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samedi 18 avril 2026

Triomphalisme en berne

    A Moscou

                     Préoccupations

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La guerre comme ciment social

            Ambiguïtés de la guerre

                         La guerre, le plus souvent honnie dans les discours officiels, reste encore un instrument de domination à usage externe (comme les aventures internationales trumpiennes le montrent encore, devenant des occasions d'affaires fructueuses), a aussi une fonction moins évoquée, celle de renforcer l'unité d'un pays, de servir en quelque sorte de ciment social, du moins pour un temps. On le voit dans l'histoire: la propagande guerrière favorise l'union, l'effacement des oppositions, de l'"union sacrée" de 1914 à la disparition des oppositions au sein de la Russie en guerre en Ukraine, une intense propagande aidant. C'est ce qu'on a pu appeler la fabrication de l'ennemi.       Quand un pays est divisé, une "bonne guerre" peut lui redonner pour un temps un semblant d'unité.


                                                                                                                                        Le bellicisme, à plus forte raison, tend à renforcer le ciment social, surtout dans les périodes de crise et de peur, où les instances démocratiques ne fonctionnent plus. C'est bien aujourd'hui le cas en Israël, où quelques voix se font encore entendre pour dénoncer une aventure guerrière sans limites  assignées, sinon une extension territoriale? C'est le cas d'une presse devenue très minoritaire et de l'un de ses journalistes, Gideon Levy, analysant l'aventure sans fin du projet guerrier et expansionniste de L'extrême droite du Likoud et des groupes extrêmistes:                                                                                                                                                             "....Le prix que la guerre exige de la société israélienne est énorme, même s’il est encore difficile à évaluer. Il faudra sans doute plusieurs années pour mesurer l’étendue des dégâts causés par l’affrontement avec l’Iran et par l’intervention militaire à Gaza. Cela concerne l’économie, la sécurité, la position internationale d’Israël et le sort de ses habitants, sans parler bien sûr du sang versé, des destructions à grande échelle et des angoisses qui nous tourmenteront de nombreuses années encore. Les défaillances d’entreprises se multiplient, et le système éducatif est complètement paralysé. Les gens s’effondrent mentalement. Ce pays qui se considère comme normal vit depuis deux ans et demi dans des conditions qui ne le sont pas. Chaque Israélien a payé le prix pour cela et continuera à le payer d’une manière ou d’une autre.                                                                                                                                           Aux yeux de la majorité de la population, ce qui s’est passé à Gaza avait une justification absolue : les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 (1). Pour nombre d’Israéliens, leur armée avait non seulement le droit, mais aussi l’obligation, de mener une guerre d’extermination. La société en a donc accepté le coût assez facilement, y compris sur le plan moral. Les médias n’ont montré presque aucune atrocité perpétrée dans l’enclave palestinienne, et le pays dispose d’un argument imparable pour balayer l’indignation venue d’ailleurs : le monde est antisémite, il déteste Israël.                                                              Tous les partis juifs et sionistes de la Knesset ont soutenu et soutiennent encore la guerre à Gaza. Une société plus saine aurait su poser des questions précises sur sa conduite, sur les lignes rouges franchies et sur les crimes commis. Il n’y a pas davantage de débats sur les résultats du conflit. Pour tous, ce fut une guerre couronnée de succès. C’est ce qu’affirment les médias, ce que le premier ministre Benyamin Netanyahou répète sans cesse. La libération de tous les otages, vivants ou morts, a suffi pour qu’on qualifie de succès le massacre de 70 000 personnes et la destruction quasi totale d’une terre où vivent deux millions de Gazaouis. La société n’a aucun regret et, si les Israéliens pouvaient remonter le temps, ils effectueraient probablement une guerre encore plus barbare (2). Le fait que le Hamas existe toujours, qu’il n’a pas été désarmé et qu’Israël n’est guère plus en sécurité aujourd’hui qu’au début du conflit aurait dû conduire davantage d’Israéliens à réfléchir aux limites de la puissance et de la supériorité militaires. Il n’en a rien été.

Cinq mois après le cessez-le-feu, Israël occupe toujours une partie importante de la bande de Gaza, et le Hamas contrôle le reste. Aucune solution sérieuse ne se dessine pour « l’après ». Il est difficile de considérer tout cela comme une réussite stratégique à long terme. L’enclave dévastée demeurera un foyer de troubles politiques, sociaux et, plus tard, militaires, qu’Israël continuera de contrôler en recourant uniquement à la violence et à une force armée sans limite.                                                                                                                                     C’est dans ce contexte qu’a débuté la guerre contre l’Iran. Les attaques du 7 octobre ont conduit Israël à la conclusion qu’il devait renforcer son emprise militaire sur la région. L’idée de renverser les dirigeants iraniens a toujours obsédé M. Netanyahou. Mais comment expliquer que la société, épuisée par deux années et demie de conflits — à Gaza, au Liban et contre les houthistes au Yémen —, puisse accepter de vivre d’autres épreuves tout aussi éprouvantes ? Un chef de gouvernement que la moitié au moins de la population déteste et méprise plus que n’importe lequel de ses prédécesseurs — et dont une partie exige depuis des années la destitution — réussit à entraîner le pays dans une nouvelle aventure militaire, plus dangereuse que les précédentes, avec une facilité déconcertante.

Les Israéliens juifs soutiennent à 93 % une action militaire contre l’Iran (63 % des citoyens arabes y sont opposés) (3). Aucune société démocratique ne peut trouver en son sein une telle majorité sur une question aussi importante. Cela contredit l’idée même de pluralisme dans une société libre. C’est un chiffre effrayant qui nous en apprend beaucoup sur l’état d’esprit en Israël, mais guère surprenant.   Certes, les guerres recueillent toujours un soutien fort au moment de leur déclenchement, surtout quand des dirigeants ennemis sont éliminés. Les objectifs affichés, répétés à l’envi, encouragent aussi l’adhésion : l’élimination de la menace iranienne, du risque nucléaire et des missiles balistiques. Néanmoins, aucun de ces objectifs ne semble près d’être atteint — pas plus celui d’un changement de régime que la suppression de la menace nucléaire. Pourtant, après deux semaines vécues dans une absurde réalité, faite de menaces et de confinements, aucune ébauche de remise en question de cette guerre n’émerge dans le discours public.

Ceux qui n’ont pas cessé de manifester ces dernières années contre le gouvernement Netanyahou le plébiscitent docilement dès qu’il s’agit de guerre (4). Les pilotes qui menaçaient de refuser de servir dans l’armée de l’air partent joyeusement en mission de bombardements à des milliers de kilomètres de leur pays, sans aucune hésitation. À notre connaissance, aucun pilote n’a refusé de voler, aucun technicien n’a refusé d’armer les avions. Un chœur unanime se fait entendre en soutien à une guerre dont personne ne sait comment elle finira. Lorsque le gouvernement libanais fait savoir qu’il est prêt à mener des négociations avec son homologue israélien, ce dernier rejette grossièrement l’offre (5). Il fut un temps en Israël où la paix avec le Liban ou tout autre pays arabe était un rêve. Aujourd’hui, on ne parle plus que des F-35, israéliens et américains, et tout le monde est d’accord là-dessus. C’est un cauchemar. L’ancien mot d’ordre caractéristique de conflits passés fait son retour : « Silence, tirez ! ».      Masquer ses faiblesses et ses fractures, détourner l’attention                                                                                                                           Le peuple israélien prétend ne rien oublier, mais il a la mémoire courte. Au début de l’été 2025, on lui a annoncé que la menace balistique iranienne était éradiquée (6). Huit mois plus tard, voilà que des missiles s’abattent sur Israël. On avait également affirmé que l’armée avait détruit le programme nucléaire iranien et ses autres capacités militaires, et soudain une nouvelle guerre est entamée pour détruire ce programme… En 2025, M. Netanyahou a répété à plusieurs reprises qu’Israël avait vaincu le Hezbollah et qu’il ne restait presque plus rien de cette organisation. Et voilà qu’elle est de retour avec des tirs incessants sur le nord et le centre du pays.            Pourquoi la société israélienne, si dynamique, alerte, bruyante, opiniâtre et puissante, se tait-elle face à la guerre ? Pourquoi s’unit-elle si complètement face au danger, réel ou imaginaire ? La réponse se trouve peut-être dans la formulation même de la question. Israël a besoin de guerres. Ce n’est pas seulement l’ethos dominant de son récit national, c’est aussi une nécessité existentielle. La guerre permet à une société divisée et désunie — sur les plans politique, social, religieux et national — de s’unir, de masquer ses faiblesses et ses fractures, de détourner l’attention d’autres problèmes, tels que la honte de l’occupation de la terre d’un autre peuple — les Palestiniens —, qui semble ne jamais devoir finir.        L’idée qu’il n’y a pas d’autre voie que la guerre au Proche-Orient, que seules les armes doivent parler, est pourtant extrêmement dangereuse. N’ayant rien appris, Israël se rue à nouveau dans le piège libanais. La seule issue à ce cercle vicieux relèverait d’un examen de conscience approfondi. Mais il n’y a personne pour le mener. Et même s’il y avait quelqu’un, il n’aurait aucune chance : le système s’empresserait de le   délégitimer. Silence, on tire…  (Traduit de l’anglais par Akram Belkaïd.) _____________

vendredi 17 avril 2026

Bonnes lectures

 Vous avez dit liberté d'expression ?...

       Pour une défense de la démocratie culturelle

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Croisade idéologique

 Dans l'édition 

                                    Contre l'entreprise idéologique et le coup de force de Vincent Bolloré,  la colère gronde dans le monde des écrivains contre la mise au pas indirecte de la pensée et de la création. De grands auteurs prennent leur distance avec le patron se croyant tout-puissant de la galaxie au service du RN, à l'appêtit sans mesure, à sa croisade culturelle.. Un courage collectif et une offensive déterminée. C'est comme une déclaration de guerre:     



                                                                                                                                                                          

L’onde             "...L'onde de choc provoquée par le limogeage d’Olivier Nora, emblématique patron de Grasset, n’en finit plus de se propager dans le milieu de l’édition. Jeudi 16 avril, plus d’une centaine d’auteurs et autrices (parmi lesquel·les Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Philippe Grimbert, Delphine Horvilleur ou encore Frédéric Beigbeder ) ont annoncé dans un texte collectif leur départ de la célèbre maison de la rue des Saints-Pères.                À leurs yeux, le « licenciement » du patron de Grasset marque une « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et [à] la liberté de création ». « Une fois de plus, Vincent Bolloré dit “je suis chez moi et je fais ce que je veux”, au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent, écrivent-ils. Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. »     Très différent·es les un·es des autres, ces auteurs et autrices se sont rapidement organisé·es, via une boucle WhatsApp, pour aboutir à une position commune. Ce qui a donné des « débats logiquement un peu houleux vu la grande variété des signataires », raconte l’un d’entre eux à Mediapart. « Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias », affirment-ils.....nous sommes en guerre. Il faut arrêter de parler de bataille culturelle, d’abord parce que c’est très désobligeant envers Gramsci, mais surtout parce que c’est une euphémisation de ce qu’il se passe. Ce n’est pas une bataille, c’est une guerre industrielle, médiatique, politique. Bolloré déclare la guerre à tout ce qui ne lui ressemble pas.                                 Il a tout à fait le droit de publier ce qu’il veut, mais ce qui ne va pas, c’est quand il commence à décapiter tout ce qui lui déplaît. Face à cela, chacun réagit comme il peut. Il m’a semblé que réagir symboliquement pouvait mettre un petit élément dans le débat.            Je n’ai pas reçu ce texte, parce que je ne dois pas faire partie du monde germanopratin, et ce n’est pas pour me déplaire. Je le trouve bien, il y a des gens courageux qui l’ont signé, courageux parce qu’ils ont des enjeux économiques assez considérables, mais ce qui me gêne un peu dans cette démarche c’est le côté « les auteurs font bloc ». Je crains que cela renforce l’idée que l’extrême droite peut avoir du monde de la culture, qui serait univoque, symbole d’une pensée unique, d’un entre-soi.    Le texte est signé par des personnes très différentes, et c’est l’une des leçons que je retiens de la résistance à laquelle a appartenu ma grand-mère, Françoise d’Eaubonne. Dans ses écrits, elle raconte fort bien que, dans son maquis, il y avait des communistes, mais aussi des royalistes, des légalistes, des gaullistes, des chrétiens, des laïcs… Quand on entre en résistance – je ne compare évidemment pas les époques, mais il y a quand même quelque chose qui est en train de se jouer de cet ordre-là –, ce n’est pas le moment de demander ses papiers aux uns ou aux autres. Ce ne serait pas à la hauteur de la situation. On fait front.                                                            On parle beaucoup des auteurs et autrices de Grasset, mais un peu moins des salarié·es de la maison, pourtant très impacté·es par la situation… Absolument. Les gens sont abasourdis en interne. Comme beaucoup, je pense à tous ceux qui sont aujourd’hui sacrifiés chez Grasset et qui ne seront pas courtisés. C’était justement l’une des raisons pour lesquelles j’avais du mal à partir. Parce que toutes ces personnes-là, des éditeurs aux correcteurs et correctrices, en passant par les magasiniers, les fabricants, les services commerciaux, aucune n’avait choisi d’être achetée par Bolloré. Aucune. Et donc, je trouvais ça dégueulasse de partir et de les abandonner à leur sort.    Pour le moment, les politiques sont absolument en dessous de tout sur la question de la concentration des médias et de l’édition.                                                                  Mais les choses sont tout à fait différentes avec le limogeage de Nora, puisque la guerre est désormais déclarée. Il n’y a malheureusement plus rien à sauver, il faut réajuster la stratégie. La férocité du capitalisme, qui s’applique dans la grande distribution et dans l’industrie depuis toujours, arrive dans le monde médiatique et littéraire. Ce qui m’étonne, c’est que ce monde réagisse si peu alors qu’il est touché par la même brutalité, les mêmes plans sociaux dont on parle depuis quarante ans. C’est comme s’il n’y avait pas de leçons qui avaient été tirées.                                                     Est-ce que le limogeage d’Olivier Nora prouve définitivement que l’idée de lutter en interne est vaine ? Vous avez raison, c’est probablement vain. Après, on parlait à l’instant des salariés de Grasset, et il faut souligner qu’il y a des gens qui ont la possibilité d’être plus libres que d’autres, de gagner leur liberté plus facilement. C’est le cas des auteurs et des autrices, mais pas de tout le monde. Donc, ce serait cruel de dire aux gens qui sont là-dedans : vous êtes condamnés, rien de ce que vous allez pouvoir faire ne servira à quelque chose. Grasset était encore un pôle de résistance et il vient de tomber. Il faut voir comment on peut réagir à l’extérieur sans pour autant jeter les gens qui sont dans la merde à l’intérieur..." (Merci à Ellen Salvi)          __________

jeudi 16 avril 2026

Embêtant

 Défense compromise

           Forcément au courant...

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Varia

__ Le clan

__ Malaise

 __ Accalmie?

__ Superprofits

__ Le "bougnoule"

__ Un apéro?

__ Ecrire encore

__ PDG "augmenté"                   

__ Charbon toxique

__ Dans les abysses

    __ Robots guerriers >>

__ Hollywood et Hitler

__ Chiisme et résilience

                              __ Un régime réformable?   ________________

mercredi 15 avril 2026

Dé-Re-blocage?

                                                                          Allez  savoir......





      Incertitudes.




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Service publics en déshérence

 Processus de privatisation en question

                                    Il progresse, à bas bruit. Même au niveau de la radio publique, menacée par des chaînes privées, qui se disent libres, indépendantes ...     La seule galaxie Bolloré est là pour prouver le contraire.                   Quand tout sera privé, nous serons privés de tout" a-t-on dit. Surtout dans le domaine éducatif et sanitaire. Comme le projet de Trump de privatisation radicale, à grande vitesse et à grande échelle, dans tous les domaines, la santé incluse.                                                                                                             Pour ne parler que de la santé, la privatisation se fait rampante ou masquée, officiellement déniée, mais bien réeelle. Depuis au moins 2005, le mal s'approfondit dans les système de soin de notre pays, pour arriver aujourd'hui dans cet état de crise majeure, reconnu par tous, même verbalement une fois à l'Elysée, la crise de la covid ayant servi de révélateur. qui ne prend pas pourtant les mesures qui s'imposent pour éviter un glissement plus sérieux encore. La fuite de certains personnels hospitaliers est un révélateur inquiétant de dysfonctionnements que certains soignants voyaient venir depuis longtemps. Le "grand corps malade" l'est surtout du fait de ses mutations purement gestionnaires, de son lean management accentué, de ses choix technocratiques, de la perte progressive de sens qui affecte de plus en plus les rapports médicaux et hospitaliers.   L'exemple suédois est en cours...


                                                                                                                   Point de vue:  changer de paradigme:               "...Le système de santé français a longtemps fait office d’exemple à l’international, au début des années 2000 il était même considéré comme le meilleur au monde. A la suite d’une destruction incrémentale du fondement même de notre système de santé, quel que soit les majorités gouvernementales, celui-ci est dorénavant à l’agonie. Les déserts médicaux progressent et l’hôpital public est au bord de l’implosion du fait de la diminution du nombre de lits, l’introduction en force du Nouveau management public et la dégradation des conditions de travail entraînant le départ en masse de personnels soignants épuisés et écœurés.  Nous considérons que le point d’entrée dans le système de santé pour l’immense majorité de la population est l’hôpital public par le biais des urgences et ce que nous nommerons les professionnels de santé de premier recours (PSPR), par définition conventionnés en secteur 1. Ces derniers sont représentés par les médecins généralistes principalement mais il existe également d’autres « portes d’entrée » subtiles et souvent méconnues. C’est le cas notamment des pharmacies d’officine et, dans une moindre mesure, des infirmier(e)s et kinésithérapeutes libéraux. Pour les jeunes enfants, la Protection Maternelle et Infantile (PMI) lorsqu’elle existe encore sur le territoire peut également avoir ce rôle. Les chirurgiens-dentistes et les sage-femmes font également partie des PSPR.   Mais d’une façon générale et majoritaire, lorsqu’un patient a un problème de santé (en dehors des grosses urgences) il va se rendre chez son médecin généraliste ou chez son pharmacien. C’est uniquement si ces deux voies sont fermées qu’il se rendra aux urgences directement.   La pénurie médicale et la fermeture progressive des pharmacies d’officine, notamment en milieu rural, entraînent donc une suppression pure et simple de l’accès au système de santé, en particulier pour les classes populaires. Les services d’urgence, en grande souffrance, ne peuvent compenser la pénurie médicale de généralistes sur le territoire.   La situation est complexe et assez catastrophique par bien des aspects, en particulier parce qu’elle relève de décisions gouvernementales qui, pour des raisons budgétaires mais pas uniquement, ont choisi délibérément de mettre en danger sanitaire la population française dans son ensemble. Cependant, les effets sont encore plus dramatiques pour les plus démunis, témoignant ainsi d’une politique de classe très violente : nous parlons ici de ceux qui ont la possibilité de se soigner ou pas. Nous allons revenir brièvement sur l’histoire de l’organisation puis de la désorganisation des médecins généralistes et de l’hôpital public, ensuite nous évalueront la situation actuelle (peu brillante) en termes d’effectifs soignants. Nous proposerons pour terminer une analyse politique et nos propositions pour changer de paradigme....Le maillage de la médecine générale et son organisation correspondent à notre sens à une forme de service public, mais implicite. En effet, jusqu’à une période récente l’accès aux soins était équivalent sur tout le territoire, les gardes étaient assurées, ce qui fait que tout français pouvait obtenir une consultation ou une visite 24/24h et 7/7j. La seule différence, surmontable selon nous, avec un service public « classique » relève du paiement à l’acte et donc de l’avance de frais. Mais, étant donné que les actes sont remboursés par la Sécurité sociale et les mutuelles, nous pouvons considérer que les médecins généralistes et par extension tous les PSPR (pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes, dentistes, sage-femmes) forment, sans en avoir conscience, un vaste service public de premier recours mais celui-ci est imparfait et implicite.                                 

      
A partir des années 60, les lois hospitalières ont consacré l’apparition du praticien hospitalier et de l’hôpital public, deuxième pilier de l’accès aux soins. Ce dernier est un service public explicite, avec la gratuité complète pour les patients. Cela marquait un tournant dans la reprise en main par la puissance publique du système de santé, non sans résistance des syndicats de médecins libéraux. Ceux-ci finiront par accepter le conventionnement avec la Sécurité sociale en 1980, mais en gardant un pouvoir de négociation très important, toujours en vigueur aujourd’hui.                    La création des praticiens hospitaliers représentait une première entaille au pouvoir médical historique, ce qui explique la traditionnelle opposition entre les hospitaliers et les « libéraux» . Il est clair qu’en 2022, cette opposition n’a plus aucun sens en particulier pour les PSPR.  Pour résumer, gardons à l’esprit que le système de santé français (en particulier les PSPR qui nous intéressent tout particulièrement ici) reposait donc sur deux piliers : un réseau de médecins disséminé faisant office de service public (qui deviendront les médecins généralistes avec l’apparition des spécialités médicales) et le système hospitalier public fraîchement élaboré à partir des années 60.                                               Il est donc tout à fait remarquable de constater que les pouvoirs publics aient méthodiquement attaqué les deux piliers de notre système de santé, sans prévoir aucune alternative pour la population malgré les conséquences désastreuses que l’on pouvait anticiper sans grande difficulté. Et cela, avec une régularité et un acharnement tout à fait spectaculaire alors que de nombreuses institutions, sans grand caractère révolutionnaire particulier, n’ont cessé d’alerter les pouvoirs publics dès le début des années 20002 !   Concernant la médecine libérale, l’objectif officiel avancé par les décideurs publics était la maîtrise des dépenses de santé dès le début des années 70, dans un contexte où il était considéré qu’il y avait trop de médecins en France. Selon la politique de l’offre, celle-ci crée sa propre demande. Ce qui sous-entendait qu’une partie des soins (laquelle précisément ?) prise en charge par la collectivité était inutile, puisque simplement « produite » par l’offre médicale trop importante. Dans cette logique simpliste pour ne pas pas dire absurde (comment prouver l’inutilité d’une consultation ou d’un soin ?), il suffisait alors de diminuer l’offre pour que la demande s’ajuste miraculeusement sans dépense superflue.               Cette logique allait aboutir à la création du numerus clausus en 1971, qui correspond au nombre d’étudiants autorisés à s’inscrire en deuxième année de faculté de médecine selon leur classement au concours de première année, auquel viendront s’ajouter d’autres dispositifs à partir de 2010 (passerelles avec d’autres filières, droit au remords). Ce nombre est fixé par le gouvernement permettant la régulation précise du nombre de médecins formés chaque année. Ainsi il devenait possible de diminuer l’offre libérale et, par ricochet, celle des médecins hospitaliers. La longueur des études médicales entraîne un effet d’inertie important de ce dispositif. Les effets sur le terrain se faisant sentir à la hausse comme à la baisse sur une échelle de 10 ans en moyenne. C’est à dire que la situation actuelle résulte de décisions non prises à la fin des années 2000. Les syndicats de médecins libéraux ont ici une co-responsabilité dramatique avec les gouvernements des années 2000-2010. En effet, si les représentants des médecins se souciaient peu du niveau des dépenses de santé, il se souciaient beaucoup plus des revenus des médecins libéraux. Or, ces derniers étant rémunérés à l’acte, un trop grand nombre de médecins entraîneraient automatiquement moins d’actes par médecin donc une baisse de leurs revenus. C’est ainsi qu’est né l’argument de la « pléthore de médecins » repris en boucle au moment des débats sur la création du numerus clausus, et l’appui des syndicats de médecins à cette réforme3.                            La peur de la « pléthore » dans un système de paiement à l’acte reste bien ancrée dans l’imaginaire médical. Les syndicats ont réussi à ce que cette restriction de l’offre médicale ne soit pas associée à une régulation territoriale de l’installation des futurs praticiens par la puissance publique. Il est vrai que la densité médicale qui existait jusqu’au début des années 2000 provoquait une forme de régulation territoriale automatique puisqu’il était possible, du fait du paiement à l’acte, de ne pas gagner sa vie en cas d’installation dans une zone déjà bien pourvue en médecins, ce qui apparaît difficilement imaginable en 2022. Toujours est-il que cette absence de régulation géographique persiste encore aujourd’hui, dans un contexte démographique bien différent. A propos de la médecine générale, qui va beaucoup nous occuper dans cet article, le dernier rapport de novembre 2021 de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS)4, permet de mesurer les merveilleux effets de cette politique. Le rapport évoque avec pudeur une « pénurie manifeste » et avance quelques chiffres alarmants : – 64 % des Français renonceraient à se soigner à cause des délais de rendez-vous des praticiens ; – 10 % de la population n’a pas de médecin traitant dont plus de la moitié en cherche un et une part non-négligeable est atteinte de pathologie(s) chronique(s) ;  – 3 médecins généralistes sur 4 (72 %) admettent ne pas pouvoir répondre à la totalité des demandes de consultations non programmées pour le jour même ou le lendemain et 55 % d’entre eux estiment pouvoir répondre à moins de la moitié de ces demandes ;   – 148 cantons (sur 4055) étaient dépourvus de médecins en 2017. 80 % ont vu baisser leur démographie médicale au cours des dernières années. Pour avoir quelques données en tête : la densité standardisée moyenne5 de généralistes pour 100 000 habitants est passée de 173 début 2000 à 155 en 2012 puis 139 en 2021, soit une diminution de 20% en 20 ans.          Il existe également de fortes disparités territoriales. Sur la même période, la population a augmenté, vieilli et le temps de travail hebdomadaire par médecin a baissé, point sur lequel nous reviendrons. Ce qui signifie qu’une approche centrée sur la seule densité médicale sous-estime la baisse « réelle » du niveau d’accès aux soins. L’hôpital n’échappe pas à cette règle d’une longe érosion de ses moyens au cours des vingt dernières années. Différentes réformes successives7 ont abouti à son démantèlement en installant une bureaucratie de plus en plus puissante, à imposer une logique financière de tarification à l’activité et à réduire le nombre de lits.     Progressivement, le modèle de gestion s’est rapproché de celui de l’entreprise privée. Alors que le service public hospitalier a longtemps représenté un secteur préservé du Nouveau management public, il est désormais un acteur agissant et innovant dans cette nouvelle voie managériale. L’hôpital public est désormais géré comme une entreprise privée par des logiques gestionnaires de « rationalisation des coûts » et de mise en concurrence des structures entre elles, voire des services médicaux entre eux, visant «  l’efficience économique » et faisant de l’hôpital «  une nouvelle industrie ».                Finalement, l’ensemble de ces différentes réformes a entraîné une diminution forte du nombre de lits d’hospitalisation conventionnelle, dont la rhétorique habituelle consiste à contre-balancer cette baisse par l’augmentation parallèle du nombre de lits d’hospitalisation partielle, modalité qui ne répond pas à l’ensemble des défis à venir et déjà présents : maladies chronique et vieillissement de la population. Entre 2003 et 2019, le nombre de lits est passé de 468.000 à 393.000 et avec une forte disparité nationale.......    Nous refuserons ici l’hypothèse de l’incompétence de nos dirigeants, même si elle est souvent tentante et probablement pas complètement absente, ou encore de l’ignorance, puisque les données présentées ici sont connues depuis longtemps. Nous considérons au contraire que la situation sanitaire actuelle, tant de l’hôpital public que des PSPR, est le résultat d’une stratégie volontaire bien qu’en apparence un peu chaotique. La nomination de Jean Castex, qui a été la cheville ouvrière de la tarification à l’activité, donc de la destruction de notre hôpital public, au poste de Premier ministre en est l’illustration éclatante. Sa nomination en pleine pandémie est de ce point de vue une véritable provocation qui en dit long sur les intentions réelles du Président de la République.    Cette stratégie organisée repose sur une intrication de trois facteurs : sociologique, idéologique et institutionnel.    Le premier facteur est sociologique, de classe en réalité, il concerne la structure sociale de nos gouvernants qui sont par définition exclus du système de santé « normal ». En effet, leurs réseaux, leur position sociale, leur capital symbolique et financier les mettent à l’abri des dysfonctionnements qu’ils ont pourtant induits. Aucun ministre actuel ou ancien, ni aucun ancien Président, ni aucun de leurs proches ne connaissent les déboires d’attendre 3 mois un rendez-vous chez le spécialiste, ou de rester 48h sur un brancard aux urgences en attente d’un lit. En cas de problème de santé, un simple coup de fil suffit à trouver une solution, le passage par une consultation privée avec un dépassement à 3 chiffres ne posera pas de problème. L’attente, l’angoisse, la douleur, tout ce qui est majoré par la pénurie organisée, c’est pour les autres, le bas peuple. Le fait de ne pas sentir dans leurs corps les effets catastrophiques de leur politique est valable également pour leur politique sociale bien entendu, mais concernant le système de santé l’effet est visible et peut servir de catalyseur car le prix à payer pour la population est direct et très élevé : il s’agit de la vie ou de la mort. Le système de santé est un marqueur de classe très fort et visible, il faut s’en servir.       Afin d’aider à une salutaire reconnexion avec le réel, tout en restant dans l’anglicisme dont raffole nos gouvernements, nous proposons d’instaurer un « flat rate ministériel « (« forfait ministériel ») consistant à refuser toute autre prise en charge que par les urgences pour les ministres responsables et leurs proches, que nous étendrons volontiers aux anciens Présidents et parlementaires qui auront voté et approuvé l’ensemble des réformes délétères. Ainsi, après une attente de quelques jours sur un brancard aux urgences, peut-être que la réalité du terrain prendra une forme plus concrète que celle des courbes, graphiques et autres camemberts powerpoint admirés bien assis dans une salle confortable. Cynisme mis à part, cette déconnexion du réel est profondément structurante car, de leur point de vue, le système fonctionne bien malgré la politique d’austérité.      Le second facteur concerne l’idéologie capitaliste dans sa version néolibérale actuelle. Dans cette conception du monde, la concurrence doit devenir la règle partout, dans l’éducation comme dans la santé. Les dépenses publiques de ces deux postes doivent être diminuées au maximum et transférées sournoisement au secteur privé, forcément plus efficace. Toute dépense publique, autres que les cadeaux fiscaux aux plus riches ou aux entreprises, doivent donc être bannies et la santé comme l’éducation sont des « coûts » à réduire par tous les moyens.        Au début des années 2000, lorsqu’il est devenu clair que la pénurie allait s’installer, les gouvernements successifs ont augmenté le numerus clausus brutalement. Cela signifie qu’ils étaient conscients des difficultés qu’allaient rencontrer les Français à moyen terme. Ils auraient pu choisir d’augmenter drastiquement les effectifs pour faire face à ce risque. Pourtant, la solution retenue a été d’augmenter les effectifs de façon insuffisante pour laisser persister une pénurie, mais une pénurie moindre, qui devrait éviter une explosion sociale. D’où l’importance du facteur sociologique ci-dessus, seules des personnes immunisées contre les effets de leur propre politique pourraient se lancer dans une telle aventure avec autant de cynisme, mais avec quels objectifs ?    La seule hypothèse logique serait l’application de la recette néolibérale fétiche consistant à mettre en tension un service public ou une institution pour la forcer à se réformer. « Affamer la bête » comme les néoconservateurs américains l’ont théorisé. Sur le plan de l’hôpital public, la bête semble effectivement bien affamée. La prochaine étape dans cette stratégie serait le transfert définitif au privé de pans entiers des hôpitaux publics (hypothèse défendue également par l’économiste Gaël Giraud).               En revanche pour la médecine générale et les soins de premiers recours sinistrés, l’objectif paraît moins net, bien qu’une privatisation rampante soit envisageable par le biais de centres de santé privés. Nous pensons qu’il s’agit de prendre le contrôle, sous une forme étatique et donc bureaucratique, de l’ensemble des soins libéraux de premiers recours. Cela implique de revenir sur la liberté d’installation des médecins et d’augmenter les rémunérations forfaitaires afin de pouvoir contrôler de plus en plus les prescriptions, à l’aide d’objectifs évaluables donc chiffrés, exactement comme à l’hôpital. Le but ultime étant bien évidemment de pouvoir diminuer les coûts mais, ne nous y trompons pas, il y a également la volonté de prendre le contrôle des professionnels libéraux qui échappent actuellement pour une large part à l’emprise néolibérale par le biais de notre système de protection sociale qu’il s’agit, in fine, de détricoter. Il y a une raison structurelle à cela : notre Sécurité sociale représente une enclave hors marché intolérable, une possibilité d’alternative généralisée à l’économie marchande et donc au capitalisme néolibéral qui doit absolument être anéantie. Il ne faut pas d’espoir, il n’y a pas d’alternative. De plus, cette tension permanente sur le terrain est également utilisée comme une arme, afin de ne pas laisser aux professionnels de santé le temps de réfléchir aux causes réelles des dysfonctionnements. La tête dans le guidon en permanence, sous tension, l’organisation d’une résistance et d’une riposte en ville comme à l’hôpital s’avère très difficile. Elle serait pourtant très féconde si les PSPR et les hospitaliers parvenaient à s’allier autour de revendications communes.      Enfin, le troisième facteur est structurel : nous l’appellerons une « procrastination institutionnelle» . Les traités européens ont sanctuarisé l’ensemble des outils macro-économiques permettant habituellement à une nation souveraine de pouvoir orienter sa politique économique. Ainsi, la perte de contrôle de notre monnaie, la libre circulation des biens et des capitaux, puis le contrôle du budget par la Commission Européenne ont entraîné des conséquences désastreuses, en France tout particulièrement du fait de son histoire économique et sociale. Le pays s’est désindustrialisé, ce que toute la classe politique reconnaît en cette année électorale, bien que les modalités de réindustrialisation varient fortement d’une famille politique à l’autre. Dans le cas français, notre système de protection sociale étant majoritairement basé sur la cotisation sociale employeur/salarié, la destruction du tissu industriel devait automatiquement provoquer de fortes tensions pour le financement de notre Sécurité sociale. En l’absence de remise en cause du carcan européen, les gouvernements successifs enchaînent les années d’austérité budgétaire, dont la santé, l’éducation et de façon générale l’ensemble des politiques sociales subissent les effets délétères, au contraire d’autres dispositifs « incitatifs » centrés sur les entreprises dont les montants peuvent atteindre des sommes astronomiques.     Concernant la santé, et devant les projections catastrophiques de démographie médicale, il était donc tentant pour chaque mandature de remettre le problème à plus tard tout en faisant semblant de le prendre au sérieux. Cette attitude est possible du fait de l’inertie du système, une décision se jugeant à plus de 10 ans, la responsabilité n’apparaît pas immédiatement. Le système médiatique permet également aux anciens gouvernements de s’en sortir à moindre frais puisque le manque de lits et les déserts médicaux sont systématiquement présentés comme des données naturelles, malencontreuses certes, mais détachées de toute connotation politique. Cette procrastination institutionnelle est également facilitée par les structures économiques évoquées, qui jouent spontanément pour le maintien de l’austérité et donc à la réduction permanente et obsessionnelle des « coûts » que représenterait la santé.      Dans l’esprit bureaucratique, s’attaquer de front au problème et y remédier en augmentant drastiquement le numerus clausus dès 2005 par exemple, impliquait forcément une explosion des « coûts » insupportable. Les choix faits en matière de démographie médicale ont donc consisté à limiter la pénurie mais pas à la résoudre, en transférant ce délicat problème à la mandature suivante en détournant le regard des conséquences pour la population. Le creusement budgétaire ne pourrait donc pas leur être reproché, charge au gouvernement suivant de s’en débrouiller. Cette procrastination institutionnelle nous a fait perdre 20 ans dans le domaine de la santé, tout comme elle bloque actuellement toute prise en compte sérieuse de la destruction environnementale en cours.     Mais il ne faut pas que la population vienne perturber ce doux programme en ayant l’outrecuidance de résister à ce rouleau compresseur. Il faut donc la diviser et en particulier les professionnels de santé susceptibles d’obtenir une adhésion populaire en cas de résistance. L’opposition historique entre syndicats de médecins libéraux et hospitaliers a ici constitue un atout pour les gouvernements néolibéraux : il suffisait de se laisser porter par ce conflit ancien en l’alimentant subtilement de temps en temps. Ainsi, de rapports en rapports, la crise des urgences s’expliquerait par les manquements des médecins libéraux, et des généralistes en particulier. Entendons-nous bien, nous ne disons pas que les généralistes et leur organisation seraient parfaits et qu’il n’y aurait rien à redire, mais simplement que ce n’est pas le problème principal. On estime qu’environ 29% des consultations aux urgences pourraient relever de la médecine générale, mais celles-ci concernent des actes courts à la suite desquels les patients quittent le service.       Tous les médecins passés aux urgences (donc tous les généralistes puisque c’est un stage obligatoire durant l’internat) savent bien que la cause principale de l’embolisation des services d’urgence vient du manque de lits d’aval. Un urgentiste du CHU de Limoges témoigne, «  Actuellement, on a près de 130 passages par jour et on sait qu’on ne peut en hospitaliser qu’une quarantaine. »      C’est surtout parce qu’il n’y a pas de lits disponibles dans l’hôpital que la situation est intenable aux urgences. Donc le problème est de la responsabilité directe du pouvoir politique qui a organisé cette pénurie. Mais il est plus commode de prétendre que cela viendrait de la mauvaise organisation des généralistes, même si elle serait bien évidemment perfectible, cela n’ouvrira pas de nouveaux lits.                      La communication des gouvernements, depuis au moins 2010, pointe systématiquement la responsabilité des professionnels dans un objectif de division. Les problèmes de l’hôpital viendraient d’une mauvaise organisation interne, les déserts médicaux d’une mauvaise coordination des professionnels libéraux, la surcharge des urgences de la faute des généralistes. Curieusement, la responsabilité des pouvoirs publics, pourtant écrasante comme nous l’avons démontrée, est systématiquement écartée des rapports officiels. Il est évident que le pouvoir refuse d’endosser la responsabilité de la situation, il est préférable que la population l’ignore pour que celle-ci retourne son angoisse et sa colère contre les professionnels de santé et pas contre eux.    
Malheureusement cette stratégie semble fonctionner pour le moment d’où l’importance de travailler à une alliance entre les hospitaliers et les PSPR, puisque leur interdépendance est manifeste. Ils sont victimes des mêmes logiques structurelles, et celles-ci ne pourront trouver une résistance suffisamment puissante qu’en s’alliant sur des propositions claires. Une telle alliance aurait vocation à s’ouvrir ensuite à l’ensemble des citoyens afin de sensibiliser la population aux problématiques de protection sociale et débuter une forme d’éducation populaire à la gestion de ce système, comme le souhaitaient les fondateurs de la Sécurité sociale...."    [souligné par nos soins.,]              _

mardi 14 avril 2026

Le temporel et le spirituel

 Rome n'est plus dans Rome..                                                                                                                                     Voici revenu le temps oû le roi osait affronter le Pape? Ça s'est mal passé

    Louis Léon XIV entre en conflit avec un sous-pape, qui l'a bien cherché.

                                  Le super-pape illuminé de la Maison Blanche fait des siennes. Normal, il est le plus proche du créateur.

                  Qui ira au paradis?


                

        "...Léon ne serait pas au Vatican si je n’étais pas à la Maison Blanche. »




                  




  Même pas peur!
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Des abeilles et des hommes

Si fragiles, si indipensables 

    Nos travailleuses précaires, on ne le sait pas assez, son menacées. La surmortalité les guette, en partie de notre fait. Certains les disent en voie de disparition... La surmortalité les frappe. La pollennisation va-t-elle devenir un problème majeur?                                                                                                                                                   Jusqu'à quand seront-elles en activité, nos fidèles amies silencieuses et laborieuses? Elle se font plus rares depuis des années et cela commence à poser de sérieux problèmes. Pas seulement pour le délicieux nectar qu'elles nous offrent, mais surtout à cause du rôle fondamental qu'elles ont dans la pollinisation des  plantes indispensables à notre alimentation; directement ou indirectement, que ce soit en Chine ou en Europe.  La situation est devenue critique, au point de faire l'objet d'études approfondies et de colloques nationaux ou internationaux. Certains polluants chimiques sont régulièrement mis en question pour expliquer le déclin continu de nos amies des ruches, même si d'autres facteurs doivent jouer, d'ordre climatique et parasitaire.                 ___Le nouveau plan est loin de satisfaire tout de monde, loin de là. Il ne va pas au fond des choses et continue à faire la part belle à l'agrochimie à tout va, qui ne nuit pas seulement aux abeilles,  il n’a été modifié qu’à la marge par rapport à la version présentée en juin. Ménager la chèvre et le choux et tenant compte de puissants lobbies ne résoudra pas la question, vitale pour l'homme. La situation est critique, non seulement pour celui qui en vit. Malgré les mobilisations en cours et les recherches qui s'accumulent. C'est toute l'agriculture "moderne" qu'il faut repenser...

          Il n'y a pas que les abeilles qui sont concernées. C'est tout un monde d'insectes et de vie souvent microscopique en tous genres  qui est affecté.  Ce n'est pas l'expression d'un vague romantisme rousseauiste, même si l'admiration vis à vis de la richesse des sensations qu'elle nous offre et la profondeur de ses ressources infinies peuvent être aptes à nous émouvoir à certains moments. Nous en sommes une partie et nous sommes capables de vibrer avec ses forces profondes, de la manière la plus charnelle. Elle est une matrice, pas un tableau.                                                                                                 La nature n'est pas un décor, ni un spectacleL'écologie , ce n'est pas seulement le sort des ours blancs, sur lesquels on attire souvent nos regards compassionnels. Elle conditionne notre vie, dans des détails que nous ne ne soupçonnons guère. C'est toute la biodiversité qui façonne notre vie et celles des générations futures.  .. Nous sommes tous dans le même bateau, que nous le sachions ou pas. .Même la vie microbienne est fondamentale, vitale. Tout forme système. Dans les égards à l'égard de la nature dans toutes ses composantes, c'est notre sort qui est en jeu.                                              _____Il fut un temps où, depuis la fin de la guerre et les campagnes de démoustication de l'armée américaine, les insectes de toutes catégories n'avaient pas bonne presse, jusqu'à une période récente, où les premières alertes furent lancées.   Et si les petites bêtes qui piquent, qui souillent les pare-brises des voitures  n'étaient pas si inutiles que cela, malgré les gênes parfois occasionnées?

    
                  Une abeille peut piquer, mais qu'est-ce au regard de sa fonction fondamentale dans la pollinisation, comme l'avait déjà suggéré Einstein?         Il a fallu du temps pour prendre conscience de l'importance vitale du foisonnement et de la variété des insectes dans le cycle de la vie, de la chaîne alimentaire. On s'en compte bien tard, quand on constate la baisse sensible du nombre  des oiseaux, la régression de leur population. Un cycle se dégrade à grande vitesse, qui ne manque pas d'inquiéter les spécialistes. Les causes sont aujourd'hui bien connues.       Les insectes sont plus que nos alliés, sont plus que de fantastiques objets d'études. Malgré les inconvénients qu'ils apportent parfois. Ils présentent un monde foisonnant et fascinant. Le plus riche en espèces.

   _________Les insectes du monde entier  sont en voie d’extinction, menaçant d’un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels », s’est alarmé, fin janvier, la revue scientifique mondiale Biological Conservation. Plus de 40 % des espèces d’insectes sont en déclin et un tiers sont menacées, selon les chercheurs. Leur taux de mortalité est huit fois plus rapide que celui des mammifères, oiseaux et reptiles. Au cours des trente dernières années, la masse totale des insectes existant dans le monde a diminué de 2,5 % chaque année.   A ce rythme, s’inquiètent les scientifiques, ils pourraient disparaître d’ici à un siècle. « C’est très rapide. Dans dix ans, il y aura un quart d’insectes de moins, dans cinquante ans, plus que la moitié, et dans cent ans, il n’y en aura plus », a déclaré au Guardian dimanche 10 février Francisco Sánchez-Bayo, de l’université de Sydney (Australie), qui a collecté les données avec Kris Wyckhuys de l’Académie des sciences agricoles à Beijing (Chine). La plupart des études analysées ont été réalisées en Europe occidentale et aux Etats-Unis.
                             "...Encore une étude, une de plus, qui documente et alerte sur la dégradation en cours, irréversible, des écosystèmes naturels. Il est cette fois question de coccinelles, de papillons, de bourdons, de pucerons, de mouches, de criquets, ou encore d’abeilles. D’ici un siècle, selon la revue scientifique Biological Conservation, les insectes pourraient avoir totalement disparu. Le constat des chercheurs est vertigineux : le taux de mortalité de ces êtres minuscules est huit fois plus rapide que celui des mammifères ou des oiseaux. Plus de 40 % des espèces sont déjà en déclin et un tiers sont menacées. La faute à l’agriculture intensive, à la surconsommation de pesticides toujours plus performants pour tuer, mais aussi à l’urbanisation et au changement climatique. Cet effondrement a lieu partout autour du globe. A Porto Rico, où 98 % des insectes ont disparu depuis trente-cinq ans, mais aussi en Allemagne, où 75 % d’entre eux ont disparu dans des zones protégées. Bref, il se déroule juste devant nous, jour après jour. Il concerne les êtres auxquels, d’ordinaire, nous accordons le moins d’attention, invisibles à nos yeux et donc à nos consciences. Des êtres minuscules mais essentiels au bon fonctionnement de tous les écosystèmes, des êtres supposés insignifiants tant ils nous sont impénétrables, mais omniprésents et cocréateurs de notre monde. Car oui, humains, coccinelles, papillons, bourdons, pucerons, mouches, criquets ou abeilles, nous sommes tous dans le même bateau." (W.Zarachowicz)
___Un cercle vicieux redoutable.__________________