçon »  ont fait les frais (Maspero, Charles Enderlin et tant d’autres) lorsque l’on a cherché à les faire condamner par la justice comme antisémites ou en les empêchant de continuer à exercer leur métier. De même pour tous ceux et celles, juifs et juives, qui ont subi diffamations ou calomnies publiques comme par exemple l’ex-ambassadeur et ancien déporté Stéphane Hessel, auteur du manifeste «  Indignez-vous », Edgar Morin ou l’ancien président du CRIF, Théo Klein dés qu’ils refusèrent de cautionner inconditionnellement la politique l’Etat d’Israël. Et dernièrement, l’actrice Natalie Portman, traînée dans la boue parce qu’elle avait refusé de participer aux cérémonies du prix Genésis ne voulant soutenir ni la politique de Netanyahou ni « la violence, la corruption, les inégalités et l’abus de pouvoir ».
     Il ne faut pas pour autant négliger, dans les prisons comme dans les quartiers que la République française nomme de « non droits », la progression d’idéologies salafiste et wahhabite, qui reprennent la « théorie du complot juif », revisitée par l’extrême-droite et relayée par les réseaux sociaux. Il faut rappeler que cette même république a été sourde aux appels de travailleurs sociaux – laïques et musulmans (mais pourquoi définirait-on certains citoyens par leur appartenance religieuse ?) pour lutter contre les prêches de ces imams. Cette même république a été sourde également aux études des anthropologues et des sociologues sur la montée des mouvements religieux servant de rempart ou de colmatage socio-éducatif au retrait des services publics et des pouvoirs régaliens dans certaines périphéries paupérisées. Les attaques contre la pensée critique, appelée par le manifeste pensée de la « gauche radicale »  réduisent les analyses des phénomènes de paupérisation et de ségrégation sociale – conjugués à la montée du consumérisme et au ressentiment de ne pas être du bon côté de la fracture – à une position idéologique. Les détracteurs de la pensée critique, eux, pensent si bien qu’ils parlent d’épuration ethnique pour désigner la fuite des quartiers paupérisés vers des quartiers plus « sécurisés » et gentrifiés de certaines fractions de la population juive. Quand, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, des fractions aisées de la population noire ont quitté les townships pour des quartiers blancs, et que les Blancs ont déserté ces mêmes quartiers a-t-on parlé d’une « épuration ethnique..?____
      Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang-froid.
                                                                __________________

lundi 6 novembre 2023

Le fléau

                                                     Il renaît de ses cendres, plus  offensif que jamais, sous des formes diverses, pas toujours détectables pour un esprit non averti..  L'antisémitisme vient de loin, lui qu'on voit hélas! refleurir dans la rue, dans la presse, sur les ondes. Comme un virus qui resurgit périodiquement, notamment à l'occasion de crises confessionnelles ou/et politiques. Un phénomène récurrent dont on peut faire la triste histoire depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours et dont on peut analyser les ressorts et les causes, malgré son aspect largement irrationnel. C'est en lisant très jeune Alfred Memmi que j'ai découvert l'ampleur de ce problème, de cette hydre qui revient en ces temps bouleversés, lui qui sévissait sous une forme des plus barbares en 1943: "....« L’antisémitisme bat son plein parmi les Français. Si c’est cet état d’esprit qui s’impose en France après la guerre, nous sommes foutus. À moins qu’une réaction ne vienne de la France même » (Journal, 13 juin) ..."                                         Une forme de racisme, qui revient périodiquement et qui peut servir bien des intérêts, souvent inavoués, Il n'est pas toujours proclamé, érigé même comme doctrine d'Etat. Dans le cadre de la théorie du bouc émissaire, très bien décrit par A. Girard. L'antisémitisme n'est pas constant, mais on en trouve déjà des prémisses dans l'Antiquité. Un phénomène multicausal, qui trouvera son apogée dans le programme génocidaire du Reich. On peut en suivre les aspects et les vicissitudes à travers des documents maintenant abondants.                                                     Aujourd'hui, dans les circonstances tragiques que nous traversons,, les formes d'expression raciste plus ou moins informelles tendent à exploser, parfois dangereusement<;. Sans oublier le racisme anti-arabe dans certaines sphères françaises et dans l'aile d'extrême-droite du Likoud. Elles viennent des deux côtés. Les extrêmes s'attisent. la politique d'extrême-droite actuelle de Netanyahou encourage les extrêmes. et entretient la terrible confusion entre antisémitisme et critique politique (légitime) de son régime. Un véritable piège. Qui marche malheureusement trop souvent. Le conflit actuel brouille la mémoire de l'holocauste... E.Traverso "..Tout en dénonçant la terreur du 7 octobre, il appelle à ne pas tomber dans le piège tendu par le Hamas et par l’extrême droite israélienne, qui conduirait à la destruction de Gaza et à une nouvelle Nakba. « On peut manifester pour la Palestine sans déployer le drapeau du Hamas ; on peut dénoncer la terreur du 7 octobre sans cautionner une guerre génocidaire menée sous prétexte du “droit légitime d’Israël de se défendre” »...

   Faut-il encore le répéter?  l'antisémitisme est à condamner sans ambiguïté. Sous toutes ses formes, anciennes ou contemporaines. Chez nous et ailleurs.

    C'est récurrent en France. Mais pas seulement. Certains s'obstinent à amalgamer antisémitisme et antisionisme, du moins antisémitisme et une certaine critique d'un sionisme, mis en cause par un certain nombre de Juifs eux-mêmes, qui refusent les formes prises par la politique israëlienne;  alignée plus ou moins explicitement sur les principes déjà anciens du sionisme de Herzl et de Jabotinsky.
     Le gouvernement actuel d'extrême droite de Tel Aviv ne perd pas une occasion de pratiquer l'amalgame; toute critique de la ligne Netanyaou, après Sharon surtout, dans ses rapports avec la colonisation continue de la Cisjordanie, doit selon lui être considérée comme antisémite.  Si Israël doit être reconnu de droit, dans les limites définies pas l'ONU, la volonté d'extension non dite mais effective et continue, à la faveur des conflits armés ou pas, mérite d'être contestée.
   La résolution LERM récente divise jusque dans les rangs de juifs, croyants ou pas

          "...Chez LREM, moins de la moitié du groupe a pris part au vote : 84 députés ont voté pour, 26 contre, 22 se sont abstenus. Les Républicains (LR) ont apporté 46 voix.  C’est peu de dire que la résolution de Sylvain Maillard fracture la majorité. Soutenu à bout de bras par Gilles Le Gendre, président du groupe au Palais-Bourbon, et Stanislas Guerini, délégué général du mouvement, le texte voté par les députés indique que « critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble ». En clair : la définition de l’antisémitisme est élargie à l’antisionisme......Le même jour, c’est une autre tribune, cette fois-ci signée par 127 intellectuels juifs, et toujours publiée dans Le Monde, que plusieurs élus de la majorité s’étaient transmise. « Nous prions l’Assemblée nationale de ne pas soutenir une résolution qui assimile à tort l’antisionisme à l’antisémitisme, affirment les signataires, avec force arguments. Ne soutenez pas une résolution qui approuve la définition politisée de l’antisémitisme par l’IHRA, d’autant plus si elle le fait sans se distancier des exemples problématiques de la définition qui concernent Israël
    Autrement dit il serait interdit de critiquer Israël, sa politique extensive et coloniale du moment, maites fois condamnée.. C'est le suggère Esther Benbassajuive laïque parlementaire. Comment sortir de ce piège?  
   L'exclusion de l'autre, sous toutes ses formes, est une valeur bien partagée. Hélas!  ______      
             Depuis des temps indéterminés. A certaines époques plus qu'à d'autres. De l'ethnocentrisme diffus au racisme institutionnel, il y a bien des degrés dans le rejet psychologique, culturel, parfois physique de l'autre.  L'antisémitisme, en particulier, ne date pas hélas! d'aujourd'hui.
   Le dénoncer sous toutes ses formes est un devoir autant moral que civique  L'affaire est entendue. Comme toutes les autres formes de racisme, qui ne se limite pas à cet aspect.
   Ses formes le plus virulentes se développent le plus souvent sur un terreau favorable, quand la peur sociale domine, souvent amplifiée par des crises diverses, exploitée parfois politiquement pour détourner des colères, des frustrations. La théorie du bouc émissaires est maintenant mieux identifiée. 
  Mais se pose la question du comment. Comment protester au mieux, collectivement, sous forme de pétitions, par exemple. Sans tomber dans les approximations, les confusions, les amalgames, la polémique discutable.
    L'Appel récents des 300, à cet égard, s'est attiré nombre de critiques, certains ayant dû signer sans avoir lu le texte ou l'ayant seulement survolé.
   Il est des démarches qui peuvent être contre-performantes et, en mélangeant le vrai au faux, se retourner contre leurs auteurs en ne jouant pas dans le sens désiré.
      Surtout quand le sujet est sensible et déclenche trop d'erreurs historiques, d'a priori, de parti-pris, de polémiques masquées.
   Des amalgames aussi, basées sur trop d'approximations et de généralisations.
   Malgré les tensions récentes très médiatisées, parfois imprudemment, il semble que, s'il y a autant de préjugés (ce qui est difficilement mesurable), les actes de racisme en France ont plutôt tendance à diminuer et à être catalogués comme tel trop rapidement, comme dans le cas très litigieux de Mme Knoll.
  Il faut rester prudent et méfiant vis à vis des chiffres qu'on fait parler trop vite, sans tenir compte du contexte.
    Sans contester les véritables dérives, qui ne sont pas que salafistes, il faut tenir compte de l'arrière-plan politique auquel certains font référence sans le dire clairement.  Il y a une prise de parti et une confusion manifeste entre une cause noble et la défense d'une politique qui l'est moins. Des officines de Netanyahou au Crif, l'amalgame est largement diffusé; la critique de la politique sioniste actuelle serait une forme moderne de l'antisémitisme. 
    Il faut rappeler que  l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé. Beaucoup de Juifs eux-mêmes, religieux ou non, savent faire la distinction, en Israël ou ailleurs, entre l'Etat actuel sans frontières définies  et colonisateur et la politique menée depuis dix ans surtout pas l'équipe actuellement au pouvoirComme disait de manière raccourcie Esther BenbassaLa thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique. 
   L'histoire est souvent oubliée. Un certains nombre de Juifs européens, comme Buber ou Einstein, furent opposés déjà au mouvement sioniste naissant, dans toute sa rigueur initiale.
   Qu'il soit déjà ancien, de 610 à 1492, plus récent, de1300-1800 notamment, ou cruellement moderne, l'antisémitisme est une constante épisodique en l'Europe, sur fond historique de doctrine chrétienne ostracisante. Les problèmes de la Palestine et du “rêve brisé”   comme dit Charles Enderlin sont encore vifs.
     La grande confusion risque encore de durer, alimentée par un conflit qui s'éternise, de même que des amalgames et les non-dits.
        ...Amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui assimile la contestation de la politique coloniale et raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens (sans oublier les discriminations à l’égard des Falachas juifs d’Ethiopie et de la récente émigration africaine, commises notamment par les courants ultra-orthodoxes) à la dite « volonté de destruction des juifs » par des mouvements extrémistes au Proche-Orient. En oubliant que l’Etat israélien s’autoproclame « Etat juif » et s’arroge le droit de parler au nom des juifs du monde entier. Amalgame dont plusieurs personnalités « hors de tout soupçon »  ont fait les frais (Maspero, Charles Enderlin et tant d’autres) lorsque l’on a cherché à les faire condamner par la justice comme antisémites ou en les empêchant de continuer à exercer leur métier. De même pour tous ceux et celles, juifs et juives, qui ont subi diffamations ou calomnies publiques comme par exemple l’ex-ambassadeur et ancien déporté Stéphane Hessel, auteur du manifeste «  Indignez-vous », Edgar Morin ou l’ancien président du CRIF, Théo Klein dés qu’ils refusèrent de cautionner inconditionnellement la politique l’Etat d’Israël. Et dernièrement, l’actrice Natalie Portman, traînée dans la boue parce qu’elle avait refusé de participer aux cérémonies du prix Genésis ne voulant soutenir ni la politique de Netanyahou ni « la violence, la corruption, les inégalités et l’abus de pouvoir ».
     Il ne faut pas pour autant négliger, dans les prisons comme dans les quartiers que la République française nomme de « non droits », la progression d’idéologies salafiste et wahhabite, qui reprennent la « théorie du complot juif », revisitée par l’extrême-droite et relayée par les réseaux sociaux. Il faut rappeler que cette même république a été sourde aux appels de travailleurs sociaux – laïques et musulmans (mais pourquoi définirait-on certains citoyens par leur appartenance religieuse ?) pour lutter contre les prêches de ces imams. Cette même république a été sourde également aux études des anthropologues et des sociologues sur la montée des mouvements religieux servant de rempart ou de colmatage socio-éducatif au retrait des services publics et des pouvoirs régaliens dans certaines périphéries paupérisées. Les attaques contre la pensée critique, appelée par le manifeste pensée de la « gauche radicale »  réduisent les analyses des phénomènes de paupérisation et de ségrégation sociale – conjugués à la montée du consumérisme et au ressentiment de ne pas être du bon côté de la fracture – à une position idéologique. Les détracteurs de la pensée critique, eux, pensent si bien qu’ils parlent d’épuration ethnique pour désigner la fuite des quartiers paupérisés vers des quartiers plus « sécurisés » et gentrifiés de certaines fractions de la population juive. Quand, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, des fractions aisées de la population noire ont quitté les townships pour des quartiers blancs, et que les Blancs ont déserté ces mêmes quartiers a-t-on parlé d’une « épuration ethnique..?____
      Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang-froid______________________