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mardi 18 novembre 2008

Créationnisme : offensive européenne


Le créationnisme est un concept créé aux USA par des fondamentalistes religieux qui voudraient voir la Bible prendre place au cœur de l’enseignement. Plusieurs étapes ont jalonné son histoire, avec des procès retentissants. Actuellement, le créationnisme revêt un caractère discret et dangereux. Sous couvert d’ouverture d’esprit, d’œcuménisme, des institutions comme l’UIP diffusent jusque dans les sciences une spiritualité pernicieuse. Des scientifiques comme Dambricourt prêchent un moteur interne au vivant en lieu et place d’évolution. Un concept de dessein intelligent a émergé récemment, acceptant le fait évolutif « encadré » par un programme, manière détournée d’imposer une entité architecte de notre avenir. Les méthodes du créationnisme s’affinent, jouent sur les ambiguïtés et sur le langage, et avancent sans heurt majeur, avec l’aval du président Bush aux USA. ( AFIS)
[..."Pennsylvanie, Kansas, Georgie…, la liste s’allonge des Etats où les professeurs de biologie ont dû céder
devant la pression des parents d’élèves le plus souvent en s’autocensurant et ne prononçant plus
le mot d’évolution pour ne pas devoir enseigner conjointement la doctrine de l’intelligent design.
C’est au point que Bruce Alberts, Président de l’Académie des Sciences des Etats-Unis, s’alarma publiquement
le 4 mars 2005 de ce que « l’un des fondements de la science moderne est actuellement
négligé, voire même banni, des cours de science » D.Lecourt]
-Ronald Reagan déclarait en mars 1981 :
« l’évolutionnisme est seulement une théoriescientifique, une théorie que la communauté scientifique ne croit plu saussi infaillible qu’on l’a cru autrefois. En tout cas, si l’on se décide à l’enseigner dans les écoles, je pense qu’on devrait aussi enseigne le récit biblique de la Création », le gouverneur Georges W. Bush, alorsc andidat républicain à la Présidence, se déclarait en août 1999, favorable à ce qu’on enseigne« différentes manières d’expliquer la formation du monde ».

Le créationnisme étend son influence en Europe:

"...L'attaque la plus frontale date de début 2007. Dans de nombreux pays d'Europe, lycées, collèges et universités reçoivent sans l'avoir demandé un luxueux ouvrage illustré, L'Atlas de la création. Edité et imprimé en Turquie, il prétend démontrer que l'évolution n'est pas une doctrine scientifique mais de la propagande antireligieuse. Son auteur, Harun Yahya - de son vrai nom Adnan Oktar -, dirige une organisation au financement obscur, dont le principal objectif est de promouvoir le Coran.

"LE DESSEIN INTELLIGENT""La diffusion de cet ouvrage a fait prendre conscience de l'existence d'un créationnisme musulman, jusque-là relativement ignoré en Occident", souligne Olivier Brosseau, docteur en biologie et coauteur d'un excellent petit livre sur Les Créationnismes (Ed. Syllepse). Egalement diffusé en Asie et au Moyen-Orient, ce discours extrémiste n'a toutefois exercé en Europe et aux Etats-Unis qu'une influence limitée. Il en va tout autrement du concept de "dessein intelligent" (intelligent design, ou ID) : le dernier avatar du créationnisme américain, qui, depuis les années 1990, ne cesse d'étendre son influence dans les sociétés occidentales. Sa thèse centrale ? La vie est trop complexe pour être issue d'un processus non dirigé tel que la sélection naturelle. L'évolution des espèces est admise, mais elle ne peut qu'être l'oeuvre d'un concepteur d'ordre supérieur.--Comme les autres, cette théologie naturelle modernisée s'attaque à l'enseignement. Par sa façade pseudo-scientifique (nombre de ses promoteurs sont des universitaires établis), elle ne cesse de marquer des points. En Italie, Letizia Moratti, ministre de l'éducation à l'époque, signe en février 2004 un décret excluant l'enseignement de l'évolution au collège (mesure annulée en 2005 après avoir déclenché une fronde dans la communauté scientifique). Au Royaume-Uni, selon un sondage réalisé en janvier 2006 par la BBC, plus de 40 % des personnes interrogées souhaitent que le créationnisme soit enseigné en cours de science.La même année, en Allemagne, la chaîne Arte révèle que deux écoles du Land de Hesse, l'une privée et l'autre publique, enseignent le créationnisme en cours de biologie. Pays-Bas, Pologne, Russie, Suède : un peu partout, les exemples se multiplient. Au point que le Conseil de l'Europe, en juin 2007, sonne l'alarme, dans un rapport sur "Les dangers du créationnisme dans l'éducation". Quatre mois plus tard, une résolution est adoptée, par laquelle l'institution invite ses 47 membres "à s'opposer fermement à l'enseignement du créationnisme en tant que discipline scientifique". Ce qui n'empêche pas de constater dans plusieurs pays d'Europe, de la part de jeunes étudiants, une opposition de plus en plus marquée à l'enseignement de l'évolution.

UN ENJEU DE SOCIÉTÉ_"Cette influence croissante des idées créationnistes ne serait pas si grave si elle n'avait pas de répercussions politiques, remarque Olivier Boisseau. Mais dès lors qu'on fait accepter, d'une façon prétendument scientifique, l'existence d'un concepteur à l'origine du monde, il devient facile d'appuyer des positions législatives très conservatrices, et de faire admettre certains comportements - l'homosexualité, la contraception, l'avortement - comme déviants." Sous ses aspects théoriques, le créationnisme constitue bel et bien un enjeu de société. Et plus encore lorsque celle-ci est en mal de repères. Car les tenants du "dessein intelligent" profitent avant tout d'une confusion des légitimités."La théorie de l'ID constitue un article de foi. Or, il n'appartient pas à la science de conforter ou de réfuter un article de foi : ce n'est pas de son ressort", souligne le philosophe Dominique Lecourt. Que faire, dès lors, pour remettre les pendules à l'heure ? Enseigner en quoi la pensée scientifique se distingue radicalement d'une opinion ou d'une conviction personnelle. Mais aussi, suggère le théologien Jacques Arnould, "exiger de ceux dont les propos relèvent de la croyance ou des religions qu'ils expliquent leurs méthodes et pas seulement leur contenu".(Catherine Vincent)

-Créationnisme : inquiétant retour
-Créationnisme
-Les dangers du créationnisme dans l’éducation
-Le créationnisme à visage découvert
-Offensive du créationnisme islamique en France
-Créationnisme - La Bible - La Genese - Dieu - Hominidé
-Lucy et l'obscurantisme
-La création en 6 jours de 24 heures ?
-Dessein intelligent - Recherche Google

dimanche 16 mars 2008

Créationnisme : inquiétant retour

Le retour en force des croyances créationnistes doit nous interroger, quand on connaît leur irrationalité séductrice pour les esprits ignorants, désarmés intellectuellement et affectivement, à la recherche de sens à tout prix, quand on sait quels intérêts -religieux ou/et politiques- les utilisent à des fins douteuses de "conquête des esprits"...

"Darwin nous donne les moyens d'être des athées intellectuellement comblés" Dawkins...(Le gène égoïste )


"Depuis la formulation de la doctrine de l'évolution par Darwin, les fondamentalistes ont essayé d'en interdire l'enseignement parce qu'il contredit les récits de la création du monde que l'on trouve dans la Bible et le Coran. Le mouvement est particulièrement fort dans les pays musulmans, aux USA et en Australie. Le cas des USA est potentiellement inquiétant car les USA sont le pays qui domine la recherche scientifique. Si l'enseignement y accordait officiellement une place aux récents avatars du créationnisme, il ne manquerait pas de gens en Europe pour en tirer avantage et se prévaloir de ce précédent pour y imposer son enseignement. "(M.Naud)

Le créationnisme soumis à la question
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- Créationnisme et dessein intelligent
-L"Atlas de la création" et la propagande créationniste
-L’Intelligent Design au tribunal
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-Une nouvelle offensive du créationnisme
-La troisième croisade créationniste - Afis
-Créationnisme - Wikipédia
_Créationnisme : le "dessein intelligent" ou "intelligent design"
-Dessein intelligent
-Créationnisme et évolution
-Les habits neufs du créationnisme
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-le Conseil de l'Europe veut-il enterrer Darwin ?
-Le créationnisme s’étend en Europe
-Royaume-Uni : Le créationnisme aux examens
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-Lucy et l'obscurantisme - Pascal Picq
-Stephen Jay Gould
_____________________________Hymne au hasard_____________Le hasard dans l'univers

mercredi 16 janvier 2008

Etrangetés de la nature ?


Un phénomène complexe et déroutant mais néanmoins naturel

Evolutionnisme : la bestiole qui défie Darwin(?)
"Ce n’est pas parce que le tardigrade " avait besoin d’être ultrarésistant " qu’il a survécu , c’est parce que l’apparition fortuite dans son génome de mutations concernant le tréhalose membranaire lui donnait une résistance particulière que les porteurs de cette particularité génétique ont survécu . .." (Doc.)

"Le darwinisme et le créationnisme ne sont pas des « théories » opposables: la première est une démarche scientifique tentant d’expliquer un ensemble de phénomènes constatés dans la nature. La seconde n’est pas une théorie, mais un dogme. Les tenants du créationnisme réfuteront donc le darwinisme par la nature de leur dogme. Le darwinisme étant une tentative d’explication, il n’a aucune « position » vis-à-vis d’un dogme. On en déduit que même si la théorie de Darwin se trouvait invalidée, cela ne signifierait pas pour autant que le créationnisme devrait devenir la nouvelle explication: le créationnisme est une croyance, pas une démarche scientifique. On oublie trop souvent que les théories scientifiques sont des tentatives d’explication de certains phénomènes ou bien des modèles imparfaits pour expliquer ces phénomènes..."

La structure de la théorie de l'évolution, de Stephen Jay Gould
Stephen Jay Gould - Wikipédia
Stephen Jay Gould
le tardigrade
Ornithorynque(autre exemple d'une espèce "extraordinaire")

dimanche 14 février 2010

Année Darwin (suite)

Bon anniversaire Darwin!

-Pourquoi le créationnisme renaît-il sous de nouvelles formes?
Crises de civilisation, de la pensée et des valeurs?...
-D'où vient le besoin de croire ?

La révolution darwinienne n'est pas terminée

La théorie darwinienne de l’évolution dérange toujours les créationnismes:
"Le monde d’hier, bien qu’animé des mêmes lois physiques et chimiques que celles d’aujourd’hui, était différent dans ses formes, qu’il s’agisse des continents ou des espèces.
Ce n’est pas parce que nos sens nous montrent un monde stable que celui-ci ne change pas. Sa vitesse de changement peut tout simplement nous être imperceptible. «
De mémoire de rose, il n’y a qu’un jardinier au monde », nous écrivit un jour malicieusement Fontenelle (1657-1757). De mémoire de rose on n’a jamais vu mourir un jardinier, nous rappelait Diderot (1713-1784).
L’évolution biologique est contre-intuitive d’abord parce qu’elle constitue un fait d’une ampleur et d’une portée hors de nos sens, et sur des durées pour nous inconcevables. À quelques exceptions près, la règle générale est qu’à petit changement, petite durée ; grand changement, grande durée. Soit le changement d’une espèce dans un temps qui nous est concevable est imperceptible à nos sens, soit des changements peuvent paraître spectaculaires à nos yeux entre une forme ancienne et une forme descendante récente mais alors ces formes sont séparées par des durées inconcevables. Et malheureusement, ceux des êtres vivants qui évoluent vite, produisant de grands changements dans de petites durées, échappent à nos capacités visuelles…
Lorsqu’un virus, une bactérie ou un insecte ravageur s’adapte en quelques années aux contraintes que nous leur imposons, il s’agit d’êtres que nous ne pouvons voir de nos yeux ou bien d’êtres que nous ne croisons pas dans la vie courante. Et même si nous pouvions les voir… il faudrait avoir de la constance dans l’observation. Car l’évolution biologique est un phénomène
populationnel. Il ne faut pas s’attendre à voir de ses yeux un individu muter spontanément à un moment donné de sa vie. Son constat est une affaire de fréquences dans des populations.
L’évolution biologique reste donc, le plus souvent, imperceptible à nos pauvres sens humains et c’est peut-être ce qui permet si facilement à tant de forces sociales extra-scientifiques de la nier. Cependant, cette explication est loin d’épuiser tous les déterminants de ces négations, nous y reviendrons. La dimension populationnelle du phénomène évolutif, son imperceptibilité, les efforts d’abstraction qu’il requiert, la place prépondérante du hasard, son incompatibilité avec notre essentialisme (nous serions par essence différents des autres espèces), notre anthropocentrisme, notre notion de destinée, si spontanés, sont autant d’obstacles à sa compréhension. Plus il y a d’obstacles culturels et plus il est nécessaire de traiter d’épistémologie, c’est-à-dire de mécanique de la démarche scientifique, lorsque l’on combat les récupérations idéologiques et religieuses des sciences....
Quelle que soit l’ampleur des changements et quelle que soit l’intensité des contraintes architecturales et fonctionnelles internes, la multitude de facteurs intriqués en jeu est telle qu’il est impossible, sur le plan théorique, de donner une priorité absolue aux forces stabilisatrices. En d’autres termes, le milieu, lui-même imprévisible sur le long terme, rend, via la sélection naturelle, le devenir d’une espèce imprévisible et rend du même coup caduque toute notion de « destinée ».
Rien n’est écrit dans le marbre et l’on a coutume de dire, après S.J. Gould (1941-2002), que si nous revenions à un point antérieur quelconque du film de la vie, la probabilité pour que la série d’événements se déroulant sous nos yeux à partir de ce point soit exactement la même est infiniment faible. La notion même de destinée est incompatible avec tout processus historique, processus évolutif compris.

C’est l’une des difficultés psychologiques les plus difficiles à surmonter lorsque l’on tente de faire comprendre le processus évolutif à un public qui confond encore le discours sur les faits naturels et le discours sur les valeurs. En effet, tandis que l’absence de « but » et de « destinée » dans l’explication scientifique d’un phénomène naturel ne relève que de l’amoralité de la démarche scientifique et de sa neutralité métaphysique, le discours scientifique injustement transposé comme discours moral et/ou métaphysique rend pour nos semblables ces absences de but et de destinée désespérantes, intolérables, immorales.
Bien entendu, ce n’est pas la théorie de l’évolution qu’il faut récuser dans ce cas mais
la confusion entre le discours scientifique sur les faits, méthodologiquement défini et limité, et le discours sur les valeurs qui relève de processus d’élaboration très différents. Il faut expliquer alors qu’il ne faut pas projeter nos réflexes psychologiques (buts, actions intentionnées) et nos espoirs (destinée) dans une explication scientifique de l’origine des espèces. La théorie de l’évolution n’incorpore ni transcendance, ni but, ni destinée, n’a pas à donner de « sens » à notre vie, ne défend ni ne préconise aucune valeur, aucune morale : ce n’est simplement pas le rôle d’une théorie scientifique...
____La volonté politique la plus manifeste est représentée par le mouvement américain de l’Intelligent Design. Suite aux revers juridiques des créationnistes « scientifiques » de la seconde moitié des années 1980, ceux-ci doivent à nouveau changer de stratégie. Dès le début des années 1990, P. Johnson, juriste, élabore la notion d’« Intelligent Design » (ID) à partir de la vieille analogie du théologien anglican William Paley et la présente comme théorie scientifique. La stratégie consiste à utiliser l’étiquette « science » pour atteindre des objectifs politiques et spirituels, objectifs clairement énoncés dans leur « Wedge Document » ... L’un de ces objectifs principaux est de faire passer une conception théologique pour de la science afin que celle-ci soit enseignée dans les écoles. Selon le « Discovery Institute » qui structure le mouvement, « la théorie du dessein intelligent affirme que certaines caractéristiques de l’univers et des êtres vivants sont expliquées au mieux par une cause intelligente, et non par un processus non dirigé telle la sélection naturelle ».
Le mouvement du « dessein intelligent » s’emploie donc à critiquer tout ce qui peut l’être dans la théorie darwinienne de l’évolution, et surtout ses ennemis de toujours : le matérialisme méthodologique inhérent à une approche seulement scientifique des origines du monde naturel, et le rôle de la contingence des facteurs de transformation des espèces au cours du temps. Pour tout schéma argumentatif, il ne s’agit que de la répétition, sous une forme retravaillée, de l’analogie finaliste du théologien anglican William Paley (1743-1805). Arguant que tout objet/artefact est intentionnellement façonné pour remplir une fonction, Paley et ses imitateurs d’aujourd’hui transposent ce principe dans la nature pour faire intervenir une intelligence conceptrice à l’origine de l’adéquation entre formes et fonctions naturelles et donc une intelligence à l’origine des êtres vivants. C’est la vieille analogie de la montre. Dans une montre, l’adéquation « parfaite » de la forme de chacune des pièces à la fonction qu’elle remplit et son agencement harmonieux avec les autres pièces remportent l’admiration et appellent à supposer que l’ensemble provient de la volonté d’un horloger présumé.
Dans la nature, le rayon de courbure du cristallin est tel que les rayons lumineux se focalisent précisément en un point de la rétine ; et la merveilleuse adéquation entre forme et fonction ne peut être, dans ce raisonnement analogique, plus efficacement expliquée que par l’hypothèse d’une intelligence conceptrice dès son origine. Les promoteurs modernes du dessein intelligent pensent que la science rénovée, incorporant les causes surnaturelles, doit chercher et dicter ce qui constituera une « éthique naturelle », une « morale naturelle », et que cette science-là sera en mesure de découvrir quels comportements transgressent les buts sous-jacents au dessein intelligent à l’origine de l’espèce humaine.
Ce serait donc à cette science de découvrir lesquels de nos comportements, nos mœurs, notre morale, sont voulus par Dieu. La fonction de
Think Tank conservateur prend alors toute sa signification : l’avortement et l’homosexualité transgressent l’Intelligent Design de Dieu, notamment par dévoiement des fonctions pour lesquelles nos formes avaient été initialement créées. En donnant une assise prétendument scientifique au « Bien » et au « Mal », le courant du « dessein intelligent » débouche donc sur une sorte de scientisme religieux et théocratique incompatible avec la laïcité. En décembre 2005, l’ID est clairement identifié au « procès de Dover » comme religion déguisée et non comme science, et son enseignement est déclaré anti-constitutionnel.
__S’il arrive à des scientifiques d’écrire contre les créationnismes, c’est que ces derniers tentent de s’introduire dans la démarche scientifique, miment les sciences, ou encore font dire aux sciences ce qu’elles n’ont pas à dire. Ces scientifiques ne font alors que leur devoir de citoyens."

-Theorie de l'evolution : j'accuse les creationnistes...
-L'armée créationniste de la nuit
-Evolution et créationnismes
-Cosmogonies et création dans diverses cultures

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-Bon anniversaire Darwin!
-Créationnisme : offensive européenne
-Créationnisme : inquiétant retour
-(Petite?) révolution dans l'évolution

samedi 5 avril 2014

Au hasard du net

* Comment la presse régionale parle de l'immigration

* Fukushima : Trois ans plus tard
         Zéro mort?
            Chercheurs paralysés._ On oublie vite

* Le bon docteur Google 

* Le créationnisme en question
              Offensive en Europe

* Liquidation au Vatican?
               Mort plus que suspecte

* L'AECG vu...du Canada 
            Les critiques de ce côté

* Vive le Québec-hopital!
        Triomphe du Big Pharma

* Un marcheur éveillé

* A Hénin-Beaumont, le chômage diminue déjà...

* Hommage aux "petits boulots" sous-payés 
    Mais, qui Lamy là?

* A Paris, la noblesse s'incruste

* Quand la Cour Suprême américaine  mine la démocratie
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-Photos de la semaine
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jeudi 6 juillet 2017

Pauvre Darwin!

L' incompris
                  De son vivant.
                                      Et encore longtemps après...
        L'homme qui a longtemps douté de ses propres découvertes, du fait de leur nouveauté radicale, en lutte contre les ignorances et les peurs de son temps, reste encore souvent mal compris, parfois paradoxalement rejeté. Ses voyages de découvreur infatigable, de naturaliste curieux furent déterminants et l'amenèrent à poser les bonnes questions.
    La théorie darwinienne n'a pas pris une ride, dans ses grandes lignes directrices, devant les nouvelles découvertes, constamment renouvelées et adaptées, même en microbiologie, et reste un cadre explicatif incontournable. Sur les épaules de Darwin on voit plus loin que lui, il indique toujours le chemin.
    De son vivant, comme il paraît normal à cette époque spontanément fixiste, croyante et politiquement conservatrice, il resta un pionnier solitaire.
  Mais aujourd'hui, dans certains pays, comme les USA, pays de multiples pris Nobel, on peut s'étonner que Darwin soit souvent mis à l'index ou soit présenté comme une théoricien parmi d'autres.     
     Cela ne manque pas d'interroger. Les causes intellectuelles n'expliquent pas tout. Les causes religieuses ont leur poids dans ce néo-obscurantisme, qui touche aussi d'autres domaines.
     Aujourd'hui, c'est la Turquie qui passe à l'interdit, dans son retour à un obscurantisme islamique.
  Même chez nous, Darwin est parfois contesté dans les écoles par les moins formés aux sciences.
     Dans le Tennessee, les conservateurs créationnistes sont toujours à l'offensive.
Dans le Kansas, la bataille fait rage au sein des plus radicaux. C'est le triomphe de l'irrationnel, avec la confusion ancienne entre le darwinisme biologique et le darwinisme social, entretenue jusqu'au Congrès.
  Le créationnisme naïf de papa est bien de retour.
     Les anti-évolutionnistes peuvent prendre des figures diverses.
             Incompréhensions et résistances sont les deux faces d'un même refus ou d'un même scepticisme.
          Malgré les résistances, les ignorances et les confusions, rien n'empêchera Darwin de rester un phare indépassable dans la biologie, qui ne cesse de se complexifier.
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vendredi 24 juin 2022

Lucy et son père

 C'était dans les années 1970

                                          Un jeune préhistorien paléontologue se lance à l'aventure en Ethiopie, terre déjà soupçonnée de recéler maintes traces d'humanité ancienne, de témoignages uniques du lointain passé africain de l'espèce humaine. C'est en 1974 qu'il participa à une découverte fondamentale: la découverte d'une pièce unique, celle de restes de l'australopithèque, qui sera nommée Lucy, qui deviendra si célèbre et qui relancera la recherche vers d'autres investigations, qui ne finiront jamais.  Une vie d'aventurier, qui va déboucher sur une meilleure compréhension de notre devenir humain. Un chercheur passionné et un conteur hors pair.    


                                                                                                                                          Le Musée de l'homme et le Collège de France perdent un éminent diffuseur d'idées, qui a lancé assez de graines pour préparer d'autres esprits féconds et de nouvelles recherches...qui ne s'arrêteront jamais. Même si Lucy a déjà pris un coup de vieux...    Les migrations ont commencés très tôt....                                                             __ Nos lointains ancêtres n'ont pas choisi un chemin tranquille...Depuis que Lucy a pris un coup de vieux , n'en déplaise à Yves Coppens, il fallait s'attendre à d'autres surprises dans le domaine toujours mouvant de la paléontologie préhistorique.

       Une nouvelle de taille vient de tomber, même si elle se préparait dans le silence de fouilles déjà anciennes. 
  On a retrouvé en Géorgie un crâne de 1,8 million d'années, ce qui  révolutionne et simplifie (en partie) l'histoire de l'évolution, telle qu'on se la représentait jusqu'ici:
      «Les fossiles hominidés de Dmanisi, dans le sud de la Géorgie, sont les représentants les plus anciens du genre Homo hors d'Afrique», n'hésite pas à affirmer le Pr David Lordkipanidze, directeur du muséum national de Géorgie, à Tbilissi, premier signataire de la publication relatant cette découverte dans la revue Science . Et 5 crânes, dont 4 avec mandibule, ont été exhumés depuis plusieurs années. Ainsi, une mâchoire avait été découverte en 2000. Cinq ans plus tard, à deux mètres de là, un crâne magnifiquement conservé, sans les déformations ou fracturations qu'entraîne parfois la fossilisation, était lui aussi mis au jour. Et mâchoire et crâne s'emboîtent parfaitement. «Cette “tête” est remarquable pour plusieurs raisons, estime Marcia Ponce de Leon, de l'université de Zurich, qui a participé aux travaux. Il a un relativement petit volume crânien, 546 cm3, soit un tiers de celui d'un homme moderne. Il a une face large et prognathe, une mâchoire proéminente avec de larges dents, des arcades sourcilières très marquées. La combinaison de tous ces traits n'avait encore jamais été observée et offre donc des informations nouvelles sur ce à quoi ressemblaient les premiers Homo.» 
Reconstitution artistique
    De nouvelles questions se posent, notamment celle de savoir ce qui s'est passé entre la fin d'Homo erectus et l'arrivée d'Homo sapiens.
  On peut conclure des découvertes de ce site prometteur que nous sommes tous  Homo Erectus, même si l'analyse des crânes est déjà sujette à controverse, ce qui est normal dans la discipline.   De nouvelles pistes de recherche se profilent.
  ".... Pour Lordkipanidze et ses collègues, la diversité morphologique observée chez les fossiles d’Homo africains remontant à environ 1,8 millions d’années représente simplement les variations au sein d’une même espèce, Homo erectus. La ressemblance entre les fossiles de Dmanisi et ceux d’Afrique plaide en faveur d’une continuité génétique entre les humains primitifs africains et ceux d’Eurasie.
Cela revient à dire qu’assez tôt après son apparition en Afrique, Homo erectus a commencé à rayonner en Europe et en Asie. Cette expansion précoce du genre Homo n’a pas nécessité une étape préliminaire d’augmentation de la taille du cerveau : apparemment, les premiers Homo erectus étaient déjà assez évolués pour voyage]r d’un continent à l’autre. Ils sont sortis d’Afrique, se sont établis en différents points d’Europe et d’Asie, puis ont continué à évoluer, à migrer et à se mélanger entre populations, bien longtemps avant l’apparition des hommes modernes. Nous descendons tous d'Homo erectus, par des chemins multiples qui restent à découvrir..."
      Homo georgicus n'a pas fini de faire parler de lui.
           Le créationnisme de papa est une nouvelle fois mis à rude épreuve...
                         [ La revue Hominidés nous aide à comprendre la richesse et le complexité de l'aventure humaine passée, en deçà de l'histoire, dont nous ne saisissons pour l'instant encore que quelques fragments.]    ______________

jeudi 24 octobre 2013

(Nouvelle) révolution dans l'évolution

Rien n'est simple!
                                Nos lointains ancêtres n'ont pas choisi un chemin tranquille...
   Depuis que Lucy a pris un coup de vieux , n'en déplaise à Yves Coppens, il fallait s'attendre à d'autres surprises dans le domaine toujours mouvant de la paléontologie préhistorique.
       Une nouvelle de taille vient de tomber, même si elle se préparait dans le silence de fouilles déjà anciennes. 
  On a retrouvé en Géorgie un crâne de 1,8 million d'années, ce qui  révolutionne et simplifie (en partie) l'histoire de l'évolution, telle qu'on se la représentait jusqu'ici:
      «Les fossiles hominidés de Dmanisi, dans le sud de la Géorgie, sont les représentants les plus anciens du genre Homo hors d'Afrique», n'hésite pas à affirmer le Pr David Lordkipanidze, directeur du muséum national de Géorgie, à Tbilissi, premier signataire de la publication relatant cette découverte dans la revue Science . Et 5 crânes, dont 4 avec mandibule, ont été exhumés depuis plusieurs années. Ainsi, une mâchoire avait été découverte en 2000. Cinq ans plus tard, à deux mètres de là, un crâne magnifiquement conservé, sans les déformations ou fracturations qu'entraîne parfois la fossilisation, était lui aussi mis au jour. Et mâchoire et crâne s'emboîtent parfaitement. «Cette “tête” est remarquable pour plusieurs raisons, estime Marcia Ponce de Leon, de l'université de Zurich, qui a participé aux travaux. Il a un relativement petit volume crânien, 546 cm3, soit un tiers de celui d'un homme moderne. Il a une face large et prognathe, une mâchoire proéminente avec de larges dents, des arcades sourcilières très marquées. La combinaison de tous ces traits n'avait encore jamais été observée et offre donc des informations nouvelles sur ce à quoi ressemblaient les premiers Homo.» 
Reconstitution artistique
    De nouvelles questions se posent, notamment celle de savoir ce qui s'est passé entre la fin d'Homo erectus et l'arrivée d'Homo sapiens.
  On peut conclure des découvertes de ce site prometteur que nous sommes tous  Homo Erectus, même si l'analyse des crânes est déjà sujette à controverse, ce qui est normal dans la discipline.   De nouvelles pistes de recherche se profilent.
  ".... Pour Lordkipanidze et ses collègues, la diversité morphologique observée chez les fossiles d’Homo africains remontant à environ 1,8 millions d’années représente simplement les variations au sein d’une même espèce, Homo erectus. La ressemblance entre les fossiles de Dmanisi et ceux d’Afrique plaide en faveur d’une continuité génétique entre les humains primitifs africains et ceux d’Eurasie.
Cela revient à dire qu’assez tôt après son apparition en Afrique, Homo erectus a commencé à rayonner en Europe et en Asie. Cette expansion précoce du genre Homo n’a pas nécessité une étape préliminaire d’augmentation de la taille du cerveau : apparemment, les premiers Homo erectus étaient déjà assez évolués pour voyager d’un continent à l’autre. Ils sont sortis d’Afrique, se sont établis en différents points d’Europe et d’Asie, puis ont continué à évoluer, à migrer et à se mélanger entre populations, bien longtemps avant l’apparition des hommes modernes. Nous descendons tous d'Homo erectus, par des chemins multiples qui restent à découvrir..."
      Homo georgicus n'a pas fini de faire parler de lui.
           Le créationnisme de papa est une nouvelle fois mis à rude épreuve...
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vendredi 30 novembre 2018

Etudiants US en résistance

Une résistance d'un genre particulier.
                                    Qui se développe de manière inquiétante: L'opposition, parfois systématique, aux savoirs enseignés, même au coeur des universités. parfois même des plus prestigieuses.
         Il ne s'agit pas de l'exercice nécessaire et et salutaire de la critique rationnelle des savoirs enseignés. Les connaissances sont toujours perfectibles et la parole de l'enseignant n'est jamais un dogme arrêté, La parole du "maître" mérite réflexion et discussion, quelle que soit la discipline, à condition que l'esprit critique soit de bonne foi et suffisamment éclairé.
     Or on voit de développer, jusque dans les universités américaines un tout autre genre de critique, systématique et irrationnelle, vis à vis de l'autorité de savoirs constitués.
    Un climat d'intolérance épistémologique se développe, comme si la parole enseignante était offensante par nature, dès lors qu'elle remet en question les idées communes, les a priori admis comme non critiquables, les préjugés considérés comme des vérités établies.
   On sait que le relativisme et certaines croyances ou tabous font obstacle très tôt à une connaissance éclairée, comme la contestation des théories de l'évolution, du moins dans certains états. Le créationnisme continue, par exemple, à s'imposer comme dogme intangible dans les écoles primaires de certains Etats.
      Mais ce que pointent maints enseignants, c'est une attitude systématique de résistance aux savoirs, qui se développe de plus en plus au coeur même de l'université.
    Tout ce qui vient déranger le "mol oreiller" du dogmatisme, comme disait Montaigne, ne trouve plus grâce aux yeux de certains. Toute idée qui dérange finit par être considérée comme violente.
    Une résistance qui s'enracine dans une enfance où l'enfant-roi ne doit pas êtres contesté, sans doute, dans une société où le sens critique s'abolit, où le relativisme règne en maître, alimentée par des médias pour qui la vérité n'est pas les souci majeur.
    ....On a affaire à une génération de jeunes Américains qui ont été trop protégés sur le plan émotionnel durant leur enfance. Leurs parents s’étant exagéré leur fragilité, les ont maternés. Ils ne supportent tout simplement pas la contradiction. En outre, on leur a trop répété qu’ils devaient se fier à leurs impressions, protéger leur susceptibilité, préserver leur authenticité. Personne ne les a prévenus que nos jugements pouvaient être biaisés par nos émotions. Au contraire, leur éducation les a habitués à considérer que leur vérité particulière devait être respectée et jamais questionnée.Par ailleurs, leur manichéisme ne fait que refléter l’ambiance politique américaine actuelle, terriblement polarisée depuis l’élection de Trump. « Leur monde est composé de bons et de méchants ». Le juste combat, c’est « nous » contre « eux ». Enfin, il faut compter avec les bureaucraties universitaires, créées, au départ, pour lutter contre le racisme, le sexisme et les discriminations. Elles ont été parfois détournées de leur fonction et justifient leur existence en montant des sortes de procès contre des enseignants, coupables de péché plus ou moins imaginaires, comme cela a été illustré par un certain nombre de romans récents....
     Attitude infantile et inquiétante, source de dérives multiples.
      On sait que beaucoup d'universités américaines, même abondamment financées, sont dans dans une situation difficile. La marchandisation du système n'arrange rien.
            La privatisation-chartérisation de l'activité enseignante va aussi bon train.
     Une récente tentative, comme en Suède ne serait pas concluante, loin de là.
  Le système du chèque  éducation a voulu être tenté chez nous par les plus libéraux.   Dans les universités, la privatisation a déjà fait des avancées tellement spectaculaires, que les droits d'inscription deviennent presque inaccessibles à la grande masse ou peuvent peser sur presque toute une vie, créant une ségrégation de fait  et une bulle problématique
  La vampirisation dans l'enseignement secondaire par les marchands, compromet l'avenir et peut être considéré comme un carnage pour l'ascenseur social.
   Au Québec, on observe des tendances qui vont dans le même sens, stérilisant le recrutement et la diversification des talents, au coeur d'une ségrégation sociale masquée.
    Aux USA, l'intrusion marchande est spectaculaire et sans frein, la finance et l'élite formant une symbiose toujours plus forte, que dénoncent certaines élites américaines, voyant un avenir très sombre pour le pays. 
    Même Harvard ne fait plus rêver...
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mercredi 7 août 2013

Darwin contre Darwin

Douloureuse enquête
                                        L'année Darwin est passée, mais la pensée de Darwin n'est pas dépassée
Loin de là!
Sur les épaules de l'illustre naturaliste, on voit beaucoup plus loin.
Son voyage, plus long que prévu sur le Beagle, constitua un tournant dans une pensée qui se cherchait, mais qui n'imaginait pas sur quelles voies révolutionnaires allaient l'entraîner ses aventures exploratrices.
Son journal de bord en témoigne
Mais celle-ci, mettant à mal le créationnisme, ne s'est pas élaborée sans mal ni sans luttes internes.
La vie, c'est l'évolution, nous le savons mieux aujourd'hui, même s'il nous reste énormément à
connaître concernant les mécanisme de ce processus.
_____________Pour arriver à cette idée, pour dépasser le fixisme ambiant, si naturel en apparence, Charles Darwin, par un lent processus, dut lutter contre lui-même, contre l'obstacle épistémologique de son éducation, de ses habitudes mentales, de ses croyances spontanées, de sa propre foi:
  Charles Darwin s'est débattu longtemps contre la théorie, à ses yeux invraisemblable, fantaisiste, dangereuse, selon laquelle les espèces biologiques peuvent évoluer avec le temps. Alors qu'il ne portait pas encore sa fameuse barbe blanche, l'idée que les espèces auraient pu ne pas avoir été créées par Dieu telles que nous les connaissons lui faisait dresser les cheveux sur la tête. Loin de l'avoir découverte et immédiatement embrassée, loin de l'avoir choyée et cultivée avec amour, il a tout fait pour lutter contre.
Finalement, c'est à force de la bombarder d'objections, de contre-exemples et de difficultés, que le naturaliste a adopté la notion d'une «descendance avec modification», devenue, avec la publication de l'Origine des espèces (1859), l'une des thèses les plus célèbres de l'histoire des sciences. Dans une tête admirablement faite, le spectaculaire retournement de Darwin marque la victoire du doute contre les convictions, des observations et des raisonnements contre le respect dû aux maîtres, aux proches et à ses propres croyances. Une succession de carnets soigneusement tenus, souvent relus et commentés par l'auteur, ont été le champ de bataille de ce combat entre l'homme et l'idée....

 A 22 ans, Darwin part donc à l'aventure, habité par «un violent désir d'ajouter des faits nouveaux à la grande masse des phénomènes de la science». Il ne croit pas si bien dire. Au moment de monter à bord, Charles partage les convictions de ses professeurs Henslow et Sedg-wick, fidèles aux dogmes créationnistes : il considère les espèces comme des entités créées, dont l'organisation ne saurait qu'être fixe. Il admet que certaines d'entre elles peuvent apparaître ou disparaître (les fossiles mis au jour par Cuvier ne laissaient aucun doute, depuis 1812, sur la disparition de certaines espèces), mais il conçoit le mystère de leur génération comme une affaire de création divine. Comment Dieu s'y prend-il ? Telle est l'une des questions auxquelles il espère répondre.
Pendant son périple, qui dure près de cinq ans, le jeune savant collecte les spécimens de divers organismes, déterre d'importants fossiles en Patagonie, tout en lisant et relisant les Principles Of Geology de Charles Lyell (1797-1875). Selon ce géologue, les espèces s'éteignent avec les changements climatiques, mais les vides creusés par leur disparition sont compensés par la création de nouvelles espèces. Dans ce monde stable, le nombre d'espèces est constant, et celles qui apparaissent ne le font que pour remplacer celles qui ont disparu. Cette perspective oriente les méditations du jeune homme, mais la diversité naturelle qu'il découvre, à chaque fois plus abondante, de pays en pays, d'île en île, le laisse décidément perplexe...

 Il lui faudra vingt ans de méditations assidues pour regarder en face le drame qui s'est accompli - celui de sa propre trahison. En 1844, tremblant encore d'horreur, il avoue à Joseph Dalton Hooker (gendre de Henslow et directeur du jardin botanique de Kew) : «Je suis presque convaincu (contrairement à l'opinion que j'avais au début) que les espèces (c'est comme d'avouer un meurtre) ne sont pas immuables.»
Quelque chose comme un meurtre... Voilà ce qu'il en a coûté à Darwin pour arriver aux propositions de l'Origine des espèces. En 1856, en pleine possession de sa théorie, il aura fait définitivement son deuil de l'assentiment de ses proches. Au botaniste américain Asa Gray (1810-1888), il écrit encore : «Je suis arrivé à la conclusion hétérodoxe qu'il n'existe rien de semblable à des espèces créées indépendantes, que les espèces ne sont que des variétés fortement définies. Je sais que ceci m'attirera votre mépris. Je crois me rendre compte de la valeur des nombreuses et formidables objections qui s'opposent à cette manière de voir... Je suis certain que votre tendance sera de me mépriser, moi et mes lumières.» Un siècle et demi plus tard, on sait ce qu'il en est. C'est dans le sillage de Darwin que tous les scientifiques continuent, entre eux, de soulever leurs propres objections.."
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mercredi 23 janvier 2013

La vie, c'est l'évolution

 " Rien n’a de sens en biologie, si ce n’est à la lumière de l’évolution " 
(Theodosius Dobzhansky)
« Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses » (JC Ameisen)

Quelques jalons pour une clé indispensable  
______________________________________On croit pouvoir se passer d'un regard sur le passé pour comprendre les divers phénomènes de la vie et on l'a fait pendant longtemps.
Mais soit on resté piégé dans un fixisme naïf, soit on se prive d'un recul permettant de mieux saisir la complexité et la plasticité de ce qui fait la vie autour de nous et en nous.
Les connaissances sur l'évolution, bien qu'encore très partielles, sont indispensables pour donner du sens au macroscopique comme au microscopique.
L'enseignement des notions biologiques devrait commencer par leur cadrage évolutif. Par exemple la sturcture du squelette humain ne s'explique que par le passage de la station quadrupédique à la station bipèdique, la respiration a une longue histoire, depuis son origine marine, la structure de l'oeil a connu bien des aventures. Que dire alors de l'homme dans son ensemble? de la mort elle-même?
Darwin, revu, complexifié  et corrigé nous permet de comprendre même les classifications des naturalistes (1)
L'évolution, ou ce que nous en comprenons pour l'instant, est  une aventure passionnante permettant d'expliquer même les étrangetés de la nature.
Cette aventure fournit encore tous les jours son lot de nouveautés et l'approche génétique ouvre des voies infinies.
Il est regrettable que les étudiants en biologie méconnaissent la théorie de l'évolution, elle-même  sacrifiée dans le secondaire.
_________________Malheureusement, le créationnisme et le fixisme, que sembleront toujours confirmer le sens commun, l'esprit non critique et ignorant, bougent encore. Ils reprennent même parfois de la vigueur.
Mais ceci est une autre histoire.. 
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-  La science ne délivre pas des idées toutes faites
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