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mardi 17 mars 2026

Des gens comme vous et moi..

 Au cœur de la Philo 

                       Relire Orwell, plus que jamais d'actualité                                                                                                                                                                             Comment faites-vous au quotidien pour résister à la pression du groupe et/ou pour vous prémunir contre la haine collective ? Tout le monde connaît le célèbre ouvrage de George Orwell, 1984. Dans ce roman, il y a une scène qui m’a toujours marqué : C’est le fameux passage des Deux Minutes de la Haine. Pour rappel, chaque jour, les membres du Parti doivent regarder un film montrant Emmanuel Goldstein, l’ennemi de l’État. Et lorsque le visage de ce dernier apparaît à l’écran, la foule se met à hurler, insulter, crier sa haine. Deux minutes de haine pure et de rage si bien que même ceux qui pourraient être plus timides au départ finissent par être emportés par le mouvement collectif.


La scène m’a toujours troublée, car j’ai le sentiment que nous en avons des illustrations tous les jours [à des degrés moindres bien sûr] et ce malgré nos progrès en matière de droits humains et de tolérance.
Car pour peu qu’on fasse véritablement preuve de sincérité, et surtout d’honnêteté intellectuelle, il suffit juste de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur de l’histoire pour constater que les exemples de foules entières abandonnées à la haine sont malheureusement légion.
Les violences n’ont pas été uniquement le fait de “monstres” ou de “marginaux”. Elles ont malheureusement impliqué bien souvent des individus ordinaires, des gens comme vous et moi, qui, la veille encore, n’auraient sans doute pas fait de mal à une mouche. Et pourtant, dans certaines circonstances, parfois en l’espace de quelques jours, voire de quelques heures, ces mêmes personnes se sont retrouvées entraînées dans des violences collectives, parfois meurtrières.
Au Rwanda, lors du génocide, des centaines de milliers de Hutus qui entretenaient parfois des relations cordiales avec leurs voisins ont pu, en quelques semaines, se transformer en meurtriers de leurs voisins tutsis.
Avant et pendant la révolution française, les exécutions publiques étaient parfois accompagnées d’une véritable ferveur populaire. Des foules exaltées acclamaient la chute des têtes, brandies au bout de piques, parfois manipulées comme des trophées dans une atmosphère qui tenait presque de la fête.
Durant l’entre-deux guerre, une partie de la société allemande fut chauffée à blanc contre les juifs. L’un des sujets qui traverse l’œuvre Le Monde d’hier est d’ailleurs le basculement de ce monde. Dans son livre, Stefan Zweig s’interroge : comment une société si raffinée, à la pointe des arts, de la science et de la technique, a-t-elle pu basculer ?
De nos jours encore, il suffit d’observer la réception collective de certains discours pour s’en convaincre. Il y a des centaines de milliers de nos compatriotes qui applaudissent des propos appelant parfois aux pires exactions contre d’autres êtres humains, simplement parce qu’ils ont une couleur de peau différente ou parce qu’ils n’ont pas les « bons » papiers.
À la fin de la seconde guerre mondiale, après la découverte du génocide juif, beaucoup ont dit : « Plus jamais ça. » L’idée même qu’un tel crime puisse se reproduire semblait et semble encore inconcevable de nos jours pour nombre de nos compatriotes. Mais en est-on vraiment sûrs aujourd’hui ? Sommes-nous si différents, si supérieurs moralement à ceux qui nous ont précédés ?
Nous aimons croire que oui. Nous aimons penser que nos sociétés, plus instruites, plus démocratiques, plus tolérantes et plus conscientes de l’histoire, seraient désormais protégées contre de telles dérives. Mais nos prédécesseurs ont sans doute pensé la même chose de leur propre époque (Nos prédécesseurs disaient aussi de la première Guerre mondiale que ce serait « La Der des Ders »)
Et c’est peut-être là ce que je trouve le plus inquiétant, peut-être même le plus effrayant, dans toutes ces histoires. Lorsqu’on lit les témoignages et les travaux des historiens, on découvre que ceux qui ont participé/qui participent à ces violences sont rarement persuadés d’agir mal. Bien au contraire : ils pensent souvent agir au nom de bonnes raisons, au nom de la justice, des droits de l’homme (libération de peuples opprimées, fin des dictatures etc.), de leurs convictions.
« Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges » dit l’ami Nietzsche.
Je pense que si l’on avait interrogé des français moyens à l’époque de la colonisation, ou certains Américains au début de la guerre en Irak, ou encore les ouvriers français lorsqu’ils massacraient des travailleurs italiens à Aigues-Mortes du 17 août 1893, beaucoup auraient donné des justifications qui leur semblaient parfaitement légitimes.
On aurait peut-être entendu des phrases comme :
« Oui, mais tu comprends… les Boches nous ont quand même pris l’Alsace. »
Ou encore : « Oui, mais nous allons coloniser ces territoires pour apporter la civilisation à des peuples arriérés, pour mettre fin à leur pratiques barbares, aux violences qu’ils infligent dans le coin »
Ou bien : « Oui, mais les Juifs complotent, ils contrôlent tout, ils menacent notre société. »
Autant de propos qui nous paraissent aujourd’hui absurdes et spécieux. Et pourtant, à l’époque, ils pouvaient sembler plausibles, parfois même évidents, à ceux qui les prononçaient.
Aujourd’hui encore, des guerres continuent parfois d’être justifiées au nom de la défense des droits humains ou de la nécessité de « remettre de l’ordre » des sociétés jugées arriérées, sur fond de campagnes médiatiques contribuant parfois à enfermer des populations et des nations entières dans des catégories simplificatrices.
Les formes ont changé, le vocabulaire aussi, mais le mécanisme demeure remarquablement efficace.
Contrairement à ce que nous aimons croire, nous ne sommes pas immunisés contre la propagande. J’ai même parfois l’impression que nos sociétés contemporaines ont simplement développé des formes plus raffinées, plus subtiles et plus sophistiquées en termes de propagande.
Dès lors, une question me hante.
Comment s’en prémunir ?
Comment être certain que, placés dans certaines circonstances, nous ne serions pas nous-mêmes emportés par la logique du groupe, par l’émotion collective, par la pression de l’époque ?
Car cela m'a semblé toujours facile, depuis le présent, de juger les foules du passé. Mais l’histoire nous rappelle malheureusement ceci : collectivement, nous ne sommes pas immunisés. Nous pouvons, nous aussi, devenir la proie de peurs attisées, d’ennemis fabriqués de toutes pièces.
Et lorsqu’on croise les enseignements de la psychologie, de la sociologie et même de l’évolution, ce constat devient encore plus troublant. De nombreuses expériences en psychologie sociale (expérience de Solomon Ash pour exemple) ont montré/montrent à quel point les individus sont conformistes.
Et après tout, cela n’a peut-être rien d’étonnant. Nous sommes des êtres profondément sociaux. Depuis toujours, notre espèce dépend du groupe pour survivre. L’assentiment des autres nous rassure ; l’exclusion, elle, nous inquiète, pour des raisons encore une fois profondément anthropologiques. Dans ces conditions, résister à la dynamique collective demande parfois beaucoup plus de courage qu’on ne l’imagine.
Et il n’est même pas nécessaire d’aller chercher des exemples historiques extrêmes pour le constater au quotidien
Combien de fois n’ai-je pas vu, de mes propres yeux, des étudiants sympathiques et/ou même des collègues pourtant « bien sous tous rapports » se laisser entraîner dans ce type de mécanisme ? Il suffit parfois qu’une classe prenne quelqu’un en grippe pour que, sous la pression du groupe, certains camarades se mettent à participer eux aussi aux moqueries ou aux mises à l’écart. Comme si, sous l’emprise de la foule, notre esprit critique s’éteignait peu à peu.
D’ailleurs, qui d’entre nous n’a jamais, sous l’effet du groupe ou simplement par peur du regard des autres, fait ou dit des choses qu’il a regrettées plus tard; des choses dont il savait pourtant, au fond de lui, qu’elles étaient stupides ou injustes ?
Alors, je vous pose la question.
Dans un monde malheureusement polarisé, en proie quotidiennement à des indignations permanentes (et encore une fois, pour de bonnes raisons !) et de passions collectives, sommes-nous réellement capables d’échapper à cette fameuse mécanique des Deux Minutes de la Haine telle que décrite dans le roman d’Orwell ?
Comment faites-vous concrètement, pour que votre esprit critique/indépendance d’esprit ne soit pas emporté par le mouvement du groupe ? Comment résistez-vous à la tentation d’hurler avec les loups au quotidien ?
Votre opinion/avis m'intéresse vraiment.
Wilfried M.
Quelques commentaires subsidiaires :
1. Que les choses soient claires : dans cet article, je ne suis nullement en train de dire qu’il faudrait se méfier de toute conviction et renoncer à agir dans le cadre d’une dynamique collective. L’histoire montre au contraire que certains des plus grands progrès moraux ont été portés par des femmes et des hommes animés de convictions extrêmement fortes, adossées à un réel élan populaire (cf Martin Luther King, Nelson Mandela, Rosa Parks etc.)
Je sais également que trop de recul, trop d’analyse, trop d’intellectualisation peuvent aussi conduire à une autre forme de dérive : l’inaction ou la passivité. On peut passer sa vie à disséquer les mécanismes du monde sans jamais rien faire pour le transformer.
Bref, ce que je défends ici est autre chose : une certaine éthique de la vigilance et du doute. Une disposition d’esprit qui consiste à se méfier de la facilité des certitudes, à examiner ses propres jugements, et à rester attentif aux mécanismes collectifs qui peuvent parfois nous entraîner plus loin que nous ne l’aurions imaginé.
2. Je ne prétends nullement être une autorité morale, ni détenir des réponses définitives. J’en suis même très loin. Comme tout un chacun, je suis moi aussi exposé à quantité de biais, d’erreurs de jugement et de perceptions trompeuses.
Cet article n’a donc pas pour ambition d’asséner des vérités ou une vérité, mais plutôt d’ouvrir un espace de questionnement. Une invitation à réfléchir, collectivement, aux mécanismes qui peuvent parfois nous entraîner là où nous n’aurions jamais imaginé aller.
A ce titre, c’est sans doute la raison pour laquelle j’ai toujours apprécié certains dialogues de Platon, les fameux dialogues dits aporétiques. Ceux dans lesquels la discussion ne se clôt pas par une réponse définitive, mais par une conclusion ouverte : les interlocuteurs n’ont pas nécessairement trouvé la vérité, mais ils ont, au fil de l’échange, déplacé leur regard, affiné leurs questions, et parfois même remis en cause certaines de leurs certitudes.
Bref, comme le dit si bien Bernard Werber : « L’important n’est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir. » ____

USA: liberté de la presse en péril

Censure, chasse aux sorcières

                     Et propagande tous azimuths

        Le locataire de la Maison Blanche fait ce qu'il a promis: mettre de l'"ordre" dans la pensée, la lecture, la culture....Tout doit être conforme aux injonctions et aux fantaisies du mage de Washington, de la bien-pensance du moment. définie au sommet, bien sûr . Même si une certaine censure est déjà ancienne aux USA.                                             D'abord redéfinir le paysage médiatique, pour éviter toute pensée déviante et critique. Nettoyer aussi les bilbiothèques, pour éliminer tout ouvrage non conforme à la pensée officielle, surtout destiné à la jeunesse, jusqu'à produire une autocensure des institutions culturelles.  "...Cette évolution intervient dans un climat politique particulièrement tendu autour de l’accès aux livres. Depuis plusieurs années, les bibliothèques américaines se trouvent au cœur d’un affrontement sur la présence d’ouvrages abordant des thèmes tels que les identités de genre, les questions raciales ou la sexualité. Les organisations professionnelles recensent des niveaux inédits de contestation..."                                                                                                              Pas de nouvelles "déformées" dans la presse ou sur les ondes. Même CNN peut être visée.    "...Depuis son premier mandat, le président américain qualifie régulièrement les publications négatives de « fake news » et a pris des mesures pour restreindre les accès de la presse depuis son retour au pouvoir. La Foundation for Individual Rights in Education (FIRE), organisation américaine de défense de la liberté d’expression, a qualifié l’avertissement « autoritaire » de M. Carr de « scandaleux ». « Lorsque le gouvernement exige que la presse devienne le porte-parole de l’Etat sous la menace de sanctions, c’est que quelque chose ne va vraiment pas », a-t-elle déclaré, sur X, en réponse au message de Brendan Carr.?.."   


                                                                                                     ___       " Donald Trump
revenu au pouvoir en janvier 2025 pour un second mandat, et ses fidèles du mouvement Maga, remodèlent peu à peu le paysage informationnel des États-Unis. Destruction des faits, saturation de l’attention et complotisme sont leurs outils, partagés auprès de la mouvance identitaire et conservatrice en Europe....Un écosystème médiatique alternatif s’est consolidé très rapidement, avec des plateformes vidéo et des réseaux sociaux financés et dominés par les conservateurs, parmi lesquels le propre réseau de Donald Trump, Truth Social. Le rachat de Twitter par Elon Musk, en 2022, a amplifié cet écosystème en assurant l’interconnexion de l’ensemble.  Donald Trump a eu, pendant plusieurs décennies, une relation symbiotique avec les médias traditionnels, inséparable de sa carrière de promoteur puis de star de la téléréalité, et enfin d’homme politique. Mais il est passé d’une dépendance mutuelle à un affrontement direct, exigeant la soumission sous peine de destructionDonald Trump n’a désormais plus besoin des médias pour atteindre son public. Il les attaque, les poursuit en justice, menace leur crédibilité et, in fine, leur modèle économique. Le Congrès (à majorité républicaine) a par ailleurs validé l’essentiel des coupes budgétaires dans les médias publics, menacés de disparition.   Dès son retour aux manettes, Donald Trump a aussi favorisé les nouveaux supports médiatiques loyaux, transformant la composition de la salle de presse de la Maison-Blanche. Parmi les personnes accréditées, on trouve par exemple Brian Glenn, de Real America’s Voice, une chaîne fondée en 2020 qui retransmet tout ce que fait Trump sans commentaire. C’est Brian Glenn qui, en février 2025, a reproché à Volodymyr Zelensky de ne pas porter de costume-cravate lors de sa rencontre avec Donald Trump et J. D. Vance dans bureau Ovale...."


 ___  Bref, une guerre de l'information. Quelle différence avec les méthodes utilisées naguère par les fascismes européens? Contrôler la presse, c'est pouvoir diriger les esprits.                  La culture est malmenée. Un mouvement orwellien est en route.      Sans résistance significative de la part des élites  velléitaires   ou timorées                                                            Les livres sont dangereux, ironisait déjà Voltaire....

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lundi 16 mars 2026

Où est la violence?

  Disent-ils...

 
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En vrac

__  IA et maths                                                                                                                                                                                  En ce domaine purement formel, ce n'est pas pour étonner. Dans certaines limites seulement?

__ Tik tok et radicalité                                                                                                                                                                          Cela n'étonnera personne

__  Nucléaire en question                                                                                                                                                                           Quel sera le cap

__ Religion à la rescousse                                                                                                                                                                            Dieu n'est jamais loin de Trump

__ Un détroit pas comme les autres

                                                                Casse-tête et confusions


__ Gaza:                                                                                                                                                                                     la crise sanitaire s'approfondit

__ Bibi sans garde-fou                                                                                                                                                                            Il trace sa route. Le silence vaut approbation

__ Malédiction pétrolière                                                                                                                                                                           Souvent vérifiée

__ Liban: danger                                                                                                                                                                            Menacé de tous côtés

__Des morts "justes"?                                                                                                                                                                         Lourdes pertes

__ Prédation par l'IA

__ Dérives américaines                                                                                                                                                                         Toutes les voix critiques ne sont pas éteintes aux USA

__ Après Hiroshima                                                                                                                                                                            Toujours matière à réflexion

__ "Brebis galeuses "                                                                                                                                                                             Comment s'en débarrasser?

__ Iran et le nucléaire

           “L’Iran n’était pas à deux semaines de la bombe (nucléaire), ce n’est pas vrai”, affirme Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique                   _______________


dimanche 15 mars 2026

Habermas s'en est allé

      Entre radicalisme et réforme

                Un intellectuel combatif

                    Modernité en danger   
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Petit billet du dimanche

__ Défi

__ Cadeau

__ Récupération

__ Confusions

__ Ambitions

__ Survivre

__ Fraudes

__ "Normalisation"

__ Toujours plus!

__ Ultra-orthodoxes

__ Piège suédois

__ Femmes de Gaza                

__ Loi du plus fort

__ Calcul dangereux

__ Espagne différente?

__ Tatas flingueuses

__ Emprise territoriale

__ Révolution industrielle?

__ Signaux contradictoires

__ "Normalisation" italienne

__ "Béni soit l'Eternel"...

__ Histoires de journalistes

         _____________ Point de vue: le droit de s'étendre  ____________

samedi 14 mars 2026

Prévoyance chinoise

   Des réserves anticipées

                  Une stratégie de long terme

                               

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Trump, chef de guerre

           C'est bien connu, puisqu'il l'affirme, Donald est un chef de guerre d'exception, même si c'est le prix Nobel qui  motive sa très modeste personne. Son expédition moyen-orientale risquée va-t-elle se solder par un succès sur l'intransigeance iranienne ou est-elle destinée à s'embourber, malgré la mise au pas de l'armée. Par manque d'anticipation, notamment. La simple opération punitive risque de tourner au cauchemar pour lui, dans cet affrontement non conventionnel, où une certaine cohésion se produit. Il n'a pas retenu la leçon les revers cinglants de Bush junior dans cet "Orient compliqué", comme disait de Gaulle déjà à son époque. Cela n'a rien à voir à l'opération vénézuélienne rondement menée. Il s'agissait déjà de pétrole. Depuis la fin de l'occupation ottomane, qui jouait le rôle de stabilisateur, c'est crise après crise, conflit après conflit, montée des extrêmes, alimentée par des courants islamistes extrêmes.    


                                                                                                                                          Officiellement, les USA ne veulent plus se mêler de ces conflits locaux. Dans les faits, leurs intérêts pétroliers qui les tiennent à l'Arabie saoudite, depuis 1945 notamment, les ramènent dans cette partie du monde et les conduisent  à trahir la doctrine Monroe, remise au goût du jour. Mais, " ...de la part d'un Président qui, dans son discours d’investiture, avait promis qu’on mesurerait son succès à l’aune des guerres dans lesquelles il ne se laisserait pas entraîner, l’année écoulée a comporté son lot de surprises. En revanche, la position de M. Graham n’a pas changé depuis trente ans. Un peu comme ceux qui vont répétant que l’Amérique décline, que ses coups de boutoir ne sont que convulsions et râles d’un empire agonisant, ou comme les européistes qui réagissent à l’avalanche de faillites de l’Union européenne en réclamant une organisation encore plus fédérale du continent, l’influent sénateur de Caroline du Sud ne possède qu’une clé à son trousseau : la guerre. Y compris quand il s’agit de débarrasser un allié — Israël, par exemple — d’un ennemi — au hasard, l’Iran. Dans l’avion présidentiel qui le ramène de Mar-a-Lago, M. Graham va donc demander à son ami et partenaire de golf — on prétend qu’il laisse gagner M. Trump pour entretenir leur amitié — de tuer l’ayatollah Ali Khamenei, « Hitler moderne » et « nazi religieux ». Au risque d’un embrasement régional ? Nullement, car, « si tout se passe bien, la paix intervient. Tout le terrorisme parrainé par un État s’arrête. Le Hezbollah, c’est terminé. Le Hamas, c’est terminé. Israël et les Saoudiens font la paix. Et c’est une nouvelle ère pour le Proche-Orient (1) ». Une opération militaire, et l’arrière-cour américaine est débarrassée des narcoterroristes ; une autre guerre, et le Proche-Orient s’éclaire..." La magie pourra s'opérer, prix Nobel à la clé!...                                                                                                                                                   C'est Pete qui est à la barre, alors cela risque d'être compromis, avec son projet de vengeance destructrice. Un piège, dans une guerre sans fin? On a connu cela en Afghanistan. Les risques d'embrasement se précisent, qui ferait le jeu de Téhéran...Les gros sabots de l'oncle Sam risquent de mener au pire. L'impasse politique joue contre le généralissime au discours fumeusement pacifiste, qui n'a toujours pas la moindre accord du Congrès...Pour s'engager dans la seconde guerre mondiale, Roosevelt dû déployer pas mal de moyens et de persuasion pour faire accepter l'entrée en guerre. Plus tard, Bush utilisa la ruse et le mensonge à l'ONU pour s'engager dans la piteuse et meurtrière aventure irakienne. On a vu ce qu'on a vu... Et quand Dieu est mêlé à l'affaire...          __ Questions en suspens ______

vendredi 13 mars 2026

Ils s'accrochent

    A Gaza (ou ce qu'il en reste...) et en Cisjordanie

                            

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Fukushima: y revenir...

 Un événement que reste en mémoire par son ampleur et ses conséquences.                                                                                              Je m'en souviens comme si c'était hier et ai suivi les événements au jour le jour. Dès que l'on a eu connaissance de la catastrophe, beaucoup comme moi ont pris conscience de l'ampleur  de l'événement et des risques gravissimes pour tout le Japon, Tokyo n'étant pas très éloigné. Beaucoup fuyaient la capitale. Heureusement les vents furent plutôt orientés nord-ouest, ce qui limita la contamination sur le sol nippon. Heureusement aussi, l'équipe de la centrale pris le risques de décisions non conformes à celles qui étaient dictées à distance. Longtemps la question se posa: comment un pays aussi avancé technologiquement que le Japon a-t-il pu si mal apprécier et anticiper les risques d'un tsunami géant qui ravagea une partie est de l'île: une ampleur jugée improbable, malgré les risques permanents. Un sacré paradoxe!   Un cauchemar nucléaire. La confiance en la société Tepco a été ébranlée pour longtemps. Comme l'optimisme général régnant concernant le choix du nucléaire. Heureusement que le nombre de décès fut relativement limité par rapport au  précédent, Tchernobyl. Les vents vers le Nord Ouest y furent pour quelque chose. Un démantèlement qui peut durer jusqu'en 2060, après des années de  décontamination de la terre et de l'eau, dans des conditions parfois délicates et discutables    . Une affaire loin d'être classée, malgré le traitement des déchets et le lent démantèlement.                                                                                                                                                   Les répliques politiques de l'événement furent considérables. La suspicion concernant le nucléaire connut son effet le plus spectaculaire en Allemagne, où la chancelière dut renoncer au nucléaire sous la pression des Verts et se tourner vers d'autres sources d'énergie, gazière russe notamment et minière, sur son propre sol. En France, le débat rebondit sur le choix du nucléaire et les politiques d'investissement dans ce secteur marquèrent le pas...Le Japon revient à un investissement massif dans ce domaine si critiqué par la population, qui continue de s'interroger sur les conséquences durables de ce événement traumatisant. La responsabilité de Tepco fut minimisée. Le débat est toujours en cours sur les conséquences sanitaires de cet accident majeur, que le pouvoir s'employa à minimiser, après les regrets publics de l'ancien premier ministre.  Le débat continue, à bas bruit. L'euphorie nucléaire d'aujourd'hui en France ne doit pas faire oublier que le risque "0" n'existe pas.   Le Japon tout entier vivait sur un mythe, celui de la sécurité nucléaire absolue. "...« Tepco (l’exploitant de la centrale accidentée) avait lancé une vaste campagne de propagande dans les villes où la compagnie a construit des sites nucléaires. D’après elle, ses centrales nucléaires étaient les plus sûres du monde par leur système de sécurité et de défense. On croyait donc au “mythe de sécurité” ; on n’aura jamais d’accident et on n’aura jamais besoin de s’en inquiéter. Voilà, les habitantes de ces villes avaient subi un lavage de cerveau total de la part de Tepco... On n’a donc jamais pensé qu’un accident pouvait s’y produire... » Un fonctionnaire de la ville voisine de Futaba raconte : « Je pensais que même si un accident se produisait, on pourrait le régler en 24 heures. Donc, les exercices qu’on faisait à Futaba étaient basés sur l’éventualité d’un accident de ce niveau. Nous n’étions pas préparés pour faire évacuer tous les habitants de Futaba... » (les deux citations sont extraites d’un mémoire réalisé par Rina Kojima, étudiante qui a travaillé avec les chercheurs du projet Devast). Comment une telle croyance a t-elle pu s’installer, au détriment d’une perception réaliste des faits ? Lors de la conférence de l’Iddri, le professeur Noriyuki Ueda, anthropologue à l’Institut de technologie de Tokyo, a démonté la construction du mythe japonais de la sécurité nucléaire...                                   __  Débats toujours en cours   __


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