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vendredi 2 janvier 2015

Anglais: le bon sens

Incredible, ridiculous!
                                      Yes, sir, un délégué français à la commission européenne écrit à un ministre français et collègue..in english!...alors que le français reste une des principales langues de travail à Bruxelles.
                   " ...L’envoi d’une missive en anglais par Pierre Moscovici à Michel Sapin est totalement ridicule. En outre, rien ne le justifie, le français faisant en plus partie des langues de travail de la commission. Rien ne justifiait l’emploi de la langue de Shakespeare entre deux français, à moins qu’il ne soit décrété que l’anglais soit la seule langue de travail de l’UE, ce qui n’est pas le cas. Et cela est d’autant plus absurde que Londres devrait organiser un référendum sur la sortie de l’UE. Il est donc encore plus affligeant que deux français correspondent officiellement dans la langue d’un pays qui pourrait quitter l’UE. Un ami indique souvent que la Banque de France publie de plus en plus en anglais sans même traduire.
 Il faut bien reconnaître que l’anglais a fini par s’imposer comme la nouvelle lingua franca du monde, portée par de multiples vents : la place économique des Etats-Unis, le relais de la culture populaire anglo-saxonne mais aussi la mondialisation, qui pousse les multinationales à adopter cette lingua franca pour travailler par-delà les frontières. L’immense majorité de ceux qui cèdent à l’utilisation de l’anglais le font bien plus par commodité que par un quelconque dessein funeste, influencés que nous sommes par les différents facteurs vus plus hauts. Mais comme le note Alain Borer dans une interview passionnante, « nous collaborons à la disparition du français  », un asservissement et un appauvrissement..."
  _______      Pourtant, une étude récente introduit un peu de bon sens dans l'enseignement précoce des langues !
   "... Une équipe suisse (1) a récemment fait une revue de la littérature sur l'âge et l'apprentissage des langues étrangères, en d'autres termes sur l'intérêt de l'apprentissage précoce. Cette étude confirme tout ce que nous avons souvent dit, et infirme les dogmes actuels.
(Par ailleurs, Christian Puren, de l'Association des professeurs de langues vivantes (APLV), en a fait un très intéressant compte-rendu téléchargeable sur le site de l'APLV)
Essayons de résumer les points principaux, sans les précautions et le jargon de la didactique des langues.
L'apprentissage précoce des langues à l'école n'a pas prouvé sa supériorité  : le niveau n'est globalement pas meilleur sur le long terme, voire moins bon à court terme sur certaines compétences..."
  ____        Défendre le français contre le tout-globish est un impératif.     Ce que font les Québécois.
   L'anglais oui, mais l'anglomanie généralisée, galopante, déjà décriée au 19°s. est une erreur. Une bêtise.
    Ce n’est pas l’anglais qui nous menace, langue belle et difficile au demeurant, c’est l’anglomanie généralisée, le globish imposé, qui est aussi une américanolâtrie naïve, dont se moquent nos amis anglophones.
   Même le  New-York Times s'étonnait de  "ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France"
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mercredi 20 septembre 2017

Globish(s) à tout faire

Il y a l'anglais et il y a le globish.
            Ou plutôt des globishs, plus ou moins jargonnant.
     Celui de la rue et celui de l'ingénieur ou du pilote de ligne, celui du touriste ou celui du fonctionnaire de Bruxelles.
     Celui qui peut être occasionnellement utile, à l'heure de la mondialisation, et celui qui sert surtout à frimer ou à "faire moderne", celui du faste foude ou du hairdresseur de mon coin.
      L'influence d'Outre-Manche , le soft power des USA est passé par là et a conquis les esprits au delà du raisonnable. Et le phénomène s'accentue very quickly dans des domaines de plus en plus étendus de la vie commerciale, technique, publicitaire... Dans certaines grandes entreprises comme dans les banques, même dans les relations internes, le globish  tend à devenir le new langage de la com', comme si la langue de Malherbe était devenue le  patois d'un autre temps. Cette frénésie peut aller, dans certains milieux  jusqu'à un certain mépris de la langue de nos pères.
     Comme disait Churchill, qui connaissait la richesse de sa langue, «l’anglais est une langue facile à parler mal»
     Un peu de globish, ça va...trop de jargon pseudo-anglo-américain, bonjour le délire.
  D'autant que l'anglais est un monde linguistique multiforme: du Pakistan à l'Arkansas, en passant par Canberra, il n'est pas sûr que l'on se comprenne.
    Et si on en venait à la langue de Molière, plein de ressources, qu'on parle souvent mieux à Dakar qu'à Aubervillers?
   Pour les laudateurs inconditionnels de ce sous-produit linguistique international, c'est le nouvel espéranto de demain, Dans la rue de ma PVP (petite ville de province), fleurissent de plus en plus des enseignes en pseudo-shakespearien. Le coiffeur s'y met aussi ainsi que des artisans ayant jargon sur rue.
  Une étonnante novlangue envahit nos revues, nos avenues et même nos campagnes.
       Le tout-anglais à l'école, le plus tôt possible, comme le préconisait le très moderne Luc Chatel, quand la langue française s'est réduite à ce point, c'est de la folie et un échec programmé.
   Brexit ou pas, il serait temps d'entrer en résistance contre cette voie absurde, quand on sait qu'on apprend vite et bien une langue étrangère quand on maîtrise bien la sienne. Pourquoi ne pas commencer au berceau et confier une nouvelle mission éducative aux baby-sitters gardiennes d'enfants? Histoire de mieux préparer l'entrée à l'université...
     Défendre le français, comme nos amis du Québec, n''est pas honteux. La langue n'est pas qu'on outil, mais un véhicule de la pensée qui se forme et se forge en parlant.
  L'anglomanie gagne les hautes sphères. A Bruxelles, la dérive est évidente, comme le déplore un journaliste habitué des lieux:
                  Le monolinguisme, l’un des traits les plus significatifs de la « Bulle européenne »:Par négligence et lâcheté, les dirigeants de l’Union et les fonctionnaires de Bruxelles ont laissé choir le multilinguisme et n’usent pratiquement plus que d’un seul idiome… L’anglais ? Que nenni. « À Bruxelles, c’est le globish qui règne en maître, une forme appauvrie à l’extrême de la langue de Shakespeare qui permet tout le monde de communiquer sans problème » (p. 155). Cet idiome est semé de néologismes propres à la Commission au point qu’il a fallu publier un dictionnaire des correspondances entre le mot anglais et sa traduction en globish bruxellois (comme for example au lieu de for instance).____Il ne s’agit pas d’un trait secondaire ! « La langue n’est pas neutre, rappelle Jean Quatremer. Elle véhicule des valeurs et des concepts et, surtout, seule la langue de naissance permet de communiquer au plus près de sa pensée : ce n’est pas un hasard si un Américain, un Chinois ou un Japonais ne négocie jamais dans une autre langue que la sienne » 
        L'usage inconsidéré du globish n'est pas neutre
           L'anglais oui, mais l'anglomanie généralisée, galopante, déjà décriée au 19°s. est une erreur. Une bêtise.
    Ce n’est pas l’anglais qui nous menace, langue belle et difficile au demeurant, c’est l’anglo-folie généralisée, le globish imposé, qui est aussi une américanolâtrie naïve, dont se moquent nos amis anglophones.
   Même le  New-York Times s'étonnait de  "ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France" 
      "Cette discussion sur la place de l’anglais par rapport aux autres langues est assez vaine. Si l’anglais est dominant dans le monde, c’est parce que les Anglo-saxons forment la plus grande puissance, tout simplement. Du temps de Napoléon, toute l’élite européenne parlait le français. C’est l’histoire qui détermine la diffusion d’une langue, c’est-à-dire de la culture de la puissance dominante du moment.
 Le véritable danger du globish est sa simplicité. Il s’agit de la novlangue d’Orwell. La simplification signifie que la langue devient essentiellement utilitaire et qu’il est malaisé de manier les concepts. En d’autres termes, le débat d’idées devient quasi impossible dans un idiome réduit à la syntaxe sommaire....
        -"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca.
                         -« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner.
    Demain, c'est le  "team building" des députés macroniens. Qu'on se le dise! 
          Je vous laisse, j’ai un focus group sur le workflow et c’est plutôt touchy.

                                 Hey guys, lose the frogtalk and speak a real language!       

   Fuir le ridicule, qui ne tue plus, retrouver le bon sens, le plaisir de sa langue, ne serait pas superflu.

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jeudi 2 décembre 2010

Anglomania

Anglomanie en question

Notre français file-t-il à l'anglaise?

Parlez-vous globish ? ...yes, indeed!

"On n’entend que des mots à déchirer le fer,
Le railway, le tunnel, le ballast, le tender,
Express, truck et wagon ; une bouche française
Semble broyer du verre ou mâcher de la braise...
Certes, de nos voisins, l’alliance m’enchante,
Mais leur langue, à vrai dire, est bien envahissante !
Faut-il, pour cimenter un merveilleux accord,
Changer l’arène en turf et l’exercice en sport,
Demander à des clubs l’aimable causerie,
Flétrir du nom de grooms nos valets d’écurie,
Traiter nos cavaliers de gentlemen-riders ?
Je maudis ces auteurs dont le vocabulaire
Nous encombre de
mots dont nous n’avons que faire !(Viennet (1777-1868)

__Déjà, au 19° siècle, dans le contexte du développement de la puissance industrielle et politique anglaise, certaines critiques s'élevaient contre une certaine anglolâtrie française en usage dans la bourgeoisie, une forme d'imitation naïve, ridicule du "Maître" de l'Europe, de ses moeurs et de sa langue...
____________
Un mal qui répand la terreur, une contagion qui fait fureur, une mode pour être à l'heure (anglaise), un snobisme qui fait peur..
A la limite, on pourrait entendre ceci dans certains quartiers d'affaires:"
"....C'est aussi indispensable dans un brainstorming que pour un one to one au desk du boss. En effet, si vous ne comprenez pas les résultats du benchmarking sur le B to C offshore, gare au downsizing. Une place dans l'open space, ça se mérite. Vous devez être simply the best. Mais no stress : avec un bon coach, sky is the limit quel que soit votre background. Travaillez straight to the point pendant les jours en day off et vous serez on top."
,
Kouchner a pu déclarer sans rougir : « L’anglais est l’avenir de la francophonie"

_______________Même les Québecois déplorent un de nos travers qui s'aggrave et s'élargit:
la fatigue linguistique de la France.
Allons-nous un jour devenir étranger à notre propre langue?

"
Quand la France s'anglicise avec enthousiasme et désinvolture, bien au-delà de ce qu'exigent ses intérêts, quand elle donne l'exemple du zèle dans la soumission au nouvel empire, elle trahit ceux et celles qui depuis Léopold Senghor ont cru à une universalité de la culture française qui survivrait au déclin du pouvoir politique de la France. Le prestige de la culture grecque n'avait-il pas survécu à l'affaiblissement de la Grèce? "
____________Un article du New-York Times
soulignait "ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketique qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l'affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d'Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d'après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français?)
Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culture
. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britannique v. La diplomatie française s'est mise aussi à l'english, en publiant, sous l'impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l'impérialisme cool de l'anglais », ainsi que l'a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d'être autre chose qu'une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne.
Si le français fut l’une des langues fondatrices de la construction européenne, il se recroqueville aujourd’hui dans l’arrière-cour de l’Union européenne, détrôné par un « euroglish » triomphant. ..
."

__Même Alain Touraine se croit obligé d'utiliser l'anglais pour faire une communication à Montréal , dans le cadre d'une réunion sur la francophonie!

___Il ne s'agit pas de critiquer l'usage souvent nécessaire de l'anglais de base dans les cas où il est devenu incontournable, pour des raisons pratiques, techniques,commerciales, puisqu'il s'est imposé historiquement, surtout depuis la fin de la dernière guerre, comme un effet manifeste de la montée de la puissance économique et politique anglo-saxonne, comme la latin s'était répandu pour assurer le pouvoir de l'empire romain jusqu'à ses confins. Nous sommes encore pour longtemps dans la sphère d'influence culturelle des USA.
Ce qui fait problème, ce sont les usages inutiles d'un globish de base assez pauvre qui fonctionne comme symbole de "modernité", dans des domaines ou des contextes où il ne s'impose pas. Une mode, un symbole de fausse distinction et d'ouverture mimétique, sur la base d'une langue maternelle de moins en moins valorisée et maîtrisée.
Dans les entreprises mêmes, l'anglomania fait fureur, pour des raisons discutables.
Comme la maîtrise d'un latin (dégradé, comme le globish) au Moyen Age et à l'époque classique impressionnait les "ignorants" et était un instrument de pouvoir écclésial , juridique, médical (cf.Molière)...


Assez d'anglolâtrie! nous disent nos cousins canadiens, nous incitant à ne pas céder au "désespéranto".
L'anglais, une langue utile, pour l'instant, dans les échanges internationaux, qu'il faut remettre à sa place, une langue comme les autres, et non une langue culte, où l'on puiserait de manière ridicule et inutile des éléments de substitution pour une langue défaillante et mal aimée...
Défendons notre bien commun, sans cocoricos.
___Pour exister, il n'est pas besoin de parler English...
_______________________________
Sorry, mon billet n'est pas top. Il mériterait un rewriting...

samedi 25 mai 2013

L'anglais pour tous?

 Un problème mal posé 
____________________Les députés ont voté,  dans la plus grande confusion, jusqu'à en perdre leur latin.
 Il y a sans doute de bonnes raisons, par commodité, à maintenir l'anglais comme langue de publication à un niveau de recherche élevé dans les sciences dures, étant donné la nécessité de fait de lire et de transmettre des données à une échelle internationale.
Comme dit un chercheur,"...L’anglais est, de fait, la lingua franca des sciences et techniques, comme l’a été le latin par le passé. C’est parce que nos collègues coréens, japonais, italiens, allemands, espagnols, hongrois, etc. écrivent leurs articles scientifiques en anglais que nous, scientifiques français, pouvons les lire : un chercheur dont le métier serait, par exemple, les mathématiques, ne pourrait se permettre d’apprendre toutes ces langues. Cet anglais est, certes, limité - ce n’est ni la langue de Shakespeare ni celle de Nabokov ; mais, si ces articles, ces monographies et ces thèses étaient écrits en français, ils ne seraient ni dans la langue de Montaigne ni dans celle de Proust.
Le langage scientifique se veut précis et univoque, son vocabulaire est codifié : il s’agit de transmettre des faits, des concepts, des idées, des démonstrations, sans se préoccuper de style. Il porte sur des phénomènes indépendants des cultures..."
___Certes, mais hors  ce domaine très spécialisé, c'est une aberration de vouloir enseigner en anglais systématiquement, hors des cours spécifiques à cette langue naturellement.
Ce sont des universitaires étrangers eux-mêmes qui nous incitent à ne pas renoncer à notre capital linguistique, surtout parce que: "Les langues ne sont pas interchangeables, on ne dit pas la même chose dans une langue et dans une autre. Vous avez la chance de disposer en français d’un formidable capital d’intelligence lié à une tradition plusieurs fois séculaire : ne le dilapidez pas en renonçant à la langue qui le constitue. Il est absurde de considérer le français comme un obstacle à l’attractivité de votre pays : dans la concurrence mondiale, il représente votre avantage comparatif, votre valeur différentielle..."
****___________________Ce n’est pas l’anglais qui nous menace, belle langue au demeurant, c’est l’anglomanie généralisée, le globish imposé, dont se moquent nos amis anglophones.
Même les Québecois déplorent un de nos travers qui s’aggrave et s’élargit : la fatigue linguistique de la France.
Allons-nous un jour devenir étranger à notre propre langue ?
"Quand la France s’anglicise avec enthousiasme et désinvolture, bien au-delà de ce qu’exigent ses intérêts, quand elle donne l’exemple du zèle dans la soumission au nouvel empire, elle trahit ceux et celles qui depuis Léopold Senghor ont cru à une universalité de la culture française qui survivrait au déclin du pouvoir politique de la France. Le prestige de la culture grecque n’avait-il pas survécu à l’affaiblissement de la Grèce ? «
____________Un article du New-York Times soulignait  "ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketique qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l’affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d’Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d’après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français ?)
Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques ; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culture
x. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britannique v. La diplomatie française s’est mise aussi à l’english, en publiant, sous l’impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l’impérialisme cool de l’anglais », ainsi que l’a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English  », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d’être autre chose qu’une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne.
Si le français fut l’une des langues fondatrices de la construction européenne, il se recroqueville aujourd’hui dans l’arrière-cour de l’Union européenne, détrôné par un « euroglish » triomphant. ..
."

__Même Alain Touraine se croit obligé d’utiliser l’anglais pour faire une communication à Montréal , dans le cadre d’une réunion sur la francophonie !
Nos politiques pourraient montrer l'exemple, ainsi que Bruxelles, qui en rajoute.... 
Stop à l'anglomania!
****________________________La fuite en avant vers le tout-anglais correspond à des rapports de forces politiques clairement explicités:
 A  l'heure ou le libre-échange euro-américain va se mettre en place, il faut se remettre en mémoire quelques affirmations non dépourvues d'ambiguïtés:
-"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca
-« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner
-Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »
  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ...affirmait David Rothkopf dans Praise of Cultural Imperialism, 1997)
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- Universités en anglais : les déboires européens
- Avenir de la Langue Française 
- Les mythes du tout-anglais
- L’enseignement supérieur en anglais véhiculaire : la qualité en question
- Le déshonneur linguistique
_ Ma langue
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lundi 19 février 2018

Question de langue

Français en souffrance
                                       Le Président Macron a déclaré être pour la promotion de la langue française. Bravo!
      Il est temps. Notre langue est malade d'apprentissages devenus déficients, de laxisme galopant, de mimétismes ridicules par rapport au globish dominant, chez le coiffeur du coin comme dans l'entreprise. Sans justification économique.
     C'est la pensée qui est affectée par certaines pratiques laxistes, par exemple dans la confusion trop courante entre l'usage du futur et du conditionnel, dans l'abandon progressif du passé simple, ce qui n'est pas conséquence dans la compréhension et le raisonnement.
  La défense du français est une question de bon sens avant d'être un réflexe de défense culturelle, car la pensée et son expression sont intimement liées. On pense comme on parle.
       Mais la réalité semble bien démentir les propos du Président:
            ...Notre Président nous donne plus l'impression d'être un VRP de l'anglais que d'être un promoteur de la langue française et du plurilinguisme.Bien sûr, il ne s'agit pas pour nous d'être négatifs pour le plaisir de nous torturer l'esprit,mais que penser, tout de même, du "Made for Sharing" du Comité de candidature de Paris-2024 que M. Macron a soutenu, alors que des associations de défense de la langue française l'avaient condamné, ainsi que l'Académie française ? ;  que penser aussi du fait que M. Macron ait laissé la délégation française de candidature de Paris-2024 s'exprimer majoritairement en anglais à Lausanne et à Lima devant les membres du CIO, alors que le français a le statut officiel de première langue de l'Olympisme (art.24 de la Charte olympique) et que chaque membre du CIO disposait, qui plus est, de la traduction simultanée ? ;  que penser du "Make our planet great again" que M. Macron a lancé aux yeux du monde entier ? Est-ce ainsi que l'on fait la publicité du français ? 
         On sait que résister à l'angliche envahissant n'est pas chose facile. La vigilance devrait être constante, comme chez nos amis québécois.
   Que le basic englisch domine dans le domaine des affaires est une donnée historique, peut-être provisoire. Mais l'anglomanie généralisé est d'un ridicule achevé, même dans les couloirs de certains ministères français ou dans les notes internes de service bancaires.
      Dans le contexte d'une francophonie qu'on proclame bien haut, cela n'est pas la meilleure voie à suivre:
    "Les exemples de désertion du combat pour la défense de la langue française sont si nombreux et si quotidiens qu’ils pourraient donner lieu à l’écriture d’une nouvelle version de L’étrange défaite de Marc Bloch. Nous ne sommes pas dans des causes conjoncturelles (comme certains voudraient nous le faire croire) mais dans des raisons structurelles face au tsunami ininterrompu de la langue anglaise. Il n’y a pas plus d’écoles de commerce dans notre pays. Elles ont cédé la place aux « Business Schools ». La compagnie publique Air France ne trouve pas mieux de trouver comme slogan que « Air France. France is in the Air », pensant conquérir des parts de marchés avec ce genre de publicités à deux balles. Le monde des affaires et du commerce est gangréné par le globish alors que les mots français existent et sont parfois plus élégants à entendre et à comprendre. La diplomatie française a capitulé depuis belles lurettes, ayant désormais honte de parler français dans les réunions internationales, laissant le soin de le faire à leurs collègues africains déboussolés par cette défaite en rase campagne. À l’Union européenne, le Français est en train de se transformer en langue vernaculaire. Pourquoi ne pas profiter du « Brexit » pour réclamer que les deux langues officielles de l’Union soient le Français et l’Allemand ? Pourquoi ne pas refuser les candidatures au poste de commissaire européen de tous ceux qui n’auraient pas un niveau suffisant de Français et s’engageraient à l’utiliser ? Que fait Michel Barnier, le piètre négociateur européen lorsqu’il se rend à Londres pour prolonger ses discussions sur le « Brexit » ? Il ahane ses fiches d’entretien (« speaking notes ») préparées par ses collaborateurs dans un mauvais anglais. A-t-il honte de parler sa langue maternelle ? Honteux pour pareil triste sire qui se revendique de l’héritage gaulliste !"
           L' idée pour le français de E.Macron souffre de quelques défaillances.
  Elle devrait être défendue tous azimuts dans tous les domaines "...dans les organisations internationales, notamment à Bruxelles et à Genève et appliquer sérieusement le vademecum adopté il y a 10 ans – Cela signifie promouvoir partout où on le peut et avec persévérance le plurilinguisme, en évitant d’être dans un rapport de forces bilatéral face à l’anglais- ce qui appelle des stratégies d’alliance contre les tenants du tout-anglais avec la Chine, le Brésil, l’Espagne, les Latino-américains, les Russes, etc...Remettre aussi de l’ordre chez nous dans les priorités de l’Education nationale, en prenant conscience que, pour que l’on parle davantage le français, nous devons connaître et pratiquer la langue des autres , et pas seulement l’anglais. Quelle erreur de songer à supprimer les classes bilingues alors qu’il faut au contraire les multiplier ! Enfin, et ce n’est pas le moins important, devrait être poursuivie une politique dynamique valorisant le métier de traducteur et d’interprète et visant à en favoriser 
     On a oublié que l'anglais et le français sont historiquement et linguistiquement plus proches qu'on ne le croit, que l'anglais est une langue française, qu'il fut un temps où la langue française envahissait l'anglais. On en retrouve bien des traces.
    On pourrait dire que l'anglais (ou plutôt certains de ses usages), moqués par beaucoup d'anglo-saxons, a tué le sein qui l'a nourrit. (*)
    Notre langue sous influence demande un retour à une pratique légitimement fière et décomplexée, sans cocoricos absurdes.
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     (*) - Un article du New-York Times soulignait  "ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketique qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l’affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d’Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d’après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français ?)
        Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques ; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culturex. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britannique v. La diplomatie française s’est mise aussi à l’english, en publiant, sous l’impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l’impérialisme cool de l’anglais », ainsi que l’a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English  », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d’être autre chose qu’une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne.
  Si le français fut l’une des langues fondatrices de la construction européenne, il se recroqueville aujourd’hui dans l’arrière-cour de l’Union européenne, détrôné par un « euroglish » triomphant. ..
."

__Même Alain Touraine se croit obligé d’utiliser l’anglais pour faire une communication à Montréal , dans le cadre d’une réunion sur la francophonie !
   Nos politiques pourraient montrer l'exemple, ainsi que Bruxelles, qui en rajoute.... 
   Stop à l'anglomania
_

______________________La fuite en avant vers le tout-anglais correspond à des rapports de forces politiques clairement explicités:
 A  l'heure ou le libre-échange euro-américain veut se mettre en place, il faut se remettre en mémoire quelques affirmations non dépourvues d'ambiguïtés:
-"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca
-« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner
-Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »
  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ...affirmait David Rothkopf dans Praise of Cultural Imperialism, 1997)

___
 Français, pour exister, parlez English ! 
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samedi 27 avril 2024

Et si on parlait français?

    Français en souffrance    (bis repetita... et plus)
                                                                    Le Président Macron a déclaré être pour la promotion de la langue française. Bravo!
      Il est temps. Notre langue est malade d'apprentissages devenus déficients, de laxisme galopant, de mimétismes ridicules par rapport au globish dominant, chez le coiffeur du coin comme dans l'entreprise. Sans justification économique.
     C'est la pensée qui est affectée par certaines pratiques laxistes, par exemple dans la confusion trop courante entre l'usage du futur et du conditionnel, dans l'abandon progressif du passé simple, ce qui n'est pas conséquence dans la compréhension et le raisonnement.
  La défense du français est une question de bon sens avant d'être un réflexe de défense culturelle, car la pensée et son expression sont intimement liées. On pense comme on parle.
       Mais la réalité semble bien démentir les propos du Président:
            ...Notre Président nous donne plus l'impression d'être un VRP de l'anglais que d'être un promoteur de la langue française et du plurilinguisme.Bien sûr, il ne s'agit pas pour nous d'être négatifs pour le plaisir de nous torturer l'esprit,mais que penser, tout de même, du "Made for Sharing" du Comité de candidature de Paris-2024 que M. Macron a soutenu, alors que des associations de défense de la langue française l'avaient condamné, ainsi que l'Académie française ? ;  que penser aussi du fait que M. Macron ait laissé la délégation française de candidature de Paris-2024 s'exprimer majoritairement en anglais à Lausanne et à Lima devant les membres du CIO, alors que le français a le statut officiel de première langue de l'Olympisme (art.24 de la Charte olympique) et que chaque membre du CIO disposait, qui plus est, de la traduction simultanée ? ;  que penser du "Make our planet great again" que M. Macron a lancé aux yeux du monde entier ? Est-ce ainsi que l'on fait la publicité du français ? 
         On sait que résister à l'angliche envahissant n'est pas chose facile. La vigilance devrait être constante, comme chez nos amis québécois.
   Que le basic englisch domine dans le domaine des affaires est une donnée historique, peut-être provisoire. Mais l'anglomanie généralisé est d'un ridicule achevé, même dans les couloirs de certains ministères français ou dans les notes internes de service bancaires.
      Dans le contexte d'une francophonie qu'on proclame bien haut, cela n'est pas la meilleure voie à suivre:
    "Les exemples de désertion du combat pour la défense de la langue française sont si nombreux et si quotidiens qu’ils pourraient donner lieu à l’écriture d’une nouvelle version de L’étrange défaite de Marc Bloch. Nous ne sommes pas dans des causes conjoncturelles (comme certains voudraient nous le faire croire) mais dans des raisons structurelles face au tsunami ininterrompu de la langue anglaise. Il n’y a pas plus d’écoles de commerce dans notre pays. Elles ont cédé la place aux « Business Schools ». La compagnie publique Air France ne trouve pas mieux de trouver comme slogan que « Air France. France is in the Air », pensant conquérir des parts de marchés avec ce genre de publicités à deux balles. Le monde des affaires et du commerce est gangréné par le globish alors que les mots français existent et sont parfois plus élégants à entendre et à comprendre. La diplomatie française a capitulé depuis belles lurettes, ayant désormais honte de parler français dans les réunions internationales, laissant le soin de le faire à leurs collègues africains déboussolés par cette défaite en rase campagne. À l’Union européenne, le Français est en train de se transformer en langue vernaculaire. Pourquoi ne pas profiter du « Brexit » pour réclamer que les deux langues officielles de l’Union soient le Français et l’Allemand ? Pourquoi ne pas refuser les candidatures au poste de commissaire européen de tous ceux qui n’auraient pas un niveau suffisant de Français et s’engageraient à l’utiliser ? Que fait Michel Barnier, le piètre négociateur européen lorsqu’il se rend à Londres pour prolonger ses discussions sur le « Brexit » ? Il ahane ses fiches d’entretien (« speaking notes ») préparées par ses collaborateurs dans un mauvais anglais. A-t-il honte de parler sa langue maternelle ? Honteux pour pareil triste sire qui se revendique de l’héritage gaulliste !"
           L' idée pour le français de E.Macron souffre de quelques défaillances.
  Elle devrait être défendue tous azimuts dans tous les domaines "...dans les organisations internationales, notamment à Bruxelles et à Genève et appliquer sérieusement le vademecum adopté il y a 10 ans – Cela signifie promouvoir partout où on le peut et avec persévérance le plurilinguisme, en évitant d’être dans un rapport de forces bilatéral face à l’anglais- ce qui appelle des stratégies d’alliance contre les tenants du tout-anglais avec la Chine, le Brésil, l’Espagne, les Latino-américains, les Russes, etc...Remettre aussi de l’ordre chez nous dans les priorités de l’Education nationale, en prenant conscience que, pour que l’on parle davantage le français, nous devons connaître et pratiquer la langue des autres , et pas seulement l’anglais. Quelle erreur de songer à supprimer les classes bilingues alors qu’il faut au contraire les multiplier ! Enfin, et ce n’est pas le moins important, devrait être poursuivie une politique dynamique valorisant le métier de traducteur et d’interprète et visant à en favoriser 
     On a oublié que l'anglais et le français sont historiquement et linguistiquement plus proches qu'on ne le croit, que l'anglais est une langue française, qu'il fut un temps où la langue française envahissait l'anglais. On en retrouve bien des traces.
    On pourrait dire que l'anglais (ou plutôt certains de ses usages), moqués par beaucoup d'anglo-saxons, a tué le sein qui l'a nourrit. (*)
    Notre langue sous influence demande un retour à une pratique légitimement fière et décomplexée, sans cocoricos absurdes.
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     (*) - Un article du New-York Times soulignait  "ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketique qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l’affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d’Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d’après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français ?)
        Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques ; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culturex. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britannique v. La diplomatie française s’est mise aussi à l’english, en publiant, sous l’impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l’impérialisme cool de l’anglais », ainsi que l’a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English  », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d’être autre chose qu’une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne.
  Si le français fut l’une des langues fondatrices de la construction européenne, il se recroqueville aujourd’hui dans l’arrière-cour de l’Union européenne, détrôné par un « euroglish » triomphant. ..
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__Même Alain Touraine se croit obligé d’utiliser l’anglais pour faire une communication à Montréal , dans le cadre d’une réunion... sur la francophonie !
   Nos politiques pourraient montrer l'exemple, ainsi que Bruxelles, qui en rajoute.... 
   Stop à l'anglomania
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______________________La fuite en avant vers le tout-anglais correspond à des rapports de forces politiques clairement explicités:
 A  l'heure ou le libre-échange euro-américain veut se mettre en place, il faut se remettre en mémoire quelques affirmations non dépourvues d'ambiguïtés:
-"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca
-« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner
-Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »
  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ...affirmait David Rothkopf dans Praise of Cultural Imperialism, 1997)

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 Français, pour exister, parlez English ! 

_____________________________________Autre chose:

               « La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.

La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.
Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.
Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.
Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.
Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.
Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots.
Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu?
Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée.
Parce que dans cet effort se trouve la liberté.
Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences.
Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté.»