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vendredi 13 novembre 2009

Banques: hold-up sur l'Europe

Lobbying financier antiréforme au coeur du système


Quand Bruxelles favorise ce qu'elle condamne



La
"trahison des élites" continue...

-« L’Europe ne dit pas ce qu’elle fait ; elle ne fait pas ce qu’elle dit. Elle dit ce qu’elle ne fait pas ; elle fait ce qu’elle ne dit pas. Cette Europe qu’on nous construit, c’est une Europe en trompe l’oeil »(P.Bourdieu)

-"Les accords conclus aujourd'hui entre 27 grands pays sont essentiels, car ils établissent de nouvelles règles de régulation bancaire et de surveillance, à l'échelle globale"( le président de la Banque Centrale Européenne Jean-Claude Trichet)
Vraiment?

___Réguler les régulateurs?_______
_________________________

La régulation financière joue l'arlésienne - AgoraVox:
"C’est ALTER EU (Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation), un groupe d’information sur le lobbying à Bruxelles, qui met les points sur les ’i’ : la grande majorité des experts financiers qui conseillent la Commission européenne représentent des banques et des investisseurs responsables de la crise économique globale. C’est ce que dit un rapport intitulé "Une Commission captive".
On sait au vu des textes européens que ladite Commission a une fâcheuse tendance à prêter une oreille attentive aux lobbies divers et variés. Mais, surtout ceux des banques (cf. CECA, Marché commun, "concurrence libre et non faussée", euro etc.).
En général, les lobbies et autres s’incrustent dans les groupes d’experts que la commission réunit systématiquement avant de légiférer. Ou alors, ils sont carrément à l’origine des textes.
En l’occurrence, il s’agit de peser sur les décisions qui seront prises (ou pas, du coup), en matière de régulation.
Le système est simple : des "groupes d’experts" (qui pullulent) conseillent les représentants européens de la Commission en matière de finances.
Détail important : les groupes d’experts en question sont largement composés de personnes issues de l’industrie financière, y compris celle des paradis fiscaux. Dans les 19 de ces groupes qui conseillent en matière de politique financière, il y a 229 personnes issues de ladite industrie, contre 150 issues de la société civile.
Et c’est pareil dans tous les groupes, en fait. Alter Eu a observé au moins 110 groupes d’experts dans lesquels les représentants du monde des affaires sont le groupe le plus important, et 40 dans lesquels ils sont plus nombreux que les représentants de la société civile, les élus, les syndicats etc.
Du coup, pour résumer, les banques fixent elles-mêmes les risques qui leur conviennent. Comme par hasard, depuis des plombes, la tendance est au laxisme. Ce qui nous a amené là où on en est aujourd’hui. Mais, bref.
C’est ainsi que, par exemple :
- la régulation des hedge fund a été confiée à des groupes d’experts qui ont recommandé de continuer avec la régulation "light" qui a tant bénéficié à tout le monde...
- les agences de notation des crédits (qui sont censées évaluer les risques encourus avec un crédit ou une obligation) ont expliqué à la Commission que des règles de notation n’étaient pas nécessaires. Pourtant, il est vrai que les notations excessivement euphoriques desdites agences ont largement contribué à l’emballement sur les crédits pourris qui a mené à la crise.
On retrouve donc des personnes représentant de banques telles que Barclays, ABN Amro, Merrill Lynch, Lloyds, Goldman Sachs, Paribas, BNP… qui ont participé aux groupes de travail préparatoires au FSAP (Financial Services Action Plan) de la Commission, censé réguler le secteur financier européen. Sans surprise, les normes sont un peu moins contraignantes à chaque révision.
Après avoir établi ces normes, la Commission s’est occupée en 2001 de réformer la manière dont sont prises les décisions européennes en matière de régulation financière, afin de les « harmoniser » et de créer un marché commun des services financiers. Détail significatif : on appelle ça le « Lamfalussy Process », du nom du banquier qui a piloté le groupe de travail.
Je vous le donne en mille : ledit groupe était composé de huit personnes, dont 4 membres de fonds d’investissement, deux banquiers nationaux, et un du New York Stock Exchange.
Ce sont des groupes comme le Committee of European Banking Supervisors (CEBS), le Committee of European Insurance and Occupational Pensions Supervisors (CEIOPS, dont 14 des 17 membres sont liés au secteur financier privé), et le Committee of European Securities Regulators (CESR, composé de 13 représentants du secteur financier privé) qui mettent les réformes sur les rails et les font avancer jusqu’au bout.
En pleine crise, le « groupe de Larosière », du nom du leader du groupe1] qui est aussi conseiller du PDG de BNP Paribas, est mis en place pour conseiller la Commission sur les moyens de réformer l’industrie financière. La Commission, fort conciliante (ou confiante, on ne sait trop), a déclaré d’avance qu’elle serait d’accord avec les conclusions du groupe, histoire de mettre tout le monde en confiance.
Sur huit membres, quatre sont liés aux grandes multinationales de la finance impliquées dans la crise, à savoir Lehman Brothers (représentée par Rainer Masera), Goldman Sachs (par Otmar Issing), BNP Paribas (de Larosière) et City group (Onno Ruding). Un cinquième, Callum McCarthy était à la tête de l’autorité de régulation des Services Financiers anglais, et un autre s’est déjà affiché par son opposition à toute régulation.
Au final, au lieu de régulation, on a parlé de mettre en place des « systèmes d’alerte ». Même Le Monde l’a dit : « Le groupe d’experts renoncerait, en revanche, à la mise au point de règles de contrôle uniformes pour l’ensemble des Vingt-Sept, comme le réclamaient certains Etats ». Et hop, un beau travail de sape de réussi ! A aucun moment le parlement n'a été consulté.
Le processus normatif : entre initiés
__________Les propositions de la Commission en matière financière sont principalement initiées par la Direction Générale du Marché Intérieur, dirigée par Charlie Mc Creevy. Cette DG utilise les expertises de 19 groupes composés de 538 experts. Un seul de ces groupes a à peu près autant de membres issus des ONG que des entreprises financières. Au final, 84% des « membres de la société civile » viennent tout droit de l’industrie financière, en particulier de la Deutsche Bank, BNP Paribas, la Société Générale et SWIFT, un système d’échanges européen.
Pourquoi la crise est elle survenue ? A cause de l’absence de contrôle et de régulation des activités spéculatives. Alors le citoyen peut s’interroger : pourquoi a-t-on laissé des margoulins jouer avec des milliards, sans aucun contrôle ?
Eh bien, tout simplement parce que ce sont les margoulins en question qui ont fait les règles en matière de contrôle et de régulation. Conclusion : l’auto régulation fut un bide. Total.
En 2004, le Basel Committee on Banking Supervision (BCBS), le comité de Bâle, crée par les gouverneurs des banques centrales d’une dizaine de pays, a élaboré la norme Basel II ( ou Bâle II). Le but était officiellement de calculer un standard de cash que les banques doivent avoir pour assurer leurs énormes crédits. Mais au final, la norme n’est pas obligatoire…
Bâle II, évidemment, a été élaborée par les mêmes groupes d’experts que les « normes » précédentes, si toutefois on peut encore parler de normes, et le BCBS est composé de représentants des banques centrales et des pays du G-10.
Bâle II, donc, permettait aux banques d’évaluer elles-mêmes les risques liés à leurs investissements, ce qui leur a permis de faire apparaître des actifs toxiques comme solides. On ne s’étonnera donc pas que Lehman Brothers, par exemple, était encore notée AAA la veille de sa faillite.
Et puis, les agences de notation des crédits n’ont pas été regardantes non plus : normal, elles sont payées par les banques et assurances qu’elles auditent !
Le processus a été le même pour réguler les hedge fund, les agences de notation de crédit etc. Pour ces dernières, c’est un groupe d’experts composé de KPMG, Price Waterhouse Coopers, Deloitte, Ernst & Young et surtout l’European Round Table qui est si souvent à l’origine des directives de la commission, qui a travaillé sur la réforme.
Si bien qu’il a été impossible de créer des standards comptables pertinents : l’International Accounting Standards Board (IASB) était encore le fruit d’une auto régulation. Certaines normes, comme IAS 32 et IAS 39, portant sur les fonds propres, ont d’ailleurs fait l’objet de nombreuses et vives polémiques.
Les agences de notation de crédit sont des institutions privées qui analysent et classifient les risques liés aux différents produits financiers. Le hic : les spéculateur leur ont fait une confiance aveugle. Le scandale Enron, où on a vu l’agence d’audit Andersen surnoter la boîte dont les comptes bidon étaient en réalité dans le rouge depuis des plombes. Au final l’Etat avait (un peu) resserré la vis aux dites agences.
En 2004, la Commission consulte le Committee of European Securities Regulators afin qu’il mette au point un système de régulation. Que fait le CESR en premier lieu ? Nommer un groupe d’experts. Et pour ceux qui ont suivi, quel est le point de vue dudit groupe d’experts ? Qu’il n’y a pas besoin de réguler les agences de notation, pardi !...
On aurait pu croire qu’avec la crise, les banquiers et spéculateurs de tout poil auraient compris qu’il est temps de réformer sérieusement les choses. Sarko s’est agité tout l’hiver pour réformer la finance mondiale, paraît-il, et les médias français n’ont pas manqué d’applaudir (on a eu droit à des titres tels que « Sarkozy a transcendé les écarts sur la régulation » ou « Accord historique au G 20 », etc »…).
En fait -qui s’en serait douté ?- rien n’a changé, non rien de rien.
____Prenons juste un exemple : au G 20, en fait, il a surtout été question de ne rien changer. Et les quelques timides décisions qui ont été prises n’ont toujours amené aucune réforme, six mois après. On a parlé d’un nouveau monde, ou presque, mais de quelles mesures s’agit-il ?
- augmentation des pouvoirs et des fonds du FMI (quant à la « réforme » annoncée, je me demande de quoi il s’agit : le fonctionnement et les principes sont les mêmes, les Etats-Unis ont toujours un droit de veto avec 17% des voix, les conditions des prêts n’ont pas changé non plus)
- fixation presque maniaque sur les rémunérations des traders. Ce qui, en plus d’être accessoire, n’a servi à rien,
- pseudo contraintes à quelques paradis fiscaux, mais en effet quand on sait que BNP Paribas, par exemple, a 189 filiales dans des paradis fiscaux, on comprend que les mesures n’aient pas été contraignantes là non plus
- « maintien des politiques expansionnistes » pilotées par les banques centrales et ce « d’une manière compatible avec la stabilité des prix » (c’est-à-dire qu’il faut limiter l’inflation, donc les salaires, selon la logiques desdites banques centrales)
- « renforcement » de la coopération internationale pour établir des systèmes d’alerte précoces en cas de crise. Bonne idée, mais comment ? Avec quels instruments ? Quelle autorité ? Quels pouvoirs ?
- reconnaissance de la nécessité d’améliorer les normes comptables. Super, et après ?
Au final, on a continué avec exactement les mêmes acteurs, les mêmes règles et le même système. On a endormi l’opinion publique avec des titres grandiloquents et des discours, mais rien ne se passe...."
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-Banques choyées
-G-20 en vain?

mercredi 19 janvier 2011

Banques sous tutelle?

Contrôler les banques

Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales. En raison de leur petit nombre d’une part et de leurs profits financiers considérables d’autre part, nous défendons l’idée que ces banques forment aujourd’hui un oligopole particulièrement puissant à l’échelle internationale. Reléguant les banques centrales au second plan, c’est-à-dire les cantonnant à de simples pourvoyeuses de la liquidité dont il a besoin, cet oligopole est le véritable régulateur des marchés monétaires et financiers mondiaux. C’est lui qui est le maître d’ouvrage du mur de l’argent qui se bâtit sous nos yeux.Cet oligopole n’est évidemment soumis ni à un contrôle politique, ni a fortiori à un contrôle démocratique. Tout juste est-il contraint par des règlements prudentiels de portée limitée et élaborés pragmatiquement a posteriori, ou encore par des normes issues d’une autorégulation professionnelle, une fois que les difficultés ou les catastrophes ont été malheureusement constatées..."(Attac)
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___Des règles et des principes existent. Mais leur trop grande généralité et le manque d'une instance régulatrice fait le plus souvent défaut ou manque d'impartialité, de pouvoir d'action et de sanction.
_En France, des outils de contrôle sont disponibles, apparemment efficaces en régime normal, mais qu'en est-il en période d'échanges planétaires constants,d'euphorie financière, de fabrication illimitée de produits financiers sophistiqués parfois obscurs, de dérives spéculatives subies ou provoquées?
_L'affaire Kerviel a montré comment un système pouvait se laisser emporter par les pires pratiques financières, jusqu'à se mettre en danger.
_Un contrôle bancaire digne de ce nom et efficace ne peut être strictement technique
car on vu comment on pouvait "s'arranger avec les comptes" , avec le complicité d'autres banques et des agences de notation, à la fois juges et parties.
Le cas de la Fed est exemplaire, qui a couvert maintes dérives.
"Quand les crises financières sont des crises strictement boursières, elles peuvent avoir des conséquences mais celles-ci sont assez vite absorbées par le système. Mais quand les crises financières débouchent sur des crises bancaires, elles deviennent graves, voire très graves. Si la crise des années trente a commencé par une crise boursière, c’était d’abord une crise bancaire imputable à une erreur de politique monétaire de la Banque fédérale de réserve américaine qui n’a pas refinancé les banques alors qu’elles en avaient besoin pour faire face aux demandes de retraits. C’est alors que la crise bancaire s’est enclenchée et c’est devenu une catastrophe mondiale. Si la crise des subprimes suscite un peu plus d’inquiétude que les précédentes, c’est parce que, avant d’être une crise boursière, c’est une crise bancaire dont les conséquences pourraient être, outre des faillites bancaires, le resserrement du crédit par les banques, c’est-à-dire, d’une certaine manière, l’assèchement du financement du système productif et des difficultés pour ceux qui ont beaucoup emprunté et comptent sur le renouvellement de leurs emprunts pour vivre..."

__Comme on a pu le voir, le pouvoir des banques peut être redoutable, surtout quand elles sont assez grosses pour pouvoir espérer un renflouement public en cas de malheur (too big to fall).(-1-)
L'ampleur du danger, qui est loin d'être circonscrit, est tel que maintes voix s'élèvent pour réclamer plus que des contrôles souvent formels et insuffisants, voire impossibles, mais une mise sous tutelle des organismes bancaires, surtout de dépôts, pour les remettre sur les rails et leur imposer des pratiques conformes à l'intérêt général.
_______________Comme Susan George, qui prône une mise sous tutelle des banques , une tutelle non pas médiatique, mais réelle, ce qui ne signifie pas pour elle une nationalisation au sens strict.
"...Goldman Sachs…Et d'autres (qui ont fait dans la démesure, la plus totale opacité et l'absence absoluede contrôle, parfois politiquement appuyés, encouragsé par la Fed)... Ce marché est colossal. C'est 600 000 milliards par an. L'investissement va dans les produits financiers sans passer par l'économie réelle. Il faut instaurer une loi Glass-Steagall[adoptée aux Etats-Unis après la crise de 1929, ndlr] pour les banques, pour séparer les activités de crédit et d'investissement.Dans un pays, on peut aussi dire aux banques : « Vous allez prêter en priorité aux PME-PMI, surtout celles qui ont un projet écologique ou social. » C'est un contrôle du crédit, dans le sens où il y aurait des bénéficiaires prioritaires ; mais on ne va pas nationaliser toute l'économie..."
______Arnaud Montebourg pointe aussi la passivité des institutions, qui prépare objectivement de nouvelles crises

"Maintenant ce sont les institutions publiques qui sont attaquées par le système bancaire qu’on a renfloué avec l’argent des contribuables. Nous avons un paradoxe. Sur le plan structurel, nous avons fait des progrès vers le féféralisme, ce qui est un bien. Mais sur le plan de la régulation des marchés, nous faisons une politique de sur-place depuis deux ans. Toutes les déclarations dans les G20, les déclarations européennes de transformation du système financier sont restées lettre morte. Il n’y a pas eu une seule mesure prise..."
______F.Lordon va plus loin, jugeant la crise financière non réglée et la situation gravissime. Il y a nécessité de saisir les banques , pour arrêter leur pouvoir intrinsèque de nuisance et leur imposer une régulation publique.
"La faillite technique des banques a au moins un effet intéressant : elle permet de leur mettre la main dessus. Et à pas cher en plus. Les arguments de principe pour une recommunalisation du système du crédit abondent ; la situation de faillite leur offre leurs conditions de réalisation – et même de réalisation modique. Car si la nationalisation intégrale est la première étape du processus de recommunalisation du bien commun bancaire, avant la mutation ultérieure en système socialisé du crédit , la situation critique de la faillite générale offre la possibilité d’opérer cette nationalisation par simple saisie.__A l’inverse des pratiques ordinaires du redressement des entreprises en difficulté, il n’y a pas de solution privée à l’effondrement global des institutions bancaires qui condamne dès lors irrémédiablement leurs actionnaires à la vitrification. Le sauvetage public, quelle qu’en soit la modalité, n’a donc aucun compte à tenir de cette population spéciale qu’on peut d’ores et déjà tenir pour annihilée, conformément d’ailleurs à l’esprit même du capitalisme des sociétés par actions : les apports en fonds propres ne sont pas récupérables et les actionnaires n’acquièrent leur part de propriété (et les droits afférents aux dividendes) qu’en contrepartie d’accepter une perte définitive en cas de faillite – nous y sommes. Saisir les banques faillies n’a donc aucun caractère d’attentat à la propriété puisque la propriété a été anéantie par la faillite même, la faillite étant de ce point de vue l’équivalent capitaliste de la bombe à neutrons qui tue les droits de propriété en laissant intacts les bâtiments, les équipements et même, quoique pendant un temps relativement court, les humains salariés capables de les faire marcher. C’est tout cela qu’il faut récupérer..."

jeudi 3 juillet 2008

Redoutable pouvoir des banques

"...la globalisation financière n'est pas une composante parmi d'autres du processus de mondialisation. Le mur de l'argent qui s'est dressé devant nous, en quelques années, "financiarise" l'activité d'entreprise, le monde du travail,mais aussi la gestion de l'Etat..." (F.M.)

-"Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont ainsi conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales. En raison de leur petit nombre d’une part et de leurs profits financiers considérables d’autre part, nous défendons l’idée que ces banques forment aujourd’hui un oligopole particulièrement puissant à l’échelle internationale. Reléguant les banques centrales au second plan, c’est-à-dire les cantonnant à de simples pourvoyeuses de la liquidité dont il a besoin, cet oligopole est le véritable régulateur des marchés monétaires et financiers mondiaux. C’est lui qui est le maître d’ouvrage du mur de l’argent qui se bâtit sous nos yeux.Cet oligopole n’est évidemment soumis ni à un contrôle politique, ni a fortiori à un contrôle démocratique. Tout juste est-il contraint par des règlements prudentiels de portée limitée et élaborés pragmatiquement a posteriori, ou encore par des normes issues d’une autorégulation professionnelle, une fois que les difficultés ou les catastrophes ont été malheureusement constatées..."(Attac)

- Le nouveau mur de l’argent - Essai sur la finance globalisée:
" L'auteur constate que l’histoire monétaire et financière que la France a connue entre les deux guerres et en train de se répéter, mais cette fois à l’échelle planétaire. Le comportement des grandes banques internationales dresse un nouveau « mur de l’argent » auquel se heurte la volonté des politiques.L’expression « mur de l’argent » renvoie au Cartel des gauches de 1924. Cette formule fut utilisée par Édouard Herriot, président du Conseil après la victoire du Cartel des gauches pour dénoncer les forces de l’opposition qui renversèrent son gouvernement en 1925. Cette expression fut reprise tout au long de cette période. Il fallu attendre l’arrivée du Front populaire pour régler ce dysfonctionnement sociétal et mettre fin à ces conflits répétés en modifiant les statuts de la Banque de France.En effet, depuis 1936 les grandeurs d’ordre économique ont bien changé. On parle désormais en teradollars ou encore en teraeuros, c’est-à-dire en millier de milliards de dollars ou en millier de milliards d’euros !

F. Morin met à jour le rôle majeur que jouent aujourd’hui les grandes banques mondiales. Il constate, preuves à l’appui, que depuis les années 1990 quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pouvoir de la régulation monétaire. En effet, ce sont elles qui dictent désormais l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales. Aussi, notre revendication démocratique contestant l’indépendance des banques centrales à l’égard du politique semble être dépassée. Le pouvoir réel est aujourd’hui ailleurs. Morin pense que si nous ne réagissons pas vite ce système dominant nous conduit droit… dans le mur..."

- Essai sur la finance globalisée - Attac France
-Le PS et l'UMP face au « mur de l'argent » ?:
"...François Morin, auteur d'un essai intitulé Le Nouveau mur de l'argent, confirme le chantage évident que les financiers exercent sur les gouvernements. Interrogé par Marianne2007.info, l'économiste est pessimiste sur la marge de manoeuvre des candidats : « Ils seront confrontés à un nouveau mur de l'argent à l'échelle mondiale qui risque de provoquer de graves crises tout en pressurant les salariés. Mon hypothèse, c'est que la confrontation est inévitable. Mais pour cela il faudrait que la campagne politique mette au centre cette évolution et pose le débat de la financiarisation de l'économie», explique François Morin. « Aujourd'hui la richesse des Etats du monde entier (PIB) est estimée à 43 000 milliards de dollars. Or la richesse des marchés financiers est 23 fois plus importante. Face à des acteurs globaux, il est indispensable de proposer des dispositifs globaux plutôt que de raisonner dans le cadre d'un territoire national » conclut-il. Faute de quoi la nécessité d'un nouveau partage des profits risque fort de tomber dans le fossé de l'oubli..."
-: Essai sur la finance globalisée:
"...Une des conséquences les plus graves du poids croissant de cette finance nouvellement libéralisée est son impact considérable sur l’économie réelle. De nouvelles normes de gestion ont été ainsi imposées par les investisseurs financiers aux entreprises, transférant massivement les risques sur les salariés et sur les futurs retraités. Les principes de la nouvelle gouvernance des firmes sont là pour rappeler aux chefs d’entreprise que le profit pour l’actionnaire doit guider essentiellement leur action.-La combinatoire de ces différents prélèvements sur l’activité, et les transferts de risque qui y sont associés forme, en quelque sorte, le ciment de ce mur d’argent, ce que nous avons aussi appelé le nouveau paradigme de la finance globalisée. Celui-ci se caractérise, sur le plan financier, par l’émancipation de la liquidité de la tutelle des banques centrales. Pour le dire autrement, les Banques centrales sont, dans ce nouveau régime, contraintes d’alimenter les marchés monétaires et financiers de la liquidité dont ceux-ci ont continuellement besoin. Autant dire que ce suivisme leur fait perdre le pouvoir de régulation qui était le leur auparavant, et notamment leur pouvoir d’action sur la gamme des taux d’intérêt..."

samedi 1 novembre 2008

Tour d'horizon


1-Sarkozy et les banques: un joli tour de passe-passe!

10,5 milliards d'euros, c’est la somme que l’Etat va emprunter aux banques pour ensuite la leur prêter.

Jackpot pour les 6 principales banques privées bénéficiaires!L’Etat injecte des fonds, mais n’entre pas au capital. Les banques reçoivent donc le cash dont elles ont désespérément besoin et restent totalement libres de continuer leurs affaires. « Business as usual », comme diraient les anglo-saxons.
Pourtant même les anglo-saxons ont choisi la voie de la sagesse et de l’intérêt général. Le gouvernement américain de George W. Bush, le gouvernement anglais de Gordon Brown, celui du Luxembourg, des Pays-Bas, ont choisi la nationalisation partielle de leurs banques. C’est-à-dire qu’ils ont choisi d’avoir de prendre une part du pouvoir sans lequel il ne peut y avoir de vrai contrôle sur la manière dont les banques agissent.La bourse ne s’est pas trompée sur l’énorme cadeau consenti par Nicolas Sarkozy aux actionnaires de ces banques au détriment de l’intérêt général. L’action du Crédit Agricole s’est appréciée de plus de 15% dans la journée de mardi.Et Georges Pauget, patron du Crédit Agricole, par ailleurs président de la Fédération bancaire française, de déclarer sans complexe :« Nous avons posé nos conditions, et parmi celles-ci, que l'Etat ne nous apporte pas de vrai capital. Nous ne voulons pas d'un Etat avec des pouvoirs dans la gestion des établissements ».Comme l’écrit Michèle Delaunay, députée PS de Bordeaux, sur son blog :« L'Etat doit financer et se taire. »Nicolas Sarkozy prouve donc par le geste qu’il reste un ultra-libéral malgré les « beaux » discours, qui, comme le lui a appris son mentor de Neuilly, Charles Pasqua, n’engagent que ceux qui les écoutent.L’affaire est bien sûr gravissime.Ségolène Royal ne s’y est pas trompée et est montée au créneau mardi, en fin d’après-midi sur Europe 1, expliquant en détail pourquoi "C’est dangereux de donner aux banques sans contrepartie...

.. Ce qui est choquant dans ce dispositif, c’est que l’Etat se contente d’apporter cet argent frais aux banques mais refuse d’entrer au capital.Or nos voisins ont fait en sorte de rentrer au capital. Gordon Brown par exemple a nommé des administrateurs au conseil des banques, même chose en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg. Et ce qui est incompréhensible, c'est que pour des raisons idéologiques, l'Etat refuse cette nationalisation partielle des banques.Qui lui permettrait de surveiller que cela ne recommence pas, cela lui permettrait d'exiger, enfin, la baisse de la rémunération des banquiers et la réforme de la rémunération des traders, qui ont aujourd'hui encore intérêt à spéculer.Qui pourrait exiger des banques une baisse du train de vie des banques, qui pourrait exiger une réforme des tarifications bancaires qui pèsent très lourdement sur les ménages.Et enfin qui garantirait effectivement que les banques reviennent dans leur cœur de métier qui est de prêter à l'économie réelle, c'est à dire aux entreprises qui sont aujourd'hui étranglées parce que les banques ont réduit leurs apports financiers pour le fonds de roulement des entreprises. »Mais pour Christine "tout va bien Madame la Marquise" Lagarde, cette rédition sans conditions de l'Etat face au banques est un un accord "gagnant-gagnant". Je dirais plutôt qu'il est gagnant pour les banques, qui sont renflouées, et gagnant pour les banques, qui peuvent continuer à agir sans contrôle.(Sources: Europe 1, Le Monde.fr, Le blog de Michèle Delaunay, Les cordons de la Bourse - le blog de Nicolas Cori)

>>Sarkozy, du bling-bling au blabla | Mediapart:"...Ailleurs, en Belgique, en Angleterre, quand l'Etat sauve une banque et injecte de l'argent public, il prend des parts dans le capital de l'établissement et occupe des postes aux conseils d'administration. Pas en France. Nicolas Sarkozy peut courir la planète pour fustiger les responsables du désastre et en appeler à la refondation du capitalisme, il se garde de mesures concrètes permettant à l'Etat ou à un quelconque organisme de régulation de contrôler mieux le fonctionnement du système bancaire et éviter de nouvelles dérives. Aucune mesure. Rien....">>Redoutable pouvoir des banques


2-Le maïs OGM bientôt de retour dans les champs français ?:
"...L'agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a en effet jugé que la clause de sauvegarde invoquée par la France en février pour suspendre la culture du maïs OGM de Monsanto n'était pas justifiée. Le panel OGM de l'agence a conclu que les données fournies par Paris à l'appui de sa requête «ne présentaient pas de nouvelles preuves scientifiques en termes de risques pour la santé humaine ou animale ou pour l'environnement, qui puisse justifier l'invocation de la clause de sauvegarde», dans un avis daté du 29 octobre...."
>>La Commission Européenne travaille en secret pour accélérer l’introduction des OGM
>Des réunions secrètes à l’UE pour imposer les OGM

3-Des programmes d'histoire revus et corrigés par le Parlement ?:"Les programmes d'histoire décidés par le Parlement ? Avec cette idée lancée devant la mission d'information sur les questions mémorielles de l'Assemblée nationale, Darcos ne pouvait qu'aller au-devant des désirs maintes fois exprimés par Sarkozy.Avec l'épisode malheureux de la lettre de Guy Môquet en lycée, avec la proposition -non moins malheureuse- de confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfant de la Shoah, mais aussi avec le discours de Dakar sur l'Afrique ou celui de Latran sur la France « fille aînée de l'Eglise », on sait la propension du président de la République à réécrire l'histoire mais aussi à dire comment on doit l'enseigner.Au cours de son audition du mardi 28 octobre, le ministre a d'ailleurs commis un curieux lapsus.En donnant la liste des lois mémorielles votées ces dernières années et qui doivent obligatoirement trouver leur traduction dans les programmes scolaires -« ça fait partie de nos missions, ce sont des lois, l'école les intègre »-, il a bien imprudemment rajouté -en s'y affichant « favorable à titre personnel »- ce fameux amendement « les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer ».??"

4-Crise financière: les collectivités locales étranglées à leur tour | Mediapart:
"...Plus que les produits toxiques qui ne concernent que quelques villes, c'est cet assèchement du crédit qui inquiète les collectivités locales. Toutes se retrouvent confrontées au même problème. Alors qu'elles étaient habituées ces dernières années à voir les banques se précipiter pour leur prêter de l'argent, à se concurrencer même en proposant des taux les plus bas possible pour emporter leur clientèle, depuis la rentrée, les collectivités locales assistent impuissantes à la désertion des établissements financiers.Les difficultés de Dexia, principal banquier des collectivités locales, rendent la situation encore plus critique. De nombreux appels d'offres restent sans suite. D'autres ne reçoivent qu'une réponse, et encore pas toujours pour les montants recherchés, et à des taux de plus en plus élevés. «Au printemps, on nous offrait des crédits autour de 3,5%. Maintenant, il faut accepter du 6% au moins. Sinon, on n'obtient rien. Alors, on repousse au maximum le moment d'emprunter et on diminue les montants», dit Francis Chouat, premier vice-président (PS) chargé des finances du conseil général de l'Essonne...."

5-La crise financière mondiale , par Maurice Allais:
« L’économie mondiale tout entière repose aujourd’hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile. Jamais dans le passé une pareille accumulation de promesses de payer ne s’était constatée. Jamais sans doute il n’est devenu plus difficile d’y faire face. Jamais sans doute une telle instabilité potentielle n’était apparue avec une telle menace d’un effondrement général. » En 1998, le prix Nobel d’économie Maurice Allais tirait les conclusions de la grave crise financière qui venait de frapper l’Asie. Aujourd’hui, cette analyse de l’instabilité de la mondialisation financière carburant au crédit s’avère prémonitoire...."
"...ce qui devait arriver est arrivé. L’économie mondiale, qui était dépourvue de tout système réel de régulation et qui s’était développée dans un cadre anarchique, ne pouvait qu’aboutir tôt ou tard à des difficultés majeures.La doctrine régnante avait totalement méconnu une donnée essentielle :
une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés, et de développement économique et social comparable.· En fait, le nouvel ordre mondial, ou le prétendu ordre mondial, s’est effondré et il ne pouvait que s’effondrer. L’évidence des faits a fini par l’emporter sur les incantations doctrinales."

jeudi 10 mars 2011

Pouvoir de Wall Street


Une petite rue au sud de Manhattan.
Devenue le centre de la finance new-yorkaise, le coeur de la puissance de l'argent aux USA et de ses ramifications mondiales.
Une puissance que l'on aurait pu penser en déclin ou mieux contrôlée, après le dernier séisme bancaire.


______Or, le pouvoir de Wall Street est toujours aussi fort
On pourrait même dire qu'il s'est renforcé, par concentrations successives, et qu'il s'est légitimé, puisqu'il a des conseillers à la Maison Blanche. Goldman Sachs est une des banques les plus influentes.

"Alors que l’État américain s’est désengagé du capital de Citigroup, qu’il avait sauvée de la faillite en novembre 2008 , et que Barack Obama a récemment choisi pour directeur de cabinet un ancien directeur de la banque JP Morgan , les perspectives d’un changement radical en matière de régulation financière et d’une gouvernance moins favorable aux grandes banques semblent s’être définitivement éloignées."
"...À cause du conflit d’intérêts extrêmement fort existant entre les technocrates de Washington et (treize) grandes banques d’investissement américaines... L’importance systémique de ces banques fait qu’elles disposent désormais d’une garantie explicite de l’État contre la faillite, leur permettant de se financer à des taux d’intérêt injustement faibles et de prendre des risques inconsidérés. Ce faisant, elles peuvent dès aujourd’hui engendrer de larges profits que se partageront les banquiers et leurs actionnaires jusqu’à la prochaine crise, lorsque le gouvernement sera à nouveau obligé de venir au secours de la finance – s’il en a encore les moyens. Il faut donc intervenir pour mettre fin à cette situation inacceptable en limitant la taille des banques, et par là leur importance systémique ainsi que leur influence politique, nous disent Johnson et Kwak.
Pour les auteurs de 13 Bankers, les conflits d’intérêts entre la finance et le pouvoir politique se retrouvent à trois niveaux. D’abord, les banques contribuent au financement des campagnes politiques : ainsi en 2006, les partis politiques ont reçu 260 millions de dollars du secteur financier, bien plus que n’importe quel autre secteur (p. 90). Et les contributions les plus généreuses sont apportées aux élus en charge de la régulation financière, comme Christopher Dodd et Barney Frank. Ensuite, Washington a tendance à placer aux positions clés des anciens de certaines grandes banques de Wall Street, officiellement parce que la finance est devenue si complexe que seuls des initiés peuvent la comprendre. Les exemples les plus connus sont ceux des anciens directeurs de Goldman Sachs, Robert Rubin et Hank Paulson. Le premier a notamment eu une importance capitale dans la décision du Congrès, en 2000, de ne pas réguler les marchés de produits dérivés, ce qui aurait contraint les activités de Wall Street (p. 9). Le second était aux commandes pendant toute la crise financière et a notamment décidé de recapitaliser les banques en des termes très avantageux pour elles (p. 154). 13 Bankers cite encore bien d’autres exemples de va-et-vient de personnel entre Wall Street et Washington (p. 95). Enfin, ce qui est plus diffus et peut-être plus dangereux, le gouvernement a progressivement adopté l’idéologie de Wall Street, selon laquelle l’innovation financière est forcé
ment une bonne chose, et selon laquelle ce qui est dans l’intérêt des banques est aussi dans l’intérêt du peuple américain. En bref, comme le soulignent les auteurs, le régulateur a été « capturé » (captured) par l’industrie qu’il régule, comme le prévoit la théorie de la régulation développée par George Stigler..."
_______________Pouvoir et finance sont donc toujours main dans la main aux USA, ce qui n'augure rien de bon pour l'avenir et les futures crises en gestation, car, s'il y eu des corrections, ce ne fut qu'à la marge et de manière symbolique.
Officiellement,WSt n'est même pour rien dans la crise!...
Innocenter à ce point la cause des maux financiers dont les effets sont encore bien visibles de par le monde, il fallait le faire!...
Place donc à une nouvelle euphorie, au dopage financier: les bonus records sont de retour. Même si les données macroéconomiques, l'économie réelle, amènent régulièrement à faire plonger W.St. dans le rouge.
Mais le quartier des affaires fonctionne "hors-sol"...Depuis
Clinton et ses dérégulations.
Rien n'a fondamentalement changé.
A l'époque des transactions instantanées, planétaires, hautement spéculatives, prédatrices, l'argent ne dort jamais...
Dormez tranquilles, braves gens!

lundi 31 mai 2010

Crise: raisons de la colère

Les Raisins de la colère s'inscrivaient déjà dans un contexte de crise et de dettes, mais les raisons de la colère n'étaient pas explicitées, le désespoir submergeant les pauvres en errance.





[-C'est l'histoire de la famille Joad, lors de la Grande dépression américaine marquée par les séquelles de la crise économique et le Dust Bowl dans le sud du pays. Il raconte la vie des Américains poussés sur les routes et plongés dans la misère pendant la crise économique de 1929 lorsqu'ils sont chassés de leurs terres par les banques qui prennent possession de leurs biens fonciers
. Déjà, l'activité des banques, mal régulée, a conduit non plus à financer l'économie réelle, mais la spéculation malsaine...]
___________Aujourd'hui, dans un contexte différent, mais au coeur d'une même errance financière et économique, à l'aube d'une dépression qui s'annonce peut-être , en tous cas d'une rigueur d'une grande brutalité , tous dans le même bateau, un premier bilan sur les causes est possible

Crise: les raisons d'être en colère:
"...Partie des Etats-Unis, la crise financière s'est transmuée progressivement en une crise économique historique, sans doute même en une crise de civilisation, et par un effet domino interminable, c'est l'Europe qui en fait aujourd'hui les frais, avec en bout de chaîne une cascade de plans d'austérité, dans la foulée de celui décidé par la Grèce, le plus violent de tous.
__Une punition sociale à l'échelle de toute l'Europe, comme pour apaiser des marchés financiers et la spéculation, dont tout ce maelström provient: on comprend qu'il y ait de quoi s'indigner ou de s'inquiéter!En prélude à cette journée de grève et de manifestations...
__Une crise qui résulte de 25 ans de dérégulation
-S'il y a une première raison d'être en colère, c'est évidemment que cette crise qui secoue la planète depuis plus de deux ans vient de loin, de très loin: c'est en quelque sorte l'aboutissement de 25 ans de politiques de dérégulation, qui, dans la foulée des années Reagan aux Etats-Unis, et des années Thatcher en Grande-Bretagne, ont amoindri les pouvoirs de régulation des Etats et donné aux marchés financiers des pouvoirs exorbitants, sinon même tyranniques.
__En Europe, et donc en France, pays rattaché au modèle rhénan, cette vague de dérégulation a pris une force considérable et a modifié toutes les règles non seulement économiques et sociales, mais aussi sociétales. Réforme financière et boursière, libération définitive des mouvements de capitaux, démantèlement de la fiscalité de l'épargne pour accompagner cette réforme des mouvements de capitaux, très fort allègement de la fiscalité sur le capital, déréglementation du marché du travail et démantèlement du droit du licenciement: la France a vécu depuis le milieu des années 1980 une véritable implosion de son modèle économique. Une implosion voulue, planifiée, organisée, de sorte que les marchés financiers deviennent les gardes champêtres de la vie économique...

__"...La spéculation se localise là où il y a une opportunité créée par une anomalie de marché: la spéculation a un rôle régulateur du marché, c'est le gendarme du marché. Vouloir la supprimer, c'est ne pas comprendre le fond de la philosophie du marché
.» (Acte du colloque organisé par la Commission des finances, de l'économie générale et du plan, page 41.Patrick Devedjan)

__Voilà quel a été le credo des politiques libérales et ultra-libérales qui ont été menées tout au long des années 80 et 90: celui de la soi-disant efficience des marchés, qui seraient les meilleurs juges de paix des pratiques de saines gestions...
________La deuxième raison de la colère, c'est assurément la situation des banques qui peut la fournir.Le sauvetage précipité de la CajaSur par la Banque d'Espagne ramène à une réalité que le monde financier et politique aurait bien voulu oublier: quoi qu'elles en disent, les banques sont loin d'avoir assaini leur situation. Pourtant, les gouvernements ont dépensé des fortunes pour éviter l'écroulement du système financier. Ces aides se traduisent par un besoin de financement accru des Etats: 14.300 milliards de dollars en 2010, soit 10.583 milliards d'euros, selon la Cour des comptes.
__Au cœur de la crise financière, la France a mis en place un dispositif très favorable aux banques: 20,7 milliards d'euros ont été accordés aux six principales banques (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Crédit mutuel, Caisses d'épargne et Banques populaires), sous forme de titres subordonnés et d'actions préférentielles...
__Malgré ce soutien, les banques n'ont pas tenu leurs engagements d'augmentation de crédit à l'économie (voir en particulier notre article Les banques n'ont pas tenu leurs engagements). Faiblesse de la demande, comme l'invoquent les banquiers ou réticence à prêter? «Les banques avaient plus comme objectif de refaire leur bilan», note la Cour
. Pourtant, en dépit de toutes ces aides, la situation est loin d'être totalement assainie contrairement à ce que voudrait faire croire le monde bancaire...
Protégées par les Etats, qui s'interdisent d'avoir la moindre visibilité sur la situation exacte des banques et encore plus de faire le ménage entre les établissements sains et les autres, ces dernières continuent à faire payer à l'ensemble de l'économie leurs errements passés. Après avoir transmis la charge de la crise financière aux Etats, elles s'érigent en professeur de vertu budgétaire auprès des gouvernements. La charge n'est pas désintéressée: conscientes qu'elles vont avoir besoin de lever énormément de capitaux pour renforcer leurs fonds propres sur des marchés très encombrés – Etats, collectivités locales, entreprises ont aussi besoin de se financer –, elles tentent d'évincer les Etats, concurrents dangereux car les plus crédibles, du marché de la dette...

Des sommets internationaux impuissants-En dix-huit mois, les réunions internationales n'ont pas manqué (voir en particulier nos articles Régulation financière: Etats-Unis 1, Europe 0, La régulation financière européenne se hâte lentement, Réguler la finance et sortir de l'économie de la dette) . Au lendemain de la faillite de Lehman Brothers, les chefs d'Etat et de gouvernement du G-20 se retrouvaient à Washington le 15 novembre 2008 pour tirer les premiers enseignements de la crise. Défaillance des marchés financiers, opacité et fragilité du système, endettement excessif, cupidité et irresponsabilité des acteurs, paradis fiscaux, bonus et rémunération des dirigeants bancaires et des traders: tout devait être mis sur la table et rediscuté.__A Londres, le 2 avril 2009, les premières résolutions devaient tomber. Que vit-on? Une focalisation sur les paradis fiscaux, qui en quelques jours quittèrent tous les listes noires et grises de l'OCDE et redevinrent tous fréquentables par une opération de secours mutuel. Une surenchère politique dans la dénonciation des bonus et des rémunérations, comme si le sujet était au cœur de la crise financière, mais sans réelle retombée pratique. Sinon, une bataille entre Etats-Unis et Europe pour définir les normes prudentielles les plus favorables à leurs banques...
__La punition grecque:"Ce programme censé assainir la situation de la Grèce risque de l'emmener dans une spirale déflationniste sans issue. D'autant qu'elle n'a ni la ressource d'une dévaluation monétaire, étant dans l'euro, ni celle d'un réaménagement de la dette, refusé par les autres Etats européens plus prompts à défendre leurs banques qu'Athènes.__Selon les prévisions du gouvernement, la récession ne sera pas de 2% du PIB comme prévu antérieurement mais de 4% du PIB cette année et 2,6% en 2011. Au mieux. L'endettement public qui représente 114% du PIB devrait atteindre 148% du PIB en 2013, avant de diminuer, selon les estimations. Autant dire que la charge de la dette sera insupportable dans une économie en récession.__De nombreux économistes ont souligné le danger d'explosion de l'économie grecque confrontée à ce plan de redressement jugé irréaliste. Ni ces avertissements ni les manifestations de la population de la Grèce n'ont amené des changements de programme..."
-«L'abeille et l'économiste», une lecture iconoclaste de la crise financière
-La mémoire courte des marchés
_____________________
-La Grèce, l'euro et les spéculateurs

- Finance prédatrice
-Rigueur: pour qui?
-Fin de crise ?

mardi 23 septembre 2008

Incantations sarkoziennes


La vertu sauvera-t-elle le monde?

On ne change pas le dysfonctionnement d'un système par un redressement de type moral , mais par une modification de la logique du système lui-même, ce qui nécessite un changement politique et économique des règles qui l'ont amené à se détruire lui-même.
Il est possible de briser l'enchaînement des crises et de mettre fin au pouvoir de nuisance de l'exorbitant pouvoir des grandes banques, qui ont perdu leur fonction première. A condition que l'Etat reprenne ses droits et ses distances par rapport aux dogmes ultralibéraux et que l'intérêt commun devienne sa priorité.______________________

Moraliser le capitalisme financier?

"Ça ne mange pas de pain, c’est devenu un classique de ces périodes de soubresaut. Et nous savons à présent que ce ne sont que des paroles en l'air. Disons des paroles de réconfort. Que rien ne sera fait. C’est une illusion. Il n’est pas possible de moraliser le capitalisme, quel que soit le qualificatif qui lui est joint. Le capitalisme est un système de valeurs, une manière d’appréhender l’homme dans sa globalité, une vision du monde plus qu’un simple système économique. C’est à force de mauvais emploi du terme que la confusion a été rendue possible. Le capitalisme est une idéologie."
« Moraliser le capitalisme financier » c’est simplement trouver les justifications adéquates aux souffrances qu’engendre pour de larges franges de l’Humanité la crisouille actuelle." (I. Balat)______________________

-"Le problème est essentiellement idéologique, et sépare ceux qui croient en la capacité des marchés à s’autoréguler et ceux qui croient que la puissance publique à vocation à réglementer les marchés financiers. Je parle de réglementer les marchés et pas de « moraliser le capitalisme » comme l’ambitionne le Président de la République. Car l’ambition de "moraliser" le capitalisme financier est une supercherie. La raison ultime du capitalisme, qu’il soit industriel et entrepreneurial ou financier et spéculatif, demeure le profit" (B.Hamon)______________


NICOLAS SARKOZY A L 'ONU : "Apprenons à gérer collectivement les crises":

"Devant l'Assemblée générale de l'ONU, où il s'exprimait, mardi 23 septembre, en tant que président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy a proposé à ses pairs de se réunir avant la fin de l'année pour "réfléchir ensemble aux leçons à tirer" de la "plus grave crise financière depuis les années 1930". Comme ces derniers jours, le président français a plaidé à New York pour un "capitalisme régulier et régulé", qu'il a opposé au système actuel, qualifié de "fou". Il a enfin souhaité que, dans ce capitalisme régulé, les modes de rémunération des dirigeants des grandes sociétés financières "ne poussent pas à des prises de risque déraisonnables" et que ceux qui "mettent en danger l'argent des épargnants soient sanctionnés". En 2007, depuis la même tribune onusienne, il avait déjà lancé un appel à "moraliser le capitalisme financier"...."

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-"Ce n’est qu’en créant ainsi les conditions démocratiques réelles et concrètes que suppose le fonctionnement d’un capitalisme différent que nous parviendrons à appréhender dans toute sa complexité le problème de la « moralisation du capitalisme (C.Arnsperger)________________________________________________________
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-Vincent Beaufils, directeur de la rédaction de Challenges (groupe Nouvel Observateur) :
- "Le capitalisme n'est pas moral ou antimoral. Il est amoral c'est-à-dire en dehors de la morale. La question de la morale n'est pas du même registre que celle du capitalisme. En revanche, cette crise illustre à la perfection les excès du capitalisme..."
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Gaëtan Gorce, député socialiste de la Nièvre, membre de la commission des Finances :
- "Je ne crois pas que ce soit le capitalisme mais la politique qu'il faille moraliser. Les tendances actuelles du système financier ne sont qu'une suite logique des décisions prises depuis 20 ans. Il ne faut pas s'étonner que l'exacerbation de la concurrence produise parfois des crises comme celle-ci.
Or, la seule vraie question est : dans quelle société veut-on vivre ?
Aujourd'hui, la politique ne fait qu'épouser le système économique et sa logique de l'efficacité alors qu'elle devrait, bien au contraire être capable de réinventer un espace de réflexion pour redéfinir l'intérêt général. C'est donc bel et bien la politique qu'il faut moraliser."
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JP Fitoussi:"...Il faut inventer en permanence un système de régulation. Mais toute régulation appelle à son contournement. Ce qui appelle à en mettre en place de nouvelles.
Il faut également une grande réactivité des banques centrales et des instances de régulation. Mais il faut surtout une plus grande coordination entre les banques centrales d'une part, et entre les instances de régulation d'autre part. Il faut aussi une plus grande coordination entre les banques centrales et les instances de régulation. De toute façon aucun gouvernement au monde ne laissera une banque aller à la faillite. L'Etat est responsable en dernier ressort. Tout comme les banques centrales assurent les créances en dernier ressort. Mais pour qu'une instance de régulation puisse appliquer ses décisions à l'intérieur des Etats, il faut qu'elle soit légitime. L'obstacle à l'efficacité de l'OMC est son manque de légitimité. Elle s'accorde mal avec le jeu normal de la démocratie au sein des Etats...."
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-Liêm Hoang Ngoc, économiste, maître de conférence à Paris I. Membre fondateur d'Attac, secrétaire général du club "Nouveau Monde" :
- "...C'est la grande mode pour les partis politiques aujourd'hui que de demander au loup de s'assagir alors qu'il est déjà dans la bergerie. Mais d'après ce que l'on sait de cette affaire(Kerviel) pour le moment, il n'y a pas eu d'enrichissement personnel. Il faut savoir que les traders sont payés pour contourner les règles. Ils font tous ça. Et ils sont rémunérés en fonction des risques qu'ils prennent dans leur profession. La situation que l'on constate aujourd'hui découle de la logique des traders. Faut-il réguler le fonctionnement des systèmes ? Je ne crois pas que l'on puisse demander aux actionnaires d'être moraux. Aujourd'hui, l'Etat est le seul à pouvoir agir notamment contre les OPA hostiles. Mais si OPA il y a, ce sera par le biais de BNP-Paribas ou par l'Etat avec la caisse des dépôts ou par l'Etat lui-même."

Sarkozy annonce la fin du capitalisme financier et la poursuite de sa politique
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-: USA : l' Etat dépollue

lundi 18 février 2013

Séparer les banques

 Les banques, encore... 

 «Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance.» 
«Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs opérations spéculatives. J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie […].» (Le candidat) 
___ « J'ai fait quelques erreurs, bien qu’elles ne soient celles pour lesquelles on m’a le plus largement critiqué, [... comme] avoir signé la loi abrogeant la loi Glass-Steagall Act, la loi des années 1930 imposant [la scission des banques] dans des institutions distinctes. » (Bill Clinton, Back to Work, 2011)
_______ « La loi garantit l’essentiel de ce que voulaient les banques. » [François Chaulet, gérant de fonds chez Montségur Finance, 28 novembre 2012, Les Echos]

__________________________ L'union bancaire a failli exister...
 Elle, qui était supposée contrer la suprématie des grands groupes bancaires en protégeant les épargnants, où la spéculation non productive joue un rôle majeur, n'est pas à la hauteur, loin de là...
Demain, peut-être, prendra-t-elle une forme plus crédible, sous le contrôle concerté des Etats asservis aux puissances financières. Mais il faudra sans doute d'autres crises pour forcer la main aux politiques.
__Face au projet de réforme bancaire dont on parle tant, faute de vouloir changer les choses, les banques n'ont  même pas mal!
La loi bancaire est une réforme minuscule, une coquille vide, comme on le savait.
Elle ne fait pas ce qu'elle prétend être.
Et pourtant,  scinder les banques est une priorité, réclamée même par certains libéraux. (1)
_______Selon  Finance watch, qui comporte nombre transfuges rebelles de la finance, "le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires est essentiel. Son ambition, comme l’a fort bien exprimé le ministre de l’économie et des finances, est en effet rien moins que de remettre la finance au service de l’économie et non au service d’elle-même, de réformer profondément le secteur, de faire référence en Europe, de refondre notre paysage financier, sans prendre prétexte du poids de la finance et de la complexité de ses enjeux pour nous accommoder de ses défaillances, et de protéger les dépôts des épargnants, mais aussi les contribuables.
Avec de tels objectifs, Finance Watch ne pouvait qu’accueillir avec enthousiasme ce projet de réforme. Pourtant, après analyse détaillée, nous estimons que ce texte, qui s’intitule « loi de séparation », ne sépare rien. Il prétend offrir une protection aux contribuables et aux déposants, mais les protège insuffisamment. Il affirme séparer ou interdire certaines activités, mais sur trois points sur lesquels je reviendrai, ne les sépare pas ou ne les interdit pas vraiment. Enfin, ce texte, qui se veut précurseur en Europe, est en fait en deçà de ce qui se fait ailleurs.
Le projet
Avant d’étayer ces affirmations, je souhaite mettre en exergue deux chiffres qui me paraissent essentiels pour comprendre le paysage bancaire français. Tout d’abord, le total cumulé du bilan des banques françaises représente 8 000 milliards d’euros, soit 400 % du PIB de la France. À titre de comparaison, la proportion est d’à peine 80 % pour les banques américaines. Cela signifie que le poids relatif du secteur bancaire est cinq fois plus grand en France qu’aux États-Unis.
Bien sûr, une partie de cette disproportion peut s’expliquer par d’importantes différences comptables entre les deux systèmes ou par des facteurs liés au mode de financement des entreprises. Pour autant, elle traduit le poids du secteur bancaire dans l’économie française. Or, comme le dit Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, « les banques croissent à l’international, mais elles reviennent toujours chez elles pour mourir ».
Deuxième chiffre qu’il faut avoir à l’esprit : sur ces 8 000 milliards d’euros, 10 % représentent les prêts réalisés par les banques françaises aux entreprises, tandis que le prêt aux particuliers représente environ 12 % de leurs engagements. L’économie réelle bénéficie donc de 22 % du bilan des banques françaises, et une grande partie du débat d’aujourd’hui consistera à se demander ce qu’il faut faire des 78 % restants. Certes, une partie de cet argent a une réelle utilité pour l’économie, mais ce n’est peut-être pas le cas de la totalité."
_____Vraiment, des micromesures... 
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- Pour sauver le système financier? Cassons les banques!
- La non-séparation des activités bancaires
-Merci pour les banquiers !
-Qui paie pour les banques sauvées? 
- L’aveux d’un Bankster
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