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vendredi 19 mars 2010

L'empire à crédit

Empire et emprunt

La dérive empire...

-Le budget militaire des USA atteint 1000 milliards de dollars ( plus que le plan de sauvetage...), tandis que le nombre de millionnaires américains est en hausse de 16% , que des Etats et des municipalités opèrent des coupes sombres en matière d'éducation, de personnels de service, de santé, que la pauvreté grandit, que la précarisation des classes moyennes est en marche
Une dérive inquiétante sur fond de mondialisation à crédit
-Eisenhower voyait clair en mettant en garde son pays contre le complexe militaro-industiel, à la fin de son mandat.


La crise et les dépenses militaires sont directement liées


-15 % de l'argent de la guerre en Irak aurait suffi à régler le problème de sécurité sociale_________
-« Les 250 milliards de dollars engloutis de 2002 à 2005 par les Etats-Unis dans leur guerre contre l’Irak auraient permis de répondre aux besoins de santé de l’ensemble de la population mondiale pendant... six années ! ».____________
-"La crise financière globale est intimement liée à la guerre.La spirale du budget de défense se répercute sur les secteurs civils de l’activité économique. L’économie de guerre a un rapport direct sur les politiques monétaires et fiscales"







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- L’empire américain est ruiné par ses guerres:
" Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit. Pour Eric Margolis, le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.
Le président américain Barack Obama a qualifié d’étape importante dans le rétablissement de la santé économique de l’Amérique le budget de 3 800 milliards de dollars US qu’il vient de soumettre au Congrès.
En fait, il s’agit d’une nouvelle forte dose donnée à un malade souffrant d’une grande dépendance à une drogue dangereuse : la dette.
Plus d’empires sont tombés à cause d’une politique budgétaire inconsidérée qu’en raison d’une invasion. Le dernier exemple en a été donné par l’Union soviétique, qui s’est ruinée en achetant des chars.
_____Le déficit budgétaire de Washington (la différence entre les dépenses et les revenus provenant des impôts) atteindra le montant vertigineux de 1 600 milliards de dollars US cette année. Cette somme énorme sera empruntée, principalement auprès de la Chine et du Japon, auxquels les États-Unis doivent déjà 1 500 milliards de dollars. A lui seul, le service de cette dette coûtera 250 milliards de dollars.
___Dépenser 1000 milliards de dollars revient à avoir dépensé 1 million par jour, depuis le temps de la fondation de Rome, et durant les 2738 années écoulées jusqu’à aujourd’hui.
____Le budget total de la défense approche les 1000 milliards de dollars. Cela inclut les dépenses du Pentagone, soit 880 milliards de dollars, auxquelles il faut ajouter les « blacks programs » secrets (environ 70 milliards de dollars), l’aide militaire à des pays étrangers comme l’Egypte, Israël et le Pakistan, le coût des 225.000 « contractuels » (mercenaires et salariés) et les dépenses pour les anciens combattants. Il faut encore ajouter 75 milliards de dollars (près de quatre fois le budget total de défense du Canada) pour les 16 agences de renseignement, qui comptent 200 000 employés.
___Les guerres d’Afghanistan et d’Irak (1000 milliards de dollars à ce jour), coûteront 200-250 milliards de dollars supplémentaires cette année, y compris les coûts cachés et indirects. La décision d’Obama de renforcer de 30 000 hommes le contingent Afghan coûtera une somme supplémentaire de 33 milliards - supérieure au budget total de défense de l’Allemagne.
__Le cours des actions des entreprises du secteur de la défense a évidemment augmenté après l’annonce du programme d’ « austérité » du Nobel de la paix Obama.
___Les dépenses pour l’armée et le renseignement augmentent sans cesse alors que le taux de chômage s’approche des 10% et que l’économie continue de souffrir. L’Amérique est devenue l’homme malade de l’hémisphère occidental, un estropié économique à l’image du défunt Empire ottoman.
___Le Pentagone représente maintenant la moitié du total mondial des dépenses militaires. Si on y ajoute les budgets des riches alliés de l’Amérique que sont les membres de l’OTAN et le Japon, ce chiffre atteint 75%.
____La Chine et la Russie réunis ne consacrent qu’un petit 10% des sommes consacrées à la défense par les USA.___Il ya 750 bases militaires américaines dans 50 pays et 255 000 soldats stationnés à l’étranger, dont 116 000 en Europe et près de 100 000 au Japon et en Corée du Sud.
___Les dépenses militaires engloutissent 19% des dépenses fédérales et au moins 44% des recettes fiscales. Sous l’administration Bush, les guerres d’Irak et d’Afghanistan - financées par l’emprunt - ont coûté plus de 25.000 $ à chaque famille américaine.__Comme Bush, Obama finance les guerres américaines par le biais d’autorisations supplémentaires d’endettement - en les empilant sur la carte de crédit de la nation qui a déjà atteint son maximum autorisé. Les générations futures payeront la facture.Ce poker menteur joué par la présidence et les parlementaires est un comble de malhonnêteté publique.Les guerres de l’Amérique doivent être financées par les impôts, pas par la fraude comptable.Si les contribuables américains avaient dû payer les guerres en Afghanistan et en Irak, ces conflits s’arrêteraient à brève échéance.
__Ce dont l’Amérique a besoin c’est d’un impôt pour la guerre, honnête et transparent.
___Les États-Unis ont clairement atteint le point de rupture de leur ambition impériale. Les dépenses militaires et le service de la dette cannibalisent l’économie américaine, qui est la base réelle de leur puissance mondiale. Outre l’URSS sur le déclin, les Etats-Unis ressemblent également de plus en plus à l’Empire britannique agonisant de 1945, écrasé par les dettes immenses souscrites pour mener la Seconde Guerre mondiale, devenu incapable de continuer à financer ou à défendre l’Imperium, tout en restant imprégné de ses prétentions
.___Il est de plus en plus évident que le président ne contrôle pas la fuite en avant du mastodonte militaire américain. Il ya soixante ans, le grand président Dwight Eisenhower, dont je garde le portrait dans mon bureau, avait averti les Américains de se méfier du complexe militaro-industriel. Six décennies plus tard, les partisans de la guerre permanente et de la domination du monde se sont unis aux prêteurs de Wall Street pour réduire l’Amérique en esclavage..."

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L’Amérique, empire fragile-_Niall Ferguson: America, the fragile empire
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_____- "L'Empire des dettes"

-Les leçons oubliées du Vietnam
-Le déficit des fous
-Coupes sombres budgétaires à New-York
-Sacrifice dans l'enseignement
-Réduction des budgets universitaires

_______________
-USA: armée toute puissante?
-USA et complexe militaro-industiel
- Crise et dépenses militaires US
-Armée US: privatisation en cours
- Keynésianisme militaire
- USA : période cruciale
--Où va l'Empire américain ?___-La fin de l'empire est proche___-Le déclin de l’empire américain a t-il commencé ?

mercredi 12 mars 2025

Point d'hisoire

Les USA et leurs guerres

                Hier soir, Arte a diffusé un intéressant document sur l'importance des conflits guerriers en Amérique depuis ses origines jusqu'à nos jours. Malgré les silences et les démentis, cette histoire ne fut pas un long fleuve tranquille. Loin de l'histoire "idéale" qu'elle se raconte le plus souvent, en fonction du mythe de "la destinée manifeste"..                                                                

      “Nous sommes un peuple de la guerre. Nous aimons la guerre parce que nous sommes très bons à la faire. En fait, c’est la seule chose que nous savons faire dans ce putain de pays: faire la guerre, on a eu beaucoup de temps de pratique et aussi parce que c’est sûr que nous ne sommes plus capables de construire une machine à laver ou une voiture qui vaille un pet de lapin ; par contre si vous avez plein de bronzés dans votre pays, dites leur de faire gaffe parce qu’on va venir leur foutre des bombes sur la gueule…~ George Carlin ~

  De la guerre du Mexique à celle d' Afghanistan, en passant par celle du Vietnam, les armées des USA seront restées peu de temps au repos. Sans évoquer la longue guerre pour la conquête et l'extension du pays.

   Comme disait le général Patton, "De tous temps, les Américains ont aimé se battre...Les Américains aiment les vainqueurs. Les perdants, chez nous, on n'en veut pas. Les Américains se battent pour gagner quel que soit le prix, et nous ne paierons jamais assez cher pour rester des hommes libres. Quoi qu'il arrive. C'est pour ça que les Américains n'ont jamais perdu une guerre. Et c'est pour ça que jamais ils n'en perdront. Tout simplement parce que l'idée de perdre est intolérable aux Américains. 
           C'était avant le tragique fiasco vietnamien et le bourbier afghan.
   Une histoire qui se répète cependant, comme le reconnaît  Ken Burns, " Nous faisons toujours les mêmes choses, nous passons notre temps à faire la guerre. Nous n'apprenons pas."                          Comme pour tout empire, la guerre, proche ou lointaine, est consubstantielle à la politique étrangère des USA, favorisée par la recherche de l'influence, du leadership, de la puissance. Soutenue aussi par une certaine culture des armes ancrée très tôt, largement partagée, justifiée par le Deuxième Amendement et largement encouragée par des lobbies puissants. 
   _____Dans son étude, l'historien Thomas Rabino explique que "la rupture du 11 septembre est d'abord psychologique" , mais également révélatrice de ce lien très particulier que le pays entretient avec la guerre. C'est à partir de ce lien qu'il est possible d'obtenir des clés de compréhension majeures sur le 11 septembre, mais aussi les Etats-Unis. Comme tous les grands empires, la guerre fait partie de l'histoire du pays. En effet, une puissance se construit économiquement, mais aussi militairement. Mais l'auteur va plus loin. Le pays lancerait une campagne de guerre tous les quatre ans en moyenne depuis 1774 (date de sa formation), ce qui permettrait de comprendre le caractère violent de la culture américaine, l'influence des entreprises d'armement ou encore l'importance du budget de la défense. Surtout, le 11 septembre, ainsi que les guerres qui en ont découlé, ne sont que des nouveaux épisodes d'une dynamique bien connue et rodée du pays : "les guerres américaines font les Etats-Unis d'aujourd'hui, et feront les Etats-Unis de demain..." 
  ______     Avant lui , Noam Chomsky  "met en relief la nature belliqueuse de la politique étrangère américaine, contrairement au discours classique de défense des libertés et des droits de l’homme mis régulièrement en avant par les autorités officielles américaines. Les États-Unis ont imposé un modèle capitaliste qu’ils défendent sur la scène internationale et, selon l’auteur, la guerre vise principalement à protéger les intérêts des grandes entreprises américaines. En effet, le parallèle entre la guerre et la concurrence économique est entièrement assumé par Noam Chomsky, qui s’emploie à justifier historiquement.. Il ne s’agit pas d’éliminer des adversaires, mais de mettre à terre d’autres projets de société alternatifs pour que la mondialisation libre-échangiste serve uniquement les intérêts américains. Les États-Unis ont ainsi systématiquement soutenu des coups d’État militaires pour appuyer une brutalisation consistant « à infliger […] le maximum de souffrances dans l’espoir, non seulement de faire durer [les] difficultés mais aussi de faire en sorte que seuls les éléments les plus durs et les plus brutaux de la population en sortiront » . L’originalité de l’ouvrage tient à l’analyse systématique de tous les régimes appuyés par les États-Unis dans les années soixante, en Amérique latine et en Asie. La Seconde Guerre mondiale fait même l’objet d’une nouvelle lecture, selon laquelle les États-Unis sont entrés en guerre non pas pour s’opposer à la solution finale appliquée par le régime nazi, mais pour protéger les intérêts économiques américains menacés. Selon Noam Chomsky, l’usage de la bombe nucléaire par les États-Unis et la destruction de générations au Japon ne peuvent être ignorés dans ce contexte. Les États-Unis se sont très vite écartés des accords de Genève d’après la guerre qui donnaient un cadre aux conflits pour éviter les massacres des populations civiles..." 
 Même dans l'intervention en Europe en 1917 et dans celle, tardive de 1940, les intentions US ne furent jamais désintéressées.            Une histoire qui se répète, sous des formes diverses, depuis deux siècles et demi, jusqu'à l'intervention syrienne, à la fois avouée et déniée. Non sans "bavures", ni sans échecs.
    Les avertissements de Eisenhower à la fin de son mandat n'ont pas eu de portée.
                 __ "A l'instar des empires d'antan, de la Pax romana à la « démocratisation du Moyen-Orient », les intérêts stratégiques propres à une grande nation sont 

indispensables au maintien, voire à l'accroissement de sa puissance. Du Mexique, victime en 1848 de l'expansionnisme américain, au Panama, dont le contrôle offre un atout commercial considérable, en passant par l'Irak, objet de toutes les convoitises depuis que l'or noir y est exploité, les exemples ne manquent pas.
       Assurer la croissance de son territoire, la maîtrise des matières premières et des débouchés économiques pour la production nationale sont autant d'enjeux qui requièrent parfois l'usage de la force. Le déclin relatif de l'économie américaine, l'explosion d'un déficit commercial apparu dans les années 1970, la contraction de son produit national brut à l'échelle mondiale et l'émergence d'un concurrent comme la Chine rendent, depuis les années 1990, la consolidation et l'extension de ses positions stratégiques plus vitales que jamais. La guerre n'est-elle pas, selon les mots du théoricien militaire Clausewitz, la « politique continuée par d'autres moyens » et un « véritable instrument de la politique » ?
 ____ Rabino étudie la contribution de l’armée à la réalisation des films de guerre, la torture dans les séries télévisées, le vocabulaire volontiers barbare des responsables de la communication militaire, le débat sur les éventuels dégâts sanitaires dus à l’uranium appauvri des munitions, nous donnant, chaque fois que c’est possible, des statistiques sur l’évolution de ces phénomènes significatifs. Les fluctuations d’une opinion mobile, patriotique et démocratique, manipulée ou résistante selon les circonstances, adhérant ou refusant le discours officiel, sont saisies et suivies par des sondages. Il le faut : la réalité de l’Amérique est qu’elle est toujours en guerre, ainsi que son immense armée, son gigantesque budget militaire, ses bases, ses interventions incessantes en témoignent. "
       "« Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (...) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (...) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. Nous ne devons jamais permettre au poids de cette conjonction d’intérêts de mettre en danger nos libertés ou nos méthodes démocratiques. Rien, en vérité, n’est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte. » (1961)
    "Républicains et démocrates jugent que ces années de guerre ont épuisé financièrement le pays, au moment où il aurait besoin de réserves pour relancer l'activité. Le message est à peu près le même d'un bord à l'autre du spectre politique, notamment chez les élus de base. 
       Représentant républicain d'un Etat qui ne manque pourtant pas d'académies militaires, le député de Caroline du Nord Walter Jones assure : "Nous ne pouvons pas continuer à policer le monde."Sénateur démocrate de Virginie occidentale, Joe Mandrin assène : "Reconstruire l'Amérique ou l'Afghanistan, il faut choisir."__Plus significatif encore, le NewYork Times rapporte que la Conférence des maires du pays, réunie en juin, a adopté une résolution à tonalité isolationniste. Elle stipule que les impôts des Américains doivent servir à construire des ponts "à Baltimore et à Kansas City, pas à Bagdad ou à Kandahar". Traditionnellement, le Parti républicain porte haut et fort le drapeau de l'engagement à l'étranger. Cette fois, ses deux principaux candidats pour 2012, Mitt Romney et Jon Huntsman, sont les avocats d'un retrait rapide d'Afghanistan.
   __Est-on encore une superpuissance quand une partie de son budget militaire est prise en charge par un autre pays, en l'espèce, la Chine, acheteur numéro un de bons du Trésor américains ? L'un des papes de l'establishment stratégique du pays, Leslie Gelb, répond : "Ce qui déterminera l'avenir de l'Amérique, ce n'est pas ce qui peut arriver en Afghanistan aujourd'hui ou dans les cinq ans à venir, mais ce qui va se passer à propos d'une dette qui nous écrase."
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mercredi 1 septembre 2021

Afghanistan

 L'après Kaboul

                      Séisme et répliques

         On n'a pas fini de gloser sur les conséquences du départ précipité, mais prévisible, des USA, du fiasco annoncé depuis longtemps, de l'entêtement d'une administration militaro-politique, qui n'était pas sans précédents. L'aboutissement d'un piteux échec stratégique et moral, dans la longue suite des guerres menées par l'empire, devenues peu à peu un marché.....

"...Il est toujours aussi difficile de comprendre comment les renseignements américains n'ont pas réussi à anticiper l'effondrement de l'armée afghane. Des responsables de l'administration Biden ou de la hiérarchie militaire sont-ils particulièrement visés sur ce point? _____________Il y a la communauté du renseignement, la hiérarchie militaire au Pentagone et la Maison Blanche, sans parler du département d’Etat. Les responsabilités de chacun sont différentes, et les auditions qui viendront au Congrès permettront peut-être de mieux les distinguer. Ces dernières semaines, le Washington Post, le New York Times et le Wall Street Journal ont publié plusieurs récits très complémentaires sur les errements de ces derniers mois, côté américain. On y voyait bien que les estimations du printemps de la communauté du renseignement, concernant la résistance des forces afghanes à l’offensive talibane, étaient de plus d’un an. Fin juin, elles étaient réduites à six mois environ. Tout s’est précipité pour plusieurs raisons, que j’ai détaillées dans l’édition du Monde de cet après-midi. Notamment la fin de l’appui aérien aux forces afghanes, la corruption, la démoralisation de ces troupes locales et, enfin, la fuite du président afghan. La reconquête talibane est apparue comme inéluctable, asséchant toute idée de résistance. Il est nécessaire d’insister sur la responsabilité politique de Joe Biden, qu’il a lui-même revendiquée. Son ordre était clairement de mener le retrait militaire à tout prix, et au plus vite, avant l’anniversaire des attentats du 11-Septembre..". [Piotr Smolar (Washington, correspondant]

                  __________De la guerre du Mexique à celle d' Afghanistan, en passant par celle du Vietnam, les armées des USA seront restées peu de temps au repos. Sans évoquer la longue guerre pour la conquête et l'extension du pays.
   Comme disait le général Patton, "De tous temps, les Américains ont aimé se battre...Les Américains aiment les vainqueurs. Les perdants, chez nous, on n'en veut pas. Les Américains se battent pour gagner quel que soit le prix, et nous ne paierons jamais assez cher pour rester des hommes libres. Quoi qu'il arrive. C'est pour ça que les Américains n'ont jamais perdu une guerre. Et c'est pour ça que jamais ils n'en perdront. Tout simplement parce que l'idée de perdre est intolérable aux Américains. 
           C'était avant le tragique fiasco vietnamien et le bourbier afghan.
   Une histoire qui se répète cependant, comme le reconnaît  Ken Burns, " Nous faisons toujours les mêmes choses, nous passons notre temps à faire la guerre. Nous n'apprenons pas."                          Comme pour tout empire, la guerre, proche ou lointaine, est consubstantielle à la politique étrangère des USA, favorisée par la recherche de l'influence, du leadership, de la puissance. Soutenue aussi par une certaine culture des armes ancrée très tôt, largement partagée, justifiée par le Deuxième Amendement et largement encouragée par des lobbies puissants. 
   _____Dans son étude, l'historien Thomas Rabino explique que "la rupture du 11 septembre est d'abord psychologique" , mais également révélatrice de ce lien très particulier que le pays entretient avec la guerre. C'est à partir de ce lien qu'il est possible d'obtenir des clés de compréhension majeures sur le 11 septembre, mais aussi les Etats-Unis. Comme tous les grands empires, la guerre fait partie de l'histoire du pays. En effet, une puissance se construit économiquement, mais aussi militairement. Mais l'auteur va plus loin. Le pays lancerait une campagne de guerre tous les quatre ans en moyenne depuis 1774 (date de sa formation), ce qui permettrait de comprendre le caractère violent de la culture américaine, l'influence des entreprises d'armement ou encore l'importance du budget de la défense. Surtout, le 11 septembre, ainsi que les guerres qui en ont découlé, ne sont que des nouveaux épisodes d'une dynamique bien connue et rodée du pays : "les guerres américaines font les Etats-Unis d'aujourd'hui, et feront les Etats-Unis de demain..." 
  ______     Avant lui , Noam Chomsky  "met en relief la nature belliqueuse de la politique étrangère américaine, contrairement au discours classique de défense des libertés et des droits de l’homme mis régulièrement en avant par les autorités officielles américaines. Les États-Unis ont imposé un modèle capitaliste qu’ils défendent sur la scène internationale et, selon l’auteur, la guerre vise principalement à protéger les intérêts des grandes entreprises américaines. En effet, le parallèle entre la guerre et la concurrence économique est entièrement assumé par Noam Chomsky, qui s’emploie à justifier historiquement.. Il ne s’agit pas d’éliminer des adversaires, mais de mettre à terre d’autres projets de société alternatifs pour que la mondialisation libre-échangiste serve uniquement les intérêts américains. Les États-Unis ont ainsi systématiquement soutenu des coups d’État militaires pour appuyer une brutalisation consistant « à infliger […] le maximum de souffrances dans l’espoir, non seulement de faire durer [les] difficultés mais aussi de faire en sorte que seuls les éléments les plus durs et les plus brutaux de la population en sortiront » . L’originalité de l’ouvrage tient à l’analyse systématique de tous les régimes appuyés par les États-Unis dans les années soixante, en Amérique latine et en Asie. La Seconde Guerre mondiale fait même l’objet d’une nouvelle lecture, selon laquelle les États-Unis sont entrés en guerre non pas pour s’opposer à la solution finale appliquée par le régime nazi, mais pour protéger les intérêts économiques américains menacés. Selon Noam Chomsky, l’usage de la bombe nucléaire par les États-Unis et la destruction de générations au Japon ne peuvent être ignorés dans ce contexte. Les États-Unis se sont très vite écartés des accords de Genève d’après la guerre qui donnaient un cadre aux conflits pour éviter les massacres des populations civiles..." 
 Même dans l'intervention en Europe en 1917 et dans celle, tardive de 1940, les intentions US ne furent jamais désintéressées.            Une histoire qui se répète, sous des formes diverses, depuis deux siècles et demi, jusqu'à l'intervention syrienne, à la fois avouée et déniée. Non sans "bavures", ni sans échecs.
    Les avertissements de Eisenhower à la fin de son mandat n'ont pas eu de portée.
                 __ "A l'instar des empires d'antan, de la Pax romana à la « démocratisation du Moyen-Orient », les intérêts stratégiques propres à une grande nation sont 
indispensables au maintien, voire à l'accroissement de sa puissance. Du Mexique, victime en 1848 de l'expansionnisme américain, au Panama, dont le contrôle offre un atout commercial considérable, en passant par l'Irak, objet de toutes les convoitises depuis que l'or noir y est exploité, les exemples ne manquent pas.                  ___Assurer la croissance de son territoire, la maîtrise des matières premières et des débouchés économiques pour la production nationale sont autant d'enjeux qui requièrent parfois l'usage de la force. Le déclin relatif de l'économie américaine, l'explosion d'un déficit commercial apparu dans les années 1970, la contraction de son produit national brut à l'échelle mondiale et l'émergence d'un concurrent comme la Chine rendent, depuis les années 1990, la consolidation et l'extension de ses positions stratégiques plus vitales que jamais. La guerre n'est-elle pas, selon les mots du théoricien militaire Clausewitz, la « politique continuée par d'autres moyens » et un « véritable instrument de la politique » ?              ____ Rabino étudie la contribution de l’armée à la réalisation des films de guerre, la torture dans les séries télévisées, le vocabulaire volontiers barbare des responsables de la communication militaire, le débat sur les éventuels dégâts sanitaires dus à l’uranium appauvri des munitions, nous donnant, chaque fois que c’est possible, des statistiques sur l’évolution de ces phénomènes significatifs. Les fluctuations d’une opinion mobile, patriotique et démocratique, manipulée ou résistante selon les circonstances, adhérant ou refusant le discours officiel, sont saisies et suivies par des sondages. Il le faut : la réalité de l’Amérique est qu’elle est toujours en guerre, ainsi que son immense armée, son gigantesque budget militaire, ses bases, ses interventions incessantes en témoignent. "                                                            ____ "« Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (...) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (...) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. Nous ne devons jamais permettre au poids de cette conjonction d’intérêts de mettre en danger nos libertés ou nos méthodes démocratiques. Rien, en vérité, n’est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte. » (D.E.  1961)

    "Républicains et démocrates jugent que ces années de guerre ont épuisé financièrement le pays, au moment où il aurait besoin de réserves pour relancer l'activité. Le message est à peu près le même d'un bord à l'autre du spectre politique, notamment chez les élus de base. 
       Représentant républicain d'un Etat qui ne manque pourtant pas d'académies militaires, le député de Caroline du Nord Walter Jones assure : "Nous ne pouvons pas continuer à policer le monde. "Sénateur démocrate de Virginie occidentale, Joe Mandrin assène : "Reconstruire l'Amérique ou l'Afghanistan, il faut choisir."__Plus significatif encore, le NewYork Times rapporte que la Conférence des maires du pays, réunie en juin, a adopté une résolution à tonalité isolationniste. Elle stipule que les impôts des Américains doivent servir à construire des ponts "à Baltimore et à Kansas City, pas à Bagdad ou à Kandahar". Traditionnellement, le Parti républicain porte haut et fort le drapeau de l'engagement à l'étranger. Cette fois, ses deux principaux candidats pour 2012, Mitt Romney et Jon Huntsman, sont les avocats d'un retrait rapide d'Afghanistan.
   __Est-on encore une superpuissance quand une partie de son budget militaire est prise en charge par un autre pays, en l'espèce, la Chine, acheteur numéro un de bons du Trésor américains ? L'un des papes de l'establishment stratégique du pays, Leslie Gelb, répond : "Ce qui déterminera l'avenir de l'Amérique, ce n'est pas ce qui peut arriver en Afghanistan aujourd'hui ou dans les cinq ans à venir, mais ce qui va se passer à propos d'une dette qui nous écrase."  ____________________________

lundi 18 septembre 2017

Guerres américaines

Quasi ininterrompues.                                             [Notes de lectures]
                                                De la guerre du Mexique à celle d' Afghanistan, en passant par celle du Vietnam, les armées des USA seront restées peu de temps au repos. Sans évoquer la longue guerre pour la conquête et l'extension du pays.
   Comme disait le général Patton, "De tous temps, les Américains ont aimé se battre...Les Américains aiment les vainqueurs. Les perdants, chez nous, on n'en veut pas. Les Américains se battent pour gagner quel que soit le prix, et nous ne paierons jamais assez cher pour rester des hommes libres. Quoi qu'il arrive. C'est pour ça que les Américains n'ont jamais perdu une guerre. Et c'est pour ça que jamais ils n'en perdront. Tout simplement parce que l'idée de perdre est intolérable aux Américains. 
           C'était avant le tragique fiasco vietnamien et le bourbier afghan.
   Une histoire qui se répète cependant, comme le reconnaît  Ken Burns, " Nous faisons toujours les mêmes choses, nous passons notre temps à faire la guerre. Nous n'apprenons pas."                          Comme pour tout empire, la guerre, proche ou lointaine, est consubstantielle à la politique étrangère des USA, favorisée par la recherche de l'influence, du leadership, de la puissance. Soutenue aussi par une certaine culture des armes ancrée très tôt, largement partagée, justifiée par le Deuxième Amendement et largement encouragée par des lobbies puissants. 
   _____Dans son étude, l'historien Thomas Rabino explique que "la rupture du 11 septembre est d'abord psychologique" , mais également révélatrice de ce lien très particulier que le pays entretient avec la guerre. C'est à partir de ce lien qu'il est possible d'obtenir des clés de compréhension majeures sur le 11 septembre, mais aussi les Etats-Unis. Comme tous les grands empires, la guerre fait partie de l'histoire du pays. En effet, une puissance se construit économiquement, mais aussi militairement. Mais l'auteur va plus loin. Le pays lancerait une campagne de guerre tous les quatre ans en moyenne depuis 1774 (date de sa formation), ce qui permettrait de comprendre le caractère violent de la culture américaine, l'influence des entreprises d'armement ou encore l'importance du budget de la défense. Surtout, le 11 septembre, ainsi que les guerres qui en ont découlé, ne sont que des nouveaux épisodes d'une dynamique bien connue et rodée du pays : "les guerres américaines font les Etats-Unis d'aujourd'hui, et feront les Etats-Unis de demain..." 
  ______     Avant lui , Noam Chomsky  "met en relief la nature belliqueuse de la politique étrangère américaine, contrairement au discours classique de défense des libertés et des droits de l’homme mis régulièrement en avant par les autorités officielles américaines. Les États-Unis ont imposé un modèle capitaliste qu’ils défendent sur la scène internationale et, selon l’auteur, la guerre vise principalement à protéger les intérêts des grandes entreprises américaines. En effet, le parallèle entre la guerre et la concurrence économique est entièrement assumé par Noam Chomsky, qui s’emploie à justifier historiquement.. Il ne s’agit pas d’éliminer des adversaires, mais de mettre à terre d’autres projets de société alternatifs pour que la mondialisation libre-échangiste serve uniquement les intérêts américains. Les États-Unis ont ainsi systématiquement soutenu des coups d’État militaires pour appuyer une brutalisation consistant « à infliger […] le maximum de souffrances dans l’espoir, non seulement de faire durer [les] difficultés mais aussi de faire en sorte que seuls les éléments les plus durs et les plus brutaux de la population en sortiront » . L’originalité de l’ouvrage tient à l’analyse systématique de tous les régimes appuyés par les États-Unis dans les années soixante, en Amérique latine et en Asie. La Seconde Guerre mondiale fait même l’objet d’une nouvelle lecture, selon laquelle les États-Unis sont entrés en guerre non pas pour s’opposer à la solution finale appliquée par le régime nazi, mais pour protéger les intérêts économiques américains menacés. Selon Noam Chomsky, l’usage de la bombe nucléaire par les États-Unis et la destruction de générations au Japon ne peuvent être ignorés dans ce contexte. Les États-Unis se sont très vite écartés des accords de Genève d’après la guerre qui donnaient un cadre aux conflits pour éviter les massacres des populations civiles..." 
 Même dans l'intervention en Europe en 1917 et dans celle, tardive de 1940, les intentions US ne furent jamais désintéressées.            Une histoire qui se répète, sous des formes diverses, depuis deux siècles et demi, jusqu'à l'intervention syrienne, à la fois avouée et déniée. Non sans "bavures", ni sans échecs.
    Les avertissements de Eisenhower à la fin de son mandat n'ont pas eu de portée.
                 __ "A l'instar des empires d'antan, de la Pax romana à la « démocratisation du Moyen-Orient », les intérêts stratégiques propres à une grande nation sont 

indispensables au maintien, voire à l'accroissement de sa puissance. Du Mexique, victime en 1848 de l'expansionnisme américain, au Panama, dont le contrôle offre un atout commercial considérable, en passant par l'Irak, objet de toutes les convoitises depuis que l'or noir y est exploité, les exemples ne manquent pas.
       Assurer la croissance de son territoire, la maîtrise des matières premières et des débouchés économiques pour la production nationale sont autant d'enjeux qui requièrent parfois l'usage de la force. Le déclin relatif de l'économie américaine, l'explosion d'un déficit commercial apparu dans les années 1970, la contraction de son produit national brut à l'échelle mondiale et l'émergence d'un concurrent comme la Chine rendent, depuis les années 1990, la consolidation et l'extension de ses positions stratégiques plus vitales que jamais. La guerre n'est-elle pas, selon les mots du théoricien militaire Clausewitz, la « politique continuée par d'autres moyens » et un « véritable instrument de la politique » ?
 ____ Rabino étudie la contribution de l’armée à la réalisation des films de guerre, la torture dans les séries télévisées, le vocabulaire volontiers barbare des responsables de la communication militaire, le débat sur les éventuels dégâts sanitaires dus à l’uranium appauvri des munitions, nous donnant, chaque fois que c’est possible, des statistiques sur l’évolution de ces phénomènes significatifs. Les fluctuations d’une opinion mobile, patriotique et démocratique, manipulée ou résistante selon les circonstances, adhérant ou refusant le discours officiel, sont saisies et suivies par des sondages. Il le faut : la réalité de l’Amérique est qu’elle est toujours en guerre, ainsi que son immense armée, son gigantesque budget militaire, ses bases, ses interventions incessantes en témoignent. "
       "« Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (...) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (...) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. Nous ne devons jamais permettre au poids de cette conjonction d’intérêts de mettre en danger nos libertés ou nos méthodes démocratiques. Rien, en vérité, n’est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte. » (1961)
    "Républicains et démocrates jugent que ces années de guerre ont épuisé financièrement le pays, au moment où il aurait besoin de réserves pour relancer l'activité. Le message est à peu près le même d'un bord à l'autre du spectre politique, notamment chez les élus de base. 
       Représentant républicain d'un Etat qui ne manque pourtant pas d'académies militaires, le député de Caroline du Nord Walter Jones assure : "Nous ne pouvons pas continuer à policer le monde."Sénateur démocrate de Virginie occidentale, Joe Mandrin assène : "Reconstruire l'Amérique ou l'Afghanistan, il faut choisir."__Plus significatif encore, le NewYork Times rapporte que la Conférence des maires du pays, réunie en juin, a adopté une résolution à tonalité isolationniste. Elle stipule que les impôts des Américains doivent servir à construire des ponts "à Baltimore et à Kansas City, pas à Bagdad ou à Kandahar". Traditionnellement, le Parti républicain porte haut et fort le drapeau de l'engagement à l'étranger. Cette fois, ses deux principaux candidats pour 2012, Mitt Romney et Jon Huntsman, sont les avocats d'un retrait rapide d'Afghanistan.
   __Est-on encore une superpuissance quand une partie de son budget militaire est prise en charge par un autre pays, en l'espèce, la Chine, acheteur numéro un de bons du Trésor américains ? L'un des papes de l'establishment stratégique du pays, Leslie Gelb, répond : "Ce qui déterminera l'avenir de l'Amérique, ce n'est pas ce qui peut arriver en Afghanistan aujourd'hui ou dans les cinq ans à venir, mais ce qui va se passer à propos d'une dette qui nous écrase."
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mardi 16 septembre 2025

C'était un 11 septembre

 Celui qui restera dans les mémoires 

                    Je m'en souviens comme si c'était hier. D'abord  ce fut la sidération face à un événement aussi littéralement incroyable, puis les interrogations. Quelles failles dans le système pourtant réputé des services de renseignements US?   Un impact majeur  au niveau local et mondial. L'effroi qui paralyse la raison, puis un début de questionnement  qui se pose nécessairement. Avec le recul, on peut en tirer quelques  leçons géopolitiques. Dans le contexte des violences politiques de l'époque, conditionnant des guerres sans fins.. Washington avait entrainé et armé au nord du Pakistan une armée de djiadistes afghans destinée à en finir avec l'occupation soviétique à Kaboul. Mais la créature se retourna contre son créateur.

    Avec les  violences politiques  et militaires qui suivirent, au Moyen-Orient et en interne (Patiot Act, Guantanamo) . L'axe du mal fut un thème de croisade, à résonnance religieuse.                                                                           Le drame vécu par le peuple américain ne peut faire oublier les relations entretenues longuement avec l'instigateur du forfait terriblement meurtrier à New York. Ni non plus l'instrumentalisation par les néoconservateurs de la Maison Blanche, de la guerre en Irak qui a suivi,  finalement avouée par Collin POwel lui-même,  de la très longue et meurtrière guerre en Afghanistan, qui se révéla  être un cruel fiasco...                                                   Des interrogations, plus ou moins fondées, subsistent encore à Washington.
                                                   En tous cas, la longue tradition de guerres américaines aura été respectée dans l'Empire, gendarme du monde...                                                                                                                                     "...Le chiffre officiel est de 140 et le musée militaire présente la liste complète de ces guerres reconnues. Cependant la communauté des historiens s’accorde plutôt sur le chiffre de 400. D’abord parce qu’il y a des dizaines de guerres amérindiennes et des opérations militaires de subversion, qui n’ont jamais été reconnues, et qui peuvent être considérées comme des actes de guerre. 

Ce qui frappe aujourd’hui, quand on se rend aux États-Unis, c’est évidemment la place de cette identité militaire. Les Américains le vivent comme si c’était naturel et universel, alors que c’est un phénomène extrêmement américain.                                                                                                                                 Par exemple, la place des vétérans. La phrase qu’on entend le plus aux États-Unis c’est : « thank you for your service ». Dès qu’il y a un ancien combattant, il reçoit des remerciements — que ce soit pour monter dans un avion, parce qu’on fait monter d’abord les anciens combattants, ou pour bénéficier d’une réduction pour aller au cinéma ou au football américain, il y a cette phrase rituelle. ...La place du drapeau et de l’hymne national aussi : j’ai été très surpris d’apprendre, d’après l’un des intervenants du documentaire, que cela datait de la Seconde Guerre mondiale, que ce n’était pas le cas auparavant, et qu’il n’y avait pas cette fibre patriotique qui faisait qu’on chantait l’hymne national avant les matchs de sport. Or aujourd’hui, on a l’impression que c’est un rituel qui existe depuis toujours, totalement ancré. Les gens chantent la main sur le cœur, ils pleurent. C’est un moment de sublimation collective fort..." ( Pierre Haski)                                  ________________________


mercredi 25 juin 2008

IRAK : côté G.I.'s

L'horreur au quotidien , dans un climat de peur et un bourbier sans issue...créé par un engagement absurde, mais intéressé.

"La sauvagerie et la brutalité de l’occupation déchirent les militaires qui ont été déployés en Irak. "(C.H.)

"La presse sait tout cela et, si les journalistes avaient pris la peine de regarder, ils auraient pu le savoir depuis belle lurette. Mais la presse ou, du moins, la plupart des gens de la presse, a perdu la passion, le sens de l’offuscation et celui de sa mission, lesquels, jadis, poussaient les journalistes à défier le pouvoir et à dire la vérité." (C.H.)

La guerre en Irak ? Une succession de meurtres, ni plus ni moins:
"Le 6 juin 2008. Quand une armée combat des forces d’insurrection, comme c’est le cas en Irak, à Gaza ou au Vietnam, elle est confrontée à des « situations propices à commettre des atrocités ». Le fait d’être entouré d’une population hostile transforme des actes simples – par exemple, se rendre dans un magasin pour acheter une canette de Coke – en actes dangereux. La crainte et le stress poussent les militaires à voir des ennemis dans toutes les personnes qui évoluent autour d’eux. L’hostilité pèse encore plus lorsque cet ennemi, comme en Irak, est indécelable, furtif et pratiquement insaisissable. La rage impuissante éprouvée par les soldats après l’explosion d’une bombe au bord d’une route et la mort ou la mutilation de certains de leurs camarades, est du genre à se tourner aisément et très vite contre les civils innocents dont on suppose qu’ils aident et soutiennent les rebelles.

Aux yeux des troupes assaillies de toutes parts, civils et combattants ne sont qu’une seule et même entité. Ces civils, qui ont rarement des échanges avec les soldats ou les marines, n’ont souvent pas de nom ni de visage, mais se muent aisément en abstractions de haine, aux yeux de la plupart des militaires des troupes d’occupation. Ils sont méprisés comme des êtres moins qu’humains. Il s’agit d’un pas psychologique bref. Mais, moralement, il s’agit d’un bond massif. C’est la distance entre le fait de tuer, de détruire quelqu’un qui a la capacité de vous faire du mal – et celui de commettre un meurtre – s’en prendre à quelqu’un qui ne peut vous faire du mal, avec l’intention de le tuer.

La guerre en Irak est devenue avant tout une affaire de meurtre. Il y a peu de destructions d’individus. La sauvagerie et la brutalité de l’occupation déchirent les militaires qui ont été déployés en Irak. Comme les informations viennent de nous l’apprendre, 115 soldats américains se sont suicidés, en 2007. Soit une augmentation de 13 % par rapport à 2006. Et les suicides, comme ce fut le cas dans les années de guerre au Vietnam, ne feront qu’augmenter lorsque les vétérans, rongés par les angoisses, rentreront dans leurs foyers, se débarrasseront des couches d’ouate auto-protectrice qui les empêchaient de ressentir quoi que ce fût et affronteront l’horrible réalité ...."

-La terreur des soldats américains en Irak
-Etats-Unis: Après l'Irak, le suicide
-"Epidémie de suicides" chez les vétérans des guerres américaines

-".... L’exemple de l’Irak et de l’Afghanistan est effrayant au niveau de la psychologie. Les suicides chez les vétérans rentrés de la guerre (autour de 6.000 suicides en moyenne annuelle en 2006 et 2007, en accroissement par rapport aux années précédentes) sont très largement supérieurs aux pertes au feu, ce qui est un cas sans précédent (ces guerres causent plus de pertes, indirectement par leurs effets individuels psychologiques hors de la guerre, que par l’action du feu de l’ennemi). La RAND Corporation vient de montrer que 300.000 vétérans souffrent de troubles psychologiques graves (PTSD ou Post Traumatic Stress Disorder), et 320.000 autres de troubles psychologique consécutifs à des blessures. Cela fait 40% du nombre de vétérans (1,6 million) et l’on ne parle que des cas recensés. Au feu, les suicides sont en constante augmentation (115 en 2007) et plus de 20.000 soldats prennent officiellement des drogues anti-dépressives, simplement pour “tenir” psychologiquement. Plus qu’un problème militaire grave, c’est une catastrophe sociale qui menace essentiellement les sociétés des pays qui lancent ces guerres. (Cette menace concerne aussi bien le tissu social des pays ayant lancé la guerre que la stabilité de leurs régimes.)

La cause de cette catastrophe psychologique est l’isolement total où sont tenues ces forces par rapport à l’environnement culturel et humain des pays où elles opèrent. Littéralement, ces troupes sont victimes de la cruauté dont elles sont elles mêmes les instigatrices et les actrices, parce qu’elles la subissent mais surtout parce qu’elles la provoquent et la propagent. Leur isolement ajouté à l’illégitimité de la guerre, transforment leur psychologie et les chargent d’une culpabilité insupportable. La puissance des communications, qui est le facteur essentiel de la puissance aujourd’hui (nous sommes passés de l’‘ère géopolitique’ à l’ère ‘psychopolitique’) et qui agit dans tous les sens, y compris ceux qui sont défavorables aux politiques officielles, joue un rôle de chambre d’écho qui aggrave et multiplie le phénomène...."( de defensa)

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-L’Irak entre terreur et puissance: leçons d'un échec américain
-Le « moment » américain au Moyen-Orient
-L’Irak : jusqu’à quand ?
-Le plan secret pour maintenir l'Irak sous contrôle américain