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samedi 24 janvier 2026

Baltique

   Devenue la mer de tous les dangers                                                                                                                                Regarder une carte suffit à s'en convaincre

   Des échanges intenses  sur cette  surface quasi fermée. A la pollution extrême.   Pour des raisons                  explicables.                           Un carrefour géopolitique de haute intensité, avec des rapports de forces évolutifs. Une bombe à retardement, au coeur du conflit russo/Otan. Panique dans la Baltique!                                                                                    Une mer sous pression. Quels seront les objectifs de Poutine?  Kaliningrad  étant au coeur des tensions locales.                    

Une Zône grise:   Dans la « zone grise », des facteurs tels que la propagande, le renseignement actif avec passage à la terreur, les opérations psychologiques et l’utilisation d’installations civiles à des fins militaires sont particulièrement importants.


LUKAS MILEVSKILa zone grise est un concept tactique américain dont l’auteur donne ici une description erronée.

Elle n’est en réalité pas du tout asymétrique dans la pensée occidentale et se produit essentiellement lorsque les deux parties sont en conflit mais qu’aucune d’entre elles ne souhaite une escalade vers la guerre — soit par crainte des conséquences, soit parce qu’elles pensent pouvoir obtenir ce qu’elles veulent sans avoir recours à la guerre. L’exemple typique de la zone grise est le conflit en mer de Chine méridionale — qui est de fait le principal cas d’étude à l’origine de l’émergence de ce concept.

Si l’on se limite aux actions hostiles non militaires, il est facile de dresser une très longue liste de celles menées par la Russie ou par des mandataires affiliés au Kremlin dans les États baltes et dans la région baltique. On peut citer les exemples — non exhaustifs — de la manipulation des prix du gaz pour contraindre les États baltes dans les années 1990 ; de la tentative de la mafia russe de subvertir les élections lituaniennes en 2003 ; de l’arrêt du transit du pétrole russe par la Lettonie en 2003 ; de la cyberattaque contre l’Estonie en 2006 ; de la perturbation de l’approvisionnement des raffineries de pétrole en Lituanie en 2006 ; des sabotages de câbles et de pipelines en mer Baltique en 2023-2024 ; de l’utilisation de l’immigration comme arme pour faire pression sur les frontières baltes ces dernières années ; et, plus largement, de la création et du soutien de partis politiques et de réseaux culturels pro-Kremlin, ainsi que de la rhétorique constante visant à délégitimer les États balte

La « zone grise » est un espace à haut risque, non seulement pour les militaires, mais aussi pour les proxy wars

Les conflits qui s’y déroulent peuvent éclater de manière inopinée — mais ils s’appuient généralement sur des antécédents historiques.

Dans la « zone grise », la rivalité ne porte pas sur des objets isolés d’importance tactique ou opérationnelle, mais sur des avantages plus larges de nature informationnelle, ainsi que sur la poursuite d’objectifs économiques. La particularité des « zones grises » est l’absence de moyens juridiques permettant d’atteindre les objectifs fixés.

TEIJA TIILIKAINENEn faisant référence à un « conflit dans la zone grise » comme la « stratégie de l’adversaire », l’auteur utilise le procédé qui consiste à rejeter la responsabilité de ses propres actions sur l’Occident. Par « tactiques ou conflits dans la zone grise », les analystes occidentaux visent en fait la notion russe de « guerre politique ».

Celle-ci trouve son origine dans des documents politiques russes 15 dans lesquels elle est présentée comme une approche globale dont la Russie aurait besoin pour pouvoir répondre à la prétendue hostilité occidentale.

Dans cette guerre politique, la Russie aurait besoin de toutes les armes possibles — des opérations d’information aux outils cybernétiques et aux outils de guerre asymétrique — pour se défendre. 

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Le droit maritime international contemporain a probablement moins souffert des pratiques politiques des dernières décennies — par rapport, par exemple, au droit de la guerre et de la paix — et continue de fonctionner en grande partie. Cela s’explique par le fait que les puissances maritimes sont précisément intéressées par le droit de libre passage et de transit. Les initiatives de la Finlande, de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie pourraient toutefois créer un précédent permettant de restreindre la navigation britannique ou américaine, par exemple en mer de Chine méridionale.

De plus, « en 1996, en réponse à une demande de la Lituanie concernant les activités des forces navales russes dans sa zone économique exclusive (ZEE), le département d’État américain a confirmé que l’article 58 de la convention de 1982 permet à tous les États de jouir des libertés de navigation, de survol, de pose de câbles et de pipelines dans l’exercice de leurs activités dans une ZEE. Pour les navires et aéronefs militaires, ces droits incluent les manœuvres, les exercices militaires, la surveillance, la collecte de renseignements, les tirs et les essais d’armes » 16.

En 2024, les services de renseignement et les ministères des Affaires étrangères des pays d’Europe du Nord et des pays baltes ont organisé une série de réunions afin de recueillir l’avis d’experts sur la possibilité de bloquer légalement l’accès de la Russie au golfe de Finlande et d’imposer un blocus à Kaliningrad. Les conclusions furent les suivantes : en temps de paix, conformément aux normes du droit maritime international, une telle mesure est impossible. Autrement dit, elle ne pourrait être mise en œuvre qu’en cas de conflit armé pleinement reconnu sur le plan juridique. L’alternative serait donc de recourir à des actes de sabotage et à des actes terroristes. C’est précisément cette option qui a été choisie. De plus, elle a été rendue publique dans le but d’exercer une pression psychologique sur la Russie. La chasse aux pétroliers et aux cargos battant pavillon neutre a alors commencé. En revanche, ni en 2024 ni au cours du premier semestre 2025, les navires battant pavillon russe n’ont été la cible d’attaques, d’inspections illégales ou de refoulement vers les eaux territoriales.

LUKAS MILEVSKIUne fois de plus, l’argumentation vise à présenter la Russie en victime, passant sous silence le rôle présumé de sa flotte fantôme dans la destruction d’infrastructures de communication et d’énergie critiques dans les fonds marins de la mer Baltique en 2023-2024 17. Bien qu’il n’existe pour l’instant pratiquement aucune preuve tangible que ces actes aient été des sabotages délibérés menés sur ordre du Kremlin, le fait que ces navires étaient tous au service de la Russie est incontestable. Qualifier la réponse de la Baltique et de l’OTAN de terrorisme est absurde.

TEIJA TIILIKAINENLes experts nordiques et baltes mentionnés n’ont évidemment pas envisagé de bloquer l’accès de la Russie au golfe de Finlande mais ont discuté de mesures juridiques pour réagir aux actes de sabotage contre les infrastructures sous-marines critiques qui se sont multipliés en mer Baltique. Or comme la convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) n’accorde pas aux États côtiers pleine juridiction pour arraisonner les navires soupçonnés de telles activités et ouvrir des enquêtes que dans leurs eaux territoriales, les incidents survenant au-delà de cette zone constituent un défi pour la sécurité de l’État et créent des vulnérabilités exploitables à des fins malveillantes.

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vendredi 23 août 2024

La mer, une poubelle?

 La mère de toute vie en souffrance.

                             Que la mer soit devenue une sorte de grand déversoir, où s'accumulent, parfois de manière invisible, un grand nombre de produits, parfois dangereux, rejetés par les activités humaines de toutes sortes, est devenu une évidence. La Méditerranée n'est pas épargnée. Les microplastiques sont partout, comme les polluants chimiques, qui ne sont pas sans effets sur la biodiversité marine.                                                                                                                                                  Mais il y a pire! La mer Baltique, notamment, a servi de déversoir pour tout un matériel de guerre pendant des années. sans parler des déchets nucléaires. Une poubelle inquiétante.          La mer qu'on voit danser, le long des golfes clairs♪♫♪...nous cache bien des richesses, mais aussi bien des déchets dont beaucoup ne sont pas neutres et sans effets toxiques à venir. On trouve tout dans le fond des océans, ces masses aquatiques vitales pour la vie sur terre.  Pas seulement des plastiques qui se voient ou ne se voient plus, sous forme de microéléments que peut ingérer la faune marine. Pas seulement les épaves de toutes sortes, anciennes ou récentes, dont les contenus parfois douteux ou suspects doivent nous alerter.  Des milliers de conteneurs sont perdus chaque année. Leurs cargaisons sont une source de pollutions multiples dont les autorités n’ont pas pris la mesure, sans parler des déchets radioactifs.                                                                                                                           De sérieux risques sont à venir, quoi qu'en disent certaines langues de bois irresponsables:  ..."De 1946 à 1983, la communauté scientifique a jugé que déposer des déchets radioactifs sur les fonds marins était une « solution sûre », « car la dilution et la durée présumée d’isolement apportées par le milieu marin étaient suffisantes », retrace l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Cet établissement public à caractère industriel et commercial, chargé de la gestion des déchets radioactifs en France, réalise régulièrement l’inventaire national des matières et déchets radioactifs. Jusqu’en 1977, les états ont été libres de superviser eux-mêmes leurs opérations d’immersion. Puis le Conseil de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a obligé les pays membres à se soumettre aux directives et à la surveillance de l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN). En 1972, la convention de Londres interdit l’immersion de déchets fortement radioactifs. Un moratoire sur l’immersion des déchets est adopté en 1983, dans l’attente d’un examen global de la question. En 1993, les pays signataires décident d’interdire l’immersion de déchets radioactifs dans la mer, « davantage pour des raisons morales que scientifiques », ajoute Émilie Grandidier, chargée de communication à l’Andra, qui assure que tout débat sur d’éventuelles immersions futures est définitivement clos...." (sic) !!!

                Dans la Baltique et la mer du Nord notamment, des quantités d'explosifs, de véritables bombes chimiques risquent de faire disparaître à terme toute vie marine. Il y a pire, on a déversé il n'y a pas si longtemps des déchets radioactifs, qui constituent une menace encore plus grave. Au large du Cotentin, par exemple, la corrosion des fûts radioactifs se poursuit. Sans parler du rejet dans l'océan de l'eau radioactive à Fukushima et dans dangers potentiels de nos stockages nucléaires dans la Manche, notamment dans la fosse des Casquets. La récupération des déchets, nucléaires ou toxiques, dans ces zônes notamment est devenue pratiquement impossible. Mais qui en parle?   __________________

mercredi 5 juin 2024

Incohérence industrielle

  On rachète ce que l'on a revendu

                Une soumission bien française

              "...Lors de sa campagne présidentielle de 2022, Emmanuel Macron, soudain devenu le héraut de la réindustrialisation en France, avait tenu à faire le voyage à Belfort, fief de l’activité énergie de l’ex-Alstom rachetée par General Electric (GE) en 2015, pour promettre devant des salariés qu’il ramènerait les activités nucléaires rachetées par le groupe américain en France. Il l’a dit, il l’a fait.    Après plus de deux ans de discussion, EDF a confirmé ce rachat : « Ce 31 mai, EDF reprend officiellement les activités nucléaires de General Electric et notamment les activités de maintenance et de fabrication des turbines Arabelle. […] Les accords conclus assurent la pérennité de cette activité qui est une véritable fierté française », s’est empressé de faire savoir Emmanuel Macron la veille dans un entretien aux quotidiens régionaux.         C’est un engagement que j’avais pris à Belfort : EDF reprend dès aujourd’hui les activités nucléaires de General Electric, notamment la fabrication des turbines Arabelle. Un grand pas pour notre souveraineté énergétique. Une fierté française ! pic.twitter.com/djnMiv    Le mot fierté ne saurait être plus à propos. Quelle fierté, en effet, de racheter pour 1,1 milliard d’euros des produits et des équipements industriels vendus sept ans auparavant pour 600 millions d’euros à un groupe américain qui a laissé volontairement péricliter toute cette activité en Europe !Quelle fierté d’abandonner la propriété industrielle et tous les brevets pour des produits élaborés et conçus en France depuis des décennies à un groupe américain qui aura à l’avenir la haute main sur leur utilisation future ! Oui, c’est une vraie fierté. Une vraie reconquête de souveraineté, pour emprunter le vocabulaire en vogue dans les couloirs de l’Élysée.                                                                                                                                   Même si le chef de l’État essaie aujourd’hui de réécrire l’histoire, de faire passer pour un succès ce qui n’est qu’une débâcle, les faits sont là, ineffaçables. Il n’y a qu’un responsable à ce dépouillement industriel et à cette gabegie financière : Emmanuel Macron lui-même.  C’est lui qui, en tant que secrétaire adjoint de l’Élysée, a organisé dès l’automne 2012, en secret, dans le dos des ministres et du gouvernement, la cession de la branche énergie d’Alstom à l’américain GE. Au nom de quoi avait-il pris de telles initiatives ? Sans doute ne s’est-il pas totalement départi de ses habits de banquier d’affaires.  C’est Emmanuel Macron toujours, en tant que ministre de l’économie cette fois, qui s’empressa de démonter les quelques protections juridiques qu’avait mises en place son prédécesseur pour tenter justement de protéger la propriété industrielle et les brevets liés aux turbines Arabelle, installées non seulement dans les centrales nucléaires, mais aussi dans les sous-marins atomiques. À peine arrivé à Bercy, il s’employa dès l’automne 2014 à passer le tout par-dessus bord et à liquider en 2016 la joint-venture dans laquelle l’État avait obtenu un droit de veto. Tout cela n’était qu’embarras inutile...."                                                                                      L'affaire Alstom est emblématique de la politique industrielle de la France ces dernières années. Ce fleuron de la production de turbines, essentielles aux centrales, donc hautement stratégiques, fut concédé à la puissante Général Electric, contre des promesses qui ne furent pas tenues, et nous rendîmes dépendant d'une multinationale qui souvent n'a que faire des intérêts nationaux. E. Macon fut le maître d'oeuvre de cette tractation, dans le pur esprit de la mondialisation à tout va, qui passa inaperçue à l'époque mais qui suscita la réprobation de certains. Comment était-il possible de se rendre aussi dépendant d'un secteur d'activité en le laissant au bon vouloir de fonds apatrides? Ce scandale d'Etat ne manque pas de faire du bruit, à l'heure où il est question de recours au bercail. Une guerre économique sur fond de corruption. Le ministre de l'industrie de l'époque a été sommé de lâcher du lest sur cette affaire qu'il jugeait périlleuse.                                                                        L'opération n'avait pas obtenu le succès escompté et de forts soupçons continuent à peser....Les pressions américaines firent le reste. La fibre industrielle semble avoir disparu der Bercy, à l'heure où paradoxalement on reparle de souveraineté économique.                 L'affaire Alstom n'a pas fait grand bruit à l'époque. Qui se rappelle de l'abandon à Général Electric des trois quarts de son activité la plus sensible, celle qui concerne l'énergie, décisive pour les intérêts nationaux , pour les centrales nucléaires en priorité? 

                            Un document télévisé de LCP nous rappelle utilement les données d'un dossier peu glorieux pour notre indépendance énergétique, dans un secteur-clé.
        Une véritable affaire d’État, que décrit par le menu le livre de JM Quatrepoints. C'était l'époque ou Montebourg et un certain Macron étaient à la manoeuvre, sous l'arbitrage d'un Président -on va dire- sans doute mal informé ou peu combatif. On n'ose dire indifférent...
      Notre classe dirigeante, tant au niveau des grandes entreprises que de la haute administration, a joué les autruches. Les États- Unis imposent au monde occidental de nouvelles normes dans le droit des affaires, découlant directement d’une évolution récente du Droit américain. Comme la première puissance mondiale contrôle, à travers sa monnaie, l’ensemble des transactions internationales, elle impose ses normes juridiques. Des entreprises comme Alstom n’ont pris conscience que très tardivement de cette évolution, impulsée il y a plus d’une décennie déjà et qui bouleverse certaines de leurs méthodes commerciales.
     L’État a sa part de responsabilité dans cet aveuglement. N’ayant pas vu venir l’offensive judiciaire américaine, il n’a pas vraiment adapté notre droit à ce nouveau paradigme. Il n’a pas su, non plus, élaborer, de concert avec les entreprises, une stratégie globale pour s’adapter à cette nouvelle donne de la guerre économique. Un État qui ne veut plus, ne peut plus jouer son rôle de stratège, d’arbitre, de fédérateur des intérêts de l’entreprise France. Au colbertisme si décrié depuis vingt ans, pourtant synonyme de la grandeur de la France, a succédé le laissez- faire total. Les Allemands chassent en meute. C’est leur force. Aux États- Unis, ce qui est bon pour les entreprises est bon pour le pays et vice- versa. Dans ses fonctions de secrétaire d’État, de 2009 à 2013, Hillary Clinton n’hésitait pas à peser de  tout son poids pour que les grandes entreprises américaines obtiennent des contrats. General Electric en a largement profité. En France, nos managers, sortis des grandes écoles de la République, ont par trop considéré les entreprises comme leur propriété personnelle, alors qu’ils n’en sont que des salariés mandataires. À l’image de Patrick Kron, ils détestent généralement l’État, oubliant tout ce qu’il a fait pour eux et pour l’entreprise qu’ils dirigent. Sans l’État, Alstom, société anonyme à l’actionnariat privé, serait mort en 2004. Sans les coups de pouce de la Coface et les commandes publiques, l’entreprise ne se serait pas maintenue dans le peloton de tête des géants de la construction électrique.
      Voilà pourquoi, en négociant en catimini son accord avec General Electric, Patrick Kron a une responsabilité, au moins morale. Il a voulu mettre tout le monde devant le fait accompli. Il a finalement réussi. La préparation d’un accord a fuité. Le scoop de l’agence Bloomberg, le 23 avril 2014, n’a fait que repousser l’échéance....

     Une guerre-fantôme entre géants, où les responsables furent pris de court et lâchèrent prise assez vite sur cet épineux dossier, complexifié à souhait, dont on ne connaît pas encore sans doute toutes les ficelles.
       Un vrai scandale d'Etat, dont l'historique est parfaitement décrit par  Jean-Michel Quatrepoint, qui n'est pas tendre ni sur la direction du groupe ni sur le laisser-aller de l'Etat. Une vente "forcée" pour un plat de lentilles. le couteau sous la gorge, intimidé par le chantage et les énormes pressions américaines.
          Un exemple de plus de la  guerre économique livrée par les USA, aux moyens considérables et aux énormes pressions judiciaires, qui nous ont fait capituler plusieurs fois, notamment dans nos investissements en Iran.
      L'espionnage industriel joue là-bas un rôle crucial, largement encouragé en sous-main, et on sait bien que la NSA ne sert pas qu'à surveiller les terroristes ... Les USA ne sont pas les seuls à ce jeu-là, sauf que leurs moyens sont peu équivalents ailleurs. (*)
       Les lobbies savent y faire en matière de chantage et de pressions.
              On parlera après cela de déclin industriel, comme d'une fatalité....__
                      L'histoire continue...et Siemens a gagné une autre bataille.__
Et demain?...__
       (*) "Parmi les industries ciblées figurent l’aéronautique, l’énergie, les télécoms, le spatial, la robotique et la pharmacie. Des secteurs hautement stratégiques de par leur potentiel d’emplois et d’exportation. Jean-Marie Bockel, sénateur (UDI) du Haut-Rhin et auteur d’un rapport sur la cyberdéfence en 2012, estime le coût pour l’économie française entre 3 et 5 milliards d’euros par an.
     Dans un contexte global de guerre économique, tout le monde espionne tout le monde, y compris entre pays occidentaux pourtant alliés. La France fait partie du club des grandes puissances aux côtés des États-Unis, de la Russie, du Royaume-Uni, de la Chine et d’Israël. Selon Robert Guillaumot, la différence réside dans les moyens. "Le rapport est de 1 à 100 en faveur des États-Unis", précise-t-il.
    L’espionnage américain mobilise 14 agences gouvernementales, dont la NSA. L’avance de cette agence dans les moyens se double d’une supériorité technologique. Maîtres incontestables de l’informatique et de l’internet, les États-Unis disposent de capacités uniques de collecte et de traitement des données. "Ils ramassent tout ce qui passe, explique Robert Guillaumot. Ils ont des outils de traitement assez puissants pour analyser ce gigantesque gisement de données et en extraire en un temps record l’information utile au décideur. Et plus le volume de données est important, plus le résultat est pertinent. La France, qui ne dispose pas de ces capacités technologiques, privilégie une démarche sélective de stockage et de traitement des données."
     Le développement des technologies de l’information et de la communication démultiplie les cibles de collecte de données jusque dans la poche des dirigeants et des cadres d’entreprise, tous équipés de smartphones. Les systèmes d’exploitation de ces appareils (iOS, Android et Windows Phone) sont à 95% américains. Comme ceux des micro-ordinateurs ou des serveurs. Les États-Unis dominent aussi en matière de microprocesseurs, de logiciels applicatifs, d’internet et de services de cloud computing. Autant de monopoles exposant les entreprises françaises à des risques d’espionnage accrus puisque les entreprises américaines dans ces domaines sont suspectées d’offrir une porte dérobée à la NSA.
      Outre-Atlantique, gouvernement et entreprises sont soupçonnés de travailler la main dans la main. L’Advocacy Center se présente comme l’avocat des entreprises de l’oncle Sam à l’export. Selon Bernard Carayon, il va jusqu’à leur fournir des informations leur permettant de remporter des contrats ou des appels d’offres sur leurs concurrents étrangers...."   ________________________

jeudi 2 novembre 2023

Varia

__ Déni

__ Fracturations

__ Aveuglement

__ L'ascencion

__ Continuité

__ Disproportion

__ Juifs de France

__ Le retour

__ Déqualification

__ Bush et Gaza

__ Y Lapid: aveux         

__ Drames de défaite

__ Projections glaçantes

__ Et le Cisjordanie?

__ La langue: un combat

__ Israël: depuis de Gaulle

__ Hystérie collective

__ Fonds marins en péril

__ L'heure des comptes

__ Gaza: communications défaillantes                         ________________________

mardi 14 mars 2023

Fonds marins attractifs

 Mais périls en la demeure

                   La course en avant dans les recherches minières continue. Les besoins sont intarissables et de nouvelles perspectives s'ouvrent tous les jours. Malgré les avertissements, les mises en garde, les engagements (COP), les explorations continuent, dans uns concurrence redoublée pour la recherche de nouvelles sources d'hydrocarbures, de métaux rares...Ce sont les enjeux pour demain....Les ambitions et les moyens sont là. La course en avant concurrentielle doit se poursuivre, dans la plus pure logique d'accumulation capitalistique. La finance verte accompagne les nouvelles explorations en cours ou en projet. L'horizon semble illimité. Un nouvel "eldorado" s'ouvre aux nouvelles conquêtes industrielles. Parfois au nom des meilleurs intentions affichées :   


                                                    "...Des milliards de tonnes de métaux, nécessaires aux technologies électriques et numériques. Une telle manne suscite de nombreuses convoitises, qui se parent des vertus du capitalisme vert. À quel prix pour l’environnement et les pays dominés de l’ordre international ? L’exploitation minière des fonds marins est l’un des grands enjeux de notre temps. Les métaux dont regorgent les fonds marins pourraient répondre aux besoins exponentiels à venir dans le cadre de la « transition écologique » et de la numérisation du quotidien. En effet, les gouvernements de nombreux pays misent sur un sursaut technologique pour lutter contre le changement climatique : il faut décarboner notre économie, c’est-à-dire trouver des sources d’énergie nouvelles ne contribuant pas au réchauffement climatique. L’électricité et le numérique apparaissent comme la solution miracle : la première doit remplacer les énergies fossiles et la seconde devrait permettre des gains d’efficacité et de consommation d’énergie, notamment par la réduction des déplacements et le contrôle des consommations.   Cependant, électricité et numérique demandent des quantités immenses de métaux, dont regorgent les fonds marins. La nécessité d’extraire toujours plus de terres rares pour répondre à une transition écologique innervée par le techno-solutionnisme, et permettant au capitalisme de continuer de croître, sert le discours des grands industriels miniers. Metals Company défend ainsi l’extraction des nodules au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Si cette activité ne sera pas sans conséquence sur l’environnement, combattre le changement climatique constitue la première des priorités, défend l’entreprise. Les conséquences écologiques d’une telle exploitation serait donc un moindre mal autant qu’une nécessité absolue.   Alors que la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité vient de s’achever à Montréal en décembre 2022, force est de constater que les industriels se cachent derrière une vision étroite des enjeux climatiques. En ne parlant que de la nécessaire transition énergétique pour lutter contre le réchauffement de la planète, ils ignorent que les limites planétaires, telles que définies par la communauté scientifique, sont au nombre de neuf et comprennent l’érosion de la biodiversité, laquelle est vitale pour l’avenir de l’humanité. Or, l’extraction minière des fonds marins aurait des conséquences dramatiques pour une faune et une flore qui restent encore largement inconnues...."                                                                                              Malgré l'opposition de principe de le France, on peut redouter une exploitation d'une nouvelle terre promise sans en envisager les conséquences parfois irréversibles Et quels gendarmes internationaux auraient le pouvoir d'arrêter des projets si rentables, mais si potentiellement dévastateurs?... "...Les océans représentent le premier organe de régulation du climat de la planète. Si on se lançait dans l’exploitation des fonds marins, on amorcerait une bombe à retardement écologique. Ce serait l’erreur de trop. ».     Les ambitions, démesurées, ne manquent de contradictions: "...Malgré tout, la France avance ses pions sur l’échiquier océanique. Le 22 janvier 2021, le secrétaire général de la mer présentait une nouvelle stratégie nationale d’exploration et d’exploitation des ressources minérales dans les grands fonds marins. D’après nos confrères d’Actu Environnement, qui l’ont lu en détail, « le gouvernement ne se pose pas la question de savoir s’il faut exploiter les grands fonds marins, mais plutôt quelle stratégie mettre en œuvre pour y parvenir ». Puis en mai 2021, le Premier ministre, Jean Castex, a énoncé les priorités du gouvernement pour les fonds marins : acquérir des connaissances sur les écosystèmes et les ressources minérales « amplifier les efforts de protection des fonds marins » tout en poursuivant « une stratégie d’exploration et d’exploitation durable de leurs ressources » « valoriser les ressources des grands fonds marins en lien avec le potentiel industriel français »....__________
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jeudi 2 mars 2023

Finance verte ou Greenwashing?

 Un mythe?

                       En soi, l'idée est bonne. Un investissement qui se veut responsable, à l'heure où la priorité doit être mise sur la préservation du milieu naturel, le développement des énergies douces, conformément aux engagements lors des COP qui se succèdent, aux promesses auxquelles ils donnent lieu. Il faudra des moyens, beaucoup d'argent pour accéder rapidement aux ambitions  affirmées lors de ces grands messes climatiques. Les ressources financières ne manquent pas.             Mais n'y a-t-il pas une part d'illusions à mettre la haute finance prioritairement au service d'un avenir durable, connaissant la logique des marchés? Le système fonctionne imparfaitement et diversement, avec une opacité et des limites certaines.       

Finances sages ou mirage?

                                                                                     Un écran de fumée pour certains analystes.   "...Au plus fort de la pandémie, les financiers soucieux des enjeux climatiques s’enflammèrent pour un acteur relativement inconnu du marché. La capitalisation boursière de NextEra Energy – la plus grande entreprise d’énergie renouvelable des États-Unis – dépassa celle d’ExxonMobil. En d’autres termes, NextEra devint momentanément la société énergétique la plus lucrative du pays. Un retournement d’autant plus troublant qu’ExxonMobil générait largement plus de revenus que NextEra : 265 milliards de dollars en 2019 contre 12,9 milliards de dollars.     
Certes, Exxon finit par repasser devant NextEra, mais de nombreux investisseurs perçurent cet épiphénomène comme un signe annonciateur de l’évolution future des marchés. Même si cela est difficile à concevoir aujourd’hui, en pleine pandémie les cours du pétrole chutèrent brièvement aux alentours de zéro. Cet effondrement des prix résultait à la fois d’un ralentissement spectaculaire de la demande de combustibles fossiles et d’une singularité sur le marché des matières premières qui incita les investisseurs à dénoncer subitement leurs contrats à terme sur le pétrole.             Cet effondrement des prix de l’énergie affecta lourdement les grandes entreprises de combustibles fossiles. Le choc fut particulièrement rude pour Exxon, connue pour son hostilité à l’abandon des énergies fossiles. Rex Tillerson, ancien PDG d’ExxonMobil et secrétaire d’État (équivalent de ministre des Affaires étrangères, ndlr) sous la présidence de Donald Trump, a affirmé catégoriquement que le changement climatique n’était rien d’autre qu’une nouvelle tendance à laquelle le monde devait s’adapter. En 2016, il déclarait ainsi sans détours que « le monde va devoir continuer à utiliser des énergies fossiles, que les gens aiment ça ou pas. » Exxon est d’ailleurs actuellement poursuivie en justice pour avoir caché des informations relatives à l’impact des combustibles fossiles sur le climat. Dès les années 1970, des scientifiques travaillant pour ExxonMobil étayent la réalité de l’effet de serre par des preuves solides. En réponse, l’entreprise réduisit de façon drastique le financement de son département scientifique et affecta l’argent à la promotion du négationnisme climatique.....Pour beaucoup, la messe était dite : cette transition de la finance mettrait une énorme pression sur les entreprises comme Exxon, les poussant à se détourner des combustibles fossiles au profit des énergies propres. En effet, la réponse des entreprises de combustibles fossiles ne se fit pas attendre.                                      Total se rebaptisa TotalEnergies dans le but de devenir un « acteur mondial de la transition énergétique ». Shell annonça qu’elle augmenterait le montant de ses investissements dans les énergies renouvelables. British Petroleum (BP) prit une participation importante dans une entreprise d’énergie renouvelable. Même Exxon finit par céder à la pression du marché et déclara qu’elle investirait des milliards dans « des initiatives de réduction des émissions de gaz à effet de serre ».      Bien sûr, le « succès » de ces solutions de marché au dérèglement climatique induisait que le monde n’avait plus besoin d’envisager des solutions « anti-libérales » comme le Green New Deal pour lutter contre le réchauffement climatique. Après tout, pourquoi taxer, nationaliser ou planifier si le marché s’autorégule si bien ?                                                         Mais en creusant un peu, on découvrait rapidement que la réalité était toute autre. La plupart des promesses faites par les grandes compagnies pétrolières étaient vagues et demandaient du temps pour être mises en œuvre. Dans certains cas, elles ne relevaient même que d’une simple opération de greenwashing. Dans tous les cas, les compagnies faisaient le pari que l’ère du pétrole était loin d’être révolue.      Un certain nombre d’investisseurs plus perspicaces l’avaient bien compris. Plusieurs fonds spéculatifs commencèrent discrètement à parier gros que les cours du pétrole remonteraient vite une fois la pandémie passée, quand l’économie mondiale aurait besoin de combustibles fossiles pour tourner à nouveau à plein régime. Et ils avaient raison. Une fois le pic de la pandémie passé, les cours du pétrole ne tardèrent pas à revenir au niveau d’avant la pandémie. Puis ils se mirent à grimper en flèche. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le prix du gaz naturel s’envola également, ce qui constitua une véritable aubaine pour l’industrie  américaine du gaz de schiste, dont la technologie de fraction hydraulique, en plus d’être ultra-polluante, est plus coûteuse que les méthodes d’extraction conventionnelles....                                                                               Au plus fort de la pandémie de COVID-19, le monde a raté une occasion historique : les gouvernements auraient pu profiter de l’effondrement de la valeur des géants des hydrocarbures pour entrer au capital de ces entreprises et les pousser à réorienter réellement leurs investissements vers les énergies renouvelables.    Alors que la demande et l’inflation étaient alors relativement faibles, ils auraient pu annoncer de vrais plans de relance favorisant la décarbonation. À la place, les compagnies pétrolières ont été livrées à elles-mêmes, le plan climat de Joe Biden a été torpillé par un sénateur à la botte d’ExxonMobil, et l’UE se contente d’un « Pacte vert » aux ambitions très maigres.    Le résultat de ce raté est double. Non seulement les émissions de gaz à effet de serre ont continué à augmenter, mais en plus une masse considérable de richesses des ménages a été transférée vers certaines des plus grandes compagnies d’énergie du monde. Cette séquence nous démontre au moins une chose : le marché n’apportera jamais de réponse au dérèglement climatique – et il était naïf ou, plus vraisemblablement, profondément cynique de prétendre le contraire. Il est désormais temps d’en tirer les conclusions nécessaires et d’intervenir de manière résolue pour contraindre les choix des multinationales de l’énergie...." (Grace Blakeley)  - Souligné par moi -
    __L'exploitation minière des fonds marins.     ___________________________