Après avoir révolutionné la géographie.
J' ai appris la géographie à l'école primaire dans les années cinquante. J' étais devenu imbattable sur la connaissance des départements, de leur chefs-lieux, et de leurs (parfois très nombreuses) sous-préfectures ; aussi sur les affluents de la Seine, dans l'ordre, avec les principales agglomérations traversées. Sans oublier les principaux sites agricoles et industriels de l'époque, de même que les colonies, jugées alors parties intégrantes de l'"empire français"...Cela a débouché sur une très bonne note au certif'. Je me croyais géographe...J'avais juste une bonne mémoire, mais pas une connaissance vivante du milieu. C'était une géographie "morte", sans âme. séparée de la culture et de l'histoire, bien sûr. On ne voyait pas le rapport. Comme si un paysage, un relief, une forêt, un cours d''eau n'avait pas eu à subir une empreinte humaine, parfois profonde. Il a fallu attendre pour que la nouvelle histoire émerge, dans le contexte des longues durées et que certains pionniers donne à la géographie une dimension humaine, historique, voire politique. Ce fut le début de la géohistroire. Vint Yves Lacoste, père de la géographie profonde, de la géopolitique, faisant un pas de plus, montrant combien la géographie, l'art des cartes surtout, avait pu être une élément clé des aventures militaires des Etats, depuis au moins l'empire chinois. Les limites de la souveraineté devaient souvent se matérialiser, surtout dans l'art de la guerre. La question des frontières devient rémanentes. La géographie devient politique. Les cartes n'ont qu'une valeur provisoire, éphémère à l'échelle de l'histoire des hommes, qui, au début, ignoraient la notion de territoire, au sens politique. Les chasseurs-cueilleurs n'avaient pas de passeport...
On comprend que nous puissions être perturbés par des changements lents ou rapides au niveau des territoires, qui se font et se défont, au niveau des frontières qui se déplacent au gré des péripéties historiques et parfois écologiques. Il suffit de comparer entre elles les cartes de la Pologne ou de l'Autriche depuis quelques siècles...Voyez l'Ukraine.Il semble qu'on n'en ait jamais fini avec les problèmes de frontières. Les guerres surtout sont suivies de redistributions de territoires, contraintes ou négociées, sources parfois de nouvelles instabilités. Comme après la guerre de 14, de manière spectaculaire. Staline et Churchill ont été orfèvres à ce jeu-là, reconfigurant l'Europe sur un coin de table, comme on le dit...
, Combien de fois l’Europe a changé de frontières en 25ans? ______________________
