Mais révélatrice
Comme à la fin de l'empire romain? suggèrent certains...C'est bien différent, malgré certaines analogies morales possibles. Mais c'est bien plus qu'une affaire morale, c'est un sommet de turpitudes et de corruptions; où des pratiques dissolues interfèrent avec des corruptions de grande ampleur au coeur d'un système financier dérégulé.. Une prédation mondialisée. Un scénario pour les théories du complot qui s'emballent. Un miroir d'un certain élite corrompue, offshore. Du beau monde... Selon Mediapart, " ... Les « Epstein Files » apportent un éclairage supplémentaire. Ils montrent au jour le jour le fonctionnement de cette grande machinerie d’évasion fiscale mise au point pour les riches, où se rencontrent gestionnaires, banquiers, avocats et grandes fortunes. Malgré des honoraires dépassant parfois les 8 500 dollars l’heure, les clients préfèrent payer des fortunes – le total doit dépasser parfois plus que ce que leur demande le fisc – à ces intermédiaires privés plutôt que de s’acquitter des impôts dus. Ainsi, Ariane de Rothschild, dirigeante de la société Edmond de Rothschild, a accepté, outre les commissions versées à d’autres conseils, de payer 25 millions de dollars à Jeffrey Epstein pour lui éviter les pénalités des autorités fiscales états-uniennes..."
| __ L'"affaire"...__] |
Le Wall Street journal, journal de référence du monde financier, ne se trompe pas sur les dangers du moment. « Pour ceux qui se trouvent en dehors du cercle restreint des puissants – les milléniaux antiboomers, la génération Z, les sous-payés et les personnes lésées –, les révélations concernant Epstein confirment une histoire sordide qu’ils soupçonnaient depuis longtemps. Les voilà, les riches et les puissants, certains exprimant leur sympathie pour un criminel parmi eux, souvent pour protéger les leurs », écrit Pamela Paul, une des chroniqueuses du journal, le 6 février. En quelques jours, l’affaire Epstein a changé de dimension. Ce n’est plus seulement un vaste scandale de pédocriminalité, d’agressions et de sévices sexuels impliquant milliardaires, têtes couronnées et puissant·es. La mise au jour des millions de documents, échanges privés, courriels, photos, vidéos concernant pratiquement l’ensemble de ce monde globalisé, où se mêlent financiers, politiques, géants du numérique, vieilles familles de l’establishment, universitaires, conseillers de tous ordres, vedettes, figures médiatiques, agit comme une bombe à fragmentation. Elle tend le miroir hideux et glaç[évélateur d'une corruption devenue une pratique trop courante au plus haut niveau, où la délinquance s'joute au pouvoir parfois sans contrôle, révélateur de les dérives d' institutions démocratiques, cédant à des formes d'enrichissement sans contrôle. "...Ces exemples dessinent des complaisances individuelles. A l’éthique qui imposait de rompre avec un homme fiché comme délinquant sexuel, ces personnalités ont privilégié leurs intérêts particuliers. Elles ont choisi de ne pas se priver du capital social et économique de Jeffrey Epstein, dont l’amitié devait se révéler bénéfique pour leurs affaires, leurs finances personnelles, leur carnet d’adresses. Remplies d’un sentiment d’impunité, elles ont préféré faire vivre un réseau d’influence, dont elles étaient des rouages et des catalyseurs. En l’espace de quelques jours, un nombre impressionnant de ces veuleries individuelles a été mis en lumière. Que dit cette somme d’errements particuliers ? Elle traduit une réalité peu glorieuse pour certains membres des cercles de pouvoir : une indifférence profonde à la question de la criminalité sexuelle, sans doute jugée mineure par rapport à d’autres formes de délinquance. Ce désintérêt revêt diverses formes. Certains avancent l’argument de la « vie privée », pour plaider la sincérité de leur aveuglement, comme Jack Lang l’a fait auprès de la presse. La lecture des écrits de Jeffrey Epstein est aussi pleine d’enseignements. On y voit des personnalités éminentes, prises dans les phares du mouvement #MeToo, s’enquérir auprès du financier américain de la meilleure façon de se défendre. Ainsi en va-t-il du grand physicien Lawrence Krauss en 2018, entre deux saillies antiféministes et misogynes. Intellectuel radical, Noam Chomsky plaint Esptein – en 2019 – pour la façon dont la presse s’est mise à présenter son ami et déplore une époque où « questionner une accusation est un crime pire que le meurtre ». D’autres, tel l’ancien secrétaire américain au Trésor Larry Summers, en 2019, lui demandent des astuces en séduction...."
Regarder dans la bonne direction ...: (Réseau citoyen Jean Moulin) "Voilà ce qui me retourne l’estomac dans la salve de documents liée à l’affaire Epstein : pendant qu’on nous sert en boucle les boucs émissaires faciles ("le chômeur assisté", "le jeune de quartier", "le syndicat qui bloque", "l’artiste subventionné", "le petit fonctionnaire planqué", "la RTBF trop à gauche"), une petite caste d’ultra-puissants continue de vivre au-dessus des lois. De quoi éprouver un profond dégoût. Et là, on ne parle pas d’"un" scandale people. On parle de crimes sexuels systémiques. De femmes brisées. D’enfants détruits. On a maintenant tous les détails les plus sordides sur Little Saint James... Des plaintes et actes de justice décrivent une mécanique de traite et d’abus : des jeunes femmes, parfois mineures, recrutées, attirées, transportées jusqu’à l’île par bateau ou hélicoptère, puis soumises à des violences sexuelles et à une emprise organisée. Des documents évoquent la confiscation de papiers, la peur, le contrôle des déplacements, et même la tentative d’une adolescente de fuir à la nage avant d’être rattrapée. C’est, selon ces procédures, un lieu où l’isolement géographique servait d’arme : éloigner, enfermer, réduire au silence. Je veux rester rigoureux : citer un nom dans un document n’est pas une preuve de crime. Je ne participerai pas au concours de rumeurs, à l’amalgame. Mais précisément : ce qui glace, ce n’est pas seulement le pédocriminel milliardaire, Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019. C’est tout le système autour ! Le réseau. Cette densité de connexions entre argent, politique, influence. Et là, un nom saute aux yeux : Trump est mentionné au moins 1 500 fois ! De nouveau, ce n’est pas une condamnation. C’est un signal. Un symptôme de proximité sociale, de gravitation, de monde commun. Et c’est ici que l’hypocrisie devient insupportable. Parce que l’internationale national-populiste se vend partout comme une croisade "anti-élite". Mon œil ! Le populisme de plateau s’excite contre les migrants et les syndicats, pendant que les hommes de pouvoir (ultra-riches, ultra-puissants, ultra-connectés) circulent dans précisément les mêmes salons, les mêmes carnets d’adresses, les mêmes zones grises. Alors oui, le "vrai problème", ce n’est pas la famille afghane qui cherche un toit, ni l’enseignante épuisée qui tient une classe. Le vrai problème, c’est cette oligarchie de l’entre-soi : celle où l’argent achète le silence, où la notoriété sert de bouclier, où la justice arrive trop tard. La lucidité, c’est comprendre que ce n’est pas une "affaire de monstres isolés". C’est un mécanisme de domination : la concentration de richesse fabrique des zones hors-droit, et ces zones hors-droit finissent par contaminer la démocratie. La question n’est pas de chercher un frisson de scandale. La question est : quels contre-pouvoirs sont assez solides pour empêcher que l’argent et l’influence deviennent une licence de tout faire, y compris d’odieux crimes sexuels ? La suite, si on est sérieux, n’est pas le voyeurisme. C’est une justice qui ne tremble pas : des unités spécialisées, des procureurs formés aux violences sexuelles, et la fin des pièges qui protègent les puissants (transactions opaques, accords de confidentialité utilisés comme bâillons, arrangements privés qui effacent les crimes). On nous demande toujours de détourner le regard pour taper en bas sur les plus faibles. Faut refuser. Le vrai courage politique, aujourd’hui, c’est d’oser regarder en haut. "_____________________________
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