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lundi 29 mars 2010

Errements agricoles


Peut-on faire mieux que la nature?

Une agriculture prométhéenne, sans maîtrise d'elle-même, aveuglée par une mythologie mortifère du progrès , un technicisme à la logique uniquement mercantile
____L'Europe, bonne élève...

-"Dans cet ouvrage, des chercheurs, scientifiques et "spécialistes" reviennent (ainsi) minutieusement sur les OGM, traitant des risques de dissémination, des problèmes de santé, du manque d’"expertise" sur le sujet (puisque la plupart des études sont directement produites par les firmes qui en font commerce), de la question cruciale du brevetage du vivant, et du scandaleux pillage des ressources génétiques mondiales et de notre environnement par quelques firmes. Bref : de notre rapport d’apprentis sorciers à la vie sous toutes ses formes.
À travers un nécessaire retour sur l’histoire de la sélection variétale et l’industrialisation de l’agriculture à l’œuvre depuis deux siècles, Jean-Pierre Berlan montre au final l’importance cruciale (et le caractère éminemment dangereux) du projet de société qui transparait derrière l’application des principes marchands et de la logique industrielle au monde vivant."
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"Derrière les OGM, c'est un projet de mort qui s'impose "(1)
"...La première chose à dire est qu’il ne faut surtout pas utiliser le terme "OGM" ou "Organisme génétiquement modifié". Pour une bonne raison : ce terme a été inventé par Monsanto, à l’époque des premières manipulations génétiques. En 1973, en Californie, deux chercheurs, Cohen et Boyer, ont créé la première « chimère fonctionnelle ». Puis le premier brevet a été déposé en 1980 .
À ce moment-là, on pensait pouvoir industrialiser la vie, en faire à peu près ce qu’on voulait. Pour un biologiste de cette époque, la vie n’était qu’un vaste meccano dans lequel il suffisait de transférer des gènes d’une espèce à l’autre pour avoir la fonction correspondante. A l’époque, donc, les chercheurs pensaient détenir avec les « chimères fonctionnelles » l’explication ultime de la vie : séquencer tous les génomes du monde allait permettre de comprendre ce que c’est qu’être vivant. Et partant, comprendre aussi ce que c’est qu’être humain : j’en veux pour preuve le fait qu’un type comme Walter Gilbert, prix Nobel de physiologie et de médecine, ait pu déclarer que le jour où on aurait séquencé le génome des humains, on saurait enfin ce que c’est qu’ « être humain ». C’est dire les illusions dans lesquelles on se berçait, et la propagande qui régnait à cette époque…

Le terme « chimère » vient de là, de cette véritable explosion autour d’un vivant qu’on croyait pouvoir maitriser et industrialiser à volonté. Sauf que parler de « chimère génétique » n’était guère appétant pour les entreprises qui se lançaient dans l’aventure, comme Monsanto. Leurs services de relations publiques - c’est-à-dire de désinformation - ont donc décidé, en accord avec les scientifiques eux-mêmes, qu’il valait mieux utiliser un terme beaucoup plus neutre et permettant de tenir un discours mensonger. C’est à cette période qu’on a commencé à parler d’ "organismes génétiquement modifiés".
___À partir de là, tout se suit, puisque le discours retrouve une certaine (fausse) cohérence. Parce que l’humanité a toujours « modifié » la nature. Depuis dix mille ans et la révolution néolithique, depuis qu’on a inventé l’agriculture, la domestication des plantes et des animaux, on a toujours modifié génétiquement le vivant. Mais on oublie de dire qu’il a fallu attendre 1973 pour que la première « trans »-genèse ait lieu, et que cela représente une différence essentielle, spectaculaire, une véritable révolution.
Cette révolution pourrait faire peur à beaucoup de gens ; il faut donc la taire, imposer sur elle une espèce de black-out, afin que les populations ne se rendent compte de rien. D’où un discours mensonger, du genre : « Avec les Organismes génétiquement modifiés, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, ce n’est que la continuation de ce qu’on a toujours fait. En plus on le fait avec des méthodes beaucoup plus scientifiques, beaucoup plus fiables, on sait exactement ce qu’on fait... ». Ça fonctionne même avec certains de mes collègues. Particulièrement abrutis, ceux-ci pratiquent une désinformation totale, avec des discours du type : « La nature manipule plusieurs dizaines de milliers de gènes chaque fois qu’elle fait un croisement, alors que nous nous n’en manipulons que quatre ou cinq, une dizaine à tout casser. Nous sommes donc beaucoup plus précis, nous faisons les choses de façon beaucoup plus intelligente que cette nature odieuse. » C’est un discours de pure propagande, avec une apparence logique au départ mais qui ne correspond absolument pas à la réalité des faits.

En réalité, donc, les gens qui réalisent ces manipulations génétiques ne savent tout simplement pas ce qu’ils font. Et le terme d’"organisme génétiquement modifié" ne veut rien dire, il n’est destiné qu’à endormir la vigilance du public....

_______Les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. Or, la gratuité est une horreur absolue, un véritable affront vis-à-vis de la logique économique. C’est la dernière chose que les industriels et les semenciers tolèrent. Il s’agit donc de lutter contre cette injustice de la nature. Comment ? Alors que dans le monde vivant, il n’est pas possible de produire sans en même temps reproduire, eux veulent séparer la production de la reproduction. C’est un projet mortifère, de fou furieux qui est en train d’être mis en place. Un projet de mort.
La plus belle preuve du caractère mortifère de ce projet consiste en l’invention d’une technique, qui est le plus grand triomphe de la biologie appliquée à l’agriculture depuis deux siècles. Il s’agit de Terminator, une technique de transgenèse permettant de fabriquer des semences qui, une fois devenues plantes, sont programmées pour tuer leur descendance. De fait, l’agriculteur récolte un grain stérile. Pour certains, c’est un rêve vieux de deux siècles qui se réalise. Ils ne le diront évidemment pas : un semencier ne va pas se présenter devant sa clientèle (les agriculteurs) en expliquant que la reproduction des êtres vivants est un grand malheur et qu’il faudrait stériliser les plantes ou les animaux pour faire augmenter leurs profits. Il ne va pas dire ça, il ne peut pas annoncer son projet mortifère. Il va donc plutôt raconter des bobards. Il y a dès lors une lutte contre « les enclosures du monde vivant ». Avec une volonté de nous exproprier, de nous ôter cette faculté merveilleuse de la vie, à savoir la capacité de se reproduire et se multiplier. Avec en arrière-fond le projet d’en faire un bien privé, qui est un projet aussi ancien que la sélection commerciale....

Ce qui est intéressant avec les pesticides soi-disant OGM, c’est qu’il s’agit en fait de changer le statut des pesticides. Presque toutes les plantes transgéniques vendues dans le monde sont a-pesticides : soit elles en absorbent un sans en crever (c’est le cas des plantes dites Round Up ready, mais ça peut aussi l’être avec d’autres herbicides), soit elles produisent elles-mêmes un insecticide.

Dans ce deuxième cas, chaque cellule de la plante produit un insecticide, donc il passe évidemment dans la chaine alimentaire. Les fabricants prétendent que « la toxine insecticide n’a aucun effet », mais ils n’en savent rien, ils n’ont même pas été regarder ce qui se passait dans le tube digestif des ruminants. Encore moins dans notre tube digestif à nous… Il faut savoir que nous avons à peu près dix fois plus de bactéries que de cellules dans notre corps. Celles-ci sont symbiotiques avec nous, même si on les connaît très mal ; et ces gens des sciences de la mort qui vous disent qu’il n’y a aucun effet… C’est de la folie.
Revenons au premier type de plante, celles qui sont tolérantes à un herbicide. Comment ça fonctionne ? L’herbicide agit normalement en rentrant à l’intérieur de la plante, entre autres grâce à des adjuvants favorisant la pénétration de ce dernier. Les plantes rendues tolérantes à un herbicide neutralisent l’action de l’herbicide, mais elles ne le détruisent pas. C’est le cas de la plupart des plantes Round Up ready : il y a une neutralisation de l’herbicide, mais l’herbicide n’est pas détruit, ni même décomposé. Là-aussi, il rentre donc dans la chaine alimentaire.

Dans ces deux cas, vous voyez bien que le projet est complètement fou, puisqu’il s’agit de changer le statut des pesticides. Au lieu d’être des produits dangereux qu’il faut éliminer - autant que faire se peut – de la chaine alimentaire, on veut en faire des constituants de cette dernière. Nous rendre au final tolérants, nous aussi, aux pesticides. Voilà un enjeu qui est absolument colossal, pour les fabricants de pesticides. S’ils peuvent faire des pesticides des constituants de la chaine alimentaire, ils domineront toute la chaine alimentaire...
À partir du moment où vous mettez le doigt dans l’engrenage pesticide, vous ne pouvez pas éviter de suivre, puisqu’un pesticide sera un jour dépassé par les résistances qu’il aura suscitées, il en faudra un autre, et puis après un troisième. C’est ainsi qu’on est passés des organochlorés aux organosphosphorés, aux pyréthrinoïdes, aux nicotinoïdes…
C’est en effet une forme de surenchère complètement folle, avec - par exemple - les nicotinoïdes, qui sont maintenant utilisés à des doses de un ou deux grammes par hectare : ils sont d’une telle puissance qu’ils ne s’utilisent que par très petites doses et deviennent quasiment indétectables. Résultat ? Le tonnage d’utilisation des pesticides diminue, évidemment… Ces nouveaux produits vont pourtant empoisonner la planète encore plus sûrement que les anciens. C’est une fuite en avant permanente, qui crée et élargit son propre marché de façon constante. C’est la situation du drogué : on peut dire qu’on est dans une agriculture de drogué. Aux drogues dures.

Avec quelques firmes pour uniques dealers ?
-Exactement ! Elles prétendent que l’humanité a toujours fait des transformations génétiques, depuis le début de la domestication des plantes et des animaux. Mais elles oublient de préciser qu’à cette époque, presque toute l’humanité était concernée, et que c’était une humanité de paysans, d’agriculteurs et d’éleveurs. Tandis que l’humanité voulant poursuivre la transformation entamée il y a 10 000 ans se réduit à une douzaine de firmes produisant des pesticides. Et c’est tout. C’est quand même une curieuse humanité… Celle-ci parvient pourtant à imposer ses suggestions, lesquelles sont reprises par la Commission européenne, et retranscrites quasi automatiquement dans le droit français. On est en train de confier la planète et son avenir biologique aux industriels des sciences de la mort, tout simplement. On marche vraiment sur la tête, c’est à se demander si les hommes politiques ont deux sous de jugeote....
______La chose la plus importante est de sortir de l’agriculture industrielle. De revenir à une certaine diversité. Et d’acter que le sol n’est pas, comme une bonne partie de la recherche agronomique le considère, un support linéaire, mais qu’il est simplement l’organisme vivant par excellence de la planète. C’est la petite pellicule de vie qui filtre tout, une espèce de peau par laquelle tout transite, par laquelle s’accomplissent les grands cycles de l’azote, de l’eau, des nutriments… Sur les 6 400 kilomètres de rayon de la terre, il y a 30 centimètres qui contiennent 80 % de la biomasse, c’est-à-dire de la masse vivante de la planète. Et cette toute petite pellicule de vie, on est en train de la détruire à toute vitesse. Avec l’agriculture industrielle, c’est tout simplement la désertification de la planète qu’on est en train d’organiser.

____________C’est tellement évident qu’une firme comme Evian paye même des agriculteurs dans le bassin d’infiltration de ses eaux de source pour qu’ils travaillent de façon biologique et/ou organique. De même sur les zones de captage, dans un certain nombre de villes en France, des municipalités payent les agriculteurs pour qu’ils travaillent proprement. Quand on en arrive à payer les gens pour qu’ils ne travaillent pas comme des cochons, c’est vraiment qu’il y a quelque chose qui cloche…"

-"Il faut réinventer le contraire du monde dans lequel nous sommes "(2)

"La plupart des scientifiques ont la conviction absolue de contribuer au bien-être de l’humanité ; mais ils ont aussi une capacité absolument ahurissante à se leurrer sur ce que le système attend d’eux, sur ce qu’ils font en réalité et sur ce à quoi ils servent..._______Ça, c’est le rêve. Cette idée que nous allons faire mieux que la nature, qui a quand même à peu près 4 milliards d’années d’expérience, d’essais et d’erreurs… Elle a pourtant à peu près tout essayé, conservant seulement ce qui fonctionne… Mais il faut quand même que nous jouions aux apprentis-sorciers… C’est d’autant plus dramatique que si on raisonne sur un plan strictement technique, il faut souligner qu’on sait faire autrement. On n’a pas besoin de tout ça. Je définis l’agronomie, ou l’agro-écologie, comme la science et l’art de faire faire gratuitement par la nature ce qu’on fait aujourd’hui à coups de moyens industriels ruineux. Ruineux économiquement, pour l’environnement, pour la santé publique, pour les agriculteurs, pour les paysages…_______Avec des techniques agronomiques fondées sur la gratuité, avec la possibilité pour les paysans d’avoir accès à un minimum de terre - comme en Inde -, qui équivaudrait à environ un demi-hectare, on peut parfaitement s’en sortir. On peut très bien vivre sur un demi-hectare, voire moins. Des travaux ont été menés, basés sur le meilleur des techniques de jardinage européennes, asiatiques et africaines : ils ont prouvé que dans un milieu tempéré, avec deux ou trois mois d’arrêt de végétation, on peut vivre avec 450 mètres carrés par personne, de manière un peu frugale, avec un recyclage systématique et avec de l’eau. 450 mètres carrés, c’est très peu… Il n’est pas question, bien évidemment, de faire ça, mais cela montre bien qu’on a de la réserve pour nourrir la planète. Mais ce n’est pas du tout en cherchant vers la monoculture industrielle qu’on va résoudre le problème…_______La situation aura bientôt tellement empiré qu’on n’aura pas d’autre choix que de se poser cette question : « Dans quel monde voulons-nous vivre ? » Il va falloir en inventer un autre. Ça ne se fera pas facilement. Mais c’est possible. C’est une évidence. Et le basculement finira par s’opérer. On peut, on doit passer à autre chose..."

-Economie politique des OGM et leurs enjeux
-Le brevet tue
-Les OGM augmentent nettement la consommation de pesticides

-Vers une agriculture raisonnée
-Lettre ouverte aux agriculteurs progressistes qui s’ apprêtent à semer du maïs transgénique
- Jean-Pierre Berlan, INRA : OGM ou la perversion du vocabulaire
-OGM et Génétique Agricole. Jean-Pierre Berlan.
-Non au pillage génético-industriel

-Le Roundup devrait être interdit__-L'Argentine, son soja OGM et ses problèmes sanitaires...-__L'abeille et la bête... humaine___-L'agriculteur, l’herbicide et Monsanto___-L'eau du robinet : pas très claire pour les malades du cancer...___-Inde : Suicide collectif de 1 500 paysans - Les OGM en question...
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-OGM: Barroso s'obstine
-Colère paysanne
- Semences vitales

-Pesticides:bombe à retardement
-L'Argentine, le soja et Monsanto
-Déréglement agroalimentaire?
-Nourrir la planète ou gonfler les profits ?

mardi 17 novembre 2009

Faim au Sommet


Un sommet pour rien?

FAO:Une réunion symbolique où sont absents les pays riches

Malgré les belles déclarations... pas d'objectifs chiffrés

L'OMC en question
_____________La faim n'est pas une fatalité
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-"C'est plutôt sur la question, très délicate, de la coordination des institutions internationales que la réunion romaine pourrait se révéler utile. En clair, comment faire pour que les institutions internationales parlent à l'unisson face à la crise alimentaire ? Pour l'heure, entre la FAO, qui milite inlassablement pour la défense de l'agriculture familiale, et l'Organisation mondiale du commerce, qui ne jure que par la disparition des tarifs douaniers, c'est le grand écart. «Le plus efficace, face à la crise, serait d'autoriser les Etats du Sud à mettre des droits de douane sur les produits vivriers, comme l'Europe l'a fait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce qui permettrait de fixer des prix sur le marché intérieur»( Bruno Parmentier). Sauf que l'OMC dit tout le contraire, et bloque toute avancée" (L.L.)

-Invité de France inter le 31/05/2008, Edgar Pisani, qui fut Ministre de l’agriculture de 1961 à 1966, proposait les pistes suivantes : déposséder l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de son monopole comme instance de règlement des problèmes commerciaux, lier de façon rigoureuse politique agricole et politique alimentaire, considérer que le problème de la faim est l’un des plus dangereux pour la sécurité mondiale, organiser le monde en zones les plus homogènes possibles ayant des règles internes correspondant à leur réalité et des règles externes d’échange prenant en compte l’équilibre du monde .L'urgence est là : selon la FAO, la « flambée des prix des denrées alimentaires provoque d’immenses souffrances et privations: elle peut avoir des effets dévastateurs sur les 800 millions d’êtres humains déjà victimes de sous-alimentation chronique. Déjà leur nombre se grossit de plusieurs autres millions de pauvres qui ne sont plus en mesure d’aujourd’hui de se procurer la nourriture dont leur famille a besoin pour mener une vie saine »
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-FAO: les chefs d'Etat se mettent à table, le monde a toujours faim | Mediapart:
"Un sommet mondial sur la «sécurité alimentaire» se tiendra à Rome, du 16 au 18 novembre, nouvel effort de la communauté internationale pour trouver des réponses au marasme alimentaire qui secoue la planète. A quelques semaines du très attendu sommet de Copenhague sur le climat, les chefs d'Etat ne devraient pourtant pas promouvoir des avancées majeures.________D'après l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), 1,02 milliard de personnes – une personne sur sept – souffre de la faim dans le monde. Avec deux régions particulièrement touchées : l'Afrique sub-saharienne et l'Asie du Sud. Ce nombre ne dépassait pas 800 millions de personnes il y a encore trois ans. «La nouveauté depuis 2007, c'est que les victimes habitent les villes», précise Marc Dufumier, agronome, spécialiste du développement, et auteur de Nourrir l'humanité (La Découverte, 2008)._______La flambée des cours agricoles de 2007-2008, qui avait provoqué des «émeutes de la faim» dans plusieurs capitales de pays en développement au printemps 2008, n'est plus d'actualité. A l'exception du sucre, les prix, certes très volatils, sont désormais orientés à la baisse sur le long terme, grâce, entre autres, à des perspectives d'améliorations des rendements et à de bonnes récoltes dans des pays exportateurs comme l'Australie et l'Ukraine. Mais ce sont désormais les effets de la crise économique qui se font sentir, et sapent les revenus des plus pauvres. Les Nations unies estiment à une centaine de millions le nombre de personnes qui n'auraient plus les moyens de se nourrir à cause de la crise.
Quant aux prévisions, elles sont vertigineuses. Pour nourrir les 9,1 milliards d'habitants de la planète à horizon 2050, il faudra augmenter d'ici là les volumes de production de 70%. D'après la grande majorité des agronomes réunis fin septembre à Rome, l'équation, pourtant, est tenable. Grâce, notamment, à l'ampleur des surfaces non cultivées (au moins trois milliards d'hectares, contre 1,5 milliard d'hectares cultivés). L'enjeu serait plutôt de savoir si cette production sera accessible aux pays du Sud, et surtout à quel prix.
____Au-delà de la flambée des cours et/ou de la crise économique, des raisons plus structurelles continuent d'expliquer les désordres alimentaires sur la planète. Parmi celles-ci :• La hausse structurelle des prix de l'énergie (qui se répercute presque mécaniquement sur les cours), • L'explosion démographique dans certains pays du Sud, • L'engouement pour les agrocarburants, • La
spéculation financière sur les cours dès qu'une récolte s'avère moins bonne que prévu, ou encore les modifications des régimes alimentaires dans les pays émergents (en mangeant plus de viande et moins de riz, «à l'occidental», les Chinois utilisent de plus en plus de terres pour l'élevage, et moins pour l'agriculture stricto sensu). Reste une grande inconnue : les effets du changement climatique sur l'agriculture.
___C'est la grande affaire des derniers mois sur le front agricole : des pays d'Asie et du monde arabe, assis sur des réserves de change confortables, achètent, ou louent pour 99 ans, d'immenses terrains cultivables, dans des pays pauvres, en Afrique, en Asie du Sud et en Amérique latine. Les Sud-Coréens à Madagascar, les Chinois aux Philippines, etc. A chaque fois, la production est exportée vers les pays propriétaires des terres en question, pour garantir leur souveraineté alimentaire.___La presse s'est emparée du phénomène et a lancé un débat sur ce que certains considèrent comme de nouvelles formes de néocolonialisme. L'ONG
Grain, qui a réalisé, en octobre 2008, le tout premier rapport de référence sur la question, tient à jour un site passionnant, mais vite anxiogène, de recension de tous les accords en discussion et déjà conclus d'achats de terres par des étrangers. Même le G-8, d'ordinaire assez lent pour réagir aux questions sensibles, s'est prononcé, en juillet, pour un «code de bonne conduite».[
Razzias sur terres cultivables]

Certains experts veulent toutefois relativiser l'importance de ces accords, très opaques, et dont beaucoup n'ont jamais réussi à dépasser le stade de l'annonce. Comme l'expliquait Jean-Michel Severino, patron de l'Agence française de développement (AFD), à Mediapart, «ces grands programmes d'acquisition foncière sont absolument irréalistes sur le plan technique comme sur le plan politique». Et de poursuivre : «J'observe d'ailleurs que les grandes annonces fracassantes des derniers mois ne se traduisent pas vraiment par des choses très concrètes.»
L'aide de Paris est très en deçà des promesses, (presque) comme d'habitude. D'après le budget français pour 2010, l'aide au développement, notamment en direction de l'agriculture au Sud, devrait s'établir à 0,44% du Produit intérieur brut (PIB) l'an prochain. Soit une stagnation (0,44% déjà en 2009). Paris s'était pourtant engagé à atteindre 0,51% en 2010, pour atteindre les désormais très hypothétiques 0,7% d'ici 2015, conformément aux objectifs du Millénaire des Nations unies. Raison avancée par l'exécutif pour justifier ce retard : la crise. Sauf que des pays européens parmi les plus touchés par le marasme économique, comme l'Espagne et la Grande-Bretagne, vont, eux, nettement augmenter leur effort en 2010, pour atteindre les 0,6%.___«La priorité donnée dans les discours à l'Afrique et à l'atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement est loin de se traduire dans la réalité», déplore Coordination Sud, plateforme des ONG françaises de solidarité internationale. En fait, la France est en train de rejoindre le rang des mauvais élèves de l'Europe, aux côtés de l'Italie. Ce qui ne devrait pas faciliter son travail diplomatique à Rome...
Côté promesses chiffrées, il ne devrait pas se passer grand-chose : les chefs d'Etat avaient déjà annoncé une enveloppe de 22 milliards de dollars sur trois ans (en fait quelque dix milliards véritablement «neufs»), à destination de l'agriculture au Sud, lors du G-8 élargi de L'Aquila, en Italie, en juillet. D'autant que le sommet de Copenhague sur le climat approche.
C'est plutôt sur la question, très délicate, de la coordination des institutions internationales que la réunion romaine pourrait se révéler utile. En clair, comment faire pour que les institutions internationales parlent à l'unisson face à la crise alimentaire ? Pour l'heure, entre la FAO, qui milite inlassablement pour la défense de l'agriculture familiale, et l'Organisation mondiale du commerce, qui ne jure que par la disparition des tarifs douaniers, c'est le grand écart. «Le plus efficace, face à la crise, serait d'autoriser les Etats du Sud à mettre des droits de douane sur les produits vivriers, comme l'Europe l'a fait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce qui permettrait de fixer des prix sur le marché intérieur», plaide par exemple Bruno Parmentier. Sauf que l'OMC dit tout le contraire, et bloque toute avancée.__Les chefs d'Etat réunis à Rome devraient donc réactiver une vieille structure endormie, liée à la FAO, le «conseil de sécurité alimentaire», qui permettrait de réunir, autour de la table, plusieurs fois par an, ONG, Etats et institutions internationales, afin de mieux coordonner la lutte contre la faim. D'après les projets français, ce même Conseil, totalement archaïque sur le papier, serait apte pour désigner un comité d'experts, chargé de produire une expertise indépendante sur l'agriculture. Objectif rêvé : la formation d'une sorte de «GIEC» agricole, du nom du Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat, dont les travaux font désormais référence pour lutter contre le réchauffement climatique. Si ce volet scientifique, au point mort depuis juin 2008, avançait à Rome, il s'agirait sans aucun doute de la vraie bonne nouvelle du sommet
."(L.Lamant)


-Un enfant meurt de faim toute les 5 secondes ! - AgoraVox
-La mort silencieuse des enfants : Qui se soucie de la faim du Monde ? - AgoraVox
-La faim de la crise - AgoraVox
-L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2009
-OMC et Agriculture : ruine et exode rural pour des millions de paysans du Sud
-L'OMC, le bras armé de la main invisible ? - AgoraVox
-Il faut mettre fin à l’accaparement mondial des terres agricoles
-Echec du sommet sur la sécurité alimentaire
- «Les engagements de Rome reprennent des anciennes promesses»
-Oxfam France - Agir ici
-Vaincre la faim,
_______________
-Nourrir la planète ou gonfler les profits ?
-PAC en question
--Agrobusiness et subventions
-Prix alimentaires : le vrai et le faux
- Emeutes de la faim
- Agriculture et spéculation
-Multinationales et agriculture
-Famine mondiale : causes, remèdes ?
-Agriculture : small is beautiful : REINVENTER L'AGRICULTURE

mercredi 4 septembre 2024

Le profit ou le climat? (suite)

Pour une approche toujours plus fine de notre rapport vital à la terre.

             En matière de connaissance de la terre, donc du climat, nos connaissances sont limitées. Même les écologistes n'ont souvent qu'une vue très partielle des mécanismes constitutifs du climat, de ses évolutions parfois rapides. Il faut dire que la complexité est grande dans ce domaine et seule la diversité des spécialités peut contribuer à forger une vision plus globale et élaborée des mécanismes qui ont contribué à former notre planète et les formes de vie qu'elle a développées. La météorologie ne suffit pas. Les sciences de la vie et la terre sont nécessaires, pour l'étude des mécanismes de la formation des sols et de leur complexité, de l'aparition de la vie d'abord sous ses formes primitives, etc. La géologie notamment a son mot à dire sur la formation de la fine pellicule de matière minérale et vitale qui entoure notre planète que le volcanisme et les effets du mouvement des plaques tectoniques ont façonnée. L'étude de M.Gaillardet nous aide à y voir plus clair dans ce domaine jusqu'ici assez peu approfondi:  

Lire extraits ici

                                                                                                                              "...Si « nous parlons de la Terre sans la connaître »... l'ouvrage permet de pallier cette méconnaissance, avec pour originalité de centrer le propos sur la « zone critique », i.e. ce « milieu hétérogène de proche surface terrestre, dans lequel des interactions complexes entre roches, le sol, l’eau, l’air et les organismes vivants (…) régulent l’habitat naturel, déterminent la disponibilité des ressources vitales » (p. 77). En effet, « les humains [et beaucoup d’autres êtres vivants] n’habitent pas le globe », mais cette « mince pellicule à sa surface » (p. 205). La dynamique de zone critique (« zone limite, interface sensible et en permanente transformation », p. 121) est, il est vrai, peu connue, au-delà des quelques images que l’on associe par exemple à l’érosion. L’ouvrage de Gaillardet enrichit considérablement les représentations à ce sujet, et redonne toute leur importance à ces processus – en montrant notamment « comment la décomposition des pierres contribue à purifier l’air et à créer un monde vivable » (p. 25). Dans cette perspective, des objets familiers trouvent un nouvel éclat, au profit d’une culture scientifique plus portée sur les cycles naturels. Ainsi « les ardoises qui couvrent les toits des villages bretons ne sont rien d’autres que des sédiments de fleuves disparus, déposés en mer, compactés, émergés et soulevés à la faveur de collision tectoniques » (p. 56), et « les petits grains de quartz qui collent à notre peau » quand on se promène sur les plages de l’Atlantique « tout ce qu’il reste des chaines de montagnes qui ont disparu » (p. 70). On apprend aussi, dans un autre genre, que les falaises peintes par Courbet au-dessus d’Ornans « sont des atmosphères passées, stockées là pour empêcher un effet de serre qui, sinon, détruirait la vie sur Terre » (p. 158). Les révélations de ce style sont nombreuses, et permettent de comprendre pourquoi « une Terre sans relief », i.e. sans tectonique des plaques, serait probablement inhabitable (p. 84). Le relief c’est la vie.....                                 L’ambition de Gaillardet n’est pas de nourrir la discussion sur cette philosophie, mais d’initier au « langage des cycles » (p. 132), entre tectonique des plaques, flux de gaz et grouillement des vers de terre. C’est un plaisir pour quiconque aime apprendre et comprendre, nommer choses et processus, retrouver en somme un peu de cet « art perdu de la description de la nature » auquel R. Bertrand a consacré un étonnant livre, et qui s’appuyait sur « les forces combinées de la science et de la littérature » pour « dire le plus banal des paysages » et « faire le portrait du monde en ses surfaces » (Le détail du monde. L’art perdu de la description de la nature, Seuil, 2019). Œuvrant au-delà de ces surfaces, La Terre habitable est aussi traversée par des figures et métaphores que Gaillardet estime parlantes pour donner corps aux savoirs de la géochimie. La zone critique est ainsi le lieu de la confrontation entre Hadès et Hélios, représentant respectivement « l’énergie interne de la planète » et celle du soleil (p. 121). Ailleurs il fait le choix d’une personnalisation plus anonyme : « la montagne andine » est comparée à un « ogre glouton » dévorant « des restes de vivants » et les « engloutissant au fond de la mer » (p. 50), via l’Amazone. Ses explications n’évitent pas non plus une forme d’organicisme médical, représentant la Terre comme « une malade » dont il faut « suivre les constantes vitales », et dont la zone critique serait une « fragile peau », en « perpétuel renouvellement » (p. 143, 219). Il s’agit de faire feu de tout bois pour faire entrer l’esprit de la géochimie dans le langage ordinaire....   


                                                            
 L’une des qualités du livre est ainsi d’associer au travail de vulgarisation un aperçu de la « science en train de se faire », c’est-à-dire des activités des scientifiques en amont des publications. La formule de « la science en train de se faire » est associée à l’anthropologie des sciences de B. Latour, et le géochimiste suit une idée que ce dernier a souvent exprimée dans ses dernières années, lorsqu’il enjoignait les scientifiques à assumer leur influence politique en choisissant la transparence plutôt que la défiance face aux sceptiques de tous bords. Au lieu de s’en tenir à une exposition des résultats consolidés (« la science déjà faite »), Gaillardet n’élude donc pas les difficultés rencontrées pour assurer la fiabilité du recueil des données, ni les controverses qui peuvent opposer les spécialistes de la zone critique. Le discours scientifique y gagne en réalisme, et offre de stimulants points de contacts avec les science studies (on est loin des « science wars » des années 1980, qui opposaient des sociologues et anthropologues des sciences à des physiciens et biologistes soucieux de préserver la Science de leurs « déconstructions », par crainte de voir leur légitimité en pâtir)...Il est particulièrement intéressant de voir combien la solidité des connaissances produites dépend du travail d’articulation entre laboratoire et terrain. Gaillardet témoigne des enjeux attachés au « rituel » de l’étiquetage des échantillons, et « le soin religieux » accordé aux « précieux flacons » (p. 37). Il faut aussi faire preuve d’inventivité pour adapter des instruments aux difficultés du terrain, comme ces « géophones » installés « sous une pluie battante » (p. 166) ou cette tour de 80 mètres érigée en pleine forêt tropicale pour analyser les particules en suspension dans l’atmosphère (et qui a permis de montrer que la forêt amazonienne était fertilisée par les poussières venues du Sahara, p. 54).   Ces descriptions rendent justice aux techniques grâce auxquelles la connaissance des composantes du « système Terre » (et celles des « forçages » d’origine humaine) a pu être affinée ces dernières décennies. Dans les sciences de la zone critique, ces progrès sont fondés sur une démarche de reconstruction historique, exploitant les altérations subies par la matière lors des cycles géochimiques. Le décompte des éléments chimiques présents dans les échantillons permet de se figurer les sources et parcours des éléments prélevés. Ainsi, en analysant les isotopes du calcium présents dans « une eau qui ruisselle », il est possible d’évaluer la part de ce calcium qui « vient de la plante » et celle qui « vient de la roche ». Et on peut en conclure par exemple que « lorsque vous marchez dans la boue du delta de l’Amazone, vous piétinez des Andes pulvérisées.
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mercredi 23 juin 2010

Sahel en détresse

Souveraineté alimentaire compromise

Une urgence absolue



« Le Sahel est l'une des régions les plus pauvres au monde et la pression de la faim pousse de plus en plus de personnes à quitter les campagnes pour les villes afin d'y trouver de la nourriture pour leurs familles » a indiqué le Directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM) pour l'Afrique de l'Ouest, Thomas Yanga, dans un communiqué publié vendredi. « Ces populations ont perdu leurs récoltes, leur bétail et leur capacité à surmonter les chocs alimentaires », a-t-il ajouté.
-Le Programme alimentaire mondial (PAM) a mis en garde vendredi contre le risque de famine dans la région ouest-africaine du Sahel, où la sécheresse et de mauvaises récoltes ont créé un besoin urgent de nourriture pour 10 millions de personnes"
-Cri de détresse-
-Crise alimentaire au Sahel
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- Solutions: la maîtrise de l'eau ( contre la désertification au Sahel) et des prix agricoles , contre la logique de l'OMC-
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-Le Sahel meurt de faim:
"...Dix millions de Sahéliens souffrent d'«insécurité alimentaire», dans une relative discrétion. La situation, jugée «critique» par le Plan alimentaire mondial (PAM), menace surtout le Niger et le Tchad. Le nord du Cameroun, le nord du Burkina et le nord-est du Mali sont également touchés. Selon des observateurs sur place, joints par Mediapart, l'intensité de cette crise dépasse, pour le Sahel, celle de 2008, lorsque la flambée des prix agricoles avait provoqué des «émeutes de la faim» aux quatre coins de la planète...
La faiblesse des précipitations – et leur répartition – est l'une des explications à la crise en cours. «Il n'a pas plu assez l'an dernier, et surtout pas de manière assez régulière. Les pousses ont vite été brûlées par le soleil», constate Jean-François Carémel, d'ACF, au Tchad. D'où de mauvaises récoltes, mais aussi trop peu de fourrage pour le bétail. Autre facteur pointé du doigt: le niveau toujours alarmant des produits agricoles. Si les cours du blé ou du riz sont retombés de leurs plus hauts niveaux d'il y a deux ans, ils restent très élevés. Dans leurs perspectives sur l'agriculture, publiées le 15 juin, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et l'OCDE préviennent que les cours moyens du blé et d'autres céréales seront supérieurs, de 15% à 40%, sur les dix prochaines années, à ceux de la période 1997-2006. Pour les huiles, l'augmentation dépassera les 40%.
Mais l'autre grande explication au désordre actuel est plus basique: les promesses n'ont pas été tenues. Après l'échec cinglant du sommet de Rome, en novembre 2009, totalement éclipsé par le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, les investissements dans l'agriculture restent très insuffisants. Ils ont progressé l'an dernier de 6% à l'échelle de la planète, alors qu'il faudrait, pour nourrir neuf milliards d'habitants à l'horizon 2050, les doubler chaque année. Jacques Diouf, le patron de la FAO, s'en est donc pris, en début de semaine, aux Etats membres de l'institution, qui avaient promis, l'an dernier, de débloquer des milliards de dollars contre la faim dans le monde. Au Niger, par exemple, le géographe Harouna Mounkaïla estime qu'à peine 30% des 270.000 hectares irrigables du pays sont aujourd'hui utilisés, faute de moyens..
."
____________-Dix millions de personnes menacées par la faim au Sahel -"Le Marché de la faim" et l''agrobusiness' -Une reféodalisation du monde
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-Faim au Sommet___-Nourrir la planète ou gonfler les profits ?___-PAC en question____-Agrobusiness et subventions___-Prix alimentaires : le vrai et le faux____- Emeutes de la faim___- Agriculture et spéculation____-Multinationales et agriculture___-Famine mondiale : causes, remèdes ?

mercredi 28 novembre 2018

Arrêter les enfants?

Le plus grand défi du XXI° siècle?
                                                      Sans doute.
      L'évolution démographique dans le monde pose des problèmes théoriques et pratiques d'un nouveau genre, qu'on peut  considérer comme difficilement solubles dans l'état actuel des choses.
   Même si elle est inégale selon les continents et les pays, si elle a régressé ou s'est stabilisée ici ou là, elle continue à faire son chemin, et, sauf événement majeur, devrait continuer à atteindre des sommets, au regard des limites des ressources de la planète, pensables actuellement.
   
    Même si certains sont (relativement) optimistes quant à la capacité de subvenir aux besoins humains dans d'autres conditions, si les naissances se "régularisent" ici ou là, si l'éducation des femmes (la clé de la natalité) peut encore largement progresser dans d'importantes parties du monde, si le sort économique de populations les plus démunies s' adoucit (il y a un lien entre le nombre des naissances et le niveau des ressources), même si on généralise l'éducation à la limitation des naissances surtout où cela s'impose le plus...il n'en reste pas moins qu'on voit mal comment ralentir drastiquement le niveau de population mondiale, qui semble avancer pas inertie comme un pétrolier géant continuant longtemps sa course avant arrêt définitif.
   Evidemment de nombreuses inconnues demeurent et les démographes ne sont pas toujours d'accord entre eux. (*) Il y a les paramètres, si nombreux, mais aussi les fantasmes.
       On ne tient pas toujours compte des problèmes économiques et politiques de répartition des ressources naturelles et de la fluctuation des marchés qui évoluent encore au gré de la spéculation.     Le problème des ressources est, surtout dans de nombreux cas, celui de l'accès aux biens essentiels, la répartition de ces biens sur une planète où l'on gaspille beaucoup et où la surconsommation d'une partie de la population met en péril la sous-consommation, chronique ou durable, de la plus grande partie de l'humanité. Même si des avancées se font jour, mais si limitées.
    De plus se greffe là-dessus la question des dérèglements climatiques, qui semblent non seulement durer mais aussi s'amplifier, qui vont mettre en péril certaines populations contraintes au déplacement et de grandes zônes d'activité agricole, notamment en bordure de mer, dont la montée  déjà constatée peut compromettre définitivement toute implantation durable dans certaines régions. Sans compter sur les périodes de sécheresse qui pourraient affecter durablement certaines zônes continentales prospères par déficit d'eau et par érosion des sols, comme en Californie.
     Bref, en prenant en compte certaines données seulement, sûres ou hautement probables, on voit mal comment notre pauvre terre (qui en a vu d'autres!), la seule en notre possession, pourrait résister à la pression de plus en plus grande de ce que certains ont appelé une bombe démographique, qui pourrait être source de désordres majeurs notamment en matière de déplacements massifs de populations désemparées.
     Sans être étroitement malthusien, on ne peut se voiler la face. Si on ne sait pas à combien de milliards d'hommes la démographie humaine pourrait décemment s'élever, à condition que disparaissent les inégalités criantes qui tendent à s'amplifier au niveau mondial, on peut être sûr qu'une croissance aussi exponentielle des naissances, surtout là où les ressources sont ou se font les plus rares, posera des problèmes de plus en plus insolubles.
       Faut-il alors arrêter de faire des enfants pour préserver, non seulement l'environnement, mais aussi la survie de notre espèce?
   Question absolument nouvelle, inédite, dans l'histoire des hommes. Largement grâce aux techniques et au progrès de la médecine.
    Mais qui nous met face à une injonction contradictoire: la baisse drastique des naissances, à condition qu'elle soit pensable et généralisable, mettrait aussi en péril le renouvellement de la société elle-même, comme la Chine a fini par le comprendre. Et le problème est souvent mal posé à cause d'une conception étroite et individualiste du problème.
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(*) Point de vue
                          La bombe "P" explosera-t-elle?
__Doit-on partager l'inquiétude de Claude Levi-Strauss, qui déclarait en 2008 :
«La question qui domine véritablement ma pensée depuis longtemps, et de plus en plus, c’est que, quand je suis né, il y avait un milliard et demi d’habitants sur la terre. Quand je suis entré dans la vie active, il y en avait deux milliards, et maintenant il y en a six milliards. Et il y en aura huit à neuf dans quelques années. Eh bien, à mes yeux c’est là le problème fondamental de l’avenir de l’humanité, et je ne peux pas, personnellement, avoir d’espoir pour un monde trop plein.»
?

____« La Terre peut nourrir 12 milliards d’hommes. » pense la géographe Sylvie Brunel
Joel Cohen répond en 1995 : « La population limite (human carrying capacity) dépendra de toute évidence du niveau matériel auquel les gens choisiront de vivre. » Ou plutôt, du niveau de vie qui leur sera imposé ! Une chose est certaine : « le nombre d’hommes sur terre a atteint ou atteindra dans le prochain demi-siècle le niveau maximum que la terre peut supporter en fonction du type d’existence que nous, nos enfants et petits-enfants avons choisi. »

       "...Dans le monde anglo-saxon où se sont développés les premiers mouvements inquiets des chiffres galopants de la démographie mondiale, à l’instar de l’Optimum Population Trust, ils demeurent minoritaires. En France, 
pays où la préoccupation et les politiques natalistes ont irrigué l’histoire, aussi bien sous Vichy qu’en République, ils sont embryonnaires. Seules quelques petites associations, comme Démographie responsable, appellent à une restriction (volontaire) des naissances...
   Le pasteur britannique (Malthus) s’est trompé dans ses calculs, en ne prévoyant pas que les sauts technologiques en matière agricole seraient capables de nourrir une population en forte augmentation. Les progrès – notamment la mécanisation et les révolutions vertes – ne permettent pas d’opposer de manière binaire une population dont la croissance suivrait une courbe géométrique à des ressources alimentaires dont l’augmentation ne serait qu’arithmétique. Ensuite, Malthus s’inquiétait avant tout de la croissance démographique des pauvres et du coût de l’assistance...
 ...
   Les mouvements (malthusiens))sont le signe d’une inquiétude croissante, qui retrouve les préoccupations démographiques des années 1960 et 1970, lorsque Paul Ehrlich annonçait l’explosion, imminente, de la
«Bombe P», ou lorsque le commandant Cousteau ou René Dumont, le premier candidat écologiste à une élection présidentielle française, affichaient clairement leur volonté de maîtriser l’augmentation de la population...

   Cette inquiétude, même si elle puise ses raisons dans l’état de la planète ou les projections des chiffres de la population mondiale, n’est pas tant l’expression d’une réalité démographique ou écologique que d’une perception culturelle.
   C’est tout l’intérêt de la monumentale enquête, parue au printemps dernier, de l’historien Georges Minois, que de faire l’histoire non pas de l’évolution de la population mondiale, mais de notre perception historique de cette démographie. Dans son ouvrage intitulé 
Le Poids du nombre.L’obsession du surpeuplement dans l’histoire, Georges Minois montre ainsi que, si le manque d’hommes a été une peur fréquente et récurrente, notre époque n’a pas le privilège de la crainte du trop-plein. «Platon s’en préoccupait déjà, recommandant un sévère contrôle de la natalité (…). Ceci à une époque où le monde ne comptait même pas 200 millions d’habitants. C’est dire que le problème du surpeuplement est plus affaire de culture que de chiffres », écrit l’historien. La peur du «trop-plein» a concerné aussi bien les chasseurs-cueilleurs du paléolithique, les cités de la Grèce ancienne, l’Europe du début du XIVe siècle que notre monde contemporain…
______Fred Pearce, vise toutefois à rassurer le lecteur inquiet de se compter parmi une telle masse humaine. Bien qu’il soit lui aussi convaincu que «la surpopulation est le moteur secret de la destruction de l’environnement», il ne s’inquiète pas outre mesure.
__D’abord, constate-t-il, la transition démographique qui consiste, dans les pays développés, en un rapprochement progressif des courbes de natalité et de mortalité, est bien amorcée, y compris dans des pays comme l’Iran, certaines régions de l’Inde, la Birmanie, le Brésil ou le Viêtnam… L’augmentation exponentielle de la population est d’abord le résultat d’une forme d’inertie liée à ce que le nombre d’adultes en âge de procréer – et de jeunes qui le seront bientôt – n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire de la planète. Il y a donc, selon lui, «fort à parier que les personnes qui ont moins de 45 ans assisteront au premier déclin démographique depuis la peste noire, il y a presque sept cents ans». Un argument toutefois contesté par Lester Brown, auteur d’un ouvrage intitulé Beyond Malthus (Au-delà de Malthus), dans lequel il estime que les antimalthusiens font trop confiance à la transition démographique et minorent le risque que la surpopulation ne finisse par faire remonter la mortalité, du fait de la sous-alimentation, des épidémies et des conflits, au point de revenir à la situation de sous-développement de départ…"

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mercredi 11 juin 2008

Prix alimentaires : le vrai et le faux


L'alimentation, un droit fondamental

La Déclaration universelle des droits de l'homme (1948) proclamait que "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation".
Au Sommet mondial de l'alimentation, en 1996, les chefs de 185 pays et la Communauté européenne ont réaffirmé, "le droit de chaque être humain d'avoir accès à une nourriture saine et nutritive conformément au droit à une nourriture adéquate et au droit fondamental de chacun d'être à l'abri de la faim." Ils ont également proclamé leur volonté de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées d'ici 2015.
Pourtant, la FAO (Food and Agriculture Organization faisant partie des l'ONU) affirme dans son dernier rapport que 862 millions de personnes souffrent de malnutrition à travers le monde.
C'est sur cette toile de fond peu réjouissante que les prix des denrées alimentaires ont significativement augmenté ces derniers temps, provoquant des émeutes de la faim dans une trentaine de pays. Spéculation sur les marché agricoles, production d'agrocarburant à grande échelle, suppression des mécanismes de régulation des stocks et des échanges : les pays riches ont une responsabilité majeure dans ce processus.
( Grain de Sable )
Démêler le vrai du faux - Jacques Berthelot

Economiste spécialisé dans tout ce qui touche à l'agriculture dans le monde, Jacques Berthelot a rédigé une analyse particulièrement bien documentée de la flambée des prix agricoles. Il démontre que ce ne sont ni la Chine ni l'Inde les responsables de cette flambée mais bien l'Union Européenne et les États-Unis. Il souligne aussi que la spéculation financière, comme toujours dans une économie livrée aux seuls marchés, participe très largement aux « émeutes de la faim ». La version proposée ici est un résumé de son travail pour aller directement à l'essentiel. La version intégrale est disponible via cette page : Analyse complète de Jacques Berthelot sur le site d'Attac.
Fausses explication et vraies raisons - CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du Tiers-monde)

Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augmenté de manière aussi brutale qu'importante et les populations, déjà paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l'incapacité d'assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flambée sont multiples mais elles sont globalement issues des jeux économiques. D'une part, une spéculation de replis sur les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d'autre part la production d'agrocarburants et le réchauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorités locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditionnalités de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) ou encore aux Accords de partenariat économique (APE). Ceux qui façonnent l'opinion publique font ici preuve d'une légèreté étonnamment orientée. C'est ainsi que l'on peut lire dans la presse écrite belge : « de nombreux pays du continent [africain] importent des aliments au lieu de les produire, parce que les autorités locales donnent la priorité aux cultures d'exportation afin d'en retirer les devises pour acheter ce qu'ils ne produisent pas ». Raccourci étonnant. Aussi étonnant que simplificateur et qui dédouane à peu de frais les politiques néolibérales de privatisation, de plans d'ajustement structurel, imposés depuis bientôt trente ans par les institutions financières internationales (IFI) et les gouvernements du Nord au reste de la planète.
Responsabilités: article tiré de la Valise diplomatique

Le jugement de M. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies sur le droit à l'alimentation, est sévère pour le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, les pays riches : « Beaucoup criaient dans le désert depuis des années pour qu'on soutienne l'agriculture dans les pays en développement. Rien n'a été fait contre la spéculation sur les matières premières, pourtant prévisible depuis qu'avec la chute de la bourse, les investisseurs se repliaient sur ces marchés. […] Les plans d'ajustement structurel du Fonds monétaire international ont poussé les pays les plus endettés, notamment en Afrique subsaharienne, à développer des cultures d'exportation et à importer la nourriture qu'ils consommaient. Cette libéralisation les a rendus vulnérables à la volatilité des prix (Le Monde, 3 mai 2008. ). »

Le point de vue de M. Michel Barnier, ministre français de l'agriculture, n'est pas entièrement différent, bien que lui défende la politique agricole de l'Union européenne, souvent mise en cause, en Afrique notamment : « Le choix de cultures d'exportation dans les pays pauvres a détruit les cultures vivrières et fait disparaître les paysans. […] Mettre en compétition des agriculteurs dont les niveaux de compétitivité varient de 1 à 1 000, c'est à coup sûr condamner les plus pauvres (Michel Barnier, « Agriculture : pas question d'autarcie… », Les Echos, 2-3 mai 2008.). »

L'analyse du rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation ne semble pas avoir convaincu les Etats-Unis davantage que celle du ministre français. Répondant à M. Barnier dans Les Echos, l'ambassadeur américain à Paris, M. Craig Stapleton, préfère imputer la crise alimentaire à « certains pays producteurs de céréales [qui] ont choisi de restreindre leurs exportations, exacerbant la tension sur l'offre ». Après avoir fait l'éloge du maïs génétiquement modifié qui, estime-t-il, « pourrait augmenter la production agricole dans les régions arides », il prescrit : « En fait, le moyen le plus efficace pour inciter à produire plus, dans les pays développés comme dans les pays en voie de développement, serait de réduire les distorsions commerciales. » Ce genre d'ordonnance s'abrite derrière un avis de M. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, qui semble avoir enchanté Washington : « Personne ne devrait oublier que toutes les nations comptent sur le libre-échange pour nourrir leur population (Craig Stapleton, « Agriculture, pas question de limites aux échanges », Les Echos, 2-3 mai 2008). »

Comme le remarque ironiquement un vieux dicton américain, quand on ne dispose que d'un marteau, le monde ressemble forcément à un clou…

Que fait l'Europe ? X CAMPAGNE La PAC est malade, signons la PAC.
En 2008, un « bilan de santé « de la PAC est engagé afin d'évaluer les politiques en place et anticiper les évolutions pour la prochaine réforme de 2013. Dans ce contexte et dans le cadre de la présidence française de l'Union europénne au deuxième semestre 2008, nous demandons un débat de fond sur les objectifs de la PAC.
La PAC doit poursuivre en priorité un objectif de souveraineté alimentaire. Cela signifie que l'agriculture doit donc avant tout assurer l'indépendance alimentaire de l'UE et que la PAC doit se concentrer sur l'approvisionnement de son marché intérieur. Cela va également dans le sens de la reconnaissance du droit des autres pays de se nourrir par eux-mêmes et de l'abandon d'une politique agressive d'exportation ainsi que de dumping.
Ce principe de souveraineté alimentaire doit être mis au service d'une agriculture durable et solidaire c'est-à-dire une agriculture diversifiée et de qualité, satisfaisant prioritairement les besoins des marchés locaux, créatrice d'emploi, répartie sur tout le territoire, respectueuse de l'environnement, ainsi qu'à forte valeur culturelle.
Les effets de la PAC dans les pays du sud : analyse des responsabilités européennes.

Contre sommet d'Annecy - Gilles Lemaire -Un Conseil informel des ministres de l'Agriculture aura lieu à Annecy les 22 et 23 septembre prochain pour discuter de la Politique Agricole Commune d'après 2013. Nous appelons à un rassemblement de toutes les associations et de tous les citoyens concernés les samedi 20 et dimanche 21 septembre.

Organiser la famine et criminaliser ceux qui la fuient- Jean Ziegler --Ancien rapporteur des Nations unies sur le droit à l'alimentation, Jean Ziegler décrit le calvaire des Africains qui tentent de fuir la famine dans leur pays et que l'Europe laisse mourir à ses portes. Chiffres à l'appui, l'auteur dénonce la formidable hypocrisie de l'agence européenne Frontex mise en place par Bruxelles.

OGM, agrocarburants : quels impacts sur l'agriculture ? D'après l'ONU, les OGM ne résoudront pas les problèmes de faim dans le monde, encore un mythe qui s'écroule.

Alors que les appels partisans se multiplient pour le recours massif à la technologie transgénique afin de « résoudre la crise alimentaire mondiale », de nouvelles études scientifiques viennent contredire ces voix et révèlent que la modification génétique diminue la productivité des cultures.

Agrocarburants : les prix montent à la pompe et dans l'assiette ! - Christian Berdot des Amis de la Terre

« Le nouveau dilemme : des carburants chers impliquent des calories chères »Kuantan, Malaisie L'augmentation des prix de l'huile de cuisine oblige les habitants du plus grand bidonville de l'Inde à Mumbai à réduire leur ration. Les boulangeries aux Etats-Unis s'inquiètent de l'augmentation des matières grasses. Et ici, en Malaisie, des usines toutes neuves construites pour transformer l'huile en diesel tournent à vide alors que leurs propriétaires ne peuvent plus se payer la matière première.

Le même auteur a également mis en ligne un article concernant les conditions sociales des paysans brésiliens qui cultivent la cane à sucre pour les agrocarburants. Lire l'article

Livre " Avec les paysans du monde "
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- Agriculture et spéculation
-Nourrir la planète ou gonfler les profits ?