Il est d'or, dit-on.
Une dimension ambivalente
_____________CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
La citoyenneté et sa formation en péril [Bis repetita]
Dans la vague populiste montante, il devient de plus en plus difficile pour le citoyen moyen, surtout s'il lit peu et ne dispose que de peu de moyens d'information relativement sérieux, de culture minimale et d'esprit critique un peu exercé, de se forger une relative bonne opinion de la la marche du monde et de ses implications dans le réseau des actions politiques et économiques. De s'informer, quoi! Même si une presse totalement objective n'existe pas au sens strict. Pas plus qu'un relai télévisuel, même non orienté, non marchandisé ou non partisan. Ce qui n'exclut pas des ligne éditoriales différentes. Ne parlons pas des réseaux dits sociaux, qui véhiculent le meilleur et le pire, jusqu'aux fake news les plus grossiers. C'est aujourd'hui au niveau mondial que se pose le problème. Les ados sont particulièrement visés, mais pas seulement. La confiance est ébranlée sur les sujets les plus discutés, où les esprits se crispent, enracinés dans leurs idées préconçues, leurs parti-pris. La polémique domine. Les échanges critiques fondés et argumentés se réduisent au profit d'opinions le plus souvent non vérifiées ou seulement affectives ou partisanes, voire passionnelles. "... Les conditions de l'indépendance de l’information sont les premières à avoir été balayées. Dès la fin de la décennie 2020, les grandes entreprises du numérique ont définitivement capté le marché de la publicité. L’assèchement des recettes publicitaires a conduit tous ceux qui en dépendaient, même partiellement, à la faillite. Plusieurs acteurs de l’information autrefois essentiels sont devenus une cible de choix pour ceux-là mêmes qui les ont privés de cette source de revenus. Certains ont été intégrés, dans une logique de concentration horizontale, à ces grandes firmes du numérique qui contrôlent désormais toute la chaîne de valeur, des matières premières aux terminaux en passant par l’infrastructure. Les autres sont réduits à un rôle de sous-traitants, fournisseurs de données dites « propres ». Dotée jadis d’une valeur commerciale directe (par la publicité, la vente au numéro ou à l’abonnement), l’information n’a plus, pour ces grands acteurs du numérique, qu’une valeur indirecte. Au premier rang desquelles l’information résumée à sa plus stricte expression, sa plus stricte valeur d’usage : de la data – et encore : de la data moins qualifiée que celle récoltée directement par ces entreprises de la tech auprès des publics, en aspirant leurs données (émotionnelles, de santé, communication, travail, consommation, etc.) du berceau à la tombe. L’information indépendante d’intérêts économiques n’existe donc plus. C’est ensuite la vérification qui est devenue impossible. La désintermédiation initiée par les réseaux sociaux au début du XXIe siècle, couplée aux progrès de l’intelligence artificielle générative a donné naissance à une industrie du faux sans précédent. Parler de « faits », de « vrai » qui serait opposé au « faux », est, depuis le début des années 2030, devenu impossible. Au-delà des tentatives de manipulations géopolitiques, au-delà de son exploitation par des acteurs politiques internes, ce sont finalement les publics eux-mêmes qui ont donné le coup de grâce à la notion de vérification, en décrochant de l’information. Ils ont tout simplement fini par s’en détourner complètement, démunis devant le coût de plus en plus élevé de vérification leur incombant en bout de chaîne. Pris en étau entre le déluge d’informations et l’indistinction des contenus, les citoyens ont fait un choix radical : celui de l’évitement..." Et le ludique finit par primer sur le théorique. Comprendre est devenu trop compliqué et fatigant, à l'heure de l'homme pressé . La démocratie en pâtit. C'est le choc des opinions sans modération. "Comprendre est souvent devenu superflu. Les avis ou les prises de parti se donnent à l'état brut. Une certaine "brutalisation" des débats se généralise, les mots devenant des armes, les réponses jaillissant avant la réflexion, comme si vaincre valait plus que convaincre. Le débat sur la labellisation qui agite certains responsables est biaisé. L'heure n'est pas à un contrôle plus ou moins officiel de l'information , mais à un réalignement des organes qui se veulent encore d'information sur leurs fondamentaux et sur la fidélité à la déontologie journalistique, souvent si mal respectée. Personne ne devrait y échapper. Y a du boulot! ________________
Du sérieux au rires multiformes
Le rire, cette attitude humaine jugée souvent peu sérieuse, divertissante, légère, parfois objet de condamnation pendant une période où il fut fustigé, voir diabolisé: qu'on songe au Nom de la rose de U.Eco, où l'auteur reprend une certaine tradition monacale où le rire était banni, souvent perçu même comme "diabolique". Une perception que n'avait pas le monde grec, où la notion de péché était exclue, ce qui n'excluait pas le tragique. L'humour avait sa place dans le monde gréco-romain. Plus qu'on ne le pensait. L'"innocence" du monde et de la destinée humaine, jugée sans jugement final, donnait, selon Nietzsche, une légèreté particulière, sans culpabilité.
Rabelais: il « vaut mieux de rire que de larmes écrire », reprenant une idée déjà présente chez les Anciens comme Aristote. _________________
__ Inédit
__ Scale AI
__ Inquiétude
__ Epidémies
__ Grignotages
__ Cyberattaque
__ Concurrence
__ Improvisation__ Mer toxique
__ Meta en cause
__ Effets d'éclipse
__ Puces en hausse
__ Eau et agriculture
__ Fonds de tiroir
__ Baleines: c'est assez!
__ Planche de salut
__ Problème de main d'oeuvre
____ Ukraine: durer et endurer ________________
IA: question de dosage, de feeling et de raison
Devant ces nouveaux moyens encore au berceau, concernant les IA génératives, mais à l'évolution galopante, comment se situer? Adopter l'enthousiasme naïf de Laurent Alexandre, qui fait de l'IA une nouvelle religion, dénigrant toute formation universitaire jugée désuète? Ou garder une distance prudente et critique, car ce sont certaines de nos fonctions essentielles qui sont en question, des facultés qui peuvent en pâtir, par effet rétroactif. Le deskilling guette... Il existe un grand risque :" ...Moins de trois ans après le lancement de ChatGPT, 42 % des jeunes Français utilisent déjà les IA génératives quotidiennement1. Des études commencent cependant à pointer l’impact négatif de ces technologies sur nos capacités cognitives...L’utilisation massive d’Internet et des réseaux sociaux a déjà fragilisé notre rapport au savoir. Bien sûr, ces outils ont des applications formidables en termes d’accès à l’information. Mais contrairement à leurs promesses, ils opèrent moins une démocratisation des connaissances qu’une illusion généralisée du savoir. Je ne crois pas exagéré de dire qu’ils poussent globalement à une médiocrité intellectuelle, émotionnelle et morale. Intellectuelle parce qu’ils favorisent une surconsommation de contenus sans véritable analyse critique, émotionnelle parce qu’ils occasionnent une dépendance toujours plus profonde aux stimulations et au divertissement, et morale, parce que nous sommes tombés dans une acceptation passive des décisions algorithmiques.... En 2011 déjà, une étude avait mis en évidence l’ « effet Google » : quand nous savons qu’une information est accessible en ligne, nous la mémorisons moins bien. Or, lorsque l’on n’entraîne plus sa mémoire, les réseaux neuronaux associés s’atrophient. Il a également été prouvé que les notifications, alertes et suggestions de contenus incessantes sur lesquelles s’appuient massivement les technologies digitales réduisent considérablement notre capacité de concentration et de réflexion. Moins de capacités de mémorisation, de concentration et de réflexion conduisent à une pensée appauvrie. Je crains fort que l’usage massif des IA génératives n’améliore pas la situation...des travaux3 menés par des chercheurs qataris, tunisiens et italiens indiquent ainsi qu’un usage massif des LLM fait courir le risque d’un déclin cognitif. Les réseaux neuronaux impliqués dans la structuration de la pensée, dans la rédaction de textes, mais aussi dans la traduction, dans la production créative, etc. sont complexes et profonds. Déléguer ces efforts mentaux à l’IA conduit à une « dette cognitive » cumulative : plus l’automatisation progresse, moins le cortex préfrontal est sollicité, laissant présager des effets durables en dehors de la tâche immédiate Les IA génératives ont tout pour nous rendre dépendants : elles s’expriment comme des humains, s’adaptent à nos comportements, semblent avoir réponse à tout, ont un fonctionnement ludique, relancent sans arrêt la conversation et se montrent extrêmement complaisantes à notre égard. Or, la dépendance est nocive non seulement parce qu’elle potentialise les autres risques mais aussi en elle-même. Elle peut engendrer un isolement social, un désengagement réflexif (si une IA peut répondre à toutes mes questions, pourquoi apprendre ou penser par moi-même ?), voire un sentiment d’humiliation profond face à l’incroyable efficacité de ces outils. Rien de tout cela n’est très enthousiasmant pour notre santé mentale..."
Pour comprendre ça?
Les objectifs de l'extrême-droite sont clairs ______________
Envers et contre tout
On dit que la musique adoucit les moeurs. C'est généralement le cas pour la plupart des styles de musique, à une époque donnée. Mais il est des musiques propices à stimuler le pire, comme disait Brassens à propos de certaines musiques militaires ou des usages pervers, même des plus belles oeuvres. Mais la musique peut entrainer, galvaniser, unir. Elle peut même jouer un rôle fédérateur pour les meilleures causes, ouvrir à l'espoir, parfois dans des situations critiques, voire désespérées. Cet orchestre pour la paix représente un fragile espoir de réconciliation dans l'enfer actuel vécu au MO.
C'est ce qu'a compris Daniel Barenboïm, pianiste et chef orchestre israëlo-argentin, qui a consacré une partie de son activité et de sa vie à former et à diriger une formation israëlo-palestinienne, pour contribuer à sa manière à avancer vers une reconnaissance mutuelle, même dans les pires moments. Une épopée qu'on peut juger "folle", mais un grain sable exemplaire, initié par un passeur déterminé . Malgré son état de santé. __ "... Quand Daniel Barenboïm prend la plume le 10 octobre 2023 sur ses réseaux sociaux, trois jours après le bain de sang commis par le Hamas, son ton est grave. Malgré la maladie neurodégénérative qui le diminue, le chef d’orchestre né à Buenos Aires en 1942 veut rester lucide face à cette « tragédie dont les conséquences se feront sentir longtemps ». Il condamne « avec la plus grande fermeté » le « crime odieux » commis par les terroristes palestiniens, avant de dénoncer « le siège israélien de Gaza », qui « constitue une politique de punition collective, qui est une violation des droits de l’homme ». Ses mots sont pesés, mais clairs et précis. D’autant que le maestro israélo-argentin est au courant des soubresauts que provoquent ces terribles événements au sein de l’Académie Barenboïm-Saïd. Installée à Berlin, cette école prolonge l’aventure du West-Eastern Divan Orchestra (« Orchestre du Divan occidental-oriental », Wedo) en formant ses futures étoiles. Le 13 octobre, après avoir rencontré les élèves, il publie, cette fois sur le site de sa fondation, une tribune pour rappeler la « valeur inestimable » qu’a « le simple fait que des musiciens arabes et israéliens partagent la scène ».