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lundi 23 juin 2014

Argentine: démons et vautours

  La dette, encore la dette....
                                          Un cas d'école
                                                                  Mémoire d'un saccage
          Sous la menace d'une nouvelle faillite, l'Argentine revient au premier plan (1)
Mouton argentin
                           Après la chute de la terrible et ruineuse  dictature de Videla, le FMI appliqua au pays un remède de cheval libéral, avec privatisations tous azimuts, désengagement de l'Etat et alignement de la monnaie nationale sur  le dollar.Punition collective au fouet libéral.
       Les dirigeants font appel à des économistes de l’École de Chicago connus pour leur monétarisme pur et dur tandis que l'Argentine applique à la lettre les recettes du Fonds monétaire international (FMI), formalisées dans le « consensus de Washington ». Le cœur du dispositif est de mettre fin à la création monétaire contrôlée par les politiques c'est-à-dire totalement « laxiste ». Ils imposent de redresser les comptes publics et d'éviter les déficits structuraux. Ils prônent la privatisation de nombreux secteurs économiques, d'Aerolineas Argentinas à l'eau, l'électricité ou les retraites. Carlos Saúl Menem (Parti justicialiste), président de 1989 à 1999, affirma : « l'État fédéral ne devra plus s'occuper que de la justice, de l'éducation, de la santé, de la sécurité et des relations internationales. »
Vautour US
         Ce qui devait arriver arriva dans ce pays autrefois prospère, ne manquant pas de ressources.
 " « Tout économiste digne de ce nom aurait pu prédire que les politiques d’austérité allaient provoquer un ralentissement de l’activité et que les objectifs budgétaires ne seraient pas atteints. » disait le prix Nobel Stiglitz, exigeant une réforme de la finance internationale pour résoudre avec équité les problèmes de dettes, critiquant le capitalisme de casino.
         L'austérité,menace pour les démocraties, a conduit le pays au bord de la ruine, après l'appauvrissement et les gaspillages de la dictature et du système Menem.
      Durant cette période, la dette extérieure argentine est multipliée par cinq (passant de 8 à 43 milliards de dollars), alors que la part des salaires dans le PNB (produit national brut) passe de 43 à 22%. La dictature mènera à la crise de la dette puis à l'entrée officielle du FMI aux commandes financières du pays.
     Le FMI n'a fait qu'aggraver le situation, déstabilisant le pays, même si aujourd'hui il prétend tempérer la voracité des fonds vautours. La fermeté a payé à une époque.
        Pourtant;   Après sa gigantesque faillite de 2001 et son défaut de paiement, l'Argentine a réussi à refinancer en 2005 et 2010 environ 93% de sa dette portant sur près de 100 milliards de dollars, au prix d'une décote de près de 70%.
   Mais les fonds spéculatifs NML Capital et Aurelius, qui réclament le remboursement de 1,3 milliard de dollars en capital et intérêts, ont refusé à l'Argentine tout accord.
Le 21 novembre, un juge new-yorkais a ordonné à l'Argentine de verser 1,33 milliard de dollars aux deux fonds spéculatifs en remboursement de sa dette. Buenos Aires a fait appel de cette décision devant un tribunal de New York, et a aussi déposé un recours à la mi-juin devant la Cour suprême des Etats-Unis.
   Dans un communiqué, l'organisation représentant les fonds "vautours", American Task Force Argentina (ATFA) a elle aussi affirmé que le FMI allait "tenter de s'immiscer dans une procédure judiciaire entre l'Argentine et ses créanciers".
     Que le FMI, dont les mauvaises relations avec l'Argentine sont notoires, envisage de soutenir le pays sud-américain dans cette affaire "représente une tentative sans précédent de prise de pouvoir par le Fonds, une tentative de contourner le gouvernement des Etats-Unis dans une affaire judiciaire intérieure", affirme l'ATFA, appelant l'administration américaine à s'opposer à la volonté de Mme Lagarde.
(Le Figaro)

 _________________________ Après ses démons, l'Argentine a maintenant ses vautours, à l'affût des pays les plus endettés.
        Un fond vautour est un organisme financier  privé qui, comme un vautour, vient se nourrir du mourant ou du cadavre du mourant – en l’occurrence un pays avec quelques dizaines de millions de vrais gens derrière la réalité des chiffres. On pourrait aussi appeler ces financiers-là (ceux qui gèrent les fonds vautours) des charognes gérant des fonds charognes… certes moins doux que « fonds vautours » presque poétique !
Donc ces charognards des fonds charognes viennent racheter à très bas prix la dette d’un pays (ou d’une entreprise) lorsque la situation semble totalement désespérée. Évidemment, comme personne ne veut de cette dette parce qu’il s’agit d’une situation avérée ou presque de faillite, cette dette ne vaut rien ou pas grand-chose. Les charognards achètent donc des titres obligataires pour quelques pour cent de leur valeur initiale. Puis ils vont exercer le maximum de recours juridiques, notamment aux États-Unis où la loi est particulièrement sévère sur les obligations des emprunteurs et protectrices des très « gentils » créanciers (au nom du respect de la propriété privée). Naturellement, en France ou en Argentine, on se fiche comme d’une guigne d’une décision de justice américaine, sauf que… si vous n’obéissez pas à une décision de justice US, vous vous retrouvez immanquablement cloué au pilori des marchés financiers dominés de façon écrasante par le monde anglo-saxon et donc américain.
                                                     Vieille affaire que la dette...
          Les analogies avec le cas grec sont assez troublantes. (2)
  Cette affaire illustre spectaculairement les effets du transfert progressif depuis une vingtaine d’années des restructurations souveraines vers les juridictions des places financières d’émission (principalement New York et Londres). Lors de la crise de la dette des années 1980, a contrario, tout le problème avait été mis dans les mains du FMI : les cours de justice ont été entièrement absentes du jeu et les dettes ont été restructurées de manière très ad hoc, sans égard excessif pour le caractère « sacro-saint » des contrats. Il est frappant aujourd’hui que le durcissement des droits des créanciers privés aille de pair avec leur ré-ancrage dans les juridictions nationales. Corollaire, les implications en termes de gouvernance locale et globale sont largement ignorées, comme en témoigne l’indifférence des juges new-yorkais, tant envers la souveraineté (et ses immunités) qu’envers l’action multilatérale...
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__(1) ..." L’Argentine, qui a laissé de très mauvais souvenirs à la communauté financière – le pays a fait plusieurs fois défaut –, a essayé, cependant, de regagner un peu la confiance des créanciers internationaux ces dernières années. Un accord a été trouvé dernièrement au sein du club de Paris (qui regroupe les principaux pays créanciers occidentaux). De même, le groupe espagnol Repsol a été indemnisé, à la suite de la nationalisation de tous les actifs pétroliers argentins du groupe, décidée par Cristina Kirchner.
    Dans une dernière tentative pour éviter un nouveau défaut, le gouvernement argentin dit étudier une opération d’échange de titres (swap) : les nouveaux titres obligataires seraient placés sous la législation argentine et non plus sous la loi américaine, ce qui rendrait caduc le jugement de la Cour suprême. Des spécialistes doutent cependant que le gouvernement argentin ait suffisamment de temps pour réaliser cette opération.
     Les deux fonds vautours vont-ils envoyer l’économie argentine au tapis ? C’est ce que redoutent de nombreux observateurs. À la suite du jugement de la Cour suprême américaine, de nombreuses ONG se sont alarmées de la situation, estimant que cette décision amenait à faire payer les plus pauvres, en saisissant les richesses nationales. Même le Fonds monétaire international s’est inquiété du jugement de la Cour suprême américaine. La décision risque, en effet, de faire jurisprudence : les créanciers privés peuvent refuser toute restructuration future des pays trop endettés, comme cela a été le cas au Mexique par exemple ou en Grèce dernièrement. Les pays submergés par les dettes n’auraient plus alors d’autre recours que de faire faillite de façon plus ou moins organisée. L’Argentine pourrait en être le premier exemple..."
__ (2) Voilà ce que disait à ce sujet (dans le cas de la Grèce) l’ancien banquier Rainer Voss, dans un documentaire diffusé  sur Arte: “En Grèce, il fallait empêcher à tout prix, à tout prix, une faillite de l’état, c’était la priorité, les emprunts grecs peuvent être régis selon deux systèmes bien distincts : le droit international, en général en anglais, ou le droit grec. La différence est la suivante : selon la législation grecque, l’état peut décréter que sur les 10 000 euros que vous avez prêté, vous n’en récupérerez que 4 000, c’est déjà arrivé. Selon le droit anglais, les créanciers doivent se réunir en assemblée pour décider si une transaction est autorisée ou pas. Autrement dit, si je suis un fonds d’investissement et que sur un emprunt de 100 millions j’en rachète 75 millions, je dispose d’une majorité qualifiée, je peux dire aux grecs, où vous nous donner l’argent, où on vous laisse couler et automatiquement vous serez en faillite. C’est comme ça qu’ils opèrent, ils essayent vraiment de vous pousser à bout, ils tentent par tous les moyens de vous imposer leur droit, jusqu’à ce que vous disiez, se trimbaler une sangsue à cause de ces 20 millions de merde. Alors vous payez et ils ont gagné. C’est la méthode qui a été employée pour les emprunts grecs, Il y a eu des rachats d’emprunts selon le droit international, il suffit de consulter une liste (…). Maintenant le droit grec vous oubliez, il y a peut être 50-70-100% des contrats conclus en droit anglais, ensuite vous regardez combien d’argent vous avez et comment les autres sont positionnés. Admettons que la proportion soit de 30% et pas de 100, et que sur un emprunt de 100 millions, vous vouliez en racheter 75 millions pour obtenir 75% des droits de vote, vous n’avez qu’à racheter 75% des 30 millions, autrement dit vous payez vos droits de vote 23 millions sur un emprunt de 100 millions, vous êtes gagnant, vous payez 23 millions pour obliger l’état à rembourser 100 millions, ça vaut le coup. (…) Voilà comment on procède, c’était une entreprise tout à fait courante, il n’y a pas qu’une entreprise qui l’a fait..."
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- Le scandale des fonds vautours face à l’Argentine…
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-Relayé par Agoravox
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lundi 1 février 2010

L'Argentine, le soja et Monsanto

-Agrobusiness et désastre social, sanitaire et écologique

Comment mettre le vivant en coupe réglée et faire main basse sur l'économie d'un pays


___Les saigneurs de la terre:Un pays en otage
-Le soja de la faim
[Paraguay et Brésil sont aussi concernés, comme le Mexique pour le maïs-MM Robin:Le monde selon Monsanto]


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Le Soja argentin, ce fléau que l’on a béni
ou Le monde selon monsanto:
-Les crimes contre l'humanité de Monsanto: de l'agent orange au soja transgénique en Argentine
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-Argentine, un cas d’école
-"En 1996, la multinationale Monsanto introduisait en Argentine ses semences de soja transgénique. Dix ans après, le pays peut tirer le bilan des OGM : boom économique d’un côté, catastrophe sociale, sanitaire et écologique de l’autre.
...
Le soja, c’est la success story de tout le pays. Ou plutôt conviendrait-il de préciser : le soja transgénique. Car, aujourd’hui, la quasi-totalité de la production argentine de soja appartient à cette variété.
L’histoire a commencé en 1996 lorsque la transnationale américaine Monsanto a introduit le fameux soja Roundup Ready (RR) en Argentine. Sa particularité est de posséder un gène qui lui permet de résister à un puissant herbicide développé également par Monsanto, le Roundup. L’argument de vente est simple : moins de pulvérisations nécessaires, moins de dépenses et plus de rendements
.En quelques années, le soja RR va connaître un essor exponentiel, planifié par la firme américaine. « Dès le départ, l’Argentine a été choisie par Monsanto pour expérimenter massivement la production de ses semences transgéniques, explique M. Jorge Rulli, fondateur du Groupe de réflexion rurale. La multinationale n’a pas fait breveter ses semences dans notre pays. De cette façon, les gens se sont passé les graines les uns aux autres, et le périmètre du soja transgénique s’est étendu rapidement. » Ce qui arrangeait tout de même les affaires du géant américain, puisque les agriculteurs devaient lui acheter son herbicide. Mais l’entreprise ne s’est pas arrêtée là pour assurer le succès de ses nouvelles semences : « Elle a vendu ici son herbicide au tiers de la valeur pratiquée dans les autres pays. Les associations d’agriculteurs américains ont alors dit que Monsanto subventionnait les Argentins. C’était la vérité : nous étions subventionnés. »
Des facteurs externes vont aider au développement rapide du soja génétiquement modifié (GM). Tout d’abord, la préoccupante érosion des sols observée dans la Pampa, la région la plus fertile du pays. Le soja de Monsanto est cultivé sans recours au labour, ce qui apporte une solution à court terme. Ensuite, la crise de la vache folle en Europe. Le remplacement des farines animales par des tourteaux de soja fait grimper les cours de l’oléagineux, suscitant l’intérêt des agriculteurs argentins. Enfin, à partir de janvier 2002, la dévaluation du peso de 70 %, combinée à une flambée des cours mondiaux exprimés en dollars – flambée due notamment à la demande croissante de la Chine –, transforme l’oléagineux en poule aux œufs d’or...
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En quelques années, l’agriculture argentine a ainsi complètement changé de visage. La ruée vers l’« or vert » a fait du soja la première culture du pays : alors qu’il couvrait, au moment de l’arrivée des semences GM en 1996, quelque six millions d’hectares, il en occupe aujourd’hui 15,2 millions, soit plus de la moitié des terres cultivables . Dix ans après l’introduction de la variété transgénique dans le pays, un premier bilan peut être réalisé. Et il n’est certainement pas aussi positif que l’Argentine aimerait à le penser. Premier problème majeur : la déforestation. « Le soja transgénique n’est qu’un nouveau chapitre de l’expansion de l’agriculture industrielle, mais c’est le plus puissant et le plus sauvage, décrit M. Emiliano Ezcurra, directeur de campagne de Greenpeace en Argentine. La déforestation actuelle est bien plus rapide que celles dues à la “fièvre du coton” ou à la “fièvre de la canne à sucre”. Les bulldozers rasent littéralement les bois. »
La plus grave conséquence de l’arrivée du soja GM n’est pourtant pas là. Pour le cultiver, les agriculteurs n’ont recours qu’à
un seul herbicide : le glyphosate, commercialisé notamment par Monsanto sous le nom de Roundup. Dans sa fiche consacrée à ce produit, la très officielle Agence américaine de protection de l’environnement (US Environmental Protection Agency, EPA) détaille les effets nocifs sur la santé que pourrait provoquer l’exposition à de fortes doses : « Congestion des poumons, accélération du rythme de la respiration » à court terme, « endommagement des reins, effets sur la reproduction » à long terme .
Médecin à Buenos Aires, le docteur Jorge Kaczewer en pointe également les dangers. Répertoriant soigneusement depuis plusieurs années les travaux scientifiques explorant les effets négatifs du glyphosate sur la santé, il tient une liste à la disposition de ses visiteurs. Parmi les symptômes d’un empoisonnement dû à l’herbicide, il note : « Irritations de la peau et des yeux, nausées et étourdissements, œdème pulmonaire, baisse de pression sanguine, réactions allergiques, douleurs abdominales, perte massive de liquide gastro-intestinal, vomissements, perte de conscience, destruction de globules rouges, électrocardiogrammes anormaux, dégât ou défaut des reins
».
Subtilité importante :
le glyphosate vendu aux agriculteurs n’est pas pur. « Dans les formules commerciales, des ingrédients inertes sont ajoutés pour que le produit pénètre mieux dans la plante », précise M. Kaczewer. Ces ingrédients-là peuvent aussi avoir des conséquences sur la santé. Mais ce qui préoccupe le médecin, c’est leur combinaison avec le glyphosate. « Il se crée une synergie qui produit des symptômes nouveaux, non explicables par la symptomatologie de chacun des produits. »
Au début, les épandages d’herbicide s’effectuaient par avion. Avec cette technique, la dispersion des produits chimiques ne s’arrêtait pas à la limite des champs, mais touchait un périmètre alentour de plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de mètres. Ce qui avait pour conséquence de tuer les autres cultures voisines non résistantes au glyphosate, et surtout d’affecter la population, les champs se trouvant à quelques mètres seulement des habitations. Si, aujourd’hui, des machines au sol remplacent progressivement l’avion, les ouvriers agricoles, eux, continuent à travailler pieds nus et sans gants, par manque de moyens. « Un de mes patients, en traitement depuis un mois déjà, n’arrive pas encore à récupérer la peau de ses pieds, raconte le docteur Darío Gianfelici, médecin de la petite ville de Cerrito, située au cœur d’une campagne plantée de soja. Personne ne se protège. Les gens ne comprennent pas. »
_______...Les agriculteurs, eux, s’inquiètent d’autres problèmes. Ils assistent à la
concentration des terres, qui s’est fortement accélérée avec les OGM. « Pendant que le volume de production du soja augmente, nous nous retrouvons avec de moins en moins d’exploitations, commente M. Alfredo Bel, ingénieur agronome de la Fédération agraire argentine (FAA). Le soja exclut les petits et moyens producteurs. » Le nombre d’exploitations dans le pays est tombé de 422 000 à 318 000 entre 1988 et 2002 – soit une réduction de 25 %.
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L’érosion du sol redevient par ailleurs un sujet préoccupant. M. Walter Pengue, ingénieur agronome à l’université de Buenos Aires, et M. Miguel Altieri, de l’université de Berkeley, ont exposé dans un article le désastre provoqué en Amérique latine par la culture du soja transgénique. « En Argentine, notent les deux universitaires, sa culture intensive a mené à un épuisement massif des éléments nutritifs du sol. On estime que la production continue de soja a extrait environ un million de tonnes d’azote et 227 000 tonnes de phosphore en 2003. Compenser une telle perte avec des engrais coûterait, selon des évaluations, 910 millions de dollars . »
___________Les deux chercheurs mettent également en pièces l’argument de Monsanto selon lequel le soja GM réclame peu de pulvérisations de son herbicide. « Alors que les promoteurs des biotechnologies prétendent qu’une seule application de Roundup est nécessaire pour le contrôle des mauvaises herbes sur une saison entière, des études montrent que, dans les régions de soja transgénique, le volume total et le nombre d’applications de l’herbicide ont augmenté . »
L’absence de rotation des cultures – qui entraîne l’utilisation année après année du même herbicide –, combinée à une augmentation régulière du volume appliqué, a une conséquence inévitable : le développement d’une résistance à l’herbicide par les mauvaises herbes. « Dans la Pampa, huit espèces de mauvaises herbes (...) montrent déjà une résistance au glyphosate », d’après les recherches de M. Pengue. Le cercle vicieux commence ici. Car, pour combattre la capacité d’adaptation de la nature, il faudra augmenter toujours plus la consommation d’herbicide... Jusqu’à ce que Monsanto ou une compagnie concurrente mette sur le marché un nouveau produit, plus puissant, et probablement plus dangereux...
__Sans mesures radicales, la tache de soja transgénique continuera à se répandre dans le pays. D’après les derniers chiffres disponibles, la superficie semée de cette culture augmentera en 2006 de 5,6 % par rapport à 2005. Les promoteurs mondiaux des OGM s’en réjouissent. Ainsi, M. Clive James, président de l’International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA), organisation favorable aux cultures transgéniques, jubile dans son dernier rapport annuel : « L’impact collectif croissant des cinq principaux pays en voie de développement est une tendance continue importante ayant des implications pour la future adoption et acceptation des cultures biotechnologiques dans le monde entier. » Le message est clair : le développement des cultures transgéniques là où elles sont autorisées doit être massif pour renforcer la pression sur les pays qui disent encore non aux OGM.__Le développement des nouvelles technologies agricoles fondées sur la génétique répond à un impératif de profit. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dont l’objectif est de libérer la planète du fléau de la famine, le souligne elle-même dans ses travaux. Si elle reconnaît que les OGM pourraient être un outil de lutte contre la faim, elle déplore fortement qu’ils ne soient pas utilisés en tant que tel, après une décennie d’existence. Dans son rapport annuel 2003-2004, dont le thème central était les biotechnologies agricoles, la FAO réprouve le seul développement des OGM à des fins commerciales : « Les recherches sur les cultures transgéniques sont, pour la majorité, le fait de sociétés privées transnationales. Cette situation est lourde de conséquences pour le type de recherches effectivement engagées, ainsi que pour les produits élaborés. (...) Les plantes et les caractéristiques présentant un intérêt pour les pauvres sont dédaignées "
(PL.Viollat)
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Le soja RR en argentine
-Monsanto et le soja argentin>Monsanto et le soja
-Conséquences de l'agrobusiness en Argentine
- La filière du soja : excès et dérives de l'agrobusiness
-Paysans contre l'agrobusiness
- Pour que le monde de Monsanto ne devienne jamais le nôtre
-Les putschistes de l’agro-business en Argentine
-Les putschistes de l’agro-business en Argentine
-L’HORREUR MONSANTO
-Soja de la faim
-Isabelle Delforge : Monsanto
-La menace du complexe génético-industriel

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- Agrobusiness___- Le sénateur et Monsanto____-Déréglement agroalimentaire?___- Multinationales et agriculture-______- Semences vitales

vendredi 4 octobre 2019

Argentine en vrille

D'une crise à l'autre.
                        Les choses vont mal du côté de Buenos Aires. Très mal même.
       La crise revient, dans une histoire politique et économique tourmentée, surtout depuis la disparition des Peron.
   Après la grande prospérité du début du xx° siècle. la situation est devenue critique et une récession profonde s'installe. en même temps qu'un grand désordre monétaire.

     C'est la débâcle économique, le développement de la pauvreté alors que la spéculation rebondit, comme à l'époque de Carlos Menem, sa libéralisation à marche forcée, sous l'égide des USA (dollarisation du peso)
   Le saccage du pays, comme en parle un film argentin, semble se poursuivre, revenir comme une malédiction.
   Le FMI n'est pas à l'abri des critiques dans cette évolution désespérante. Ici comme ailleurs.
   Mme Lagarde a joué un rôle discutable, en aggravant la situation. Les fonds vautours se sont abattus sur le pays.
   Ce qui se joue depuis la chute de Péron a été décrit comme une sorte de pendule infernal
     Le peuple paie le plus lourd tribut. Les élites regardent du côté de l'Europe ou des USA, comme d'habitude. Le contexte politique a favorisé l'exil de ressources monétaires, parties se faire une santé ailleurs. Cela comme un destin cyclique et tragique. La politique de Macri a contribué à la marche vers le désastre.
   La spéculation et le fuite des dollars aggravent tout. Pas seulement les dollars. Le peso chute.
                    "  ...En s’engageant avec plus d’entrain dans cette voie, plus connue sous l’appellation de « consensus de Washington », les décideurs politiques argentins chercheront à sortir le pays de la « crise de la dette », de l’hyper-inflation et de l’isolement international dans lesquels la dictature l’avait entraîné. Carlos Menem (1989-1999) sera le plus fervent des partisans des politiques du Consensus de Washington.   Dès son arrivée au pouvoir et après avoir promulgué la loi sur la réforme de l’État et la loi sur l’urgence économique, il procédera à des réformes de structure considérables qui visait le repli de l’État sur ses seules fonctions régaliennes et sur la garantie du bon fonctionnement des marchés (Bon, 2001 : 34). En outre, son ministre d’économie, Domingo Cavallo – qui avait déjà occupé sous la dictature militaire la fonction de président de la Banque centrale argentine – imagine, avec l’appui du FMI, la loi de convertibilité qui établit un système de parité rigide entre la monnaie locale (le peso) et le dollar américain. 
    Ce currency board (ou directoire financier) aura pour objectif principal la résorption de l’hyper-inflation afin de donner une crédibilité internationale à l’économie argentine. La transformation de l’Argentine en une place attrayante pour les capitaux étrangers se fera à travers une course effrénée aux privatisations, à l’assainissement budgétaire, à la libéralisation de la circulation des biens, services et capitaux et à une profonde réforme de l’État. Ce directoire financier aura pour conséquence non seulement l’accélération de la désindustrialisation – commencée sous la dictature – et de la dépendance de l’économie argentine par rapport aux investissements étrangers, mais également la dollarisation du pays, affaiblissant davantage les marges de manœuvre de l’État..."
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jeudi 5 février 2009

Camdessus: le sauveur ?


"AU SECOURS, CAMDESSUS EST DE RETOUR!"

L'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI) a été choisi par le gouvernement pour prendre la tête de la société de refinancement créée dans le cadre du plan de soutien aux banques. Thierry Coste, ancien du Crédit Agricole, en sera le directeur général.

-« L’Argentine a une histoire à raconter au monde : une histoire sur l’importance de la discipline fiscale, des changements structurels, et une politique monétaire rigoureusement maintenue », Michel Cadmessus, 1er octobre 1998, au siège du FMI
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-La critique la plus féroce revient à Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie, quand il juge la politique menée par Camdessus à la tête du FMI :"Ce qui est grave, ce n’est pas seulement d’avoir exigé des mesures qui ont abouti à la crise ; c’est de les avoir exigées alors qu’il n’y avait pratiquement aucune preuve qu’elles favorisaient la croissance, et de multiples preuves qu’elles faisaient courir aux pays d’énormes risques"(Les Echos 14sept 1998).Camdessus a toujours persisté dans sa croyance en l’idéologie de l’école de Chicago.
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-Question : Comment peut-on être directeur du FMI et chrétien ?
Etre chrétien c'est rechercher le bien public. Or la mission des institutions internationales est d'être au service du bien public international. Je suis fier que, sous mon mandat, malgré la succession des crises des années 1990 - le Mexique, l'Asie -, nous ayons empêché que la situation ne dégénère et ne se déclenche une crise majeure analogue à celle de 1929. Etre chrétien, c'est rechercher le bien public, propos de Michel Camdessus, recueillis par Henri Tincq, Le Monde 16 janvier 2001
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Michel Camdessus: la relance avec du vieux:
"...Camdessus, propulsé refinanceur en chef de l’économie française, a un sacré passif dans la finance internationale. Patron du FMI de 1987 à 2000, il fut l’artisan de tous les plans de rigueur qui ont coulé tant de pays émergents. Quelques mois avant l’effondrement de l’Argentine en 2000, il assurait sans rire que « l’Argentine a une histoire à raconter au monde : une histoire sur l’importance de la discipline fiscale, des changements structurels, et une politique monétaire rigoureusement maintenue ». Résultat de cette belle histoire : un système bancaire flingué, et une misère dont le pays se remet à peine.
Libéral, Camdessus assume le qualificatif, sans complexe. Son rapport de 2004, intitulé « Le sursaut », fut le livre de chevet du candidat Sarkozy en 2007. Certes un peu caricaturé en brûlot ultra-libéral, mais bien orienté tout de même. « La libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but final correct », disait-il en 1998 à la Tribune. Etrange citation pour un catholique assumé, qui fut même conseiller de Jean-Paul II..."

- Michel Camdessus va présider la société de refinancement des banques:
"Il s'agira d'une société privée dans laquelle l'Etat détiendra 34% du capital, c'est à dire la minorité de blocage", et "elle sera présidée par Michel Camdessus qui en a accepté la responsabilité", a ainsi annoncé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.La ministre a également annoncé que "son directeur général en sera Thierry Coste". Celui-ci est un ancien du Crédit Agricole où il était responsable des activités de gestion d'actifs.
-Camdessus : un pyromane pour éteindre l’incendie bancaire !
-Camdessus : un pyromane pour éteindre l’incendie bancaire ! | AgoraVox

-Les fourberies de M. Camdessus, par Martine Bulard:
Qui a dit : « J’observe avec satisfaction que les Russes ont rempli les critères macroéconomiques en matière de désinflation et de budget » ? M. Michel Camdessus, alors directeur du Fonds monétaire international (FMI). C’était en janvier 2000 (1). Au même moment, les statistiques officielles confirmaient une chute d’un tiers du produit intérieur brut en Russie entre 1989 et 2000, et un recul sans précédent de l’espérance de vie (3,7 ans) (2), sans parler de la naissance d’une mafia...
Cet ex-maître à penser du FMI, nouveau conseiller de Jean Paul II, a pour particularité d’être un expert qui se trompe tout le temps. Là où M. Camdessus est passé, les économies émergentes ont trépassé. Il a même dû démissionner de la direction de l’institution internationale, le 14 février 2000, un an avant la fin de son mandat, en raison des contestations de sa politique ultralibérale.
En treize ans de règne sur le FMI, il a pu appliquer son programme. Résultat : une dizaine de crises financières majeures. A chaque fois, les solutions imposées ont aggravé les crises, quand elles ne les ont pas tout simplement provoquées. Ce fut le cas au Mexique (1994), en Thaïlande (1997), puis dans l’ensemble des économies de l’Asie du Sud-Est (1997-1998), en Russie (1998), au Brésil (1999). L’expert quitta la place avant de constater les dégâts de sa politique en Turquie (2001) et surtout en Argentine (2001-2002). « J’avais l’illusion que je pouvais être architecte, a-t-il expliqué, le 19 juin 2000, devant l’assemblée de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface), à Paris. Je n’ai été que pompier. » Un pompier pyromane.
A elle seule, la crise indonésienne résume la méthode Camdessus...."

L’Opus Dei : les soldats du communautarisme chrétien

vendredi 9 janvier 2026

L'empire du soja

Enjeux du Mercosur

                A l'heure où de vifs débats refont surface sur la question sensible du Mercosur, la question de l'alimentation animale revient sur le tapis, question centrale qui conditionne la qualité de ce que nous consommons.  Dans le contexte de la mondialisation des échanges, l'agriculture est de plus en plus concernée. Face aux géants de l'élevage, comme le Brésil ou la Nouvelle Zélande, le décalage est parfois énorme en matière de qualité et de prix. Or il est un produit qui a pris  de plus en plus de place dans l'alimentation bovine, entrant dans les échanges internationaux. Comme dit le brésilien Expedito Parente « Nous avons 80 millions d’hectares de terre en Amazonie qui vont nous transformer en Arabie Saoudite du biodiesel ...» Mais bien sûr aussi en producteur d' alimentation animale à bas prix, soja en tête. Il existe une géopolitique du soja.  Le soja repose sur une géographie asymétrique puisque seulement six pays, Brésil, les États-Unis, l'Argentine, la Chine, l'Inde et le Paraguay concentrent l'essentiel de la production. Trois pays du Mercosur, Brésil Argentine et Paraguay, rassemblent 80 % de l'offre mondiale et près de 90 % des exportations.                                                                                                                                  "... Le soja OGM pose des problèmes d'écologie et de santé, tel qu'il est cultivé à des échelles énormes. "...Le soja pour l’alimentation animale est l’un des principaux moteurs de la déforestation en Amérique du Sud. L’industrialisation de l’élevage et la surproduction de viande dans certaines régions du monde, y compris en Europe, ont fait bondir la demande globale en soja. Les pays exportateurs ont ainsi augmenté leur production, et ce trop souvent au détriment d’écosystèmes précieux. En effet, l’expansion des pâturages pour les élevages bovins et l’extension des champs de soja sont les principales causes de la destruction des écosystèmes forestiers d’Amérique du Sud (Amazonie, Cerrado, Gran Chaco). Pire, cette déforestation se double parfois d’accaparements illégaux de terres.   La déforestation n’est pas le seul problème posé par la culture industrielle de soja : le soja OGM est largement majoritaire en Amérique du Sud  et au Brésil et en Argentine, plus de 95% du soja produit est transgénique. Par ailleurs, sa culture se fait à grands renforts de glyphosate et autres herbicides et pesticides, ce qui pose de graves problèmes de santé publique et porte atteinte à la biodiversité..."                                                                                                                                    La grande majorité de la production du soja sert à l’alimentation des animaux. En effet, 87% du soja utilisé en Europe est à destination de l’élevage. " L'Europe est folle de viande... l' industrialisation de notre élevage va de pair avec la hausse de la production du soja en Amérique du Sud qui provoque l’aggravation des problèmes précédemment cités. L’UE importe en effet environ 33 millions de tonnes de soja chaque année, majoritairement en provenance d’Amérique du Sud, et 87% du soja utilisé en Europe est  destiné à l’alimentation animale. La production et la consommation de viande dans des quantités industrielles font planer de nombreuses menaces en Europe..."                                                                                                                                                                  L'Amazonie n'a pas fini d'être impactée par le développement quasi industriel de l'or- soja...                  ________________________________________

samedi 9 octobre 2010

Si le FMI le dit ...

Crise: Une autre voie?

Le FMI peut-il encore servir?

Faut-il
aider le soldat Strauss-Kahn ?


L'austérité, mot tabou, dénié, imprononçable, est tout de même dans les faits en action par le biais de la fiscalité, du ralentissement économique et du chômage...

Sans parler de la Grèce, de l'Irlande ou de de l'Espagne, elle se met en place dans nos frontières, contre toute logique économique à moyen et à long terme.

Mais la purge peut tuer le malade. La potion magique peut être létale

Ce que signalent un certain nombre d'économistes et d'observateurs, qui voient plus loin que la gestion à la petite semaine et qui dénoncent les erreurs de la rigueur, qui, de toutes manières, touchent surtout les plus défavorisés.

____________________Ce qui est nouveau , c'est que même le FMI, plutôt partisan jusqu'ici de remèdes de cheval de nature néolibérale, est en train de changer de discours, il se déclare contre l'austérité , sortant de l'orthodoxie habituelle, il ose toucher à un tabou économique, ce que n'apprécient ni la Bundesbank ni la Fed.

__________________Changement de cap?
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Les exploits du FMI:_______"Selon Joseph Stiglitz (Quand le capitalisme perd la tête), les aides accordées par le Trésor américain et le FMI ont contribué à réunir les conditions d’une crise en Argentine. D’après lui, les emprunts concédés à ce pays ont permis aux créanciers d’accorder des prêts sans se soucier de la condition économique réelle des emprunteurs : ils pensaient qu’ils seraient de toute manière renfloués par le FMI (voir à cet effet l'Aléa moral). De leur côté les emprunteurs ont effectué un raisonnement similaire ce qui au final a déstabilisé la situation financière du pays et alimenté la spéculation. Les États-Unis, via le FMI, avaient aussi imposé une libéralisation des flux de capitaux et une déréglementation du système bancaire. Certains pays d’Amérique latine, en particulier l’Argentine et le Chili ont été montrés comme exemples de la bonne mise en application des principes du « consensus de Washington ». Si les deux pays ont connu en effet une certaine réussite, l’Argentine a fini par voir son économie s’écrouler en 2001. Ensuite, c’est au contraire en n’appliquant pas les recommandations du FMI que l’économie du pays s’est redressée. Le Chili continue quant à lui son développement sur un très bon rythme de croissance.Depuis l'année 2005, les crédits accordés par le FMI se sont réduits drastiquement, du fait de la bonne santé économique du monde et des pays d'Amérique latine en particulier. Selon Daniel Cohen, le FMI qui a préconisé pendant un temps un libéralisme très idéologique (au cours des années 1990), est passé depuis à une situation de « pragmatisme absolu " -Wiki-)
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Discours opportuniste ou véritable tournant?
Comment de tels propos pourront-ils s'actualiser,
quand les pays doivent faire la "danse du ventre" devant les marchés?

______________________"Dans la foulée des mobilisations européennes contre l'austérité, et à la veille d'un colloque parisien d'«économistes atterrés» par le retour des bonnes vieilles recettes d'avant la crise, l'étude du FMI tombe à pic. Dans le troisième chapitre de son rapport d'octobre sur les Perspectives économiques mondiales, l'institution de Dominique Strauss-Kahn tord le cou à la doxa sur l'austérité. Non, écrit le Fonds, la rigueur ne sert pas la croissance – c'est même, à court terme, le contraire. Principale conclusion de l'étude, à partir des politiques menées ces 30 dernières années dans le monde: une période de «consolidation fiscale» (baisse des dépenses publiques et/ou hausse des impôts) d'une ampleur de 1% du Produit intérieur brut (PIB) entraîne un repli de 0,5% environ de l'activité deux ans plus tard. Quant au taux de chômage, il grimpe de 0,3%. La demande intérieure (la consommation des ménages, mais aussi les investissements des entreprises) recule de 1%. La France, pour mémoire, a promis 100 milliards d'euros d'économies d'ici 2013. Soit 5% environ de son PIB... C'est la première fois que le FMI dit aussi clairement les choses. Jusqu'à présent, ses prises de position n'étaient pas aussi cohérentes. Aux Etats-Unis, il exhortait à poursuivre la relance, et à se concentrer sur les déficits à moyen terme. En Europe, il conseillait sans détour l'austérité pour éviter une nouvelle crise «à la grecque», à l'exception de l'Allemagne, portée par son généreux excédent commercial. Le Fonds avait par exemple défendu la réforme des retraites en France, en raison de ses effets bénéfiques sur les comptes publics. Autre conclusion d'intérêt: les hausses d'impôt ont des effets plus néfastes sur l'activité que les baisses de dépenses publiques, en cas d'austérité. «Le FMI écrit des choses sensées», s'est félicité mardi sur son blog le lauréat du prix de la banque de Suède à la mémoire d'Alfred Nobel, Paul Krugman, après la publication du rapport..."(L.Lamant.Mediapart)

vendredi 4 novembre 2016

Vautours en action

 Toutes griffes dehors
                                    Les vautours, les bien nommés, fondent sur leurs victimes  profitant d'une récession ou de toute autre situation de détresse.
              Ils portent bien leur nom.
     On les avait oubliés, mais ils sont toujours prêts, ces prédateurs, à se jeter sur les entreprises en difficulté, même s'ils peuvent prendre des risques.
     Vivarte en est aujourd'hui une victime de choix, victime de la financiarisation et de patrons « nettoyeurs » comme Georges Plassat, actuel PDG de Carrefour.
        Les médias les surnomment parfois « fonds vautours », quand les professionnels de la finance préfèrent l’appellation anglo-saxonne plus neutre de « fonds distressed » (comme « distressed debt », c’est-à-dire dette dépréciée). Ces prédateurs sont spécialisés dans le rachat de dette d’entreprises en difficultés, une activité juteuse dès lors que l’on dispose d’une mise de départ conséquente. L’objectif est simple. Ils repèrent une entreprise potentiellement rentable mais dont l’endettement menace le bon fonctionnement, et rachètent sa dette à bas prix. Ensuite, ils s’invitent à la table des négociations aux côtés des autres créanciers. Objectif : convertir leurs créances en capital de l’entreprise (c’est-à-dire abandonner une partie de leur créances contre des actions de la société), afin d’en prendre le contrôle, et revendre leur participation au prix fort quelques années plus tard…
   On connaît ce funeste business des faillittes, au coeur de la financiarisation d'aujourd'hui, où la récolte rapide du cash prime sur le souci d'investissement à long terme et de production. Un certain B.Tapie en a été un exemple fameux.
        Là ce sont  22 000 salariés qui sont dans les griffes de vautours de la finance.
                    Sur un autre plan, on connaît le rôle qu'ils ont joué, à une autre échelle, sur les dettes d'Etat, en Afrique et en Argentine, mais qui peuvent inquiéter aussi l'Etat français.
      *  Les Fonds vautours sont des fonds d'investissements spéculatifs qui se spécialisent dans l'achat à bas prix de dettes émises par des débiteurs en difficulté ou proches du défaut de paiement, qu'il s'agisse de dettes d'entreprises ou de dettes souveraines, avec pour objectif de réaliser une plus-value soit lors de la phase de restructuration de la dette, soit en refusant la restructuration et en obtenant par action en justice le remboursement de leur créance à une valeur proche de la valeur nominale plus intérêts et éventuels arriérés de retard . Ces fonds ont par exemple racheté à très bas prix (20 % de sa valeur) la dette argentine lors de la crise économique argentine des années 2000 (dette envers de grandes banques occidentales) puis ont refusé de participer à la renégociation de cette dette. Les procédures judiciaires entre les fonds et l'Argentine continuent encore en 2016, les fonds vautours demandant un remboursement au plus proche de la valeur nominale. .Ces fonds sont souvent critiqués car le fondement de leur stratégie est de parier sur l'échec de l'emprunteur puis de récupérer un maximum d'argent lorsque ce dernier est à terre, ce qui est contraire à la logique ordinaire du prêt, qui est de parier sur le succès de l'emprunteur pour optimiser ses chances d'être remboursé. Néanmoins, ces fonds ont le Droit pour eux puisque le fondement de leur action est de simplement demander à se voir rembourser le montant prévu contractuellement sur les titres de créances dont ils sont légalement propriétaires. Les tribunaux donnent ainsi souvent raison aux fonds vautours lorsqu'ils ont à juger un contentieux entre le fond et un débiteur...
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- Comment s'en prémunir,
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jeudi 18 février 2010

La Grèce et Goldman Sachs (2)

- Goldman Sachs, pompier et pyromane en Grèce

Comment jouer sur deux tableaux

Risques de contagion?

Le Canard Enchaîné, 17 février 2010, page 2  :Sarkozy craint surtout un effet domino en Europe, comme il l’a confié aux mêmes visiteurs : « Le problème grec n’est pas encore réglé. La situation de l’Espagne et du Portugal est inquiétante, et celle des finances de l’Italie est préoccupante. Il ne faudrait pas que tout s’effondre, parce que la crise de 29, ce serait de la rigolade à côté. »____Cette poussée d’angoisse de Sarkozy s’explique mieux lorsqu’on mesure les risques pris par les banques françaises dans ces pays. En Grèce, les établissements financiers hexagonaux, le Crédit Agricole notamment, sont en première ligne. En Espagne comme au Portugal, ils se situent au second rang.Un seul chiffre permet de mesurer l’ampleur des dégâts possibles : l’exposition des banques françaises en Espagne atteint presque 180 milliards d’euros, selon la Banque des Règlements internationaux. (BA)

___________-Goldman Sachs contre, tout contre, la Grèce:"... selon des sources concordantes, Goldman Sachs et le fonds spéculatif dirigé par John Paulson seraient les deux principaux acteurs des attaques contre la Grèce et l’euro. Je vous ai déjà détaillé dans mon post du 6 février le mécanisme de la spéculation ..."(J.Q.)

-Dette grecque : Goldman Sachs, revoilà les banksters!:
"...Chez Goldman Sachs, la plus puissante des banques d’affaires de Wall Street, et sans doute du monde, on a une réponse simple : jouer sur deux tableaux, un double jeu en réalité. Ce double jeu est proche de celui du fourgue qui encaisse sa part du butin, puis dénonce les auteurs du larcin pour encaisser la prime promise par l’assureur. C’est peu ou prou le modus operandi de Goldman vis-à-vis de la Grèce, comme le révèle le New York Times dans son édition de ce matin, lundi 15 février. Ces révélations complètent celles de Der Spiegel, notre confrère allemand. Et elles sont accablantes. Selon leurs informations, la banque a joué ce double jeu très profitable avec la Grèce.
« Wall street n’a pas créé le problème de la dette en Europe. Mais les banquiers ont rendu possible un endettement qui va très au-delà des moyens de la Grèce comme d’autres pays, selon des opérations qui étaient parfaitement légales »..."
-La crise a été provoquée par une oligarchie mondiale apatride
-Goldman Sachs a-t-il aidé la Grèce à tricher?
- La crise grecque a mis en lumière les astuces très rentables de la finance
-Révolte contre l’UE et le FMI : la Grèce, l’Islande et la Lettonie pourraient montrer la voie
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"...L’Islande, la Lettonie et la Grèce sont toutes en situation de mettre le FMI et l’UE au pied du mur. Dans un article paru le 1er octobre et intitulé « Lettonie, la folie continue », Marshall Auerback affirmait que le problème de la dette de la Lettonie pouvait être réglé au cours d’un week-end au moyen d’une série de mesures : 1) ne pas répondre au téléphone lorsque des créanciers étrangers appellent le gouvernement ; 2) déclarer les banques insol­vables, convertir leur dette extérieure en capital propre, les rouvrir et leur permettre de garantir les dépôts en monnaie locale ; 3) accorder à toutes les personnes disposées et capables de travailler un emploi payé à un sa­laire minimum en monnaie locale avec sécurité sociale, comme l’a fait l’Argentine après que le régime Kirchner eut repoussé le plan toxique de remboursement de sa dette imposé par le FMI. »____Evans-Pritchard suggère un remède similaire pour la Grèce qui pourrait lui per­mettre de faire sauter le carcan mortel où elle se trouve en suivant l’exemple de l’Argentine. Elle pourrait « rétablir sa monnaie, la dévaluer, adopter une loi transformant les dettes en euro en monnaie locale et en « restructurant les contrats avec l’étranger ».___Un moyen peu utilisé : dire non au FMI Résister au FMI n’est pas un moyen très uti­lisé, mais l’Argentine a montré la voie..."
-La Grèce sonne le glas de l'Euro(pe) ?
-Zone Euro : le test de la stablité financière

-Vers une autre crise économique signée Goldman Sachs - AgoraVox
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-La Grèce, l'euro et les spéculateurs (1)
-Goldman Sachs :santé douteuse?