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mercredi 11 juin 2025

Vous avez dit "barbare" ?

 Retour sur une notion qui revient en force

              Surfant sur les peurs

             On ne s'attendait pas à un tel retour sur la scène publique. Un retour de plus en plus décomplexé  en cette période que certains jugent critique du point de vue de certaines formes les plus spectaculaires de  violence publique, hautement instrumentalisée, qui serait de plus en plus ouverte, partagée, décomplexée, dangereuse, voire exponentielle.. Certains médias en font leurs choux gras. Des hommes politiques au petits pieds  et certains relais ayant pignon sur tété en font un thème central de leurs discours partisans et anxiogènes, sûrs de son impact auprès d'un population parfois déboussolée, qui ne sait voir les multiples formes de violence tues ou invisibles.  Un discours vendeur, au coeur d'une période où certains repères se volatilisent,  où le discours rationnel tend à perdre de sa possibilité de persuasion, où la notion même de justice est mise en cause...   


                                                                                             ..
.Un signe de plusCommentant les violences après la victoire du PSG, dimanche 1er juin, le ministre de l’intérieur a fustigé ces « barbares [qui] sont venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l’ordre ». Plus tard il a persisté, en conférence de presse : « Oui, ce sont des barbares. La barbarie, c’est quand tout devient prétexte à la violence, au plaisir, au désir désinhibé de la destruction et du pillage. »Des propos qui rappellent ceux de Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance police nationale, à la veille des législatives anticipées de 2024, disant en avoir « marre des raclures, des nuisibles, des jeunes d’origine étrangère »L’universitaire Olivier Le Cour Grandmaison, auteur de Racismes d’État, États racistes. Une brève histoire (éditions Amsterdam, 2024), rappelle l’histoire du mot « barbares » et toutes les représentations racistes qu’il charrie. Il s’agit à ses yeux d’une stratégie électorale délibérée à l’approche des municipales et de la présidentielle, qui doit appeler une riposte unitaire de la gauche.                                                                                                 Il faut d’abord rappeler que la qualification de « barbares » n’est pas nouvelle. Michel Foucault en avait fait l’analyse dans un cours célèbre prononcé au Collège de France en 1976. Il faisait une très juste et pertinente distinction entre le « barbare » et le « sauvage ». À la différence du sauvage, qui peut être domestiqué, le barbare campe lui à l’extérieur des murs de la Cité, voire à l’intérieur, et il incarne ce faisant une menace jugée existentielle...."

       Ils viennent jusque dans nos bras...♪♫♪
                                                     S'il est un terme ambigü, à connotations variées et à forts jugements de valeurs, c'est bien celui-là. IL y aurait des hommes, au marge de l'humanité, proches de certaines formes d'animalité parmi les plus dangereuses et nuisibles, dont on ne pourrait  espérer  quelconques  améliorations.
        Au point que l'on n'oserait plus l'employer, tant ses acceptions sont diverses et confuses
  Dans le langage courant, la connotation de ce terme est le plus souvent morale et implique une répulsion, une condamnation implicite devant des actes individuels ou collectifs marqués par l'excès de violence, la démesure dans le déchaînement du mal, de la cruauté humaine dans certaines situations.
      Mais, il faut dépasser ce point de vue spontané, comme l'avait fait  Lévi-Strauss , parlant en ethnologue,  en disant de manière en apparence paradoxale: le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie, faisant référence aux meurs de ceux qu'on appelait "primitifs" et dont on pensait qu'ils étaient hors humanité, les rejetant hors de la culture par méconnaissance et ethnocentrisme.
    Les barbares, ce sont aussi les peuples qui surtout  à la fin de l'Empire romain, ont traversé nos régions, en s'y fixant souvent, dont toute une tradition disait qu'ils semaient désolation et terreur. Ces barbares, dont beaucoup d'entre nous descendent, qu'ils soient Bourguignons ou Normands...
    Un historien, Bruno Dumézil, nous a montré toute la diversité et les apports de ceux dont nous pensions longtemps que nous ne leur devions rien, ou pire (Les Normands pilleurs, les Huns massacreurs...selon une légende tenace)

      Les barbares viennent d'au-delà des frontières de l'Empire romain. Sur ce point, tout le monde s'accorde. Mais les origines réelles de ces populations demeurent incertaines.__Les sources des VIe et VIIe siècle affirment que les barbares ont accompli un long périple avant de franchir le limes rhéno-danubien, qui forme la limite septentrionale du monde romain.__Leur lieu de naissance serait à chercher au nord de la Germanie, voire en Scandinavie.__Toutefois, depuis une trentaine d'années, historiens et archéologues remettent en cause les affirmations des textes médiévaux.__Beaucoup de spécialistes croient désormais que les peuples barbares se sont constitués au contact direct de l'Empire, à partir de petites tribus déjà largement romanisées.   ______ Les Francs   représentent une partie de nos racines, beaucoup de Wisigoths ont fait souche et les Gaulois,,enrobés de légendes, sont loin d'avoir eu la vie fruste qu'on leur a longtemps prêtée.  Bref, le terme de barbarie est d'abord basé sur l'ignorance,historique longtemps explicable. Il nous reste beaucoup à apprendre sur eux..                                                                                                                ___ Les Grecs, à l'origine de la notion de barbare, ont eux-mêmes eu du mal à la définir. L'historien Thucydide, au Ve siècle av. J.-C., y introduit déjà une nuance péjorative. Chez lui, le terme « englobe aussi bien d'authentiques non-Grecs, comme les Thraces ou les indigènes de Sicile, que des peuples du nord-ouest de la Grèce tels que les Illyriens, les Étoliens ou la Acarnaniens. Si Thucydide désigne ces derniers comme des barbares, c'est parce qu'il considère comme arriérées ces populations des marges de la Grèce qui n'étaient pas organisées en cités ».  _____À l'époque romaine ou plutôt gréco-romaine, cette vision tend à prévaloir, par exemple dans le regard que portent Grecs et Romains sur les Gaulois, au IIe siècle av. J.-C. « Que les Gaulois aient dès cette époque incarné la figure du barbare sauvage par excellence, les sources grecques en attestent amplement. L'accent est mis sur l'impiété des Gaulois, pillards, sacrilèges que seule l'intervention d'Apollon put détourner de Delphes, mais aussi sur leur férocité guerrière, comme en témoignent les statues du type du Galate mourant en provenance du royaume hellénistique de Pergame. »____Cette vision change au début de notre ère à mesure que Rome étend son empire. « L'ex-ennemi barbare devient un provincial, construit temples et thermes, et adopte la toge, en un mot se romanise (...). Ainsi, les auteurs de l'époque impériale décrivent les Germains au combat en des termes identiques à ceux dont usaient César ou Tite-Live à propos des Gaulois ». Au terme de cette évolution, après l'édit de Caracalla (212) qui accorde la citoyenneté à tous les hommes libres de l'empire, le barbare n'est plus que l'étranger qui vit en-dehors de l'empire.                                                     En 235, la fin de la dynastie des Sévères marque le début du Bas-Empire ou de l'Antiquité tardive, ainsi que l'irruption des barbares sur la scène intérieure de l'empire romain. « Le péril barbare devint progressivement un facteur central de la vie de l'Empire ».___Au siècle suivant, sans que les barbares en soient forcément responsables, les richesses tendent à se concentrer. Dans les campagnes, une poignée de grandes villae au luxe démonstratif se substituent au tissu de villae antérieur. « L'ancienne pyramide sociale s'orienta dès lors vers une bipartition entre les puissants et les pauvres (...). Dès lors, les pauvres pouvaient être facilement amenés à se révolter, si le maître dont ils dépendaient était trop dur, si la pression fiscale devenait trop forte, si la justice impériale était trop favorable aux puissants. Quitte à passer dans le camp des ennemis de l'Empire s'ils estimaient ne plus rien avoir à perdre. Parmi les barbares du IVe et surtout du Ve siècle, on trouvait probablement beaucoup de Romains déclassés, notamment dans les espaces frontaliers où les identités étaient malléables ».____Les vrais barbares, en échange de leur accueil dans l'Empire, sont astreints à une forme de service, dont le plus saillant est le service militaire. Quelques-uns mènent une belle carrière et parviennent même au consulat malgré le handicap de leurs origines. Plusieurs tentent de faire oublier celles-ci. « En 397 et 398, Stilicon, devenu régent de l'Empire d'Occident, fit ainsi passer des lois pour interdire le port de vêtements non romains à l'intérieur de la ville de Rome » (hum, hum)._____À côté de ces barbares qui servent l'Empire avec loyauté et diligence, « on voit se multiplier les groupes résidant sur le sol romain mais dont le statut est difficile à définir : entrées plus ou moins légalement, ces troupes réglaient leur comportement sur l'attitude que le pouvoir impérial avait envers elles. Correctement nourries et soldées, elles soutenaient loyalement le prince qui les payait. Mais si leurs chefs s'estimaient mal traités ou mésestimés, ils menaient des opérations d'intimation, voire de pillage »._____À partir des années 370, les autorités concluent avec les nouveaux arrivants des traités (foedus) qui en font des « fédérés ». « Une fois installés dans une province, les barbares fédérés avaient le droit de conserver leurs chefs et leur organisation interne ; ils recevaient en outre un ravitaillement en vivres ou en terres permettant de se nourrir ».                                                                                                                                                                                            Les historiens et archéologues contemporains tendent à s'accorder sur le fait que les tribus barbares qui ont assailli l'empire romain étaient moins des ethnies que des groupes d'intérêts. ____ Pour comprendre la naissance des royaumes barbares, sans doute faut-il considérer que beaucoup de peuples dont les historiens romains nous relatent les ravages au Ve siècle étaient avant tout des groupes militaires. On y trouvait des individus d'origines très variées, et notamment beaucoup de populations de la frontière, que rejoignaient un nombre important de Romains déclassés. Parfois, il est vrai, le chef d'une armée errante s'appuyait sur une identité ethnique jugée prestigieuse : Alaric se présenta ainsi comme un roi des Goths, même si tous ses hommes n'étaient pas d'ascendance gothique.___Chez ces groupes militaires, le sentiment d'appartenance ethnique s'accroissait à mesure que l'on remportait des victoires en commun ».___Paraphrasant Simone de Beauvoir (et Guillaume Tabard, Le Figaro, 20 septembre 2016), nous pourrions écrire à la suite de Bruno Dumézil : « On ne naît pas Goth, on le devient ». À vrai dire, ce processus d'acculturation nous semble universel. Ainsi, en Afrique australe, au début du XIXe siècle, le prestigieux chef Chaka réunit autour de lui des aventuriers de diverses origines et constitue par le fer et le sang la nation zouloue. ___Aux siècles mérovingiens, les qualificatifs de Francs et Romains n'ont plus rien d'ethnique. À l'époque carolingienne, au IXe siècle, la fusion est consommée entre les différentes populations. La frontière entre civilisation et barbarie redevient géographique et distingue les chrétiens des païens. (Merci à Hérodote.net et à André Larané)  ________

jeudi 9 février 2017

Barbares et barbaries

Ils viennent jusque dans nos bras...♪♫♪
                                                     S'il est un terme ambigü, à connotations variées et à forts jugements de valeurs, c'est bien celui-là
        Au point que l'on n'oserait plus l'employer, tant ses acceptions sont diverses et confuses
  Dans le langage courant, la connotation de ce terme est le plus souvent morale et implique une répulsion, une condamnation implicite devant des actes individuels ou collectifs marqués par l'excès de violence, la démesure dans le déchaînement du mal, de la cruauté humaine dans certaines situations.
      Mais, il faut dépasser ce point de vue spontané, comme l'avait fait  Lévi-Strauss , parlant en ethnologue,  en disant de manière en apparence paradoxale: le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie, faisant référence aux meurs de ceux qu'on appelait "primitifs" et dont on pensait qu'ils étaient hors humanité, les rejetant hors de la culture par méconnaissance et ethnocentrisme.
    Les barbares, ce sont aussi les peuples qui surtout  à la fin de l'Empire romain, ont traversé nos régions, en s'y fixant souvent, dont toute une tradition disait qu'ils semaient désolation et terreur. Ces barbares, dont beaucoup d'entre nous descendent, qu'ils soient Bourguignons ou Normands...
    Un historiens comme Bruno Dumézil nous a montré toute la diversité et les apports de ceux dont nous pensions longtemps que nous ne leur devions rien, ou pire (Les Normands pilleurs, les Huns massacreurs...selon une légende tenace)
      Les barbares viennent d'au-delà des frontières de l'Empire romain. Sur ce point, tout le monde s'accorde. Mais les origines réelles de ces populations demeurent incertaines.__Les sources des VIe et VIIe siècle affirment que les barbares ont accompli un long périple avant de franchir le limes rhéno-danubien, qui forme la limite septentrionale du monde romain.__Leur lieu de naissance serait à chercher au nord de la Germanie, voire en Scandinavie.__Toutefois, depuis une trentaine d'années, historiens et archéologues remettent en cause les affirmations des textes médiévaux.__Beaucoup de spécialistes croient désormais que les peuples barbares se sont constitués au contact direct de l'Empire, à partir de petites tribus déjà largement romanisées.   ______ Les Francs   représentent une partie de nos racines, beaucoup de Wisigoths ont fait souche et les Gaulois,,enrobés de légendes, sont loin d'avoir eu la vie fruste qu'on leur a longtemps prêtée.  Bref, le terme de barbarie est d'abord basé sur l'ignorance,historique longtemps explicable. Il nous reste beaucoup à apprendre sur eux..
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          Les Grecs, à l'origine de la notion de barbare, ont eux-mêmes eu du mal à la définir. L'historien Thucydide, au Ve siècle av. J.-C., y introduit déjà une nuance péjorative. Chez lui, le terme « englobe aussi bien d'authentiques non-Grecs, comme les Thraces ou les indigènes de Sicile, que des peuples du nord-ouest de la Grèce tels que les Illyriens, les Étoliens ou la Acarnaniens. Si Thucydide désigne ces derniers comme des barbares, c'est parce qu'il considère comme arriérées ces populations des marges de la Grèce qui n'étaient pas organisées en cités ».  _____À l'époque romaine ou plutôt gréco-romaine, cette vision tend à prévaloir, par exemple dans le regard que portent Grecs et Romains sur les Gaulois, au IIe siècle av. J.-C. « Que les Gaulois aient dès cette époque incarné la figure du barbare sauvage par excellence, les sources grecques en attestent amplement. L'accent est mis sur l'impiété des Gaulois, pillards, sacrilèges que seule l'intervention d'Apollon put détourner de Delphes, mais aussi sur leur férocité guerrière, comme en témoignent les statues du type du Galate mourant en provenance du royaume hellénistique de Pergame. »____Cette vision change au début de notre ère à mesure que Rome étend son empire. « L'ex-ennemi barbare devient un provincial, construit temples et thermes, et adopte la toge, en un mot se romanise (...). Ainsi, les auteurs de l'époque impériale décrivent les Germains au combat en des termes identiques à ceux dont usaient César ou Tite-Live à propos des Gaulois ». Au terme de cette évolution, après l'édit de Caracalla (212) qui accorde la citoyenneté à tous les hommes libres de l'empire, le barbare n'est plus que l'étranger qui vit en-dehors de l'empire.

       En 235, la fin de la dynastie des Sévères marque le début du Bas-Empire ou de l'Antiquité tardive, ainsi que l'irruption des barbares sur la scène intérieure de l'empire romain. « Le péril barbare devint progressivement un facteur central de la vie de l'Empire ».___Au siècle suivant, sans que les barbares en soient forcément responsables, les richesses tendent à se concentrer. Dans les campagnes, une poignée de grandes villae au luxe démonstratif se substituent au tissu de villae antérieur. « L'ancienne pyramide sociale s'orienta dès lors vers une bipartition entre les puissants et les pauvres (...). Dès lors, les pauvres pouvaient être facilement amenés à se révolter, si le maître dont ils dépendaient était trop dur, si la pression fiscale devenait trop forte, si la justice impériale était trop favorable aux puissants. Quitte à passer dans le camp des ennemis de l'Empire s'ils estimaient ne plus rien avoir à perdre. Parmi les barbares du IVe et surtout du Ve siècle, on trouvait probablement beaucoup de Romains déclassés, notamment dans les espaces frontaliers où les identités étaient malléables ».____Les vrais barbares, en échange de leur accueil dans l'Empire, sont astreints à une forme de service, dont le plus saillant est le service militaire. Quelques-uns mènent une belle carrière et parviennent même au consulat malgré le handicap de leurs origines. Plusieurs tentent de faire oublier celles-ci. « En 397 et 398, Stilicon, devenu régent de l'Empire d'Occident, fit ainsi passer des lois pour interdire le port de vêtements non romains à l'intérieur de la ville de Rome » (hum, hum)._____À côté de ces barbares qui servent l'Empire avec loyauté et diligence, « on voit se multiplier les groupes résidant sur le sol romain mais dont le statut est difficile à définir : entrées plus ou moins légalement, ces troupes réglaient leur comportement sur l'attitude que le pouvoir impérial avait envers elles. Correctement nourries et soldées, elles soutenaient loyalement le prince qui les payait. Mais si leurs chefs s'estimaient mal traités ou mésestimés, ils menaient des opérations d'intimation, voire de pillage »._____À partir des années 370, les autorités concluent avec les nouveaux arrivants des traités (foedus) qui en font des « fédérés ». « Une fois installés dans une province, les barbares fédérés avaient le droit de conserver leurs chefs et leur organisation interne ; ils recevaient en outre un ravitaillement en vivres ou en terres permettant de se nourrir ».

     Les historiens et archéologues contemporains tendent à s'accorder sur le fait que les tribus barbares qui ont assailli l'empire romain étaient moins des ethnies que des groupes d'intérêts. ____ Pour comprendre la naissance des royaumes barbares, sans doute faut-il considérer que beaucoup de peuples dont les historiens romains nous relatent les ravages au Ve siècle étaient avant tout des groupes militaires. On y trouvait des individus d'origines très variées, et notamment beaucoup de populations de la frontière, que rejoignaient un nombre important de Romains déclassés. Parfois, il est vrai, le chef d'une armée errante s'appuyait sur une identité ethnique jugée prestigieuse : Alaric se présenta ainsi comme un roi des Goths, même si tous ses hommes n'étaient pas d'ascendance gothique.___Chez ces groupes militaires, le sentiment d'appartenance ethnique s'accroissait à mesure que l'on remportait des victoires en commun ».___Paraphrasant Simone de Beauvoir (et Guillaume Tabard, Le Figaro, 20 septembre 2016), nous pourrions écrire à la suite de Bruno Dumézil : « On ne naît pas Goth, on le devient ». À vrai dire, ce processus d'acculturation nous semble universel. Ainsi, en Afrique australe, au début du XIXe siècle, le prestigieux chef Chaka réunit autour de lui des aventuriers de diverses origines et constitue par le fer et le sang la nation zouloue. ___Aux siècles mérovingiens, les qualificatifs de Francs et Romains n'ont plus rien d'ethnique. À l'époque carolingienne, au IXe siècle, la fusion est consommée entre les différentes populations. La frontière entre civilisation et barbarie redevient géographique et distingue les chrétiens des païens. (Merci à Hérodote.net et à André Larané)

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dimanche 26 septembre 2021

Les mots de Zemmour

L'art de brouiller (ou de clarifier) les lignes.

                   On peut le dire sans ambages: notre étoile montante a un discours clivant et ne manque pas de cohérence!! (?)   Il reste tel qu'en lui-même, droit dans ses bottes...Il est à fond dans l'alternatif, comme un certain Trump...On ne peut lui reprocher cela. Question de logique.


          Ses propos sont clairs. C'est assez rares sur nos médias, très complaisants (comme C.News) on non. On peut en juger. Même si la Démocratie est le moindre de ses soucis.  Il a ses références. Le général Bugeaud ne lui fait pas peur, pas plus que Pétain. Une référence!  Il y va à fond la caisse, quitte à casser la baraque. Reste plus qu' à trouver les moyens d'aller plus loin, mais il a quelques amis, et certains y voient une (bonne) fortune.. On verra...Personne n'est parfait.   L'Elysée botte en touche. Prudence...Ira-t-il, ira-t-il pas? That is the question...Il existe parfois d'étranges alliances.      En tous cas, l'homme ne manque pas de phobies et de fureurs.

                                                             Attila est là. Les Huns sont dans la cité!
C'est ce qu'on croit deviner en écoutant notre Zemmour national, qui, tel Ste Geneviève, vient nous alerter sur les menaces de la barbarie dans nos murs. Ils existent; il les a rencontrés.
    Un brave garçon, qui ne dit pas que des bêtises, mais un peu brouillon, assez  excessif, un peu énervé, atrabilaire, souvent pris d'urticaire identitaire...Un mal récidivant.
     Il nous prévient gentiment : "...Notre territoire, privé de la protection de ses anciennes frontières, renoue dans les villes, mais aussi dans les campagnes, avec les grandes razzias, les pillages d’autrefois, les Normands, les Huns, les Arabes.
Les grandes invasions d’après la chute de Rome sont désormais remplacées par des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d’Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent. Une population française sidérée et prostrée crie sa fureur, mais celle-ci se perd dans le vide intersidéral des statistiques. »
    Diable! Entendez-vous dans nos campagnes?...Ils viennent jusque dans nos bras...! ♪♫♪
Sie kommen! Des quatre coins des confins de l'Europe ou de ses marges lointaines...C'est une ligue, que dis-je! un complot. La République est en danger. Des accents de Valmy.
   Rome n'est plus dans Rome. Paris n'est plus Paris...Mais Bangui. Les Maliens sont à Montreuil.
Les Roms sont là! Halte-là!
     L'herbe ne repousse plus sous les ruées  barbares.
                Vous avez dit Barbares...?
  Nos ancêtres les barbares... Les Gaulois furent les barbares de César. Les Romains en virent passer bien d'autres plus tard...victimes eux-mêmes d'autres barbares...On est toujours les barbares de quelqu'un.
    Les Huns et les autres. Les vandales!
Rome ne survécut pas, mais laissa place à une autre civilisation, à d'autres recompositions...  "Il ne faut pas voir le remplacement de l’Empire romain par les royaumes barbares comme une invasion à l’instar de celle de la France par l’armée allemande en 1940. Il s’agit d’un phénomène migratoire, encouragé par les Romains eux-mêmes, notamment pour combler les manques dans leur armée... et Rome a gagné quelques années de survie grâce aux généraux barbares. » nous disent les historiens.
                Les barbares n'ont pas fait que passer et (parfois) détruire (un peu, beaucoup) . On en trouve encore: des descendants de Goths en Lorraine, des Normands là où vous savez, etc... Les Vikings: quelles richesses!
   Et ces Francs, franchement, ces affreux!.. qui firent la future France. Tous des barbares! Assumons l'héritage...
________________ Notre polémiste pressé stressé ose le télescopage, l' hyper-simplification et l'anachronisme.  
Sur les ondes de RTL, il faut faire vite.
  Il ne craint pas de racialiser la délinquance, qui, comme chacun sait, vient toujours de l'étranger, comme le dit ma concierge, qui a besoin de se rassurer.
      Les nouveaux Goths sont là! Le gang des voleurs de poules rôde.   Jamais un Français n'oserait braquer une bijouterie!
                                     Singulière conception de l'histoire...
     Gibbon est lu avec de drôles de lunettes.
Pas de critiques de la mondialisation en cours et du système économique qui autorise, encourage même  ce que l'auteur considère comme une déferlante.
     Il en rajoute à  Obertone lui-même , tout dans la nuance l'excès, en déclin maintenant.
_________________ "Le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie", disait par expérience Levi-Strauss
   Il met certains à cran
Lepéniste, Zemmour? Il s'en défend, même s'il a déjeuné avec Jean-Marie, toujours aussi nuancé.
    Peut-être seulement inconséquent, xénophobe (un peu quand même...) et à courte vue, racialisant la délinquance. (*)

Une histoire grand guignol...

      Le bêtisier est impressionnant...Morceaux choisis:
    " Concernant Pétain, je réhabilite l'armistice de 1940. Au fond, le maréchal a fait la même chose qu'en 1917, il a gagné du temps pour attendre les Américains. » 
« Plus je vieillis, plus je pense que nos ancêtres étaient mieux que nous ! La littérature était supérieure aussi. A part la médecine et la technologie, je ne vois pas où sont les progrès.» , etc...
__________________On ne niera pas les problèmes liées à une immigration (souvent réclamée par la patronat) mal maîtrisée, non négociée, dans l'espace-passoire Schengen, au coeur d'une mondialisation ouverte à tout vent...
    Zemmour semble ignorer les causes d'une immigration le plus souvent non choisie.
   Mais on ne va pas pour autant guillotiner le journaliste le plus décrié du PAF ...pour son ignorance et ses élans ethnophobiques. Et paf!
      Malaise à RTL...
       La posture zemmourienne est difficile à défendre.  On peut lui conseiller de calmer ses nerfs, de se retirer du PAF et de faire un peu de sport et surtout beaucoup d'histoire, sérieusement, pas revisitée....pour ne pas nous raconter des histoires.
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(*)   Il faudrait qu'on nous démontre en quoi la diversité culturelle dans un Etat mène à la violence - je ne suis pour ma part pas du tout convaincu de cela. La violence, elle vient en partie de ceux qui n'ont pas accepté la différence, et qui au sein de groupuscules d'extrême-droite vont tout faire pour la rejeter. Faudrait-il donc changer d'identité pour être réputé pacifiste? Moi qui suis né en France de parents syriens, moi qui suis parfaitement intégré à la société française mais qui reste en partie syrien, moi qui ai appris la langue de mes parents que je parle souvent avec ma mère parce que c'est dans mes habitudes, dois-je être considéré comme un danger public à cause de mes origines? Eric Zemmour pense que les délinquant sont en grande majorité noirs et arabes. Je l'entend. Mais est-ce à dire que la majorité des noirs et des arabes sont des délinquants? Si 60% des délinquants sont noirs et arabes, est-ce à dire que 60% des noirs et arabes sont délinquants. De plus, ne faut-il pas chercher quels noirs et quels arabes sont délinquants, chercher leur origine sociale, quel facteur aurait encouragé la délinquance? Mais au lieu de cela, avec Eric Zemmour, on pointe du doigt des hommes et des femmes et on dit: « Voilà les monstres! » Si bien qu'avant même qu'elle ait agi ou qu'elle ait foulé le sol français, on pourra savoir, contre l'Etat de droit, que telle personne est destinée à être coupable...._______________________

mercredi 21 mai 2014

Les barbares à Zemmour


 Phobies et fureurs zemmouriennes
                                                             Attila est là. Les Huns sont dans la cité!
C'est ce qu'on croit deviner en écoutant notre Zemmour national, qui, tel Ste Geneviève, vient nous alerter sur les menaces de la barbarie dans nos murs. Ils existent; il les a rencontrés.
    Un brave garçon, qui ne dit pas que des bêtises, mais un peu brouillon, assez  excessif, un peu énervé, atrabilaire, souvent pris d'urticaire identitaire...Un mal récidivant.
     Il nous prévient gentiment : "...Notre territoire, privé de la protection de ses anciennes frontières, renoue dans les villes, mais aussi dans les campagnes, avec les grandes razzias, les pillages d’autrefois, les Normands, les Huns, les Arabes.
Les grandes invasions d’après la chute de Rome sont désormais remplacées par des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d’Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent. Une population française sidérée et prostrée crie sa fureur, mais celle-ci se perd dans le vide intersidéral des statistiques. »
    Diable! Entendez-vous dans nos campagnes?...Ils viennent jusque dans nos bras...! ♪♫♪
Sie kommen! Des quatre coins des confins de l'Europe ou de ses marges lointaines...C'est une ligue, que dis-je! un complot. La République est en danger. Des accents de Valmy.
   Rome n'est plus dans Rome. Paris n'est plus Paris...Mais Bangui. Les Maliens sont à Montreuil.
Les Roms sont là! Halte-là!
     L'herbe ne repousse plus sous les ruées  barbares.
                Vous avez dit Barbares...?
  Nos ancêtres les barbares... Les Gaulois furent les barbares de César. Les Romains en virent passer bien d'autres plus tard...victimes eux-mêmes d'autres barbares...On est toujours les barbares de quelqu'un.
    Les Huns et les autres. Les vandales!
Rome ne survécut pas, mais laissa place à une autre civilisation, à d'autres recompositions...  "Il ne faut pas voir le remplacement de l’Empire romain par les royaumes barbares comme une invasion à l’instar de celle de la France par l’armée allemande en 1940. Il s’agit d’un phénomène migratoire, encouragé par les Romains eux-mêmes, notamment pour combler les manques dans leur armée... et Rome a gagné quelques années de survie grâce aux généraux barbares. » nous disent les historiens.
                Les barbares n'ont pas fait que passer et (parfois) détruire (un peu, beaucoup) . On en trouve encore: des descendants de Goths en Lorraine, des Normands là où vous savez, etc... Les Vikings: quelles richesses!
   Et ces Francs, franchement, ces affreux!..qui firent la future France. Tous des barbares! Assumons l'héritage...
________________ Notre polémiste pressé stressé ose le téléscopage, l' hypersimplification et l'anachronisme.  
Sur les ondes de RTL, il faut faire vite.
  Il ne craint pas de racialiser la délinquance, qui, comme chacun sait, vient toujours de l'étranger, comme le dit ma concierge, qui a besoin de se rassurer.
      Les nouveaux Goths sont là! Le gang des voleurs de poules rôde.   Jamais un Français n'oserait braquer une bijouterie!
                                     Singulière conception de l'histoire...
     Gibbon est lu avec de drôles de lunettes.
Pas de critiques de la mondialisation en cours et du système économique qui autorise, encourage même  ce que l'auteur considère comme une déferlante.
     Il en rajoute à  Obertone lui-même , tout dans la nuance l'excès, en déclin maintenant.
_________________ "Le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie", dit par expérience Levi-Strauss
   Il met certains à cran
Lepéniste, Zemmour? Il s'en défend, même s'il a déjeuné avec Jean-Marie, toujours aussi nuancé.
    Peut-être seulement inconséquent, xénophobe (un peu quand même...) et à courte vue, racialisant la délinquance. (*)
Une histoire grand guignol...
      Le bêtisier est impressionnant...Morceaux choisis:
    " Concernant Pétain, je réhabilite l'armistice de 1940. Au fond, le maréchal a fait la même chose qu'en 1917, il a gagné du temps pour attendre les Américains. » 
« Plus je vieillis, plus je pense que nos ancêtres étaient mieux que nous ! La littérature était supérieure aussi. A part la médecine et la technologie, je ne vois pas où sont les progrès.» , etc...
__________________On ne niera pas les problèmes liées à une immigration (souvent réclamée par la patronat) mal maîtrisée, non négociée, dans l'espace-passoire Schengen, au coeur d'une mondialisation ouverte à tout vent...
    Zemmour semble ignorer les causes d'une immigration le plus souvent non choisie.
   Mais on ne va pas pour autant guillotiner le journaliste le plus décrié du PAF ...pour son ignorance et ses élans ethnophobiques. Et paf!
      Malaise à RTL...
       La posture zemmourienne est difficile à défendre.  On peut lui conseiller de calmer ses nerfs, de se retirer du PAF et de faire un peu de sport et surtout beaucoup d'histoire, sérieusement, pas revisitée....pour ne pas nous raconter des histoires.
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(*)   Il faudrait qu'on nous démontre en quoi la diversité culturelle dans un Etat mène à la violence - je ne suis pour ma part pas du tout convaincu de cela. La violence, elle vient en partie de ceux qui n'ont pas accepté la différence, et qui au sein de groupuscules d'extrême-droite vont tout faire pour la rejeter. Faudrait-il donc changer d'identité pour être réputé pacifiste? Moi qui suis né en France de parents syriens, moi qui suis parfaitement intégré à la société française mais qui reste en partie syrien, moi qui ai appris la langue de mes parents que je parle souvent avec ma mère parce que c'est dans mes habitudes, dois-je être considéré comme un danger public à cause de mes origines? Eric Zemmour pense que les délinquant sont en grande majorité noirs et arabes. Je l'entend. Mais est-ce à dire que la majorité des noirs et des arabes sont des délinquants? Si 60% des délinquants sont noirs et arabes, est-ce à dire que 60% des noirs et arabes sont délinquants. De plus, ne faut-il pas chercher quels noirs et quels arabes sont délinquants, chercher leur origine sociale, quel facteur aurait encouragé la délinquance? Mais au lieu de cela, avec Eric Zemmour, on pointe du doigt des hommes et des femmes et on dit: « Voilà les monstres! » Si bien qu'avant même qu'elle ait agi ou qu'elle ait foulé le sol français, on pourra savoir, contre l'Etat de droit, que telle personne est destinée à être coupable.
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-Relayé par Agoravox 

vendredi 15 avril 2022

Point d'histoire

 L'histoire de la Chine...

           ...Qui n'a pas fini de nous étonner,  n'est pas un long fleuve tranquille. L'Empire du milieu s'est fait et s'est défait maintes fois dans sa longue histoire avant de trouver une relative stabilité. J. Gernet le décrit par le menu dans ses recherches approfondies. Les peuples du Nord ont longtemps constitué une menace, avant l'assimilation et de nouvelles synthèses.

      Un long tournant chinois dans l'histoire du pays, de 220 à 618:

                                                 " Après 36 ans de conflits entre seigneurs de guerre, la Chine se retrouve coupée en trois royaumes en l’an 222 : le Wei, le Shu et le Wu. Les guerres se poursuivent, chaque roi revendiquant le titre impérial. Pourtant la période des 3 royaumes marque un âge d’or de la poésie. Par ailleurs, le taoïsme et le bouddhisme gagnent du terrain aux côtés du confucianisme traditionnel. A cette époque, l’empire Xianbei se désagrège, mais les tribus restent très menaçantes.     Dans les 3 royaumes, le pouvoir royal s’affaiblit rapidement. Un chef de guerre du Wei parvient à s’emparer du Shu en 263 et se proclame roi de Jin. Puis son fils Jin Wudi s’empare du Wu en 280, réunifiant l’empire chinois pour une courte période.  Il réalise des réformes politiques et judiciaires, et pendant quelques années la prospérité semble revenue. Mais en 290, sa mort entraîne une sanglante guerre de succession qui va durer 15 ans. Cette nouvelle période de chaos affaiblit considérablement le pays. Dans le même temps, les peuples d’origine barbare installés en Chine du nord sont massivement utilisés comme mercenaires et acquièrent de plus en plus de pouvoir. Ils fondent des royaumes indépendants dans le nord à partir de l’an 304. La capitale Luoyang est prise en 311 et l’empereur Jin est tué. La Chine du nord passe intégralement sous le contrôle des barbares 5 ans plus tard : elle se retrouve divisée en plusieurs royaumes très instables qui se font sans cesse la guerre, ce qui provoque un important recul économique et artistique.   Pendant ce temps au sud, un prince Jin se proclame empereur en 318 sous le nom de Jin Yuandi, perpétuant la dynastie. Depuis sa capitale Jiankang, l’actuelle Nankin, il passe son règne à réprimer les rébellions intérieures et à contrer l’avancée des royaumes barbares.   A partir de 330, la Chine du sud se consolide peu à peu. Elle contribue à diffuser la culture chinoise chez les peuples du sud. C’est aussi une période faste pour la pensée philosophique.   En 347, les Jin parviennent à s’emparer du Sichuan à l’ouest. Puis ils lancent des expéditions au nord contre les autres royaumes barbares : Qin antérieurs à l’ouest, Yan antérieurs à l’est. Malgré quelques succès, cela ne fait qu’affaiblir les Yan comme les Jin, et ce sont les Qin antérieurs qui en profitent : ceux-ci s’emparent du Sichuan et de tous les royaumes barbares, unifiant la Chine du nord en 376.   La menace qui pèse sur la Chine du sud est écartée de justesse sept ans plus tard à la bataille de la rivière Fei : les Jin remontent la frontière jusqu’au Fleuve Jaune tandis que le royaume des Qin antérieurs se désagrège. La Chine du nord retrouve sa fragmentation en plusieurs royaumes barbares.   Peu après, des luttes de pouvoir plongent la Chine du sud dans 10 nouvelles années de guerre civile aggravée par les guerres contre le nord. C’est le général Liu Yu qui rétablit l’ordre : il s’empare du trône en 420, fondant une nouvelle dynastie.    Peu après au nord, le royaume Wei amorce une expansion sous l’impulsion de son roi Tuoba Tao : il unifie ainsi la Chine du nord en 439. Cette nouvelle configuration de la Chine en 2 royaumes un peu plus stable et aux cultures bien distinctes.    Le sud n’est autre que la continuité de l’ancien empire Han : autrefois à l’écart du centre politique de la Chine, il est maintenant complètement acquis à la culture chinoise et connaît un développement marqué avec une abondante création artistique. Quant au nord dirigé par une dynastie d’origine barbare, il a connu un recul économique par rapport à l’époque des Han.    Il continue pourtant de bénéficier du commerce par la Route de la Soie, tandis que le sud plus à l’écart doit développer une route maritime avec l’Inde qui est alors à son apogée. Cela favorise l’essor de royaumes intermédiaires : Champa dans l’actuel Vietnam, Fou-nan centré sur l’actuel Cambodge, et Tarumanagara à Java. Grâce à cette ouverture, le bouddhisme tend peu à peu à supplanter le confucianisme en Chine. Il gagne aussi le Koguryo en Corée, qui continue à s’étendre et atteint son apogée.     La période reste très belliqueuse : en Chine les empereurs ont une faible légitimité et doivent composer avec une aristocratie guerrière puissante. En 450, l’empereur du nord Tuoba Tao mène une expédition militaire qui affaiblit considérablement le sud et repousse la frontière.    Peu à peu, le nord achève sa sinisation et le contrôle sur les populations des steppes s’affaiblit. La capitale finit par être déplacée à Luoyang. Les garnisons du front nord, insatisfaites par cet éloignement du pouvoir, finissent par se révolter. En 528, Luoyang est mise à sac.    Le royaume du sud profite de cette nouvelle faiblesse en lançant une campagne militaire contre le nord. Face au chaos, deux seigneurs de guerre finissent par prendre les choses en main. La Chine du nord se retrouve divisée en deux royaumes : le Zhou à l’ouest avec pour capitale Chang’an, et le Qi à l’est avec pour capitale Ye.   Finalement, ça contribue à redonner une nouvelle vitalité à la région : à l’ouest les Zhou s’emparent du Sichuan aux dépens de la Chine du sud. A l’est la progression des Qi vers le sud provoque la chute de la dynastie. Les Chen arrivent au pouvoir tandis qu’un général dissident établit son propre royaume au centre.  Les années suivantes sont marquées par des révoltes internes dans le Qi : en 577, le Zhou en profite et annexe le Qi. Peu après, un général des Zhou renverse le roi et fonde la dynastie Sui, prenant le nom de Sui Wendi. En 589, il s’empare du Chen, réunifiant durablement la Chine : après trois siècles de divisions, le pays va enfin connaître trois siècles d’unité...." [Vincent Boqueho]   __ 

____ * Quand la Chine s'arrêta. ___ Puissance navale réinventée. ___ Chine d'hier et d'aujourd'hui. __ Quand la Chine éternue.___ Revenir de Chine. ___ Ombres chinoises.__..Et la suite...                      ______________________

lundi 23 novembre 2015

Il viennent jusque dans nos bras...

Vous avez dit barbares?
                                      Il est des actes violents, d'une cruauté extrême, d'où la moindre pitié est exclue. Barbares, dira-t-on...
 Une dénomination presque spontanée, un mot commode qui vient aux lèvres pour qualifier la folie meurtrière, l'horreur presque indicible.
        On ne reviendra pas sur l'origine et l'histoire du mot et son usage critique.en ethnologie.
  Ici, c'est plutôt au sens moral qu'il est pris, contre toutes les formes d'extrémismes meurtriers.
   Daesch et ses missionnaires armés, dit-on, ont des méthodes barbares, qu'on peut avoir tendance à relier à une tradition ancestrale.. 
 Mais à Bagdad ou à à Cordoue, a régné un âge faste remarquable et une tolérance relative. Juifs et musulmans cohabitèrent dès l'origine et épisodiquement de manière relativement harmonieuse. Mais le radicalisme Wahhabiste constitua un tournant dont l'Arabie saoudite fut et reste l'héritière, avec ses formes diverses, rejetées par beaucoup de musulmans.
          Barbare, un mot du coeur et de la passion stigmatisante, d'utilisation spontanée, mais source de confusions, qui altère l'intelligence et entre souvent dans le jeu de l'adversaire.
    ... Le terme de barbarie apparaît comme un mot brûlé. Brûlé parce qu’on l’a trop employé pour désigner l’autre en général, et, particulièrement, le musulman. Brûlé, parce qu’il fait écran à toute intelligence précise de l’ennemi qu’exige toute situation de guerre. Brûlé, parce qu’il situe le conflit exactement sur le terrain où Daech veut le situer : celui de la culture et des valeurs et non celui de la politique, des alliances et des rapports de force. Brûlé, même parce qu’en un sens, il réalise d’avance la finalité obvie de tels actes : introduire le sentiment de la barbarie au cœur de la société française avec ses inévitables conséquences en termes de confusion, de soupçon et d’exclusion que vont connaître une fois encore tous les Français musulmans ou d’origine arabe afin de les pousser à rejoindre le jihad. Tant que l’on ne sait pas comment éradiquer Daech et gagner cette guerre qui frappe sur notre propre territoire, contrevenir au moins de toutes nos forces au renforcement d’un tel sentiment est notre devoir le plus urgent. En particulier, en arrêtant au plus vite de parler de barbares et de barbarie.
      Daesch n'a rien à voir avec l'islam tel qu'il est vécu par la grande majorité de ceux qui s'en réclament, même si, faute de contextualisation et d'interprétation, le Coran peut être lu et vécu de diverses manières, parfois de façon la plus obtuse et intégriste... Le délire peut affecter d'autres religions dans certaines circonstances, comme l'histoire le montre.
     C'est l'avatar monstrueux d'une situation de violence qui date de l'invasion de l'Irak, d'un contexte de désordre organisé où le pire a pu germer et s'organiser, sur la base d'une doctrine salafiste, qui a servi de matrice et qui s'empare aussi d'esprits cultivés, d'hommes ayant parfois une formation universitaire, comme les Nazis avaient leurs lettrés et leurs artistes.
 Violence qui affecte les moeurs de l'allié saoudite qui a fait école...
           L'existence de Daech, qui risque de durer, arrange bien certains pays 
  Se prémunir contre les extrêmes reste une tâche qui n'est jamais terminée. Il est des circonstances où des digues culturelles peuvent céder si nous n'y prenons garde. Après Freud, d'autres nous le rappellent.
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L’Arabie saoudite : un Daesh qui a réussi
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