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samedi 6 mars 2010

Pharma: quels progrès?

Pour vendre des médicaments, inventons des maladies

-Labos en embuscade-

______Médicamenteurs ?

-"La médecine a fait tellement de progrès que plus personne n’est en bonne santé."(Aldous Huxley)

-« La méthode avait déjà fait la fortune du docteur Knock de Jules Romains : chaque bien-portant entrant dans son cabinet en ressortait malade, et prêt à débourser sans compter pour être guéri. A son image, ayant atteint les limites du marché des malades, certaines firmes pharmaceutiques se tournent désormais vers les bien-portants pour continuer à croître. Et emploient pour cela les techniques de publicité les plus avancées...."
-Comment la dépression est devenue épidemie-
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-Laboratoires pharmaceutiques, peur sur ordonnance - AgoraVox:
"...En quinze ans, 200 nouvelles maladies ont été répertoriées dans le monde. 300 médicaments nouveaux ont été lancés sur le marché générant pour l’industrie pharmaceutique un chiffre d’affaire de 500 milliards de dollars. Notre santé les intéresse. Qui ? Les laboratoires pharmaceutiques, bien sûr
Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques, la passionnante enquête de Sophie Bonnet que diffuse Canal + (vendredi 5 mars à 22h45), fait le point sur les techniques marketing mises au point par les multinationales de la santé pour nous faire avaler la pilule.

________« Nous consommons de plus en plus de médicaments » explique ce documentaire qui évoque d’entrée de jeu le Viagra. Lancée sur le marché en 1998, à dix euros pièce, la petite pilule bleue a rapporté 1,7 milliards de dollars par an à son propriétaire, le laboratoire Pfizer...
Des congrès médicaux sont organisés partout dans le monde par ces géants de l’industrie pharmaceutique. Les médecins y sont bien sûr conviés. Certains d’entre eux sont payés pour faire l’article dans des salles remplies de confrères. Quoi de mieux qu’un médecin pour convaincre de l’utilité d’un nouveau médicament ?
La tactique est sûre : on parle d’un nouveau remède avant qu’il obtienne son autorisation de mise sur le marché. On créé un bruit médiatique chez les professionnels de santé afin d’en faire un produit indispensable. On s’appuie également sur de prestigieuses revues scientifiques.
Le Journal of the American Medical Association a publié en 1999 un article expliquant que 43% des femmes américaines seraient touchées par le nouveau syndrôme du dysfonctionnement sexuel. Cette étude qui a fait grand bruit à l’époque, était menée par trois experts. Deux d’entre eux étaient « très liés » avec l’industrie pharmaceutique.
Les labos espèrent aussi classifier l’éjaculation précoce comme une pathologie. Le médicament est déjà prêt. Il s’appelle le Priligy. Problème : aux Etats-Unis il n’a pas été homologué car les autorités compétentes considèrent que son utilité n’a pas été prouvé, explique l’enquête de Sophie Bonnet qui cite deux études indépendantes menées en Europe en 2009.
Selon elles ce médicament serait inefficace à 70% et, pire, provoquerait des effets secondaires importants comme l’anxiété, des nausées, des syncopes, etc.
Ejaculation et frigidité féminine. Ces deux troubles sont étiquetés maladie mentale depuis 1994 dans le DSM, le manuel diagnostique de référence des maladies mentales qui en répertorie plus de 300. Vous êtes timide ? Le DSM donc la médecine, considère que vous êtes malade. Donc il faut vous soigner et prendre des médicaments.
DSM cela signifie Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. « Dans ce volume de cinq cents pages, explique Christopher Lane, auteur de Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions » (Flammarion, 2009), l’individu introverti se trouve mécaniquement transformé en psychotique léger ; se montrer distant ou indifférent, ou tout simplement « être seul », sont au nombre des symptômes ».
Le DSM est régulièrement remis à jour avec de « nouvelles maladies ». Jeffrey Lieberman, psychiatre à l’Université new yorkaise de Columbia, dirige la rédaction du DSM dont il prépare la nouvelle édition pour 2012.
Pour lui, bien sûr, c’est « un outil formidable ». Ce qu’il ne dit pas c’est que les psychiatres qui rédigent ce manuel ont le droit de percevoir jusqu’à 10 000 dollars par an des laboratoires pharmaceutiques.
Pour Ray Monihan (lire ici également), journaliste au British medical Journal qui dénonce depuis longtemps ces relations dangereuses entre médecins et labos, « en élargissant les critères des maladies on fait en sorte que les hauts et les bas de la vie quotidienne deviennent les symptômes d’une maladie dans le but de prescrire plus largement des médicaments ».
Le rêve des labos, souligne-t-il : vendre des médicaments à tout le monde, pas juste aux malades. Car le marché des gens bien portants est bien plus large...
Le travail qu’a mené Sophie Bonnet avec ces Nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques est remarquable. Elle dresse un panorama complet du cynisme des laboratoires autant que des médecins, experts et politiques.
Elle évoque le cas de la fameuse pilule amaigrissante Alli. Cette dernière est en réalité un médicament recyclé, le Xenical, dont le brevet a été racheté par le laboratoire GlaxoSmithKline. Les pilules sont maintenant colorées, la dose contenue dans chacune d’entre elles est divisée par deux ce qui permet de l’acheter sans ordonnance.
Elle a été lancée à grands renforts de campagnes de pub qui ne parlent plus d’obésité mais de "solution pour maigrir". 140 000 boîtes ont été vendues en un mois après sa sortie. Chiffre d’affaire : huit millions d’euros.
Les laboratoires disposent d’une véritable armée pour conquérir les médecins : les visiteurs médicaux. Ils sont 20 000 en France. L’une d’elle, qui n’exerce plus, est interrogée par Sophie Bonnet dans son reportage : "le bon visiteur médical doit savoir décoder les signaux d’achats du médecin : hochement de tête, prise de l’échantillon, expression du visage, etc."
Ce n’est pas exactement ce que préconise la charte des visiteurs médicaux. Cette visiteuse parvenait à prescrire pour plus de deux millions d’euros de médicaments chaque année.
Seuls 3% de médecins, en France, refusent de recevoir les visiteurs médicaux. L’un d’eux confie que « l’industrie pharmaceutique c’est sûr que c’est intéressant pour eux, mais pas pour nous ». Il précise que cette industrie s’est immiscée partout dans le système médical français : dans les hôpitaux et chez les médecins de ville, dans les revues". Voire ailleurs.
Martin Winckler, médecin, écrivain (et même auteur sur Agoravox) tenait une chronique sur France Inter. Un jour il dénonce la campagne de communication de Pfizer à propos du cholestérol.
En France, cette maladie fait florès. Pourtant, en 1985, un million de personnes en souffrait. Aujourd’hui il y en a sept millions. Bigre, une épidémie ? Non. En 1985 le taux de cholestérol « admissible » était de 3 grammes. Aujourd’hui il est de 2 grammes. Avec la bénédiction des autorités sanitaires.
En 2003, Martin Winckler a été remercié de France Inter, par Jean-Luc Hees, pour avoir abordé le la campagne de Pfizer destinée à faire peur aux malades du cholestérol qui s’ignoraient.
Aujourd’hui il constate « Si on vous fait peur c’est qu’on a quelque chose à vous vendre. C’est intéressant de faire prendre des médicaments à des gens qui n’ont rien parce qu’ils vont vivre très longtemps et donc ils vont les prendre très longtemps ». La majorité des gens qui prennent des anti-cholestérols aujourd’hui les prennent pour rien.
Le problème c’est que ces médicaments provoquent des effets secondaires, voire peuvent tuer. Bayer a été ainsi condamné par des malades. En France souligne un avocat proche d’une association de victimes de médicaments (lire ici aussi) il manque de l’arsenal judiciaire des actions judiciaires collectives (lire ici aussi).
Autre jackpot : les vaccins qui « permettent de soigner toute la population, des bébés aux vieillards ».
Le cas de la grippe A est bien sûr évoqué. Mais en ce moment est diffusé un spot destiné à promouvoir un vaccin contre le cancer du col de l’utérus qui touche chaque année 3500 femmes et en tue environ un millier.
Le Gardasil, ce vaccin, n’est pas encore autorisé. Pour l’heure il s’agit d’inquiéter les populations avec des pubs qui ressemblent à des spots gouvernementaux mais qui sont en réalité entièrement financées par un laboratoire.
Sauf au Canada ou une étude indépendante est en cours, aucune étude d’ampleur n’a été menée sur les effets indésirables de ce médicament qui coûte une fortune (il nécessite trois injections coûtant chacune 120 euros et remboursées à 65%) et surtout produit des effets secondaires graves (paralysie, thrombose, etc.).
Trente huit personnes seraient mortes après la vaccination. Mais le directeur des affaires médicales de Sanofi ne croit pas à ces décès.
Le Gardasil a été mis sur le marché en France en 2006 par l’Institut Pasteur. Il a bénéficié d’un soutien actif du ministère de la santé. Pour qu’il soit remboursé il fallait que le comité technique des vaccination (composé de vingt médecins dépendants du ministère de la santé et dont certains ont des liens avérés avec le laboratoire Sanofi) rende un avis positif.
Cet avis devait être rendu en avril 2007, mais deux mois avant, en février, Xavier Bertrand, alors ministre de la santé, court-circuite tout le monde et donne son accord en urgence. Il partira un mois plus tard...
Que dire de Roselyne Bachelot qui remet à Sanofi/Pasteur le prix de la recherche scientifique pour son vaccin Gardasil. Roselyne Bachelot qui oublie de mentionner dans son CV qu’elle fut pendant douze ans visiteuse médicale pour le compte du laboratoire Astrazeneca...
Vous avez dit collusions ?"

-Pharmacritique: "Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques'."
-Spécial investigation
-Liaison fatale : l'industrie pharmaceutique et les médecins
-Industrie Pharmaceutique : Les nouveaux Jackpots
-Quelle alternative à Big Pharma ?

-« Big Pharma », ou la corruption ordinaire
-Big Pharma et son Monde Meilleur
-L’Afrique, cobaye de Big Pharma
-Un chercheur reconnait avoir truqué et trafiqué des études de recherche médicale
-Vaccin contre la grippe A
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- Psychiatrie sous influence
- Labos pharmaceutiques à l'affût
-Monde d'influences

-Bulle médicale ?
- Medica-ment
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vendredi 5 mars 2010

Aider ou lâcher la Grèce ?

Solidarité européenne en question

"Fraudeurs grecs"(Focus)
ou bal des hypocrites ?
"...Rares sont les Etats de l'eurozone qui n'ont rien à se reprocher : les Irlandais ont trop d'inflation, une croissance en surchauffe. Ils ne respectent pas la "ligne de conduite économique" de l'UE ; les Allemands, les Français et les Italiens font exploser leurs déficits et, avec eux, les règles du pacte de stabilité. Personne n'est puni. Giovanni Ravasio, à la Commission, met en garde M. Jouyet. "Il m'a dit : "Jean-Pierre, si le Conseil laisse passer l'Irlande sans rien dire pour non-respect de la politique économique, vous pouvez dire au revoir à la discipline européenne.''
__Par ailleurs, chacun a ses petites tricheries légales, ses zones grises de comptabilité, ses tours de passe-passe comptables. La France a bénéficié d'un versement exceptionnel de France Télécom, lors du changement de statut de l'opérateur. L'Allemagne a fait de même avec les recettes des licences pour l'exploitation de la norme de téléphonie mobile UMTS, et joue sur la séparation des budgets de l'Etat fédéral et des Länder.
__Dans cet exercice, pour profiter des ambiguïtés du langage comptable et pratiquer la débudgétisation, l'Italie reste la grande championne. Avec l'accord de Bruxelles, elle multiplie les opérations de titrisation de ses dettes : revendues au marché sous la forme de titres financiers, ses créances disparaissent de son déficit. "C'était conforme. Mais quand l'Italie faisait ça, on rigolait bien, se souvient
René Defossez, opérateur sur les marchés. On se disait : "Ils sont encore en train de tripatouiller leurs comptes !''"Les banques les plus prestigieuses sont mandatées pour "aider" certains Etats à présenter les comptes publics sous un meilleur jour.
Au service de la Grèce,
Goldman Sachs permet au pays de "gommer" l'équivalent d'un milliard d'euros de dette publique en 2001. Et la banque JP Morgan, explique un banquier, "faisait pareil avec l'Italie".En 2005, le magazine Euromoney va jusqu'à évoquer "l'Enronisation" des comptes publics européens - du nom de cette entreprise américaine, Enron, au coeur de l'un des plus grands scandales financiers de Wall Street.
"La créativité comptable n'est pas le monopole des entreprises privées"
, ironise l'économiste Jean-Paul Fitoussi."


__________Pendant que les Grecs manifestent contre les mesures économiques sévères de restriction du pouvoir d'achat, les économistes continuent à s'interroger sur le phénomène qui affecte un des "maillons faibles" de l'Europe, sur ses causes, le statut actuel de l'euro, son avenir,les risques potentiels de déstabilisation, sur la solidarité européenne mise à rude épreuve, sur la nécessaire révision de la politique économique et monétaire des institutions.
Cette attaque spéculative sur la Grèce (demain, d'autres pays?) n'est pas sans analogie avec la manière dont a été victime la Russie, en 2009
La Grèce n'est pas la seule à "maquiller" sa dette

-Crise grecque: le faux alibi de la dette
-Les Européens s’engagent à soutenir la Grèce pour défendre l’euro

-L'euro peut-il survivre à la crise ?
-Le quotidien allemand «Bild» invite les Grecs «à se lever tôt et à travailler
-Une opinion allemande hostile
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-La dette publique : qui en profitera, qui en pâtira et qui en est responsable ? - AgoraVox
-Crise de l'euro : crises sociales et spéculateurs-vautours - AgoraVox

-La crise grecque a donné le pouvoir à l'Allemagne:
"...«En entrant dans l'euro, un pays doit en accepter les règles», écrit Otmar Issing dans le Financial Times (15 février). L'ancien économiste en chef de la Bundesbank puis de la BCE rappelle que l'Union monétaire n'a pas été complétée par une Union politique. Comme tous les pontes de la Bundesbank, il n'était guère favorable à cette monnaie unique imposée par Helmut Kohl. Mais une fois faite, une fois Maastricht signé, il fallait une solidarité budgétaire: chaque pays avait la responsabilité de tenir ses comptes pour le bien commun de l'euro. Rapidement, ce ne fut pourtant pas le cas. Le laxisme n'a jamais été sanctionné parce que les moyens de coercition de Bruxelles sont insuffisants et parce que la France, grand pays, a ouvert la voie de la désobéissance. Au grand dam allemand, les onze membres puis les quinze ont fermé les yeux sur leurs fautes budgétaires réciproques et Athènes a pu danser.___La récréation est finie! Otmar Issing rappelle la ligne juste: les «anciennes politiques monétaires» de l'inflation et de la dévaluation sont interdites au sein de l'euro. Il ne saurait être question de «transférer l'argent des contribuables des pays qui suivent la règles à ceux des pays qui la viole». Ce serait «grossir l'hostilité envers Bruxelles et en créer entre les pays membres». «La surveillance molle et les compromis doivent s'arrêter». La crise grecque permet de revenir à ce point de départ.____Angela Merkel a évoqué l'idée d'un gouvernement économique» en prononçant cette expression pour la première fois à Bruxelles cette semaine. Paris a pu croire que « l'idée française» d'accompagner l'union politique d'une union économique, si chérie depuis Maastricht, avait enfin fait son chemin y compris chez les récalcitrants voisins. Edouard Balladur comme tous les dirigeants français rêve de «donner des pouvoirs nouveaux à l'eurogroupe». Mais il lui faudra déchanter: la «coordination économique» à laquelle songent les Allemands est: la rigueur pour tous et les marchés en flics des déficits. Voilà l'Europe post-crise. Les capitales ne se rendent sans doute pas encore compte de la force du changement qui va leur être imposé...."

-La Grèce pousse l'Europe à changer de régime:
"...Barroso, prudent, espère que « les petits intérêts nationaux n’empêcheront pas la mise en place d’une plus grande coordination et d’une vraie gouvernance européenne ».« on en est au stade préliminaire des discussions. Paris et Berlin ne sont pas encore sur la même longueur d'onde », reconnaît, désespéré, une source proche du dossier, même si les « réunions secrètes » se poursuivent. « Athènes, pour faire bouger les choses, menace même de faire appel au FMI pour lui prêter de l’argent, ce qui serait le comble de l’humiliation pour nous ». Les marchés financiers laisseront-ils à l’Eurozone le temps de trancher ses querelles idéologiques ? Car les réticences nationales demeurent fortes. Il n’est ainsi même pas encore acquis que les partenaires d’Athènes voleront bien à son secours : .."
-Le ver était dans le fruit -
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Dettes publiques: la crise grecque n'est qu'un amuse-gueule :
"...La crise grecque n'est qu'un amuse-gueule compte tenu de la situation intenable des finances publiques dans la grande majorité des pays développés. Deux, l'endettement «au bilan», celui qui est affiché officiellement en forte hausse du fait de la crise financière mondiale, n'est que la partie émergée d'un iceberg, les engagements «hors bilan» non financés liés au vieillissement des populations. Trois, le retour à un déficit inférieur à 3% du PIB (qui d'ailleurs n'a jamais été un objectif mais un plafond!) du défunt Pacte de stabilité et de croissance de l'Union europénne est une mauvaise plaisanterie: ce dont il va s'agir, c'est de dégager des excédents budgétaires primaires (avant service de la dette) substantiels pour éviter la banqueroute. Quatre, la question n'est pas de savoir s'il faudra payer trente années de dérives budgétaires, mais qui paiera et de quelle manière.
D'abord, l'état de lieux. «Selon l'OCDE, rappellent Stephen Cecchetti, patron de la recherche de la BRI, et ses collègues dans leur étude, la dette totale du secteur public des pays industrialisés devrait dépasser 100% du PIB en 2010, ce qui n'est jamais advenu en temps de paix.» Mais «pour aussi mauvais que ces problèmes budgétaires puissent apparaître, s'en tenir uniquement à ces chiffres officiels est certainement la garantie de se tromper lourdement.»
..."
-Crise : Europe, cherche un nouveau Roosevelt!
-Faut-il s'inquiéter du déficit britannique?
-Coup de gueule sur l'Europe sociale - AgoraVox
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"Maquillage de comptes ou habillage légal de bilan ? Sous le feu des critiques pour leur responsabilité dans la crise financière, les banques de Wall Street, Goldman Sachs en particulier, sont au coeur d’un nouveau scandale. Cette fois, il ne s’agit plus de "subprimes", ces crédits hypothécaires explosifs vendus à des ménages modestes, mais de produits financiers sophistiqués proposés à des Etats endettés pour enjoliver leurs comptes.

__Encore une fois, la Grèce est au coeur de cette affaire. Mais le pays est, semble-t-il, loin d’être le seul à avoir eu recours à des astuces financières conseillées par des banques de New York et de Londres. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie le Portugal ont, eux aussi, "optimisé" leurs comptes avec l’aide de Goldman Sachs, JP Morgan, Barclays ou encore "feu Lehman Brothers".__Dans le cas grec, la très controversée Goldman Sachs aurait, selon la presse allemande et américaine, offert ses services à Athènes pour réduire, en 2001, ses déficits en utilisant des "swaps de devises". Un outil qui permet de se protéger des effets de changes en transformant en euros la dette initialement émise en dollars et en yens.__"Légal !", affirment les autorités grecques. Sauf que le taux de change utilisé ici aurait été exagérément favorable. Bilan de l’opération : 1 milliard d’euros de dette gommée pour le pays et 300 millions de commissions empochés par la banque.__"Ce serait une honte s’il s’avérait que les banques, qui nous ont déjà amenés au bord du précipice, ont également participé à la falsification des statistiques budgétaires de la Grèce", a réagi la chancelière allemande, Angela Merkel, mercredi 17 février.__La Grèce a-t-elle triché ? Peut-être, mais dans les faits, le savoir-faire des banques américaines a profité à de nombreux pays. "Il s’agit d’opérations naturelles, qui participent de la bonne gestion de la dette", assure un émetteur de dette souveraine en Europe. Les mécaniques sont variées. "Elles n’ont de limites que la créativité des financiers", indique un ancien haut responsable de banque.__L’Italie a fait partie des pays les plus friands de cette ingénierie financière. Le pays a notamment multiplié les opérations de titrisation de sa dette. Autrement dit, l’Etat a revendu au marché ses créances sous forme de titres financiers pour se débarrasser de sa dette. La Belgique, de son côté, a titrisé des arriérés fiscaux, se souvient un opérateur sur le marché de la dette : "C’était en 2006." Le pays a ainsi évité d’emprunter de l’argent, faute d’avoir perçu à temps les sommes dues par les contribuables.Certains Etats ont vendu de la dette indexée "sur un peu n’importe quoi", indique un opérateur de marché. Exemple : ces emprunts grecs émis en 2000, dont le remboursement des intérêts était adossé aux profits attendus de la loterie nationale !__"Quand on est "limite’’, on a forcément la tentation d’utiliser ces astuces-là pour essayer de réduire sa dette, commente René Defossez, stratège sur le marché des taux chez Natixis . Ce n’est pas très orthodoxe, mais ce n’est pas forcément contestable."

__La France n’a pas été pas absente du jeu. Le pays assure n’avoir jamais eu recours aux services de Goldman Sachs. "Nous ne faisons sans doute pas d’opérations assez "funky’’sur la dette française", indique-t-on au Trésor.__Mais jusqu’en 2002, le pays a utilisé des outils financiers complexes de couverture (des "swaps de taux") pour modifier les échéances de remboursements de sa créance. A première vue, grâce à ces artifices, tout le monde est gagnant. "Pour les Etats, ces opérations permettent de reporter la dette à plus tard. Et pour les banques, ce sont des promesses de marges juteuses", indique Emmanuel Fruchard, consultant en risques financiers. Les établissements empocheraient en moyenne 1 % voire plus des montants de dettes émis.__Sur ce "marché", les banques anglo-saxonnes ont été particulièrement actives et recherchées. Du fait de leur savoir-faire, mais aussi "en faisant miroiter un accès direct à des investisseurs étrangers comme des fonds de pensions", indique l’économiste Philippe Brossard, de l’agence Macrorama. Pour lui, "fignoler" de la sorte la structure des déficits publics n’est pas sans risque. Si l’Etat semble gagnant à court terme, il peut être contraint par la banque à rembourser des intérêts beaucoup plus lourds à long terme. Le New York Times En utilisant des outils sophistiqués, les Etats se rendent dépendants des banques, ajoute M. Brossard. Certains avaient traité avec Lehman Brothers et se sont inquiétés lorsque l’établissement a fait faillite." raconte ainsi que le ministre grec des finances avait dénoncé, en 2005, l’opération de Goldman Sachs, se plaignant du fait que l’Etat devait rembourser de grosses sommes à la banque américaine jusqu’en... 2019. "Conscient du danger, Eurostat, l’institut européen de statistiques, censé valider ces opérations, a mis en 2008 le holà à certaines pratiques, en déconseillant, notamment le recours à la titrisation.Est-ce assez ? Pour Michel Sapin, ancien ministre français des finances et secrétaire national du Parti socialiste à l’économie, "une régulation plus contraignante est absolument nécessaire sur le marché. D’autant plus qu’il s’agit ici de la signature d’un Etat".___Claire Gatinois et Marie de Vergès (Le Monde)

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La Grèce au bal des hypocrites__________En cet automne 2004, les débats sont électriques au Comité économique et financier (CEF). Les directeurs du Trésor de la zone euro, les représentants des banques centrales, de la Commission et de la Banque centrale européenne se réunissent à Bruxelles, comme chaque mois. Mais cette fois, ils sont sous le choc.___Le ministre des finances grec, George Alogoskoufis, vient de présenter au Parlement le résultat de l’audit engagé par les conservateurs, après leur victoire en mars. Les comptes publics de la Grèce s’avèrent sans rapport avec les chiffres annoncés jusque-là : en 2000, le déficit n’était pas de 2 % du produit intérieur brut (PIB), mais de 4,1 %. En 2001, l’année où le pays est entré dans la zone euro, il n’était pas de 1,4 %, mais de 3,7 %. En 2003, idem. En 2004, il n’était pas de 1,2 %, mais de 5,3 %... L’appareil statistique sur le recensement des dépenses, les hypothèses de croissance, le calcul de la dette, les reportings de la Grèce à Eurostat (office européen des statistiques), toutes les données étaient fausses. Dans ces proportions-là, du jamais-vu.

___Au sein de la Banque centrale européenne (BCE), l’exaspération est à son comble. "Tout le monde était très agacé. On a eu le sentiment de s’être faits avoir", se souvient l’une des membres du comité de politique monétaire de l’institution. Les relations entre la BCE et la déléguée grecque étaient déjà "épineuses", se souvient-elle. "La manière de faire les présentations de comptes n’était pas toujours très soignée. Cela ne donnait pas une impression de sérieux."____Au Comité économique et financier, c’est aussi la douche froide : la Grèce a menti. Plus ou moins légalement, afin d’arranger ses comptes et d’entrer en douceur dans la zone euro. Poliment, on la regarde soudain d’un autre oeil : comme un passager clandestin de l’Union monétaire. Au comité, les représentants de l’Etat grec font profil bas. Evasifs, ils font porter la faute sur le gouvernement socialiste, promettent des clarifications.___Une fois de plus, une fracture se dessine entre le Sud et le Nord : "La solidarité latine contre la rigueur germanique, avec les Français et les Belges comme arbitres", résume Jean-Pierre Jouyet, alors directeur français du Trésor. Jürgen Stark, à l’époque sous-gouverneur de la Banque centrale allemande, demande une surveillance renforcée de ces Etats entrés sur le tard dans l’Union européenne (UE), affublés du surnom peu sympathique de "pays du club Med". L’Italie, l’Espagne, le Portugal craignent de se voir assimilés à l’accusé : "On ne savait pas si c’était la fin ou le début de l’histoire. On avait peur de la contagion", indique un participant. "Quant à moi, dit M. Jouyet, ma position était légaliste : "La Grèce a triché, il faut la sanctionner.""___Mais la Grèce n’est pas sanctionnée. C’est comme ça : l’Union européenne met en garde, distribue des cartons jaunes, mais ne sévit pas. Jamais. Pourquoi ? "Parce que les Européens, ce sont les Tontons flingueurs", plaisante M. Jouyet, désormais président de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Comme dans le film de Georges Lautner, précise-t-il, tout le monde se tient par la barbichette, craint d’être "éparpillé façon puzzle" et fait la paix dans la cuisine autour d’un alcool à la pomme. Si les Etats membres sont indignés par les tricheries à grande échelle de la Grèce, aucun n’a intérêt, pour des raisons différentes, à crier haro sur ce pays. Chacun a plus à y perdre qu’à y gagner. Conclusion : les Tontons flingueurs n’ont pas flingué.___L’affaire grecque de 2004 survient dans un contexte politique où l’euro (mis en place le 1er janvier 2002) en est à ses balbutiements, où les gardiens du temple sont peu regardants. Après le 11 septembre 2001, les économies patinent. La monnaie unique est faible.

___Rares sont les Etats de l’eurozone qui n’ont rien à se reprocher : les Irlandais ont trop d’inflation, une croissance en surchauffe. Ils ne respectent pas la "ligne de conduite économique" de l’UE ; les Allemands, les Français et les Italiens font exploser leurs déficits et, avec eux, les règles du pacte de stabilité. Personne n’est puni. Giovanni Ravasio, à la Commission, met en garde M. Jouyet. "Il m’a dit : "Jean-Pierre, si le Conseil laisse passer l’Irlande sans rien dire pour non-respect de la politique économique, vous pouvez dire au revoir à la discipline européenne.’’"_Par ailleurs, chacun a ses petites tricheries légales, ses zones grises de comptabilité, ses tours de passe-passe comptables. La France a bénéficié d’un versement exceptionnel de France Télécom, lors du changement de statut de l’opérateur. L’Allemagne a fait de même avec les recettes des licences pour l’exploitation de la norme de téléphonie mobile UMTS, et joue sur la séparation des budgets de l’Etat fédéral et des LändeDans cet exercice, pour profiter des ambiguïtés du langage comptable et pratiquer la débudgétisation, l’Italie reste la grande championne. Avec l’accord de Bruxelles, elle multiplie les opérations de titrisation de ses dettes : revendues au marché sous la forme de titres financiers, ses créances disparaissent de son déficit. "C’était conforme. Mais quand l’Italie faisait ça, on rigolait bien, se souvient René Defossez, opérateur sur les marchés. On se disait : "Ils sont encore en train de tripatouiller leurs comptes !’’"__Les banques les plus prestigieuses sont mandatées pour "aider" certains Etats à présenter les comptes publics sous un meilleur jour. Au service de la Grèce, Goldman Sachs permet au pays de "gommer" l’équivalent d’un milliard d’euros de dette publique en 2001. Et la banque JP Morgan, explique un banquier, "faisait pareil avec l’Italie".__En 2005, le magazine Euromoney va jusqu’à évoquer "l’Enronisation" des comptes publics européens - du nom de cette entreprise américaine, Enron, au coeur de l’un des plus grands scandales financiers de Wall Street. "La créativité comptable n’est pas le monopole des entreprises privées", ironise l’économiste Jean-Paul Fitoussi.__Dans ce contexte d’hypocrisie généralisée, la Grèce peut-elle être accusée de ce que certains qualifiaient de "mensonge d’Etat" ? "Tous ceux qui disent que (le gouvernement socialiste) a falsifié les chiffres mentent", défend Iannos Papantoniou, ministre socialiste des finances de 1994 à 2001. Il dit sans détour ce que formule plus poliment l’actuel premier ministre socialiste, Georges Papandréou.___Selon les protagonistes grecs, les variations de l’affichage des déficits grecs ne sont pas le produit d’un "mensonge" voué à rester dans les clous exigés par l’Europe, mais d’un changement de règle comptable pour plomber le budget du gouvernement précédent. En 2004, ce changement de règle a joué sur l’affectation du budget de la défense, important en raison du conflit latent avec la Turquie : les conservateurs ont pris en compte la date de la commande des armes plutôt que celle de leur livraison.__"La Commission européenne recommandait pourtant notre méthode comptable", s’indigne l’ancien ministre socialiste, M. Papantoniou. Qui accuse : "Je pense qu’il y a eu une complicité entre M. Caramanlis et M. Barroso (président de la Commission et ami politique des conservateurs). La Commission a accepté un changement des règles de comptabilité contraires aux usages pour aider les conservateurs. Elle a encouragé l’amalgame, et c’est une grave erreur."___Yannis Stournaras, conseiller économique du gouvernement grec de 1994 à 2000, renchérit : " Il ne s’agit pas de falsification, mais seulement d’une mauvaise gestion de la situation par le gouvernement inexpérimenté des conservateurs, qui voulaient se débarrasser du fardeau des dépenses militaires, en les attribuant au passé." Il ajoute : "Ils ne savaient pas que ce changement provoquerait un tel scandale au sein de la zone euro."___A tort ou à raison, cet épisode de 2004 marque un tournant pour la Grèce : dès lors, sa crédibilité est entamée. Le pays deviendra un objet de défiance pour les investisseurs et la cible des spéculateurs. Mais qui est le plus coupable ? La Grèce, qui a truqué ses chiffres, où l’UE, qui n’a rien vu et n’a puni personne ? Comme le remarque Didier Reynders, ministre des finances belge et ancien président de l’Eurogroupe, "la crédibilité est ébranlée à plusieurs niveaux : tant à celui du gouvernement grec qu’à celui de l’UE et de la zone euro qui n’ont pas vérifié les chiffres". Un haut diplomate français renchérit : "La Commission européenne doit jouer un rôle de gardien et d’alerte. Barroso n’a pas été aussi vigilant qu’il aurait dû l’être."__C’est le péché originel de l’UE et de la zone euro : un système de confiance mutuelle, sans garde-fou, sans instances de surveillance, sans l’autorité d’arbitre dont bénéficie le Fonds monétaire international (FMI) pour remettre au carré la comptabilité des pays.__Mais les Européens accepteraient-ils de se doter d’une telle instance qui vienne se mêler de leurs affaires statistiques ? L’interventionnisme n’est pas tout à fait du goût de cette vieille maison, l’Union européenne, où l’on aime tant les petits arrangements entre amis..."____(Claire Gatinois et Marion Van RenterghemArticle paru dans l’édition du 20.02.10__________________

-La Grèce et Goldman Sachs (2)
-La Grèce, l'euro et les spéculateurs (1)
-Goldman Sachs :santé douteuse?

jeudi 4 mars 2010

Peine de mort: actualité

Actualité de l'abolition de la peine de mort à travers le monde
-Peine de mort: vers l'abolition?





La peine de mort: problème sociétal et philosophique

-1764.-Publication du traité "Des délits et des peines", dans lequel Cesare Bonesana, marquis de Beccaria, s'interroge sur l'utilité et la justice de "cette profusion de supplices". " Si je prouve que la peine de mort n'est ni utile ni nécessaire, j'aurai fait triompher la cause de l'humanité ", lance Beccaria. Dans le contexte du Siècle des Lumières, l'opuscule a un retentissement considérable et marque la naissance du courant abolitionniste.
1791.-Au cours d'un débat sur l'élaboration d'un projet de code pénal est soutenu le premier projet d'abolition de la peine de mort en France. La Constituante le rejette mais décide de supprimer la torture : "La peine de mort consistera dans la simple privation de la vie, sans qu'il puisse jamais être exercé aucune torture envers les condamnés" (loi du 6 octobre 1791 incluant le Code pénal). En outre, l'Assemblée uniformise les peines : "Tout condamné à mort aura la tête tranchée" ; cette disposition célèbre au style lapidaire demeurera dans le Code pénal français jusqu'en 1981.______________
-On avait choisi ce jour-là pour l’exécution, parce que c’était jour de marché, afin qu’il y eût le plus de regards possible sur son passage; car il paraît qu’il y a encore en France des bourgades à demi sauvages où, quand la société tue un homme, elle s’en vante.
Claude Gueux, 1834
Eh bien, songez-y, qu’est-ce que la peine de mort ? La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne.
Assemblée constituante - 1848 (V.Hugo)

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-La peine de mort, une pratique archaïque encore vivante - AgoraVox:

"Du 24 au 26 février 2010, Genève accueillera le 4e congrès mondial contre la peine de mort. Cette manifestation est organisée tous les trois ans par l’association française Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) dont l’objectif affiché n’est autre que « l’abolition universelle » de la peine capitale. Créé au cours de l’année 2000, ECPM est aussi à l’origine de la Coalition mondiale contre la peine de mort , organisation internationale qui fédère à ce jour une soixantaine d’ONG, barreaux d’avocats, syndicats et autres collectivités locales, pour une mise en perspective globale du combat mené à l’endroit de la plus ultime des sentences. Alors que le 11 février 2010 le parlement Kirghize abolissait définitivement la peine de mort, l’État de Floride exécutait le 16 février Martin Grossman, soit deux actualités extrêmes qui signent ici la nécessité de mener cette cause...
L’élimination définitive d’un citoyen suite à une condamnation prononcée par un tribunal légitime perdure dans nombre d’États, au rang desquels certains se veulent pourtant des plus représentatifs de l’idée de démocratie. Ainsi, difficile d’ignorer que 38 des 50 États qui composent la nation américaine appliquent encore la sentence de mort . Pour autant, la Cour suprême des États-Unis veille sur la constitutionnalité de cette pratique, et elle n’a eu de cesse de réduire le champ des possibles en matière de peine capitale, notamment lorsque cette sanction s’applique à des personnes mineures au moment des faits , ou bien encore handicapées. __La nation à la bannière étoilée s’est construite sur nombre de violences fondamentales, légitimées et protégées par une loi qui garantit encore le droit pour chaque citoyen posséder une arme. Howard Zinn, dans son ouvrage référence consacré à une certaine histoire des États-Unis démontre combien les violences interpersonnelles ont façonné cette jeune nation, ce qui peut expliquer en partie la persistance de la peine capitale sur une grande partie du territoire américain, même s’il faut observer que cette pratique tend à se raréfier. Concernant la mise à exécution d’une sentence de mort par injection létale, le travail réalisé en 1995 par Jaap van Hœwijk [ démontre, s’il en était besoin, combien cette pratique est inhumaine et barbare. Cela sera par ailleurs largement confirmé dix années plus tard par une étude menée par la revue scientifique The Lancet.

_____Difficile d’évoquer la peine de mort sans traiter de la situation qui prévaut au sein de l’empire du milieu où les chiffres, même dans leur fourchette la plus basse, restent inquiétants car quantité de délits, alors même qu’ils sont non-violents, restent passibles de la sanction capitale : jeux de hasard, bigamie, évasion fiscale, fraude, corruption, trafic de drogue, et la liste n’est pas exhaustive. Par ailleurs les exécutions donnent lieu à un véritable spectacle populaire qui peuvent se tenir soit dans des stades ou sur des places publiques, soit un usage qui relève de l’ancien régime pour ce qui concerne l’essentiel de l’Europe. Quant au nombre d’exécutions réalisées par l’État chinois, il n’est que spéculation, ce chiffre étant classé secret d’État. Quoi qu’il en soit, et quelques soient les sources, ce sont plusieurs milliers de personnes qui sont exécutées chaque année dans cette immense nation qui utilise largement cet argument afin de contenir sa population dans toutes ses velléités d’émancipation. Par ailleurs, même sous la pression internationale, Pékin ne semble pas vouloir remédier à l’utilisation de la peine de mort dans sa politique pénale sans demi-mesure. Sans vouloir stigmatiser cette nation, c’est pourtant dans cette direction que les plus grands efforts devront se concentrer pour que l’exécution capitale y soit à terme abrogée. Lorsqu’il en n’en restera plus qu’elle, alors la Chine n’aura d’autre choix que de se soumettre à la raison de l’ensemble.___Enfin, au plan mondial, selon les données fournies par ECPM, une soixantaine d’États ont encore recours à la peine capitale, alors qu’elle est suspendue dans une trentaine d’autres. C’est dire combien ce combat légitime reste nécessaire et qu’il est essentiel de tendre vers une situation harmonisée au plan global car il en va de la dignité humaine.__En outre, est-il besoin de rappeler qu’au fil de son histoire, cette sanction a démontré toute son inefficience car elle ne dissuade aucunement du crime, pas plus qu’elle ne restaure les familles des victimes, alors que le risque qu’elle soit prononcée à l’endroit de personnes innocentes demeure. À l’évidence la pédagogie sur ce sujet toujours sensible reste le meilleur moyen de faire progresser encore une cause abolitionniste qui a largement avancé durant ces vingt dernières années . Il est assez de crimes illégitimes sur la planète pour que ne perdure plus avant une violence ultime portée par un État dit de droit..."__-L'Exécution

-PEINE DE MORT AUX ETATS-UNIS, EN CHINE ET DANS LE MONDE
- Le Connecticut devient le dix-septième Etat américain renonçant à la Peine de mor
-La peine de mort et son abolition Chine
-L'abolition de la peine de mort en France
-Peine de mort en France
-Peine de mort : le « oui » des démocrates
-Peine de mort aux États-Unis
-Coalition mondiale contre la peine de mort
-Amnesty International France
-Victor Hugo contre la peine de mort

__>Dernier jour d'un condamné

mercredi 3 mars 2010

Pesticides:bombe à retardement

Pesticides en question

-Les effets des pesticides sur l'environnement et la santé-

-"Le terme pesticide désigne de manière générique l’ensemble des produits destinés à lutter contre les parasites animaux ou végétaux. Cet anglicisme, issu du latin pestis (épidémie, fléau) et cædere (tuer), souligne l’intention de lutter contre des nuisances d’origine biologique.
Les principales cibles des pesticides sont des organismes vivants variés tels que les champignons (fongicides), les mauvaises herbes (herbicides), les insectes (insecticides), les acariens (acaricides), les nématodes (nématocides), les mollusques (molluscicides) ou les rongeurs (rodonticides). L’agriculture est de loin le premier secteur utilisateur de ces produits dans le cadre de la protection des cultures (phytosanitaires).
Les autres domaines d’activité employant des pesticides sont l’entretien des voies routières et ferroviaires, des parcs et jardins, ainsi que la lutte antivectorielle, en particulier dans les pays en développement, ou la médecine humaine et vétérinaire (antiparasitaires). Bien que l’usage des pesticides ait lieu préférentiellement dans un contexte professionnel, on ne peut négliger leurs emplois dans un cadre domestique (biocides) ou de loisir comme le jardinage.
Les pesticides, qu’ils soient naturels ou de synthèse (la majorité), sont des produits biologiquement actifs et donc intentionnellement toxiques pour les organismes cibles. Du fait de leur dangerosité intrinsèque, le contact inopiné de ces substances avec des cibles non désignées risque d’entraîner des troubles graves pour ces dernières.
L’homme constitue l’une de ces cibles involontaires du fait qu’il est l’applicateur de ces substances mais aussi, par exemple, consommateur de ressources alimentaires contaminées par des résidus. Ces deux contextes d’exposition aux pesticides, professionnel et environnemental, soulignent deux risques bien différents, le premier lié à des expositions habituellement élevées, le second associé à des expositions généralement très faibles mais répétées dans le temps.
Résumer les effets néfastes des pesticides sur la santé humaine n’est pas une tâche simple du fait de la grande diversité des matières actives - près de 2 000, mises sur le marché depuis la deuxième moitié du XX
e siècle...
"(Luc Multigner)
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- Pesticides : Révélations sur un scandale français-

-Ces agriculteurs malades des pesticides:
"Paysans, médecins, scientifiques... ils accusent: les produits chimiques utilisés dans l'agriculture sont à l'origine de graves pathologies, souvent mortelles. Aujourd'hui, des victimes et leurs familles sortent du silence pour faire reconnaître ces nouvelles maladies professionnelles..."



>Ces agriculteurs malades des pesticides
-Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer :
"Il existe un lien entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant faire se développer un cancer. Lors d'un colloque organisé à Marseille, vendredi 5 février, par la Ligue contre le cancer, Bertrand Nadel (Centre d'immunologie de Marseille-Luminy) a présenté des résultats obtenus lors d'une étude (Agrican) lancée en 2005. Ces travaux pourraient déboucher sur une stratégie de dépistage précoce de cancers du système lymphatique..."
-Environnement, Risques , Santé et pesticides
-Observatoire des Résidus de Pesticides
-Les pesticides : une pollution planétaire
-Agriculture et pesticides
- Pesticides, agriculture et environnement
- Les pesticides, principaux obstacles à la biodiversité
-Les herbicides sont dangereux pour les paysans
-Pesticides: campagne raisin dans les supermarchés

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-Les abeilles malades des hommes
-Déréglement agroalimentaire?
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OGM: Barroso s'obstine

mardi 2 mars 2010

Savoir arrêter une guerre


Fatal bourbier afghan

-Un engagement devenu illisible en Europe-

-"...Plus personne ne croit à une victoire militaire de l'Otan en Afghanistan. Trop d'erreurs ont été commises par les forces de la coalition. La population désespère également de la corruption et du népotisme en vigueur dans le pays et largement imputable à l'administration Karzaï. C'est à cause d'un tel contexte que les Talibans ont pu prospérer dans le sud et l'est du pays. A présent, une victoire militaire n'étant plus guère envigeable, il faut composer avec eux. Mais comment? A ce jour, ils se refusent à toute négociation, exigeant au préalable que les forces de l'Otan se retirent du pays, que la Constitution soit abolie, le droit du vote des femmes supprimé. Bref, des conditions qui sont absolument inacceptables pour les Occidentaux.
. Est-ce que ça existe, des talibans modérés ? Et en quoi ils sont «modérés» ?
Non, il n'existe pas de Talibans modérés, en revanche, il existe des Talibans qui ne sont pas de vrais Talibans, au sens idéologique, et qui ont rejoint le mouvement pour des raisons financières. Parce qu'ils ne supportent pas la présence de forces étrangères dans leurs villages, parce qu'ils ont eu des parents tués par les forces de la coalition, ou tout simplement parce qu'ils n'aiment pas Karzaï qui a largement favorisé certains clans pachtounes au détriment d'autres. Ceux-ci peuvent éventuellement changer de camps avec des incitations financières ou si on leur promet des postes importants dans les cercles du pouvoir..." (JP.Perrin)
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Points de vue:
-Il faut savoir arrêter une guerre perdue !, par Tahar Ben Jelloun:
"On aurait bien aimé appeler au téléphone le président Barack Obama juste quelques minutes pour lui dire quelque chose de simple, quelque chose d'évident: oubliez l'Afghanistan ! Vous ne gagnerez jamais cette guerre, pas parce que votre armée n'est pas bonne, pas parce que l'ennemi est plus puissant, pas parce que vous manquez d'alliés, mais simplement parce que ce pays est fait de telle manière qu'aucune armée n'a été capable de vaincre les rebelles sur le terrain.
Les Soviétiques qui y avaient envoyé des centaines de milliers de soldats avaient dû se rendre à l'évidence et se sont retirés en transmettant le problème à l'Occident. Dans ce pays aux paysages magnifiques mais complexes et difficiles d'accès, la barbarie a trouvé son refuge, sa source, sa grotte et nargue le monde avec une brutalité sans pareil. Appelons cette barbarie talibans ou trafiquants d'opium ou aventuriers sans foi ni loi. Des gens, au tempérament qu'aucun Américain ne peut percer, ne peut comprendre, sillonnent le pays et le ravagent...
Le pauvre président Hamid Karzaï, élu dans les conditions que l'on sait, tente de trouver une solution autre que militaire au problème qui ruine son pays. Il a proposé, le 28janvier dernier à la conférence sur l'Afghanistan à Londres, une nouvelle stratégie dite de "réconciliation" avec les talibans "modérés". II espère que ceux-ci déposeront les armes. Il précise: "Ceux d'entre les talibans qui ne sont pas membres d'Al-Qaida ou d'un autre réseau terroriste sont les bienvenus s'ils veulent rentrer dans leur pays, déposer les armes et reprendre une vie normale." Ce qu'il oublie de dire, c'est que la modération n'existe pas dans le vocabulaire taliban.
Si notre coup de téléphone à Obama ne suffit pas ou ne peut se faire, qu'il écoute au moins son général, McChrystal, commandant des forces internationales en Afghanistan qui vient de déclarer au Financial Times: "En tant que soldat, je pense qu'il y a eu assez de combats et je crois qu'une solution politique, comme dans tous les conflits, est inévitable." Comment y arriver? Comment convaincre les insurgés de se mettre à table et de négocier? Ce ne sont certainement pas des étrangers, américains ou européens, qui sauront leur parler...
Comme a dit l'ambassadeur américain à Kaboul (New York Times du 26 janvier): "Envoyer des troupes supplémentaires ne fera que décaler le jour de la passation de pouvoir aux Afghans et rendre difficile, voire impossible, le retour de nos hommes dans un délai raisonnable."
En fait, le problème peut se résumer à un conflit entre deux visions du monde. Et l'expérience irakienne a bien démontré qu'on n'exporte pas la démocratie comme on exporterait une boisson gazeuse. Seuls les Afghans peuvent décider de leur sort, et décider d'instaurer le système démocratique ou d'imaginer un système correspondant à leur histoire. Les valeurs de démocratie sont universelles, mais c'est aussi une culture, une pédagogie, un travail quotidien. Il est urgent de renoncer à la force pour trouver une solution à cette guerre. Seules la politique, la négociation, la ruse de la raison sont capables de sauver et ce pays et les hommes venus d'Amérique et d'Europe pour le pacifier..."

-Obama, comme ses prédécesseurs !
(John R. MacArthur, directeur de Harper's Magazine,éditorial du 7 décembre 2009,Le Devoir de Montréal)
"Maintenant que Barack Obama s'est décidé à intensifier sa folie en Afghanistan, ce serait peut-être le bon moment de réfléchir aux origines d'une stratégie à première vue carrément débile. Je ne parle pas là des objectifs tactiques à court terme poursuivis par les conseillers politiques du président. Pour eux, les archiréalistes, il est évident qu'une augmentation des troupes dans le pays des Pachtounes n'a rien à voir avec la possibilité de gagner quoi que ce soit d'un point de vue antiterroriste ou militaire.___D'une part, tous ceux qui connaissent ce pays, sauf les théocrates doctrinaires de la contre-insurrection, savent que la guerre en Afghanistan est déjà perdue. Entité impossible à quantifier, Al-Qaïda existe un peu partout dans le monde musulman (y compris chez nos chers alliés en Arabie saoudite), donc les bombardements de drones contre la population civile à Kandahar ne mènent à rien, sauf à un recrutement accru de partisans pour les talibans. Se défendre contre Al-Qaïda est un travail de police, de contre-espionnage et de diplomatie (rappelons-nous qu'Oussama Ben Laden a rompu avec la famille royale à Riyad lorsqu'elle a permis à l'armée américaine de lancer l'invasion du Koweït et de l'Irak depuis la terre sainte de La Mecque)..."

-Analyse géopolitique de la stratégie Obama - AgoraVox:
"...Presque tous les analystes militaires et politiques, aussi bien dans le monde qu’aux États-Unis, affirment qu’il faudrait des effectifs de 300 à 500 000 hommes pour parvenir à stabiliser l’Afghanistan, et Obama espère malgré tout parvenir à n’en aligner que 140 000 d’ici 18 mois !
Il a cependant trouvé une argumentation imparable pour soutenir son antépénultième stratégie. À de jeunes officiers de West Point, qui n’apprennent plus ni l’histoire ni la géographie, il a dit, en levant très haut le menton selon son habitude :
“ Si je ne pensais pas que la sécurité des États-Unis et des Américains était en jeu en Afghanistan, j’ordonnerais avec plaisir le retour de chacun de nos soldats dès demain. ”
-Afghanistan : check list - AgoraVox

-Destruction de la société afghane : Y a-t-il un plan B ? - AgoraVox :

"...Quel est le bilan actuel de la guerre ? Au-delà des bavures qui ciblent des enfants et des femmes, les drones armés américains qui visent les taliban dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan ont tué entre 830 et 1210 personnes, dont 32% de civils, depuis 2004, selon un décompte publié jeudi 25 février par la New America Foundation, les Etats-Unis ont procédé à 114 frappes de drones depuis 2004, dont 53 en 2009. 1666 militaires ou civils travaillant pour les forces armées avaient perdu la vie, toutes causes confondues (combats, accidents, etc.) dont 1007 Américains. En 2009, selon les estimations du gouvernement afghan et de la coalition, environ 20.000 combattants taliban avaient été tués. Le tonnage de bombes largué par l’Usaf, est de 12.742 tonnes sur l’Afghanistan. En août 2008 il y avait 70.000 soldats étrangers en Afghanistan.
___En janvier 2009, le think tank International Council on Security and Development a estimé dans un rapport que les taliban étaient actifs dans environ 72% du territoire afghan, conclusions contestées par le commandement de l’Otan. Le site National priorities estime à plus de 255 milliards de dollars le coût de la guerre. Le gouvernement Karzaï est désormais parfois ironiquement nommé « maire de Kaboul » par la population voire par des officiels. Le général Mc Chrystal, qui a pris le commandement du théâtre afghan récemment, avoue, lui aussi en 2009, l’incompétence et la corruption du gouvernement central qui a réussi à rendre les Afghans « nostalgique(s) de la sécurité et de la justice du régime taliban » La corruption se développe dans des proportions alarmantes estimées entre 260 et 465 millions de dollars pour la seule année 2007. Cette corruption touche tous les fonctionnaires de l’Etat jusqu’au président Karzaï lui-même
___Le CF2R, le centre de recherche sur le renseignement français n’hésite pas à comparer la guerre en Afghanistan au Vietnam. La note n°189 du 5 octobre 2009 intitulée CF2R - Afghanistan : des airs de conflit indochinois, se termine par une conclusion explosive : « Mais ce retrait en annonce un deuxième qui sera moins glorieux : le départ de toutes les forces étrangères du pays car les opinions publiques ne pourront tolérer longtemps les pertes occasionnées et le coût que cette guerre représente, sans espoir de voir poindre l’ombre d’une solution. » En effet, les Etats-Unis ont estimé leurs dépenses à 65 milliards de dollars pour la guerre en Afghanistan, montant déclaré par le Congrès pour 2010. Or, avec 32,7 millions d’habitants, on peut estimer le coût à 2446 dollars par afghan, soit près de 2 ans de salaire moyen (60$ US par mois)..."

-La guerre se gagne avec l'opinion publique
-«Il faut composer avec les talibans en Afghanistan, mais comment?»
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-Afghanistan : l'impasse
- Bourbier afghan
- Afghanistan : mourir pour du pétrole ?
- Aventure afghane ?

lundi 1 mars 2010

Trop de fonctionnaires ?

Vrai problème ou privatisation rampante?

-"Selon Annick Coupé, les postes supprimés ne devraient pas l'être car ils correspondent à de réels besoins. Sur les 5,1 millions d'emplois de fonctionnaires, il y a 760 000 emplois précaires qui correspondent à des contrats à durée déterminée. Or, si ces emplois existent, c'est parce qu'ils répondent à un besoin qui ne peut être satisfait par des fonctionnaires titulaires.
Autrement dit, Annick Coupé explique qu'on peut diminuer le nombre de postes dans la fonction publique en diminuant les offres d'emploi aux concours de la fonction publique, mais il y a fort à parier que ces emplois supprimés seront compensés par des emplois précaires.
Le meilleur exemple est celui de l'Education nationale. Le nombre de postes aux concours n'a cessé de diminuer depuis 2003 car il y aurait trop d'enseignants dans un contexte démographique de baisse du nombre d'élèves dans le secondaire. Mais dans le même temps, l'Etat continue à embaucher des vacataires pour palier au manque de professeurs dans de nombreuses académies.

Y a-t-il trop de fonctionnaires ? Dans certains secteurs, surement. C'est le cas par exemple des fonctionnaires du service des douanes qui sont toujours aussi nombreux alors que les frontières ont été supprimées entre les pays de l'Union Européenne. Mais dans d'autres secteurs, notamment dans la fonction publique hospitalière, il manque du personnel soignant. Sur ces cas précis, un consensus peut être trouvé entre la droite et la gauche. En revanche, sur la question globale des effectifs, le clivage demeure
".(Politique.net)
-Etre fier d'être fonctionnaire?
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-Et l’Etat inventa le licenciement de fonctionnaires
"...«Virer un fonctionnaire pour autre chose qu’une insuffisance ou faute professionnelle, c’est du jamais vu dans toute l’histoire de la fonction publique», s’insurge Vincent Blouet, de la CGT, qui, comme les autres fédérations, est sidéré par le projet. «C’est une grande première qui ouvre la porte à tous les dérapages, c’est particulièrement grave», estime pour sa part Elisabeth David, de l’Unsa. Toutes les organisations syndicales, dans une grande unanimité, ont ainsi proposé hier au gouvernement, comme premier amendement au texte - qui sera soumis au conseil supérieur de la fonction publique d’Etat le 11 février -, le retrait pur et simple du projet..."
-Mobilité des fonctionnaires : des licenciements déguisés ?
"Les syndicats dénoncent des licenciements déguisés… "Une boite à outils pour tailler dans les effectifs".
C’est ainsi que Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, juge ce projet de décret relatif à la "réorientation professionnelle des fonctionnaires de l’Etat" - le texte sera soumis le 11 février au Conseil supérieur de la Fonction publique. "Et cela au moment où la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux sera limitée par la baisse du nombre de départs à la retraite", ajoute le leader syndical dans les colonnes de Libération.
__Les syndicats, qui demandent le retrait pur et simple du décret, craignent que l’Etat ne fasse des propositions de reclassement si dissuasives que les agents concernés, dont les postes sont supprimés, n’aient d’autre choix que de refuser. Et comme cela va concerner des dizaines de milliers d’agents, estime-t-on de source syndicale, il ne s’agirait donc ni plus ni moins que d’un licenciement, un véritable plan social, sans aucun garde-fou social..."

-Y a-t-il trop de fonctionnaires? | Mediapart
"... Dès qu'on parle de fonction publique, les masses financières en jeu donnent vite le tournis. L'Etat emploie 2,5 millions d'agents. En 2010, les dépenses de personnel, retraites incluses, absorberont 41% de son budget. Sur l'ensemble de sa vie, un fonctionnaire coûterait entre 1,5 million (selon Bercy) et 3 millions d'euros (d'après la Cour des comptes). En coupant dans les effectifs, l'Etat a donc réduit le besoin de financement à long terme (60 ans) de 150 à 300 milliards d'euros.
Un pactole. Mais il convient de remettre ce chiffre en perspective. D'abord parce que le «1 sur 2» commence à déstabiliser de nombreux ministères ..., et en premier lieu l'éducation nationale, où 50.000 postes ont été détruits depuis 2007. «Cette suppression des effectifs s'est faite sans réflexion sur les missions, explique Luc Rouban. Le chercheur partage la critique acerbe de la Cour des comptes qui a jugé cette «démarche purement quantitative». «La suppression des effectifs a eu un effet indéniable sur le terrain car la demande de service public n'a pas baissé. Comme beaucoup de postes d'employés ont été supprimés, les conditions de travail des cadres ne cessent de se dégrader.»...
___En réalité, explique Luc Rouban, «la relation entre les effectifs de fonctionnaires et la santé de l'économie nationale n'a jamais fait l'objet de la moindre étude sérieuse car cette santé dépend de bien d'autres facteurs», comme la politique fiscale par exemple. En d'autres mots, il est impossible de déterminer le nombre idéal de fonctionnaires...
___Savoir s'il y a trop de fonctionnaires est donc une question sans réponse. En revanche, «elle recouvre deux interrogations cruciales. La première: faut-il un certain niveau d'efficacité pour répondre à des demandes de services publics dans certains secteurs? La seconde, quel doit être le statut des agents?».A la première, la réponse des Français et de leurs dirigeants semble ambiguë. Car ils sont prompts à tourner les fonctionnaires en dérision, mais tiennent dur comme fer au maintien des services publics. Et si l'on en croit les sondages d'opinion, ils seraient nombreux à rêver d'un destin de fonctionnaire pour leur progéniture.Quant aux avantages liés au statut du fonctionnaire, distinct du lot commun (garantie de l'emploi, départ à la retraite plus précoce...), ils sont aussi la contrepartie de devoirs (neutralité, discrétion, obéissance hiérérchique...).
Du reste, tous les fonctionnaires n'en bénéficient pas: plus d'un million de fonctionnaires sont des contractuels, pour lesquels aucun droit du travail ne s'applique...
En fait, explique Luc Rouban, les fonctionnaires sont une cible facile. «S'inspirant des méthodes du New Public management en vigueur sous Thatcher ou Reagan, l'Etat français gère ses fonctionnaires par la pénurie parce qu'il n'a pas le courage de répondre à deux questions cruciales. D'une part, les services qu'il veut offrir à ses compatriotes: allez dans n'importe quel service des urgences et vous constaterez très vite que l'hôpital a besoin d'effectifs! D'autre part, la répartition des compétences entre l'Etat et les collectivités.» ...
Évaluant à 220.000 le nombre de départs à la retraite entre 2008 et 2015, l'Élysée a fixé comme objectif aux hôpitaux de ne plus être en déficit au plus tard en 2012. Or, au total, le «trou» atteint 700 millions d'euros. La masse salariale représentant environ 70% des charges des hôpitaux, les directions ont élaboré des plans touchant à l'emploi permanent. En additionnant les annonces, on dépasse 10.000 emplois à supprimer.
À l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), entre 3.000 à 4.000 postes sont dans le collimateur d'ici à 2012. Pour protester, un millier de médecins ont menacé de démissionner de leurs fonctions administratives. «Le directeur général “s'engage” à ce que l'offre de soins ne soit pas atteinte par ces suppressions d'emplois et ces réorganisations, ce qui est irréaliste. Il est évident que si, dès cette année, 1.000 emplois sont supprimés alors que plusieurs services travaillent déjà en sous-effectifs, l'offre de soins et la qualité des soins s'en ressentiront immédiatement», indiquent les soignants rassemblés dans le Mouvement de défense de l'hôpital public, dont la pétition a recueilli plus de 600.000 signatures. Les tensions sociales sont palpables partout en France, notamment à Marseille, Nice, Rennes, Toulouse et Lyon...
"
-Il y a trop de fonctionnaires? Petit calcul utile
-Touche pas à mes fonctionnaires !

"...il n'est pas anodin que les Français, qui supportent les dépenses publiques parmi les plus élevées au monde, tiennent tant à leurs fonctionnaires. Les travaux de l'OCDE sont à cet égard riches d'enseignements. Une fois retirés des dépenses publiques, les transferts sociaux et les aides à l'économie, le coût de production des services publics en France (26% du PIB) est à peine plus élevé qu'au Royaume-Uni, en Belgique ou au Portugal. Son coût pour l'économie est même stable depuis 1995.
__Ensuite, la réduction drastique du nombre de fonctionnaires a parfois été suivie par une réembauche presque aussi importante, comme au Canada. Enfin, la réforme menée au Royaume-Uni a montré que la contractualisation des services publics au privé n'était pas une garantie d'efficience, les coûts de ces services ayant fortement augmenté. Alors qu'en France la moitié des fonctionnaires doit partir à la retraite d'ici dix ans, saura-t-on maintenir la qualité du service rendu ? Si les Français sont inquiets, c'est que cette opportunité est aussi un sacré challenge.(vsegond@latribune.fr)

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- Etat malmené
-Fonction Publique : culte de la performance ?