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mardi 21 mai 2019

Le cas Bannon

Graine de division
                              Une météorite?
    Il a pris son bâton de pèlerin.
         Pour aller prêcher la bonne parole.
    Mais pas celle qui rassemble. Celle qui divise.
 Pour régner? Ou pour mieux faire régner les intérêts de son pays, Les pires du moment.
       Il est entré facilement dans le ventre mou d'une Europe sans consistance, qui se fractionne elle aussi. Il a juste à enfoncer le coin pour aider les tendances au repli, au surgissement des purs intérêts nationaux, souvent xénophobes.

      L'ancien militant de Tea Party, l'admirateur de Maurras, l'ex-conseiller de Trump a des repères et des références. Sous son air bonhomme et négligé, il n'est pas né de la dernière pluie.  Il sait à quoi il joue.
     A la manoeuvre, il n'est pas sûr de faire aboutir son projet. Il devient parfois gênant, voire sulfureux pour certains partis qui l'accueillent.
      Militant de l'ombre, il fait tout pour atomiser la fragile Union européenne. Une Union qui  se disloque sous nos yeux, du moins sous ses formes actuelles. Il est temps d'en reconstruire une autre.
   Il n'est heureusement pas sûr que le grand fédérateur arrive à ses fins.  Mais il aura soufflé sur les braises, au profit des plus conservateurs et réactionnaires de ses compatriotes. L'Europe unie est devenue un obstacle économique pour les intérêts à court terme de l'Oncle Sam jouant l'air du protectionnisme sans vision autre qu'électorale.
     Il se veut seulement conseiller bénévole, mais il cache bien son jeu.
  On s'interroge encore sur ses réelles motivations, mais le pèlerin de l'ombre ne se lasse pas de faire la tournée des capitales européennes. Le tremblement de terre annoncé n'aura pas lieu, mais il fait ce qu'il peut pour faire bouger les lignes...
___________"...Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, a prédit samedi 18 mai un « tremblement de terre » lors des résultats des élections européennes avec l’émergence d’un grand groupe populiste au Parlement de Strasbourg. Si Marine Le Pen a pris ses distances avec lui, son action continue de susciter l'attention. Il fut l’un des stratèges de la spectaculaire victoire de Trump en 2016, puis conseiller spécial avant d’être « remercié » en août 2017. Tenue négligée, éternelle barbe de trois jours. « Steve le débraillé », comme le surnomme Donald Trump dans ses tweets rancuniers, ne laisse pourtant rien au hasard. À 64 ans, Stephen K. Bannon (son vrai nom) cultive son image d’agitateur. 
Génie de la communication pour les uns ; dangereux complotiste pour les autres. Qui est Steve Bannon ? Proche de l’alt-right, il a déroulé les thèses de l’ultra droite raciste dans des documentaires, puis fait du site Breitbart News un brûlot nationaliste. Il s’est investi aussi dans Cambridge Analytica. Cette société d’analyses de données sera accusée, plus tard, d’avoir utilisé ses informations pour propulser Trump à la Maison-Blanche.
    Élu, le Président Donald Trump a imposé son ex-directeur de campagne comme conseiller mais ce dernier a dérapé, mis en doute les choix de son boss sur la présence américaine en Afghanistan, son attitude face à la Corée… Sept mois plus tard, il a « démissionné ».
    Puis, ses confidences sur Trump à l’écrivain Michael Wolff (Fire and Fury) lui ont coûté son poste à Breitbart, en janvier 2018. Qu’importe. Bannon le catholique poursuivra sa « défense de l’Occident judéo-chrétien » en Europe. Il y a posé des jalons dès 2014 en s’alliant au Britannique Nigel Farage, chef du parti d’extrême droite Ukip.
Hasard ? Trois mois après le lancement d’un Breitbart London, Ukip s’impose aux européennes. En 2016, au lendemain du vote sur le Brexit, Farage jubile : « Merci Bannon ! Vous nous avez aidés. Énormément. »Tricard aux États-Unis, le sulfureux Steve Bannon entend rebondir en Europe. Fin juillet 2018, dans une interview au site Daily Beast, l’idéologue a annoncé l’ouverture d’une fondation, baptisée « Le Mouvement », à Bruxelles.
     Son ambition ? Fédérer tous les partis d’extrême droite européens pour former un « super-groupe » capable de renverser l’échiquier politique aux élections de mai 2019.
Dans la revue Society, il promet de « mener une guerre culturelle » capable de déstabiliser l’ordre libéral européen.En mettant à leur disposition sa « machine de guerre » et le savoir-faire qui a, selon lui, propulsé Donald Trump à la Maison-Blanche. Ciblage électoral, réalisation de sondages, conseils en communication, élaboration des programmes de campagne, etc.
     Bannon se pose en philanthrope des extrêmes. Et joue les rabatteurs. Voilà des mois qu’il arpente l’Europe en quête de soutiens, auprès du Hongrois Viktor Orban, des ultraconservateurs du PiS polonais, des Allemands de l’AfD, comme du think thank catholique intégriste Dignitatis Humanae Institute. Invité par Marine Le Pen au Congrès du FN, en mars, il s’y est fendu d’une déclaration enflammée à… sa nièce Marion Maréchal, rencontrée dès février au grand raout des conservateurs américains, à Washington. Il prédit « un grand avenir » à cette « Jeanne d’Arc du mouvement ».
 Samedi 18 mai, Steve Bannon a affirmé être un « conseiller informel » de Marine Le Pen pour battre Emmanuel Macron. « Mon rôle est de faire des connexions, de donner des conseils généraux. Je leur ai par exemple soufflé l’idée que Macron organisait un référendum sur lui-même », souligne-t-il.
     Interrogée sur sa proximité avec Steve Bannon, Marine Le Pen a réfuté lundi 20 avril de toute collusion avec une puissance étrangère. « Nous nous sommes rapprochés de lui parce que c’est un ancien financier et nous cherchions une banque européenne pour pouvoir trouver un financement. Nous lui avons donc demandé s’il connaissait une banque européenne. Lui non plus n’a pas trouvé »a-t-elle expliqué. Steve Bannon « n’est pas un conseiller politique » du Rassemblement national, affirme Marine Le Pen.
      C’est en Italie qu’il place ses plus grands espoirs : dès mars 2018, avant même la formation du nouveau gouvernement, il est venu féliciter Matteo Salvini (Lega, extrême droite). De retour en juin, il a salué Rome comme le nouveau « centre de la politique mondiale.."
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lundi 27 février 2017

Docteur Folamour

Les fous sont parmi nous

           Des docteurs Folamour pourraient bien réapparaître autrement que sur nos écrans
       Certes la Guerre Froide et ses pires moments de crise relèvent du passé et les menaces ont changé.
          Mais aux USA, surtout depuis l'arrivée de D. Trump, on se recrée de nouveaux ennemis, quitte à tordre la réalité. On sait que pour lui, l'imprévisible est la règle et la vérité est alternative...
   La Russie de Poutine, la Chine ou l'Iran sont à nouveau diabolisés.
        Certains esprits, comme Stephen Bannon  ne rassure pas dans leur volonté d'en découdre avec certaines puissances jugées menaçantes pour l'Empire
   Une vision particulière de l'histoire des USA, apocalyptique, qui est celle d'esprits dérangés d'une certaine droite extrême aux USA.  L'équipe de Busch et ses néoconservateurs avaient leur vision d'une recomposition du Moyen-Orient, avec l'entrée en guerre en Irack. On a vu les effets...qui durent.
    Avec Bannon, l'homme qui parle à l'oreille de Trump, c'est pire...
                          La fabrication de l'ennemi, comme disait Pierre Canesa, continue de hanter certains esprits.
    Bannon est littéralement fasciné, depuis plus d'une décennie, par un essai publié en 1997, The Fourth Turning: What the Cycles of History Tell Us About America's Next Rendezvous with Destiny. Un livre qui explique pourquoi l'Amérique vit une crise majeure par siècle, et annonçait à l'époque l'acmé de la prochaine pour les années 2020. Et qui, surtout, fait de ces crises l'opportunité, pour leurs vainqueurs, de fonder un ordre politique nouveau.     Une vision messianique de l'histoire américaine qui inquiète certains observateurs. Quelques jours après la publication du portrait de Time Magazine, la journaliste de Business Insider Linette Lopez jugeait que l'intérêt de Bannon pour The Fourth Turning«devrait alarmer tous les Américains. [...] Il croit que, pour qu'un nouvel ordre mondial émerge, un jugement dernier doit avoir lieu. [...] Il a déjà montré qu'il comptait conseiller à Trump de mettre en place des politiques qui vont perturber l'ordre actuel pour instaurer ce qu'il perçoit comme un nouvel ordre nécessaire»
      Les déclarations d'un haut responsable militaire, le Général Mark Milleychef d’Etat-major des USA, et de Ash Carter ne sont pas faites pour nous rassurer. On croit rêver et on ose espérer que ces hommes seront vite écartés de toute responsabilité. Mais avec D.Trump, on peut s'attendre à tout...
     Une nouvelle doctrine de l'emploi de l'arme nucléaire est en train de naître et la course aux armements dans le monde connaît un regain certain et inquiétant.
       Ce qui inquiète sérieusement, peut-être à l'excès, un observateur comme  Gorbatchev    
                   Mais, en la circonstance, mieux vaut être alarmiste qu'aveugle.
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mardi 10 février 2026

L'entremetteur universel

 Au delà du complot

Epstein : l'entremetteur universel ? _____________ Si cette "affaire" nous sidère, c'est parce qu'elle place ce personnage sinistre au cœur de plusieurs nœuds de l'histoire récente (le poutino-trumpisme, notamment, mais pas seulement). Un effet Zelig, en quelque sorte. Mais je pense qu'elle révèle surtout la sociologie des élites d'aujourd'hui, qu'a décrite Christopher Lasch dans "La Révolte des élites". "L'entremetteur universel", c'est d'ailleurs la manière dont Marx désignait l'argent.


[Mon édito sur Philosophie magazine, en accès libre (lien en premier commentaire). ]
"Vous vous souvenez de Zelig ? Dans ce faux film d’époque, Woody Allen introduit un modeste personnage dans les lieux les plus improbables. On le voit à côté de Hitler, en compagnie du pape, dans des cercles psychanalytiques, des matchs de base-ball et des soirées huppées. Cet inconnu participe secrètement aux plus grands événements historiques de son temps. Jeffrey Epstein est le Zelig de notre époque. Tiens, il connaissait bien Woody Allen.
­ Mais Epstein fait plus fort que Zelig. A-t-il été mêlé à la crise des subprimes en 2008 ? Des documents montrent son rôle possible dans l’effondrement de la banque Bear Stearns, premier acte de la catastrophe financière. A-t-il joué un rôle dans la désagrégation de la monarchie britannique ? Il offrait des services sexuels au prince Andrew. A-t-il participé au financement du Rassemblement national ? Steve Bannon comptait sur lui pour venir au secours de partis de droite populiste en Europe. Était-il une pièce centrale de l’influence des services secrets russes sur Donald Trump ? Lisez l’enquête de l’historienne Françoise Thom détaillant les multiples liens entre Epstein et la Russie. Les vidéos des ébats qui avaient lieu sur son île atterrissaient-elles dans des bureaux russes pour alimenter la plus grande opération de kompromat de l’histoire ? Travaillait-il aussi pour le Mossad israélien ? Cela ne l’empêchait pas de discuter de grammaire (dé)générative avec Noam Chomsky, de tutoyer les têtes couronnées et les géants de la “tech”, de faire de la philanthropie, de participer à des colloques et de gloser sur la gravitation universelle ou les limites de la mathématisation du réel.
Avec l’affaire Epstein la réalité dépasse le complot. Le réel est dévoré par le mythe. Sous les traits d’une figure démoniaque, comme le dit si bien la chanson des Rolling Stones, il participe à tous les plus atroces événements de son temps. D’ailleurs, quand Steve Bannon lui demande s’il est le diable en personne, il feint l’innocence et interrompt l’entretien. ____ Il revient aux enquêtes journalistiques et à la justice de faire la part des choses et de dissiper la sidération qui a gagné les esprits. Car les révélations autour d’Epstein, qui font tomber les têtes dans le monde entier, pourraient nous faire croire que nous n’avons rien compris à l’Histoire. Celle-ci ne serait pas guidée par l’action des peuples et des grands hommes. Elle ne serait pas non plus le fruit de forces sociales et économiques. Non, elle serait le jouet de machinations liant malversations financières, corruption des élites de tous champs et de tous bords, et violence sexuelle sur les plus faibles. Ce qui passait jusqu’à présent pour un délire de complotistes – un assassinat maquillé en suicide, et puis quoi encore ! – prend une vigueur inattendue. Je pense qu’on n’en mesure pas encore les conséquences. Si l’affaire Epstein ébranle Donald Trump, elle conforte le trumpisme. Si la publication des dossiers est une victoire de la transparence, elle risque de faire passer la démocratie pour un jeu de dupes contrôlé par des groupes de pervers. Et pour les pays du Sud ou de l’Est, elle est le dernier clou sur le cercueil de l’Occident décadent. ____ Mais ce retour inopiné de la théologie dans l’histoire occulte à mon avis la question principale, philosophique et sociologique. Marx appelait l’argent “l’entremetteur universel” (Manuscrits de 1844), qui permet de convertir “le besoin en objet”, la personne en chose, se concluant en “perversion et confusion de toutes les qualités humaines et naturelles”. Epstein radicalise cette proposition car il est devenu lui-même l’entremetteur universel. Il a augmenté sa fortune et celle des autres en mettant en relation des hommes avec leurs victimes, mais aussi entre eux. Si la liste des personnes qu’il connaissait est si vertigineuse, si elle comprend des capitaines d’industrie, des politiques, des financiers, des princes, des intellectuels et des artistes, c’est parce que les affaires mondialisées reposent sur ces mises en relation. Epstein n’est pas le chaînon manquant de l’histoire contemporaine. Il est celui qui a le mieux compris le principe de l’entremise comme moteur du monde d’aujourd’hui.
_________ J’ai alors rouvert La Révolte des élites (1994) de Christopher Lasch. Analysant la mutation sociale provoquée par la mondialisation, le sociologue décrit la sécession de “ceux qui contrôlent les flux internationaux d’argent et d’informations, qui président aux fondations philanthropiques et aux institutions d’enseignement supérieur, génèrent les instruments de la production culturelle” face à la sous-humanité des classes populaires et moyennes appauvries. Cette nouvelle élite ne se définit pas, d’après lui, par l’idéologie – Epstein était aussi copain avec Trump qu’avec Chomsky, avec Jack Lang qu’avec Bannon – mais par un mode de vie, mobile et léger. Selon lui, “les nouvelles élites sociales ne se sentent chez elles qu’en transit, sur le chemin d’une conférence de haut niveau, de l’inauguration de gala d’un nouveau magasin franchisé, de l’ouverture d’un festival international de cinéma, ou d’une station touristique encore vierge”. C’était le rêve éveillé que vivait Epstein et qu’il promettait à ses contacts de partager : “une expérimentation incessante, qui dure toute leur vie”, écrit encore Lasch.
______Ce dernier voit dans cette émancipation des élites un danger pour la démocratie. Le sentiment d’appartenir à une classe hyperprivilégiée, solidaire et déliée de toute obligation morale, crée nécessairement des déséquilibres et des crises : révoltes, ploutocratie, désir d’ordre autoritaire. La conclusion de Lasch est simple : “La difficulté de limiter l’influence de la richesse suggère que la richesse elle-même demande à être limitée. Quand l’argent parle, tout le monde est condamné à écouter. Pour cette raison, une société démocratique ne peut autoriser une accumulation illimitée du capital.” Est-il trop tard pour s’en apercevoir ? " [ Michel Eltchaninoff _ Philosophie Magazine] ________________


samedi 18 février 2017

Culture trumpienne

Retour à la classe inférieure...
                                            Le petit Donald est-il allé à l'école?
                                                                              On peut en douter.
          Ou alors, quelle école primaire a-t-il fréquentée, s'il fut un jour scolarisé? 
    Déjà, dans sa campagne,  ses c****** à répétition ne troublaient pas grand monde et une certaine presse se régalait des sorties de ce candidat-histrion. 
    Certains se rendent compte, mais un peu tard, à Washington, que la marchandise n'est pas conforme à la pub, et estiment qu'il doit retourner en classe pour apprendre le métier.
       Président, ça s'apprend!
            D'autres commencent même à se demander avec inquiétude si Trump sait lire, 
   Le Twitter-Président n"est pas un grand lecteur, on le savait, comme beaucoup d'Américains, comme le regrettait Paul Auster, mais il n'est pas un Américain comme un autre.
    David Pakman a retrouvé une série de témoignages de proches mettant en doute sa capacité même à lire. Toutes les fuites - et elles sont nombreuses - émanant de la Maison-Blanche vont dans le même sens : le président ne s’informe depuis son arrivée à Washington que par la télévision, en priorité Fox News, qu’il regarde en boucle, tout en dictant compulsivement ses tweets à son assistante - il s’en est d’ailleurs lui même vanté : un "gain de temps", selon lui....
      C'est inquiétant, si c'est vérifié.
          A la Maison Blanche, où il a placé ses hommes, ça fait couac. Le doute s'installe.   
  Les déconvenues arrivent comme prévu, notamment au sujet de la politique étrangère, particulièrement au sujet d'Israël.
   Comme un bon redneck américain de base, il ignore la géographie et surtout l'histoire. Il faut tout lui expliquer. C'est un peu gênant.
     La nomination de  Stephen Bannon   n'est pas sans inquiéter  et celle de Mme DeVos à l’éducation interroge. Elle n'est pas la seule.  Une fine équipe.
       ... Mme DeVos s’était mise elle-même en difficulté en montrant, au cours de ses auditions par les sénateurs, qu’elle était loin de maîtriser son sujet. Elle s’était attiré en outre les sarcasmes pour avoir plaidé en faveur de l’introduction des armes à feu dans une école isolée du Wyoming afin de protéger les élèves des ours, alors que la loi de cet Etat l’interdit. Au sein d’une administration très idéologique, Mme DeVos entend militer pour le développement des établissements privés financés par des fonds publics, et pour des chèques éducation afin de favoriser « le choix ». Les premiers touchés devraient être les établissements publics qui sont sous son autorité.
    La milliardaire n’est pas la seule engagée dans un combat frontal contre le département dont elle a désormais la charge. Deux autres personnes choisies par le président Trump ont campé par le passé sur une ligne tout aussi intransigeante :..."    
      On peut se moquer, mais c'est presque à pleurer.  
                Il semble déjà soucieux de sa réélectionalors qu'il n'a pas commencé à faire ses classes, cet éléphant dans un magasin de porcelaine, cet enfant gâté dépassé par ses nouveaux joujous pouvoirs.   
   Mais les loups de Wall Street veillent...                                  
     Président, ça s'apprend. Beaucoup doutent qu'il y parvienne. L' anti-intellectualisme  qui règne n'est pour rassurer.
   Les plus alarmistes estiment qu'il y a le feu à la maison, qu'on va à l'aventure et qu'un  coup d’Etat  n'est pas impossible.
    Les formes de  résistance civile changeront-elles quelque chose? (*)
            Wait and see...
                            God save America!
_____________
(*) -Point de vue d' Amérique  (Frédéric Neyrat, professeur dans le département de littérature comparée de l’Université Wisconsin-Madison)
                                         ...Que se passe-t-il aux Etats-Unis depuis l’élection de Donald Trump ? Tout d’abord la remise en cause du cadre néolibéral à partir d’une politique réactionnaire. Si le néolibéralisme est la production d’un espace dans lequel les frontières nationales ne permettent pas de limiter les échanges marchands, autrement dit un espace de retrait de l’Etat (par privatisations et dérégulations successives), alors le rejet par Donald Trump de l’Alena (Accord de libre échange nord-américain avec les dirigeants du Canada et du Mexique) et du TPP (Partenariat trans-Pacifique) consiste à redonner à l’économie une armature nationale. Cette recomposition des rapports entre politique et économie ne cherche pourtant pas à abolir le libéralisme économique, mais à lui donner une autre forme. Comme l’a récemment écrit Naomi Klein, la nomination aux fonctions gouvernementales de représentants de grandes entreprises – par exemple Rex Tillerson, ancien PDG d’Exxon, au poste de Secrétaire d’Etat – revient à « supprimer les intermédiaires » : aux USA, il n’y a désormais plus aucun écart entre le pouvoir politique et le pouvoir économique. En ce sens, l’élection de Trump ressemble fort à un coup d’Etat économique.
          Ce coup d’Etat économique n’a aucunement pour objectif de redonner du travail à la population, mais de sécuriser et si possible d’augmenter l’accumulation du capital. C’est dans cette optique que le nationalisme sera mis à contribution. Ainsi le décret signé le vendredi 27 janvier par Trump, qui interdit l’accueil des réfugiés et l’entrée des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, le dit Muslim ban : les effets sur le marché du travail américain seront minimes (peu d’emplois seront à l’occasion redistribués aux citoyens américains) ; mais puissant sera le renforcement de l’identité blanche et chrétienne d’un gouvernement cherchant à expurger le pays de ses composantes musulmanes. On peut à ce titre imaginer ce que sera l’étape suivante : plus il deviendra manifeste que la politique de Trump ne sert en rien les intérêts économiques des électeurs qui ont voté pour lui, plus les musulmans, mais aussi les latinos, tous les étrangers, tout ce qui sera bientôt considéré comme « unamerican », seront soumis à des restrictions quant à leurs droits, et au final à des persécutions. Certes, les tenants de l’identité américaine immaculée seront à terme vaincus par la démographie noire et sud-américaine qui les réduira au statut de minorité ; ils en seront d’autant plus féroces, éblouis par la couleur blanche de leur patriarcat écorné au point d’en oublier leur chute économique.
       Comment dès lors nommer cette monstruosité économico-politique ? Steve Bannon, le très sombre conseiller spécial de Trump, parle d’un « nationalisme économique », une expression qui occulte le fait que ce n’est pas l’économie des nationaux qu’il s’agit de défendre, mais celle des moins-qu’un-pour-cent au pouvoir qui se servent du nationalisme comme bouclier immunitaire derrière lequel ils peuvent mener leurs actions dévastatrices en toute impunité. A ce titre, on pourrait proposer l’expression de décapitalisme, terme alliant le terme capitalisme avec celui de décapitation, pour définir le nouveau cadre national-économique. C’est en effet que le capitalisme de Trump et ses alliés ne se soucie ni des pauvres (auquel l’assurance-santé « Obamacare » sera bientôt retirée), ni des classes moyennes (majoritairement urbaines et ayant voté Clinton), ni des Universités (qui ont précisément eu pour fonction de former ces classes moyennes), ni des médias (auxquels Steve Bannon a conseillé de « la boucler »), ni des femmes (qu’on peut – selon l’élégante formule du nouveau président – « attraper par la chatte (grab them by the pussy) »), ni des noirs, des musulmans, des Mexicains, ni des autres nations en général, ni de l’environnement enfin puisque le changement climatique n’est autre qu’un « canular » inventé par les Chinois. Tel est le décapitalisme, une économie obscène qui s’exerce en décapitant les populations, accomplissant ainsi le vœu secret de l’économie financière : s’extraire enfin du monde des vivants.
            Quelle est la prochaine étape ? Certains parlent aujourd’hui du passage d’un coup d’Etat économique à un coup d’Etat politique, comme Ruth Ben-Ghiat, professeur à New York University. Il est certain que le pouvoir exécutif semble s’être dangereusement autonomisé, que la communication officielle – sous le nom de « faits alternatifs » – ressemble à la propagande d’un 1984, aujourd’hui best-seller des ventes aux USA, que le vocabulaire même de Trump et de ses alliés a pour fonction de faire peur : choisissez « l’option nucléaire », disait récemment Trump aux Républicains afin de valider en force la nomination d’un nouveau juge à la cour suprême. Mais le plus inquiétant n’est hélas pas là. Imaginez un instant qu’un acte terroriste ensanglante les USA dans les jours, les semaines qui viennent ; voilà qui rendrait difficile le mouvement de manifestation actuel contre le Muslim ban, et porterait l’opinion en faveur d’un pouvoir exécutif fort. Et de la guerre, qui est aujourd’hui activement préparée contre plusieurs cibles potentielles (l’Iran, la Chine). Dès lors, pourquoi ne pas envoyer des chars dans les rues pour assurer la sécurité des populations ?
          Ce scénario peut paraître improbable. A ce jour, la population des Etats-Unis, dans sa majorité, n’est pas favorable à Trump. Un coup d’Etat politique supposerait qu’armée, police, et justice soient du côté d’un passage à l’acte anti-démocratique. Mais tous ceux qui aujourd’hui s’opposent dans les rues, dans les aéroports, à la mise en place du décapitalisme, doivent savoir que l’histoire tend à insister, et à se répéter. On croyait impossible que Trump soit le candidat des Républicains, puis impossible qu’il soit président ; réfléchissons à deux fois avant de balayer d’un revers de main l’hypothèse d’un coup d’Etat. Les voix blanches et mâles qui ont voté pour Trump ne sont pas seulement l’écho d’une erreur passagère, elles ont eu le temps de se durcir au feu glacial du néolibéralisme, elles sont armées et souhaiteraient l’être plus encore. Elles aimeraient effacer le mouvement des droits civiques, l’avortement, le droit des femmes, et la remise en cause des genres.
           Face à elles, il y a tous ceux que Trump ne trompe pas. Qui savent que les élites ne sont pas les professeurs ou les journalistes, mais les chefs d’entreprise désormais au pouvoir. Qui ont déferlé en masse le 21 janvier 2017, le jour qui a suivi l’inauguration de la nouvelle présidence. Ils sont aux abords des aéroports pour protester contre le Muslim ban. Ils s’opposent dans les Universités aux conférences des représentants de l’Alt-Right, la droite suprématiste blanche états-unienne. Ils suivent de près le cheminement de certains Démocrates qui croient – avec Bernie Sanders – en « Notre Révolution », mouvement naissant. Ils portent les couleurs de Black Lives Matter. Ils sont avec les Natifs qui s’opposent à la construction d’un oléoduc dans le Dakota du Nord. Ils échangent, s’organisent, et l’angoisse fait alors place à la colère, et la colère devient détermination. L’avenir des Etats-Unis d’Amérique dépend désormais de ceux qui n’offriront pas leur peur en guise de soumission. Au coup d’Etat possible, ils opposeront la nécessité de continuer les luttes pour l’égalité. Devant l’homme qui se croit dans le haut château, se manifesteront les peuples du pays en partage. (Mediapart)
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mardi 7 février 2017

On en parle

__  Rififi au Vatican:
                     Le pape François au centre de virulentes attaques.
                                Les conservateurs de la Curie ne veulent rien lâcher.
                                         La question du pouvoir rebondit, loin de l'image officielle et des saintes génuflexions.
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__  Stephen Bannon, l'éminence grise de la Maison Blanche
, ,                                     SStephen Bannon, dit « Steve », ancien patron de choc du brûlot d'extrême droite Breitbart News et cerveau nationaliste de la victoire du 8 novembre, n’est plus seulement le premier conseiller stratégique de Trump à la Maison Blanche, mais un membre à part entière du cénacle le plus exclusif de l’administration, le fameux « comité des principaux » du Conseil de sécurité nationale.
       À ce titre, le chantre officiel de « l’Amérique d’abord » (« America first »), héraut sans scrupules des valeurs blanches du « Heartland » (le « cœur bouillant de la nation »), est désormais l’égal des secrétaires à la défense, à la justice ou aux affaires étrangères, dans un cercle dont les débats confidentiels sont le préambule à toutes les décisions du président en matière de protection du territoire.... 
                 Un homme inquiétant, admiré par MM Le Pen..


____________________________________________________________ __  Conflits d'intérêt et intense lobbying à Bruxelles  
           Après l'affaire Barroso , Guy Verhofstadt pointé du doigt pour de potentiels conflits d’intérêts 
                      Sur les perturbateurs endocriniens; le lobying ne faiblit pas

__  L’UE relance l’ambitieux projet d’harmonisation fiscale:
                . ...S’il est adopté, ce nouveau régime sera obligatoire pour les plus grandes entreprises, celles au chiffre d’affaires supérieur à 750 millions d’euros, qui seront imposées là où elles font des bénéfices. Les Etats continueraient certes à se faire concurrence, dans la mesure où ils resteraient, quoi qu’il arrive, maîtres de leur taux d’imposition sur les sociétés...
                                                      C'est l'Irlande qui se réjouit......

__  Europe: le point de vue de Jean-Pierre Chevènement:
                                                         ... Il y a encore beaucoup à faire. Je montre les problèmes démographiques de l’Allemagne, qui dominent à mon avis tous les autres, et la manière dont elle y répond, qui est peut-être bonne pour elle à court terme, mais pas pour l’Europe dans son ensemble. Nous devrions changer de modèle de développement. Nous devons retrouver, à l’échelle de la zone euro tout entière, un taux de croissance plus élevé pour résorber le chômage qui pèse sur l’avenir de notre jeunesse et sur l’équilibre moral et politique de nos sociétés. Pour cela introduire plus de flexibilité dans l’organisation économique et monétaire de l’Europe. Redonner au marché intérieur européen un rôle moteur qu’il a perdu du fait des politiques ordo-libérales impulsées par la Commission européenne. Lancer de grandes initiatives de politique industrielle pour contrer le monopole du GAFA (Google, Apple, Face Book, Amazon), muscler notre outil et nos industries de défense, lancer une grande initiative de co-développement avec l’Afrique, seule réponse à un défi migratoire que nos sociétés sont incapables de relever. Tout cela ne sera pas possible si nous ne parvenons pas à convaincre l’Allemagne de « changer de braquet ». J’ai cru, au début des années 2000, qu’une sorte de « gaullisme allemand » pourrait prendre forme. Or, l’Allemagne ne semble pas aujourd’hui concevoir son avenir en dehors d’une « globalisation » toujours plus poussée. C’est une erreur. Le commerce international ralentit. L’administration américaine accable les entreprises allemandes comme les nôtres d’amendes colossales (Deutsche Bank après Volkswagen). Les sanctions contre la Russie pénalisent l’Allemagne comme la France et l’Italie. Il devient urgent de resserrer le dialogue franco-allemand en le recentrant sur les sujets de fond. Le traité de l’Elysée (1963) est resté largement virtuel. Il est temps d’en faire une réalité.
           L’Union européenne serait pour vous un « néo-féodalisme post-moderne ».
C’est au monde globalisé que j’applique cette formule que j’emprunte à Alain Supiot, professeur au Collège de France . L’Union européenne telle qu’elle fonctionne est ressentie comme non-démocratique. Je propose que l’administration dépende d’une autorité politique légitime, le Conseil des Chefs d’Etat et de gouvernement, et non d’une autorité hors-sol comme la Commission, dont on ne sait pas de quelle légitimité elle procède. Ce sont des gens que personne ne connaît ! Il est de temps de restaurer la transparence des débats et de faire que les citoyens des pays européens se sentent dirigés par des responsables qu’ils ont élus. Il est temps de remettre la démocratie au cœur du fonctionnement des institutions européennes. La démocratie fonctionne dans les nations parce que la loi de la majorité ne peut s’appliquer que là où existe un fort sentiment d’appartenance. Les nations peuvent déléguer des compétences à condition que l’exercice de celles-ci soit démocratiquement contrôlé. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. D’où la crise de l’Europe actuelle. On n’y remédiera que par un nouveau traité.
En sortant de l’Euro ?
     Non, en changeant sa nature. On pourrait, de manière concertée avec l’Allemagne, faire de l’euro une monnaie commune, mais qui restaure les mécanismes de flexibilité dont nous avons besoin entre les différents pays. Joseph Stiglitz l’a bien expliqué en 600 pages. En quelques lignes, la monnaie commune serait réservée aux transactions internationales. Un SME bis serait reconstitué. Les parités entre les devises nationales reflèteraient l’évolution de la compétitivité des différentes économies depuis la création de la monnaie unique, en 1999. Ainsi seraient évitées les politiques de dévaluation interne qui plombent la croissance. Serait également surmontée la coupure de l’Europe entre pays appartenant ou non à la zone euro. Le vice fondamental de la monnaie unique qui rassemble sous son toit des économies par trop hétérogènes, serait corrigé. Naturellement cela suppose un accord avec l’Allemagne. En attendant, il faudra faire avec la Banque Centrale européenne qui a déjà su faire évoluer son rôle mais une solution plus durable est préférable."
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jeudi 26 juin 2025

Théorie du fou

Quand la diplomatie trumpienne change la donne

                                        On Shit!

                    Avec l'ère trumpienne, nous avons vu arriver un nouvelle pensée, un nouveau langage, pas toujours fleuri, sensé bousculer les codes en vigueur, le langage d'usage, les formules parfois un peu convenues, les règles de droit bien installées, même au niveau des relations internationales. Le nouveau shérif s'est d'emblée débarrassé de ces conventions pour instaurer de nouvelles pratiques peu conventionnelles, en interne comme en externe, un langage peu fleuri, des attitudes provocatrices propres à casser la baraque, provoquer la sidération, la stupeur, parfois la paralysie; la fascination chez les adeptes et les convaincus.           Cela n'était le simple effet d'unee humeur particulière, d'une inculture notable sur de nombreux sujets, propres à des retournements parfois stupéfiants. Il apparaît mieux aujourd'hui qu'il y a une large part de stratégie réfléchie depuis des années dans des cercles proches des grands influenceurs, politiquement instrumentalisées par de nouveaux groupes au pouvoirs, désireux d'ouvrir les vannes à de nouvelles formes de gouvernance, directes et brutales, de type néo-libertarien. "Casser la baraque" est devenu la nouvelle norme pour installer de nouveaux deals en créant la stupeur qui paralyse la réaction et les coups de force qui intimident. Ça a marché, malgré les incohérences et les tensions internes, les doutes aussi sur la durabilité d'un tel projet machiavélique, qui commence à se faire jour, même dans certains milieux républicains. La diplomatie du marteau et du charme enjôleur peut avoir vite ses limites, après le cauchemar. La théorie du fou, n'est pas nouvelle, mais elle a atteint des sommets à tous les niveaux.  Le "chaos profite toujours à celui qui l'organise"...du moins un certain temps.                                                          C'est une sorte d 'hypnocratie qui résulte de cette fascination- déstabilisation calculée, machiavélique, propre à "semer la m...." en disloquant les structures établies et les modes de pensée convenus. Une nouvelle pratique théorisée et promues de longue date par des "prophètes" comme S. Bannon, le grand-prêtre de la désinformation, en froid aujourd'hui avec son maître, qui à ses yeux n'en fait pas assez.    Un livre lève le voile sur la nature de ces techniques propres à créer la persuasion par la  désinformation habilement utilisée par le biais de certains réseaux sociaux. Un cas, ce Bannon, aux réseaux internationaux, dont l'"enseignement", souvent repris, revient en gros à ce projet hautement philosophique: "Flood the zone whit shit" (inonder la zone de merde), pour contourner et décrédibiliser les éventuelles contradictions et résistances. __ [Extraits]      _____ A quand : Echec et mat?   Cela ne manquera pas de se produire...                                                                                                         Sommes-nous à l'abri de telles dérives?

                              _____Une oeuvre étonnante__________________

dimanche 19 octobre 2025

De quelques gourous de la Maison Blanche

   ____  Poutine/Trump: même combat?

                                                Ou des extrêmes se touchent

______"....il suffit d'écouter les figures les plus emblématiques des médias de droite américains, comme Steve Bannon, qui voit la Russie et les États-Unis comme des «partenaires au sein de la même alliance judéo-chrétienne», ou comme Tucker Carlson, considéré par Alexandre Douguine comme un allié..."                  ______________________    Et les autres .... Une galaxie inquiétante. 

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jeudi 27 février 2025

Varia

__  Musk

__ Slalom

__ Lâchage

__ BRUTALIST

__ Banalisation

__ Contradiction

__ Manipulation

__ Pantouflage

__ Rétropédalage

__ La "chouchoute"     

__ Le cas Bannon >>

__ Steve et Jordan

__ Victoire symbolique

__ Casser le thermomètre

__ Bye bye USA ?

__ Peut faire mieux

__ Feu le New Deal

__ Journalistes empêchés    _________________________