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lundi 23 mars 2015

Israël: dos au mur

L'aveuglement et la victoire de la peur
                                 Jamais encore la société israélienne ne s'était trouvée dans une telle situation.
            La réélection de Netanyahou a créé les conditions d'une crispation et d'une impasse inédites.
              Tout espoir de négociation semble définitivement compromis, de l'aveu même de Netanyahou (*)
  C'est le Likoud, allié à l'extrême  droite, qui liquide l' idée d'Etat Palestinien,  sur les décombres géographiques qui ont été intentionnellement élaborées.
  La Palestine n'attendra pas..elle n'a rien à attendre; .elle n'existerait même pas, selon les récents propos de Bibi, qui fait ensuite des contorsions pour faire semblant de se rétracter. Elections obligent...
    L'idée même d'un seul Etat, la pire des solutions dans les conditions actuelles, semble exclue
La droite israëlienne, poussée par ses extrêmes, mène le pays au pire inconnu. Elle sait qu'elle peut compter sur la passivité des USA, malgré les récentes critiques d'Obama. L'Europe suit.
C'est la peur, distillée et instrumentalisée depuis des années, qui l'a emporté.
 Une stratégie calibrée: "...une grande majorité de l'électorat israélien a le regard tournée vers sa droite, qu'il s'agisse des nationalistes, des colons ou des ultra-orthodoxes, et privilégie les questions de sécurité ou celle de la pérennisation des colonies de peuplement au détriment des questions économiques.
"En Israël, la politique de l'identité est très forte", souligne Gideon Rahat, qui explique que l'appartenance à tel ou tel courant religieux ou nationaliste supplante celle de la classe sociale.
"Le soutien au Likoud est fondé sur l'identité, la peur du changement et l'idée selon laquelle Netanyahu est le seul à avoir l'expérience requise"
      Le mandat de trop, sans aucun doute...
Dans ce pays aux deux visages (qui n'est pas vraiment une nation et qui se met souvent hors jeu du droit international, faisant fi des résolutions de l'ONU, déchiré par de profondes inégalités, des dissensions sont déjà anciennes et profondes.
     L'Israëlien Marius Schattner l'avait analysé, comme beaucoup d'éditorialistes de Haaretz.
On peut parler de deux Israël et même de fractures dans le sionisme.
   Donc le pays est condamné à l' occupation  sans fin et à de nouvelles fuites en avant, si les USA, fournisseurs en tous genres détenant les clés de l'avenir, ne prennent pas des initiatives fortes, pour dépasser les limites et les duperies d' Oslo.
   Le régime électoral et la composition de la Knesset, où certaines forces sont sous-représentées, empêchera l'émergence d'un homme comme Rabin, capable de décisions courageuses et porteuses d'avenir.
Le racisme ordinaire  et institutionnel a toutes les chances de durer encore longtemps...
Obama s'empêtre dans sa nouvelle ligne géopolitique.
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(*)  " Lourd de peur et de haine, le résultat des élections législatives israéliennes, remportées largement par le Likoud de Benjamin Netanyahou a révélé un pays traumatisé, profondément divisé. Et un électorat pris en otage par un politicien cynique et paranoïaque, habité par une unique obsession : conserver le pouvoir. Ce qu’il va faire si le chef de l’Etat lui propose, comme on peut l’attendre, de constituer le gouvernement. Les propos qu’il a tenus, les positions qu’il a affirmées pendant la campagne – et au cours des mandats écoulés – lui permettent de réunir, une fois encore, une coalition de droite et d’extrême droite représentant une large majorité des électeurs.
   « Si après six ans de rien, si après six ans au cours desquels ont été semées la peur et l’anxiété, la haine et le désespoir, c’est le choix de la nation, c’est que cette nation est gravement malade, constate Gidéon Levy, l’un des analystes politiques de Haaretz. Si après tout ce qui a été révélé, ces derniers mois, si après tout ce qui a été écrit et dit,, si après tout cela le phénix israélien réussit à renaître des cendres pour être réélu, si après tout cela, le peuple d’Israël le choisit pour diriger le pays pendant quatre années supplémentaires, c’est que quelque chose est cassé, peut-être irréparablement ».
     Lorsqu’on a suivi les dernières semaines de la campagne de Benjamin Netanyahou, depuis son incroyable intervention devant le Congrès des Etats-Unis, pour dénoncer la « naïveté » du président américain face à l’Iran, jusqu’aux commentaires racistes sur les électeurs arabes israéliens, on peut comprendre le désespoir indigné de Gideon Levy.
     Aussi désastreux soit-il pour tous ceux qui attendaient un changement de politique économique et sociale et pour les partisans d’un accord de paix juste avec les Palestiniens, ce scrutin comporte cependant un enseignement salutaire : il confirme de la manière la plus claire que Benjamin Netanyahou n’a aucune intention d’accepter un retrait israélien des territoires palestiniens occupés et l’établissement d’un Etat palestinien en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza. Il montre donc, à ceux qui refusaient encore de le voir, que le premier ministre israélien, loin de rechercher un accord de paix, se satisfait d’un statu quo fondé sur l’énorme déséquilibre des forces entre Israël et les Palestiniens. Après avoir laissé avancer cette position par ses partisans dans un tract électoral, il a fini par l’assumer publiquement dans une interview au journal en ligne pro-colonisation NRG, propriété de son ami et mécène Sheldon Adelson, magnat américain des casinos.
      Ainsi les choses sont claires. Le discours de l’université Bar Ilan, en juin 2009, où le premier ministre israélien avait accepté, du bout des lèvres « le principe d’une solution à deux Etats » avec un « Etat palestinien démilitarisé » est désormais caduc. En vérité, malgré cette concession verbale surtout destinée à complaire au nouveau président américain Barack Obama, la position de Netanyahou, sur ce point, n’avait jamais fait de doute. La colonisation de la Cisjordanie et de Jerusalem-Est, qu’il a largement développée depuis son arrivée au pouvoir en 2009, répond autant à une exigence idéologique qu’à un projet stratégique clair, régulièrement dénoncé par B’Tselem et La Paix maintenant, comme par l’Union européenne : rendre impossible par l’occupation et le morcellement du territoire la création d’un Etat palestinien.
     Clairement assumée par le premier ministre cette politique est incarnée par la présence au sein des coalitions gouvernementales successives des représentants des colons, dont plusieurs ont détenu – et détiendront sans doute dans le prochain gouvernement – des fonctions ministérielles majeures. Cette politique s’est traduite depuis 2009,  par une augmentation très sensible du nombre des colons : en six ans la population juive en Cisjordanie et à Jerusalem-Est est passé de 483 000 à près de 550 000 et des formules juridiques inédites ont été mises en œuvre pour « légaliser » les colonies sauvages.
Faut-il le rappeler : aucun des prédécesseurs de Netanyahou – travaillistes compris – n’a eu depuis la signature des accords d’Oslo en 1993,  le courage de décréter le gel durable de la colonisation qui aurait au moins créé un climat plus favorable à une négociation de paix. Mais aucun, avant Netanyahou, n’a élevé le développement de la colonisation au rang d’une priorité stratégique destinée à garantir la survie du pays. Pour Itzhak Rabin, qui n’était pourtant pas un « cœur saignant » acquis à la cause arabe, la conclusion d’un accord de paix reposant sur la coexistence de deux Etats était vitale pour la sécurité et l’avenir d’Israël. Pour Netanyahou, ce sont la poursuite de l’occupation, le développement de la colonisation et le rejet d’un Etat palestinien, qui garantissent l’accomplissement de sa vision de l’avenir d’Israël. C’est clair. Et c’est effrayant. Au point que certains conseillers de Barack Obama avancent que Washington pourrait, pour la première fois, soutenir une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, défendant une solution au conflit israélo-palestinien fondée sur la coexistence de deux Etats.
         Quarante huit heures après avoir publiquement renié son discours de Bar Ilan, Netanyahou a, tout aussi publiquement, renié son reniement. Sans doute avait-il mesuré l'effet désastreux que ses propos avaient eu, notamment aux Etat-Unis où Barack Obama n'avait pas caché sa colère. Y compris dans le contenu de la conversation téléphonique de "félicitations" qu'il a eu, deux jours après l'élection, avec Netanyahou. Mais le reniement post-electoral du reniement pré-électoral n'a pas eu l'impact attendu par le vainqueur des élections. Au contraire. En changeant sinon d'avis, du moins de discours, aussi rapidement, le premier ministre israélien a démontré, une fois encore son opportunisme politicien et son ncapacité à agir en homme d'Etat, ce qu'ont immédiatement déploré observateurs nationaux et étrangers..."
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- Charles Enderlin: Au nom du temple
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vendredi 1 août 2014

Colères israëlo-juives


 "Comment cela va-t-il finir?" demandaient de jeunes Israëliens démoralisés en 1970. Ezer Weisman répondait:"Il faut d'abord savoir comment cela a commencé"

 Les rêves de paix sont désormais vains. L'existence de tunnels creusés entre la bande de Gaza et le territoire israélien devient l'excuse parfaite pour Israël de rester en Cisjordanie, écrit, amer, ce chroniqueur de Ha'Aretz, Zvi Bar'el.
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                   Des Juifs et des Israëliens en colère, mais déchirés, divisés...

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       Une petite tréve-alibi, un cessez-le-feu éphémère ... le massacre continue. L'aveuglement aussi.
A croire que Dieu lui-même semble avoir  abandonné sa terre d'élection... 
        Dans ce que l'Israëlien Zeev Sterhell appelle un désastre sans nom, les USA, enfin, du bout des lèvres, troublés, condamnent, pour la forme, parce que des écoles de l'ONU sont visées et que les morts civils s'accumulent un peu trop médiatiquement, mais réarment par ailleurs.
    Lors de l'opération "plom durci" les instances onusiennes étaient allées jusqu'à parler de crime de guerre. (Rapport Goldstone, finalement édulcoré) (1)
                Aujourd'hui, silence ou bonne conscience....Sans sanction financière, Kerry n'obtiendra rien de Netanyahou, qui se vantait de tenir Washington.. 
      Un Juif modéré s'en émeut, mais sans faire une analyse de la génèse du conflit.
La France, "courageusement", suit l'Oncle Sam. Villepin est une exception...Le silence tue aussi.
       Sauf que là-bas quelques rares voix officielles se manifestent, comme celle de l’ancien secrétaire d’État Zbigniew Brzezinski qui a déclaré sur CNN : « Netanyahu est en train d’isoler Israël. Il met le futur de son pays en danger. Je crois que nous devrions dire clairement que nous désapprouvons ce qu’il fait, que nous ne le soutenons pas, et que cela va nous inciter, avec le reste de la communauté internationale, à prendre des initiatives visant à légitimer les aspirations palestiniennes, peut-être aux Nations unies. »
                                  Pendant ce temps, dans le pays et en dehors, des citoyens israëliens, et des Juifs indépendants de par le monde, le plus souvent minoritaires mais déterminés, essaient de faire entendre leurs voix, pas toujours audibles dans le climat de peur, largement instrumentalisé depuis longtemps par la droite israëlienne et les ultras, qui on pris l'ascendant sur le chef du gouvernement, du fait même de la composition de la Knesset.     La "Maison juive" est le parti symbole de la droite dure. (2)
        Leur plus rude combat est de dissocier la critique de la politique israëlienne du moment de l'accusation d'antisémitisme (ou de juifs honteux) qu'on leur renvoie classiquement, pour neutraliser leurs objections.
                         Les voix dissidentes en Israel , opposées à la propagande de guerre du régime depuis Sharon ne manquent pas, revendiquant souvent le courage de Rabin, mort sous les coups d'un rabbin fanatique.
  Un organe de presse critique comme Haaretz continue de garder ses distances et sa liberté de ton, condamnant l'absence de vision à long terme du gouvernement de coalition et le piège dans lequel il s'enferme.
    Le journaliste Gidéon Levy parle sans peur, contre l' intimidation et la confusion ambiantes entretenues, considérant la solution politique comme la seule possible pour un avenir viable.
    Eros Sana met en évidence le système  d'apartheid qui s'installe de fait.
                  Des Israëliens modérés élèvent la voix, sans oublier les critiques de Leibowitz, de S.Sand, A. Burg, et de bien d'autres.
Même des officiers osent s'exprimer,  des soldats israëliens aussi, certains allant jusqu'à refuser de porter les armes.
  Nous n'avons rien essayé d’autre que la force , dénonce une ONG de soldats israëliens
           Dans un contexte où la droite se radicalise et la gauche est dans l'impasse, la critique devient difficile, étant données aussi les divisions profondes de la société israëlienne, où la politique néolibérale de Netanyahou creuse les inégalités.
                Des Juifs non israëliens, croyants ou non, se joignent à ces voix, par le biais d'organisations comme La Paix Maintenant ou l' UJFP, sans rejoindre toujours la radicalité de certains mouvements juifs antisionistes américains, surtout ultraorthodoxes.
     Norman Finkelstein ne mâche pas ses mots
Esther Benbassa ne cache pas ses choix, contre les ultrasionistes violents, qui ne vivent pas qu'en Cisjordanie. L. Azelard de même, contre les amalgames de Roger Cukierman..
     Certains ne veulent plus retourner en Israël
     Michèle Sibony s'indigne de l'inaction des grandes puissances. Michel Warschawski dénonce la tragédie en cours.

    Richard Wagman montre que la question palestinienne est d'abord une question juive.
   En tous cas, un  nouveau seuil a été franchi.
         La logique d'un système dont ne voulait pas les fondateurs doit être brisée, pour que d'authentiques projets de paix puissent refleurir.  Alors que le Hamas allait entamer son rapprochement avec le Fatah modéré, la solution militaire est une provocation, un échec et une illusion. La solution n'est pas (qu') à Tel-Aviv...(3)
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      (1) Entre la guerre des six jours et celle d'Irak (entre 1967 et 2003), plus du tiers des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies a été transgresssé par un seul Etat; Israël, concernant surtout la colonisation  de territoires palestiniens..
      (2) Le plus inquiétant des leaders actuels du Likoud, rival de Netanyahou est sans aucun doute Moshe Feiglin, aux propos pour le moins sulfureux.
 Comme le fait remarquer Akiva Eldar dans Haaretz du 30 janvier (« Netanyahu or Feiglin, Israel’s future still looks dark »), Feiglin sert aussi à faire apparaître Netanyahou comme un « modéré », alors même que le premier ministre israélien applique à la lettre la politique voulue par ces extrémistes, refuse toute véritable négociation et étend la colonisation. Eldar conclut ironiquement en appelant à voter pour Feiglin-yahou !
 Est-ce le plan de Feiglin qui est en cours à Gaza ? On peut le redouter... 
                  En Israël, l’extrême droite se déchaîne, en toute impunité
31 juillet 2014 |  Par Pierre Puchot
En Israël, il ne se passe désormais plus trois jours sans qu’une manifestation contre la guerre à Gaza ne fasse l’objet d’une violente répression de la part des militants d’extrême droite. Jafar Farah dirige le centre Mossawa, dédié à l’étude des discriminations subies par la communauté arabe en Israël. « Une manifestation de haine à cette échelle, plus seulement de la part des colons de Cisjordanie, je n’ai jamais vu cela, c’est un phénomène nouveau », dit-il..............
       (3) Le 27 novembre 1967, le Général de Gaulle déclarait sur les suites de la guerre israëlo-arabe: "L'occupation ne peut aller sans oppression, répression, expulsion, elle engendre la résistance |[qu'Israël] qualifie de terroriste... 
____ Nelson Mandela, « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte.. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense » (Nelson Mandela, « un long chemin vers la liberté »).
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- Démystifications  (The Nation
Journalistes israëliens et la guerre
- Gaza: l'effroi
- Le judaïsme libéral en France

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lundi 8 septembre 2025

Gaza ; clap de fin?

La tragédie  s'éternise

                 A moins qu'il n'y ait pas de fin à ce qui vit le peuple de Gaza, avec le déchainement aveugle ou ciblé de l'artillerie dans la capitale, il est vain d'espérer maintenant la suspension d'un tsunami dévastateur sur cette terre promise par Trump aux agent immobiliers voulant reconstruire un paradis touristique pour fortunés. Ne parlons pas du patrimoine historique...Un cynisme sans nom. Il faut lire Jean Pierre Filiu, qui connaît parfaitement les lieux et le problème jusqu'à sa racine, pour comprendre  qui arrive. L'innommable, dans cette fuite en avant      ... Terrible!


                              Le jour d'après se prépare à Washington. Quand les bulldozers auront fini leur travail. Tabula rasa. La population, ou ce qu'il en reste, préfère aujourd'hui mourir plutôt que partir. La Palestine toute entière s'apprête à être rayée de la carte, à disparaître dans la trappe de l'histoire. Depuis Golda Meir, on en rêvait secrètement ou publiquement. Une terre sans peuple, disait-elle déjà...Un impossible Etat.....                                     Après l'immense lassitude, la famine. Une cruauté sans nom. Selon Gidéon Levy, de Harretz, c'est le moment des cagoules noires.



Les plus sombres périodes bibliques semblent revenir en écho...Josué s'y reconnaîtrait

  Le suprémacisme exulte.   "...« Josué battit tout le pays (…) il ne laissa aucun survivant. Il frappa d’anathème tout ce qui respirait », et le clou est d’autant plus enfoncé par l’affirmation « comme l’avait ordonné le Seigneur, le Dieu d’Israël » (Jos 10:40).       Le Pentateuque dépeint en termes durs la manière dont Dieu va, ou Israël doit, traiter les nations en Canaan. Elles seront effacées (khd Ex 23:23), chassées (grs Ex 23:28-31; Dt 7:1), expulsées (nsl Dt 7:1), repoussées (hdp Dt 9:4), retranchées (krt Dt 12:29), détruites (smd Dt 12:29), ou dépossédées (yrs Dt 9:5, 12:29)1. Le verbe le plus dur est heherîm (hrm) d’où est dérivé le nom herem. Deux lois deutéronomiques prescrivent cette sanction pour les sept nations de Canaan: « Tu les voueras à l’interdit » ou, traduit autrement, « tu les frapperas d’anathème » (Dt 7:2, 20:17)2. C’est d’abord en Transjordanie, selon les récits de guerre en Deutéronome 2 et 3, et puis en Cisjordanie, d’après Josué 6 à 12, où l’anathème est appliqué3. La politique d’anathème, selon les sommaires des campagnes militaires majeures (Jos 10:40, 11:20), semble s’étendre sur la majorité sinon toutes les villes dont les Israélites ont pu s’emparer.  Dans les récapitulatifs de batailles individuelles où le herem a été appliqué se trouvent également les expressions dures comme « ils les passèrent au fil de l’épée », ou « il ne resta rien de ce qui respirait », rendues parfois plus poignantes par le rajout « hommes, femmes et enfants » (Dt 2:34, 3:6; Jos 6:21, 10:40, 11:11, 14, 12:40).  Comment donc ne pas tirer la conclusion qu’Israël était bénéficiaire d’un pays donné en héritage découlant de lait et de miel au prix du sang coulé des populations vaincues? Quel meilleur mot choisir pour qualifier ces impressions si ce n’est le génocide? Et ne peut-on pas, comme A. de Pury, sérieusement se demander: « Si le dieu d’Israël est vraiment… un dieu sanguinaire qui appelle son peuple au combat et qui ordonne des massacres, comment confesser que ce dieu est le même que le dieu du NT, le Père de Jésus-Christ? »4Croire en l’extermination des Cananéens sur l’ordre de Dieu pose un problème de taille d’ordre éthique et théologique..."

samedi 1 octobre 2016

Colonisation: dénégations et réalité

 Shimon Peres: mythe et réalité
                                     Au milieu des éloges convenus en  de telles circonstances, des dissonances se manifestent sur  le rôle réel joué par le militant et le pionnier des premiers jours, son rôle de fondateur et d'homme politique, jugé souvent ambigü.
     Une vie complexe, à l'image de la société israëlienne, de sa nature particulière et des ses évolutions.
      Que des voix palestiniennes ne ménagent pas leur critiques, cela n'a rien pour étonner, lui qui ne fut pas toujours du côté des négociateurs les plus engagés, comme Rabin, qui, bien que militaire,  voyait avec dégoût se développer l’idolâtrie de la terre, le Bloc de la foi et  écrira dans ses mémoires, que c'était « un cancer au sein de la démocratie israélienne, mais le combat ne pouvait réussir alors que le parti travailliste était profondément divisé face aux militants du Goush Emounim, des gens que le ministre de la Défense, Shimon Peres, qualifiait de véritables idéalistes et soutenait... »
   L'instrumentalisation des idéaux sionistes modérés du début fut assue par des groupes de plus en  plus radicaux, qui causèrent sa mort et pesèrent de tout leur poids pour radicaliser le pouvoir et s'engager dans une occupation, dite d'abord illégale, de ce qu'ils appelèrent Judée-Samarie, avec toutes les conséquences que l'on sait.  Charles Enderlin a bien décrit le processus.
    Un Shimon Peres de légende, qui lâcha prise avec la montée de la droite, du Likoud, puis de l'extrême- droite avec l'équipe de Netanyahou, de Liberman et des religieux les plus radicaux, avec l'ambition affirmée d'un Grand Israël,malgré toutes les protestations internationales et en dépit des accords signés.
      Ils sont beaucoup à ressentir au moins une certaines gêne devant tant d'unanimisme officiel à la fin de sa vie. Le pragmatisme étatique a le plus souvent pris le pas sur la véritable volonté de paix, malgré le Prix Nobel de circonstance.
   Un faucon devenu colombe, dit-on. C'est un peu plus compliqué que cela, quand on se rappelle la critiquable expédition libanaise, ses silences sous Sharon, la montér des radicalismes et ses initiatives dans les premières formes de colonisation, qui ne disait pas encore son nom. . La presse critique israëlienne, ou ce qu'il en reste, en est d'accord.  Dans les années 70, alors qu’il est devenu ministre de la Défense, il cautionne l’émergence des premières colonies juives de Cisjordanie occupée
      Leila Shahid a un jugement plus tranché: il y a eu plusieurs Shimon Peres. L’homme qui a eu l’image respectable, cosmopolite, internationaliste et plutôt laïc d’Israël. Il y a eu plusieurs personnages parce que, comme tous les grands hommes politiques, il était complexe. Mais, pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo, celui qui n’a pas su succéder à Yitzhak Rabin après son assassinat, celui qui a d’ailleurs perdu les élections face à Netanyahu et, pour cette raison-là, il a été décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens. Et puis surtout, l’homme qui a, au lieu de continuer à défendre le parti travailliste, a choisi d’aller avec Ariel Sharon.
    Un bilan mitigé, très mitigé.
        Même certaines voix israëliennes tempèrent les hommages des inconditionnels.
   Certes  il ne fut pas un faucon, mais il fut un pur sioniste, conforme aux idéaux de Ben Gourion, puis de Golda Meir,,,pour qui la Palestine était considérée comme sans hommes, à la pensée de Jabotinsky .Les projets d'extension étaient déjà présents dans les projets secrets initiaux. 
      La colonisation, engagée par Peres est devenue avec la droite, un phénomène qui est devenu grandissant, encouragé par les gouvernements successifs, qui faisaient semblant de le nier officiellement, poussé par les extrêmistes religieux, les born again, et les opportunistes en tous genres, attirés par les prix attractifs proposés par le gouvernement.
      Puis bientôt naquit l'idée d'un Etat binational, que beaucoup voient comme débouchant nécessairement sur un système d'apartheid.
      Un désastre pour le présent, une  menace pur l'avenir.
                 Arte a récemment très bien décrit l'état et les impasses de ce système. Une bombe à retardement pour un avenir qui risque d'être proche..
 ... En 2016, la colonisation a pris des proportions si vertigineuses qu’elle conditionne littéralement la politique et l’identité d’Israël. Mais les films consacrés par le passé  ces implantations condamnées par les conventions de Genève se sont souvent focalisés sur leurs répercussions, plus rarement sur les forces idéologiques et historiques qui les ont impulsées....
     La situation semble bloquée, sans qu'aucun processus de paix n'apparaissent à l'horizon d'un développement  que certains jugent irréversible. désespérant, juge le journaliste franco-israëlien  Charles Enderlin. Déjà autour de 500000 colons...
Vérité des cartes
   Le journal Haaretz dénonce régulièrement toutes les dérives, connues ou non, qu'engendre cette situation explosive, en modérant les propos excessivement élogieux tenus sur un personnage devenu mythique.
    Les accords d'Oslo furent une initiative qui eût pu aboutir... mais qui fut cousu de fil blanc, comme le reconnut la Banque Mondiale.
    En attendant,  la colonisation continue...
          Est-il encore vrai que la disparition de Peres éloignera toute solution de paix initiée par les Israëliens, ( que)Les Palestiniens ont perdu un interlocuteur digne de leur confiance. Le statu quo a de longs jours devant lui?...Il y a beau temps que Peres ne pesait plus sur le cours des événements qui tendent à s'emballer, sans qu'on en voit une issue. A Washington, qui finance encore Israël, on ferme les yeux ou on regarde ailleurs, dans une politique à courte vue.
   L'obsession sécuritaire prend une importance démesurée, comme le déplorent des journalistes israëliens comme Gidéon Levy et, qui plus est, elle tombe de plus en plus aux mains des nationalistes religieux.
______Le point de vue de Ilan Pape________________________
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