Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mardi 7 juin 2016

Merci, les robots!

A Voir...
                Nous sommes déjà environnés, parfois sans le voir ou le savoir, d'automates plus ou moins intelligents et performants, qui ont déjà changé maints aspects de notre vie et qui ne sont pas sans incidence sur sa qualité et sur l'emploi.
      Ce qui nous laisse parfois songeurs et inquiets sur cette course en avant vers un monde automatisé par une cybernétique de plus en plus envahissante. .En médecine, en chirurgie, notamment, les progrès sont patents.. Quoique. 
     Mais ailleurs?
          Le développement des robots a pour nous des effets ambivalents.
     La question est plus compliquée que ce que certains prophètes prédisent, dans une vision à très courte vue et parfois naïve ou fantasmée.
    L'avancée semblant inéluctable  de la robotique est présentée généralement comme un facteur de productivité, mais elle est aussi comme une tueuse potentielle d'emplois, ce qui est le fait de toute machine nouvelle, mais à un niveau tout autre. Un changement de nature, plus que de degré.
    Un rêve d'employeur peut-être...
           Ce n'est que le début d'un processus en cours, qui s'accélère dans de nombreux secteurs, au coeur d'une concurrence mondiale sans merci.
              Un être humain peut doubler sa productivité en 10 ans, un robot, en quatre ans seulement:
      M. Cheng Congham, directeur-adjoint d’une firme chinoise fabriquant des lavabos, déclare : « Ces machines sont meilleur marché, plus précises et plus fiables que les êtres humains. Des robots ne m’ont jamais bousillé un lot entier ! ».
Quelles sont les implications de tels faits ? Ils veulent dire que le travail des robots est déjà meilleur marché que celui des ouvriers du tiers-monde et que ce dernier se désindustrialise pour cette raison avant même d’être arrivé au bout du processus d’industrialisation qui fit historiquement sortir de la misère de vastes populations paysannes fuyant en direction des centres urbains.
    Si même la Chine s'y met, voilà bien des bouleversements  en puissance dans  le monde du travail et de la vie sociale à l'échelle mondiale et dans bien des domaines.
     Même les plus inattendus.
          La robolution est en marche, pour le meilleur et pour le pire.
                Alors, vive les robots ou gare aux robots?
   La réflexion éthique et politique est à la traîne en ce domaine. Il y a urgence à s'y atteler et à créer les moyens et les règles pour résister à des dérives prévisibles, sur le plan mondial.. Notre avenir en dépend, comme certaines de nos valeurs. Il est trop tard pour être pessimiste, comme disait quelqu'un. 
       Dans un sens, les robots, nos créations de plus en plus  élaborées, dépassent plus d'une de nos capacités, grâce à l'intelligence artificielle, au développement des algorithmes,, mais, d'un autre côté, ils mettent en valeur notre médiocrité dans maints domaines, ou plutôt notre polyvalence infinie.
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lundi 6 juin 2016

A tu et à toi

Quand tutoyer tue
                               Vous permettez que je vous dise tu?
           Il est des ministres auxquels on ne dit pas tu.
                                                      Surtout bien costardés.
                     Il eût fallu que vous ne me tutoyassiez pas...
           On marche encore souvent sur les oeufs de pratiques culturelles  mal codifiées, d'usages changeants et incertains ,  historiquement lourds d'habitudes et de contraintes
     Le Britiche d'à côté dit you sans y penser.
        Le dernier des Romains tutoyait son empereur.
        Même Dieu est tutoyé par les fervents dans le vent, alors que chez les Le Quesnoy on vouvoie les enfants.
            Contraintes de la langue et de pratiques évolutives mais héritières d'un passé qui ne passe pas.
       Pièges hiérarchiques dans les rapports d'entreprise et les autres. Débats byzantins où on ne peut trouver que des compromis provisoires et limités...
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Loi travail (encore en question)

Sévère bilan 
                        Un économiste s'exprime sur ce sujet si controversé.
                                Pas n'importe lequel, mais celui dont les récents travaux sur les inégalités ont connu un succès jusqu'aux USA, Thomas Piketty.
      Donc pas révolutionnaire, ancien conseiller de F.Hollande pendant sa campagne, en accord avec D. Cohen... et d'autres.
    Il fait un constat sévère, comme économiste modéré, qui n'a rien d'une tête brulée, sur une loi âprement discutée, dans le cadre des orientations libérales européennes.
        Certes ce n'est pas parce qu'on est économiste qu'on a la lumière infuse.
              Les économistes proposent leurs analyses, mais avec leurs moyens, leurs limites, parfois leurs parti-pris, leurs engagements et leurs... aveuglements potentiels,même quand on est Prix Nobel.
     Dans la science humaine qui est la leur, parfois trop humaine, leur neutralité est loin d'être toujours assurée. Ils ont même souvent failli, comme certains le reconnaissent.
   Mais ce n'est pas une raison pour ne pas tenir compte de leur avis, comme celui qui est exprimé ici par le professeur d'économie de Paris, qui a tellement reproché au Président de ne pas avoir entamé la réforme du système des impôts, qu il s'était pourtant engagé à faire comme une priorité:
                      On retrouve avec la loi travail le même mélange d’impréparation et de cynisme. Si le chômage n’a cessé d’augmenter depuis 2008, avec à la clé un million et demi de chômeurs supplémentaires (2,1 millions de demandeurs d’emploi de catégorie A à la mi-2008, 2,8 millions mi-2012, 3,5 millions mi-2016), ce n’est pas parce que le droit du travail serait subitement devenu plus rigide. C’est parce que la France et la zone euro ont provoqué par leur excès d’austérité une rechute absurde de l’activité en 2011-2013, à rebours des Etats-Unis et du reste du monde, transformant ainsi une crise financière venue d’outre-Atlantique en une interminable récession européenne. 
      Si le gouvernement commençait par reconnaître ses erreurs, et surtout en tirait les conséquences pour une refonte démocratique de la zone euro et de ses critères budgétaires, il serait beaucoup plus facile de mener les débats par ailleurs nécessaires sur les réformes à mettre en œuvre en France.
      C’est d’autant plus regrettable que le droit du travail aurait mérité de vraies discussions. Le recours croissant aux CDD par les entreprises françaises n’a jamais permis de réduire le chômage. Il serait plus que temps d’adopter un système de bonus-malus permettant de mettre davantage à contribution les employeurs qui abusent de la précarité et de l’assurance-chômage. Plus généralement, il faudrait restreindre l’usage des CDD aux cas où ils se justifient vraiment, et faire du CDI la norme pour les nouvelles embauches, avec pour contrepartie une clarification des conditions de rupture, qui comportent souvent trop d’incertitudes, pour les salariés comme pour les employeurs. Il y avait là les conditions pour une réforme équilibrée, fondée sur le donnant-donnant, que le gouvernement a malheureusement été incapable de présenter au pays.
     Le débat se focalise maintenant sur l’article 2 de la loi travail, qui entend désormais faire des accords d’entreprise la nouvelle norme, susceptibles de déroger aux accords de branche comme à la loi nationale, notamment pour ce qui concerne l’organisation du temps de travail et le paiement des heures supplémentaires. La matière est complexe et ne se prête pas à des réponses simples, comme l’illustre d’ailleurs l’épaisseur du projet de loi (588 pages pour l’ensemble du projet, dont 50 pages pour le seul article 2). Il est évident que certaines décisions très spécifiques sur les pauses et les horaires ne peuvent se prendre qu’au niveau de l’entreprise. A l’inverse, il en existe d’autres, plus structurantes, qui doivent être tranchées au niveau national, faute de quoi la concurrence généralisée entre entreprises risque de conduire au dumping social. Par exemple, les pays qui n’ont pas de législation nationale ambitieuse sur les congés payés se retrouvent à prendre très peu de congés, en dépit de la progression historique des salaires, ce qui peut être collectivement absurde...
         De façon plus générale, la principale faiblesse de la loi travail est de ne pas suffisamment prendre en compte la faiblesse syndicale française, et les moyens d’y remédier. Pis encore : la loi travail comporte des dispositions susceptibles d’affaiblir encore un peu plus les syndicats et leurs représentants. C’est le cas notamment des mesures sur les référendums d’entreprise présentées dans l’article 10. L’objectif est de permettre aux employeurs d’imposer par référendum – et dans des conditions qui peuvent s’apparenter souvent à du chantage – des accords qui auraient pourtant été refusés par des syndicats représentant jusqu’à 70% des salariés de l’entreprise lors des dernières élections professionnelles. On comprend que la CFDT puisse dans certains cas y trouver son compte : cela peut lui permettre avec 30% des voix de contourner les autres syndicats, et en particulier la CGT, et de négocier directement un accord avec l’employeur. Il reste que ce contournement des élections professionnelles – qui ont lieu tous les quatre ans – revient à revenir en arrière sur les timides avancées démocratiques des réformes de la représentation syndicale qui venaient tout juste d’être mises en place en 2004-2008, et qui avaient donné pour la première fois aux syndicats réunissant 50% des voix le rôle décisif pour la signature des accords d’entreprise (alors que le régime antérieur permettait à chacun des cinq syndicats historiques de 1945 de signer des accords, quelle que soit leur représentativité dans l’entreprise, ce qui n’a guère réussi au modèle social français). Tous les exemples étrangers le montrent : la démocratie économique a besoin de corps intermédiaires. Ce n’est pas en renvoyant une bonne partie des syndicats et du corps social français dans l’opposition et la frustration que l’on sortira la France de la crise....
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dimanche 5 juin 2016

Oh-rage!...

...Eau désespoir!
                        O ces ondes ennemies!...
                                  Comme disait mon grand père, un brin philosophe, le feu, on peut toujours l'arrêter mais l'eau... 
         Un peu ça va, mais beaucoup...
   Quand la Seine se met en colère, Paris boit la tasse
        Mais pas le bouillon.
           Ce ne sera pas, comme en 1910, une calamité nationale.
    Mais il faut toujours s'attendre au pire.
        On dit qu'à l'Elysée, un canot de sauvetage se tient toujours près au départ dans un des bassins du parc. On ne sait jamais...
     La barque de l'Etat, elle, est surchargée et les finances  dérivent. L'équipage perd le Nord. Des flots de problèmes font tanguer l'embarcation..
   Elle s'est laissé emportée par le courant austéritaire  bruxellois et les tourbillons de la finance mondiale devenue folle.
     Le char de l'Etat navigue sur un volcan,  disait un sage..
              Heureusement, notre grand timonier maintient le cap.
                        Keep calm!
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samedi 4 juin 2016

L'arbre qui cache la forêt

   Carlos exagère!
                                On a eu cependant peur pour lui...
                  La stratégie du chantage est devenue un grand classique.
                                 Mais il y a plus d'un baudet dans l'écurie dorée des stars
           Carlos Ghosn est-il trop payé ? Tout est relatif. Pendant les longues années où l’État actionnaire a maintenu Mme Lauvergeon à la tête d’Areva, si elle avait été rémunérée au SMIC, c’eût été encore trop. Une braillarde d’outre-Manche signe un contrat de 130 millions de dollars avec Sony Music, et la planète entière applaudit ce nouveau record. Mieux payé que le patron de Renault et Nissan par les propriétaires qataris, un footballeur suédois quitte un championnat national de seconde zone sans avoir jamais conduit son club au-delà des quarts de finale en Ligue des champions.
      L’envolée de la rémunération des grands patrons est une bulle parmi tant d’autres. Elle accompagne le gonflement de la valorisation boursière des entreprises mondialisées et la tendance naturelle du capitalisme à la concentration, s’il n’est pas bridé par de saines règles de concurrence. À noter que cet enrichissement sans cause profite bien davantage aux propriétaires des entreprises où la possession du capital est concentrée entre quelques mains qu’aux salariés que demeurent les “grands patrons”. Mains qui souvent appartiennent à des héritiers ou des héritières...
       À défaut de s’attaquer à la racine du mal, il est plus facile de désigner un bouc émissaire, surtout quand il a le profil de l’emploi. Si l’État estime que des salariés sont trop payés, la riposte naturelle est la fiscalité. C’est d’ailleurs ainsi que les gouvernements de droite puis de gauche ont réduit l’attractivité des retraites-chapeaux accordées généreusement à certains cadres dirigeants, en leur retirant leurs avantages fiscaux. Et que la part variable des rémunérations des PDG est désormais plus transparente et mieux justifiée que dans le passé...
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Points du jour

____ La démographie n'est pas une science exacte.
                     Mais celle de  l'Afrique  pose des problèmes sérieux et inédits:
       La question démographique est cruciale pour l’avenir de l’Afrique. Personne n’en doute, même si les interprétations divergent. Le rythme de croissance de la population, depuis le milieu du XXe siècle, est en effet unique dans l’histoire de l’humanité à l’échelle d’un continent et dans la longue durée.
230 millions d’Africains en 1950, 1,2 milliard en 2015, peut-être 2,4 milliards en 2050. La population aura été multipliée par 10 en un siècle, contre 3 pour le reste du monde, 1,3 pour l’Europe. Conséquence : la part de l’Afrique dans la population mondiale de l’ordre de 9% en 1950 compte pour 16% en 2016 et devrait atteindre 25% en 2050.
  Cette croissance hors du commun pose d’énormes défis....

__ Israël:   la nomination d'A.Lieberman, aux déclarations parfois" surréalistes", inquiète les généraux israéliens
            La gouvernement israélien, tout en s'obstinant dans une impasse, est à la dérive.
                L'échec est total et l'on se réveille un peu tard.
               Vu le fait accompli, par fatalisme, l'idée d'un seul Etat finit par faire son chemin, avec tous les problèmes qui ne manqueront pas de se poser.
       Les incantations tardives et les larmes de crocodile n'ont plus de sens.
              Rejet brutal par Israël de l'initiative française  et impuissance historique de la communauté internationale à imposer au gouvernement israélien le respect du droit, des résolutions des Nations unies et même de ses propres engagements diplomatiques...

__ Le degré 0 du journalisme persiste.
            Telle est la télé...

__  Guadeloupe, mai 1967. Qui s'en souvient? Une répression sanglante.
                 Une tragédie refoulée .

__ L' Union européenne et la loi El Khomri.


__ Le taux de mortalité aux USA en hausse  pour la première fois depuis dix ans.
         Pas seulement chez les noirs les plus pauvres.
                        Pas seulement à cause de la violence ordinaire. 

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vendredi 3 juin 2016

Cherche chercheurs sachant chercher sans chichi

 Un pas en arrière...
                
      Après recherches et conseils pressions, le locataire de l'Elysée est revenu sur une décision propre à compromettre l'avenir.
    
      Il n'en reste pas moins que la recherche en France, qu'on voulait sanctuariser, reste un secteur à réformer et à revaloriser.

  Il est souvent en déshérence et décourageant...

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USA: fin d'une époque?

  Rien ne sera plus comme avant?
                                                   Il faut être prudent. Les USA ont déjà fait preuve dans leur histoire de capacités inédites d'adaptation et de rebonds dans des situations difficiles.
    Mais aujourd'hui, on semble être à un tournant de la fin de la puissance impériale, de son influence extérieure et de sa cohésion interne. La mondialisation, voulue et subie, accentue ses effets délétères sur une population souvent précarisée, désemparée, du moins celle qui souffre le plus de l'injustice d'un système qui se délité.    
         On éprouve le besoin  de sortir des récits anecdotiques sur la campagne électorale américaine en cours et des habituels avis contradictoires et confus sur le phénomène Trump, le candidat inattendu et paradoxal.
    S'il y a un phénomène qui surgit depuis un certain nombre d'années, c'est celui de colères montantes dans le pays et les difficultés du vivre ensemble, avec une violence qui ne tarit pas et des inégalités qui se creusent comme jamais.. Un indice significatif: 90 % de la population américaine vit moins bien qu’au début des années 70.
          Trump, dans sa course improbable ,  n'est pas seulement un démagogue souvent trompeur.
   Il surfe sur les peurs les plus archaïques  tout en les instrumentalisant, sans peur des contradictions et d'une certaine bouffonnerie...L'histrion amuse la galerie. Et ça marche, malheureusement.

       Le déclin relatif du pays est ressenti profondément, surtout par une population de plus en plus marginalisée ou fragilisée, des classes moyennes désillusionnées, tentées par l'America first.
   C'est la fin d'un certain rêve américain
            Voici un point de vue qui mérite d'être examiné:et discuté sur la situation du moment:
           
                            " Un profond sentiment de déclin parcourt la culture et la politique américaines, lequel est devenu une nouvelle fois l’un des principaux thèmes de cette campagne présidentielle. Donald Trump, en particulier, l’a instrumentalisé avec application pour mieux alimenter la colère fruste de ses partisans, affirmant notamment :
Notre pays est en train de s’effondrer. Nos infrastructures sont en train de s’effondrer… Nos aéroports n’ont rien à envier à ceux du tiers monde. Paradoxalement, alors même que Trump entonne sa complainte sur le déclin des États-Unis, les éditorialistes interprètent son étonnante et victorieuse montée en puissance précisément comme une illustration de ce phénomène. Assimilant la campagne des primaires à une forme de « dystopie », Andrew Sullivan assure ainsi que « l’Amérique n’a jamais été aussi mûre pour la tyrannie ». Et de conclure : « En termes de démocratie libérale et d’ordre constitutionnel, Trump est du niveau d’une vague d’extinction ».

« It’s morning again in America.. »

        Bien qu’elles aient une forte résonance actuellement aux États-Unis, les lamentations sur le déclin américain ne datent pas d’hier. Depuis la naissance de leur nation, les Américains ont traversé des accès de doute aigus, luttant pour faire face à des crises nationale et globale, parfois réelles parfois fantasmées. La culture politique américaine est ainsi rythmée par des phases stigmatisant une forme de déclin alternant avec d’autres appelant à une régénération – une tendance nationale bien spécifique qui a façonné l’idée d’une exception américaine.     Si les dirigeants politiques invoquent fréquemment cette dynamique dans leur rhétorique, c’est pour mieux se poser en hérault de la rédemption. Car, en général, le pessimisme ne paie pas. Le célèbre discours de Jimmy Carter en 1979 pointant « une crise de confiance » a pu être interprété comme admonestation adressée à la nation américaine, lui intimant de reprendre ses esprits. Mais cette tentative austère de parler en toute franchise à ses concitoyens a été totalement éclipsée par son successeur, le solaire Ronald Reagan, qui fut largement réélu en 1984 en proclamant le « réveil de l’Amérique ».











Sans surprise, Trump tente aujourd’hui de jouer sur les deux registres de cette dialectique, invoquant le déclin pour mieux promettre de restaurer la grandeur de l’Amérique. Mais il est tout sauf l’auteur de cette idée ancestrale qui touche au tréfonds du système nerveux du corps politique et façonne l’identité américaine.

Le détricotage

Pour certains, le déclin américain s’illustre particulièrement à travers la crise de la citoyenneté libérale-démocrate qui affecte le pays et une forme de fragmentation de la société. En 2000, le politologue Robert Putnam a mis en exergue ce processus en expliquant que les Américains « jouaient de plus en plus seuls » plutôt que de prendre une part active à la vie sociale comme ils en avaient l’habitude auparavant. Cette thèse, qui a eu un fort écho public, a fait florès avec les nombreuses analyses qui ont suivi, faisant état de la disparition progressive de la vie associative et communale aux États-Unis.   De son côté, le journaliste George Packer a pointé le « détricotage » de la nation :
En l’espace d’une génération, l’[Amérique] est devenue comme jamais auparavant un pays de vainqueurs et de perdants. Des pans entiers de l’industrie ont été démantelés, les institutions traditionnelles se sont affaiblies, tandis que l’intérêt de l’opinion s’est focalisé sur la célébrité et la richesse, deux valeurs aujourd’hui idolâtrées.
          Bien que pauvre en solutions, le diagnostic de Packer a eu écho très profond, sur le thème : les dés sont « pipés » et le contrat social est « déchiré ».  Le rétrécissement de la middle class américaine est une réalité économique, mais pas seulement : il nourrit aussi un malaise d’ordre psychologique. La désintégration du creuset civique se manifeste par la perte du soutien de la part de multiples réseaux dont pouvaient bénéficier de nombreux Américains pour faire face aux profondes mutations économiques.    Ce phénomène alimente aussi un sentiment d’abandon et de déchéance chez une partie de la population, en particulier chez les moins éduqués au sein de la communauté blanche d’âge moyen. Le débat récent sur l’augmentation du taux de mortalité au sein de cette fraction de la population suggère l’existence d’« une pathologie non diagnostiquée »chez des gens qui se sentent délaissés.___De manière sans doute plus insidieuse, les débats sur la pauvreté en milieu urbain et la délinquance s’accompagnent souvent d’un discours évoquant un déclin tous azimuts aux États-Unis qui expliquerait l’existence de proches d’injustice et d’inégalité très circonscrites mais profondément ancrées. De la mort de plusieurs jeunes Afro-Américains interpellés par la police – à Chicago, à Ferguson ou ailleurs – au désastre écologique de l’eau à Flint, tous ces exemples mettent en lumière une violence et une marginalisation structurelles, et un moindre respect pour la vie des noirs américains.

La fin d’une époque

   La crise de la vie citoyenne se reflète dans la sclérose du politique. Le poison de la division idéologique n’a pas seulement bloqué le fonctionnement des institutions à Washington, il a contaminé tout le corps politique. Les options permettant de sortir du marasme actuel sont limitées, et risquent toutes de renforcer une forme de nihilisme politique.  Pour autant, cet accès de déclinisme est-il vraiment différent des précédents ? Peut-il avoir un impact profond sur le fonctionnement des États-Unis, voire du système international ? Il est clair que les élites politiques traditionnelles sont profondément inquiètes, et redoutent un véritable séisme qui remettrait en cause l’ordre établi.  Comme l’a récemment souligné Peggy Noonan, l’ancienne plume du président Reagan :
Le Parti républicain a toujours connu des tensions… Mais ce qui est en train de se produire est plus puissant, et plus difficile à résoudre, en partie parce que par le passé les batailles internes avaient pour objet le conservatisme, autrement dit la philosophie politique du parti. Mais aujourd’hui, une époque prend fin, l’Histoire est en train de s’écrire sous nos yeux.
Bien que les démocrates se soient généralement montrés plus ouverts aux batailles idéologiques, eux aussi nourrissent aujourd’hui une certaine angoisse face à ce qu’ils perçoivent comme une érosion du centre et l’émergence d’un électorat de plus en plus imprévisible. À cet égard, la campagne contestataire de Bernie Sanders ne révèle pas seulement le profond et habituel scepticisme de l’aile gauche libérale vis-à-vis de la politique, mais aussi un mécontentement généralisé de l’opinion qui, d’ailleurs, a dopé le combat mené par Donald Trump.










Abattement. Paul Buck/EPA

Même le Président Obama a ressenti la nécessité d’évoquer le thème du déclin à l’occasion de son dernier discours sur l’état de l’Union.
Quiconque assure que l’économie américaine est en déclin colporte une fiction… Tout cela, ce n’est que du vent. De même que la rhétorique assurant que nos ennemis deviennent de plus en plus fort, alors que l’Amérique s’affaiblit.
   Durant la majeure partie de sa présidence, Obama s’est retrouvé dans la position délicate d’avoir à gérer les espoirs en berne de la nation. Bien entendu, les Américains auraient souhaité qu’il puisse venir à bout de ce discours décliniste, mais Obama a au moins montré qu’il avait bien conscience de l’angoisse qui étreignait ses concitoyens.  Cet accès de déclinisme est un avertissement sérieux. Le décalage entre le système politique et la population est extrêmement préoccupant, et il faudra bien, un jour ou l’autre, reconnecter le citoyen, l’État et le marché, et rééquilibrer les droits et les responsabilités des uns et des autres.  __La capacité des États-Unis à se régénérer ne doit pas être sous-estimée, mais comme l’illustre la vague Trump, la tribalisation grandissante de la politique américaine et l’existence d’un climat social et politique toxique sont les symptômes d’un profond malaise. Il faudra sans doute du temps avant de pouvoir proclamer à nouveau « le réveil de l’Améique »._____(Merci à The Conversation)
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jeudi 2 juin 2016

Laissez le vivre!

 Pas très gentils, les copains

                                           Pourquoi tant de haine?
        Une démission  en vue, ce n'est pas très  fair play.

 On l'a encore  mal compris.
       C'est comme à propos du costume...
         Il n'est l'obligé de personne. Enfin presque.
                   Mais un peu assisté quand même.

    Mais qu'est-il venu faire dans cette galère, notre Cameron à la française?
  Prendre des tomates?..

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La trahison des élites (suite)

   Pouvoir et intérêt général
                                 Trahison des élites: l'expression fait florès mais est souvent trop floue ou mal comprise.
    Elle ne devrait être utilisée que quand des élus, à quelque niveau que ce soit, ne sont plus en concordance avec les principes sur lesquels ils ont été élus, les détournent de leurs finalités, en se mettant au service de groupes d'intérêts privés ou de pratiques politiques qui ne vont pas dans le sens de l'intérêt général.
   Il ne s'agit pas du problème plus courant et plus ancien de la corruption.
      Mais, à l'époque actuelle, du problème individuel de la mise au service d'institutions à des fins qui ne sont pas les leurs, d'intérêts puissants et de lobbies efficaces.
  C'est ainsi que l'on a pu en parler à propos des dysfonctionnements de certaines institutions européennes.
  Le phénomène de passages, classiques aux USA, devenus chez nous de plus en courants, entre le monde du politique à celui des affaires, industrielles ou financières, manifeste une consanguinité dans laquelle les intérêts d'un pays n'ont rien à gagner.
    Comme un cas récent, parmi d'autres, le prouve:
       ...Le transfert du directeur général du Trésor, Bruno Bézard, à la tête d’un fonds d’investissement franco-chinois est consternant. On pourrait être résigné, on devrait être habitué à ces pantouflages… mais ce n’est pas un pantouflage comme les autres.
Bruno Bézard est le plus haut fonctionnaire de Bercy, un homme-clef de la mise en œuvre des politiques d’austérité contenues dans le traité européen TSCG, ratifié en septembre 2012. On peut imaginer que, en dehors des grandes qualités professionnelles et personnelles de Bruno Bézard, cette fonction exige le goût du service public, le sens de l’État et, osons le mot, une bonne dose de patriotisme.
     «Mon ennemi, c’est la finance.» Cette formule a fait beaucoup de bien à la campagne de François Hollande en 2012, puis elle lui a fait beaucoup de mal pendant son mandat, quand la France renonçait à une véritable séparation bancaire (loi Moscovici) ou accompagnait honteusement l’enterrement d’une taxe sur les transactions financières au niveau européen. Et Bruno Bézard part maintenant gérer un fonds de private equity: la finance n’est plus son ennemi mais son employeur.
   Le fait qu’un ancien président de la République soit de facto salarié du Qatar nous habitue à l’inacceptable. Mais il est difficile de taire sa surprise quand le directeur du Trésor part diriger un fonds dit franco-chinois, c’est-à-dire dans lequel l’argent est chinois et les cibles françaises. C’est décisif car toute la littérature économique est remplie de lamentations sur les excédents chinois. Avec un yuan longtemps sous-évalué par une stratégie agressive, la Chine a accumulé des excédents gigantesques. La Chine se lance donc à la conquête du monde avec ses caisses remplies de dollars et d’euros. Dans le rachat du foncier agricole comme dans celui d’entreprises, choisir l’argent chinois n’a rien d’innocent.
    On devine les lignes de défense de Bruno Bézard: la très morale «si j’avais aimé l’argent, j’aurais quitté le service public depuis longtemps», la très individualiste «c’est un challenge personnel pour mon brillant esprit de polytechnicien» ou la faussement patriote «je servirai la France d’une autre façon». Ces formules seront peu de chose face à la saine colère populaire qui voit un produit de la méritocratie républicaine frayer avec le capitalisme mondialisé...
... Alors que la défiance des Français à l’égard de la technostructure n’a jamais été aussi importante, 2017 devra réconcilier les aspirations des citoyens et les décisions qui sont prises par nos gouvernants. Cela passe notamment par une nouvelle sélection des élites politiques et administratives, qui ne doivent plus sortir du moule unique de l’ENA, machine à fabriquer des leaders consanguins et déconnectés du monde réel. Il y a près d’un demi-siècle, trois jeunes énarques anonymes (Jean-Pierre Chevènement, Didier Motchane et Alain Gomez) anticipaient cette dérive dans leur pamphlet L’Énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise. L’Énarchie produit désormais des mercenaires...
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