CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
mardi 16 mai 2017
Xi Jinping s' engage
La Chine voit loin. Trop loin?
Si tu veux t'enrichir, construis une route.
L'exportation est toujours aussi vitale pour le grand atelier du monde et l'Empire a besoin de nouvelles voies d'exportation, plus diversifiées, dans un monde instable.
Xi Jinping, en grand prêtre du libre échange, l'avait déjà annoncé en personne à Davos.
En renouant d'une certaine manière avec un ancien passé.
Les nouvelles "routes de la soie" deviennent son nouvel objectif. Un projet grandiose et onéreux. Mais il s'agit d'avenir:
"C’est l’un des grands événements diplomatiques de l’agenda de Xi Jinping : pendant deux jours, la Chine accueille à Pékin le Forum international des routes de la soie. Une trentaine de chefs d'État et de gouvernement sont présents dans la capitale chinoise depuis dimanche, pour le lancement officiel du programme OBOR ("one belt, one road") : "one belt", pour la ceinture terrestre qui relie la Chine à l'Europe via l'Asie centrale et la Russie (Vladimir Poutine est d’ailleurs présent au forum). "One road", comme la route maritime qui rejoindra l’Afrique et l'Europe par la Mer de Chine et l'Océan indien.
Le président chinois veut faire renaitre les grandes routes commerciales d’antan, une priorité économique pour la Chine dont la croissance ralentit."L'initiative de la route de la soie est ouverte à tous", explique Xi Jinping. "Elle permettra une croissance économique et un développement équitable. Ce que nous espérons, c'est créer un nouveau modèle de coopération gagnant-gagnant. Notre espoir est de créer une grande famille pour une coexistence harmonieuse."
Les chefs de gouvernement grec, italien, espagnol et hongrois sont aussi présents à ce Forum, et c’est l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui représente la France à ce Forum international. Mais il manque beaucoup de dirigeants occidentaux. Avec les nouvelles routes de la soie, la Chine veut surtout gagner en influence dans le monde, explique Tom Miller, auteur de "Le rêve asiatique de la chine"."
Mais les projet, porté par Xi Jinping, subit quelques réticences de la part de pays exigeant plus de réciprocité dans les échanges.
Les écueils et les périls ne manquent pas dans ce qui apparaît un pari autant risqué que démesuré:
"Le projet est titanesque. Il englobe 68 pays représentant 4,4 milliards d’habitants et 40 % du PIB mondial, remarque CNN. Parmi les projets géants de cette nouvelle Route de la soie une ligne ferroviaire reliant Londres à l’est de la Chine et une route maritime connectant l’Asie du Sud-Est à l’Afrique du Nord. Mais le projet d’ensemble reste très flou et ses bénéfices pour les pays qu’il englobe des plus incertains. Les bénéfices sont plutôt pour Pékin. Economiques d’abord. Avec le pays en surcapacité, étendre la demande pour ses produits à l’étranger peut être un moyen de résoudre et donner des débouchés à ses surcapacités industrielles. Mais aussi à répondre à tout ralentissement économique en Europe ou aux Etats-Unis. Cependant il y a aussi des risques économiques. Le projet OBOR concerne des pays souvent instables politiquement et économiquement et corrompus – Asie centrale, Afrique, Asie du Sud-Est. Que se passera-t-il si un projet financé par le gouvernement chinois tombe... ? "
Pourtant, la Chine est bien décidée à mettre le paquet. C'est la mondialisation ou la mort. Le géant connaît ses limites. La course en avant engagée par Pékin semble exiger cette nouvelle étape. Mais pour combien de temps?
En toile de fond, les vastes ressources énergétiques de l’Asie centrale, notamment le pétrole et le gaz, sont également visées. ainsi que le contrôle frontalier des armes et des drogues.
L'ex-Empire du Milieu trace sa route, avec une audace calculée mais risquée.
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samedi 15 décembre 2018
Le (tout) dernier empereur?
mardi 5 mars 2019
Rien n'arrête XI Ping
Attention à la sanction!
En Chine aujourd'hui, on peut vite voir réduit ou aboli son permis de circuler et être définitivement assigné à domicile, Même rentrer à la maison revoir sa grand mère du côté de Xi'an va devenir impossible.
Condamné à rester à la maison, ce n'est pas mortel, mais ça peut rendre morose, surtout dans l'immense Pékin. Pas besoin de bracelet électronique.
C'est normal. Il faut contrôler les masses et la délinquance sociale. Sinon, où va-t-on? Orwell en reconnaissait l'ardente nécessité pour parvenir à ses fins, dans certains cas.
Plus de vingt millions de Chinois connaissent déjà le nouveau régime social à points.
Cela peut paraître peu au regard de la population globale, mais ça n'est qu'un début..
Ça leur apprendra, à ces mauvais citoyens, à ne pas être conformes, comme on leur demande
La reconnaissance faciale a fait des progrès fantastiques déjà, au pays du tout numérique, dans ce pays où Mr Xi Ping veut veiller au bien être de ses ouailles. A vie maintenant.
On constate peu de réactions de la part de ceux qui ne peuvent porter en réaction un gilet jaune. Un gilet qui serait d'ailleurs incongru, comme si un Sénégalais pouvait porter un gilet noir.
Mr XI veille au grain, plein de sollicitude pour la grande masse de ses subordonnés.
Affable, discret, presque timide, il sait que la Chine ira loin mais dans le bon ordre.
Les mauvais comportements sociaux doivent être sanctionnés.
Sinon c'est l'imprévisibilité et l'anarchie. Il faut voir clair pour marcher vers l'avenir radieux qui s'annonce.
L'histoire ne dit pas si on peut racheter des (bons) points par une conduite exemplaire, être finalement exonérés de toutes sanctions et à quelles conditions.
Nulle doute que le Sage qui dirige l'Empire du Milieu saura trouver le juste milieu.
Sinon, il risque de perdre beaucoup de soutiens, ce qui serait contre-performant dans l'irrésistible ascension de Pékin.
Pourquoi ne pas suggérer l'idée à Jupiter, pour tous ces déviants qui hantent encore nos carrefours?
Ce serait sans doute plus efficace que tous les discours, même brillants.
Et puis, la reconnaissance faciale partout, c'est un marché porteur, qui pourrait relancer notre économie.
Oui, mais la SNCF et les macronbus pourraient beaucoup y perdre...
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vendredi 11 novembre 2011
Ombres chinoises (3)
Après Pékin la séduisante et Shanghaï la flamboyante,
Départ pour Xi'an (西安) , l'incontournable
L'ancienne capitale vaut le détour. "Autrefois nommé Hao (鎬) ou Zongzhou (宗周), pendant la dynastie Zhou, elle fut la capitale de la Chine pour la période des Zhou occidentaux. Suite à la folie du roi Zhou Youwang, la ville fut incendiée et pillée par les barbares Rong. Xi'an est l'extrémité est de la route de la soie considérée comme ayant été
Les remparts de la ville, les plus anciens et les mieux conservés de Chine, sont un lieu de
promenade agréable.
On n'oublie pas de faire un tour à la Grande Pagode ainsi qu'à la grande Mosquée
Très connue, très médiatisée, la Grande Fouille avec son armée d'outre-tombe, ne laisse cependant pas d'étonner.
___Il faut déjà partir pour Guilin, rejoindre la rivière Li.
L'arrivé à Yang
La colline de Fubo, c'est pour les plus courageux...
Le lendemain: Longji , Longsheng et leurs rizières en terrasses
La colline de Yaoshan nous fait surplomber la ville et la rivière
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Pas grand chose à dire sur Hong-Kong, étape finale d'un jour, parcouru à toute vitesse: des banque$! des banque$!...
Sans doute le futur Wall-Street dans le monde de demain...
A part le cadre splendide, surtout vu de haut, et quelques réussites architecturales, on n'a guère envie de s'attarder. Et puis la fatigue se fait sentir en fin de ce périple chargé. La France nous fait signe.
Il reste mille Chine à découvrir...
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[_Photos personnelles_]
mardi 19 mai 2026
Un peu de tout
__ De l'importance de l' écriture Largement confirmée ici
__ Il paraît qu'il y en aura d'autres... Et Moi?! Pourquoi pas? Une corrosion démocratique? Pas seulement
__ La dette et crise Un cri d'alarme largement surjoué?
__ L'intolérable et la norme Quand on finit par d'habituer au pire..."C'est horrible de se dire qu'à force de subir on peut s'habituer à tout, et particulièrement au pire."
__ Economie de la drogue Qui se porte bien...tant que fonctionnent les lessiveuses
__ Quand l'IA prend soin de nous Ou a pris le pouvoir
__ Corruption en France Un virus pour la démocratie
__ Palentir toujours en question Un peu partout
__ Effondrement en Iran
__ Agriculture biologique. Les freins
__ Temps de travail en question
__ Peine de mort aux USA: il était noir. Le dernier repas
__ Un programme économique Ou rien n'est clair
__ Economie de la drogue
__ Pesticides (toujours) autorisés
__ Enjeux d'une rencontre
__ L'enlisement d'un matamore "...Après avoir pris la main sur les affaires du Venezuela, Trump était convaincu d’amener rapidement la République islamique à résipiscence. C’était important. Caracas puis Téhéran, deux régimes amis du Parti communiste chinois : Trump dialoguerait avec Xi en position de force, ayant exhibé la puissance et la capacité de projection des Etats-Unis. Il n’en sera rien. La « petite excursion » dans le Golfe – dixit Trump – s’enlise. L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz. La flotte américaine fait le blocus des ports iraniens. Entre les parties en conflit, pas de négociation en vue – sur aucun des sujets en question. Les conversations sino-américaines ont été reportées aux 14 et 15 mai. Entre Xi, le « fils du ciel », dans la tradition impériale chinoise, et Trump, l’homme de la Maison Blanche, le dominant n’est pas celui qu’on pense. L’opération « Fureur épique » s’est invitée au menu d’un sommet qui devait d’abord être consacré à stabiliser les relations entre les deux plus grandes puissances de la planète. Washington aimerait que Pékin presse Téhéran d’entrer en négociation. La Chine est déjà intervenue en avril pour que l’Iran accepte un cessez-le-feu. Elle pourrait à nouveau faire un geste. Trump est demandeur, les Chinois le sont aussi – près d’un tiers des importations d’hydrocarbures de ces derniers passe par Ormuz...."
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lundi 12 avril 2021
Chine: puissance navale réinventée
Après quelques siècles d'absence maritime...
En quelques décennies, non pas un retour au passé mais une nouvelle orientation.
C'est moins un projet purement commercial qu'un besoin géopolitique de contrôle du Pacifique et la nécessité d'assurer les nouvelles routes de la soie. La Chine est en passe d'affirmer son hégémonie maritime dans le Pacifique Sud et ses immenses porte-conteneurs sillonnent toutes les mers. Certains s' inquiètent de la voir mettre les bouchées doubles là où ils s'étaient octroyé des droits absolus, les USA en tête.
Certains diront que le nouvel empire oriental a besoin d'assurer la sécurité de ses approvisionnements, dans un espace où des menaces de toutes natures peuvent toujours intervenir, au coeur de ses échanges vitaux.
Mais ce n'est , toutes choses égales par ailleurs, qu'un retour à un passé plus ou moins lointain, quand la flotte de l'Empire du Milieu s'aventurait très loin de ses ports d'attache, bien en avance sur les puissances de l'Ouest, comme Venise, qui devront beaucoup à leur partenaire chinois, qui n'a d'ailleurs jamais agressé un quelconque pays et a surtout passé beaucoup de temps à se défendre.
Si tu veux t'enrichir, construit une route, dit un ancien proverbe chinois
Et les routes maritimes sont tout aussi importantes que les autres.
Retour à la puissance navale d'antan, bien avant de la dynastie des Ming, donc. Et à quelle vitesse!
Les impressionnants bateaux de Zheng He faisaient un négoce florissant, sur de longues distances, bien avant les Portugais, à la suite d'une longue tradition, surtout depuis la dynastie Song.
Ils anticipaient sur la circumnavigation, a-t-on dit, non sans quelques exagérations.
Les inventeurs de la boussole poussèrent tout de même assez loin leurs expéditions, jusqu'aux confins du monde arabe et des Philippines. Avec des types de bateaux étonnants (jusqu'au au 19°siècle), des jonques originales.Puis ce fut le renoncement à la puissance navale, pour parer aux dangers venus du Nord, avant que beaucoup plus tard, la Chine se replie sur elle-même et perde en efficacité sur les puissances industrielles montantes de l' Ouest. Pour des raisons que l'on cherche toujours à élucider. Aujourd'hui, la marine chinoise sillonne de nouveau les océans. Un développement spectaculaire, qui n'a pas fini de nous surprendre et d'inquiéter l'oncle Sam, parfois source de tensions. A la mesure de la puissance économique du pays. L'équivalent de la marine française construit en quatre ans. Pour le meilleur et pour le pire l'empire?.. - La Chine et la mer (2) deviennent consubstantielles. Mais la Chine à la fois fascine et inquiète.
"....La Chine était déjà engagée dans une frénésie de construction navale comme le monde en a rarement vu. En 2015, Xi avait entrepris un gigantesque projet visant à faire de l’Armée Populaire de Libération (APL) une force de combat de classe mondiale, l’égale de l’armée américaine. Sur son ordre, des investissements dans les chantiers navals et la technologie se poursuivent à un rythme soutenu aujourd’hui. Sur au moins un point, le plan de Xi a fonctionné. À un moment donné entre 2015 et aujourd’hui, la Chine a constitué la plus grande force navale du monde. Et maintenant, elle s’efforce d’en faire une force redoutable bien au-delà de ses côtes. En 2015, la marine de l’Armée populaire de libération (MAPL) comptait 255 navires de guerre, selon l’Office of Naval Intelligence (ONI) américain. À la fin de 2020, elle en disposera de 360, soit au moins 60 de plus que l’US Navy, selon une prévision de l’ONI. Dans quatre ans, la MAPL disposera de 400 navires de combat, selon les prévisions de l’ONI. Remontez jusqu’en 2000, et les chiffres sont encore plus frappants. « La force de combat de la marine chinoise a plus que triplé en seulement deux décennies », peut-on lire dans un rapport publié en décembre par les dirigeants de la marine, des Marines et des garde-côtes américains. Commandant déjà la plus grande force navale du monde, la République populaire de Chine est en train de construire à une vitesse alarmante des bâtiments modernes de combat de surface, des sous-marins, des porte-avions, des avions de chasse, des navires d’assaut amphibies, des sous-marins lanceurs de missiles nucléaires balistiques, d’immenses patrouilleurs garde-côtes et des brise-glace polaires.» Certains de ces navires seront équivalents ou supérieurs à tout ce que les États-Unis ou d’autres puissances navales peuvent mettre sur l’eau. « La MAPL ne reçoit pas de l’industrie chinoise de la construction navale des navires de pacotille, mais des navires de plus en plus sophistiqués et performants », a écrit Andrew Erickson, professeur à l’Institut d’études maritimes chinoises de l’US Naval War College, dans un article publié en févrierEn 2018, en termes de tonnes brutes, la Chine détenait 40 % du marché mondial de la construction navale, selon les chiffres des Nations unies cités par le China Power Project du Center for Strategic and International Studies, loin devant la Corée du Sud, qui est au second rang avec 25 %. Dans une perspective historique, les chiffres de la construction navale chinoise sont vertigineux : réduisant même à l’état de petit poucet les efforts des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. La Chine a construit plus de navires en un an de paix (2019) que les États-Unis en quatre ans de guerre (1941-1945). « Pendant le programme d’urgence de construction navale de la Seconde Guerre mondiale, qui a soutenu des armées gigantesques et mécanisées sur deux théâtres de guerre à des milliers de kilomètres de chez elles, la production de la construction navale américaine a atteint un pic de 18,5 millions de tonnes par an, et les États-Unis ont terminé la guerre avec une flotte marchande qui pesait 39 millions de tonnes », a déclaré Thomas Shugart, chargé de mission au Center for a New American Security et ancien capitaine de la marine américaine, dans un témoignage devant le Congrès le mois dernier. « En 2019, en temps de paix, la Chine a construit plus de 23 millions de tonnes de navires, et la flotte marchande de la Chine […] totalise plus de 300 millions de tonnes », a déclaré Shugart. Les entreprises d’État chinoises qui produisent des navires commerciaux sont également les moteurs de son renforcement naval. « En cas de conflit, la capacité industrielle démesurée de la République Populaire de Chine, en comptant les chantiers navals commerciaux supplémentaires, pourrait rapidement être orientée vers la production et la réparation militaires, ce qui augmenterait d’autant la capacité de la Chine à générer de nouvelles forces militaires », écrivait l’an dernier Erickson, du US Naval War College. L’infrastructure en place, la main-d’œuvre impliquée et la technologie employée dans ces chantiers navals commerciaux sont transposables à la production de navires de guerre en quantité. C’est quelque chose que la Chine fait très bien. « Entre 2014 et 2018, la Chine a lancé plus de sous-marins, de navires de guerre, de navires amphibies et de navires auxiliaires que le nombre de navires actuellement en service dans les marines individuelles de l’Allemagne, de l’Inde, de l’Espagne et du Royaume-Uni », selon le China Power Project. « Au rythme où la Chine construit des navires de guerre et avec les capacités de ces nouveaux navires, je dirais qu’elle est déjà passée de ce qui n’était qu’une marine de défense côtière à ce qui est probablement la marine la plus puissante de sa région, ayant une portée mondiale, et qu’elle est en passe de construire une marine capable de déployer une puissance de classe mondiale si elle continue de se développer comme elle l’a fait », a déclaré Shugart à CNN...." _______________________________
samedi 18 décembre 2021
Menaces sur Taiwan?
Tensions en Mer de Chine
Les pressions se renforcent sur l'ancienne Formose, de la part de son puissant voisin, qui cherche à étendre sa zône d'influence en Mer de Chine. La rivalité entre la Chine et l'héritage de Tchang Kai-Chek prend un tour nouveau. Des bruits de bottes font redouter pour certains un conflit majeur. Mais ne s'agit-il pas d'une intimidation, d'un signal lancé surtout à la flotte US omniprésente et d'une réaction disproportionnée de la part de Taipeh? La Chine compte sur une nouvelle souveraineté sur les eaux qui l'entourent. Mais ce jeu n'est-il pas à terme dangereux? Il s'agit en fait d'une longue histoire:
"...Chacun a pu entendre parler, dans l’actualité internationale récente, des tensions autour de Taïwan et de leur aggravation. Elles furent au centre des échanges entre Xi Jinping et Joe Biden lors de leur sommet virtuel dans la nuit du 15 au 16 novembre dernier. Ces tensions mettent directement aux prises plusieurs acteurs clés : la République de Chine – mieux connue sous le diminutif de « Taïwan » –, la République populaire de Chine (RPC), les États-Unis et les États géographiquement proches qui, évidemment, auraient tout à craindre d’un affrontement militaire sur le territoire taïwanais et sur les territoires maritimes adjacents. Le Japon, les Philippines et, peut-être dans une moindre mesure, la Corée du Sud ou le Vietnam ne peuvent qu’être préoccupés par l’accentuation des discours martiaux et parfois menaçants des deux principales parties : la République populaire de Chine et les États-Unis d’Amérique. Ces tensions se sont intensifiées dans la période récente sous le double effet, notamment, de la multiplication des incursions et de la pression militaires chinoises, et des expressions voire des actions de soutien de la part des États-Unis au bénéfice de Taïwan. La Chine a effectué plusieurs opérations aériennes au cours desquelles un nombre considérable (plusieurs dizaines par opération) d’appareils ont traversé la zone d’identification aérienne de Taïwan. Nous ne détaillerons pas l’activité navale chinoise, également très intense, et plus largement la multiplication de manœuvres. Il faut également souligner l’importance géostratégique de Taïwan pour l’affirmation de la puissance chinoise. L’examen rapide d’une carte des territoires maritimes autour de Taïwan et de la RPC (eaux territoriales et zones économiques exclusives notamment) montre un fait simple : nulle part la Chine de Xi Jinping n’a d’accès direct et totalement libre au grand large. Contrôler Taïwan territorialement, c’est améliorer cette donnée géostratégique pour une puissance militaire qui entend bientôt rivaliser avec celle des États-Unis. Ouvrir un front dans le Pacifique nord-ouest autour de Taïwan et ouvrir un front dans l’est de l’Europe aurait l’énorme avantage pour les deux puissances, si leur action était ainsi coordonnée, d’obliger les Occidentaux, et en particulier les Américains, à se positionner sur deux zones très éloignées simultanément. Aujourd’hui, la puissance militaire nominale des Américains reste très supérieure à celle des Chinois, surtout si l’on y ajoute l’ensemble des alliés sur lesquels peuvent compter les Américains. Mais si ces derniers doivent positionner des forces sur deux fronts simultanément, la situation est très différente. Un tel scénario n’aurait rien à envier au meilleur des préceptes stratégiques que l’on peut trouver dans L’Art de la guerre de Sun Tzu ou dans un traité désormais célèbre comme celui des « 36 Stratagèmes »…" _______________
vendredi 1 octobre 2021
Une Chine imprévisible?
Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel...
La formidable montée en puissance de Pékin continue à fasciner mais aussi à inquiéter, surtout depuis son hypercentralisation et le contrôle à outrance qui s'est installée avec l'empereur Xi Jinping, faisant feu de tous bois, développant comme jamais sa puissance terrestre et navale. Mais la Chine n'inquiète pas seulement certains voisins, elle suscite à l'intérieur des formes de résistances qui commencent à émerger, le plus souvent timidement ou loin des caméras. Aucun pouvoir hypercentralisé comme celui de Pékin ne peut durer éternellement comme il est et comme il se durcit. Le caractère prédateur de l'économie est tu par le régime mais est bien connu et aura aussi ses limites, quel que soit le talent des chercheurs maintenant de mieux en mieux formés.(*) Mais aujourd'hui, l' "atelier du monde" amorce un virage sous la pression de nouvelles contraintes, qui pourraient bien changer le cours des choses, à Pékin comme chez nous. Mais l'incertitude est grande, tant l'opacité du système est abyssale.
_(*) "....La Chine se livre depuis des décennies à un espionnage industriel massif. Ceci dans tous les domaines, civils et surtout militaires. Cet espionnage s’exerce de différentes façons. Surtout par le réseau diplomatique chinois à travers le monde. Les ambassades de la RPC comptent chacune des experts de haut niveau dont le travail est de collecter des informations sensibles sur les technologies de pointe. Il a été ainsi de la technologie du groupe européen Airbus. Celle-ci a permis à la Chine de réaliser des progrès gigantesques en peu de temps pour élaborer ses propres avions civils, dont l’exemple le plus abouti est le COMAC C919, un avion moyen-courrier dont les premiers exemplaires seront bientôt livrés aux compagnies aériennes chinoises et qui viendra concurrencer frontalement les avions A-320, A-321, A-350 de même que les Boeing 737. Un autre exemple est le pillage des technologies dans le domaine du nucléaire civil.
Les ingénieurs chinois ont accumulé la totalité du savoir-faire français, si bien qu’ils sont aujourd’hui en mesure de maîtriser l’ensemble de la conception, de la mise en œuvre et de l’entretien des centrales nucléaires.
Le dernier exemple le plus frappant a été le raccordement au réseau des centrales EPR de dernière génération en décembre 2018 et 2019, ceci grâce aux transferts de technologies consentis par Framatome et EDF. Ce raccordement au réseau a constitué une prouesse unique au monde puisque ces centrales EPR n’ont pas d’équivalent au monde puisque l’inauguration de la première centrale EPR française à Flamanville accuse des retards à répétition qui suscitent un surcoût phénoménal. Dernier exemple : celui des trains à grande vitesse. Là, grâce encore aux transferts de technologies, la Chine a bâti plus de 30 000 km de LGV en à peine dix ans, alors qu’il a fallu à la France plusieurs décennies pour n’installer que vingt fois moins de LGV que la Chine...." La désinformation du gouvernement chinois est constante, massive et quotidienne. Elle s’exerce par l’intermédiaire des médias officiels chinois, les ambassadeurs de RPC dans le monde, internet, Facebook, Twitter et Linkedin, pour ne citer que ceux-ci. Cette désinformation s’applique naturellement à offrir un narratif dont le but est de tromper et mentir sur des sujets tels que les Ouïghours, les Tibétains, Taïwan, l’origine du virus Covid-19. Les pays ciblés sont en priorité les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, mais aussi l’Union européenne. Mais proférer des mensonges ne dure qu’un temps. Peu-à-peu, l’opinion publique de ces pays découvre l’étendue de cette désinformation et n’y croit plus. ou L'omniprésence et l'omnipuissance politique de Xi Ping pourra-t-elle s'imposer longtemps quand on sait qu' une partie de la population commence à douter... pour ne pas dire plus. La fulgurante montée en puissance de l'économie du pays ne cesse de nous stupéfier, mais surtout sa capacité à se montrer avec génie comme une puissance habilement prédatrice ..." _____ Mais savons-nous vraiment comment les masses réagissent- dans leur ensemble, comment les colères peuvent et pourront s'exprimer, quelles contradictions existent au niveau du pouvoir central et combien de temps durera le nouveau "grand bond en avant", qui se révèle périlleux actuellement....Toute hyper puissance contient en germe ses propres défaillances et ses propres fragilités. ______________________
lundi 27 juin 2016
La Chine trace sa route
La voilà aux portes de l'Europe. Une invasion toute économique.
Après l'Afrique, l'Australie, la Grèce, et les divers investissements en Europe, en France notamment.
Tout en inquiétant certaines puissances, dont les USA.
Un peu partout dans le monde.
Malgré ses problèmes de baisse de production et ses péripéties financières, elle fonce vers de nouvelles ambitions commerciales et géopolitiques.
Elle avance ses pions, en dépit des critiques.
Si tu veux t'enrichir, construis une route.
Alors que sa dette inquiète.
Elle a le projet d'une sorte de nouveau plan Marshall à l'Est, dont l'ambition laisse songeur:
..Le président chinois Xi Jinping entamait une tournée internationale pour promouvoir sa nouvelle route de la soie. Le choix des pays montre que ses visites tiennent plus de la géopolitique moderne que d’une évocation de l’histoire ancienne. Il s’est rendu en Serbie, en Pologne et en Ouzbékistan, en annonçant, au nom du projet "Une ceinture, une route", des milliards de dollars d’investissements en routes, voies ferrées, ponts, construits évidemment par des entreprises chinoises.
Au cœur des Balkans, aux portes mais aussi au sein même de l’Union européenne, la Chine débarque donc avec sa propre version du plan Marshall américain de l’après-guerre, apportant les investissements en infrastructures que les Européens n’ont pas su faire eux-mêmes.
Ainsi Xi Jinping donne à son économie, gorgée de réserves financières mais en panne de croissance, un nouveau souffle en accélérant son internationalisation et celle de ses grandes entreprises conquérantes ; il gagne aussi de nouveaux "amis", ce qui peut être utile au moment où l’Union européenne débat de l’octroi à la Chine du statut controversé d’"économie de marché"...
Cette stratégie chinoise est payante alors que l’Europe vacille et que les Etats-Unis affichent un leadership hésitant. Pékin mêle des éléments de hard power traditionnel, comme en mer de Chine méridionale où se déroule une périlleuse stratégie de la tension autour des zones maritimes contestées, et de soft power à coups de milliards de dollars investis dans des pays d’Asie, d’Afrique et d’Europe en manque de fonds. Sans oublier la touche culturelle, comme à Tianshui, qui se prend à rêver d’être, comme il y a deux mille ans, au cœur de la mondialisation aux couleurs chinoises...."
Pékin aura-t-il les moyens de ses ambitions?
Quelle est la politique d'ensemble qui guide cette fuite en avant réfléchie?
Ce n'est pas exactement un retour à la puissance d'antan...
Avec l'axe Pékin, Moscou, Berlin, elle trace sa nouvelle route de la soie.
Avec son économie socialiste de marché, qui interroge, dans ses pratiques de darwinisme économique, elle démontre son efficacité, tout en masquant ses fragilités, certains cédant même à l'alarmisme à son sujet. Mais c'est peut-être mal connaître les capacités de rebond d'une puissance sans doute pragmatique, mais bien plus résiliente qu'on ne le pense...
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