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jeudi 7 novembre 2019

Nouvelle bulle... ('suite)


           ....  Les mesures prises après la crise de 2008 sont-elles suffisantes ? Certainement pas ! On a amélioré la transparence des marchés financiers et rendu plus robustes les banques mais on n’a pas fait l’essentiel : réduire le déséquilibre entre une sphère financière pléthorique et l’économie réelle.
    Depuis les années quatre-vingt, l’économie est déstabilisée à intervalles réguliers par les excès de la finance, avec des conséquences terribles dans le domaine social et maintenant dans le domaine politique. Le chômage et la précarité, les inégalités qui sont à des niveaux historiques aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe, la pauvreté, tous ces indicateurs sont au rouge, à des degrés divers bien sûr. La montée des populismes, c’est-à-dire de la colère populaire, est le miroir des crises financières et de leurs conséquences. Lors de la prochaine crise, ce sont les dirigeants politiques qui seront montrés du doigt et non les banquiers. Ils n’auront pas réalisé la feuille de route sur laquelle ils s’étaient engagés, notamment lors du G20 de Londres d’avril 2009. A l’époque on parlait de refonder le capitalisme. On en est loin !
     Si les dirigeants politiques faisaient l’effort de comprendre les enjeux de la finance, d’en connaître les mécanismes, les lignes pourraient peut-être bouger davantage à Bruxelles. Lorsqu’il était en charge des marchés financiers, Michel Barnier a fait cet effort. Aujourd’hui, les dirigeants recherchent avant tout le consensus et défendent leurs places financières. Quant au Parlement européen, il est cerné par les lobbies. Jean-Paul Gauzès, qui a été un rapporteur remarquable lors de la négociation de la directive sur les hedge funds après la crise, a dû tenir à l’époque deux cents rendez-vous avec des représentants des lobbies !
    Quand on fait le bilan des réformes, on peut considérer que l’on a seulement parcouru, aux Etats-Unis et en Europe, le tiers de la feuille de route établie par les G20 de 2008-2009. Dès le lendemain de la crise, on a nommé aux postes-clés des responsables qui ont assuré la continuité alors qu’il fallait une rupture. A la présidence du Conseil de stabilité financière, bras armé du G20, on a par exemple nommé deux anciens de Goldman Sachs, Mario Draghi puis Mark Carney. Obama s’est entouré de tous ceux qui avaient lutté contre l’encadrement de la finance du temps de Clinton. En France, on a tenu un double discours sur la réforme de la finance. Cette timidité dans les réformes, après une crise aussi grave, est une occasion manquée et nous allons le payer très cher.
     En trois ou quatre ans, on aurait pu beaucoup mieux encadrer les marchés financiers, réduire les volumes de produits dérivés, limiter les risques que font courir les hedge funds, tous domiciliés dans les paradis fiscaux, éviter que les fameux robots du trading à haute fréquence ne représentent la moitié des transactions sur les marchés d’actions, assurer un meilleur encadrement du shadow banking, qui représente tout de même 47% de la finance mondiale, mieux encadrer les nouveaux produits. L’encours des fonds indiciels (ETF) est par exemple passé de 700 milliards de dollars en 2007 à 4 500 milliards de dollars aujourd’hui. Or, ces fonds ont un effet d’accélération des tendances. On ne sait absolument quels seront leurs effets lors de la prochaine crise. De plus, ils prêtent tous leurs titres. A un instant donné, le FMI considère qu’un même titre peut être revendiqué par deux acteurs et demi… Que se passera-t-il si tout le monde clique en même temps pour récupérer son argent ? Des réformes simples étaient possibles sans risque de déstabiliser les marchés. Il manquait simplement la volonté politique. Lorsque les textes des réformes sont compliqués, c’est presque toujours parce que les lobbies ont demandé des exemptions.
    A côté de la réforme des marchés financiers, très insuffisante, on a il est vrai pris à bras le corps le problème des banques. Elles étaient complètement sous-capitalisées et n’avaient donc pas les moyens de faire face à des turbulences. Mais il s’agit d’une simple remise à niveau. Si les banques étaient à ce point sous-capitalisées en 2008, c’est parce qu’une réforme néfaste avait été adoptée le 26 juin 2004 à Bâle lors d’une réunion des banquiers centraux réunis sous la présidence de Jean-Claude Trichet. Je l’évoque parce que cette réforme demeure un très gros problème aujourd’hui. Il s’agit des règles qui président à l’allocation des financements bancaires dans le monde. Au cours de cette réunion, on a décidé deux choses. On a autorisé les banques à calculer elles-mêmes leurs fonds propres réglementaires à partir de modèles internes extraordinairement complexes et donc très peu transparents. On est là à mi-chemin entre régulation et autorégulation… Et on a accepté que les banques divisent les risques déclarés aux régulateurs en fonction de la qualité du risque. Cette réforme a eu trois conséquences. D’abord, la création monétaire a été considérable puisque, du jour au lendemain, on a pu faire quatre ou cinq fois plus de crédit aux multinationales. En zone euro, en quatre ans, la création monétaire a ainsi augmenté de 40% ! Ensuite, cela a aggravé les inégalités dans la distribution du crédit. Enfin, cela a donné immédiatement un pouvoir considérable aux agences de notation puisque la division des risques dépendait de la note attribuée. Jusque-là, la mission des agences de notation était de conseiller les investisseurs, pas de devenir un des régulateurs bancaires. Les conséquences de cette réforme ont donc été immenses. Quel dirigeant politique s’y est intéressé à cette époque ? Aucun ! Le Comité de Bâle, mesurant probablement les erreurs passées, a voulu réformer ce système à la marge depuis trois ou quatre ans, notamment en 2017. Il s’est heurté à une levée de boucliers de la part des banquiers centraux. La réforme adoptée est minime et elle ne sera applicable qu’en… 2028 !
    Les banquiers centraux ont également fait un véritable tir de barrage contre la réforme que Michel Barnier avait proposée en février 2015. Elle a été abandonnée l’année dernière. Cette réforme avait un double objectif : interdire les activités spéculatives des banques, ce qui aurait eu un effet dissuasif, et filialiser les activités les plus risquées, notamment certains produits dérivés, ce qui aurait eu pour effet de les rendre plus coûteux et de réduire ainsi les volumes traités par les banques. Bien sûr, cela se serait traduit par une baisse de rentabilité pour les banques, mais il faut savoir ce que l’on veut. Les produits dérivés sont une manifestation de l’hypertrophie de la finance. Il s’échange tous les quinze jours l’équivalent du PIB mondial sur les marchés de produits dérivés et 90% d’entre eux sont traités entre établissements financiers et non pas avec des entreprises !
    Les Etats sont-ils aujourd’hui mieux armés pour affronter une crise systémique ? C’est peu probable. Les banques centrales ont des marges de manœuvre beaucoup plus faibles qu’en 2008. Aux Etats-Unis, la Fed a une petite marge pour baisser ses taux mais en zone euro, au Royaume Uni et au Japon les marges de manœuvre sont nulles. On a même encore des taux négatifs en Allemagne ce qui n’a aucun sens et irrite profondément, et à juste titre, les épargnants allemands. De toute façon, on ne peut continuer indéfiniment cette fuite en avant dans la création monétaire. S’il suffisait de créer de la monnaie pour effacer les cycles, on le saurait depuis longtemps ! Cela ne peut que mal finir.
       Les gouvernements ont-ils, eux, des marges de manœuvre ? La dette publique mondiale est passée de 70% du PIB en 2000 à 107% en 2016, tout près du record historique atteint pendant la Seconde Guerre mondiale. On voit mal comment les gouvernements se lanceraient à nouveau dans une relance keynésienne. Cette dette n’est pas due pour l’essentiel à une mauvaise gestion des deniers publics comme on le dit trop souvent. Elle s’explique en grande partie par les crises financières des trente dernières années. Il y a un lien direct, une corrélation parfaite, entre la dette et les crises. Lorsqu’une crise financière éclate, on augmente les dépenses publiques pour soutenir la demande et lutter contre le chômage, les déficits publics se creusent et les dettes publiques augmentent. On baisse également les taux d’intérêt pour redonner confiance aux investisseurs et, après quelques années, les dettes privées des ménages, des entreprises, des institutions financières, recommencent à augmenter... Et une nouvelle crise survient du fait de l’excès d’endettement, notamment privé, ce qui exige relance keynésienne et taux zéro… Il existe une étroite corrélation diabolique entre les crises financières et l’endettement. Si on ne s’attaque pas au cœur du capitalisme financier pour tenter de renouer avec le capitalisme industriel, les déséquilibres ne cesseront de s’aggraver.
      L’augmentation des bilans des banques centrales est un fait entièrement nouveau. On est donc dans un univers inconnu. Pour prendre l’exemple de la plus grande banque centrale, la Fed, son bilan représentait entre 4 et 5% du PIB américain depuis la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, il représente 22% du PIB. Les autorités monétaires américaines considèrent donc qu’il est urgent de réduire ce bilan. Il en va, estiment-elles, de la crédibilité de la Banque centrale. Warren Buffett a même dit un jour que la Fed devenait un « hedge fund » ! En zone euro, le bilan de la BCE représente plus de 40% du PIB, au Japon plus de 90%, en Suisse plus de 100%. La Banque Nationale Suisse achète toute sorte d’actifs en devises pour lutter contre la réévaluation du franc suisse, y compris des actions, alors que dans le même temps le gouvernement suisse pratique une politique d’excédents budgétaires qui a pour effet de réévaluer le franc suisse !      Voyez la logique de l’indépendance des banques centrales !
      En zone euro, la BCE est un animal particulier : en cas de pertes significatives, par exemple à la suite de la défaillance d’un pays de la zone qui engendrerait des pertes importantes, il faudrait l’unanimité des 19 Etats pour augmenter le capital. C’est un petit talon d’Achille. Les achats de titres de la BCE ont donc une limite, sinon elle sera plus fragile. La politique de quantitative easing va prendre fin. Elle ne pourrait être réactivée que de manière limitée en cas de crise. Pour sauver l’euro en 2012, Mario Draghi a procédé en deux étapes. Il s’est d’abord appuyé sur les banques de la zone euro en leur prêtant massivement à taux zéro ce qui leur a permis d’acheter de la dette publique et de faire baisser les taux, notamment dans les pays du Sud. A partir de 2015, il a lui-même procédé à des achats massifs. Plus exactement, il a demandé aux banques centrales nationales de la zone euro d’acheter des dettes publiques. Ce faisant, il a donné un grand coup de canif dans les traités européens qui interdisaient depuis l’origine à la Banque centrale de financer les Etats. 
    Le résultat de cette politique de la BCE, c’est qu’aujourd’hui les banques détiennent 17% de la dette publique, au lieu de 3% aux Etats-Unis, et les banques centrales 21% au lieu de 12% aux Etats-Unis. Le système bancaire européen est gorgé de dettes publiques (38% des dettes au lieu de 15% aux Etats-Unis). Dans le même temps, avec l’Union bancaire, on prétend que l’on a coupé le lien entre les banques et les Etats ! Nous avons créé une gigantesque bulle obligataire en zone euro dont une large partie est entre les mains du système bancaire...
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Nouvelle bulle financière en vue?

Les banquiers sont souvent muets
                                             Comme leurs coffres.
             Ils sont rares, mais ils existent, ceux qui s'expriment de manière libre, en sortant de leur jargon technico-financier, de la langue de bois propre au milieu, et qui osent prendre du recul par rapport à leur activité et aux opérations banquières et financières en général, prenant des risques pour émettre des jugements sur ce monde abscons, ses mécanismes et ses ressorts, ses risques aussi, surtout aujourd'hui où l'activité financière, spéculative le plus souvent, a pris une telle place en matière économique. Elle n'est pas neutre et détermine le domaine de la production, des échanges et de ce A.Smith appelait la "richesse des nations"..
     L'ex-banquier JM Naulot nous a habitué à parler de son métier sans tabou, de manière critique, à émettre des jugements sur le monde financier, sa prétendue opacité, ses mécanismes, ses crises, notamment les plus récentes, en pointant l'aspect politique de certains choix en la matière et leurs conséquences parfois planétaires.
     Selon lui, la crise n'est pas finie, malgré tous les démentis officiels et toutes les proclamations de ceux-la même qui en furent à l'origine et qui semblent avoir tout oublié.
       Il y a des signes qui ne trompent pas, malgré l'apparence, et qui n'annoncent rien de bon. Sans jouer au prophète, l'auteur lance seulement un avertissement pour éviter une nouvelle et grave dérive.
Roubini et Jorion, qui voyaient venir l'effondrement de 2008, ne furent pas pris au sérieux...
             La situation financière actuelle n'est pas faite pour rassurer Naulot et les zig-zag d'un Trump se reposant sur Goldman Sachs laisse mal augurer de l'avenir:
             Mon expérience de banquier et de régulateur des marchés financiers me fait dire que le pire est malheureusement devant nous. Nous avons eu un aperçu de ce que pouvait être un effondrement avec la crise de 2008. La finance en faillite a alors fait sombrer l’économie mondiale, exploser les inégalités, bondir la dette publique et disparaître la confiance. Les dirigeants occidentaux nous ont vendu voici trente ans le rêve du tout-libéral qui dope la croissance ! Ce rêve n’était qu’une chimère, comme l’était un fédéralisme européen reposant sur la monnaie unique. Les risques d’un véritable effondrement sont là.   Si nos dirigeants refusent tout examen de conscience, veulent à tout prix «maintenir le cap», continuent à faire des discours comme on récite un catéchisme, ils nous emmèneront tout droit dans le mur. Par leur obstination, ce sont eux qui font monter les «populismes» ! Et ils ont en outre l’audace de nous dire que si la crise est là, c’est parce qu’on les a empêchés d’en faire davantage ! La crise financière est indissociable d’une crise bien plus profonde, celle d’un libéralisme économique à bout de souffle.
        Au point de détruire le système libéral ?
    Oui ! Jacques Rueff, un grand économiste libéral, évoquait «ce régime absurde et insensé de l’économie libérée qui est la négation même de l’économie libérale». C’est précisément la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Le capitalisme sans un Etat qui protège et sans un minimum de gouvernance internationale, c’est un système qui secrète la pauvreté, la violence et la confrontation. Certains observateurs se laissent impressionner par les chiffres du chômage dans la société anglo-saxonne mais la réalité est différente des statistiques officielles. Si le taux de chômage américain est de 5 %, c’est parce qu’il est régulièrement «nettoyé». Le prix Nobel d’économie Paul Krugman nous dit qu’il faudrait le multiplier par trois. Selon un autre prix Nobel, Joseph Stiglitz, les salaires réels des classes moyennes américaines n’ont pas bougé depuis les années 90. Une petite minorité capte la plus grande partie des richesses. Les Etats-Unis comptent 3,5 millions d’enfants qui dorment dans la rue et 15 % des Américains se nourrissent avec des bons alimentaires. Voilà la réalité de la société ultralibérale !
       Mais ce monde au bord de l’effondrement n’a-t-il pas fait des réformes ?
  Si, et parfois même très lourdes. Mais ce sont des corrections qui ne s’attaquent pas au problème de fond, à savoir le déséquilibre entre la sphère financière et l’économie réelle. Ce n’est pas en corrigeant à la marge le système financier que nous sortirons des crises. J’évoque dans mon livre quelques réformes simples qui pourraient être faites dans des délais courts sans perturber les marchés financiers. Ne pas le faire est irresponsable.
     L'auteur est exagérément pessimiste, diront certains. Non, lucide, diront les plus avertis.
  Les bulles peuvent être limitées ou sectorielles, comme la bulle étudiante ou d'autres, qui se profilent aux USA, mais elle peut être de plus grande ampleur.. De bulles en bulles...
    Le FMI lui-même exprime ses craintes. Tôt ou tard, le phénomène nous pend au nez, si...
        Le capital fictif compromet notre avenir.
                        C'est une baudruche qu'on peut redouter.
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mercredi 6 novembre 2019

Brèves de comptoir

Méli-mélo
                      ____ Junk food : 350 millions de Chinois sont en surpoids ou obèses. Un sur 5 d’entre eux est un enfant. Au milieu des années 1990, avant qu’une croissance économique sans précédent ne rende la malbouffe largement disponible dans le pays, un seul enfant sur 20 était en surpoids. [Bombe pondérale]


___ Drapeau : Le petit État ouest-africain du Libéria possède l’un des plus grandes flottes maritimes du monde. Plus de 4 400 navires (environ 12 % du transport maritime mondial) battent pavillon libérien. Cela rapporte au Trésor libérien 20 millions de dollars par an. Une moyenne de 4 500 dollars par navire.
___ Etats-Unis :  Le nombre de personnes gagnant 1 million de dollars par an a augmenté de 40% entre 2000 et 2016. Mais une étude récente de l’Université Harvard conclut que les gens qui possèdent 8 millions de dollars ou plus ne sont guère plus heureux que ceux qui n’ont « qu' » un million de dollars sur leur compte bancaire.
___ Etats-Unis: Le déficit budgétaire américain a atteint cette année près de 1 000 milliards de dollars. C’est le plus haut niveau depuis 2012. Le déficit croissant est le résultat de la politique du gouvernement Trump. Il a introduit des réductions d’impôts et a permis aux dépenses publiques d’augmenter sensiblement. A la fin du mois d’août, le déficit budgétaire s’élevait à 984 milliards de dollars, soit 4,6 % du PIB des États-Unis.
___ Belgique : L’an dernier, les Belges ont dépensé 1 milliard d’euros dans la prostitution. C’est 27 % de plus qu’en 2008. Il s’agit d’une estimation de la Banque nationale de Belgique (BNB). Ce montant a été ajouté au produit intérieur brut (PIB) du pays depuis 2014, comme l’a indiqué l’Union européenne.
___ Sex sells on line :  Les magasins en ligne publient deux fois plus souvent des photos de femmes dans des poses « sexualisées » que les boutiques qui ont également des commerces physiques. L’offre de vendeurs en ligne contient en moyenne 16 % de photos « épicées », contre 8 % pour les magasins traditionnels.
___ Top mondial 2 :  Google a annoncé une percée majeure dans le «quantum computing». La société dit que son superordinateur peut faire un calcul en 200 secondes pour lesquels les superordinateurs classiques les plus rapides auraient besoin de 10.000 ans. Le concurrent IBM remet en question les résultats.
___ Méfiez-vous des femmes criminelles: Europol a publié les noms des criminels les plus dangereux et les plus fugitifs. 18 de ces 21 criminels sont des femmes. Selon Europol, les femmes sont aussi qualifiées que les hommes pour commettre des crimes graves.
___ Méfiez-vous d’El Chapo et Co: L’arrestation d’Ovidio Guzman Lupez a conduit à un véritable massacre la semaine dernière au Mexique. Ovidio est l’un des 15 fils du chef du cartel de la drogue ‘El Chapo’ Guzman, qui purge une peine de prison à vie dans une prison américaine. Il aurait eu 24 enfants, dont 4 sont actifs dans le cartel. Après que 8 personnes sont tombées sous les balles, la police mexicaine a décidé de relâcher Ovidio.
___ Méfiez-vous des prénoms inappropriés:  Nutella, Oussama Ben Laden, Metallica et Ikea figurent sur une liste de 35 noms qui ont été interdits pour une raison quelconque dans un pays ou un autre.
___ Viva Las Vegas :  L’industrie du mariage à Las Vegas génère un chiffre d’affaires annuel de 2,5 milliards de dollars. C’est 1 milliard de moins qu’à l’époque glorieuse de ce secteur. Coût moyen d’une cérémonie de 10 minutes : 77 dollars.
___ Decafino :  Une start-up de Seattle a mis au point un sachet (de la taille d’un sachet de thé) qui absorbe toute la caféine dans une tasse de café, sans affecter son goût. L’entreprise vise donc les millennials qui veulent limiter leur consommation de caféine.
___ Inde :  630 millions d’Indiens sont connectés à Internet. C’est plus que les populations des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Afrique du Sud réunies. Mais pour chaque Indien qui a accès à Internet, il y en a au moins un autre qui ne l’est pas. Près de 7 Indiens sur 10 vivent en milieu rural.
___ Walmart :  1 dollar sur 4 $ dépensé enépicerie aux Etats-Unis revient à Walmart. Ainsi, la chaîne de supermarchés détient une part ]de marché supérieure à celle de ses 5 plus gros concurrents cumulés. Dans 203 régions, cette part est supérieure à 50 % ; dans 38 d’entre elles, elle dépasse même les 70 %.  [ Un géant ]
___ SUV :  Selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les SUV ont été à l’origine de la deuxième plus fo rte augmentation des émissions de CO2 dans le monde entre 2010 et 2018. Au cours de la même période, le nombre de SUV dans le monde est passé de 35 à 200 millions.
___ Obésité: Plus de la moitié de la population des pays de l’OCDE souffre d’obésité. 25 % sont obèses. Dans notre pays, 68 % des hommes et 51 % des femmes sont en surpoids. Le chiffre est de 24 % pour les jeunes. Les maladies liées à l’obésité coûtent aux pays de l’OCDE 385 milliards d’euros par an. 
___ Smartphone :Trois adultes sur quatre prennent leur smartphone avec eux lorsqu’ils sont au lit, comme en témoigne un sondage de la société de technologie Asturion. Une personne sur quatre admet que la dernière chose qu’elle regarde avant de fermer les yeux n’est pas son partenaire, mais son smartphone.
___ Uber über alles ? : Des services de taxi alternatifs comme Uber conduisent 62 % du temps sans passager, à la recherche de clients, ou en attente de clients. Ces services contribuent ainsi au chaos de la circulation, plutôt que d’apporter une réponse à celui-ci. De façon remarquable, Uber et Lyft l’admettent toutes les deux.
___ Argent Gratuit : La Grèce, un pays qui n’a retrouvé l’accès aux marchés financiers qu’en avril 2018 après la crise financière, est désormais payée pour emprunter de l’argent. Le pays a levé 487 millions d’euros en début de semaine avec une échéance de 13 mois, et un taux d’intérêt négatif de -0,02%.
___ CO2:  20 Les compagnies pétrolières sont responsables de plus d’un tiers des émissions de CO2 dans le monde entre 1965 et 2017. Le top 5:1. Saudi Aramco 59 milliards de tonnes/2. Chevron 43 milliards/3. Gazprom 43 milliards/4. ExxonMobil 42 milliards/5. National Iranian Oil Co. 35 milliards. (The Guardian)
___ E-Cigarette:  Selon une étude publiée par la revue spécialisée Proceedings of the National Academy of Sciences, près d’un quart des souris exposées à la fumée des e-cigarettes développent un cancer du poumon.
___ Etats-Unis: 1 prêt sur 3 contracté aux États-Unis pour acheter une voiture a une échéance de plus de 6 ans. Il y a dix ans, c’était moins d’un sur dix.
___ Mexique: Le parti du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO) veut nationaliser le commerce du cannabis au Mexique et permettre aux gens de cultiver la plante chez eux.
___ Aux États-Unis, les bénéfices des entreprises US stagnent depuis 2012 alors que les cours s’envolent. La dette publique et privée des États-Unis s’élève à 73.000 milliards de dollars, soit plus de trois fois le PIB américain, dont 25.000 milliards de dollars ont été ajoutés ces des dix dernières années, d’où, à terme, une charge de la dette insupportable. Le 24 octobre, la Fed a dû injecter une somme anormale de 134 milliards de dollars pour éteindre un nouvel incendie sur le marché monétaire du « repo », ce qui montre qu’il y a des limites à l’endettement. Une récession à venir est plus que probable tandis que la Fed songe, pour la troisième fois, en 2019, à abaisser son taux d’intérêt, tout en ayant repris le dangereux rachat laxiste de 60 milliards de dollars de dettes par mois.
___ Mario Draghi a fait acheter par la BCE, durant son mandat, 2.600 milliards d’euros de titres souverains payés par création monétaire, soit le quart des dettes publiques des États de la zone euro. Sa politique monétaire laxiste l’a amené à taxer les liquidités excédentaires des banques avec des taux négatifs qu’il vient d’abaisser à -0,5 %, tout en annonçant la reprise par la BCE, à partir du 1er novembre, « aussi longtemps que nécessaire », d’un programme de rachat d’actifs de 20 milliards d’euros par mois. Le conseil sublime de Mario Draghi à Lagarde dans son testament : « Ne jamais abandonner. »
___ Les taux négatifs mettent les assureurs-vie sous pression, avec la faillite comme seule perspective à terme. En France, après Suravenir, filiale de Crédit mutuel Arkéa, c’est au tour d’AG2R La Mondiale d’annoncer un emprunt obligataire non subordonné de 500 millions d’euros, pour renforcer ses fonds propres. Le spectre de la fin des fonds en euros traditionnels apparaît et l’on cherche des « épargnants suicidaires » prêts à prendre plus de risques, à la veille d’un krach, pour compenser les taux bas… qui pénalisent le rendement du portefeuille des assureurs.
___ La célèbre association française des épargnants AFER, avec 750.000 adhérents, demande déjà un pourcentage minimum de 30 % d’unités de compte (c’est-à-dire des actions au lieu des obligations des fonds euros) pour les nouveaux contrats de plus de 100.000 euros (entre 35 % et 70 % pour AG2R la Mondiale selon les montants versés). Les compagnies tentent de dissuader les épargnants de se « ruer » sur les fonds en euros, dont le rendement baisse, mais qui peuvent encore rester positifs quelques années, en raison de l’inertie des portefeuilles, car il faut environ quinze ans pour remplacer en totalité les obligations contenues dans les portefeuilles d’assureur en fonds euros.
___ Selon le cabinet de conseil international McKinsey, alors qu’on nous explique que tout va bien, plus d’une banque sur trois pourrait disparaître dans le monde, 47 % de ces dernières se trouvant en Asie et 37 % en Europe de l’Ouest. Les taux bas diminuent, aussi les marges des banques, suite à des crédits de plus en plus risqués et de moins en moins rémunérateurs, tandis que le coût des dépôts reste stable. Le spectre de la perte de confiance dans le Système apparaît… tandis qu’on nous annonce une croissance chinoise bientôt sous les 5 %.
___ Le  a vu son prix multiplié par 7, entre 1980 et 2008, à environ 14.000, pour retomber à environ 6.000, en 2009, et se retrouver, aujourd’hui, au chiffre stratosphérique d’environ 27.000. La Bourse de Paris, à 5.700, est aussi à son plus haut niveau depuis le 12 décembre 2007. Quant à l’indice du prix des logements rapporté au revenu par ménage, en prenant l’année 1965 comme base de référence, il a toujours oscillé autour de 1 de 1965 à 2000, pour s’élever brusquement à la verticale, à 1,7, de 2000 à 2019.
___ L’horizon économique s’assombrit en Allemagne, avec 1 % de croissance pour 2020 et 0,5 % pour 2019. L’économie chinoise ralentit, avec une croissance à 6 % au troisième trimestre, soit sa plus faible performance depuis 27 ans, malgré plus de 100 mesures de soutien monétaires et fiscales. Les USA vivent le plus long cycle de croissance répertorié depuis 1854, avec de mauvais chiffres de production industrielle, suite à une croissance artificielle générée par des mesures fiscales et l’injection, en moyenne, de 4 dollars de liquidités par les banques centrales pour un dollar de croissance obtenu. La Banque mondiale et le FMI alertent, de leur côté, sur une chute drastique de la croissance « dans près de 90 % du monde » et des échanges commerciaux.
___ Kristalina Georgieva, nouvelle patronne du FMI, enfonce le clou : « Si un ralentissement majeur se produisait, la dette des entreprises exposées au risque de défaut de paiement augmenterait à 19.000 milliards de dollars, soit près de 40 % de la dette totale dans huit économies majeures » (notamment Chine, Japon, États-Unis et Europe). En Chine, les dettes risquées ont bondi, en dix ans, de 40 à 75 % du PIB. Le risque de défaut de paiement dans le monde serait alors supérieur aux niveaux observés pendant la crise financière de 2008. Les dettes des entreprises pourraient jouer le rôle des prêts immobiliers subprime aux États-Unis en 2008.
___ En Europe, le Parlement des Pays-Bas a alerté la BCE sur les risques de diminution des retraites que les taux très bas et négatifs causaient aux fonds de pension de retraite. En France, pour éviter la faillite de l’assureur Suravenir, suite aux taux négatifs, le Crédit mutuel Arkéa a dû recapitaliser sa filiale à hauteur de 500 millions d’euros. Après Lombard Odier en France, UniCredit, la première banque italienne, toujours en raison des taux d’intérêt négatifs, vient de déclarer qu’elle allait taxer les dépôts de plus de 100.000 euros. La bombe à retardement des taux négatifs pourrait bien même se propager un jour aux États-Unis.
___ La France, avec une dette de 99,5 % du PIB, rejoint le « club » des pays surendettés dépassant les 100 % du PIB, soit les États-Unis (106 %), la Belgique (102 %), la Grèce (181 %) et le Japon (238 %). Les emprunts des États et des entreprises affichant des rendements négatifs viennent d’atteindre 17.000 milliards de dollars, soit 20 % du PIB mondial. Les fonds en euros d’assurance-vie, acheteurs obligés de ces titres, selon les réglementations prudentielles, continuent donc leur lente marche vers l’agonie en prélevant, pendant quelque temps encore, sur les réserves de la PPB (provisions pour participation aux bénéfices). Mais ces fonds seront un jour dans l’incapacité de faire face à la liquidité et de garantir le capital des épargnants.
                                                                        D'apres Lupus
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mardi 5 novembre 2019

Réunification en question

       Les dessous de la réunification allemande.
                                                      A l'occasion de l'anniversaire du processus que déclencha la chute du Mur, un certains nombre de débats resurgissent, par delà l'événementiel, sur les conditions de cette réunification, anticipée, souhaitée, mais arrivée plus vite que prévu, dans des conditions très spécifiques qui étonnèrent l'Europe.
     1989 marque le début d'un processus, dont on mesure mieux aujourd'hui la nature et les conditions, longtemps occultées ou peu diffusées. Conditions qui pourraient, dans une certaines mesure, expliquer les réactions actuelles, notamment électorales, d'une partie de la population de l'ex-Allemagne de l'Est.
  Dire que les choses auraient pu mieux se passer, surtout au niveau économique et social, est une évidence.
    La polémique resurgit, notamment dans certains débats publics. La discussion continue, comme sur Public Sénat. Des historiens continuent de s'interroger de manière critique sur les conditions imposées par Bonn à Berlin. Les critiques engendrées pas l'agence  de circonstance Treuhand n'ont pas fini de provoquer des réactions. 
   L'histoire aurait pu s'écrire autrement, après la faillite d'un système...
    Ce fut la politique de la tabula rasa qui prévalut. Une privatisation au pas de charge, selon le catéchisme ultralibéral de Kohl et de Schäuble. qui laisse encore des traces.
     Il est bien sûr encore trop tôt pour fournir une analyse assez exhaustive et nuancée de l'impressionnante réunification allemande, qui a pris tout le monde de court, et qu'il fallu largement inventer, voire bricoler.
   Arte a eu l'heureuse idée de diffuser un document sur ce événement déterminant dans l'histoire récente de l'Allemagne.       Mais  le sujet a été trop vite traité, de manière trop anecdotique.  Quelques aspects furent abordés concernant le climat affairiste, la brutalité et l'improvisation lors du démantèlement de l'ex-Allemagne de l'Est, par des capitaux privés de l'Ouest et d'autres pays.
    Quand on relit les déclarations des responsables politiques français avant les faits, on est frappé par les doutes et les réticences devant une éventualité marquée par tant d'inconnues. La gestion de ce redoutable héritage d'après-guerre n'était pas sans risque.
   L'accouchement fut difficile, après la chute du Mur, l'incertitude dominait.
L'inquiètude aussi dans les pays voisins européens, dans un climat de tension que nous avons oublié.
     Le succès de l'opération fut mitigé, avec une série d'erreurs, chères payées, dont le poids financier ne retomba pas que sur Bonn..
  La réunification fut jugée totalement asymétrique:
  ...la privatisation de l’économie est-allemande via un organisme spécialisé le Treuhand, dont la gestion ne fut pas exempte de diverses dérives. Plutôt que d’assainir dans la durée les entreprises publiques concernées, on les dépeça : 85% d’entre elles furent acquises par des Allemands de l’Ouest qui en prirent les commandes, y compris pour les liquider au plus vite ; 5% par des Allemands de l’Est. Des millions de kilomètres carrés de forêts et de terres arables furent de même cédées à très bon marché. Selon une plaisanterie répandue en ex-Allemagne de l’Est : « Les événements de 1989 ont été une vraie révolution»
    Treuhand aux commandes: les bilans furent contrastés, les décisions souvent opaques, les pratiques parfois douteuses.
    Un  bilan mitigé, en tous cas. La polémique sur les modalités de la transition, qui fut une vraie déchirure, bien qu'atténuée aujourd'hui, n'est pas éteinte et il reste beaucoup à comprendre pour les historiens sur l'événement qui reconfigura l'Europe..La crise de l'euro aurait là une de ses origines importantes selon le journaliste allemand W.Münchau..
  Les écrivains furent  plutôt partagés sur le sujet.  On se rappelle comment le romancier Gunter Grass, lui, ne fit pas dans la dentelle. 
     L'affaire coûta cher à l'Europe. Le décalage est persistant.Le dossier reste ouvert...Pour un inventaire politique?
  __Point de vue: Une unité encore problèmatique.
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__ Point de vue:  
                           ....L’hebdomadaire « Der Spiegel », « « Bild » Zeitung pour bacheliers » selon l’humoriste Volker Pispers, saisit l’occasion pour expliquer à ses lecteurs les vraies raisons des succès électoraux de la droite identitaire, notamment dans les Länder de l’ancienne RDA : « Les « Ossis » sont tout simplement racistes ». Sous le titre « Les électeurs de l’AFD sont des privilégiés » le tabloïd pour intellectuels formatés vient de présenter une étude du sociologue Alexandre Yendell, contredisant la thèse selon laquelle les gens voteraient AFD parce que les partis traditionnels ne leur offrent plus aucune perspective d’avenir.        L’argumentaire, étayé par l’hebdomadaire hambourgeois, est essentiellement basé sur un amoncellement de sondages. L’article commence par une boutade, annonçant la couleur « scientifique » d’un exposé dégoulinant de mépris. « Ce n’est pas parce que le nombre de cigognes a baissé dans les pays industrialisés et que simultanément le taux de natalité y a baissé également, que nous devrions en tirer des conclusions sur la fécondité des citoyens. De la même manière, il n’y a aucune corrélation entre les motivations des électeurs à voter AFD et une supposée pauvreté, engendrée par un chômage supposément endémique dans l’ancienne RDA. »     « Der Spiegel » fournit pourtant une analyse plus « nuancée » dans un autre article, paru en février 1997 celui-ci, intitulé « La République démocratique allemande en promotion », dans lequel l’hebdomadaire s’insurge contre « la guilde des managers rapaces, avides de dépecer l’ancienne RDA. »               L’hebdomadaire y reproche ainsi à l’establishment ouest-allemand d’avoir « laissé un des leurs, le directeur de la « Treuhandanstalt » en l’occurrence, à la vindicte populaire, préférant se servir une fois le sale boulot effectué », le licenciement de centaines de milliers d’ouvriers suite aux privatisations forcées sous le contrôle de la « Treuhandanstalt », dans le but de préparer le terrain pour les « rapaces ».    Les « Ossis » en revanche n’ont jamais été dédommagés pour le pillage de leur économie, bien que ceci fut prévu dans un paragraphe du traité entre la République fédérale d’Allemagne et la République démocratique allemande, signé le 1er juillet 1990 par les ministres des finances Theodor Waigel et Walter Romberg, formant « l’Union économique monétaire et sociale », paragraphe prévoyant « la distribution de bons de participation à tous les citoyens de la ex-RDA », une promesse jamais réalisée. De l’ensemble des firmes privatisées, 85% furent acquises par des allemands de l’Ouest, 10% par des investisseurs étrangers et 5% par des citoyens de l’ex-RDA.    Pour financer le bradage, fut introduit, en 1995, une « taxe de solidarité », « Soli », de 5,5 % de l’impôt sur le revenu à partir d’une facture fiscale de 972 EU par année, taxe qui rapporte à l’état, à ce jour, 16,8 milliards EU par année. ...
                             ___________________________________________________

lundi 4 novembre 2019

Mourrez, nous ferons le reste

Ceci est mon e-testament!                                 (bis repetita)
  ________________________Pourrez-vous dire demain.
 Le plus tard possible, bien sûr..
__Pour ceux qui n'en étaient pas convaincus, Google est vraiment plein de sollicitude à votre égard..
 Non content de vous suivre pas à pas, dans la vie, il vous accompagne jusqu'au tombeau.
Mais pas au-delà.
Après, c'est votre affaire...
   Soucieux de votre personne, il prend en charge quelques menus problèmes, dont la gestion ne vous est plus nécessaire dans l'au-delà, et efface tout sur simple demande...avant que la nature se charge de le faire pour votre corps mortel.
   Il ne va pas tout de même pas jusqu'à vous remettre post mortem en main inerte une clé USB contenant toutes vos traces laissées sur le web, que vous pourriez réutiliser peut-être plus tard sur quelque méga-ordinateur céleste, mais il peut garantir que vos e-oeuvres seront à tout jamais à l'abri de toute indiscrétion et réutilisation futures. Vous ne laisserez plus vos productions  dans les poubelles du net, à la merci de médiocres ou malhonnêtes usagers. Place nette sur le net!
       __Même s'il n'y a  pas de vie virtuelle après la mort (mais qui sait?), pour Google, il y a au moins une façon de l'organiser. Le géant américain vient de lancer son nouveau service "Inactive Account Manager", qui permet de prévoir et d'organiser ce qu'adviendront les données personnelles du titulaire d'un compte Google, avec tous ses services associés, après sa mort...
Celui-ci pourra en premier lieu décider de la date de mise en inactivité de son compte (trois, six, neuf ou douze mois après sa mort), ainsi que de ce qu'il adviendra de ses photos sur Picassa, de ses vidéos publiées sur Youtube ou de ses Google Docs. Le titulaire du compte peut ainsi décider du transfert de l'ensemble de ses données vers une personne de son choix..."
 "Inactivité" , c'est bien le mot....
__Sympa, non? Et tout cela gratuitement!
      Si vous le désirez, vos héritiers et amis pourront même en profiter, gardant ainsi de vous un e-souvenir impérissable.
Un simple clic remplacera une visite fastidieuse à une cimetière peut-être lointain.
   Des pages de commémorations seront prévues..
 "Nous espérons que cette nouvelle fonction vous permettra de préparer votre vie numérique après la mort, d'une manière qui protège votre vie privée et votre sécurité", a commenté le géant de l'internet.
 On ne meurt pas tout à fait...pour Facebook non plus..
    .Sur Memorial on line non plus...
        Merci qui?
                 Alleluia!
_________________

dimanche 3 novembre 2019

Lu aujourd'hui

__ Thiaroye: 1° décembre 1944.

__ Terreur en Mer du Nord.

__ La reconquista?

__ On ne paie pas pour le Labrador.

__ Génial!

__ On ne meurt pas tout à fait...pour Facebook.

__ Nouveaux mercenaires.

__ Au nom du dollar.

__ Se souvenir, oublier.

__ EDF: vers un démantèlement.
        Que veut Jupiter?
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samedi 2 novembre 2019

Chasse aux sorcières?

Rhétorique trumpienne
                           En cette période d'Hallowen, la chasse aux sorcières est entamée.
      Donald est furieux. Il fulmine. On l'accuse de tous les maux, même des pires!
                      On lui reproche même des mensonges.

  On lui en veut, c'est clair. Par ici, par là. Et si le Sénat s'y mettait aussi...
 On s'acharne contre son auguste personne.
    Lui qui est à l'abri de tous soupçons, il en est sûr.
     Surtout en ce moment.
  Il est même le meilleur. D'ailleurs il le dit...
  Le roi de l'hyper narcissisme, l'homme de tous les superlatifs n'a pas fini d'étonner le monde par ses sorties remarquées.
 Pour faire plus fort que lui, même César n'aurait pas osé.
  Il est le plus grand Président... sans attendre le bilan.
      Elu de Dieu même. En toute modestie.
  Trump, le super Président, tout en verve, stupéfiant d'audace, fait toujours dans la nuance
    Diriger est une question d'instinct, pas de réflexion.
       Foncer, telle est sa devise.
   ...Donald Trump fonce. Et durcit chaque jour un peu plus sa rhétorique, répétant à l’envi sa nouvelle ligne d’attaque : « Ils n’aiment pas notre pays. Vous savez quoi ? S’ils ne l’aiment pas, dites-leur de le quitter ! »
« Voter pour un démocrate en 2020, quel qu’il soit, c’est voter pour la montée en puissance du socialisme radical, la destruction du rêve américain et, pour le dire clairement, la destruction de notre pays », a-t-il conclu mercredi soir, des propos peu communs dans la bouche d’un président américain....
    Voilà qui est clair.
                                 ________________________________

vendredi 1 novembre 2019

Ultima verba

Derniers messages 
                           La visite des cimetières n'est pas toujours triste.
          Au Père Lachaise, on peut y faire d'intéressantes découvertes, tout en s'y promenant fort agréablement. 
         On peut difficilement résister au charme étrange  de certains cimetières ruraux anglais, curieusement désordonnés, comme à l'abandon, ou aux couleurs presque joyeuses des cimetières mexicains ou antillais. Il y a aussi les roumains et les autres...
      Mais le plus intéressant est ce qu'on peut lire sur la pierre ou le bois, les ultimes paroles du disparu ou de ses proches.
   Chacun laisse un petit message, avant de partir, comme une bouteille à la vie.
                      Enfin, s'il y pense, s'il peut, s'il en a eu envie...   
Ou d'autres se sont chargés de le faire à sa place,..avec plus ou moins de bonheur, parfois avec un mauvais goût plutôt kitch.
    Il y a des taiseux qui partent discrètement, sans laisser un mot sur la table
 Certains ne laissent pas de message. La plupart même.
Surpris pas la faucheuse. Manque de temps ou d'esprit...Ou par indifférence: après moi...
   D'autres choisissent un granit froid, net, mais poli. Sans tralala. Silence éternel.... 
Il y a les laconiques, à la formule sèche et courte, à la romaine, du genre: N'oublie pas que tu es mortel.. Au cas où on l'oublierait...
   Il y a les volubiles, les bavards, qui en font des tonnes, pour attirer les futurs regards. Narcissiques jusqu'au bout...et au-delà. 
   D'autres font dans le conventionnel le plus plat: Au revoir, là-haut.. sans préciser les coordonnées...
D'autres font de l'humour jusqu'au bout. Ils ont ma préférence .Ils n'ont pas pris la mort au sérieux.
  Certains vont jusqu'à se moquer du monde gentiment ou cruellement, ou lancent une dernière blague, comme Allais: Ci-gît Allais - sans retour....ou comme Francis BlancheLaissez-moi dormir ! J'étais fait pour ça !
          Il y a les poètes, comme   d'Alfred de Musset au cimetière du père Lachaise, qui versifient jusqu'au bout: : 
Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré;
La pâleur m'en est douce et chère
Et son ombre sera légère
A la terre où je dormirai ! 

     Il y a les farceurs  comme le poète Scarron, premier mari de Madame de Maintenon, qu'une maladie, une terrible infirmité, empêcha toute sa vie de dormir ! Il rima pour lui-même : 
Passant, ne fais pas de bruit !
Garde que ton pas ne l'éveille,
Car voici la première nuit
Que le pauvre Scarron sommeille ! 

      Il y a aussi les misanthropes ou les fatigués de la vie qui, comme Fernandez (1928-2005) soupirent éternellement de béatitude: Enfin seul! 
______Bref, l'imagination de certains semble sans limites...
                          Les épitaphes, quand elles sortent du conventionnel, font rêver ou sourire, selon le cas. La mort est ce qu'elle est, triste et froide C'est ce qu'en disent les hommes qui présente un intérêt.
       Non, vraiment, pas toujours tristes, les cimetières.
___L'épitaphe: un vrai sujet.
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