Une logique trop connue
__ Un choix politiqueHORIZONS ET COUPS DE COEUR (ou de gueule)
CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
vendredi 28 août 2026
La patate n'a pas la frite
Cette année
On comprend pourquoi La base de notre alimentation va faiblir et la frite se fera petite et rare. Les patates ressemblent souvent à des chiques cette année. Au grand désespoir de Mac Cain... Nous sommes -momentanément- dans la purée.... La patate en Europe n'a pas une si longue histoire, même si ses origines andines sont lointaines. Sur le marché européen, sa production est importante, plus ou moins constante. Elle a monté en flèche. La frite surgelée ne connaît pas de frontières. La frite industrielle inonde le marché mondial. Une spirale productiviste et des patatiers asservis. Il va falloir progressivement choisir entre son commerce sans frein et les exigences climatiques. Mais ce n'est qu'un exemple...
" Le commerce des frites surgelées résume parfaitement ce qu’est capitalisme mondialisé et dévoile l’hypocrisie du rituel des COP « pour sauver le climat et la planète ».Un rappel d’abord, même si l’histoire de la pomme de terre est bien connue. Nous ne mangerions pas de pomme de terre en Europe si les populations andines d’Amérique du Sud ne l’avaient cultivée depuis plus de 8 000 ans. Les conquistadors espagnols arrivés beaucoup plus tard ont rapporté des pommes de terre en Espagne au début du XVIème siècle, mais le développement de sa culture et de sa consommation en Europe fut lent. En France, par exemple, jusqu’au XVIIIème siècle, la pomme de terre était considérée comme une plante toxique dont l’usage devait être réservé aux animaux. Il fallut que Parmentier, prisonnier des Prussiens pendant la guerre de sept ans, consomme les pommes de terre servies par ses geôliers, en apprécie les qualités et revienne en France convaincu de son intérêt pour alimenter la population encore fréquemment victime de disette, voire de famine et mène une grande campagne de promotion de la pomme de terre jusqu’à la table du roi, pour que sa culture se développe jusqu’à faire de ce tubercule un élément majeur de notre alimentation. Pour remercier ceux qui nous ont apporté ce bienfait, voilà que l’Union européenne attaque la Colombie devant l’OMC pour la contraindre à acheter des pommes de terre dont nous ignorerions l’existence s’ils n’en avaient cultivé bien avant nous. L’agro business a transformé la culture de la pomme de terre en une industrie vouée à l’exportation. La Belgique, pays emblématique de cette culture, a obtenu que la frite soit inscrite à l’inventaire du patrimoine mondial de l’humanité. Pourtant, ce qu’elle produit aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec la frite traditionnelle vendue dans des cornets, avec ou sans mayonnaise, qu’elle a remplacé, pour l’essentiel, par un affreux produit surgelé. Les surfaces consacrées à la culture de la pomme de terre ont progressé de 50% depuis le début des années 2000 pour atteindre 100 000 hectares, soit 11% des terres cultivées du pays. La Belgique a produit dix fois plus de pommes de terre en 2021 qu’en 1990 : 5 millions de tonnes contre 500 000 tonnes. Mais comme cela ne suffit pas aux industries de transformation, les importations de pommes de terre (en provenance de France notamment) ont été multipliées par trois en 20 ans, passant de 0,9 millions de tonnes en 2000 à 2,6 millions en 2018. Ces pommes de terre ne sont pas achetées par les ménages belges pour qu’ils préparent leurs frites à la maison. 90% des pommes de terre belges sont transformées par des grands groupes internationaux en frites surgelées, croquettes et autres produits transformés issus des pommes de terre pour être exportés aux quatre coins de la planète. C’est ainsi que la Belgique est devenue le premier exportateur mondial de produits surgelés à base de pommes de terre. Cinq millions de tonnes de pommes de terre sont transformées par l’industrie pour produire 2,3 millions de tonnes de frites, 700 000 tonnes de purée, des chips, des croquettes, etc. Entre 40 et 50% des pommes de terre sont perdues dans le processus de transformation industrielle, une partie de ces pertes étant récupérées pour l’alimentation animale. Le groupe belge Clarebout Potatoes est devenu le premier producteur européen et le 4ème producteur mondial de produits surgelés à base de pommes de terre avec une production annuelle estimée à environ 800.000 tonnes de produits transformés et un chiffre d’affaires de 1,3 milliards d’euros en 2019. Clarebout va d’ailleurs installer prochainement une usine de production de frites surgelées dans le port autonome de Dunkerque qui en produira 1400 tonnes par jour (7j/7j, soit une production annuelle de plus de 500 000 tonnes) qu’il sera facile de charger sur un bateau pour l’exporter… en Amérique du Sud par exemple. D’autres groupes internationaux sont présents en Belgique et en France, comme le canadien Mc Cain, un géant du secteur, le néerlandais Farm Frites, ou encore Nestlé. La France a connu une évolution similaire. Elle produit 5 à 6 millions de tonnes de pommes de terre sur 150 000 hectares. 43% de la production sont exportés, 21% sont utilisés dans les usines de transformation pour la production de produits surgelés (à leur tour souvent exportés), 19% sont incorporés dans l’alimentation du bétail. Le marché national de consommation de pommes de terre fraîches n’absorbe que 17% de la production. La pomme de terre est devenue la matière première d’une industrie de transformation qui a accompagné la généralisation de la distribution des produits alimentaires par les grandes surfaces notamment sous forme de produits surgelés. L’exportation de produits surgelés est l’objectif principal de cette industrie. Culture de la pomme de terre et disparition des paysans Au XXème siècle, les pommes de terre étaient produites sur l’ensemble du territoire français par de petites exploitations agricoles et dans les jardins familiaux. Elles constituaient un élément important de l’alimentation de la population, encore très largement rurale. Chaque Français mangeait en moyenne 95 kilos de pommes de terre par an en 1960 ; il n’en mange plus que 52 kilos en 2022. En conséquence de quoi les surfaces consacrées à cette production ont fortement diminué, jusqu’au début des années 2000 où elles ont recommencé à croître. Les rendements à l’hectare ont beaucoup augmenté et la production s’est concentrée dans 3 régions : les Hauts-de France (65% de la production nationale), le Centre- Val de Loire (environ 10%) et le Grand Est (11%). Dans ce secteur comme dans tous les autres secteurs de l’agriculture, nous assistons à une véritable délocalisation de la production qui est désormais plus liée aux réseaux de transport, à la localisation des industries de transformation, qu’au climat ou à la qualité des sols. On constate les mêmes phénomènes chez les autres grands producteurs européens, Belgique, Allemagne et Pays-Bas. En Belgique, la moitié de la production est réalisée par 5% des producteurs de pommes de terre. En France, comme en Belgique ou en Allemagne les producteurs de pommes de terre ne sont plus majoritairement des petits agriculteurs indépendants, vivant de leur travail en approvisionnant les marchés locaux, en faisant vivre les circuits courts et tout ce qui est vanté comme devant être le cœur de la transition écologique souhaitée par la population et les gouvernements. C’est tout le contraire : les agriculteurs sont devenus des « travailleurs à façon » placés dans une situation de dépendance économique vis à vis des industries de transformation. Ils sont liés par des contrats qui leur imposent les volumes, la qualité et les conditions de production. Ils doivent fournir chaque année un volume donné de pommes de terre. S’ils ne sont pas capables d’honorer cet engagement, les sanctions sont variables : pénalités ou bien facturation par le transformateur des pommes de terre qu’il a dû acheter ailleurs. Les trois quarts des pommes de terre, en Belgique comme en France, sont produites par des « agriculteurs » sous contrat avec les groupes de transformation. Le développement de cette industrie a donc accéléré la disparition des exploitants agricoles indépendants en Europe, avant de faire la même chose dans les pays de destination des exportations européennes, en Amérique du Sud notamment. Pour conquérir ces marchés, les industriels font payer cher leurs produits sur le marché européen et pratiquent le dumping sur les marchés d’Amérique du Sud. Le Brésil et la Colombie ont adopté des mesures antidumping en 2017 et 2018 après avoir constaté que les prix de vente des produits européens sur leur marché étaient inférieurs de 18 à 41% à ceux qui étaient pratiqués pour les mêmes produits vendus par les Belges ou les Allemands au Royaume-Uni. Ce dumping a eu des conséquences dramatiques pour les agriculteurs en Colombie ou au Pérou. Depuis l’entrée en vigueur des accords de libre-échange entre ces pays et l’Union européenne, en 2013, les exportations européennes ont grimpé en flèche. Celles de frites congelées ont augmenté de 915% en Colombie, à tel point que les petits producteurs colombiens se sont mis en grève et ont exigé l’arrêt des importations de pommes de terre européennes. La pomme de terre ne se développe que si elle trouve suffisamment d’eau dans le sol. Ce besoin d’eau augmente considérablement pour atteindre les rendements très élevés exigés par les industries de transformation, compris entre 40 et 50 tonnes à l’hectare, de surcroît avec des pommes de terre d’un calibre suffisamment gros pour se prêter aux besoins de l’industrie. C’est pourquoi l’irrigation des champs plantés en pommes de terre s’est beaucoup développée dans la région des Hauts de-France qui n’est pourtant pas réputée comme l’une des plus sèches du pays. Les problèmes, déjà très importants, de qualité de l’eau dans cette région, provoqués par une urbanisation et une industrialisation anciennes, s’en trouvent aggravés. Comment peut-on justifier le développement de telles pratiques agricoles alors que le changement climatique pose des problèmes de disponibilité de la ressource en eau de plus en plus importants y compris en France ? De plus, la culture de la pomme de terre intensive fait un usage immodéré des produits phytosanitaires pour lutter contre le mildiou et les autres maladies. Jusqu’à 20 pulvérisations de produits phytosanitaires par récolte sont nécessaires. En moyenne, 17,6 kilos de substances actives sont épandus par hectare en Belgique, contre 6,4 pour la betterave et 2,8 pour le froment. Les engins agricoles utilisés pour cette culture industrielle pèsent des dizaines de tonnes et contribuent à renforcer le tassement des sols qui fait obstacle à l’infiltration des eaux de pluie. A terme c’est tout simplement la capacité de production des sols qui sera affectée. Enfin, produire en Europe des pommes de terre que l’on transforme en frites surgelées auxquelles il faudra faire traverser l’océan atlantique dans des bateaux réfrigérés, représente une consommation d’énergie contribuant au changement climatique parfaitement aberrante et à laquelle il est urgent de mettre fin. Les discours alarmistes sur la situation alimentaire d’une partie de la planète méritent d’être mis au regard de telles aberrations. En effet, la vente de pommes de terre européennes en Amérique du Sud n’a pas pour but d’assurer l’alimentation de populations sous-alimentées. Au contraire, elle ruine la possibilité des pays importateurs de produire leur propre alimentation grâce à une agriculture paysanne beaucoup moins polluante et plus conforme à l’orientation qu’il faudrait donner à l’organisation de notre société pour l’adapter aux changements climatiques en cours. En même temps que les pays européens et la commission de l’Union européenne font de grands discours à Charm El-Cheikh à l’occasion de la COP 27 et protestent de leur engagement dans la lutte contre le changement climatique, ils mènent un combat acharné au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce en faveur de ce commerce aberrant des produits transformés surgelés issus de la transformation de la pomme de terre. Ce combat a payé puisqu’ils ont obtenu la condamnation de la Colombie par l’organisme de règlement des différends de l’OMC. Si la Colombie respecte cette décision scandaleuse, elle devra donc supprimer les droits de douane qu’elle avait instaurés, qui n’ont même pas suffi à protéger son marché intérieur. Quelques grands groupes internationaux continueront à faire de plantureux profits grâce à ce commerce qui représente l’exact opposé de ce que nos sociétés prétendent vouloir faire pour éviter la catastrophe annoncée. D’un côté l’Union européenne fait des discours sans conséquences dans des conférences internationales, de l’autre elle défend des mesures bien concrètes pour développer le commerce international dans ce qu’il a de pire, au prix de la pollution des sols, de l’eau et de l’air, au bénéfice d’une activité économique inutile et destructrice. La COP 27 est focalisée sur les compensations financières qu’il faudrait accorder au pays en développement au titre de la responsabilité passée des pays développés dans le changement climatique. Des promesses seront faites, comme elles ont déjà été faites dans le passé, et seront certainement tenues de la même façon. Mais le vrai sujet n’est-il pas de préparer l’avenir avant de réparer le passé ? Les pays développés devraient d’abord cesser de ruiner l’économie des pays moins riches, en faisant disparaître leur agriculture paysanne victime d’exportations à bas prix de produits transformés très consommateurs d’énergies fossiles. Faisons cela sans attendre, il sera toujours temps de parler des compensations financières. Nul besoin de mesures complexes, de contrôle international bureaucratique des tonnes de carbones émises ou économisées par les États signataires de la convention de l’ONU sur le climat. Il suffit de déclarer un moratoire sur le commerce international de tous les produits transformés surgelés issus de la pomme de terre. Pour atteindre cet objectif, pourquoi ne pas lancer une campagne mondiale de boycott des frites surgelées, dont la production n’est pas moins coupable que l’activité des groupes pétroliers du changement climatique ? Pourquoi ne pas suspendre l’activité de l’OMC jusqu’à ce que ses règles de fonctionnement aient été mises en cohérence avec les exigences de la lutte contre le changement climatique ? Cela permettrait aux États qui le souhaitent de relocaliser une partie de la production dont ils ont besoin et de remettre un peu de bon sens dans les échanges commerciaux internationaux. Puisque la mode est à la sobriété et aux petits gestes, épluchons nos pommes de terre fraîches, ce sera bien meilleur dans nos assiettes et pour l’environnement que d’accepter de consommer ces horribles produits surgelés, d’ailleurs très indigestes. Quant à l’Union européenne, qu’elle abandonne immédiatement ses actions contre la Colombie qui a déclaré son intention de faire appel de la décision prise par l’OMC ! Si la Commission de l’UE ne le fait pas, elle confirmera la vacuité de ses discours sur le climat." [ Jean-François Collin]______
jeudi 27 août 2026
Varia
mercredi 26 août 2026
Un Israëlien parmi d'autres
il s'appelle A.Burg
Il se veut un peu, parmi d'autres, la voix d'Israël. Sans prétention, mais avec détermination. Comme d'autres aujourd'hui. Alors que les colons sévissent de plus belle en Cisjordanie, que Bibi impose la force. Animé par des valeurs qui ont guidé son pays aux meilleurs moments. Ancien haut responsable d'Israël, dont il connaît les rouages et leurs limites. Athée el le revendiquant, laïque, comme plus d'un en Israël, donc loin des fous de Yahweh qui aujourd'hui mènent la danse et inspirent la droite israëlienne jusqu'au plus haut niveau du Likoud et leurs rêves expansionnistes et leur bellicisme, condamné depuis des années. Il va plus loin que les opposants de la première heure et d'autres plus connus, comme Barnavi, ancien ambassadeur en France, etc... Des intellectuels et hommes politiques israëliens s'interrogent aussi, comme David Grossman, Amos Oz. Les enfants de Gaza, eux, ne se posent pas de telles questions(*)... Certains vont plus loin dans l'interrogation: Omer Bartov met en garde (*). Elie Barnavi avait proposé très rapidement un premier diagnostic des événements. Certains Juifs sont cependant tiraillés. Le journaliste de Haaretz, Gideon levy n'y est pas allé par quatre chemins, très critique à l'égard de la politique de Netanyahou, que Didier Fassin ne ménage pas non plus. Comme Yaniv Icskovits Un homme de paix, accroché à ses idéaux démocratiques, qui voit son pays partir à la dérive, déchiré comme jamais, ne présageant rien de bon pour l'avenir proche, tant que Israël sort des rails dessinés par les meilleurs fondateurs de son pays. Il ne mâche pas ses mots, face à la dérive des extrêmistes de Tel Aviv, présageant le pire encore... "...La révolution sioniste reposait sur deux piliers : la soif de justice et une équipe dirigeante soumise à la morale civique. L’une et l’autre ont disparu. La nation israélienne n’est plus aujourd’hui qu’un amas informe de corruption, d’oppression et d’injustice. La fin de l’aventure sioniste est déjà à notre porte. Oui, il est devenu probable que notre génération soit la dernière du sionisme. Après elle, il resterait ici un Etat juif méconnaissable et haïssable. Qui de nous voudra en être le patriote ?.."
Une force digne de certains prophètes de l'Ancient Testament à l'égard des dérives de leur pays " ...Alors qu'en Israël des personnalités de premier plan, civiles et militaires sont vent debout contre l'aveuglement meurtrier de Bibi, surtout depuis l'acharnement meurtrier des derniers mois.. Comme Burg, qui réfute les principes ségrégationnistes actuellement en cours dans son pays, allant juqu'à' dire: "...« La révolution sioniste est morte », lâche-t-il en 2003 dans un article du quotidien Yediot Aharonot, avant d’affirmer qu’Israël, « ghetto sioniste », court à sa perte en se définissant comme État juif. Il y a quelques semaines, Avraham Burg, qui estime désormais que le sionisme aurait dû être aboli après la création d’Israël, a demandé au tribunal de district de Jérusalem d’effacer son inscription en tant que juif sur le registre de population du ministère de l’intérieur. Dans le droit administratif israélien, la nationalité ne se confond pas avec la citoyenneté. À la rubrique « nationalité » du registre de la population comme de la carte d’identité figure un terme qui indique la nation du point de vue ethnique (juif, arabe, druze…) et non la citoyenneté de l’intéressé(e). En 2011, l’écrivain Yoram Kaniuk (1930-2013), qui jugeait le judaïsme en Israël synonyme de racisme, a demandé et obtenu du tribunal que, dans son cas, la mention « juif » soit remplacée, dans le registre de population, par « sans religion ». __Pourquoi avez-vous demandé de ne plus être inscrit comme juif sur le registre du ministère israélien de l’intérieur ? __ Avraham Burg : Parce que je ne me sens plus identifié à la nationalité juive, au collectif juif. Dans la Déclaration d’indépendance de 1948, qui n’est pas une constitution mais le document le plus proche d’une constitution dont nous disposions en Israël, il existe un équilibre très intéressant. On y lit d’une part qu’Israël est un État juif, un État pour les juifs, mais aussi qu’Israël est résolument engagé à pratiquer la non-discrimination entre ses citoyens. Et qu’il assure à tous ses habitants une égalité des droits sociaux et politiques, sans distinction de sexe, de croyance, d’origine ethnique ou d’opinion politique. C’est une prise de position très puissante. Si elle n’est pas parfaite, elle a le mérite d’être là depuis l’origine de l’État. Les gens comme moi qui n’aiment pas l’état actuel des choses peuvent toujours se dire : ce n’est pas l’idéal, mais nous avons un lieu pour vivre car les principes fondateurs de 1948 sont bons. Mais depuis l’adoption, en juillet 2018, de la loi sur l’État-nation du peuple juif , tout est changé. Ce qui définit Israël, désormais, c’est le seul monopole juif. Sans l’équilibre constitutionnel des droits et libertés. En vertu de cette loi, un citoyen d’Israël qui n’est pas juif est assigné à un statut inférieur. Comparable à celui qui a été assigné aux juifs pendant des générations. Ce qui fut odieux pour nous, nous l’infligeons maintenant à nos citoyens non juifs. Cette législation est en fait une nouvelle définition des relations entre majorité et minorité en Israël. Elle constitue aussi un changement dans ma définition existentielle. Dans mon identité. Dans ces conditions, ma conscience m’interdit désormais d’appartenir à la nationalité juive, d’être classé comme membre de cette nation, ce qui impliquerait pour moi d’appartenir au groupe des maîtres, statut que je refuse. Je ne veux pas appartenir à un collectif défini par les promoteurs de cette loi...." ____________
mardi 25 août 2026
Sécheresses et pénuries (suite)
Point d'histoire
__ Le climat a son histoire propre, comme il est naturel. Des cycles longs ou courts, réguliers ou non, selon ce qu'on peut saisir à travers les données de la climatologie, des témoignages indirects de la géologie, des quelques récits plus récents du vécu marquant des hommes ou de ce qu'il nous en reste. Il nous semble que nous sommes à un tournant majeur. Il conviendrait de relativiser le catastrophisme ambiant, sans remettre en question les analyses et les signaux du Giec. La sécheresse récente n'est pas la première. __ Quand on relit certaines annales, on voit que des canicules parfois terriblement meurtrières ont déjà frappé la France, notamment en 1636 et des années après. Ce qui est singulier, c'est le fait qu'elles soient si répétitives et qu'elles s'inscrivent dans le cadre d'un réchauffement global, dont les effets se font sentir dans diverses parties du monde, de façon spectaculaire, là où on l'attendait le moins et qu'il est nécessaire d'interroger. Ce n'est pas seulement la France qui fut touchée par de tels phénomènes extrêmes. En Angleterre, et sans doute ailleurs, des témoignages rapportent des conditions de de sécheresse extrêmes, avant le "petit âge glaciaire": "En Angleterre, le XIIIᵉ siècle a été marqué par des sécheresses extrêmes, des incendies urbains dévastateurs et des épidémies. L’été exceptionnellement sec de 1212 a notamment favorisé la propagation du grand incendie de Southwark, à Londres, qui a fait des milliers de morts. Les chroniqueurs médiévaux de l’époque rapportent aussi une sécheresse d’une gravité exceptionnelle en 1252. Le moine bénédictin anglais Matthieu Paris décrit ainsi quatre mois de « chaleur et de sécheresse insupportables », de mars à juillet, sans qu’« aucune pluie ni même aucune rosée » ne vienne soulager les terres. Les Annales de Tewkesbury, une chronique rédigée à l’époque par les moines de l’abbaye de Tewkesbury (dans le Gloucestershire), confirment que « la sécheresse dura quatre mois, faisant disparaître l’herbe ». Elles rapportent qu’il suffisait de frotter les brins d’herbe entre ses mains pour les réduire en poussière. La Chronique des princes (Brut y Tywysogion), un récit médiéval de l’histoire galloise, dresse un constat similaire :
« La chaleur du soleil fut si intense que toute la terre en devint si sèche qu’aucun fruit ne poussa sur les arbres, ni aucune récolte dans les champs ; et l’on ne prit plus ni poisson de mer ni poisson de rivière. »
Matthieu Paris poursuit en décrivant la disparition des pâturages, qui entraîna le dépérissement des bovins et du bétail. Les températures élevées favorisèrent également une « prolifération de puces, de mouches et de moucherons » et s’accompagnèrent d’une recrudescence des maladies, avec des cas de paludisme (alors désigné sous les noms de « fièvre des marais » ou « fièvre intermittente ») signalés dans les zones marécageuses de basse altitude. Les comptes seigneuriaux confirment les difficultés rencontrées par les agriculteurs. Dans un domaine relevant de l’évêché de Winchester, il est ainsi rapporté que le sol était devenu si dur qu’il fut impossible de le labourer pendant six semaines..." Une "anomalie" semblant assez localisée, qui n'est pas du même ordre que celle que nous connaissons aujourd'hui, aux causes passablement différentes.
La température à l’échelle mondiale a augmenté de 1.2°C depuis l’époque préindustrielle
Il y a encore du travail pour les climatologues... Une désinformation en hausse... ________________
lundi 24 août 2026
Nécessaire, mais pas suffisante
Certes, elle ne suffit pas
Et peut même servir d'alibi, être ambivalente
Elle ne remplacera jamais l'engagement
_________________Doctrine Monrë: le retour (suite)
De Washington à Santiago, le Big Stick
L' Amérique aux Américains! La diplomatie du dollar A-t-on vraiment pris la mesure de ce renversement de planètes que nous sommes en train de vivre? L'homme de la Maion Blanche, certes, n'invente rien, mais il remet en question fondamentalement l'ordre mondial précaire instauré à la fin de la Seconde guerre mondiale et des traités qui l'accompagnaient. C'est la fin chaotique et dangereuse d'échanges mondiaux libéraux, certes imparfaits et inégaux, mais permettant tant bien que mal une croissance inégalement partagée, mais partagée quand même, surtout par intérêt, et une période de paix (souvent très) relative et régulièrement ponctuée par une volonté US de contrôler ce nouveau marché au profit du roi Dollar. Aujourd'hui, le retournement trumpien d'ordre machiavélien change radicalement la donne sur les deux continents: ce sera la force et (ou) la ruse, sans faux semblant...Les traités et les alliances de circinstance résultant du seul intérêt, souvent personnel, du Boss. Aujourd'hui, phénomène nouveau, une partie de l'Amérique latine est entraînée vers les mêmes dérives . C'est le temps des ingérences cruciales dans le grand "pré carré" du nord et du sud-outre-Atlantique. ___ "J’ai toujours aimé le proverbe ouest-africain : « Parlez doucement et portez un gros bâton ; vous irez loin.", disait Théodore Roosevelt, à son époque, pour illustrer la diplomatie américaine et justifier les interventions militaires pour la conquête de nouvelles zônes d'influence d'alors, notamment sur l'île de Cuba. Au fond, il ne faisait que reprendre une règle diplomatique courante et appliquer un principe déjà énoncé par Machiavel dans Le Prince.
"...Bien que déjà en oeuvre avant sa présidence, Roosevelt a utilisé la force militaire à plusieurs reprises au cours de ses deux mandats avec une touche plus subtile pour compléter ses politiques diplomatiques et appliquer la doctrine Monroe lors de multiples interventions en Amérique latine. Cela comprenait la Grande Flotte Blanche, 16 cuirassés qui ont pacifiquement fait le tour du monde comme une illustration du prestige croissant mais neutre des États-Unis sous la direction de Roosevelt..." ____Une expression reprise récemment par Joe Biden. Question de dosage...Parfois, avec plus de force que d'amabilité apparente, parfois avec plus de brutalité, comme sous Bush Junior, dans ses "croisades" moyen-orientales.. IL s'agissait d'ailleurs sous des prétextes les plus "nobles", de faire d'excellentes affaires en matière pétrolière et d'exploiter différentes ressources abondantes en Afghanistan, comme ce fut reconnu par la suite, après les échecs répétés sur le terrain. Mais ces aventures militaires tournant au fiasco ne furent pas perdues pour tout le monde...
Les guerres américaines, de conquêtes territoriales ou/et d'influences politico-économiques, furent pratiquement ininterrompues tout au cours de sa brève histoire. La diplomatie du dollar a pris plus d'une fois des formes brutales. Même la dernière intervention armée de l'armée US en Europe, ne fut pas dénuée d'arrière-pensées hégémoniques, comme le reconnaît l'historien Pauwels et comme le disait parfois à mi-voix le général de Gaulle, qui n'a pas apprécié les interventions US lors de la fin de la dernière guerre, dans une des phases de la guerre d'Indochine et dans le conflit algérien.... On ne parlera pas de celles qui ont joué et continuent à le faire dans le domaine économique, de manière plus ou moins habile et machiavélique. Pour ne pas parler d'actions plus directement politiques, comme à l'époque de Pinochet, la CIA aidant. Business first! __________________________


