Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par date pour la requête armes USA. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête armes USA. Trier par pertinence Afficher tous les articles

vendredi 10 juillet 2026

Pour une police exemplaire

 Une décision lourde de sens

                                                   ".... Les policiers et gendarmes disposent déjà du pouvoir de recourir à la force, y compris d’ouvrir le feu. Encore faut-il que ce pouvoir soit contrôlé et exercé de manière légitime : que la réponse soit proportionnée à la menace et que celle-ci soit suffisamment grave et immédiate pour ne laisser aucun autre choix. Une telle présomption de légitime défense permettra aux agents d’ouvrir le feu sur des personnes considérées comme suspectes, quels que soient les circonstances et le niveau de menace réel que ces personnes représenteraient. On compte déjà en France des dizaines de personnes tuées par balles, dont certaines dans des circonstances floues, voire opaques. Les enquêtes impartiales et procès, qui permettraient d’y voir plus clair sur la légitimité ou non de l’action policière dans certains cas, demeurent encore trop rares. Instaurer une telle présomption de légitime défense ne fera que renforcer cette opacité, ainsi que l’impunité d’agents qui ont pu abattre des personnes sans que cela soit nécessaire...."                                                                                                                                                                                                                 Une mesure comme nulle part ailleurs en Europe.  Les inquiétudes sont vives. Trop de zônes d'ombre et de victimes. S'agirait-il d'un permis de tuer?   "... Un « permis de tuer » dénoncé par l’ensemble de la gauche. Mais aussi par les associations des droits humains (Amnesty international France, Ligue des droits de l’homme…) qui s’étaient rassemblées devant le Palais-Bourbon dans l’après-midi pour protester contre une réforme « risqu[ant] d’augmenter le nombre de personnes tuées et blessées » par l’envoi d’« un signal de désinhibition » aux policiers et gendarmes, ainsi que l’écrivait le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans une lettre envoyée aux députés le 29 juin..."                                                                 "La question centrale  est celle de la restauration du lien de confiance entre la police et la population"                                                                                                                 Face à la pression de certains syndicats tout puissants de police. Il y a lieu de s'inquiéter de cette pression qui somme le pouvoir exécutif de répondre à leurs exigences et met le pouvoir judiciaire sous pression, provoquant des réactions prévisibles et normales de la part de magistrats en vue. Que certaines forces de police aient été très sollicitées depuis un moment, on le comprend. Personne ne remet en cause certaines exigences légitimes de leur part. Mais qu'elles imposent leur "droit", outrepassant certaines limites constitutionnelles, voilà qui n'est ni recevable, ni acceptable constitutionnellement, surtout quand de hauts responsables renchérissent. Mitterrand avait sanctionné une fois de telles dérives. Quels que soient leurs droits, un traitement d'exception ne peut être toléré, sous peine de remettre en question les fondements de l'Etat de droit.                                     Revoir les conditions d'exercice des forces de police, oui, le fonctionnement des chaînes de commandement, bien sûr, l'usage d'armes qui devraient être prohibées, comme dans d'autres pays, cela va de soi. Comme revoir la formation d'ensemble des forces du maintien de l'ordre, notoirement insuffisante et des méthodes de gestion de foules qu'on réprouve dans des pays voisins. Le maintien de l'ordre se définit et se décide au niveau de l'exécutif et de l'Assemblée conjointement, de l'instance gouvernementale. Il serait bon de relire Montesquieu. Céder aux forces de l'ordre par crainte ou par démagogie est une dangereuse dérive pour le pouvoir et le pays.                    Les forces doivent être au service des citoyens, de manière strictement encadrée, et doit en recevoir une juste reconnaissance. Ni plus ni moins. Rappel:                                                           Force est de le reconnaître, contre Mr Darmanin et son discours réducteur et souvent manichéen, on assiste en France à une "brutalisation des forces de l'ordre" lors des événements tels que ceux qu'on a connu depuis plusieurs semaines. Des instances européennes et même mondiales le reconnaissent aussi. Pas seulement à l'occasion de Ste Soline. Il s'agit surtout de la gestion de certaines forces policières lors de manifestations qui tournent mal.   


               __     Il y a d'évidence quelque chose à faire et il serait bon d'imiter certains pays pour gérer autrement des situations particulièrement compliquées. Une police plus exemplaire. C'est ce à quoi aspire tout citoyen. C'est ce qu'évoquent les différents responsables politiques qui en ont la charge, ministres de l'intérieur surtout. L'ordre républicain ne peut se passer d'elle. Tous souhaitent son efficacité, mais pas à n'importe quel prix. Il arrive trop souvent qu'elle soit mal préparée aux tâches qui seront le siennes, que son encadrement laisse à désirer, qu'elle soit un milieu où même des "bavures" ne sont pas rares, comme les organes de presse s'en font trop souvent l'écho. Et on peut comparer, d'un pays à l'autre, la manière dont la police se comporte, dans l'exercice de ses fonctions. La France hérite d'un tradition particulière dans ce domaine: depuis Papon sans remonter plus haut.  Une tradition qui n'est pas toujours à sa gloire et qui nécessiterait certaines réformes profondes. Il existe une certaine tradition d'impunité au sein des forces de l'ordre et des complicités qui commencent à être mieux connues. Un esprit de corps du plus mauvais effet et qui suscite des interrogations légitimes dans le public. Il y a aussi, sans vouloir généraliser trop de "management" discutable au sein de la hiérarchie, trop d'hommes de terrain qui souffrent et dont le désespoir peut pousser aux extrêmes. En plus haut lieu, certains organes signalent des disfonctionnements parfois graves. C'est le pouvoir de tutelle qui est interpelé, même si les conditions du maintien de l'ordre se sont complexifiées.                                                                                                                                                                         On aimerait une police plus policée. La France n'a pas la plus mauvaise police du monde. Elle est même bien meilleure que dans beaucoup d'autres pays industrialisés. La comparaison avec celle qui (dys)fonctionne aux USA notamment , au vu des affaires récentes, le montre bien. Le problème n'est pas tant celui des hommes que celui de leur recrutement, de leur formation, de leur gestion et du contrôle de leurs actions, à quelque niveau que ce soit. Si on a la police que l'on mérite, les modalités de son fonctionnement spécifique demandent une remise en question.  La police française n'est pas toujours exemplaire reconnaissent certains premiers concernés, qui en souffrent et qui le disent. Ce n'est plus celle qui fonctionnait aux ordres de Pétain ou plus tard pendant la guerre d'Algérie et les consignes de Papon. Mais, c'est bien connu, il y a encore des efforts à faire. On a réduit drastiquement les effectifs, introduit comme ailleurs un lean management, délaissé la police de proximité, abandonné les quartiers difficiles, livrés à eux-mêmes, et on a sommé pendant longtemps la police de faire du chiffre.

       
  ___   "...La France, qui était un État précurseur en matière de contrôle de sa police avec la création en 1986 du Code de déontologie de la Police nationale, puis avec la création de la CNDS en 2000, est devenue une nation frileuse depuis trop longtemps en ce qui concerne le traitement des comportements inadaptés des policiers qui entachent toute l’institution.   Par la mise en place de pratiques réflexives basées sur le modèle anglais, par la redéfinition des missions de l’IGPN et par la création d’une Commission nationale de déontologie de sa sécurité dotée de moyens suffisants, la police et les policiers pourraient retrouver une certaine légitimité et la population, une police sur laquelle elle pourrait compter...."            La perméabilité au racisme n'est pas nouvelle dans certains milieux de la police, depuis un certain nombre d'années, comme en Allemagne, ce qui est plus nouveau.
    Les policiers sont des gardiens de la paix avant tout, et leur formation ne doit pas être seulement technique. Depuis que la police de proximité a été négligée puis abandonnée, depuis qu'on a supprimé un très grand nombre de postes et redéfini sa mission dans un sens plus répressif, moins préventif, que les quartiers à risques furent abandonnés à leur sort, il ne faut pas s'étonner de certaines dérives dans des situations de méfiance réciproque et de confrontations parfois violentes, dans les situations conflictuelles plus nombreuses.
    L'impunité doit être bannie, comme ailleurs
                ____Dans son dernier rapport annuel, l’inspection générale de la police nationale se défend fermement d’être « la police des polices », mission qui « reste dans l’imaginaire populaire ». Sa directrice fait même assaut de transparence : son « ambition première » n’est pas de contrôler mais de « valoriser l’institution et ses agents ».    Cet aveu, en bonne place (dans l’éditorial dudit rapport), est certainement le meilleur effort de sincérité auquel s’est livré l’IGPN depuis des années. Une institution qui n’hésite pas à légitimer, de la part des forces de l’ordre, « des ripostes plus nombreuses et plus fermes et donc des blessés » du fait « des violences exercées contre [elles] lors des manifestations ».   Attendre de cette instance un devoir d’impartialité serait donc vain. Et depuis plusieurs mois, au regard de certains dossiers emblématiques, l’idée s’est installée que la police des polices n’inspectait rien sinon les meilleurs moyens de préserver les forces de l’ordre.     Encore fallait-il démontrer cette impression, ou la démonter. C’est tout l’objet d’Allô IGPN, suite logique du travail entamé il y a 18 mois avec Allô Place Beauvau sur Twitter puis sur Mediapart, qui visait à recenser les abus policiers survenus dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, et à interpeller le ministère de l’intérieur....La non-identification de policiers à l’origine de violences est l’un des motifs fréquents des classements sans suite.   « L’IGPN ne se donne pas réellement les moyens d’identifier les policiers qui ont commis des violences ayant entraîné des blessures ou des mutilations », déplore l’avocate rouennaise Chloé Chalot, qui depuis l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes travaille sur les violences policières.    « Les enquêteurs se contentent des déclarations des policiers sans aller plus loin. Il n’y a pas d’investigations complémentaires pour les vérifier », poursuit-elle..."             Ce métier si difficile et exigeant, qui n'a pas toujours les moyens de son fonctionnement normal, mérite mieux que les quelques justifications d'un préfet de police, dont la nomination n'est pas due au hasard.                                  ___ Les drones ne suffiront pas.         ___Approches filmiques. ____________

vendredi 5 juin 2026

Larges horizons

                                                                                                                                    __ Etonnante découverte:                                                                                                                                         Une bière en bière

__ Prise de contrôle de l'IA                                                                                                                                            Par quelques milliardaires

__ Agrocarburants                                                                                                                                             Une très mauvaise idée. Voire une absurdité

__ Allemagne                                                                                                                                           Quelle nouveau pays?

__ Israël                                                                                                                                                   Dernier journal d'opposition

__ L'Etat menacé?                                                                                                                                           Aux USA "...Allons-nous vers ce que la sociologue Julia Adams appelle également le « patrimonialisme », et qui se caractérise avant tout par sa dimension familiale..." 


__ Immigration                                                                                                                                             Qu'on le veuille ou non, l'immigration est une composante centrale de la société française

__Ormuz:                                                                                                                                          Onde de choc économique et menace de récession

__ Les robots et la guerre                                                                                                                                            "... Andreessen soutient que l’IA « va améliorer la guerre, lorsqu’elle est inévitable, en réduisant considérablement les taux de mortalité » 29, en partie grâce à « de meilleures décisions stratégiques et tactiques, minimisant les risques, les erreurs et les effusions de sang inutiles » 30.Si les « armes intelligentes » ont éloigné les soldats du feu, elles ne les empêchent pas pour autant d’exercer leur puissance létale. Au contraire, elles les rendent insensibles au fait même de tuer et les encouragent, ainsi que leurs officiers, à se livrer à une utilisation effrénée de ces armes, provoquant des « dommages collatéraux » accrus, au préjudice des populations civiles..."

__ Des voix juives aux USA                                                                                                                                                                  Une bascule aux USA, pas seulement chez les jeunes, et des divisions entre Juifs en France

__ Audiovisuel public en question                                                                                                                                          ¨;Avenir de la télévision numérique terrestre, concurrence des plateformes étrangères, lutte contre les fake news et les ingérences extérieures, irruption de l’intelligence artificielle (IA), accessibilité de l’offre, etc. Les urgences sont pourtant connues. Dans une interview parue dans La Tribune dimanche, le 10 mai, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, alertait, à titre d’exemple, sur la priorité de traiter du « droit à une information sécurisée à l’heure des ingérences étrangères ou de l’IA, ou la question de l’identité culturelle face aux grandes plateformes mondialisées ». Le lendemain, Stéphane Sitbon-Gomez, le numéro deux de France Télévisions, suggérait, à son tour, devant des journalistes quelques réflexions à mener sans attendre.   (Le Monde)

__ Université  sacrifiées    Faire plus avec moins                                                                                                                                  "...Hier, lors de la discussion autour de la régulation du privé j'ai fait un choix : Parler des les difficultés de l'enseignement supérieur public. "Faire plus avec moins", voilà la doctrine dans l'ESR. La question fondamentale n'est donc pas de savoir quelle place il faut accorder à l'enseignement supérieur privé lucratif, mais 𝗾𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 𝘃𝗼𝘂𝗹𝗼𝗻𝘀-𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗲𝗿 𝗮̀ 𝗹'𝘂𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘅 𝗲́𝘁𝗮𝗯𝗹𝗶𝘀𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗱'𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝘂𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗻𝗼𝗻 𝗹𝘂𝗰𝗿𝗮𝘁𝗶𝗳𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗼𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰 ? La France a besoin de docteurs en médecine, de docteurs, d'ingénieurs, de diplômés du supérieur dotés des compétences les plus pointues et d'une culture générale la plus vaste possible pour affronter les défis d'une société en plein bouleversement...." _____________________

jeudi 19 février 2026

L'invention des martyrs

  Dangereuse dérive

Instrumentalisation L'histoire nous l'apprend: _____________________________ Une même stratégie fasciste depuis les années 1930: créer des martyrs pour faire oublier sa propre violence et justifier l'anéantissement de ses opposant·es –
Quelques chiffres d'abord : entre 1986 et 2021 en France, sur 53 «meurtres à caractère idéologique» recensés, 90% ont été commis par l’extrême droite. Une statistique de la chercheuse Isabelle Sommier, qui n'est jamais rappelée dans le débat public. Si l'on remonte encore quelques années plus tôt, l'extrême droite a commis beaucoup plus de meurtres : elle a créé des organisations terroristes dans les années 1950 et 1960 comme la Main Rouge ou l'OAS qui exécutaient des anticolonialistes par dizaines. Elle a commis de nombreux assassinats de maghrébins, notamment dans le sud de la France, et tué des militant·es révolutionnaires, entre autres. Aux USA, les crimes dits «extrémistes» sont encore plus nombreux, mais la proportion est sensiblement la même : 93% sont le fait de l'extrême droite. À l'inverse, la mort de Quentin Deranque à Lyon le 14 février 2026 est le premier décès d'un militant d’extrême-droite lors d'une confrontation politique depuis 1945. Pourtant, il y a plus d’indignation et de bruit médiatique pour lui qu’il n'y en a jamais eu pour toutes les victimes de l'extrême droite. Les «martyrs» fascistes sont rarissimes, mais ils ont une importance décisive pour ce camp. L'extrême droite produit un puissant imaginaire autour de ses défunts, qui lui sert à asseoir son pouvoir, à se poser en victime, et à commettre des violences infiniment plus grandes contre ses ennemis. On vous explique.
Horst Wessel: En janvier 1930 à Berlin, une rixe éclate entre un militant nazi membre des SA nommé Horst Wessel, et des militants du parti communiste allemand, sur fond de rivalités crapuleuses. Il ne s'agit même pas d'une vraie bagarre politique, mais d'un règlement de compte sur fond de proxénétisme et d'argent. Toujours est il que Wessel se fait tirer dessus, et meurt un mois plus tard à l’hôpital. Comme Quentin Deranque, il avait presque 23 ans. Le défunt était un nazi de la première heure, un SA très actif, engagé dans la «conquête de Berlin» par le NSDAP. Une conquête qui passait par des bagarres de rue et des actes de terreur. En 1930, cela fait plus d'une décennie que les nazis sèment la violence et la terreur dans toute l'Allemagne, provoquent des rixes, paradent en uniformes avec des armes, attaquent les locaux socialistes et communistes, causent des mutilations et des morts régulières. C'est eux qui organisent une violence paramilitaire en Allemagne, mais ils comprennent parfaitement l'utilité politique d'avoir un martyr.
Le parti nazi se précipite sur la mort de Wessel et le transforme en héros innocent. Mieux, il va faire de la mort de son jeune militant un mythe fondateur. Des funérailles massives sont organisées pour le SA. Un chant, le Horst-Wessel-Lied, est composé, il devient l'hymne officiel du parti nazi puis l'hymne national allemand une fois Hitler au pouvoir. Le parti communiste allemand est réprimé, puis sera interdit. Ce SA mort dans une altercation triviale devient la figure absolue du martyr du communisme et de la gauche dans l'imaginaire de la période nazie. Ce décès devient un prétexte pour commettre des violences de masse contre tous les opposant·es à Hitler.

Charlie Kirk: Aux USA, le trumpisme a obtenu son Horst Wessel il y a quelques mois. Le 10 septembre dernier lors d’une conférence sur un campus de l’Utah, l'influenceur d’extrême droite Charlie Kirk a été abattu par balle par un individu aux motivations floues, lui-même issu d'une famille d'extrême droite.
Aux USA, des fusillades de masse ont lieu presque tous les jours, et des assassinats politiques de figures Démocrates ou des militant·es de gauche sont réguliers, sans provoquer de réaction d'ampleur. Mais ici, l'occasion est trop belle. Trump et sa clique vont récupérer le cadavre de Charlie Kirk et l'ériger au rang de héros national, voire même de nouveau Saint religieux. Le 21 septembre dans l’Arizona, les trumpistes remplissent un stade à ras bord avec des portraits immenses de Charlie Kirk, dans le cadre d'une énorme commémoration en son honneur. Lors de cette fête lugubre, pétrie de fanatisme religieux, avec une grande croix en bois, l’un des idéologues du trumpisme, Stephen Miller, reprend carrément des pans entiers d’un discours de Joseph Goebbels. Et le secrétaire d’État à la Défense martèle : «Ce n’est pas une guerre politique ni une guerre culturelle, mais une guerre spirituelle». Le 22 septembre, l'antifascisme, la «mouvance antifa» comme ils l’appellent, est classée comme organisation terroriste, ce qui permet de renforcer la répression et les violences policières contre les opposant·es à Trump. C'est ainsi que Renee Good, mère de famille tuée par ICE en janvier, et Alex Pretti, exécuté en pleine rue, sont qualifié·es de «terroristes antifas» pour justifier leur mort.
Sébastien Deyzieux: En France, l'extrême droite a bien du mal à obtenir sa figure de martyr. Il faut dire que les derniers membres de cette mouvance qui ont été exécutés l'ont été par la Résistance antifasciste ou à la Libération, pour avoir collaboré avec les nazis et commis des crimes contre l'humanité. C'est un héritage difficile à assumer politiquement, bien que certaines franges néofascistes continuent à commémorer Pétain et ses sbires. En 1994, un militant néo-nazi décède accidentellement à Paris, en marge d'une manifestation nationaliste. Poursuivi par la police, il était tombé d'un toit. Enfin, les fascistes français obtenaient un martyr «présentable», qui peut être décrit comme une victime de l’État. La mort de Deyzieux se transforme, au fil des années, en événement majeur de l'extrême droite radicale française mais aussi européenne. C'est devenu un prétexte pour organiser un défilé paramilitaire en plein Paris.
Quentin Deranque
Viennent enfin les événement de Lyon. Sur Cnews, l'éditorialiste Kévin Bossuet déclare, foi de joie : «Quentin était notre Charlie Kirk à nous». Dans divers médias, on appelle à classer l'antifascisme comme «terroriste» et à dissoudre la France Insoumise, qui n'a rien à voir avec les faits. Même méthode. Les sphères réactionnaires qui ont justifié les morts aux mains de la police, les répressions les plus sanglantes et gardé le silence sur les violences racistes, ont maintenant leur Horst Wessel ou leur Charlie Kirk français. Un martyr dont ils cherchent d'ailleurs à cacher les idées, mais aussi la photo et l'identité, pour mieux surfer sur une image inventée de «jeune chrétien tué par les antifas». Et ainsi justifier leurs propres violences, et leur propre répression... ____________________________________

mardi 6 janvier 2026

Le temps des ingérences brutales

Il l'avait promis. Il l'a fait.                                                                                                                                                                        Fidèle à sa parole. Il assume. On ne peut lui reprocher le contraire. MAGA s'invite avec ses gros sabots...   '...Désormais, Washington ne cache plus l’aspect économique de son impérialisme. Même si l’enlèvement de Nicolás Maduro a été justifié a posteriori par la « liberté » du peuple vénézuélien et la lutte contre le trafic de drogue, l’expansionnisme économique a été immédiatement mis en avant par l’administration Trump. Dès samedi, le président états-unien avait annoncé : « Nos très grandes compagnies pétrolières, les plus importantes du monde, vont se rendre sur place et dépenser des milliards de dollars. » Plus tard, il pouvait affirmer : « Nous allons extraire du sol [du Venezuela] une quantité colossale de richesses. »     Ce n'est pas inédit. Mais on a connu plus de ruse avec Bush et Cheney au Moyen-Orient,  avec un dessein comparable et les conséquences que l'on connaît                                                                                                                                                Quel sera le pays suivant: ColombieNicaragua? Mexique? Groenland?... Sans le moindre avis du Congrès, bien sûr. Il est assez grand pour prendre ses décisions tout seul et comme l' Onu est sans voix, paralysée, pourquoi se gêner?                                           Il est le maître de Amériques, SON continent, son "hémisphère", selon la doctrine Monroe retrouvée et adaptée. Washington avait déjà ses habitudes Outre Atlantique: le Chili, Panama, etc. L'oncle Sam est "chez lui", notamment depuis qu'il s'est beaucoup agrandi aux dépends du Mexique...La Pax Americana, c'est un leurre.                                                                                     Ce n'est pas tant que Maduro soit un garçon toujours recommandable, mais il a du pétrole, beaucoup de pétrole, mais il n'y a pas que cela.   Et la Chine lorgne sur cette ce trésor.    C'est le nouvel âge de Washington. Le début d'un nouvel mpérialisme prédateur, un nouvel âge d'or. LEurope aussi est visée, indirectement, c'est sûr. Plus sûrement que par le passé. Après tout, elle dépérit...  Le Business par la force, sans vergogne,il fallait y songer, même si les précédents historiques ne manquent pas. L'Europe a bien mis à genoux l'empire chinois, au début du 20° siècle.                                                                                                                Bon début d'année dans le tableau de chasse de Demolition Man! Que devient l'ordre  international   ou ce qu'il en restait? Machiavel en serait-il revenu? C'est le retour de la politique du gros bâton...

«Où trouve-t-il toute cette énergie ?», se demandent les admirateurs français de Donald Trump, fascinés par son autoritarisme et son usage de la force brute. Dans les années 1930, l'extrême droite était déjà subjuguée par la brutalité et la violence des fascismes conquérants. Le président des USA démarre l'année 2026 par un coup d’État militaire. Il a bombardé la capitale du Venezuela puis a kidnappé son président, avant de l'exhiber de manière humiliante devant le monde entier : menotté avec un bandeau sur les yeux, comme un trophée. Cette mise en scène sert à montrer que le droit international n'existe pas pour les USA. Que l'Empire peut faire ce qu'il veut, où il veut. Qu'il peut enlever n'importe quel chef d’État s'il en a envie. Que la loi du plus fort l'emporte. Histoire d'être encore plus clair, Trump a donné une conférence de presse pour la chaîne conservatrice Fox News et une «adresse à la nation». Il assume pleinement le pillage des ressources du Venezuela et ne s'embarrasse même plus de formules creuses sur la «démocratie». Dans son discours, il assure que les Etats-Unis vont «gouverner» le Venezuela, et vont exploiter le pétrole du pays : «Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées et partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus». Comme un chef de gang, Trump vient donc de faire main basse sur les plus grandes réserves d'or noir du monde. Plus grave encore, il menace désormais tous les pays d'Amérique Latine. Le président de Colombie, Gustavo Petro, un homme de gauche qui a dénoncé le coup d’État au Venezuela, est visé : il devrait «faire gaffe à ses fesses» selon Trump. «Il possède des usines où il fabrique de la cocaïne. […] Il fabrique de la cocaïne et l’expédie aux États-Unis, donc il doit vraiment faire gaffe». Méthode mafieuse : une annonce à peine voilée qu'il pourrait renverser le gouvernement élu de ce vaste pays de 51 millions d'habitants, doté d'une puissante économie. Puisqu'il n'y a plus aucune limite, Donald Trump affirme aussi sur FoxNews que «quelque chose va devoir être fait avec le Mexique», estimant que «les cartels dirigent le pays». Il s'agit de l'un des plus grands pays du monde, peuplé de 130 millions d'âmes, avec une présidente de gauche élue en 2024. Le Mexique est régulièrement injurié et déstabilisé par son voisin, mais à présent les menaces n'ont jamais été aussi précises. Enfin, Cuba aussi reste dans le viseur. Marco Rubio, secrétaire d’État de Trump, déclare : «Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet». C'est donc une annonce de guerre contre tout le continent américain. Il y a les pays déjà gouvernés par l'extrême droite qui se soumettent totalement à la domination des USA, et les autres, qui subiront des attaques. Trump a même menacé le Canada l'an dernier. Le président des USA invoque la «doctrine Monroe», instaurée au 19ème siècle, qui consistait à faire des USA les «protecteurs» de tout le continent américain, pour ses propres intérêts. Cette doctrine avait permis à la puissance impériale d'installer une suprématie sur tout le continent, et de faire et défaire les gouvernements qui lui déplaisaient. Trump ose même ce 3 janvier : «les doctrines Monroe sont très importantes. Mais nous les avons largement dépassées». Tout cela est malheureusement cohérent avec son programme, publiquement annoncé. En décembre, un document de 33 pages était publié par la Maison Blanche, pour définir les contours de la «stratégie de défense nationale» des USA. Le texte, clairement néofasciste, parlait de «l'effacement civilisationnel» de l’Europe, de stopper les flux migratoires et de «restaurer la suprématie américaine» en Amérique Latine. Les USA, qui disposent de l'appareil militaire le plus puissant de la planète, sont la principale menace pour la paix mondiale. Un fasciste mafieux impose sa loi par les armes, et personne ne bouge. Pire, la France et ses voisins continuent à lui servir de paillasson, à lui acheter des armes, à soutenir ses actions, à confier à ses entreprises des missions cruciales. Ce jeudi, en début de soirée, neuf pays seulement avaient condamné l’attaque contre le Venezuela : la Chine, le Bélarus, le Brésil, le Mexique, le Chili, Cuba et la Colombie. Aucun pays européen.

   Pour Gabriel  Zucman" C’est bien le pétrole qui constitue le mobile essentiel de ce coup de force : l’accaparement et l’extraction des plus importantes réserves d’or noir du monde, longtemps exploitées avec une profitabilité inouïe par les multinationales américaines et leurs actionnaires. Maduro était un dictateur brutal et corrompu, mais Trump s’entend très bien avec de nombreux dictateurs brutaux et corrompus, cela ne génère chez lui nulle hostilité. __ L’objectif principal de l’expédition trumpiste est ailleurs : reprendre l’exploitation de la manne pétrolière vénézuélienne au profit des grandes fortunes américaines, exploitation qui avait atteint un premier paroxysme dans les années 1950, pendant cet « âge d’or » mythifié par le mouvement MAGA. Si l’on veut comprendre l’ambition de la Maison Blanche, c’est sur cette histoire peu connue qu’il faut revenir : celle d’un extractivisme international poussé à son paroxysme, dont Trump cherche à écrire aujourd’hui un nouveau chapitre qui, s’il y parvient, pourrait s’avérer plus extrême encore. La production pétrolière vénézuélienne commence dans les années 1910 par un vice fondateur : le pétrole est pour ainsi dire donné aux majors étrangères. Le dictateur Juan Vicente Gomez accorde des concessions extraordinairement généreuses aux multinationales américaines et britanniques, qui y développent rapidement la production. Dès 1929, Caracas pèse pour plus de 10 % de la production d’or noir de la planète et en est le premier exportateur mondial. Initialement, Britanniques et Américains se partagent le gâteau. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les seconds finissent par rafler la mise. Le Venezuela devient le premier réceptacle des investissements internationaux américains, et sa première source de profits étrangers. Il faut bien prendre la mesure des richesses ainsi extraites du Venezuela par les Etats-Unis au mitan du 20e siècle. En 1957, au sommet de cet extractivisme transfrontière, les profits enregistrés par les majors américaines au Venezuela sont du même ordre de grandeur que l’ensemble des bénéfices réalisés par toutes les multinationales américaines – tous secteurs confondus – dans tous les autres pays d’Amérique latine et tous les pays d’Europe continentale confondus !
L’équivalent de 12 % du produit intérieur net vénézuélien – c’est-à-dire de la valeur de tous les biens et services produits chaque année dans le pays – va aux actionnaires américains. Soit à peu près autant que ce que touche la classe populaire du Venezuela, les 50 % les plus pauvres du pays. Le PIB du Venezuela augmente, mais au profit des grandes fortunes états-uniennes qui encaissent les dividendes et des employés américains bien payés. Le Venezuela abrite en effet au début des années 1960 la plus grande communauté d’expatriés américains. Ces derniers y vivent dans des enclaves qui leur sont réservées, dotées d’hôpitaux flambants neufs et de terrains de baseball luxuriants. C’est « l’âge d’or » auquel le pouvoir trumpiste souhaite revenir. Un partage de la rente pétrolière qu’on peut difficilement imaginer plus injuste et inégalitaire. C’est aussi un modèle de développement foncièrement instable, qui ne peut susciter que des réactions violentes. Car comment accepter que les revenus versés aux actionnaires étrangers soient du même ordre de grandeur que ceux touchés par la moitié de la population locale ? Jusqu’aux années 1950, dans la foulée de Gomez, les différents régimes au pouvoir à Caracas préfèrent choyer les capitaux internationaux, maintenant une fiscalité légère, se pliant aux désidérata des majors, s’enrichissant souvent au passage. À partir des années 1960, comme dans le reste de l’Amérique latine, les gouvernements successifs vont essayer de négocier des conditions financières plus équilibrées. Le Venezuela prend la tête de ce mouvement. C’est un homme politique vénézuélien, Juan Pablo Pérez Alfonzo, qui se trouve derrière la création de l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) en 1960. Le pays prend les rênes du mouvement pour faire advenir un « nouvel ordre économique international », exiger une réécriture des règles du commerce mondial.Ce processus culmine dans la nationalisation, en 1976, des actifs d’ExxonMobil, Shell et Chevron au Venezuela. Donald Trump a 30 ans. Il ne cesse aujourd’hui de dénoncer ce « vol ». Et ne cache guère son objectif principal : revenir aux conditions léonines de la période 1920-1960. S’il y parvient, on peut envisager un doublement voire un triplement des profits de l’industrie pétrolière américaine, l’un des plus gros financeurs de Trump et du parti républicain. Les réserves d’or noir du Venezuela sont en effet considérables : les plus importantes du monde. Et elles sont quasi-inexploitées, la production s’étant effondrée en raison de la mauvaise gestion du régime chaviste et du durcissement des sanctions américaines en 2017. Les enjeux financiers sont d’autant plus importants que les prix du pétrole sont plus élevés que dans les années 1950. Si Trump parvenait à rétablir les conditions financières qui prévalaient au milieu du 20e siècle, la manne captée par les majors américaines et leurs propriétaires en serait augmentée d’autant. Quand Trump dit qu’il veut « gouverner » le Venezuela, c’est là son projet. Pour fixer un ordre de grandeur, les profits d’Aramco – le principal producteur de pétrole d’Arabie saoudite, pays qui abrite les deuxièmes plus grandes réserves d’or noir – se sont élevés ces dernières années à $100-$150 milliards par an. $100 à $150 milliards par an : c’est la somme en jeu, aujourd’hui, derrière l’enlèvement de Maduro. " _____________
______________________

samedi 29 novembre 2025

USA: Le mal qui ronge

 Les Uniens et leurs démons.

                  La Bible et le fusil

       Fusillade à Washington.  Presque un fait divers là-bas, tant est fréquent l'usage des armes en tous lieux, parfois à grande échelle. Trump en  prend prétexte dans sa politique d'exclusion des étrangers, par définition des parasites dangereux dans le corps sain de Great America. Mais pas un mot sur les puissants lobbies des armes en tous genres, protégés (ou redoutés) en haut lieu.          Toutes les études le confirment. Le nombre de tués par armes à feu (parfois de guerre) ne faiblit pas Outre-Atlantique. On le savait depuis longtemps. Le bilan est effrayant. Ce qui est notable, c'est qu'un écrivain célèbre comme Paul Auster, mais pas seulement lui, fait un diagnostique sans concession du mal qui ravage régulièrement son pays, stimulé par une vieille tradition, ancré dans l'histoire profonde du pays, toléré par un amendement considéré comme intangible et encouragé par le juteux commerce de la NRA, qui a pignon sur rue et qui sait soudoyer les élus. "Les Américains possèdent 393 millions d’armes à feu, soit plus d’une par habitant", signale l'auteur, qui s'interroge:   


                                                                                                                                                    "...Comment trouver les mots pour dire le claquement des coups de feu, les corps en sang, l’horreur de la violence ? Paul Auster y parvient, racontant par exemple, minute par minute, le massacre qui eut lieu le 5 novembre 2017 dans la First Baptist Church de Sutherland Springs, qui fit 26 morts et 22 blessés.... Il pénètre dans le cerveau du « taré » qui a décidé de massacrer cette petite communauté du Texas et retrouve la trace du plombier qui, réveillé de sa sieste, courut chercher un fusil dans son armurerie personnelle puis fonça vers l’église où il réussit à mettre le tueur hors d’état de nuire.  Mais la force de cet essai, qui s’achève par une réflexion sur la présidence Trump et l’attaque du Congrès, réside aussi dans les photos des lieux où eurent lieu les massacres, prises par le jeune artiste Spencer Ostrander : des églises, des supermarchés, des écoles. Des espaces vides, pour la plupart fermés aujourd’hui, comme l’Amérique en compte tant sur son territoire. « Pays de sang » n’est pas un livre ordinaire. C’est une œuvre terrible, un réquisitoire profondément humain et un coup de gueule ..."    Les USA, " le pays le plus brutal du monde occidental. « Les fusillades, ou tueries de masses, ne représentent qu’une petite fraction des morts par balles en Amérique, elles se produisent néanmoins à une fréquence époustouflante, environ une par jour en moyenne sur une année. »                                                                    Les larmes et les déplorations officielles n'y changent rien. Avec des armes toujours plus puissantes, c'est plutôt une terrible montée en puissance que l'on déplore régulièrement, même de la part de gamins. Les fusillades de masse ne se sont pas ralenties.                                                     Ne parlons pas des guerres menées par la puissance américaine, dont les justifications se sont avérée plus que douteuses. 
  __________