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vendredi 11 octobre 2024

Et pourtant, ils refusent

 De poursuivre leur "mission"

               Surtout à Gaza actuellement. Les refuzniks israëliens (סרבנים), vont à contre-courant, non pas par peur, mais de manière assumée rationnellement. Ce n'est pas d'aujourd'hui. Ils refusent les conditions dans lesquelles on leur demande d'intervenir, souvent brutalement, dans les zônes palestiniennes, occupées ou non. Ils ne sont pas (que) des objecteurs de conscience, ou de simples hommes de troupe et le plus souvent leur engagement est politique, porté par une partie de la population, qui n'a jamais admis le processus de colonisation entamée avant Sharon et accélérée brutalement par Netanyahou, appuyée par une extrême-droite radicalisée. On ne parle pas d'eux, qui manifestent un refus de servir dans les conditions imposées par un régime qu'ils estiment faire fausse route.   Certains sont en désaccord avec les pratiques de l'armée à Gaza, depuis le début de l'offensive.    Il ne fait pas bon être "pacifistes" en ce moment à Tel Aviv, même si on peut comprendre la rage d'une partie de la population depuis un an. Ils veulent résister à leur manière contre la force et/ou la peur.  Contre la stratégie du chaos, une guerre devenant régionale.


                                                                                                                                 Selon Wiki, "...Le premier objecteur de conscience d'Israël, ayant refusé toute forme de collaboration avec l'armée susceptible de mener à des actions non pacifistes, est le violoniste Joseph Abileah (de). Il est jugé en 1948 et bénéficie d'un verdict plutôt clément. Shalom Zamir refuse de servir lors de la guerre de 1948. Il n'est jamais cité à comparaîtreDès les années 1950, il y a quelques réfractaires anticolonialistes qui s'opposent, par exemple, à l'intervention d'Israël lors de la crise du Canal de Suez en 1956. Le mouvement des « Refuzniks » naît en 1979 lorsqu'un groupe de vingt-sept lycéens écrit au ministre de la Défense qu'ils refusent de servir durant leur service militaire dans les territoires occupés en Palestine. L'un d'eux, Gadi Algazi est condamné à plusieurs reprises dont une fois à un an de prison. Leur refus conduit de nombreux refuzniks à la détention dans des prisons militaires mais le mouvement s'accentue et les refuzniks sont, en 2005, plus d'un millier.                                                         Au début de l'Intervention militaire israélienne au Liban de 1982, l'association Yesh Gvul est créée pour soutenir le refus de servir au Liban dans l'armée israélienne. Elle suscite une pétition signée par 3 000 réservistes dont certains sont condamnés à trente-cinq jours de détention selon une procédure expéditive ou comparaissent en Cour martiale. Des initiatives similaires ont lieu de la part de vingt-sept pilotes de l'armée de l'air qui refusent les « éliminations ciblées » et leurs victimes innocentes et de la part de treize soldats d'une unité d'élite. En 1986, le chef d'État-major, Moshé Lévi, déclare que ce mouvement a joué dans la décision de l'armée d'un retrait partiel du Liban. Les « refus gris », c'est-à-dire les refus totaux ou circonstanciels de servir tolérés par les autorités ou transformés en dispenses en échange de la discrétion des réfractaires sont estimés à quelques centaines pendant la guerre au Liban et passent à quelques milliers pendant la Première intifada.  En 1998, le Collectif des mères, issu de la guerre au Liban, et Les Femmes pour la paix créent Nouveau Profil dont l’objectif est de démilitariser la société israélienne et qui soutient les objecteurs de conscience et préconise un service civil à vocation sociale et humanitaire. Nouveau Profil est membre de la Coalition des femmes pour la paix.  Le 19 août 2001, soixante-deux lycéens signent une lettre adressée au Premier ministre Ariel Sharon :« Nous protestons devant vous contre la politique raciste et agressive que mènent le gouvernement israélien et son armée, et ce afin de vous informer que nous n'avons pas l'intention de participer à l'exécution de cette politique.Nous nous opposons fermement à ce qu’Israël piétine les droits de l'homme. Les expropriations, arrestations, exécutions sommaires, démolitions de maisons, l'enfermement, la torture et l'interdiction d'accès aux soins ne sont que quelques-uns des crimes commis par l'état d'Israël, en violation caractérisée des conventions internationales qu'il a ratifiées. […]Nous en appelons aux gens de notre âge, appelés, soldats de l'armée en service et réservistes à faire de même. »
— Cité par Fabienne Messica et Tamir Sorek, Refuzniks israéliens : ces soldats qui refusent de combattre dans les territoires occupés, P. 62-63 ___

______À la fin de l'année 2001, au moins trois cents refuzniks ont refusé depuis le début de la Seconde intifada de se battre dans les territoires occupés. Parmi eux, Jonathan Ben Artzi, neveu du Premier ministre Benyamin Nethanyahou, comparaît devant le comité militaire chargé d'étudier la recevabilité de son objection de conscience. Le psychologue explique : « Puisque Jonathan argumente, c'est qu'il est agressif. Puisqu'il est agressif, il ne peut pas être pacifiste. » Le réfractaire est emprisonné à plusieurs reprises. Il écrit en accord avec ses parents :  « Ma profonde croyance dans la non-violence a commencé quand j'étais un petit enfant et, année après année, elle s'est muée en philosophie politique. À cause de mes convictions, mon propre pays me condamne à la prison [...] »— Déclaration d'insoumission de Jonathan Ben Artzi citée par Fabienne Messica et Tamir Sorek, Refuzniks israéliens : ces soldats qui refusent de combattre dans les territoires occupés, P. 121 __                                                                       En 2002, 52 réservistes objecteurs de conscience israéliens n'acceptent plus de servir en Cisjordanie et à Gaza et signent le manifeste « Le courage de refuser » (Ometz LeSarev, hébreux : אומץ לסרב). Un an plus tard, ils sont 512.« Le courage de refuser.Nous, officiers et soldats réservistes membres d'unités combattantes des forces de Tsahal, élevés selon les principes du sionisme, du sacrifice et du dévouement pour le peuple d'Israël et à l'État d'Israël, nous qui avons toujours servi en première ligne, et qui avons toujours été les premiers à accomplir notre mission quelle qu'en soit la difficulté, afin de protéger et renforcer et renforcer l'État. […]Nous, qui avons ressenti à quel point les ordres qui nous ont été donnés dans les Territoires détruisent toutes les valeurs qui nous ont été inculquées alors que nous grandissions dans ce pays. […]Nous ne continuerons pas à combattre au-delà des frontières de 1967 afin de dominer, d’expulser, d’affamer et d’humilier un peuple tout entier. »— Cité par Fabienne Messica et Tamir Sorek, Refuzniks israéliens : ces soldats qui refusent de combattre dans les territoires occupés, P. 66-67<;            Le , la chanteuse à succès Yafa Yarkoni, surnommée « la chanteuse des guerres » en raison de ses tournées sur le front pendant les guerres israélo-arabes, surprend dans un entretien à la radio militaire Galatz en soutenant les officiers signataires du manifeste, si bien que son concert pour la fête de l'Indépendance est annulé.   Pour le sergent Shammaï Leibowitz, philosophe, théologien et un des réservistes de Tsahal qui refusent de servir dans les Territoires palestiniens, le premier objecteur de conscience de l’Histoire fut le patriarche Abraham, qui a résisté à Dieu et l’a empêché de détruire Sodome et Gomorrhe par ce cri du cœur : « Détruiras-tu les justes parmi les pécheurs ? » (Genèse 18, 23). Abraham subordonna l’ordre divin à la morale et se révolta contre la punition collective.  En 2003, vingt-sept pilotes de l’armée dénoncent dans une lettre ouverte les attaques « illégales et immorales que l’État d’Israël effectue dans les territoires palestiniens ».                                                             Le , cinq objecteurs de conscience, qualifiés par le président du tribunal de « pires criminels » parce que « coupables d'un crime idéologique », sont condamnés à un an de prison. Le même jour, le lieutenant-colonel de réserve Eyran Ronel rend ses galons au chef d'état-major de l'armée. Il explique : « L'armée ne respecte plus les valeurs éthiques qui ont été les siennes. Des enfants tombent régulièrement sous nos balles dans les territoires palestiniens occupés, c'est à la fois illégal et immoral. »Itzik Shabbat est le premier refuznik de la guerre au Liban démarrée en  Par une lettre envoyée en 2014 au premier ministre et au chef d'état-major, 43 officiers et soldats israéliens de réserve ayant servi dans l'unité 8200, la plus prestigieuse unité de renseignement militaire israélien, refusent de servir et de participer aux abus commis, selon eux, contre les Palestiniens.En 2020, soixante lycéens et lycéennes israéliens signent une lettre refusant leur conscription. Ils dénoncent l'occupation des territoires palestiniens. Seuls parmi les Arabes vivant en Israël, les hommes (et non les femmes) druzes sont astreints au service militaire. Parmi eux, il y a aussi des refuzniks et une organisation spécifique d'objecteurs de conscience Israéliennes sont aussi objectrices de conscience et emprisonnéesMais, refuznik peut aussi designer des soldats israéliens refusant de détruire des maisons palestiniennes. Ils se regroupent dans l'ICAHD (en) (Comité israélien contre les démolitions de maisons). Leur mouvement est soutenu par Pax ChristiEn septembre 2023, selon l'ONG israélienne Mesarvot (Refus de servir l’occupation), plusieurs centaines de personnes soutiennent 280 jeunes objecteurs et la télévision les interroge.   ________Depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a déclenché une mobilisation exceptionnelle de réservistes.  Le 26 décembre 2023, pour la première fois après le début de la guerre opposant le Hamas et Israël, Tal Mitnick, membre du réseau Mesarvot, annonce publiquement son refus du service militaire. Il déclare « Un massacre ne peut pas répondre à un autre massacre... La violence ne résout pas la violence. [...] J'avais décidé de refuser de m'enrôler avant la guerre, mais depuis qu'elle a commencé, je suis d'autant plus convaincu de ma décision. » La solution, dit-il, ne viendra pas des politiciens corrompus en Israël ou du Hamas. « Cela viendra de nous, fils et filles des deux nations ». Il est condamné deux fois de suite à trente jours de prison. Des amis ont manifesté leur soutien à Mitnick, brandissant des pancartes avec des phrases telles que : « Vous ne pouvez pas construire le paradis avec du sang », « Œil pour œil et nous devenons tous aveugles » et « Il n'y a pas de solution militaire ». Tal Mitnick avait signé, en août 2023, une lettre commune à deux cents lycéens déclarant qu'ils refuseraient d'être enrôlés dans l'armée, en protestation contre la réforme judiciaire du gouvernement et le contrôle exercé par Israël sur la Cisjordanie depuis des décennies...;" _______

dimanche 26 mai 2024

Viva tu Madre!

   Comme on dit encore en Espagne... 

                             La Fête des Mères. Un plus ancienne pratique qu'on ne le croit .

        Sans que l'on puisse dire avec certitude qu'il y ait un lien entre les anciens cultes de l''époque paléolithique ou/et néolithique concernant la véritable statut de la femme, à travers les statuettes retrouvées, témoignant d'une valorisation particuilère de la fécondité, en rapport avec la terre, mère de toute vie, les festivités qui tournent explicitement autour de la figure de la mère sont plutôt récentes, même si on en trouve des prémisses déjà dans la Grèce antique et dans doute chez les Egyptiens...                                     ___ Bien avant l'instrumentalisation nationaliste et nataliste qu'en a fait Pétain.          "...C'est à la fin de la Première Guerre mondiale que le principe du Mother's Day prend corps en Europe. Il a été répandu par les jeunes membres d'organisations américaines de secours aux populations occupées (le CRB ou Commission des secours en Belgique et en France du Nord occupée d'Herbert Hoover) ou aux blessés du front (l'American Red Cross) et surtout par les soldats américains du corps expéditionnaire du général John Pershing arrivés en masse à partir d'avril 1917. En mai 1918, Pershing ordonne de distribuer à tous les soldats sous son commandement (certains sont anglais, néerlandais, français ou belges) des cartes postales d'hommage à envoyer pour le Mother's Day et il fait aussi réaliser un film d'actualités par Gaumont11.  En 1918, la ville de Lyon célèbre la journée des mères en hommage aux mères et aux épouses qui ont perdu leurs fils et leur mari pendant la Première Guerre mondiale. En 1920, est élaborée une fête des mères de familles nombreusespuis le gouvernement officialise une journée des mères en 1926, dans le cadre de la politique nataliste encouragée par la République. Après une première tentative en 1920 qui donne aux municipalités la responsabilité de célébrer éventuellement les mères et les pères de familles nombreuses, ce n’est que le 20 avril 1926 que la fête des Mères obtient sa véritable reconnaissance officielle. Le gouvernement d’Aristide Briand la qualifie encore de « Journée des mères de Familles nombreuses ». Cette première cérémonie officielle nationale est marquée par la remise solennelle des médailles de la Famille Française accordées aux Mères de Familles nombreuses afin de leur témoigner toute la reconnaissance de la NationPhilippe Pétain reprend cette célébration pour lui donner plus de reconnaissance. Sous son impulsion impulsion, elle devient, selon Pascal Riché, une « célébration quasi-liturgique, la mère étant mise sur un piédestal » par le régime de Vichy, et tous les Français sont incités à célébrer la maternité. En 1942, le maréchal Pétain s'adresse à la radio aux femmes en ces termes : « Vous seules, savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect qui font les hommes sains et les peuples forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne »..."                          Mais déjà "...Au début du XIXème siècle, en France, Napoléon Bonaparte évoque la création d’une fête des Mères officielle, célébrée au printemps. Il aurait confié l’idée à son premier chambellan, M. de Rémusat : « Une fête des mères, des enfants, de la famille, voilà ce que j’aimerais voir en France chaque printemps quand renaît la nature, car c’est à ma mère que je dois tout. »    L’idée n’aboutit pas mais ressurgit à la fin du siècle alors que le déclin de la natalité entraîne la naissance de mouvements familiaux et natalistes.     En 1897, l’Alliance nationale contre la dépopulation, créée un an plus tôt par le médecin, démographe et statisticien Jacques Bertillon (1851-1922), lance l’idée d’une fête des enfants, afin de mettre en avant l’importance de la fécondité.  ______C'est dans cet esprit que Prosper Roche, instituteur à Artas, fonde en 1904 une société de secours mutuels « l'Union Fraternelle des Pères de Famille Méritants d'Artas ». Celle-ci prévoit l’organisation d'une journée annuelle pour remettre des « récompenses de haut mérite maternel ». Cette célébration a lieu pour la première fois le 10 juin 1906 dans la cour de l’école de garçons d'Artas et par cette célébration, les Artasiens déposent en quelque sort le brevet de la fête des mères.   Plus tard, en pleine guerre mondiale, le 16 juin 1918, le colonel de la Croix-Laval va instaurer la première « Journée des mères » officielle, à Lyon pour rendre hommage à toutes les femmes ayant perdu un fils dans les tranchées.                    Le traumatisme des pertes humaines de la Grande Guerre amplifie la crainte de la dépopulation. En 1920, la contraception et l’avortement sont interdits. Soucieux de repeupler la France, les pouvoirs publics invitent les femmes à devenir mères en faisant des efforts pour favoriser la natalité, comme les primes d’allaitement. Ils incitent alors les municipalités à organiser au mois de mai une journée pour célébrer les mamans. « Mais il ne s’agit pas de célébrer toutes les mères » précise l’historienne des femmes Françoise Thébaud. « Seulement celles de familles nombreuses d’au moins trois ou quatre enfants. »         Dans le même esprit est fondé en 1920 le prix des Familles nombreuses ou « Prix de la première Fondation Cognacq-Jay ». C'est une dotation de 25 000 francs attribuée par l'Académie française tous les ans à une famille méritante dans chaque département. Le prix a été fondé par Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿ, deux modestes vendeurs qui ont fait fortune en créant Le Bon Marché à Paris mais se désolent de n'avoir pas pu avoir d'enfants.

Aux États-Unis, l’initiative d’Anna Jarvis

Photographie d'Anna Jarvis (1864-1948). En agrandissement : Norman Rockwell (1894-1978), peintre et illustrateur américain, à l'œuvre sur une affiche officielle de la fête des mères de 1951.Ann Reeves Jarvis (1832-1905) consacre sa vie à mobiliser les mères pour qu'elles s'occupent de leurs enfants et que leur travail soit reconnu. « J'espère et je prie pour que quelqu'un, un jour, trouve une journée commémorative des mères en sa mémoire pour le service inégalable qu'elle rend à l'humanité dans tous les domaines de la vie. Elle y a droit », déclare-t-elle un jour .
Très active au sein de l'Église épiscopale méthodiste, elle dirige des clubs de travail pour la fête des mères afin de lutter contre les taux élevés de mortalité infantile et juvénile, principalement dus aux maladies qui ravageaient leur communauté à Grafton, en Virginie occidentale.
Après sa mort, sa fille Anna Jarvis (1864-1948) reprend le projet d'une journée dédiée à la célébration des mères. Après sa mort en 1905, sa fille Anna promet de réaliser le rêve de sa mère. La première fête des mères est célébrée en 1908 à l'église méthodiste Andrews de Grafton. Anna choisit le deuxième dimanche de mai pour qu’il soit toujours proche de la date du 9 mai, jour du décès de sa mère. En 1910, la fête des mères devient un jour férié en Virginie occidentale et son succès est tel que dès 1914, le président Wilson la déclare fête nationale.

Une idée mise en application par Vichy

C’est sous le régime de Vichy que la célébration de la maternité devient une fête nationale, célébrée le dernier dimanche de mai sous la dénomination de « journée des Mères ».

Affiche du 25 mai 1941 diffusée dans les écoles françaises pour promouvoir la journée des Mères. En agrandissement : Différentes affiches de propagande nataliste du gouvernement de Vichy.Fort de sa devise : « Travail, Famille, Patrie », le régime de Vichy s’empare du thème défendu par les mouvements natalistes de l’entre-deux-guerres et apporte la touche finale à la tendance qui se développait depuis le XIXème siècle en officialisant la journée des mères le 25 mai 1941.

Vichy incite les enfants à la prendre en charge. Ce jour-là, une affiche propagandiste est placardée dans toutes les écoles de France. Le message suivant y est inscrit : « Ta maman a tout fait pour toi, le Maréchal te demande de l’en remercier gentiment… »

L’initiative est relayée par des membres du corps enseignant et du gouvernement. Le secrétaire d’État à l’Éducation Nationale, l'historien Jérôme Carcopino, envoie une lettre au corps enseignant : « L’enfant doit inventer et décider lui-même le geste qu’il accomplira. Il doit pouvoir l’entourer de tout le secret et de tout le mystère qu’il désire. »

Cette même année, le filleul du Maréchal Pétain, Jacques Chevalier, prononce un discours : « Par le don de sa personne et le rayonnement de son amour, la mère est l’âme de la famille. Elle transmet, avec la vie, les vertus qui font les peuples forts. »     La mère de famille acquiert une existence sociale à part entière.  Les mairies d’arrondissement organisent la célébration de la journée des Mères le 31 mai 1942. Le peu de moyens mis en place fait dire à Jean Cocteau, ironique, « fête des Mères, fête de la Misère. »

Message du Maréchal Pétain aux mères de familles françaises le 25 mai 1941

« Depuis dix mois, je convie les Français à s’arracher aux mirages d’une civilisation matérialiste. Je leur ai montré les dangers de l’individualisme. Je les ai invités à prendre leur point d’appui sur les institutions naturelles et morales auxquelles est lié notre destin d’homme et de Français.
La famille, cellule initiale de la société, nous offre la meilleure garantie de relèvement. Un pays stérile est un pays mortellement atteint dans son existence. Pour que la France vive, il lui faut d’abord des foyers.
Le foyer, c’est la maison où l’on se réunit, c’est le refuge où les affections se fortifient. C’est cette communauté spirituelle qui sauve l’homme de l’égoïsme et lui apprend à s’oublier pour se donner à ceux qui l’entourent.
Maîtresse du foyer, la mère, par son affection, par son tact, par sa patience, confère à la vie de chaque jour sa quiétude et sa douceur. Par la générosité de son coeur, elle fait rayonner autour d’elle l’amour qui permet d’accepter les plus rudes épreuves avec un courage inébranlable.
Mères de notre pays de France, votre tâche est la plus rude. Elle est aussi la plus belle.
Vous êtes, avant l’État, les dispensatrices de l’éducation. Vous seules savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect qui fait les hommes sains et les peuples forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne.
Et voici qu’aujourd’hui dans nos deuils, dans nos misères, vous portez la plus lourde croix.
Mères de France, entendez ce long cri d’amour qui monte vers vous.
Mères de nos tués, mères de nos prisonniers, mères de nos cités qui donneriez votre vie pour arracher vos enfants à la faim, mères de nos campagnes, qui, seules à la ferme, faites germer les moissons, mères glorieuses, mères angoissées, je vous exprime aujourd’hui toute la reconnaissance de la France. »... 
(Hérodote. net)                       _____________________



<natalité!

dimanche 29 mai 2022

Fête d'un jour

 De Wilson à Pétain

                                            "...Au début du XIXème siècle, en France, Napoléon Bonaparte évoque la création d’une fête des Mères officielle, célébrée au printemps. Il aurait confié l’idée à son premier chambellan, M. de Rémusat : « Une fête des mères, des enfants, de la famille, voilà ce que j’aimerais voir en France chaque printemps quand renaît la nature, car c’est à ma mère que je dois tout. »    L’idée n’aboutit pas mais ressurgit à la fin du siècle alors que le déclin de la natalité entraîne la naissance de mouvements familiaux et natalistes.     En 1897, l’Alliance nationale contre la dépopulation, créée un an plus tôt par le médecin, démographe et statisticien Jacques Bertillon (1851-1922), lance l’idée d’une fête des enfants, afin de mettre en avant l’importance de la fécondité.  ______C'est dans cet esprit que Prosper Roche, instituteur à Artas, fonde en 1904 une société de secours mutuels « l'Union Fraternelle des Pères de Famille Méritants d'Artas ». Celle-ci prévoit l’organisation d'une journée annuelle pour remettre des « récompenses de haut mérite maternel ». Cette célébration a lieu pour la première fois le 10 juin 1906 dans la cour de l’école de garçons d'Artas et par cette célébration, les Artasiens déposent en quelque sort le brevet de la fête des mères.   Plus tard, en pleine guerre mondiale, le 16 juin 1918, le colonel de la Croix-Laval va instaurer la première « Journée des mères » officielle, à Lyon pour rendre hommage à toutes les femmes ayant perdu un fils dans les tranchées.                    Le traumatisme des pertes humaines de la Grande Guerre amplifie la crainte de la dépopulation. En 1920, la contraception et l’avortement sont interdits. Soucieux de repeupler la France, les pouvoirs publics invitent les femmes à devenir mères en faisant des efforts pour favoriser la natalité, comme les primes d’allaitement. Ils incitent alors les municipalités à organiser au mois de mai une journée pour célébrer les mamans. « Mais il ne s’agit pas de célébrer toutes les mères » précise l’historienne des femmes Françoise Thébaud. « Seulement celles de familles nombreuses d’au moins trois ou quatre enfants. »         Dans le même esprit est fondé en 1920 le prix des Familles nombreuses ou « Prix de la première Fondation Cognacq-Jay ». C'est une dotation de 25 000 francs attribuée par l'Académie française tous les ans à une famille méritante dans chaque département. Le prix a été fondé par Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿ, deux modestes vendeurs qui ont fait fortune en créant Le Bon Marché à Paris mais se désolent de n'avoir pas pu avoir d'enfants.

Aux États-Unis, l’initiative d’Anna Jarvis

Photographie d'Anna Jarvis (1864-1948). En agrandissement : Norman Rockwell (1894-1978), peintre et illustrateur américain, à l'œuvre sur une affiche officielle de la fête des mères de 1951.Ann Reeves Jarvis (1832-1905) consacre sa vie à mobiliser les mères pour qu'elles s'occupent de leurs enfants et que leur travail soit reconnu. « J'espère et je prie pour que quelqu'un, un jour, trouve une journée commémorative des mères en sa mémoire pour le service inégalable qu'elle rend à l'humanité dans tous les domaines de la vie. Elle y a droit », déclare-t-elle un jour .
Très active au sein de l'Église épiscopale méthodiste, elle dirige des clubs de travail pour la fête des mères afin de lutter contre les taux élevés de mortalité infantile et juvénile, principalement dus aux maladies qui ravageaient leur communauté à Grafton, en Virginie occidentale.
Après sa mort, sa fille Anna Jarvis (1864-1948) reprend le projet d'une journée dédiée à la célébration des mères. Après sa mort en 1905, sa fille Anna promet de réaliser le rêve de sa mère. La première fête des mères est célébrée en 1908 à l'église méthodiste Andrews de Grafton. Anna choisit le deuxième dimanche de mai pour qu’il soit toujours proche de la date du 9 mai, jour du décès de sa mère. En 1910, la fête des mères devient un jour férié en Virginie occidentale et son succès est tel que dès 1914, le président Wilson la déclare fête nationale.

Une idée mise en application par Vichy

C’est sous le régime de Vichy que la célébration de la maternité devient une fête nationale, célébrée le dernier dimanche de mai sous la dénomination de « journée des Mères ».

Affiche du 25 mai 1941 diffusée dans les écoles françaises pour promouvoir la journée des Mères. En agrandissement : Différentes affiches de propagande nataliste du gouvernement de Vichy.Fort de sa devise : « Travail, Famille, Patrie », le régime de Vichy s’empare du thème défendu par les mouvements natalistes de l’entre-deux-guerres et apporte la touche finale à la tendance qui se développait depuis le XIXème siècle en officialisant la journée des mères le 25 mai 1941.

Vichy incite les enfants à la prendre en charge. Ce jour-là, une affiche propagandiste est placardée dans toutes les écoles de France. Le message suivant y est inscrit : « Ta maman a tout fait pour toi, le Maréchal te demande de l’en remercier gentiment… »

L’initiative est relayée par des membres du corps enseignant et du gouvernement. Le secrétaire d’État à l’Éducation Nationale, l'historien Jérôme Carcopino, envoie une lettre au corps enseignant : « L’enfant doit inventer et décider lui-même le geste qu’il accomplira. Il doit pouvoir l’entourer de tout le secret et de tout le mystère qu’il désire. »

Cette même année, le filleul du Maréchal Pétain, Jacques Chevalier, prononce un discours : « Par le don de sa personne et le rayonnement de son amour, la mère est l’âme de la famille. Elle transmet, avec la vie, les vertus qui font les peuples forts. »     La mère de famille acquiert une existence sociale à part entière.  Les mairies d’arrondissement organisent la célébration de la journée des Mères le 31 mai 1942. Le peu de moyens mis en place fait dire à Jean Cocteau, ironique, « fête des Mères, fête de la Misère. »

Message du Maréchal Pétain aux mères de familles françaises le 25 mai 1941

« Depuis dix mois, je convie les Français à s’arracher aux mirages d’une civilisation matérialiste. Je leur ai montré les dangers de l’individualisme. Je les ai invités à prendre leur point d’appui sur les institutions naturelles et morales auxquelles est lié notre destin d’homme et de Français.
La famille, cellule initiale de la société, nous offre la meilleure garantie de relèvement. Un pays stérile est un pays mortellement atteint dans son existence. Pour que la France vive, il lui faut d’abord des foyers.
Le foyer, c’est la maison où l’on se réunit, c’est le refuge où les affections se fortifient. C’est cette communauté spirituelle qui sauve l’homme de l’égoïsme et lui apprend à s’oublier pour se donner à ceux qui l’entourent.
Maîtresse du foyer, la mère, par son affection, par son tact, par sa patience, confère à la vie de chaque jour sa quiétude et sa douceur. Par la générosité de son coeur, elle fait rayonner autour d’elle l’amour qui permet d’accepter les plus rudes épreuves avec un courage inébranlable.
Mères de notre pays de France, votre tâche est la plus rude. Elle est aussi la plus belle.
Vous êtes, avant l’État, les dispensatrices de l’éducation. Vous seules savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect qui fait les hommes sains et les peuples forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne.
Et voici qu’aujourd’hui dans nos deuils, dans nos misères, vous portez la plus lourde croix.
Mères de France, entendez ce long cri d’amour qui monte vers vous.
Mères de nos tués, mères de nos prisonniers, mères de nos cités qui donneriez votre vie pour arracher vos enfants à la faim, mères de nos campagnes, qui, seules à la ferme, faites germer les moissons, mères glorieuses, mères angoissées, je vous exprime aujourd’hui toute la reconnaissance de la France. »...
(Hérodote. net)                       _____________________


mercredi 29 juillet 2009

Russie: menace démographique?

La vodka n'explique pas tout...





-Un déclin démographique qui pose problème-
_________Des chiffres qui peuvent inquiéter______
____Une démographie problématique___

>Où va la RUSSIE ?
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Vivre et mourir en Russie - AgoraVox:

"La Russie irait mal, elle serait sur la pente descendante et tous les efforts faits actuellement pour la transformer en un géant économique moderne seraient menacés par la régression démographique. Presque partout ailleurs dans le monde, c’est le phénomène inverse qui menace. La surnatalité absorbe la croissance de l’Afrique même dans les pays qui arrivent encore à croître comme l’Ouganda ou le Ghana. L’Inde et la Chine malgré leurs efforts ne sont pas à l’abri d’un redémarrage de la croissance de la population avec des hommes surnuméraires condamnés au célibat et à l’onanisme. Le Bangladesh, le Nigeria, l’Egypte deviennent des fourmilières. La Russie se singularise par une décroissance démographique et un surplus de femmes. Catastrophe annoncée, pas si sûr.
Si l’on se réfère à l’article de Marie Jégo, la nouvelle prospérité russe risque d’être mise à mal à terme par le déclin de la population. L’article du quotidien le Monde est sobre et possède le mérite de ne pas tomber dans le sensationnel. Le phénomène est plus ancien cependant, mais il est souvent de bon ton de critiquer dans la presse la Russie en décrivant le pays actuel sous son aspect le plus noir et de faire état de la mafia, de la violence et de l’atavisme un leitmotiv capable d’expliquer tous les malheurs de la Russie. Ces critiques sont hélas souvent plus proche du fantasme que de la réalité. La population baisse en Russie, c’est un fait, l’espérance de vie des hommes est au plus bas, mais le pays est-il au bord de la catastrophe inéluctable, rien n’est moins sûr.
Certes, « il existe un solde négatif et une baisse durable de la population, passée de 148,9 millions d’habitants au début de 1993, à 141,9 millions en avril 2009, selon le comité d’Etat aux statistiques (Rosstat) ». Mais essayons d’analyser cette situation.
Selon l’Article du Monde :
L’alcool serait à l’origine de 500.000 décès par an !
Non sans humour (ou alors il est involontaire), le porte-parole de la Chambre civique déclarait que l’"épidémie d’alcoolisme a débouché sur le fait que la mortalité des hommes en liberté est trois fois supérieure à celle des hommes de la même tranche d’âge qui sont en prison". De là à mettre en tôle tous les hommes pour qu’ils arrêtent de s’en prendre une, de tôle, il n’y a qu’un pas. Mais si une Bachelot russe décidait subitement de l’incarcération de tous les grands buveurs (majeurs comme mineurs) comme mesure de santé publique, les « droits de l’hommistes » et même les Verts du monde occidental crieraient à l’infamie et à l’atteinte aux libertés. La prison n’est donc pas la solution idéale au sevrage, ni en Russie, ni ailleurs.
L’alcool serait aussi à l’origine de la criminalité et du suicide, (80% des meurtriers seraient ivres et 40% des suicidaires). Mais l’alcool est-il une cause de crime ou de suicide ou bien les assassins et les suicidaires se donnent-ils le courage du passage à l’acte en buvant ? Les deux options sont valables et ne sont point contradictoires. Car il est des hommes qui n’auraient jamais été violents s’ils étaient restés à jeun, mais d’autres qui boivent sans se bagarrer. Et puis, la société russe accepte beaucoup plus la violence et la force physique comme moyen d’expression naturelle des conflits entre individus, du moins beaucoup plus que les Européens d’aujourd’hui, qu’ils soient scandinaves ou latins. Les politiciens russes, qu’ils soient sobres ou quelquefois bourrés, cela arrive de temps en temps à la Douma, n’hésitent pas à faire le coup de poing dans l’hémicycle sans que cela choque particulièrement les Russes.
La vodka n’explique pas tout !
Le déficit natalité/mortalité :
La natalité européenne est faible, tant en Russie qu’en Espagne, Italie ou Allemagne. Elle est de 1.4 par femme en Russie, ce qui met ce pays dans la moyenne basse européenne. Seule la France possède depuis peu un regain démographique et une relativement importante natalité (au début surtout d’origine immigrée, la natalité gagne de plus en plus la population de souche en France depuis une dizaine d’années). Ce qui caractérise la Russie, c’est la forte mortalité, en particulier celle des hommes. Si l’on en croit l’article du Monde,"Un homme sur trois meurt entre 20 et 60 ans. Si nous ne venons pas à bout de ce problème, la population va décroître encore plus vite". L’homme jeune est donc une denrée rare, ce qui entraîne des veuves et des célibataires en surnombre.
Encore, selon l’article, "Les enjeux de la crise démographique en Russie" qui a été publiée, en juin, Les hommes russes ont aujourd’hui une espérance de vie de 61,4 ans (73 ans pour les femmes) alors qu’elle était de 63,8 ans dans les années 1960 (75 ans dans les pays développés).58.8 ans. Le jeune adulte russe serait donc une espèce en voie de disparition. On peut se demander pourquoi. La population russe décline, et pourtant le gouvernement fait tout pour inciter les Russes à avoir des enfants : prime à la naissance du deuxième enfant de plus de 7000 euros, allocations familiales doublées. Mais ce que font timidement les mères, les hommes le gaspillent en ayant le mauvais goût de mourir jeunes. Et puis, l’argent ne fait pas tout en la matière. Les Japonais ont bien plus de moyens, mais ne font pas d’enfants. Ils ont par contre un record de vieillards et de centenaires qui pèsent de plus en plus sur l’économie du pays. Et ils ont en commun avec les Russes une défiance envers l’émigration. ...
De quoi meurent donc les hommes en Russie ? D’alcoolisme, de tabagisme, d’une alimentation inadaptée dit l’article. Cela est vrai dans une certaine proportion, mais il faut aussi prendre en compte une plus grande prise de risque au quotidien. Risque qui est quasiment éradiqué en occident au nom du principe de précaution, du fait de lois répressives sur l’alcool, le tabac, la sécurité routière. Et aussi, il ne faut pas le nier la dévirilisation de la société occidentale ne permet plus les audaces des Russes. Cette mode n’a pas encore atteint la Russie, la conduite sportive, les excès de vitesses, les bagarres, les comportements téméraires, le sentiment qu’il ne faut pas prendre trop de précautions interviennent aussi dans la mortalité. Un sociologue russe disait d’ailleurs il y a quelques années que l’homme russe vis-à-vis du danger se comportait souvent encore adulte comme un adolescent ou un militaire. Se faire tuer dans une rixe par inadvertance lors d’une fête n’entraîne que rarement une vive réprobation, sauf si des Caucasiens y sont mêlés, entre Russes, cela est presque naturel. On ne parle pas de roulette russe pour rien, ce « sport » n’aurait jamais pu être conçu en Suisse.
L’Union Soviétique regorgeait de médecins et de centres de santé. Il y aurait beaucoup à dire sur la qualité et l’efficience des ces soins, mais la médecine russe existait bel et bien ainsi que les services sociaux et du temps du communisme, l’accès aux soins était une réalité. Et puis, il existait une médecine de pointe et des scientifiques de renom international. Aujourd’hui, la médecine n’a pas disparue du paysage russe, mais l’entrée du pays dans le modèle libéral fait que l’accès aux soins n’est pas identique pour tous. Certains services sont devenus obsolètes et inadaptés et certains Russes n’ont plus les moyens d’accéder aux médicaments et aux soins.
La correspondante du Monde reconnaît que : « Contrairement à une idée reçue, cette crise démographique n’a pas débuté avec la difficile transition économique et politique des années 1990. "Le pays ne participe plus à la baisse générale de la mortalité depuis plus de quarante ans",… ».
Le système médical soviétique n’était pas idéal, il s’est effrité au fil des ans, il a vu arriver un nouveau déclin sanitaire, mais il n’était pas non plus catastrophique. Le communisme soignait imparfaitement tout le monde, le nouveau régime par excès de privatisation, ne permet qu’à certains d’avoir accès aux soins.
D’autres phénomènes participent aussi à l’augmentation de la mortalité. En Russie, le Sida est d’apparition plus tardive qu’en Occident, mais il fait désormais des ravages comme dans les prisons, où il est souvent associé à la tuberculose multi résistante.
La toxicomanie aux drogues dures injectables peut aussi expliquer une surmortalité chez les jeunes (overdoses, septicémies et Sida).
Sans compter le nombre élevé de handicapés, environ 13 millions, souvent des victimes d’accidents domestiques ou de la route.
Il n’est pas certain que le déficit en hommes puisse être compensé par l’émigration étrangère. Contrairement aux idées reçues, la Russie accueille déjà sur son territoire de nombreux étrangers dont une majorité vient des anciennes républiques de l’Union Soviétique, devenues indépendantes. En 2008, la Russie comptait quelques 10 millions d’émigrés. Cela fait au bas mot, 7% de la population du pays, ce qui est loin d’être négligeable.
Selon le Monde : « L’hostilité tenace de la population à l’égard des migrants et l’absence de consensus sur ce sujet font obstacle ».
La venue de migrants Chinois, il en arrive de fait plusieurs milliers chaque année en Extrême-Orient russe, ou Indiens (ils ne viennent pas encore), deux pays présentant un déficit en femmes, n’est non plus une solution au problème démographique, avant tout pour des raisons culturelles et d’acceptation par l’immense majorité de la population russe.
L’église orthodoxe envisage même d’évangéliser les Chinois pour mieux les intégrer, mais le résultat pour l’instant est mince. Dionissi Pozdniaïev, chargé des communautés orthodoxes de Chine, déclarait en 2006, « J’estime que l’attitude envers les Chinois s’améliorera en Russie s’ils acceptent la religion orthodoxe et s’ils en parlent ouvertement. Il serait effectivement souhaitable d’éviter la création de communautés purement chinoises sur le territoire de la Russie, car l’Eglise se forme selon le principe territorial, et non pas ethnique ».
L’exemple de Khabarovsk, (cf. l’article du Figaro du 20 mai 2009, de Fabrice Nodé-Langlois) n’incite pas à voir l’immigration chinoise comme une solution au déficit en hommes en Russie et au déclin démographique. Cet autre article du Monde confirme cette impression.
La robotisation poussée à l’extrême au Japon permet de pallier le déficit des naissances. Mais la Russie ne peut hélas espérer le même résultat que les nippons. D’abord du fait de l’immensité du territoire et des faibles densités de population. D’autre part, les Japonais ont un excès de vieillards, ce que n’ont pas les Russes. La technologie russe est capable d’automatiser certaines activités et remplacer la main d’œuvre subalterne, mais elle ne peut l’obtenir aussi rapidement que son voisin oriental.
L’exportation de femmes russes :
Sur Internet et via des agences matrimoniales spécialisées, de nombreuses femmes russes se disent prêtes à quitter leur pays en vue d’accéder à de meilleures conditions d’existence en Europe occidentale, au Canada ou aux Etats-Unis. Cette pratique n’améliore en rien la situation démographique russe, car les partantes iront faire leurs enfants dans les pays d’où viennent ceux qui les ont choisies sur catalogues. Il serait plus judicieux de faire venir ces occidentaux en Russie, faciliter leur installation et leurs investissements par un système de primes et de prêts s’ils résident en Russie, et y travaillent avec des avantages fiscaux. L’intérêt serait double. D’abord un regain de natalité d’enfants vivant en Russie, donc parlant russe et en acquérant la culture et deuxièmement une diminution du nombre de femmes célibataires, sans pour autant pénaliser les hommes du pays qui ne sont pas assez nombreux. Enfin, les femmes russes connues pour leur caractère entier n’ayant pas la réputation de se laisser marcher sur les pieds et les occidentaux actuels venant de pays où la société se dévirilise de plus en plus, les nouveaux époux arrivant n’auraient ni la force ni l’audace d’imposer leur langue, leur culture et leur religion à leurs épouses et à leurs enfants. Cela conviendrait mieux aux aspirations de la population russe qui craint plus la perte identitaire que le métissage.
Le fossé démographique se creuserait donc dramatiquement de 700.000 chaque année, selon Vladimir Koulakov de l’Académie des sciences de Russie, même si les experts du Kremlin minimisent ce chiffre. En plus de la surmortalité masculine, la stérilité serait importante et l’avortement, bien que moins pratiqué que du temps soviétique serait encore non négligeable. Le niveau de vie s’accroît proportionnellement plus qu’en Occident, la crise actuelle est trop récente pour influer. Un nombre croissant de Russes vit mieux qu’avant, les vieux sont nettement moins bien lotis et les retraites sont faibles, mais si leurs conditions d’existences sont peu enviables, elles n’interfèrent pas sur la natalité. Les plus de soixante ans n’ont du fait de leur âge qu’un nombre négligeable d’enfants. Le problème vient des plus jeunes ayant une faible natalité probablement par choix. La liberté individuelle a donc un prix, celui de l’espérance de vie ! Et puis, partout sur la planète, l’accès à la consommation et au luxe diminue les ardeurs reproductives. L’enfant est un luxe pour le très riche et une catastrophe pour le pauvre qui vient de sortir de la misère.
Paradoxe apparent les Russes ne veulent pas beaucoup d’enfants, continuent à boire, à fumer, à prendre des risques dans leur vie quotidienne et ils n’en perdent pas pour autant la joie de vivre et une incroyable résistance à l’adversité. Les anciens parleront de l’âme russe romantique et fantasque, les psychologues qui nous pourrissent la vie en Europe utiliseront le terme de résilience.
La Russie en a vu d’autres depuis Ivan et Pierre le Grand, sans même parler de Staline. Elle saura s’adapter d’une façon ou d’une autre. Et puis de gens qui veulent coûte que coûte préserver leur mode de vie tout en faisant la fête ne peuvent être foncièrement mauvais..."(G.Yang)