CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT.
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" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile."
[Thucydide]---------------------
" Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus]
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Il faut sauver nos amis les vers. Ils sont in-dis-pen-sables. Les obscurs travailleurs du sol, modestes et cachés, labourent en permanence les terres en les rendant fertiles, aptes à produire ce qui conditionne les bases de notre vie. Mais ils sont menacés par les nouvelles pratiques agro-alimentaires (labours profonds, tassement des sols, produits phyto-sanitaires...) et par la mondialisation,qui introduit de nouvelles espèces peu sympathiques à l'égard de nos amis. Il faut sauver les vers de terre! Ils sont des éléments clés de la fertilisation des sols et donc pour la vie humaine. ....Ils représentent la première biomasse animale terrestre. Mais comme le ver de terre est le premier marqueur de la bonne santé des sols, son absence indique clairement que les sols sont malades. Et un sol en mauvaise santé et à l'image d'un sein à sec, il n'est plus nourricier. Entendez, nos enfants vont souffrir de la faim... 95 % de notre alimentation dépend des sols, et que les sols disparaissent avec les vers de terre sous les effets de l’érosion, une érosion amplifiée par l’absence de vers de terre... nul besoin d’un dessin pour saisir que nous leur préparons un dessein funeste... On peut dire plus, nos discrets amis les vers représentent les moteurs de la transition écologique, les principaux acteurs de la vie des sols. On le sait mieux depuis Darwin, qui s'est penché sur nos collaborateurs cachés et souvent méprisés. Le premier, Darwin, en fin observateur, avait compris leur rôle fondamental: "La charrue est une des inventions les plus anciennes et les plus précieuses de l'homme, mais longtemps avant qu'elle existât, le sol était de fait labouré par les vers de terre et il ne cessera jamais de l'être encore. Il est permis de douter qu'il y ait beaucoup d'autres animaux qui aient joué dans l'histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d'une organisation si inférieure." _Charles Darwin 1881_ Il "a été l'un des premiers a réhabiliter le ver de terre alors considéré comme nuisible à l'agriculture. Darwin avait observé que les vestiges archéologiques étaient souvent protégés par leur enfouissement assez rapide sous la terre produite à partir de la végétation mortes et par les organismes du sol. Il a contribué à faire connaitre l'importance des organismes fouisseurs tel que le ver de terre pour les sols. Dans un ouvrage publié le 10 octobre 1881 et intitulé « "The formation of vegetable mould through the action of worms with observations on their habits" », traduit en Français en 1882. (son dernier livre scientifique, qui s'est vendu à 2000 exemplaires immédiatement, et en quelques mois à 3 500 exemplaires puis à 8500 exemplaires en moins de trois ans, soit plus rapidement et en plus grand nombre que son œuvre principale ,«L'origine des espèces»), il a traité de l'importance du travail de bioturbation des vers terre sur la genèse, l’érosion et la fertilité du sol..." Ces étonnants et indispensables animaux méritaient bien les éloges du fondateur de l'idée d'évolution, qui détrône l'homme de sa prétention d'être exceptionnel dans la nature et lui enlève son mépris des êtres dits inférieurs. "Ces ingénieurs du sol modifient le sols via des processus physiques, chimiques et biologiques, tout comme les termites, les fourmis.... Peut être appelé ingénieur du sol tout organisme qui par son activité modifie son habitat dans un sens qui lui est « favorable » mais également favorable aux autres organismes inféodés à cet habitat (en l'occurrence les bactéries ou les champignons du sol, etc.)." (Wiki) Nos obscurs alliés méritent bien un éloge pour leur travail inlassable. De plus, ils peuvent s'inviter généreusement dans nos assiettes. Il faut en rabattre de notre prétention et de notre mépris.De notre anthropocentrisme aussi. Homo vient de humus. Il retournera à la terre, comme humus. Le mot "homo" est lui-même apparenté à "humus",la terre,le sol,le grec "khamai" signifiant "à terre". Les Romains nommaient donc l'homme "le terrestre", par opposition aux dieux (cf. humilité, de même racine). L'homme oublie trop souvent qu'il ne peut vivre hors-sol. Sans les vers, ses racines sont bien compromises. La vie des sols conditionne la nôtre.
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Ils peuplent nos sols, discrètement mais efficacement, pour leur fertilité, comme de silencieux laboureurs. Il n'est pas besoin d'être philosophe pour reconnaître leur travail souterrain. Des obscurs travailleurs du sol, dont Darwin souligna le premier l'importance. Ils sont souvent en péril, avec le développement de l'agrobusiness et son cortège de produits de synthèse en tous genres. _____Il faut sauver nos amis les vers. Ils sont in-dis-pen-sables. Les obscurs travailleurs du sol, modestes et cachés, labourent en permanence les terres en les rendant fertiles, aptes à produire ce qui conditionne les bases de notre vie.
Mais ils sont menacés par les nouvelles pratiques agro-alimentaires (labours profonds, tassement des sols, produits phyto-sanitaires...) et par la mondialisation, qui introduit de nouvelles espèces peu sympathiques à l'égard de nos amis. Il faut sauver les vers de terre! Ils sont des éléments clés de la fertilisation des sols et donc pour la vie humaine. ....Ils représentent la première biomasse animale terrestre. Mais comme le ver de terre est le premier marqueur de la bonne santé des sols, son absence indique clairement que les sols sont malades. Et un sol en mauvaise santé et à l'image d'un sein à sec, il n'est plus nourricier. Entendez, nos enfants vont souffrir de la faim... 95 % de notre alimentation dépend des sols, et que les sols disparaissent avec les vers de terre sous les effets de l’érosion, une érosion amplifiée par l’absence de vers de terre... nul besoin d’un dessin pour saisir que nous leur préparons un dessein funeste On peut dire plus, nos discrets amis les vers représentent les moteurs de la transition écologique, les principaux acteurs de la vie des sols.
On le sait mieux depuis Darwin, qui s'est penché sur nos collaborateurs cachés et souvent méprisés.
Le premier, Darwin, en fin observateur, avait compris leur rôle fondamental: "La charrue est une des inventions les plus anciennes et les plus précieuses de l'homme, mais longtemps avant qu'elle existât, le sol était de fait labouré par les vers de terre et il ne cessera jamais de l'être encore. Il est permis de douter qu'il y ait beaucoup d'autres animaux qui aient joué dans l'histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d'une organisation si inférieure." _Charles Darwin 1881_ Il "a été l'un des premiers a réhabiliter le ver de terre alors considéré comme nuisible à l'agriculture. Darwin avait observé que les vestiges archéologiques étaient souvent protégés par leur enfouissement assez rapide sous la terre produite à partir de la végétation mortes et par les organismes du sol. Il a contribué à faire connaitre l'importance des organismes fouisseurs tel que le ver de terre pour les sols. Dans un ouvrage publié le 10 octobre 1881 et intitulé « "The formation of vegetable mould through the action of worms with observations on their habits" », traduit en Français en 1882. (son dernier livre scientifique, qui s'est vendu à 2000 exemplaires immédiatement, et en quelques mois à 3 500 exemplaires puis à 8500 exemplaires en moins de trois ans, soit plus rapidement et en plus grand nombre que son œuvre principale ,«L'origine des espèces»), il a traité de l'importance du travail de bioturbation des vers terre sur la genèse, l’érosion et la fertilité du sol..." Ces étonnants et indispensables animaux méritaient bien les éloges du fondateur de l'idée d'évolution, qui détrône l'homme de sa prétention d'être exceptionnel dans la nature et lui enlève son mépris des êtres dits inférieurs. "Ces ingénieurs du sol modifient le sols via des processus physiques, chimiques et biologiques, tout comme les termites, les fourmis.... Peut être appelé ingénieur du sol tout organisme qui par son activité modifie son habitat dans un sens qui lui est « favorable » mais également favorable aux autres organismes inféodés à cet habitat (en l'occurrence les bactéries ou les champignons du sol, etc.)." (Wiki) Nos obscurs alliés méritent bien un éloge pour leur travail inlassable. De plus, ils peuvent s'inviter généreusement dans nos assiettes. Il faut en rabattre de notre prétention et de notre mépris.De notre anthropocentrisme aussi. Homo vient de humus. Il retournera à la terre, comme humus. Le mot "homo" est lui-même apparenté à "humus",la terre,le sol,le grec "khamai" signifiant "à terre". Les Romains nommaient donc l'homme "le terrestre", par opposition aux dieux (cf. humilité, de même racine).
L'homme oublie trop souvent qu'il ne peut vivre hors-sol. Sans les vers, ses racines sont bien compromises. La vie des sols conditionne la nôtre.
Revenir un instant au terre à terre...royaume de l'humble ver de terre. __Que serions-nous sans lui?
_____Ils sont bien plus nombreux que nous, qui ne sommes que quelques milliards. Ils creusent sans fin, en modifiant les sols physiquement et chimiquement. Obscurs travailleurs de la terre, ils sont aussi aussi indispensables à la vie que les innombrables microorganismes qui nous entourent ou qui nous habitent, que les fourmis travailleuses ou que les actives petites abeilles, que nous avons tendance par ignorance et absurde dédain anthropomorphique à classer dans le registre moralisant des sales bêtes, méprisées. _Le premier, Darwin, en fin observateur, avait compris leur rôle fondamental: "La charrue est une des inventions les plus anciennes et les plus précieuses de l'homme, mais longtemps avant qu'elle existât, le sol était de fait labouré par les vers de terre et il ne cessera jamais de l'être encore. Il est permis de douter qu'il y ait beaucoup d'autres animaux qui aient joué dans l'histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d'une organisation si inférieure." _Charles Darwin 1881_
Il "a été l'un des premiers a réhabiliter le ver de terre alors considéré comme nuisible à l'agriculture. Darwin avait observé que les vestiges archéologiques étaient souvent protégés par leur enfouissement assez rapide sous la terre produite à partir de la végétation mortes et par les organismes du sol. Il a contribué à faire connaitre l'importance des organismes fouisseurs tel que le ver de terre pour les sols. Dans un ouvrage publié le 10 octobre 1881 et intitulé « "The formation of vegetable mould through the action of worms with observations on their habits" », traduit en Français en 1882. (son dernier livre scientifique, qui s'est vendu à 2000 exemplaires immédiatement, et en quelques mois à 3 500 exemplaires puis à 8500 exemplaires en moins de trois ans, soit plus rapidement et en plus grand nombre que son œuvre principale ,«L'origine des espèces»), il a traité de l'importance du travail de bioturbation des vers terre sur la genèse, l’érosion et la fertilité du sol..." Ces étonnants et indispensables animaux méritaient bien les éloges du fondateur de l'idée d'évolution, qui détrône l'homme de sa prétention d'être exceptionnel dans la nature et lui enlève son mépris des êtres dits inférieurs. "Ces ingénieurs du sol modifient le sols via des processus physiques, chimiques et biologiques, tout comme les termites, les fourmis.... Peut être appelé ingénieur du sol tout organisme qui par son activité modifie son habitat dans un sens qui lui est « favorable » mais également favorable aux autres organismes inféodés à cet habitat (en l'occurrence les bactéries ou les champignons du sol, etc.)." (Wiki) Les agriculteurs avisés savent bien que ces modestes bestioles sont leurs charrues essentielles. Les bons jardiniers les entretiennent comme d'utiles alliés , qui font un travail invisible mais précieux. "Les vers de terre sont parmi les plus célèbres habitants du sol. Ils représentent la première biomasse animale terrestre : une tonne par hectare en moyenne, et près de quatre fois plus dans une prairie normande, soit l'équivalent de 3 vaches par hectare ! (densité de 1 à 4 millions d'individus par hectare). Dans leur habitat, tous les vers ne remplissent pas les mêmes fonctions. Sur 150 espèces en France - environ 10000 estimées dans le monde - on en distingue 3 types :
les premiers - les épigés (petits) - agissent en surface, se nourrissent directement de matière organique et de végétaux en décomposition ;
les deuxièmes - les endogés (moyens) - creusent de profondes galeries et se nourrissent de terre mélangée à la matière organique ;
les troisièmes - les anéciques (gros) - cherchent leur nourriture à la surface du sol puis la distribuent en profondeur grâce aux galeries verticales qu'ils creusent.
En moyenne sur un hectare, 250000 vers de terre passent entre plusieurs centaines de tonnes de terre dans leur tube digestif par an (entre 300 et 600 tonnes) ..." L'agriculture intensive les décime, car le sol est une matière vivante Les labours profonds sont les ennemis des vers de terre, ils affectent la qualité des sols et accentuent l'érosion.
Pour une approche toujours plus fine de notre rapport vital à la terre.
En matière de connaissance de la terre, donc du climat, nos connaissances sont limitées. Même les écologistes n'ont souvent qu'une vue très partielle des mécanismes constitutifs du climat, de ses évolutions parfois rapides. Il faut dire que la complexité est grande dans ce domaine et seule la diversité des spécialités peut contribuer à forger une vision plus globale et élaborée des mécanismes qui ont contribué à former notre planète et les formes de vie qu'elle a développées. La météorologie ne suffit pas. Les sciences de la vie et la terre sont nécessaires, pour l'étude des mécanismes de la formation des sols et de leur complexité, de l'aparition de la vie d'abord sous ses formes primitives, etc. La géologie notamment a son mot à dire sur la formation de la fine pellicule de matière minérale et vitale qui entoure notre planète que le volcanisme et les effets du mouvement des plaques tectoniques ont façonnée. L'étude de M.Gaillardet nous aide à y voir plus clair dans ce domaine jusqu'ici assez peu approfondi:
"...Si « nous parlons de la Terre sans la connaître »... l'ouvrage permet de pallier cette méconnaissance, avec pour originalité de centrer le propos sur la « zone critique »,i.e.ce « milieu hétérogène de proche surface terrestre, dans lequel des interactions complexes entre roches, le sol, l’eau, l’air et les organismes vivants (…) régulent l’habitat naturel, déterminent la disponibilité des ressources vitales » (p. 77). En effet, « les humains [et beaucoup d’autres êtres vivants] n’habitent pas le globe », mais cette « mince pellicule à sa surface » (p. 205). La dynamique de zone critique (« zone limite, interface sensible et en permanente transformation », p. 121) est, il est vrai, peu connue, au-delà des quelques images que l’on associe par exemple à l’érosion. L’ouvrage de Gaillardet enrichit considérablement les représentations à ce sujet, et redonne toute leur importance à ces processus – en montrant notamment « comment la décomposition des pierres contribue à purifier l’air et à créer un monde vivable » (p. 25). Dans cette perspective, des objets familiers trouvent un nouvel éclat, au profit d’une culture scientifique plus portée sur les cycles naturels. Ainsi « les ardoises qui couvrent les toits des villages bretons ne sont rien d’autres que des sédiments de fleuves disparus, déposés en mer, compactés, émergés et soulevés à la faveur de collision tectoniques » (p. 56), et « les petits grains de quartz qui collent à notre peau » quand on se promène sur les plages de l’Atlantique « tout ce qu’il reste des chaines de montagnes qui ont disparu » (p. 70). On apprend aussi, dans un autre genre, que les falaises peintes par Courbet au-dessus d’Ornans « sont des atmosphères passées, stockées là pour empêcher un effet de serre qui, sinon, détruirait la vie sur Terre » (p. 158). Les révélations de ce style sont nombreuses, et permettent de comprendre pourquoi « une Terre sans relief »,i.e.sans tectonique des plaques, serait probablement inhabitable (p. 84). Le relief c’est la vie..... L’ambition de Gaillardet n’est pas de nourrir la discussion sur cette philosophie, mais d’initier au « langage des cycles » (p. 132), entre tectonique des plaques, flux de gaz et grouillement des vers de terre. C’est un plaisir pour quiconque aime apprendre et comprendre, nommer choses et processus, retrouver en somme un peu de cet « art perdu de la description de la nature » auquel R. Bertrand a consacré un étonnant livre, et qui s’appuyait sur « les forces combinées de la science et de la littérature » pour « dire le plus banal des paysages » et « faire le portrait du monde en ses surfaces » (Le détail du monde. L’art perdu de la description de la nature, Seuil, 2019). Œuvrant au-delà de ces surfaces, La Terre habitable est aussi traversée par des figures et métaphores que Gaillardet estime parlantes pour donner corps aux savoirs de la géochimie. La zone critique est ainsi le lieu de la confrontation entre Hadès et Hélios, représentant respectivement « l’énergie interne de la planète » et celle du soleil (p. 121). Ailleurs il fait le choix d’une personnalisation plus anonyme : « la montagne andine » est comparée à un « ogre glouton » dévorant « des restes de vivants » et les « engloutissant au fond de la mer » (p. 50), via l’Amazone. Ses explications n’évitent pas non plus une forme d’organicisme médical, représentant la Terre comme « une malade » dont il faut « suivre les constantes vitales », et dont la zone critique serait une « fragile peau », en « perpétuel renouvellement » (p. 143, 219). Il s’agit de faire feu de tout bois pour faire entrer l’esprit de la géochimie dans le langage ordinaire....
L’une des qualités du livre est ainsi d’associer au travail de vulgarisation un aperçu de la « science en train de se faire », c’est-à-dire des activités des scientifiques en amont des publications. La formule de « la science en train de se faire » est associée à l’anthropologie des sciences de B. Latour, et le géochimiste suit une idée que ce dernier a souvent exprimée dans ses dernières années, lorsqu’il enjoignait les scientifiques à assumer leur influence politique en choisissant la transparence plutôt que la défiance face aux sceptiques de tous bords. Au lieu de s’en tenir à une exposition des résultats consolidés (« la science déjà faite »), Gaillardet n’élude donc pas les difficultés rencontrées pour assurer la fiabilité du recueil des données, ni les controverses qui peuvent opposer les spécialistes de la zone critique. Le discours scientifique y gagne en réalisme, et offre de stimulants points de contacts avec lesscience studies(on est loin des « science wars » des années 1980, qui opposaient des sociologues et anthropologues des sciences à des physiciens et biologistes soucieux de préserver la Science de leurs « déconstructions », par crainte de voir leur légitimité en pâtir)...Il est particulièrement intéressant de voir combien la solidité des connaissances produites dépend du travail d’articulation entre laboratoire et terrain. Gaillardet témoigne des enjeux attachés au « rituel » de l’étiquetage des échantillons, et « le soin religieux » accordé aux « précieux flacons » (p. 37). Il faut aussi faire preuve d’inventivité pour adapter des instruments aux difficultés du terrain, comme ces « géophones » installés « sous une pluie battante » (p. 166) ou cette tour de 80 mètres érigée en pleine forêt tropicale pour analyser les particules en suspension dans l’atmosphère (et qui a permis de montrer que la forêt amazonienne était fertilisée par les poussières venues du Sahara, p. 54). Ces descriptions rendent justice aux techniques grâce auxquelles la connaissance des composantes du « système Terre » (et celles des « forçages » d’origine humaine) a pu être affinée ces dernières décennies. Dans les sciences de la zone critique, ces progrès sont fondés sur une démarche de reconstruction historique, exploitant les altérations subies par la matière lors des cycles géochimiques. Le décompte des éléments chimiques présents dans les échantillons permet de se figurer les sources et parcours des éléments prélevés. Ainsi, en analysant les isotopes du calcium présents dans « une eau qui ruisselle », il est possible d’évaluer la part de ce calcium qui « vient de la plante » et celle qui « vient de la roche ». Et on peut en conclure par exemple que « lorsque vous marchez dans la boue du delta de l’Amazone, vous piétinez des Andes pulvérisées... » _____
Légendes et instrumentalisation d'hier et d'aujourd'hui. Cynisme et cécité.
« Tout lieu où ton pied se posera t'a été donné, comme je l'ai dit à Moïse, depuis le désert et le Liban jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. »
Le retour en force d'un mythe religieux, depuis la période Sharon et surtout Netanyahou, avec le concours de l'extrême droite israëlienne, comme Ben Gvir: Au nom de la Torah (ici) La Palestine est exclue de tout horizon politique. L'extrêmisme est en voie de gagner, contre l'opinion d'une fraction du peuple israëlien modéré, souvent non croyant. et opposé à une guerre sans fin, une aventure sans perspective. L'histoire de la ville emblématique de Jérusalem est saturée de sens. "Comment cela va-t-il finir?" demandaient de jeunes Israëliens démoralisés ,en 1970.Ezer Weisman répondait:"Il faut d'abord savoir comment cela a commencé" L'historien Marius Schattner souligne "Le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)Et dans ce contexte, alors que chacun sait en Israël qu'une paix réelle ne se fera qu'au prix de concessions importantes, y compris dans la ville sacrée de Jérusalem, la montée en puissance de ce nationalisme religieux porte en elle les germes des crises à venir. "On peut imaginer ce qui risque de se passer quand il faudra évacuer non point 8000 colons de la bande de Gaza, mais au moins vingt fois plus de Judée Samarie (Cisjordanie), territoire avec lequel le lien religieux et historique est beaucoup plus fort, émaillé qu'il est de lieux saints traditionnels comme le Caveau des patriarches à Hébron, ou redécouverts depuis 1967, sans compter le Lieu saint par excellence, le mont du Temple à Jérusalem, site de l'Esplanade des mosquées.Par delà l'attache à des lieux aussi sacrés, la question se pose de savoir pourquoi la religion juive, dans sa version dominante en Israël, se prête à une telle alliance avec le nationalisme le plus extrême... " Marius Schattner rappelle justement qu'une telle alliance n'est pas inhérente au fait religieux, et cite le regretté professeurYeshayahou Leibowitz (1903-1993), figure intellectuelle et religieuse majeure, resté célèbre pour avoir pronostiqué dès 1967 qu'Israël commettait une erreur capitale en décidant de profiter de sa victoire militaire pour occuper durablement les territoires palestiniens. Une partie des clés se trouvent effectivement dans l'histoire. Mais aussi dans les compromis historiques noués à la naissance de l'Etat juif en 1948, et qui expliquent pourquoi, jusqu'à ce jour, il n'existe toujours pas de constitution en Israël.... ___ " Si la coalitionentre ultranationalistes laïques et religieux au pouvoir en Israël est inédite, l’imaginaire messianique a commencé à prospérer dans le pays bien avant 2022. Dès les débuts du sionisme, un discours emprunté au religieux doit conférer un supplément de légitimité au projet. Cette rhétorique convoque des termes tels que «Terre promise» et des espérances juives bimillénaires de rassemblement des exilés. Malgré l’athéisme de la majorité des pionniers sionistes. Malgré leur dédain à l’égard des juifs religieux — «arriérés», «passifs» — qu’ils souhaitent remplacer par des juifs rationnels, volontaires et travailleurs, aptes à reconstruire la nation juive en terre d’Israël. Libéraux ou ultraorthodoxes, les religieux voient l’émergence du projet sioniste comme une trahison de la tradition. Ils dénoncent une instrumentalisation du judaïsme au service d’une religion nationale. L’universitaire Amnon Raz-Krakotzkin évoque à cet égard un messianisme laïque :« C’est parce qu’ils sont au cœur du mythe sioniste laïque »,estime-t-il, que messianisme et nationalisme se renforcent aujourd’hui en Israël.« Les colons n’ont rien inventé. Leur position n’est pas différente de celle des sionistes laïques, ils vont simplement au bout de ses conséquences logiques. »Pour cet historien et d’autres avec lui, le sionisme apparaît comme un détournement des concepts fondamentaux du judaïsme, dont ceux d’exil et de rédemption. Car« l’essence du judaïsme est l’idée que l’existence est un exil ».Celui du peuple d’Israël après la destruction du second temple, que la tradition présente comme la conséquence d’un écart vis-à-vis des préceptes divins :« À cause de son iniquité(…)la maison d’Israël avait été exilée »(livre d’Ézéchiel 39:23). Mais dans cette relégation, les Juifs doivent observer les commandements de la Torah et, par leurs bonnes actions, réparer le monde. L’éloignement a donc aussi une dimension spirituelle — un autre historien, Yakov Rabkin, le présente comme un« état (...)" _________Aux USA, "...Il n’y a aucun débat sérieux et loyal à propos de la Palestine et d’Israël dans la sphère médiatique, ni dans tout autre cercle culturel, politique et religieux américains. S’il se trouve que l’histoire actuelle est débattue, alors, elle l’est dans un langage imaginé, non réel, presque complètement à coté des réalités de la Palestine et d’Israël, fondée pour une grande part sur une étroitesse d’esprit, dans un discours apocalyptique religieux qui, depuis des décennies, se retrouve le point de départ accepté de la plupart des politiciens, même de ceux qui se déclarent faussement des libéraux. Entre les deux discours, celui des fantasmes absurdes des religieux et celui des flagorneries des politiciens, il y a sans doute assez de place pour un autre récit. Malheureusement, cet espace est lui aussi encombré d’idées culturelles erronées, de partis pris institutionnels et de confusions délibérées, introduits et insufflés par les producteurs de médias, les experts et autres fabricants de la culture populaire américaine.Jusqu’à ce que les gardiens de la culture américaine ne soient sérieusement contestés, la Palestine continuera de représenter, dans l’imagination américaine, une bataille entre le bien et le mal, une « Terre sainte » qui doit être arrachée des mains de ceux ont pu en être propriétaires, à une certaine époque, mais qui « n’ont rien à y faire sauf de la profaner ». La question se pose chez certains à Tel Aviv: Le Liban fait-il partie du territoire promis à Israël ? Par Mark Fish (Jerusalem Post (archive), 25 septembre 2024): " Les versets de la Torah véhiculent des messages profonds que nous pouvons interpréter avec perspicacité pour notre vie quotidienne. Le rabbin Shay Tahan, Rosh Kollel [directeur d'un établissement d'enseignement talmudique] de Shaarei Ezra à Brooklyn, New York, ouvre gracieusement les portes de cette compréhension. Le récent conflit au Liban soulève l'éternelle question des frontières septentrionales de l'Eretz Yisrael [Terre d'Israël] biblique. Où exactement Hachem [Dieu] a-t-il défini ces frontières, et sommes-nous tenus de conquérir ces régions ? Les mitzvot [commandements] de terumah [donation d'une partie des récoltes] et de ma'aser [dîme] s'appliquent-elles à ces terres comme faisant partie d'Eretz Yisrael, ou sont-elles considérées comme en dehors des frontières ? La Torah fournit des directives claires concernant les régions que nous avons l'ordre de conquérir et de prendre possession de la terre. Au cours de la dernière génération, l'expression « Grand Israël » est devenue prévalente. Elle est parfois utilisée dans des discussions politiques ou religieuses sur les frontières idéales ou futures d'Israël, souvent dans le contexte d'aspirations messianiques ou sionistes. Certains l'interprètent comme un appel au rétablissement des frontières bibliques d'Israël. Toutefois, la signification de ce concept varie, allant d'interprétations symboliques ou spirituelles à des revendications géographiques littérales.
Ce terme fait référence aux frontières bibliques de la Terre d'Israël, telles qu'elles ont été promises au peuple juif dans différentes parties de la Torah. Il est souvent associé à la terre décrite dans l'alliance avec Avraham (Brit Bein HaBetarim), qui s'étend du « fleuve d'Égypte » (interprété par certains comme le Nil ou un fleuve plus petit dans le Sinaï) à la rivière Perat (Euphrate). Cette vaste région comprend des parties de l'Israël d'aujourd'hui, la Cisjordanie, Gaza, le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Irak. Lorsque Hachem a promis à Avraham Avinou [notre ancêtre Abraham] la terre d'Israël lors de la Brit Bein HaBetarim [alliance avec Abraham], le pasuk [verset] dit (בראשית טז) : « En ce jour, Hachem fit alliance avec Avram, en disant : À ta descendance, j'ai donné cette terre, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. » À la fin de la Parshat [section de la Torah] Ekev, Hachem nous dit qu'il nous accorde toutes les terres que nous allons conquérir à l'intérieur des frontières mentionnées. Au nord, la Torah déclare : « Tout lieu que foulera la plante de ton pied sera à toi, depuis le désert et le Liban, depuis le fleuve — l'Euphrate — jusqu'à la mer occidentale, qui sera ta frontière. » Cette promesse du Créateur place clairement le Liban dans la Terre promise d'Israël, ou ce que certains appellent « la Terre d'Israël complète » ou « le Grand Israël ».
Un exemple de carte du « Grand Israël »
Le Ramban [Rabbin Moshe ben Nahman, dit Maimonide, ayant vécu au XIIIe siècle de notre ère] écrit que le Liban se trouve à l'intérieur des frontières d'Israël et ajoute que nous avions l'obligation et le commandement de le conquérir. Le Sefer Yehoshua [Livre de Josué] commence avec Hachem parlant à Yehoshua [Josué] et répétant le commandement ci-dessus : « Chaque endroit que ton pied foulera t'a été donné, comme je l'ai dit à Moshé [Moïse], depuis le désert et le Liban jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. » La tribu d'Asher [une des 12 tribus d'Israël] est principalement associée à des régions comprenant des parties du Liban. Après la conquête de la terre sous Yehoshua, les tribus ont établi leurs territoires, Asher s'étendant dans les régions adjacentes au Liban. Le texte décrit les frontières de la tribu d'Asher, en détaillant des sections de frontières et des listes de villes, dont certaines sont des villes frontalières marquant les limites de la tribu. Dans l'héritage de la tribu d'Asher se trouve la vallée d'Acco, au nord du mont Carmel, dont le point le plus septentrional est la ville de Sidon.
Carte du « Nouveau Moyen-Orient » présentée par Netanyahou à l'ONU, sur laquelle la Palestine n'existe pas ______________________" L'extension de la Terre d'Israël à d'autres territoires, comme dans le concept du « Grand Israël », a plusieurs implications halakhiques [juridiques]. Celles-ci concernent principalement les commandements liés spécifiquement à la terre, connus sous le nom de mitzvot hateluyotba'aretz [commandements de la Torah qui ne s'appliquent qu'à la terre d'Israël, et principalement liés à l'agriculture et à la gestion des terres]. Voici quelques-unes des principales implications halakhiques : 1/ Mitzvot dépendant de la terre : Certains commandements agricoles ne s'appliquent qu'à la terre d'Israël, tels que : - Shmitta : l'année sabbatique où la terre doit se reposer tous les sept ans. - Terumot et Ma'aserot : la dîme donnée aux Kohanim [prêtres], aux Lévites et aux pauvres. - Orlah : l'interdiction de manger les fruits des arbres pendant les trois premières années de leur croissance. L'élargissement des frontières d'Israël impliquerait l'extension de l'obligation d'observer ces mitzvot dans les territoires nouvellement inclus. 2/ Deux jours de Yom Tov [fêtes juives] : Il existe une différence entre ceux qui vivent à l'intérieur des frontières d'Israël, qui observent un jour de Yom Tov, et ceux qui vivent à l'extérieur, qui en observent deux [pour s'assurer de célébrer la fête au bon moment, le calendrier lunaire dépendant de l'observation visuelle de la nouvelle lune]. Par conséquent, si la terre devait s'étendre jusqu'aux frontières plus grandes d'Israël, cette distinction s'appliquerait. Selon la halakha qui suit le Ritva [Rabbin Yitzhak ben Moshe, éminent commentateur du Talmud, XIIIe siècle] (Ritva, Rosh Hashanah 18a ; Soucca 43a) en désaccord avec le Rambam [Maimonide] (Rambam, Lois de la sanctification du mois, 5, 9-12). 3/ Habitants et peuplement : Selon certaines opinions, vivre dans les frontières bibliques d'Eretz Yisrael peut être considéré comme une mitzvah. L'élargissement des frontières d'Israël pourrait accroître l'obligation pour les Juifs de s'installer et d'habiter ces régions. 4/ Voyager en dehors du pays : Il est interdit de quitter les frontières d'Eretz Yisrael si l'on y réside, sauf pour apprendre la Torah, se marier ou gagner sa vie. Par conséquent, les résidents peuvent se rendre dans ces territoires supplémentaires s'ils sont conquis. 5/ Guerre et conquête : Le concept de milchemet mitzvah [guerre commandée] inclut la conquête de certains territoires promis dans la Torah. Si de nouvelles terres sont identifiées comme faisant partie des frontières bibliques, il peut y avoir des discussions halakhiques sur l'obligation de les conquérir et de les coloniser. Le fleuve Perat, communément identifié à l'Euphrate, traverse plusieurs pays, dont la Turquie, la Syrie et l'Irak, avant de se jeter dans le golfe Persique. Dans le contexte biblique, l'Euphrate est souvent mentionné comme une frontière importante dans les promesses faites au peuple juif concernant la terre d'Israël. Si l'on regarde une carte, on est stupéfait de voir à quel point ce fleuve s'étend vers le nord et à quel point la Terre d'Israël est vaste. Bien que nous ne soyons peut-être pas en mesure de la récupérer entièrement à notre époque, Hachem nous la rendra certainement bientôt ".. [Alain Marshal ]
Plutôt mal. On ne dira jamais assez ce que l'on doit aux sols, qui sont trop souvent l'objet d'une agriculture non raisonnée, qui subissent souvent à notre insu d'énormes pressions liées entre autre aux contraintes forcées, aux dégradations liées surtout à une agriculture ultra-productiviste. Encore mal connus, les sols ne sont pas de simples supports, ils peuvent se dégrader, parfois rapidement, sous l'effet de divers facteurs. Nous avons peu conscience de l'importance et de la complexité de notre terre nourricière, qui a mis tant de temps à se constituer et qui reste un fragile équilibre. Un bien rare et précieux. Un problème politique au sens large. Pas seulement étroitement écologique. Il y a des prises de conscience à développer et des urgences devant nous. Nous sommes enfants dela terre. Notre Terre nourricière est faite d'un équilibre riche, complexe et fragile.
La fabrique de la vie qui la constitue demande un autre gestion des sols que celle, technocratique et court-termiste, que nous lui imposons de plus en plus, sous l'impulsion des marchands de machines et de certains entrants, qui nuisent aux sols, ne les considérant que comme de simples supports.
Avec le développement de la culture intensive et de l'agrobusness, les sols s'appauvrissent de plus en plus. Notamment du fait de la multitude des produis entrants développés par l'agrochimie, qui contribue à réduire ou à détruire les constituants vitaux essentiels à la vie des sols.
La monoculture sur de grands espaces, souvent par déforestation, accentue cette régression, de Bornéo à l"Amazonie de la Beauce au Middle West.
Nous avons oublié que la vie des sols conditionne la nôtre. Nous sommes des hommes et Homo vient de humus. Nous retournerons à la terre, comme humus. Le mot "homo" est lui-même apparenté à "humus",la terre,le sol,le grec "khamai" signifiant "à terre". Les Romains nommaient donc l'homme "le terrestre", par opposition aux dieux (cf. humilité, de même racine). Faute d'humilité et de savoir, nous tuons à petit feu ces sols qui vont devenir improductifs, sous les impératifs, non seulement démographiques, mais surtout les exigences de rentabilité et de mécanisation qui les accompagnent. L'homme oublie trop souvent qu'il ne peut vivre hors-sol. Sans les vers, notamment, ces laboureurs du sol, ses racines sont bien compromises. Le déclin de la diversité est une vraie menace, comme l'indique clairement Claude Bourguignon. Le perte progressive des vers de terre, des insectes et des oiseaux n'est pas anodine. La vie microbienne se réduit. Le problème n'est pas seulementchimico-commercial, il est aussi politique. L'agriculture biologique pourrait nourrir, à certaines conditions, plus d'hommes qu'on ne croit. A condition que soit revue dans l'urgence la gestion mercantile des ressources agricoles en reconquérant une souveraineté alimentaire, véritable et rapide. La biodiversité est toujours menacée L'agriculture dite moderne, pas seulement dans le Middle West ou l'Argentine, nous mène à des impasses.
20% des terres cultivées dans le monde seraient affectées. La chimie c'est bien, mais pas trop et pas n'importe comment. Sans ses obscurs alliés, la terre n'est plus rien. La vie des sols conditionne la nôtre.