Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 16 novembre 2017

Ou va l'Arabie saoudite?

Ça bouge, du côté de Ryiad
                            Une simple révolution de palais? une purge pour l'hégémonie d'un seul?
Un Macron du désert?
  Il semble que ce soit un peu plus que cela. Une jeune macronien de 35 ans a pris le volant du pays des Saoud et s'engage à vouloir l' ouvrir aux vents frais d'une modernité que semblent réclamer une jeunesse de plus en nombreuse et impatiente, un nombre toujours plus grand de femmes toujours mineures et mettre davantage sous contrôle l'hégémonie des religieux constituant une sorte d'Etat dans l'Etat, représentant un rigorisme whaabite freinant toute transformation d'importance.
    La tâche est immense, et il n'est pas sûr qu'un tel projet aboutira dans un futur proche.
   Une sorte de tournant de l'histoire pour ce pays paradoxal, prêt à s'engager hors du seul chemin de la rente pétrolière, qui, à l'ombre des USA, a longtemps fait ses beaux jours. Un bon client. Le pays est courtisé.
    A la pointe du progrès technique le plus avancé, la société saoudienne reste figée dans un carcan culturel et politique d'une autre époque, prisonnière de ses pétrodollars, sources de dépenses de prestige et de luxe tapageur pour une minorité parasitaire, les princes gravitant autour d'une figure dominante.
  La montée d'une jeunesse plus ouverte, la fin programmée du pétrole  ne sont pas sans jouer un rôle dans une possible mutation, un certaine modernisation de l'autoritarisme, comme on l'a dit. Jusque là, tous les princes confondaient les finances publiques avec leur deniers personnels.
   Une esquisse de progrès dans ce monde féodal, mais où la Rolex a un marché assuré, où les 4*4 de luxe ont remplacé le chameau, où se dessine au niveau des moeurs, une petite évolution au royaume.
      Il sera permis aux femmes d'avoir un permis. Après le vélo, on progresse. En Arabie Saoudite, les femmesprennent le pouvoir_. sont aussi autorisées enfin à voter pour la premiere fois. Mais attention, seulement aux municipales... C'est toujours ça, après le vélo à petite dose...et le fouet pour les stimuler.
   Quelques libertés se mettent en place peu à peu, sous la pression et la nécessité d'un avenir plus problématique.
    Comme le remarque Juliette Bénabent, Ultime liberté : pouvoir se rendre en famille à des événements sportifs... dans trois stades du pays, à partir de 2018. Il faudrait se réjouir de voir les femmes saoudiennes bénéficier de la magnanimité du prince Mohammed ben Salmane (MBS pour ses fans), qui avait déjà annoncé il y a quelques mois, qu’elles pourraient conduire à partir de juin 2018. Devant des investisseurs étrangers réunis à Riyad, le prince explique désormais vouloir « détruire » les « idées extrémistes » et revenir à « un islam modéré, ouvert au monde, ouvert à toutes les religions. » Dans son désir de développer le tourisme, le royaume wahhabite pourrait même autoriser les femmes (étrangères) à porter le bikini dans certaines stations balnéaires de luxe… La Saoudienne de la rue, elle, demeure intégralement voilée – même au volant de sa voiture –, sous la surveillance du Comité pour la promotion de la vertu et de la prévention du vice. Elle continue d'être soumise à la tutelle d’un homme pour voyager ou signer le moindre contrat, n’a pas le droit de faire du sport en public, et si elle est infidèle, encourt le fouet ou la lapidation. Encore un effort...
   Un très gros effort même.
            L'establishment religieux n'est pas près de s'effondrer au pays qui a vu naître le whaaabisme.
   Certains parlent d'une révolution de velours. Il est vrai que les riches princes mis à l'ombre ne souffrent pas trop du sort qui leur est fait. Au pays du luxe tapageur, on a mieux que la prison de la Santé pour les mettre à l'ombre. Et l'ombre à Ryiad n'a pas de prix..
   Qui peut prévoir ce que deviendra cet épisode de «Game of Thrones» du prince héritier, qui veut en apparence tuer le père?
  Difficile à dire, à l'heure des reconversions d'autant plus difficiles qu'elles ont tardé, des revers essuyés dans la région, auYémen notamment, et surtout dans le désordre qui s'installe sur les ruines de la Syrie, cette sorte de guerre froide qui se rallume entre sunnites et chiites, lourde de conflits nouveaux à venir, débordant la région.
       Avec l'Iran, rien ne va plus. Riyad a été un des principaux financiers de Saddam Hussein pendant la guerre entre l'Irak et l'Iran (1980-1988). Avec l'affaiblissement de l'Irak après la guerre du Golfe (1991), l'Arabie et l'Iran deviennent «les deux principales puissances régionales», relève Clément Therme, chercheur à l'International Institute for Strategic Studies (IISS), pour qui leur rivalité est d'abord «géostratégique». Riyad voit comme une menace pour sa propre sécurité l'influence régionale grandissante de l'Iran, avec les guerres en Irak et en Syrie, et la poursuite du programme balistique iranien. Pour l'Iran, qui s'estime encerclé par des bases américaines et menacé par les arsenaux constitués par ses voisins auprès des États-Unis, les missiles qu'il développe sont purement défensifs.
           Quels facteurs conjoncturels favorisent les tensions?
 «La première cause des tensions actuelles est liée à l'affrontement par intermédiaires entre l'Iran et l'Arabie Saoudite», estime Clément Therme, en citant les théâtres de guerres en Irak, en Syrie et au Yémen. Pour Max Abrahms, professeur à l'université américaine Northeastern de Boston et spécialiste des questions de sécurité internationale, la rivalité «saoudo-iranienne est devenue encore plus marquée» avec l'affaiblissement récent du groupe djihadiste État islamique (EI) en Irak et en Syrie. Cette concurrence «est devenue le principe organisateur des alliances au Moyen-Orient, rappelant en cela la Guerre froide, qui partageait les pays en deux camps», estime-t-il. Pour Clément Therme, «l'arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis a libéré les énergies anti-iraniennes dans la péninsule arabique» car Washington «a pris fait et cause (...) pour son allié saoudien», et contre l'Iran. Une attitude américaine tranchant avec celle de l'administration de Barack Obama (2009-2017), marquée par la signature d'un accord historique sur le nucléaire iranien."
                      Affaire à suivre...
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